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21.août.201921.8.2019 // Les Crises

La production d’une guerre avec la Russie. Par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 03-06-2019

M. Fish / Truthdig

Par Chris Hedges

le 3 juin 2019

Malgré la conclusion du rapport de Robert Mueller selon laquelle Donald Trump et sa campagne ne se sont pas compromis avec la Russie pendant la course à la présidentielle de 2016, la nouvelle Guerre froide avec Moscou ne semble guère s’apaiser. Elle est utilisée pour justifier l’expansion de l’OTAN aux frontières de la Russie, une mesure qui a rapporté des milliards de dollars de profits aux fabricants d’armes américains. Elle est utilisée pour diaboliser les critiques internes et les médias alternatifs, les accusant d’être au service d’une puissance étrangère. Elle est utilisée pour couvrir la trahison de la classe ouvrière par le Parti démocrate et la soumission de ce parti au pouvoir des grandes entreprises. Elle est utilisée pour discréditer la détente entre les deux plus grandes puissances nucléaires du monde. Elle est utilisée pour justifier autant la restriction des libertés civiles aux États-Unis que les interventions des États-Unis à l’étranger, y compris dans des pays comme la Syrie et le Venezuela. Cette nouvelle guerre froide est antérieure à la campagne présidentielle de Trump. Elle a été fabriquée il y a plus d’une décennie par une industrie de guerre et une communauté du renseignement qui ont compris qu’en alimentant un conflit avec la Russie, ils pouvaient consolider leur pouvoir et augmenter leurs profits. (Soixante-dix pour cent des renseignements sont fournis par des sociétés privées comme Booz Allen Hamilton, qui a été qualifiée d’entreprise d’espionnage la plus rentable du monde.)

« Cela a commencé bien avant Trump et le “Russiagate” », a dit Stephen F. Cohen quand je l’ai interviewé pour mon émission de télévision, « On Contact ». M. Cohen est professeur émérite de sciences politiques à l’Université de Princeton, où il était directeur du programme d’études russes, et professeur émérite d’études et d’histoire russes à l’Université de New York. « Vous devez vous demander : comment se fait-il que Washington n’a eu aucun problème à mener une diplomatie productive avec les dirigeants communistes soviétiques. Vous vous rappelez de Richard Nixon et Leonid Brejnev ? C’était une hymne à l’amour. Ils sont allés chasser ensemble [en Union soviétique]. Et voilà qu’arrive un dirigeant post-soviétique, Vladimir Poutine, qui non seulement n’est pas communiste, mais est ouvertement anticommuniste. Washington n’a fait que de le haïr depuis 2003, 2004. Cela demande une explication. Pourquoi, en Russie, préférons-nous les dirigeants communistes au dirigeant anticommuniste ? C’est une énigme. »

« Si vous essayez d’expliquer comment les institutions de Washington ont traité avec Poutine d’une manière haineuse et diabolisante, vous devez remonter aux années 1990 avant Poutine », a déclaré Cohen, dont le nouveau livre est Guerre avec la Russie ? De Poutine et l’Ukraine à Trump et au Russiagate. « Le premier leader post-soviétique est Boris Eltsine. Clinton est président. Et ils ont ce simulacre de pseudo-partenariat, de pseudo-amitié, alors que l’administration Clinton a essentiellement tiré avantage du fait que la Russie était en train de s’effondrer. Elle avait presque perdu sa souveraineté. J’y ai vécu durant les années 90. Les gens de la classe moyenne perdaient leur emploi. Les anciens perdaient leur retraite. Je pense qu’il est correct de dire que la production industrielle s’est davantage effondrée durant les année 90 en Russie que durant notre Grande Dépression. C’était la pire récession économique et sociale jamais vue en temps de paix. Ce fut une catastrophe pour la Russie. »

En septembre 1993, les Russes sont descendus dans la rue pour protester contre l’effondrement de l’économie – le produit intérieur brut avait baissé de 50 % et le pays était secoué par l’hyperinflation et par la corruption rampante qui a vu les entreprises d’État être vendues pour des sommes dérisoires à des oligarques russes et à des sociétés étrangères en échange de commissions et de pots-de-vin somptueux ; mais aussi contre les pénuries de nourriture et de carburant ; le non paiement des salaires et pensions ; le manque de services de base, notamment médicaux ; l’espérance de vie en baisse ; l’explosion du nombre de crimes violents ; et l’autoritarisme croissant d’Eltsine et sa guerre impopulaire contre la Tchétchénie.

En octobre 1993, Eltsine, après avoir dissous le parlement, a ordonné aux chars de l’armée de bombarder le bâtiment du parlement russe, qui était occupé par des manifestants démocratiques. L’assaut a fait 2 000 morts. Pourtant, au cours de sa présidence, Eltsine a reçu des éloges et un soutien enthousiastes de Washington. Cela comprenait notamment le soutien américain pour un prêt de 10,2 milliards de dollars du Fonds monétaire international à la Russie lors de sa campagne de réélection de 1996. Le prêt a permis au gouvernement Eltsine de verser d’énormes sommes en arriérés de salaires et pensions à des millions de Russes, les chèques arrivant souvent à la veille de l’élection. De plus, environ 1,5 milliard de dollars du prêt ont été utilisés pour financer directement la campagne présidentielle d’Eltsine. Mais lorsque Eltsine a été écarté de ses fonctions en décembre 1999, sa cote de popularité avait chuté à 2%. Washington, perdant Eltsine, partit à la recherche d’un autre dirigeant russe malléable et, au début, pensa en avoir trouvé un avec Poutine.

« Poutine est allé au Texas », dit Cohen. « Il a fait un barbecue avec Bush, Bush fils. Bush a dit qu’il “a regardé dans ses yeux et a vu une bonne âme”. Cette lune de miel a existé. Pourquoi se sont-ils retournés contre Poutine ? Il s’est avéré qu’il n’était pas Eltsine. Nous avons un commentaire très intéressant à ce sujet de Nicholas Kristof, le chroniqueur du New York Times, qui a écrit, je pense en 2003, que sa propre désillusion avec Poutine était qu’il ne s’était pas avéré être “un Eltsine sobre”. Ce que Washington espérait, c’était un dirigeant russe post-soviétique, soumis, suppliant, mais plus jeune, en meilleure santé et pas alcoolique. Ils pensaient l’avoir avec Poutine. Eltsine avait mis Poutine au pouvoir, ou du moins les gens autour d’Eltsine l’avaient fait. »

« Quand Poutine a commencé à parler de la souveraineté de la Russie, de la voie indépendante de la Russie dans les affaires mondiales, ils ont été atterrés », a dit M. Cohen au sujet des élites de Washington. « Ce n’est pas ce à quoi ils s’attendaient. Depuis lors, ma pensée est que nous avons été chanceux après les années 1990 d’avoir Poutine parce qu’il y avait de pires prétendants en coulisses. J’en connaissais quelques-uns. Je ne veux pas les nommer. Mais certains de ces types étaient des gens très durs. Poutine était en quelque sorte la bonne personne au bon moment, tant pour la Russie que pour les affaires mondiales russes. »

« Cela fait trois ans que nous vivons une telle situation », a dit M. Cohen au sujet du Russiagate. « Nous avons perdu de vue l’essentiel de cette allégation. Les gens à l’origine du Russiagate disent littéralement, et ce depuis près de trois ans, que le président des États-Unis est un agent russe, ou qu’il s’est compromis avec le Kremlin. On ricane parce que c’est grotesque. Mais l’establishment de Washington, principalement les démocrates mais pas seulement, ont pris cela au sérieux. »

« Je ne sais pas s’il y a jamais eu quelque chose comme ça dans l’histoire américaine », ajoute Cohen. « Cette accusation nuit tellement à nos propres institutions, à la présidence, à notre système électoral, au Congrès, aux grands médias américains, sans parler des dommages qu’elle a causés aux relations américano-russes et à la façon dont les Russes, tant les élites que les jeunes, regardent l’Amérique d’aujourd’hui. Tout ce Russiagate n’a pas seulement été frauduleux, il a été une catastrophe. »

« Il y a eu trois épisodes majeurs de détente au XXe siècle », a dit M. Cohen. « Le premier a eu lieu après la mort de Staline, alors que la guerre froide était très dangereuse. Cela a été mené par Dwight Eisenhower, un président républicain. Le second était de Richard Nixon, conseillé par Henry Kissinger – il a été appelé “la détente Nixon avec Brejnev”. Le troisième, et celui que nous avons pensé le plus réussi, était Ronald Reagan avec Mikhaïl Gorbatchev. C’était une détente si réussie que Reagan et Gorbatchev, et le successeur de Reagan, Bush père, ont dit que la guerre froide était terminée pour toujours. »

« Le mur était tombé », a dit M. Cohen de l’effondrement de l’Allemagne de l’Est en 1989 et de la chute du mur de Berlin. « L’Allemagne se réunifiait. La question devint : “Où serait une Allemagne unie ?” L’Ouest voulait l’Allemagne dans l’OTAN. Pour Gorbatchev, c’était impossible à vendre. Vingt-sept millions et demi de citoyens soviétiques étaient morts dans la guerre contre l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est. Contrairement aux foutaises qu’on nous raconte, les États-Unis n’ont pas débarqué en Normandie et défait l’Allemagne nazie. La défaite de l’Allemagne nazie est due principalement à l’armée soviétique. Comment Gorbatchev pouvait-il rentrer chez lui et dire : “L’Allemagne est réunifiée. Super. Et elle va entrer dans l’OTAN”. C’était impossible. Ils ont dit à Gorbatchev : “Nous promettons que si vous acceptez que l’Allemagne unifiée intègre l’OTAN, l’OTAN ne bougera pas – d’après le secrétaire d’État James Baker – d’un pouce plus à l’est”. En d’autres termes, l’OTAN ne progresserait pas de l’Allemagne vers la Russie. Et elle l’a fait. »

« Alors que nous parlons aujourd’hui, l’OTAN se trouve aux frontières de la Russie », a déclaré M. Cohen. « Des pays baltes à l’Ukraine en passant par l’ex-République soviétique de Géorgie. Alors, que s’est-il passé ? Plus tard, ils ont dit que Gorbatchev avait menti ou qu’il avait mal compris. Que la promesse n’avait jamais été faite. Mais la National Security Archive de Washington a produit tous les documents de la discussion de 1990. Ce n’était pas seulement [le président George H.W.] Bush, c’était le dirigeant français François Mitterrand, c’était Margaret Thatcher d’Angleterre. Tous les dirigeants occidentaux ont promis à Gorbatchev que l’OTAN ne se déplacerait pas vers l’est. »

« A quoi est-ce qu’on aboutit aujourd’hui ? », a-t-il demandé. « A une trahison. Quelle que soit la discussion sur les relations russo-américaines aujourd’hui, un Russe averti dira : “Nous craignons que vous ne nous trahissiez à nouveau…” Poutine a dit qu’il avait des illusions sur l’Ouest quand il est arrivé au pouvoir. »

« Trump arrive de nulle part en 2016 et dit : “Je pense que nous devrions coopérer avec la Russie” », a dit M. Cohen. « C’est une déclaration de détente. C’est ce qui a attiré mon attention sur lui. C’est alors qu’on commence à parler de Trump qui serait un agent du Kremlin. On doit se demander – je ne peux pas le prouver – mais il faut réfléchir logiquement. Cette allégation a-t-elle été lancée quelque part en haut lieu aux États-Unis par des gens qui ne voulaient pas d’un président pro-détente? Même s’ils pensaient que les chances que Trump gagne étaient très faibles, ils n’aimaient vraiment pas ce discours sur la coopération avec la Russie. Ça a déclenché ce qu’on appelle le Russiagate. »

« Les précurseurs de la détente étaient des Républicains », a dit M. Cohen. « Le comportement des Démocrates pendant cette période de détente a été mitigé. Il y avait ce qu’on appelait l’aile Henry Jackson. C’était une aile très dure et idéologique du Parti démocrate qui ne croyait pas à la détente, à l’inverse de certains autres Démocrates. J’ai vécu de nombreuses années à Moscou, à l’époque soviétique et post-soviétique. Si vous parlez aux décideurs russes et soviétiques, ils préfèrent généralement les candidats républicains à la présidence. »

Les démocrates sont perçus par les dirigeants russes comme plus idéologiques, selon M. Cohen.

« Les Républicains ont tendance à être des hommes d’affaires qui veulent faire des affaires en Russie », a-t-il dit. « Le groupe de pression pro-détente le plus important, créé dans les années 1970, s’appelait le Comité américain pour l’accord Est-Ouest. Il a été créé par des PDG américains qui voulaient faire des affaires en Russie soviétique. »

« La relation la plus importante que les États-Unis entretiennent est avec la Russie », continue Mr. Cohen, « et pas seulement à cause des armes nucléaires. Elle demeure le pays avec le plus grand territoire au monde. Elle touche toutes les régions qui nous préoccupent. La détente avec la Russie – pas l’amitié, pas le partenariat, pas l’alliance – mais la réduction des conflits est essentielle. Pourtant, quelque chose s’est passé en 2016. »

Les accusations répétées de James Clapper, l’ancien directeur de la NSA [agence pour la sécurité nationale , NdT], et de John Brennan, l’ancien directeur de la CIA [agence centrale de renseignement, NdT], concernant le prétendu contrôle du Kremlin sur Trump et les allégations de vol de nos élections par la Russie, sont profondément dérangeantes, a déclaré Mr. Cohen. Clapper et Brennan ont décrit Trump comme un « atout » du Kremlin. Brennan a qualifié la performance de Trump lors d’une conférence de presse avec le président russe en Finlande de « rien de moins qu’une trahison ».

Dans ses mémoires, « Faits et peurs : vérités difficiles d’une vie de renseignement », Clapper affirme que l’ingérence de Poutine dans l’élection présidentielle de 2016 au profit de Trump a été « stupéfiante ».

« Bien sûr, les efforts russes ont affecté le résultat », écrit Clapper. « Même eux ont été surpris d’avoir fait basculer l’élection vers une victoire de Trump. Conclure autrement, c’est étirer la logique, le bon sens et la crédulité jusqu’au point de rupture. Moins de quatre-vingt mille votes dans trois États clés ont fait basculer les élections. Je ne doute pas que plus de votes que cela aient été influencés par cet effort massif des russes. »

Brennan et Clapper ont été surpris à de nombreuses reprises à mentir au public. Brennan, par exemple, a nié, à tort, que la CIA surveillait les ordinateurs que le personnel du Sénat utilisait pour préparer un rapport sur la torture. La présidente de la commission sénatoriale du renseignement, Dianne Feinstein, a pris la parole au Sénat pour accuser Brennan et la CIA de potentiellement violer la Constitution américaine et d’agir de façon criminelle dans ses tentatives d’espionner et de contrecarrer les enquêtes de sa commission sur l’utilisation de la torture par l’Agence. Elle a décrit la situation comme un « moment déterminant » pour la surveillance politique. Brennan a également affirmé qu’il n’y avait pas eu une seule « mort collatérale » dans le programme d’assassinat par drone, qu’Oussama ben Laden avait utilisé sa femme comme bouclier humain avant d’être abattu lors d’un raid américain au Pakistan, et a insisté sur le fait que la torture, ou ce qui est appelé avec euphémisme « interrogatoire approfondi », a produit de précieux renseignements. Aucune de ces affirmations n’est vraie.

Clapper, qui, au moment de l’invasion de l’Irak par les USA était à la tête de l’Agence nationale de renseignement géospatial, l’unité du Pentagone responsable de l’interprétation des photos et renseignements des satellites espions concernant par exemple les particules d’air et les échantillons de sol, a inventé une histoire sur Saddam Hussein dissimulant ses armes de destruction massive inexistantes et les documents qui confirmaient son programme pour la Syrie à la veille de l’invasion. Il a commis un parjure flagrant devant le Sénat lors de son interrogatoire au sujet des programmes nationaux de surveillance de la population américaine. Il lui a été demandé : « La NSA collecte-t-elle des données sur des millions, ou des centaines de millions d’Américains ? » Clapper a répondu : « Non, monsieur… Pas délibérément ». C’était, comme Clapper le savait très bien, un mensonge.

Notre incapacité à superviser ou à contrôler les hauts responsables du renseignement et leurs organismes, qui fabriquent de l’information pour faire adopter des programmes validés par l’État fantôme, trahit la mort de la démocratie. Les responsables du renseignement, qui semblent être autorisés à mentir – Brennan et Clapper en ont fait partie – ont entre leurs mains, de façon inquiétante, des instruments de surveillance, d’intimidation et de coercition qui réduisent efficacement au silence leurs détracteurs, discréditent les enquêtes sur leurs activités, même au sein du gouvernement, et les exonèrent, eux et leurs organismes, de toute responsabilité.

« Nous avons le dossier Steele qui traînait dangereusement dans les médias américains », a dit M. Cohen au sujet du rapport compilé par Christopher Steele.

Le rapport a été commandité par Fusion GPS et financé par la campagne présidentielle d’Hillary Clinton et le Comité national démocrate. Bob Woodward a rapporté que Brennan avait insisté pour inclure le dossier Steele dans l’évaluation de l’ingérence électorale russe par la communauté du renseignement.

« Il [Steele] l’a eu par les journaux », dit Cohen. « Je ne pense pas qu’il avait la moindre source en Russie. Steele se présente avec ce dossier et dit : “J’ai des informations venant de sources de haut niveau”. La campagne Clinton finance cette opération. Mais Steele est très important. C’est un ancien agent du renseignement britannique, peut-être pas si ancien que ça, qui avait servi en Russie et géré des dossiers russes. Il dit qu’il a cette information dans le dossier sur Trump batifolant avec des prostituées. Sur Trump ayant été corrompu il y a plusieurs dizaines d’années. Il l’a obtenu de sources du Kremlin “de haut niveau”. C’est grotesque. C’est illogique. »

« La théorie est que Poutine voulait à tout prix faire élire Trump », dit M. Cohen. « Pourtant, des gars du Kremlin, dans l’entourage de Poutine, faisaient passer des saletés sur Trump à un certain Steele. Alors que c’est ce que veut le patron… – est-ce que ça a un sens pour vous ? »

« Pourquoi est-ce important ? » demanda Cohen. « Aujourd’hui, les médias américains de droite, en particulier Fox News, blâment la Russie pour toute cette histoire de Russiagate. Ils disent que la Russie a fourni cette fausse information à Steele, qui l’a injectée dans notre système, ce qui a mené au Russiagate. Ce n’est pas vrai. »

« Qui est derrière tout ça ? Y compris l’opération Steele ? » demanda Cohen. « Je préfère une bonne question à une réponse convenue. Je ne suis pas dogmatique. Je n’ai pas les preuves. Mais toutes les informations de surface suggèrent que ça vient de Brennan et de la CIA. Bien avant que ça n’atteigne l’Amérique, peut-être dès la fin de 2015. L’un des problèmes que nous avons aujourd’hui, c’est que tout le monde tape sur le FBI. Des amants qui envoyaient des e-mails. Mais le FBI est une organisation poreuse, personne n’a peur du FBI. Ce n’est plus ce que c’était sous J. Edgar Hoover. Regardez James Comey, pour l’amour de Dieu. C’est un bouc émissaire. Brennan et Clapper se sont joués de Comey. Ils lui ont mis ça sur le dos. Comey ne pouvait même pas gérer les e-mails de Mme Clinton. Il a tout foutu en l’air. Qui étaient les petits malins ? C’était Brennan et Clapper. Brennan, le chef de la CIA. Et Clapper, le chef de bureau du [directeur du] renseignement national, qui est censé superviser ces agences. »

« Y a-t-il la moindre part de réalité dans ces allégations de Russiagate contre Trump et Poutine ? » demanda-t-il. « Est-ce que cela a été imaginé par nos services de renseignements? Aujourd’hui, des enquêtes sont promises, y compris par le procureur général des États-Unis. Ils veulent tous enquêter sur le FBI. Mais ils doivent enquêter sur ce que Brennan et la CIA ont fait. C’est le pire scandale de l’histoire américaine. Le pire, au moins depuis la guerre civile. Nous devons savoir comment cela a commencé. Savoir si nos services de renseignements sont si loin de leur devoir de réserve, au point où ils peuvent essayer d’abord de détruire un candidat à la présidence, puis un président, et je me fiche que ce soit Trump, ce sera peut-être Harry Smith la prochaine fois, ou une femme ; s’ils peuvent le faire, nous devons le savoir. »

« Bush fils a quitté le Traité antimissiles balistiques en 2002 », a dit M. Cohen. « C’était un traité très important. Il a empêché le déploiement de la défense antimissile. Si quelqu’un a un système de défense antimissile qui fonctionne, il pourrait penser qu’il peut se permettre une première frappe. La Russie ou les États-Unis pourraient frapper l’autre sans crainte de représailles. Une fois que Bush a eu quitté le traité, nous avons commencé à déployer une défense antimissile autour de la Russie. C’était très dangereux. »

« Les Russes ont lancé un nouveau programme de missiles dont nous avons appris l’existence l’an dernier », a-t-il dit. « Des missiles hypersoniques. La Russie a maintenant des missiles nucléaires qui peuvent partir et échapper à tout système de défense antimissile. Nous sommes à un nouveau niveau, plus avancé et plus périlleux, d’une course aux armements nucléaires qui dure depuis 50 ans. Poutine dit : “Nous les avons développés à cause de ce que vous avez fait. Nous pouvons nous détruire l’un l’autre”. Il est temps de conclure un nouvel accord sérieux sur le contrôle des armements. Qu’est-ce qu’on obtient ? Le Russiagate. Ce Russiagate est l’une des plus grandes menaces pour la sécurité nationale. J’en ai énuméré cinq dans le livre. La Russie et la Chine n’y sont pas. Russiagate est numéro un. »

Source : Truthdig, Chris Hedges, 03-06-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

aladin0248 // 21.08.2019 à 07h37

Le problème n’est pas tant que les USA soient la menace numéro 1 contre la paix mondiale, et ça l’a quasiment toujours été depuis un siècle, mais qu’ils puissent conserver une image de “gentils” autour de nous et dans la classe politique dominante. Peut-être est-ce là la meilleure preuve de leur emprise sur nous. Un État voyou aussi dangereux devrait être systématiquement boycotté mais on connaît guère de gens qui appliquent ouvertement et publiquement ce principe.

42 réactions et commentaires

  • Shock // 21.08.2019 à 07h31

    “Tous les dirigeants occidentaux ont promis à Gorbatchev que l’OTAN ne se déplacerait pas vers l’est.”

    Là il faut quand même dire que les Russes ont fait preuve d’une très coupable naïveté. La parole des occidentaux ne vaut pas un pet de lapin. Ils ne comprennent que les rapports de force. Ce que Poutine a parfaitement compris en lançant le programme de réarmement et en produisant des armes contre lesquelles les occidentaux n’ont aucune défense. La seule option qu’il reste aux occidentaux est l’activation de la propagande et de la cinquième colonne.

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    • Fritz // 21.08.2019 à 08h41

      Il faut rectifier là-dessus une petite erreur du professeur Cohen (ou de Chris Hedges). En février 1990, à Moscou, James Baker a bien assuré à Gorbatchev et à Chevardnadzé que « l’OTAN n’avancerait pas d’un pouce vers l’Est ». Mais le Secrétaire d’État n’a pas dit qu’une Allemagne réunifiée intègrerait l’OTAN. Ce deuxième point, bien distinct du premier, a été concédé par Gorbatchev en juillet 1990.

      Je me rappelle encore le commentaire de Time : « Eastern Germany shall be westernized. Fast », et la photo : on y voit un Gorbatchev désabusé regardant le sourire carnassier de Kohl. Gorbatchev était certes dans une situation délicate, mais il n’aurait jamais dû faire cette concession si lourde de conséquences. A partir de 1994, l’extension de l’OTAN à la Pologne et aux ex-démocraties populaires était acté : « une erreur tragique » selon le vétéran de la diplomatie américaine, George Kennan.

      En 2014 à Berlin, pour les 25 ans de la « chute » du Mur, il rapportait cette confidence : Bush père lui ayant dit que l’Allemagne devait être ancrée à l’Ouest, Gorbatchev lui répliqua : « mais c’est vous qui avez peur de l’Allemagne ! ».

        +11

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      • Kokoba // 21.08.2019 à 10h01

        Est-ce qu’il avait le choix ?
        Même s’il avait dit : “Non, la Russie refuse que l’Allemagne intègre l’OTAN”, est-ce que cela aurait changé quelque chose ?

        Ils auraient peut-être attendu 1 ou 2 années de plus avant d’intégrer l’OTAN et c’est tout.
        Gorbatchev a juste essayé de faire bonne figure

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      • LBSSO // 21.08.2019 à 22h25

        “Mais [En février 1990] ,le Secrétaire d’État n’a pas dit qu’une Allemagne réunifiée intègrerait l’OTAN .”

        Plus exactement @Fritz.Le 9 février 1990, J Baker fait clairement part du souhait américain à Gorbatchev (voir ci-dessous) de voir cette intégration se réaliser.J Baker n’a donc pas caché ses intentions au président russe comme pourrait le laisser entendre votre commentaire.Mais ce dernier a refusé cette éventualité jusqu’en juillet 1990 comme vous l’indiquez justement:

        J Baker à M Gorbatchev.:
        « En supposant que l’unification ait lieu, que préférez-vous ?. Une Allemagne unie en dehors de l’OTAN, absolument indépendante et sans troupes américaines ? Ou une Allemagne unie gardant ses liens avec l’OTAN, mais avec la garantie que les institutions ou les troupes de l’OTAN ne s’étendront pas à l’est de la frontière actuelle ? »
        M. Gorbatchev:
        « Notre direction a l’intention de discuter de toutes ces questions en profondeur. Il va sans dire qu’un élargissement de la zone OTAN n’est pas acceptable. »
        J Baker conclut :
        « Nous sommes d’accord avec cela. »
        https://nsarchive.gwu.edu/briefing-book/russia-programs/2017-12-12/nato-expansion-what-gorbachev-heard-western-leaders-early
        https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/DESCAMPS/59053

          +3

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        • Fritz // 21.08.2019 à 23h15

          Merci pour ces documents. Vous aurez quand même noté le souhait de Hans Dietrich Genscher de laisser la RDA en dehors de l’OTAN, même en cas d’une Allemagne réunifiée membre de l’Alliance atlantique (discours de Tutzing, 31 janvier 1990). Et Genscher était ministre de la RFA, bien qu’originaire de Halle !
          La meilleure solution eût été une Allemagne réunifiée et neutralisée, avec évacuation des troupes des quatre puissances occupantes : ce qua avait été fait en Autriche en 1955.

            +3

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          • LBSSO // 22.08.2019 à 06h25

            Je partage votre opinion.
            En contrepartie l’Allemagne a accès au marché américain.Aussi, les récentes décisions de D Trump concernant les relations commerciales entre les deux pays vont-elles nourrir une inflexion de la politique de défense allemande ?
            Et nous retrouvons ici , l’importance que nous devons accorder à l’évolution,comme baromètre de cette éventuelle inflexion, du projet SCAF sur lequel nous avions échangé il y a quelques jours.

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    • L’aieul // 21.08.2019 à 10h22

      Gorbatchev picolait à peine moins qu’Ieltsine et était a peu près aussi compétant.
      On parle de quelqu’un qui n’entravait absolument rien ni à la politique et surtout pas à l’économie et qui est à 95% responsable de l’effondrement de l’URSS.

      Gorbatchev c’est l’homme qui face à une crise économique et des gens pas contents s’est dit “ah ben je sais je vais supprimer tous les mécanismes de contrôle sociaux de ces 100 dernières années, ça va sûrement arranger l’économie!” [bruits de crickets…]

      Vous prenez Deng Xiaoping à la même époque “bon tous les pas content vous bougez une oreille; c’est balle dans la nuque et on va essayer d’arranger l’économie” (en faisant l’inverse du communisme).
      Sur les deux y en a un qui a gardé son pays, grandement amélioré les conditions de vie de la majorité de son peuple et pas causé une douzaine de guerre civiles plus ou moins sanglantes.
      On parle toujours de la merveilleuse réunification pacifique en Allemagne… mais quid des guerres civiles en Arménie/Azerbaïdjan? En Tchétchénie? En Moldavie? Au Tadjikistan? En Afghanistan? En Géorgie? En Yougoslavie?
      Même les guerres semi-civiles de Géorgie de 2008 et d’Ukraine de 2014 ou les armes nucléaires Nord Coréennes sont les conséquences directes des politiques de Gorbatchev.

        +10

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    • Le Minotaure // 21.08.2019 à 18h56

      “Ce que Poutine a parfaitement compris en lançant le programme de réarmement et en produisant des armes contre lesquelles les occidentaux n’ont aucune défense.”

      C’est une bonne chose de se méfier de la propagande de nos médias. C’est pas mal non plus de ne pas gober tout ce que dit le Kremlin.

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      • Shock // 23.08.2019 à 10h22

        C’est la propagande occidentale qui veut faire croire que tout ce que dit la Russie est de la propagande. Les Américains savent parfaitement à quoi s’en tenir sur les nouvelles armes russes, défensives et offensives. Et les militaires yankees savent parfaitement qui sera visé en premier en cas d’invasion du territoire russe.

        Les propagandistes et révisionnistes oublient la mésaventure de l’USS Donald Cook en Mer Noire.

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  • aladin0248 // 21.08.2019 à 07h37

    Le problème n’est pas tant que les USA soient la menace numéro 1 contre la paix mondiale, et ça l’a quasiment toujours été depuis un siècle, mais qu’ils puissent conserver une image de “gentils” autour de nous et dans la classe politique dominante. Peut-être est-ce là la meilleure preuve de leur emprise sur nous. Un État voyou aussi dangereux devrait être systématiquement boycotté mais on connaît guère de gens qui appliquent ouvertement et publiquement ce principe.

      +65

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    • Shock // 21.08.2019 à 07h45

      “Peut-être est-ce là la meilleure preuve de leur emprise sur nous.”

      L’argent est leur dieu. Corruption généralisée. Ecuries d’Augias.

        +25

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      • Bili // 21.08.2019 à 08h18

        Ajouter à ca la 1er armé du monde et de loin, ca force à être aimable…
        Comme dis plus haut tout n est que rapport de force à ce niveau là.

          +7

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    • Veloute // 21.08.2019 à 09h46

      Les USA conservent leur image de gentils parce qu’ils inondent le monde de leurs produits culturels/propagande.

      Comment des esprits ainsi formatés peuvent-ils se montrer critiques lorsque l’imaginaire collectif est quasi identique de New York à Berlin ?

        +30

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    • Inox // 21.08.2019 à 20h00

      A mon humble avis, le manichéisme est juste bon pour manipuler l’opinion publique. C’est une vision completement illusoire, pour ne pas dire terriblement simpliste.

      «La classe dominante» ne cherche pas à se rapprocher des «gentils», elle choisit le camp le plus opportun pour ses intérêts. Et pour garantir ces intérêts, tous les coups sont permis, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre. Il suffit de voir tous les scandales et casseroles de ces dernieres années.

      La Russie et la Chine, pour ne citer qu’eux, ne lachent rien, et se permettent même de completement chambouler les «business plan» des USA (ou occident, c’est pareil). Les USA non plus ne lacheront rien.

      J’ai comme l’impression que l’Europe commence à se retrouver les… fesses entre deux chaises. Car côté moyen orient et extreme orient, la reconstruction de la route de la soie se concrétise de plus en plus, au grand dam des USA. On ne peut plus ignorer ce qui se construit à l’Est.

      Maintenant, si jamais les USA commencent à perdre à la table du Grand Jeu, je me demande quelle va être leur réaction. Certainement pas «gentille».

        +4

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  • Shock // 21.08.2019 à 07h43

    “Steele se présente avec ce dossier et dit : “J’ai des informations venant de sources de haut niveau”. ”

    Très étonnamment l’auteur ne mentionne pas ces sources “d’un très haut niveau”… à savoir Skripal. Ce même Skripal qui était prêt à retourner sa veste et en Russie, ce qui aurait mis fin ipso facto au mensonge du russiagate monté par Steele. D’où la nécessité de se débarrasser de Skripal, non sans mettre cette disparition sur le dos de la Russie bien évidemment. On n’est pas près de revoir Skripal. Il n’y a aucun élément qui permette de dire qu’il est encore vivant. Et un procès autre que médiatique ne pourrait qu’être très embarrassant pour le pouvoir britannique.

      +32

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  • charles // 21.08.2019 à 08h05

    > un Russe averti dira : “Nous craignons que vous ne nous trahissiez à nouveau…” Poutine a dit qu’il avait des illusions sur l’Ouest quand il est arrivé au pouvoir. »

    Il n’est pas le seul, et quelque part, je crois bien que beaucoup de ce que j’apprécie chez cet homme découle de cette naïveté fanée.

    Dans la même veine, trust but verify.

      +14

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    • Madudu // 21.08.2019 à 10h06

      An Afrique francophone l’on aime dire, en français, “la confiance n’exclue pas le contrôle”.

        +6

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  • calal // 21.08.2019 à 08h05

    “nous avons été chanceux après les années 1990 d’avoir Poutine parce qu’il y avait de pires prétendants en coulisses. J’en connaissais quelques-uns. Je ne veux pas les nommer. Mais certains de ces types étaient des gens très durs. Poutine était en quelque sorte la bonne personne au bon moment, tant pour la Russie que pour les affaires mondiales russes. »”

    Est si c’etait ca la Providence?des fois on se dit que ca tient quand meme a pas grand chose…

      +21

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    • Myrkur34 // 21.08.2019 à 11h04

      C’est sûr, dans le paquet cadeau, il y avait aussi Vladimir Jirinovski qui prônait le retour de l’Alaska et d’autres joyeusetés loufoques du même ordre….

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  • RGT // 21.08.2019 à 08h59

    Tiens, je vais pourrir mon voisin et lui faire un procès car il veut que je coupe mes arbres en respectant la loi.

    Et qu’il refuse aussi que je puisse venir profiter quand je le souhaite de sa pelouse pour faire une balade ni que je dépose mes déchets chez lui le long du mur séparant les propriétés.

    Et ce con a même eu le culot de mettre un cadenas pour bloquer les portillons qui mènent sur sa propriété alors que j’avais déjà mis des serrures dont je possède les clés !!!

    Par contre je lui interdis strictement de pénétrer sur ma propriété. Il ne faut pas pousser, je suis chez moi !

    Et de plus il exige que fasse condamner une fenêtre percée illégalement qui me permet de voir et d’écouter à chaque instant ses faites et gestes.
    Le plus intéressant était sans doute quand sa fille adolescente venait prendre des bains de soleil, mais elle ne le fait plus, allez savoir pourquoi ?

    Et je ne parle pas de la ventouse de ma chaudière située à côté de la porte d’accès de son jardin, à 1m50 de hauteur. Depuis quand doit-on demander avant d’installer une évacuation ?

    Cette histoire (authentique – j’en suis la victime) dure depuis des années et me fait penser au comportement des USA :

    Je fais ce que je veux et je pisse allègrement sur les désirs des autres. Et s’ils refusent de se soumettre je colporte des propos mensongers à tout le voisinage, propos qui ne seront pas contestés car les autres voisins ne souhaitent pas que je les pourrisse aussi.

      +29

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    • Shock // 21.08.2019 à 09h59

      “Tiens, je vais pourrir mon voisin et lui faire un procès car il veut que je coupe mes arbres en respectant la loi.”

      Loi ou pas loi, ce n’est pas gentil de vouloir couper des arbres qui sont un hôtel pour toutes sortes d’animaux et qui procurent de l’ombre en été.

        +4

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      • Chris // 21.08.2019 à 11h32

        D’autant que les arbres -quand ils “débordent”- peuvent être taillés. C’est même recommandé de les tailler régulièrement lorsqu’ils sont en limites de propriété, non seulement pour la paix du voisinage, mais aussi pour contribuer à leur santé.
        Un arbre élagué, débarrassé de branches superflues voire pourries vous en sera toujours reconnaissant.
        Et comme dit Shock, un merveilleux abri pour les oiseaux, insectivores en chef de nos jardins : Monsanto n’a plus qu’à se rhabiller !

          +3

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        • Logique // 21.08.2019 à 15h25

          La loi dit deux mètres de distance de la propriété voisine pour un arbre de plus de deux mètres. Elle dit que si les arbres sont là depuis 30 ans, ils restent là, même s’ils sont à moins de deux mètres. On calcule depuis le milieu du tronc.

          Bon admettons que le voisin coupe les arbres de moins de 30 ans qui sont à moins de deux mètres. Il peut replanter par exemple des séquoias – à deux mètres dix de la limite – qui atteindront facilement 20 ou 30 mètres de hauteur. Et là plus rien à faire légalement.

          http://www.sequoias.eu/Pages/Locations/Rhone_Alpes/clelles.htm

          On notera la circonférence des troncs.

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          • RGT // 21.08.2019 à 20h43

            Ce que je voulais signaler, c’est que ses arbres (des thuyas) ont moins de 30 ans, qu’ils sont à 30 cm de la limite de propriété, que les branches débordent sur plusieurs mètres sur ma propriété, qu’aucun oiseau ne va nicher dans les thuyas et que je n’ai PAS légalement le droit de couper les branches qui viennent envahir ma propriété jusqu’au sol.

            Concernant d’ailleurs le respect de l’environnement, ce “brave homme” (et surtout son épouse qui est une vraie teigne) se permet de pénétrer chez moi pour pulvériser du désherbant sur 3 mètres à partir de son mur de limite de propriété afin d’éviter que les herbes ne poussent trop près dudit mur…

            Pendant ce temps, je n’utiliser aucun produit artificiel pour préserver la nature et il vient chez moi pour balancer ses merdes…

            Le sujet n’est pas là, il est simplement que ce type se comporte comme les “élites” US : Il est chez lui partout et il ne faut pas contrarier ses lubies, même si elle nous sont préjudiciables.

            S’il veut pourrir son propre terrain avec des saloperies, c’est nuisible à l’environnement mais comme il est chez lui je ne peux rien dire.
            Par contre, qu’il vienne le faire chez moi, c’est inacceptable.

            Et quand je suis allé porter plainte à la gendarmerie, on m’a répondu “pas vu, pas pris…”
            Par contre, les gendarmes m’ont invité à placer une caméra dans mon jardin et s’il était filmé même à son insu c’était tout à fait légal et il serait poursuivi.

            C’est aussi sans doute pour ça que les USA n’aiment pas quand on diffuse les images de leurs actions “héroïques” en public.

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  • martin // 21.08.2019 à 09h33

    Très bonne synthèse

    En effet, Poutine a constitué un choc pour le pouvoir américain, car sous sa présidence la société russe s’est relevée. Son discours de 2007 prononcé à la conférence sur la sécurité de Munich, a été perçu comme un bluff arrogant par Washington et ses caniches. N’osait-il pas exiger des Usa qu’ils cessent de mettre le monde à feu et à sang? Cependant, le petit officier du KGB, qu’on avait cru faible et obtus, s’est révélé excellent stratège. Pendant que Washington agitait devant lui la menace et l’insulte, Poutine observait les progrès de la réforme militaire russe. En 2008 (Georgie) et 2011 (Libye), la réforme des personnels était en cours, mais en 2012 (Syrie), la réforme des matériels était engagée ainsi que l’OTAN a pu très vite s’en apercevoir. S’il y a aujourd’hui une course aux armements, la Russie n’en est pas. Tandis que sa réforme militaire se termine, la Russie regarde le Pentagone se débattre dans une marmelade technologique insondable. Ainsi, Washington annonce que des essais de Tomahawk à portée intermédiaire sont en cours, mais le nouveau missile des usines Novator est bientôt prêt à couvrir une zone de 3000 km de rayon depuis Kaliningrad, par exemple, faisant de la mise hors-service des systèmes de l’OTAN en Europe un simple jeu d’enfant. Les américains le savent, mais la guerre planétaire permanente rapporte des milliers de milliards aux actionnaire du CMI, tandis que de nombreux pays vivent dans une terreur qui dispose à l’obéissance. La politique de Poutine est un coup d’arrêt puissant, que rien ne semble plus pouvoir parer.

      +20

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    • Chris // 21.08.2019 à 11h43

      A propos des annonces du Pentagone des essais du Tomahawk à portée intermédiaire, Dedefensa a produit un article intéressant :
      https://www.dedefensa.org/article/bras-dhonneur-du-pentagone-a-macron
      Où Grasset met en relation l’annonce des essais US avec la réunion Macron-Poutine à Brégançon où l’hôte a évoqué une “architecture de sécurité et de confiance entre l’Union européenne et la Russie”.
      « Je pense que nous réussirons à créer une nouvelle architecture de sécurité entre l’Union européenne et la Russie. La France est prête à jouer un rôle dans ce processus. Je parle non seulement du désarmement, mais également d’autres questions. Je pense que nous pourrons travailler ensemble sur la sécurité de notre continent » dixit Macron.
      Rien que ça !

        +4

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    • moshedayan // 21.08.2019 à 12h00

      @ Martin . Ne soyez pas trop optimiste sur la réussite de l’équipe Poutine. Elle-même a conscience des difficultés à surmonter dans le pays. Elle entame aujourd’hui une réforme du système des crédits immobiliers, indispensable pour réduire la pauvreté . Or une petite partie des oligarques “les Eltsiniens” est contre cette réforme, parce qu’elle vise à réduire les taux et l’endettement des familles…. En face, d’autres oligarques ne veulent pas suivre ce qu’ils jugent comme une “5e colonne” et puis “communistes et populistes” sont en veille. Vous avez raison sur un point : les Russes ont beaucoup appris sur le bluff Reagan de la “Guerre des étoiles” et ils ne chercheront pas à s’épuiser dans une “course aux armements” stupide. Ils pensent “performance” “efficacité” et moins cher pour l’armement.

        +7

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      • martin // 21.08.2019 à 13h11

        @ Moshedayan
        Vous avez tout à fait raison. La politique extérieure de la Russie est une réussite, mais les difficultés intérieures demeurent, et elles sont grandes. Il est bon, en effet, de le rappeler. Les “libéraux” de surcroît, sont loin d’avoir lâché la rampe. Il guettent le moment de trahir à nouveau leur pays et leur peuple, comme ils l’ont fait sous Elstine.

          +9

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    • Subotai // 22.08.2019 à 06h42

      ”’La politique de Poutine est un coup d’arrêt puissant, que rien ne semble plus pouvoir parer.””
      ——–
      Si, sa mort.
      Le type a 67 ans.
      Je ne sais pas comment la Russie, en l’état actuel de la situation géopolitique, gérerait les troubles que “l’Occident” ne manquerait pas de créer.

        +2

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 21.08.2019 à 10h02

    Les EU sont une ploutocratie. Seules les affaires comptent vraiment. Le péché irrémédiable de 1917, c’est d’avoir soustrait l’espace est-européen à l’investissement américain, et donc à l’extraction de plus-value. C’est pour cela que l’anti-soviétisme a survécu à l’Union soviétique ! En ne cédant pas sur ce point, Poutine a trahi les espoirs américains. Il s’est comporté comme un de Gaulle russe. L’idéologie est sans pertinence. Poutine, ou de Gaulle, auraient pu être mormons, juifs ou pythagoriciens que cela n’aurait rien changé à la vindicte américaine. Ce que veulent les Américains, ce sont des Mitterrand ou des Macron. Macron qui a choisi son camp et montré sa nature avec Alstom.

      +27

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  • Kokoba // 21.08.2019 à 10h11

    Un très bon article qui résume bien cette triste histoire.

    Il est toujours intéressant de se rappeler comment Poutine est arrivé au pouvoir.
    Comment les USA pensaient avoir une marionnette et comment ils ont été très déçu.

    Plus ça va, plus je me dis que le monde a eu beaucoup de chance d’avoir un Poutine à la tête de la Russie.
    Et je commence à avoir peur de ce qui va se passer lorsqu’il ne sera plus au pouvoir.

      +26

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    • RGT // 21.08.2019 à 21h06

      Poutine n’est PAS arrivé au pouvoir suite à l’intervention US.

      Il est arrivé à se faire élire parce que les oligarques russes pensaient qu’ils pourraient le manipuler encore plus facilement qu’Eltsine et qu’ils pourraient encore plus faire la fête et s’enrichir grâce à des lois en leur faveur et gouvernement à leur botte.

      Par contre, le lendemain de cuite a été féroce : À peine élu, Poutine les a tous convoqués et leur a annoncé la couleur : “Vous gardez ce que vous avez volé mais vous payez vos impôts en Russie, vous ne revendez pas d’entreprises russes en dehors de la Russie et vous arrêtez de vous mêler des affaires de l’état sinon je vous explose”…

      La majorité des oligarques se sont contentés d’obtempérer et les quelques crapules (encore pires que les autres) qui ont essayé de passer outre l’ont amèrement regretté.
      Demandez à Khodorkovski ce qu’il en coûte d’avoir les dents trop longues.

      Les USA se foutaient royalement de celui qui serait élu et étaient convaincus qu’ils n’auraient qu’à froncer les sourcils pour que le suivant retourne dans sa niche et les laisse piller la Russie à leur guise.

      Dans tous les cas, tout ces joyeux drilles ont été bien déçus.

      Par contre, je n’ose pas imaginer ce qui se serait produit si un autre que Poutine avait été élu à sa place.

      Si les “dirigeants” des pays “civilisés” commençaient à se préoccuper de ne plus faire piller leur propre pays AVANT de critiquer ceux qui ne veulent plus se faire dépouiller ce serait un bienfait.

        +12

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  • christian gedeon // 21.08.2019 à 10h34

    Il s’est avéré qu’il n’était pas Eltsine et tout est dit. Le dépeçage de la Fédération de Russie s’est arrêté avec Poutine. ET quoiqu’on en pense,le président Trump tient tête,comme il peut,au “complexe militaro industrialo financier” qui verrait bien une “peteite ” guerre avec la Russie.Et de cela,nous devons lui en être reconnaissants.Si’j’osais une comparaison limite, limite,je dirais que Trump s’est comporté ,à l’égard de la guerre,à la façon Poutine.OK,c’est osé,mais les faits sont là. Pas de guerre en Syrie,pas de guerre avec l’Iran (pour le moment),et malgré manoeuvres militaires et rodomontades, et campagne anti russe tous azimuts,pas de guerre avec la Russie.Trump a fait fortune en construisant,les Bush en faisant des trous dans le sol…une façon différente de voir les choses,je crois.

      +11

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    • Jean D // 21.08.2019 à 21h53

      “quoiqu’on en pense,le président Trump tient tête,comme il peut,au “complexe militaro industrialo financier” qui verrait bien une “peteite ” guerre avec la Russie.”

      Au moins 2 assertions fausses :

      ~> Trump défend juste sa peau et son éventuelle réélection, et si vous avez pu lire ça et là qu’il souhaite remettre au pas les agences d’espionnage par souci de sauvegarde démocratique ou par pacifisme, c’est juste un n-ième bobard d’agent immobilier. Ne croyez pas ce qu’on tout ce qu’on vous raconte !

      ~> “le complexe-militaro-industriel-financier” : j’imagine que vous savez de quoi et de qui vous parlez, l’auteur quant à lui se contente de donner le nom de 2 patrons d’agence de surveillance et celui d’une entreprise privée … Personne ne veut pas la guerre avec la Russie. Personne ne peut vouloir un Armageddon nucléaire, revenez sur terre. Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucun danger, il y a effectivement des personnes qui jouent avec les allumettes.

      Trump y compris :
      > blocus orbi-et-urbi (Syrie, Vénézuela, …)
      > retrait de l’accord nucléaire iranien,
      > retrait de l’accord de Paris,
      > élargissement effectif de l’Otan,
      > déplacement de l’ambassade à Jérusalem,
      > accélération de la juridicisation des relations commerciales …
      … il y a mieux comme opposant au “système” politico-machin-bidule, non ?

      Ce n’est pas parce qu’un olibrius fout le boxon dans un monde de merde que cela va rendre le monde meilleur. L’inverse d’un mauvaise solution n’est pas nécessairement une bonne solution. Il faut se méfier du manichéisme, c’est un adversaire redoutable pour la réflexion.

        +4

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      • christian gedeon // 22.08.2019 à 16h09

        L’un n’exclut pas l’autre,n’est ce pas? Il peut vouloir être réelu,et aussi ne pas vouloir d’une guerre. C’est penser qu’il ne peut que l’un ou l’autre,voilà qui esr reéllement manichéen.
        Maintenant,le monde est,et a toujours été plein de dangers,que ce soit aujouird’hui ou hier ,voire avant hier. ET les allumettes ont souvent été près de s’enflammer.Notre époque ne diffère en rien des autres post seconde guerre mondiale. Elle est dangereuse,par nature de l’histoire,en quelque sorte.

          +1

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      • Jean D // 22.08.2019 à 23h19

        “Il peut vouloir être réelu,et aussi ne pas vouloir d’une guerre.”
        Vous semblez persuadé que quelqu’un veut la guerre avec la Russie. Vous pensez réellement qu’une seule personne sur cette planète ne sait pas ce que cela signifie ?

        La question n’est pas de vouloir ou ne pas vouloir la guerre, la question est d’empêcher la montée des périls. Et vu sous cet angle, il ne me semble pas que Trump soit très “performant” (c’est un euphémisme, relisez la liste ci-dessus).
        [modéré]

          +0

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  • moshedayan // 21.08.2019 à 10h54

    Cet article dit l’essentiel. Il y a rien à rajouter. C’est un interview de Stephen J Cohen pour l’essentiel. A côté, il aurait bien de lire ce que pense Chris Hedge.
    A l’écoute de vos médias la France a voulu maintenir l’exclusion de la Russie du G7. La visite de Poutine dans le sud de la France, n’est donc qu’un pis-aller. Vos médias ont fait louange de votre Président en parlant de relance prévue du “format Normandie”.
    Mais quoi ? Même pour moi, je n’ai aucune certitude. Un seul fait : une connaissance russe m’a dit ceci “Si nous n’avions pas réagi, en Crimée… c’était la 3e Guerre mondiale en marche,… et nous avions la faveur des Criméens russes”. comprendre “russophones”
    Revenir sur le référendum en Crimée, c’est une chose impossible ! Que la Russie achète ce territoire ? Historiquement, cela n’a aucun sens, puisque c’est Khrouchtchev qui a signé un simple décret de rattachement à l’Ukraine.
    L’Occident a patiemment construit une impasse sur la Russie. S’il veut la désescalade, il doit accepter la Crimée russe et … L’Ukraine acceptera-t-elle d’être toujours à la merci du FMI, du dollar ?

      +10

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    • Kokoba // 21.08.2019 à 11h41

      G7 = USA, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Canada, Italie
      Ni Chine, ni Russie, ni Inde ou Brésil.

      Le G7 n’est en fait que les US + ses vassaux.
      Le G7 ne représente rien et n’a aucun interet

      Il s’agit juste de communication.
      Comme lorsque les médias parlent de “communauté internationale”.

        +26

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      • Fritz // 21.08.2019 à 11h45

        G7 = le groupe autoproclamé des 7 grandes puissances industrielles.
        Aucune légitimité, et aucun intérêt.

          +13

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        • Logique // 21.08.2019 à 15h29

          Le royaume-désuni risque de ne plus rester longtemps une “grande puissance industrielle”. En fait c’est surtout une puissance financière, mais là aussi… voir le cours de change de la livre.

            +2

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      • calal // 21.08.2019 à 12h56

        ils sont en train de se mettre d’accord sur comment attaquer l’iran,comment vendre cette guerre,qui paiera quoi et qui recevra quoi apres . Cela ne se fait pas au telephone mais de vive voix avec une securite max pour eviter les “lanceurs d’alerte” .

          +3

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