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9.novembre.20189.11.2018 // Les Crises

Interdit d’interdire : La directive européenne sur le droit d’auteur va-t-elle changer internet ?

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Source : Russia Today France, Interdit d’interdire, 31-10-2018

Frédéric Taddeï reçoit Benjamin Bayart, militant pour les libertés fondamentales dans la société de l’information, Greg Tabibian, vidéaste et humoriste et Jérôme Déchesne, membre de l’Union Syndicale de la Production Audiovisuelle (USPA) et président de la confédération européenne des producteurs indépendants (CEPI)

Source : Russia Today France, Interdit d’interdire, 31-10-2018

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Alfred // 09.11.2018 à 09h49

Peut être bien simplement que l’objectif véritable est justement le contrôle en amont dans une perspective anti-democratique et que tout ce qui a trait aux ayants droits et droits d’auteur n’est qu’une couverture, un camouflage.

12 réactions et commentaires

  • Albert Charles // 09.11.2018 à 09h12

    Certains pensent donc qu’il vaut mieux interdire les produits web qui seraient insupportables (pour des raisons X ou Y, raisons qui sont déjà problématiques…) que de responsabiliser leurs auteurs (sur le plan civil ou pénal, avec les possibilités normales de plaintes possibles) après publications sur Internet, si certains ayant droits peuvent prouver leurs préjudices (devant un Juge, donc après débats contradictoires) ou si les pouvoirs publics ou les associations peuvent prouver que l’ordre public (par ex) a été menacé par ces publications web litigieuses (devant juridictions administratives, par ex). Bref: si les boites de fourniture de produits web ont le droit de filtrer (et donc d’interdire) des productions en amont de toute diffusion, de leurs propres initiatives guidées par des algorithmes de filtrage (pas si parfaits que ça…), on est bien (à mon avis) dans un processus de censure.D’autant que l’une des raisons essentielles de cette censure sera souvent financière, la rémunération de prétendus ayant-droits en l’espèce, qui (pourtant) peuvent toujours réclamer rémunération après diffusion s’ils s’estiment lésés. Le danger est là. Mais pourquoi bloquer AVANT diffusion, plutôt que de renforcer les ayant-droits (reconnus comme tels) APRES diffusion contestée ? D’ailleurs, le représentant de la Quadrature du Net le dit bien: le texte européen est surtout ciblé sur le retrait de productions, plutôt que sur une rémunération mieux reconnue des ayant-droits: grosso modo, l’enfer est pavé de bonnes intentions.En voulant faire le Bien très mal, on fait surtout très bien du Mal.

    • Alfred // 09.11.2018 à 09h49

      Peut être bien simplement que l’objectif véritable est justement le contrôle en amont dans une perspective anti-democratique et que tout ce qui a trait aux ayants droits et droits d’auteur n’est qu’une couverture, un camouflage.

    • Gilbert Gracile // 11.11.2018 à 00h52

      lorsque tu crées réellement de la valeur ajoutée, de la matière première, de la richesse, alors tu n’es pas inquiet de cette directive sur les droits d’auteurs. Les vrais intellectuels sur internet ne sont absolument pas inquiets. Par contre, tous les petits anar’ d’opérette qui compilent la musique d’Harry Potter avec des citations de Game Of Throne et des Simpsons peuvent se faire du mourron ! C’est bien de cela qu’il s’agit.
      Cette directive est l’occasion de se débarasser de cette sous-culture industrielle d’alinéation mentale (soumise à droit d’auteur) au profit d’une véritable culture (généralement domaine public car ancienne) et de véritable création intellectuelle. Mais les faiseurs de You-Tube vont effectivement pâtir et pâlir…

  • christian gedeon // 09.11.2018 à 13h26

    Sujet ardu,s’il en est. Le droit d’auteur a atteint de telles proportions,qui confinent au ridicule,que les contournements le concernant iront croissant,de toute façon…un exemple des plus ridicules,est le “dessine moi un…mouton,ou lapin ou dinosaure ou crétin “pour lequel les héritiers du pauvre Saint Ex ont obtenu …gain de cause. On ne peut plus écrire,ou dire un dessine moi,quelquechose,sans payer des droits. la pauvre Saint Ex doit se retourner dans sa tombe,si j’ose dire. C’est une extraordinaire dérive.

    • RGT // 10.11.2018 à 09h43

      Je parle ici surtout de la musique, mais c’est aussi valable pour tous les autres secteurs de la création artistique.
      La musique détient quand-même la palme de l’INDUSTRIE la plus “équitable”…

      Ce ne sont JAMAIS, à quelques très rares exceptions près, les créateurs des œuvres qui bénéficient des retombées de leur créativité.

      Quand on se contente simplement de regarder du côté de la SACEM, censée “défendre les droits des auteurs et des interprètes” on comprend tout de suite qu’il s’agit simplement d’aller taxer les utilisateurs pour ensuite ne donner que quelques miettes à ceux qui en ont vraiment besoin pour vivre.

      Les scandales (bien étouffés) concernant les dirigeants de cette “noble institution” qui veillent surtout à améliorer leur rémunération et leurs avantages ne viendront pas contredire mon affirmation.

      J’ai des amis musiciens qui ont organisé un concert gratuit pour se faire connaître et qui ont eu la visite de ladite SACEM.
      Qui leur a imposé de payer pour leurs propres œuvres interprétées par leurs soins…
      Ils n’ont JAMAIS reçu le moindre centime de cette institution en retour…
      Dans le style racket, la mafia ne fait pas mieux.

      Sans parler des majors de la production qui engrangent des profits monstrueux sans prendre le moindre risque, en créant de toutes pièces des “groupes” composés de salariés précaires jetables qui font de la figuration pour des “grandes œuvres” qui, une fois le coup de pub’ passé auprès des ados tari tomberont dans l’oubli digne de leur nullité.

      Pendant ce temps, de véritables artistes crèvent de faim et doivent faire des petits boulots de merde pour arriver à survivre alors qu’ils ont un talent indéniable mais qu’ils ne sont pas “économiquement rentables” sur le court terme.

      Certains artistes peu connus parviennent à s’en sortir en misant sur le “Creative Commons” et en déposant leurs œuvres sur des sites sur lesquels vous pouvez les rémunérer en fonction de vos moyens et de l’appréciation que vous faites de leur travail.
      Et ça marche. Certes ils n’acquièrent pas la “notoriété” des “grands” promus par les majors mais au moins ils ont les moyens de vivre dignement et de se consacrer à leur passion.

      J’avoue que j’ai trouvé quelques pépites qui valent le détour et je me suis bien sûr empressé de rémunérer leurs auteurs en sachant que l’intégralité du financement leur sera reversé.

      D’autres auteurs contournent carrément le système et produisent et commercialisent directement leurs œuvres sur Internet sur des sites qu’ils ont eux-mêmes créés.

      Malheureusement, si une grosse major dépose des droits sur une telle œuvre, je souhaite bonne chance aux créateurs pour faire valoir leurs droits.
      Ils n’auront jamais la puissance financière suffisante pour tenir un procès qui s’étalera sur de très nombreuses années.

  • Jean // 09.11.2018 à 15h05

    Les conséquence que l’on observe déjà sur Youtube, qui applique content ID en prévision de cette directive, c’est un accroissement des revenus des rentiers du droits d’auteurs, cad principalement les héritiers des créateurs et les actionnaires des Majors, au détriment des jeunes créateurs qui essayent de vivre de leur travail. Finit le droit à la parodie, à la citation ou à la critique d’une œuvre.

    https://www.youtube.com/watch?v=RD4mU6FEUKs

    Potentiellement cette directive pourra aussi être utilisée pour limiter le partage d’informations parmi la dissidence. Une avancée supplémentairement de cette UE dictatoriale au service du pouvoir de l’argent.

    https://www.youtube.com/watch?v=OaN8SaMyOw4

    • Touriste // 10.11.2018 à 00h56

      Bonjour,
      J’abonde dans votre sens.
      L’étouffement de la créativité par la rente; alors que cette même rente accuse le piratage d’étrangler cette même créativité… Sacrée mise en abyme… La victime présumée se transformant en bourreau légitime : une tragi-comédie navrante.
      Et par extension, l’information sera ainsi quasi-brevetée : quelle belle idée démocratique, s’il en est… Des députés qui votent pour ça : des végans rendant le bacon/oeufs brouillés obligatoire au petit-dèj’.
      Bref, à la suite de la sempiternelle brochette de conservateurs réactionnaires (pléonasme) : un ex-syndicaliste (re)converti (on baisse son pantalon ou on retourne sa veste ?), un expert en démontage de restauration rapide comme en montage de toilettes sèches (objets apparentés ?) et enfin un mercenaire de l’idéologie globaliste, prêt à montrer (ou sonder ?) la voie à la prochaine génération à venir.
      Si l’existence d’une intelligence extra-terrestre est hypothétique; que dire de l’intelligence intra-assemblée européenne ?

      Comme la cuiller : elle n’existe pas. (Ha zut. Je dois combien aux frères Warner et aux soeurs Wachowski ?)

      • AtomeCrochu // 13.11.2018 à 18h09

        “Et par extension, l’information sera ainsi quasi-brevetée”

        Il en va de même pour les publications scientifiques, depuis de nombreuses années (mais bon, ça touche moins le grand public): quelques plateformes se les sont accaparées pendant deux à trois décennies, centralisent les paiements et vont jusqu’à être cotées en bourse.
        Résultat ? La recherche publique doit verser des MILLIONS chaque année pour accéder aux bases de données numériques (donc “écologiques”, ce qui signifie en français “privatisées”, “virtualisées” et “énergivores”).

        Le CNRS n’a même plus les moyens d’accéder à Springerlink et certains autres, le bordel que ça peut être quand je fais de la bibliographie…Du coup, bah j’imprime 🙂

        L’horreur de la privatisation de la connaissance, bien avant celui de l’information.

  • chokk // 09.11.2018 à 15h33

    Belle brochette d’intervenants. Taddei sait toujours choisir ses invités pour garantir la représentativité des points de vue. Par contre le lobbyiste et le youtubeur sont dans deux mondes imperméables incapables de s’entendre et de se comprendre. Le lobbyiste semble d’ailleurs fort surpris de l’existence même du youtubeur, concentré qu’il est sur la “récupération” du pognon des ayant-droits, peu importe les conséquences sur la création.

    • Gilbert Gracile // 11.11.2018 à 00h40

      d’un autre côté, parler du “you-tuber” comme d’un créateur, ça me fait juste marrer… c’est typique de notre époque… n’importe quel zouave qui compile des trucs à la mode n’est pas un créateur… je trouve ce you-tuber hyper pompeux, comme tous ses petits camarades. Il existe des you-tubers beaucoup plus humbles, qui n’ont pas besoin de repiquer les machins à la mode pour faire du bruit : ils proposent un contenu authentiquement original.

  • grumly // 09.11.2018 à 16h16

    Il y a quelques questions qui n’ont pas été abordées dans la vidéo. J’aurais aimé que quelques autres questions soient éclaircies. Ce n’est pas un sujet que je connais bien mais je trouve dommage que les droits soient gérés au cas par cas avec des arragements entre Youtube et les ayants droits.

    Il m’est arrivé de faire plusieurs vidéos qui ont eu un peu de succès sur Youtube, et à chaque fois d’autres utilisateurs de Youtube en ont fait des copies les ont mises sur leurs chaînes. Avec le contentID, Youtube est capable de reconnaître des émissions de télé et des chansons, mais bizarrement le système ne protège pas leurs propres utilisateurs de la copie des vidéos. Après je ne sais pas ce qu’il y a dans la licence Youtube et je pense que Youtube s’en fout parce que toute façon ils ont les droits.

    Sinon, j’aurais bien aimé savoir si les auteurs et les interprètes d’une chanson touchent une part des revenus de Youtube lorsque la maison de disque ou l’ayant droit accaparent les revenus d’une autre vidéo. Est-ce que ça passe par la Sacem ou est-ce que c’est uniquement de la main à la main entre Youtube et la maison de disque ? J’imagine que Youtube touche sa part des revenus grâce à la régie pub ou à une commission sur une autre régie pub, alors qu’au départ Youtube non plus n’avait pas les droits de la chanson.

    Je trouve que c’est un mauvais argument de dire qu’il faut forcer les ayants droits à tout mettre sur Youtube et que Youtube gère les droits, je pense qu’il faudrait plutôt que ce soit un service public comme la BNF qui ait tout. Je pense que Youtube fonctionne un peu de la même manière que Google books quand ils avaient scanné les livres en masse, en récupérant une base gigantesque d’œuvres de manière plus ou moins légale, et en s’arrangeant après coup avec les éditeurs ou les maisons de disque.

    • Ledufakademy // 10.11.2018 à 10h55

      Tu viens juste de comprendre que ce que tu crées et publies sur YouTube ne t’appartient plus ?
      Le mal est plus profonds que je le craignais.
      Nous, concepteurs (informatiques), avons sacrément mal fait notre devoir de communication alors.
      Je vais devoir me relancer dans les conférences …

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