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5.février.20165.2.2016 // Les Crises

Jean Tirole : “On ne peut pas se targuer de moralité quand on est contre le commerce des organes”

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ATTENTION, article en attente de vérification suite à un faux compte-rendu.

 

Voici la dernière production de Jean Tirole, notre fabuleux “Prix Nobel d’économie” (qui n’est qu’un prix de la banque nationale de Suède pour mémoire)

Une fabuleuse illustration du renversement des valeurs morales fondamentales !

Extraits :

Nous avons tous des réticences à l’existence de certains marchés : dons d’organes, mères porteuses, paiement pour éviter la conscription, prostitution… Tous ces marchés sont problématiques. Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que nous avons des principes moraux. Mais ces principes moraux eux-mêmes soulèvent des difficultés qu’il importe d’analyse. Ainsi, le professeur Gary Becker remarquait à propos du don d’organes que l’interdiction de vendre son rein limitait les donations, condamnant ainsi chaque année des milliers de personnes aux États-Unis à mourir faute de donneurs. Pour lui, les détracteurs du marché d’organes ne doivent donc pas se draper dans leur vertu, leur idéal de moralité, qui s’avère aussi coupable de la mort des malades en demande d’organes. On ne peut pas se targuer de moralité quand on est contre le commerce des organes, et la question s’avère plus complexe qu’il n’y paraît au premier regard.

On est même un salaud, non ?

Je propose qu’on se cotise pour donner 20 000 € à Tirole en échange d’un de ses reins, pour qu’il connaisse les joies – et les risques – d’une vie avec un rein unique.

Pour 30 000 € de plus, on essaye de trouver un donneur pour lui transplanter un coeur… ?

Plutôt que d’adopter sans réfléchir une posture morale condamnant a priori le marché, il est préférable d’analyser nos tabous moraux ; cette analyse revêt un caractère décisif pour la conception d’une bonne politique publique, et se révèle bien plus utile et efficace qu’une attitude émotive fondée sur nos sentiments moraux comme l’indignation. Pourquoi sommes-nous gênés vis-à-vis du marché du don d’organes ou de la brevetabilité du vivant ?

Kant, dans les Fondements de la métaphysique des Mœurs, distingue les notions de prix et de dignité : « Dans le règne des fins tout a un prix ou une dignité. […] Ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n’admet pas d’équivalent, a une dignité ». La vie n’a pas de prix parce qu’elle n’a pas d’équivalent.

La vie a une forme de sacralité. Elle ne peut donc pas être l’objet d’un marché. Les tabous sur la vie et la mort ont des conséquences. L’explicitation des arbitrages liés à la santé, par exemple, soulève des controverses, dont l’effet premier est parfois l’augmentation du nombre de décès. Nos réticences à faire des calculs entre le nombre de personnes à sauver et les moyens mis en œuvres coûtent des vies à des millions de personnes chaque année. N’est-il pas absurde, par exemple, de dépenser des millions d’euros dans un service chirurgical pour sauver une vie lorsqu’on pourrait consacrer la même somme dans un autre service pour sauver davantage de vies ? La possibilité de ces calculs choque ; mais il est tout aussi choquant de refuser par principe de les faire, car le prix à payer pour ce refus est important en nombre de vies perdues.

Pour argumenter en faveur de leur rejet du calcul, les philosophes ont utilisé des dilemmes célèbres, comme celui du tramway : on demande aux personnes, comme dans une expérience morale, de savoir s’ils accepteraient de faire dérailler un tramway (en tuant pour cela une personne) pour sauver cinq autres personnes. Le calcul est simple: 1 vie contre 5. Pourquoi refuser de penser ce type de calcul ?

Pourquoi ce tabou ? Il convient de nous interroger sur son origine et sur son incidence et ses coûts pour les politiques publiques plutôt que de le valider comme un préalable non discutable. Car, de facto, nous mettons tous implicitement une valeur sur la vie : celles des patients dans les choix de politiques hospitalières, voire celles de nos enfants (dans nos choix de financement de leurs études ou dans nos choix d’acheter une automobile plus ou moins fiable, plus ou moins sécure). Ces tabous doivent donc être interroogés, ce d’autant qu’ils sont changeants dans le temps et dans l’espace. […]

Beaucoup reprochent au marché de causer une dilution du lien social. […] Mais cette diminution des liens a aussi des vertus. Par exemple, comme l’expliquait Pierre Bourdieu, l’économie du don et du contredon implique une relation de dépendance, voire de domination du donateur sur le donataire dans le cadre d’une relation de générosité sans calcul, qui peut se traduire par une violence entre les acteurs. Le dogme du renforcement du lien social est donc aussi à questionner. Car une distension du lien social a indéaniablement des effets positifs et souhaitables. Le marché nous apprend par exemple à interagir et à connaître des étrangers. Le marché rend moins dépendant d’un prestataire, d’un acteur, d’un monopole. Montesquieu parlait ainsi du « doux commerce ». […]

Donc le don, c’est pas super super…

L’égoïsme semble au cœur de l’économie de marché. Mais, comme l’a montré Adam Smith, l’égoïsme est moteur du lien social : l’intérêt personnel motive à l’échange et à l’enrichissement des relations. En soi, la cupidité n’est donc ni bonne ni mauvaise : canalisée au service d’un comportement novateur, concurrentiel, dans le cadre d’un système de lois et de régulation bien conçu, elle peut servir de moteur de l’innovation et aboutir à un développement harmonieux, bénéficiant à chacun […]

Quand je pense aux blaireaux qui l’ont classée comme un pêché… “La racine de tous les maux, c’est la cupidité.” (1 Tm 6, 10)

Adam Smith n’a rien montré, il a juste écrit une phrase, sur le sujet dont parle Tirole, sur la “main invisible” : “Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme”. Mais c’est purement argumentatif, il n’y a rien de plus.

Citons donc encore Adam Smith (lire aussi ici par exemple) :

“Tout pour nous et rien pour les autres, voilà la vile maxime qui paraît avoir été, dans tous les âges, celle des maîtres de l’espèce humaine”

“La naissance et la fortune sont évidemment les deux circonstances qui contribuent le plus à placer un homme au-dessus d’un autre. Ce sont les deux grandes sources des distinctions personnelles, et ce sont, par conséquent, les causses principales qui établissent naturellement de l’autorité et de la subordination parmi les hommes”

“Les membres d’une même industrie se rencontrent rarement par plaisir ou pour se divertir, mais leur conversation aboutit invariablement sur une conspiration contre l’intérêt général ou sur un accord pour augmenter leur prix”

” Les gens du peuple (…) n’ont guère de temps de reste à mettre à leur éducation. Leurs parents peuvent à peine suffire à leur entretien pendant l’enfance. Aussitôt qu’ils sont en état de travailler, il faut qu’ils s’adonnent à quelque métier pour gagner leur subsistance. Ce métier est aussi, en général, si simple et si uniforme, qu’il donne très peu d’exercice à leur intelligence ; tandis qu’en même temps leur travail est à la fois si dur et si constant, qu’il ne leur laisse guère de loisir, encore moins de disposition, à s’appliquer, ni même à penser à autre chose.”

“Assurément, on ne doit pas regarder comme heureuse et prospère une société dont les membres les plus nombreux sont réduits à la pauvreté et à la misère. La seule équité, d’ailleurs, exige que ceux qui nourrissent, habillent et logent tout le corps de la nation, aient, dans le produit de leur propre travail, une part suffisante pour être eux-mêmes passablement nourris, vêtus et logés”

Les libéraux classiques ont toujours voulu réduire les inégalités – et pour atteindre ce but, ils pensaient que la liberté était la meilleure façon de le faire (rappelons qu’ils sortaient de régimes oppressifs) :

“Si j’avais le malheur de ne voir dans le capital que l’avantage de capitalistes, et de ne saisir ainsi qu’un côté, et, assurément, le côté le plus étroit et le moins consolant de la science économique, je me ferais Socialiste ; car de manière ou d’autre, il faut que l’inégalité s’efface progressivement, et si la liberté ne renfermait pas cette solution, comme les socialistes je la demanderais à la loi, à l’État, à la contrainte, à l’art, à l’utopie.” [Frédéric Bastiat]

Nos clowns actuels sont bien lien de ce niveau de réflexion.


Tirole : thuriféraire du marché, par Frédéric Dessort

Source : Ouvertures, Frédéric Dessort, 24-01-2016

Tirole récidive, enfonce le clou. A l’occasion d’un exposé donné dans le cadre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le 11 janvier, sous les ors de l’Institut de France, le Nobel toulousain s’est livré à un long plaidoyer pour le marché. Voir ici le lien vers le texte. Jean Tirole répond ici nommément à Michael Sandel, professeur de philosophie à Harvard (cf page Wikipedia), dont la notoriété mondiale de l’ouvrage « Ce que l’argent ne saurait acheter » l’a sans doute révulsé.

Jean Tirole, le 11 janvier 2016, à l’Institut de France. Dans le cadre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques

L’enjeu de cette intervention est en gros de fustiger les moralistes qui veulent empêcher le marché de s’exprimer un peu partout, y compris pour les marchés dits par les économistes « répugnants ». Il cite le marché des organes, de l’amitié, de l’adoption, de l’admission dans une université prestigieuse, de la prostitution.

Il vient vous expliquer que oui, c’est vrai, ces marchés dysfonctionnent, mais que ce n’est pas une question de morale, c’est plus une histoire de mécanisme économique (je ne rentre pas dans le détail). Et que plutôt que les (ces activités) « sortir du marché », on peut leur appliquer « la théorie des incitations », ce qui permettra d’éviter « ces écueils moralement condamnables, tout en bénéficiant des vertus du marché […] « .

Pour mémoire, sa théorie des incitations peut se comprendre, en ce qui concerne un marché répugnant, au travers de l’exemple suivant : le sang. Ainsi, selon Tirole, les gens devraient vendre leur sang plutôt que le donner, car il y aura ainsi plus de sang sur le marché. Mais seulement, lui et ses amis spécialistes de l’économie comportementale ont découvert (sic) que si les gens ne vendent pas leur sang, c’est qu’ils auraient une image de cupidité qu’il ne supporteraient pas. Mais il poursuit : on peut, selon lui, calculer un prix adéquat en dessous duquel les gens n’auront pas cette culpabilité là.

Je me demande comment il veut appliquer cela aux marchés répugnants pré-cités…

Ainsi, il fustige l’hypocrisie des gens en couples qui ne vont pas voir des prostitués, ce qui donc, si on le suit bien, freine le marché de la prostitution pour de mauvaises raisons. Je le cite : « Ainsi, une personne qui serait scandalisée par l’idée même de la prostitution ou de relations tarifées, peut néanmoins rester avec son conjoint, sans amour, par désir de sécurité financière ou par simple peur de la solitude. Parfois, le marché est donc notre bouc-émissaire : il endosse les critiques que nous pourrions adresser à l’humanité-même car il révèle ou met en évidence ce qui peut déplaire dans la nature même de l’humain. Le marché, en tant que miroir de l’humanité, sert alors à nous cacher notre propre hypocrisie et à révéler certains penchants voire certaines parties de notre âme que nous aurions aimé cacher aux autres et à nous-mêmes. » Etrange, non, comme raisonnement…?

Et ce texte est truffé d’affirmations des plus étonnantes… Petit florilège que je commente :

– « On ne peut se targuer de moralité quand on est contre le commerce des organes ».

En gros son argument c’est de dire, vous les moralistes qui vous élevez sans réfléchir, sous le coup de l’émotion, contre la marchandisation des organes, qui apporterait plus d’organes sur le marché à ceux qui en ont besoin, vous êtes des cons. Je me demande qui est le con dans cette histoire. Être contre ce marché, c’est juste une histoire de morale gauchiste semble t-il, pour lui. Il n’y aurait donc pas d’arguments sérieux contre ce phénomène ?
Par contre, outre ses arguments, il a même des idées de mise en oeuvre : dans un autre texte (texte du débat suivant un discours prononcé en 2011 dans le sein de la même académie, lien ici) il estime qu’il « faudrait payer une forte somme d’argent à des gens du Tiers-Monde » pour qu’ils fournissent leurs organes…

– « Le marché […] préserve des risques discrétionnaires, des lobbys et du favoritisme »

Là, j’étais plié de rire. Ah oui, le marché préserve des risques discrétionnaires ? Sans blague ! des lobbys ? Mince alors ! du favoritisme ? MDR !

– « le marché […] empêche les entreprises puissantes d’imposer leurs prix élevés et leurs produits médiocres »

Pareil. On rit… Le marché a t-il empêché Servier de fournir son médiator ? Et Monsanto, ses pesticides ? et le cartel des télécoms, Orange, SFR et Bouygues, ils ne se sont pas entendus pendant 15 ans pour nous infliger des prix délirants sur les communications mobiles ? faut-il allonger la liste ??

– « […] une étude récente a montré que le partage des responsabilités érode les valeurs morales : l’existence d’excuses (‘‘on m’a demandé de le faire’’, ‘‘tout le monde le fait’’, etc.) a permis la mise au rencard des réticences individuelles peu éthiques. » (la phrase est alambiquée…)

Là aussi on sourit, ou on est triste. Il lui a donc fallu une belle étude « récente » réalisée par des économistes (Sic) pour savoir que les gens peuvent se déresponsabiliser dans un groupe ou dans une chaîne de responsabilités. Je pense qu’il n’est point besoin de faire des calculs ou enquêtes savantes pour le savoir. J’imagine qu’il ne connaît pas l’expression « criminel de bureau »…

Jean Tirole se paie en plus le luxe d’un chapitre conclusif sur le marché et les inégalités qu’il génère, dans lequel il explique que la Science économique trouve ses limites à appréhender le problème et à en trouver des solutions. Sans doute pense t-il représenter l’ensemble des économistes ?

Frédéric Dessort

Source : Ouvertures, Frédéric Dessort, 24-01-2016

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Commentaire recommandé

Abemus // 05.02.2016 à 05h37

J’ajouterais qu’il y a pas mal de gens qui crêvent de faim quand des milliers de handicapés coutent un max de blé a la société. C’est stupide, il serait si simple de faire bouffer du pâtė de handicapés aux personnes sous-alimentées.

Qui est pour créer le grand marché du pâté de paraplégiques ?

(Humour… A ce niveau là il faut préciser)

118 réactions et commentaires - Page 2

  • YpLee // 05.02.2016 à 13h37

    Je ne sais plus où j’ai lu ça mais une étude démontrait que les traits et symptôme les plus courant chez les psychopathes sont quasiment les même que les valeurs reconnues, admirées et encouragées chez les dirigeants (politique, finance, industrie, étude, etc … ).

    En gros :
    Absence d’empathie
    Manipulateurs
    Narcissisme
    Prise de risque
    Absence de remords
    Agressivité
    Appétit de pouvoir

    Comme ces traits sont souvent associé (dès la petite enfance) au succès on se retrouve au fil de la sélection “naturelle” avec un très fort pourcentage de dirigeants ayant tous les symptôme de psychopathie.

      +5

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  • condamy // 05.02.2016 à 13h38

    A faire lire à Mr Tirole ,un ouvrage de J. Swift sur la manière de résoudre la grande crise de famine en Irlande en donnant à manger aux affamés les enfants ce qui permets a la fois de réduire la population donc le nombre d’affamés futurs et de .. nourrir ceux qui restent : un vrai talent d’économiste distingué tout a fait dans le ligne de Mr Tirole !!

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    • condamy // 06.02.2016 à 13h45

      Exact ! la novlangue n’existait pas encore !! Merci encore pour tous vos articles et le courage et l’indépendance ( la liberté d’esprit ) dont vous faîtes preuve .

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  • Petrus // 05.02.2016 à 13h40

    “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme” On peut s’interroger à la lecture de son exposé si Jean Tirole a une âme car du coeur il semble en être dépourvu!

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  • Renaud // 05.02.2016 à 14h05

    Avec Jean Tirole, il y a comme un fumet nauséabond arrosé de confusion, comme s’il n’y avait pas assez de confusion autour de nous ! Porter attention à J. Tirole c’est se fourvoyer tout comme ses pairs qui lui ont fait avoir son “prix”…

    Pendant ce temps-là la capitalisation de Google atteint quelques 550 milliards de dollars, soit le total des 7 premières sociétés du CAC-40, si on rajoute à celle de Google la capitalisation de Apple, ça fait 100% du CAC-40. Je n’y vois, a priori, pas d’inconvénients dans un premier temps.

    Car si les progrès techniques, l’innovation, doivent améliorer le sort des humains, l’on voit donc bien que les progrès dans la — production — ne font qu’avancer. Mais dans quel sens pour les humains? C’est encore une autre question décisive. Car le progrès — complet — dans tous les sens du terme ne peut se réaliser qu’avec — le même progrès — dans la – production – comme dans la — distribution —, ce qui n’a pas lieu. En effet, l’on constate que le progrès n’est que partiel. Il en manque ~50%. Car quel est la clé de la – distribution – dans son vrai rôle? Et bien c’est le système financier.

    Ainsi, nous sommes maintenant saoulés de Démocratie Politique inopérante. Tant que le système financier sera confisqué aux producteurs la — distribution — restera obsolète vu que le pouvoir d’achat des producteurs est spolié monétairement par le système financier et le système fiscal qui va avec. Car rien n’est moins démocratique que l’argent, son mode de création et son contrôle. Il n’existe toujours pas de — Démocratie Économique —.

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  • benoi31 // 05.02.2016 à 14h05

    Il y a quand même quelques passages sympas au delà de cet extrait ahurissant.

    Par exemple :
    “L’économie de marché n’a aucune raison de générer une structure des revenusa prioricon-formes à ce que voudrait la société. C’est pour cela qu’une fiscalité distributive et redistributive est nécessaire. Un pays peut adhérer pleinement à l’économie de marché et utiliser l’impôt pour atténuer les inégalités.”

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  • social21eme // 05.02.2016 à 14h12

    À ce niveau de confusion entre philosophie éthique du vivant et pensé pécuniaire limité ça en devient criminel !

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  • Unknown // 05.02.2016 à 14h37

    Appliquer le principe des subprimes au corps humain, bon sang, il fallait vraiment un Nobel pour l’inventer.

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  • red2 // 05.02.2016 à 15h49

    Et ce gars est directeur de la Toulouse School of Economics, il forme donc à sa pseudo science quelques centaines de bon petits soldats tout les ans qui iront prêcher la bonne parole… Au secours! Il est plus que temps de reconquérir les universités.

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  • JLM18 // 05.02.2016 à 16h16

    Les propos de TIROLE nous renvoi à l’entretien accordé par JC MICHEAS repris par les « crises» le 30 aout 2015 qui nous revèle la cohérence de pensée de cet économiste.

    TIROLE n’est pas un fou mais à un type rationnel qui assume cyniquement la logique libérale dont l’objectif final, comme le dit Micheas, est qu’aucune norme morale, philosophique ou religieuse ne saurait venir limiter du dehors le droit « naturel » de tout individu à vivre en fonction de son seul intérêt égoïste.

    Il mérite donc bien son Nobel d’économie tant cette science est une imposture et le cache sexe idéologique d’un système inégalitaire et oppressif dont le but ultime est bien de détruire toute notion d’humanité et de partage en l’homme pour le transformer en un simple agent économique.

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  • Louis Robert // 05.02.2016 à 16h58

    Bravo, Jean Tirole. La crise des réfugiés présente à l’Europe une chance unique de croissance économique. Je m’affolais, avant-hier, entendant «Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d’autres viendront».

    http://www.lefigaro.fr/international/2016/02/03/01003-20160203ARTFIG00320-un-gouverneur-belge-recommande-de-ne-pas-nourrir-les-refugies.php

    En ces temps d’austérité, quel manque de vision et surtout de sens moral! Mais non, accueillez-les dans ces “Hotspots” et ces camps grecs puis nourrissez-les! Après quoi parlons “business”: offrons-leur de régler la note par la saisie de leurs biens ou en offrant un de leurs organes. Non seulement ces pratiques assureraient-elles à l’Europe une prospérité économique inattendue mais, permettant de sauver des vies européennes, elles constitueraient une aide humanitaire précieuse à nos populations nécessiteuses.

    Malgré une si vive compétition, puissent-ils nous arriver bientôt par millions. Ils sera toujours temps de les rapatrier… à leurs frais.

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  • jheurtault // 05.02.2016 à 17h17

    Je propose que Jean Tirole fasse don de ses deux reins dont chacun sera greffé sur une personne sous dialyse. Jean Tirole sera alors obligé de subir régulièrement une dialyse, ce qui coûte effectivement assez cher.
    Mais, au total, on aura gagné une dialyse puisque, après la greffe, aucun des deux patients greffés n’aura plus besoin de dialyse … On aura donc fait des économies!
    Pour avoir inventé cette technique de gestion RATIONNELLE du stock de reins, je demande que me soit attribué le Prix Nobel de médecine ET le Prix Nobel d’économie!

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  • Sylvette // 05.02.2016 à 17h19

    Même pas la peine de discuter face à une telle imposture intellectuelle .
    Le vivant n’est pas une marchandise point barre.
    Si on pousse le raisonnement on ne passe même pas par la case “soins”, on euthanasie directement et sans “tabou” des vies qui ne valent pas la peine d’être vécues ( on a connu) c’est très économique!
    Qu’il aille faire un stage en Amérique du Sud voir comment les pauvres vendent un de leurs yeux ou de leurs reins.

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  • Gilles // 05.02.2016 à 17h51

    Tirole applique la théorie de l’économie néoclassique qui « énonce que la meilleure garantie du bien-être social est la concurrence et que la poursuite de l’intérêt individuel conduit au résultat le meilleur et le plus rationnel pour toute la société ». Steve Keen, dans son livre, l’imposture économique, met à bas cette théorie qui ne bénéficie d’aucune justification empirique.

    Même si sa proposition sur le commerce des organes arrivait à dépasser les questions morales, éthiques, …, rien ne permet d’affirmer que cette solution sauverait des vies et coûterait moins chère à la société. Là ou seul le capitalisme est mis en œuvre, on ne peut s’attendre qu’à une recherche inlassable de la maximisation du profit pour une minorité (1%) aux dépens de la quasi-totalité (99%).

    « La diminution du lien social a des vertus » pour qui ? Il existe pléthore d’exemples qui prouvent le contraire ou justement le lien social participe du bien-être de l’ensemble de la société. On peut aussi parler de solidarité ou de fraternité.

    La cupidité a certainement servi à quelques prédateurs mais n’expliquera jamais les innovations apportées et la motivation des grands chercheurs (Aristote, Galilée, De Vinci, Einstein, Pasteur, Curie , Edison…..etc…..etc….).

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  • Lea_ // 05.02.2016 à 18h44

    On critique, on critique mais réfléchissons un peu.
    Si ça se trouve – c’est une hypothèse – cette idée plairait beaucoup à des sans-dents. Oui, aux sans-dents, car je vois assez mal un super riche mettre sur le marché son rein ou une autre partie de son corps.
    On pourrait même imaginer – toujours une hypothèse – qu’au lieu de vendre son “rein”, ce qui peut paraître peu éthique à certains, on crée une sorte de troc. Je m’explique: le demandeur d’organe propose à son futur fournisseur sans-dent de payer pex 1 mois d’arriéré de loyer, vu que ce dernier occupe un poste précaire, se trouve au chômage, ou le remplissage de son caddie chez Lidl. Et pourquoi ne pas créer à cet effet une plateforme, style ebay, mais avec des enchères à la baisse, où notre demandeur d’organe pourrait considérablement baisser le prix de revient de son “acquisition” vu qu’il y a beaucoup de sans-dent dans notre pays.
    Je suis persuadée qu’il y a encore d’autres possibilités à explorer; il suffit de le demander à monsieur marché.

    Ps Cette approche de M. Tirole me fais penser à Pierre Bergé et sa sortie: “Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence ?”

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    • Jeanne L // 05.02.2016 à 21h05

      Chère Léa,
      Trouvera-t-on des dents sur cette plate-forme ?
      C’est la seule question qui m’intéresse, moi mes reins ça marche, mais mes dents …!

      Et cela pourrait engager un vrai marché, gagnant -gagnant, et ce serait une belle façon d’enfin arriver au stade du “A chacun selon ses besoins”, que tout le monde semble avoir perdu de vue…

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  • Louis Robert // 05.02.2016 à 19h07

    Quelle différence? — Un (ou plusieurs) enfant(s)… ni une hypothèse ni un détail, me semble-t-il.

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  • Saabaïdii // 05.02.2016 à 19h30

    “On ne peut pas se targuer de moralité quand on est contre le commerce des organes, et la question s’avère plus complexe qu’il n’y paraît au premier regard”

    A ce rythme nous manquerons bientôt de marbre …

    En revanche, ce dont ce monsieur peut se targuer c’est de mortalité car il est pour le commerce des organes, la complexité devient ainsi soluble par simple détournement du regard.
    http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20151014.OBS7641/trafic-d-organes-la-pauvrete-pousse-les-bangladais-a-ceder-leur-rein.html
    On aurait pu évoquer l’Inde, la Chine,et bien d’autres, toutes ces terres où les misères les plus noires prospèrent sur la prospérité.
    Des pistes potentiellement plus sérieuses, non dénuées de multiples problématiques biologiques, éthiques,sociologiques etc…, en première approche pour les non-biologistes :
    http://www.inserm.fr/thematiques/immunologie-inflammation-infectiologie-et-microbiologie/dossiers-d-information/cellules-pluripotentes-induites-ips.

    Bien à vous tous.

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  • dgeorg // 05.02.2016 à 19h46

    Tirole semble se rattacher aux valeurs défendues par les libertariens dont la figure de prou Ayn RAND défend “la voie de l’égoïsme rationnel” où elle dénonce l’altruisme comme une fausse vertu. Le héro d’Ayn RAND c’est l’entrepreneur celui qui est digne d’intérêt. Le reste n’est que parasite….
    Tirole n’invente rien, il ne fait que reprendre sous un angle différent des valeurs éculées.

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  • Andrae // 05.02.2016 à 19h56

    J’avoue qu’avant de regarder la moitié de la vidéo postée (pas pu aller plus loin), je croyais que M. Virole était un économiste français nullos qui avait publié des équations à mourir de rire dans des papelards ignorés, mais, qu’il fallait ‘distribuer le prix.’

    La vid. m’a choquée. Un discours public de cette sorte ne peut pas passer en Grande-Bretagne, ou aux USA, sans mentionner l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, et autres pays en Europe. Bon. On peut argumenter que les ‘autres’ sont plus taiseux et discrets, et hypocrites, bien sur. Ou on peut dire, heh, la France, c’est le pays de la libre expression! Moi moi Charlie! Non, voir les lois, la répression, la chasse aux sorcières, la censure, l’auto-censure, la surveillance, la stigmatisation tous azimuts des ‘différents’ (frange politique, conspirationnistes, ‘anti-sémites’, ‘écologistes dites violents’, défenseurs des animaux, anarchistes, etc. etc.) ..

    Et là il y a un parterre assis et en gros (?) approbateur?

    Hallucinant!

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  • DidierF // 05.02.2016 à 20h22

    J’ai découvert récemment Marshall Rosenberg et sa communication non violente. Dans les choses qu’il présente, il y a ce qu’il nomme la “Amtsprache”. C’était le langage qui permettait à Eichmann d’envoyer beaucoup de monde à la mort sand éprouver de culpabilité. Selon ce qu’en dit Rosenberg, cette langue particulière stair enseignée dans l’Allemagne nazie.
    Le discours de Jean Tirole et de Gary Becker m’apparaissent comme une variante de cette “Amtsprache” car elle autorise des violences inouïes en épargnant à leurs auteurs tout sentiment de culpabilité.

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  • Erwan // 05.02.2016 à 21h00

    Dans le principe ça me semble un sujet intéressant de se demander si des choix faits au nom de l’éthique ou de la morale sont pertinents, y compris sur un plan économique. Accessoirement je trouve la critique Frédéric Dessort moyennement convaincante, puisque Tirole lui répondrait que les contre-exemples qu’il donne sont des dysfonctionnements de l’économie de marché (exemple : cartels).

    Pour moi il n’y a nul besoin d’arguments moraux/éthiques pour s’opposer au tout-libéral qu’il propose : le problème est que l’économie de marché est dysfonctionelle par nature !

    L’idée que chacun fasse les choix individuels qui lui sont objectivement le plus bénéfiques est très belle en théorie mais complètement fausse en pratique, tout simplement parce que les hommes ne sont pas du tout libres et égaux dans la vraie vie. Déjà, si c’était le cas, la publicité n’existerait pas puisque personne ne serait influençable ! Les inégalités en argent, en éducation, en accès aux “réseaux d’amis”, en capacité d’action, etc… font que M. Tirole et un réfugié syrien (au hasard) n’ont absolument pas la même liberté d’acheter ou de vendre un rein, leur force de travail, etc. Une négociation contractuelle entre quelqu’un qui ne mangera pas ce soir si la négociation traine et quelqu’un qui a tout son temps, ça revient exactement au même qu’un “accord” sous la menace d’une arme.

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  • Aris-Caen // 05.02.2016 à 22h00

    L’être humain en pièce détachées, pour les besoins du marché sacré, est promu par une mafia bc-bg intellectuelle et universitaire (les Chicago boys version XXI siècle) sans discrétion et sans honte dans les cénacles de la République.
    Cette Cosa Nostra officielle n’a plus peur de rien, elle formule aujourd’hui librement l’ avenir, le presque présent qu’elle a tjrs rêvé : les dominants dominent, les dominés doivent accepter les nouvelles règles prestement.
    Jean Tirole est un cas typique de la “petite classe bourgeoise intellectuelle” de notre époque : un agent dominé de la domination; un porteur d’eau de la classe intermédiaire promouvant le capitalisme total. A une autre époque ce même homme aurait pu être un promoteur du marxisme à la soviétique.
    Tirole pense être à l’avant garde. Il n’est,en fait, que la queue de comète qui fait beaucoup de lumière avant de s’éteindre dans une nuit juillet.

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  • Alae // 06.02.2016 à 13h09

    En attendant Jean-Claude Michéa, dont il est vrai que toute l’oeuvre consiste en une réfutation brillante de la pensée libérale, j’ai trouvé ceci :

    “Toute amélioration du système devra commencer par une volonté forte de restreindre radicalement, voire d’éliminer complètement, la motivation du profit. Sinon, rien de significatif ne pourra changer dans la société , et les capitalistes qui possèdent la société – et leurs apologistes libéraux – continueront à émettre platitude progressiste sur platitude progressiste pendant que leur chauffeur les conduit à la banque.”
    William Blum, anti-empire report #143 (à lire en entier, comme toujours avec lui).
    http://williamblum.org/aer/read/143

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  • Sébastien // 06.02.2016 à 21h30

    Je pense que certaines personnes qui parlent de Satanisme n’ont pas complètement tort…. Parce qu’en arriver à ce niveau, je ne vois pas d’autre qualificatif. On emploie bien le terme “diabolique”. Ou alors “possédée”, ce qui revient à se poser la question de l’origine de cette possession.
    Ma confiance en l’être humain diminue de jour en jour…

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  • JC // 07.02.2016 à 00h47

    Toutes les valeurs positives ont été exploités financièrement et à cause de cela vidés de leur sens originel.
    Désormais place à l’exploitation des valeurs négatives. Le basculement est en train d’opérer. Le dieu argent à corrompu la majeure partie des gens de pouvoir.

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  • Alain // 07.02.2016 à 10h46

    On est à priori révulsé par ce genre de question, mais avec l’automation à tout crin, il va bien falloir se pencher sur ce genre de principes: une question de ce type déjà été posée avec la voiture autonome: à l’approche d’un groupe de piétons sur la chaussée qu’elle ne peut plus éviter sans tuer ses propres passagers, comment doit-elle être programmée, en comparant le nombre de piétons et le nombre d’occupants du véhicule?

    Et on oublie toujours que la médecine de guerre et de catastrophes doit faire ce genre de choix (meilleures allocations des ressources) en laissant mourir un blessé trop gravement atteint dont le temps nécessaire pour les soins provoquera la mort de plusieurs autres blessés en attente de soins. Douloureux dilemmes que les courageux urgentistes doivent démêler seuls avec leur conscience, sans avoir le temps de réunir une commission

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  • jymesnil // 07.02.2016 à 16h32

    la photo et le regard de ce type veut tout dire, il transpire la méchanceté….en effet un parallèle avec les heures les plus sombres…n’est pas idiot 🙁

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