Source : Philippe Migault, 12-04-2017

Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson et le président Donald Trump
© Carlos Barria Source: Reuters

L’Occident songe à de nouvelles sanctions contre la Russie et le secrétaire d’Etat américain propose à Moscou de choisir entre Assad et Washington. Le gendarme américain est-il de retour ? L’expert militaire Philippe Migault examine la question.

Un parfum de lâche soulagement. C’est ce qu’inspirent les déclarations des principaux responsables de l’Union européenne depuis la frappe conduite par les Etats-Unis vendredi dernier [le 7 avril] sur une base aérienne syrienne, en guise de rétorsion après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime de Damas.

Déconcertés par l’élection de Donald Trump en novembre 2016, alors qu’ils avaient tous misé sur Hilary Clinton, la plupart des chefs d’Etat de l’UE se comportaient depuis comme une section de jeunes conscrits brutalement privée de leur officier bienveillant et confiée à un – mauvais – clone de Clint Eastwood. Les déclarations de Donald Trump se félicitant du Brexit, sa critique de la politique migratoire d’Angela Merkel – et par extension automatique de l’UE – ses attaques contre l’OTAN ont suscité un pitoyable tollé de protestations affolées. Soudain le grand frère américain avait cessé d’être bienveillant. Soudain le guide de la «communauté internationale» soutenait des positions allant à l’encontre des prétendues «valeurs occidentales». Grande peur chez les bien-pensants. Confronté à l’Etat profond américain en rébellion ouverte contre lui et bloquant chacune de ses tentatives de réforme, le président américain est fort heureusement contraint au compromis en termes de politique intérieure comme de diplomatie. Exit Michael Flynn, jugé trop proche de la Russie. Retour vers la guerre froide tendance Obama et la traditionnelle morgue américaine. Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain, qui doit rencontrer demain son homologue russe Sergueï Lavrov, a adressé aujourd’hui [11 avril] au Kremlin un avertissement d’une finesse toute texane : «Rejoignez la cause des Etats-Unis et de ses alliés sur le dossier syrien, ou soutenez l’Iran, le Hezbollah et le leader syrien Bachar al-Assad», a-t-il déclaré. En clair : «Choisis ton camp camarade.»

Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir-es-Zor

Bien entendu, tous les responsables européens sont aussitôt montés au créneau pour surenchérir. Le gendarme du monde brusquement ressuscité – comme l’ont titré la quasi-totalité des médias occidentaux – l’UE, rassérénée, peut de nouveau adopter la posture de puissance majeure qu’elle affectionne et bander des muscles dont elle ne sait, ni ne veut, se servir. Dans la foulée des Américains, chacun est prêt à présent à prendre de nouvelles sanctions vis-à-vis de la Russie. Contre certains hauts responsables militaires russes –ceux là-mêmes avec lesquels on souhaite soi-disant collaborer pour sauvegarder la paix – ou contre la Russie elle-même si nécessaire.

Lâche soulagement, oui.

Mais ce n’est pas cela le pire. Ce qui est dramatique, c’est de constater qu’une fois de plus il a suffi d’un drame – dont les responsables restent à identifier – pour que la diplomatie de la première puissance mondiale s’infléchisse. Politique de l’émotion une fois de plus. Avec, bien entendu, le même cortège d’absurdités.

Rex Tillerson connaît bien la Russie. Sa nomination a même été critiquée compte tenu de sa proximité supposée avec Vladimir Poutine. S’imagine-t-il une seule seconde qu’il peut arriver à Moscou comme dans un saloon en sommant Sergueï Lavrov et Vladimir Poutine de choisir leur camp ? En Russie, ce genre de rhétorique bolchévique n’impressionne plus personne…

Quant aux Européens, fébrilement rassemblés derrière leur leader, s’imaginent-ils réellement qu’ils pèseront une seule seconde dans les débats quand Américains et Russes décideront éventuellement de conclure un compromis ?

S’imaginent-ils qu’ils peuvent renouer, sans conséquences graves, avec la désastreuse politique d’alliance, qui a été la leur dans le dossier syrien depuis 2011, en s’associant à des Etats-voyous ? Oui, si l’on s’en réfère à la récente décision du ministre des affaires étrangères italien, Angelino Alfano. Ce dernier, qui reçoit cette semaine le G7, veut tenter de relancer un processus politique de sortie de crise en Syrie avec la Turquie, les Emirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie. Une kyrielle de dictatures islamistes qui – hormis la Jordanie – ont soutenu l’Etat islamique, Al Qaïda et les cellules terroristes opérant sur le sol européen. Rex Tillerson a martialement déclaré que son pays ferait en sorte que «quiconque» s’en prend à des innocents en paie le prix. On peut se demander si les Etats avec lesquels l’Italie entend collaborer dans le dossier syrien, partisans de la peine de mort par décapitation, de la lapidation ou de la flagellation des femmes en public, tous complices de crimes ou de discriminations contre les chrétiens, seront ou non sur la liste.

A défaut de rentrer en guerre, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar

Enfin l’essentiel demeure : le rapport de forces sur le terrain syro-irakien.

Américains et Européens peuvent toujours taper du poing sur la table. Malgré les moyens engagés contre l’Etat islamique, le sort de Mossoul et de Raqqa n’est pas encore réglé et exigera de leur part un surcroît d’efforts. Peuvent-ils, dans ces conditions, prendre le risque militaire et diplomatique d’instaurer par exemple une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie ? Vraisemblablement pas.

Car pour l’heure les forces de Bachar el-Assad conservent l’initiative. Ce n’est pas une frappe sur un aérodrome qui est de nature à inverser la tendance et à empêcher Damas et ses alliés de régler à long terme le sort d’Idleb ou de Deir es Zor. Et on imagine mal Vladimir Poutine céder à une quelconque forme de pression et lâcher maintenant Assad, qu’il a soutenu depuis une demi-douzaine d’années dans des circonstances bien plus périlleuses.

A défaut de rentrer en guerre contre les troupes syriennes et leurs alliés russes, iraniens et libanais, on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar.

C’est du reste ce qui se profilait jusqu’à la tragédie de Khan Cheikhoun. Qui tombe décidément à point nommé pour les partisans de l’intransigeance.

Source : Philippe Migault, 12-04-2017

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41 réponses à La Syrie, Rex Tillerson et le cortège d’absurdités occidentales, Philippe Migault

Commentaires recommandés

lesampan Le 18 avril 2017 à 07h53

bonjour; qui a tué 126 personnes dont plus de 60 enfants dans l’attentat- suicide du samedi 15 avril aux environs d’Alep, Est-ce Assad encore?

  1. Seraphim Le 18 avril 2017 à 02h46
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    Oui, ce bombardement est une clownerie. Ratée. Avec une moitié de missiles…disparus! Peut-être détournés par les systèmes électromagnétiques russes? L’Europe n’hésite pas à plonger comme un seul homme dans le ridicule. Fillon retourne aussitôt sa veste un temps pro-Syrie : entre plaire aux électeurs à peu de frais et confirmer son allégeance le jour de l’appel, il choisit vite. Son vernis pro-russe est-il plus résistant? Ce garde-à-vous de pieds nickelés ridiculise l’idée même de “coalition”. Tillerson connaît les Russes; donc il n’est pas allé lancer d’ultimatum (il n’aurait pas parlé 2 heures avec Poutine). En effet, maintenant, on fait quoi? On ne va pas bombarder Damas. En revanche peut-être: la partition, on en fait passer la frontière à combien de kms à l’est de Khan Cheikoun ? Nous, Américains avons besoin de l’est de la Syrie pour ‘sécuriser’ la région de Mossoul. Entendons-nous!


    • Silk Le 18 avril 2017 à 03h41
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      C’est justement le fait que seuls 23 missiles sur 59 aient touché (2 étaient défectueux et se sont plantés en mer directement) qui interroge …
      Ça veut dire que 34 missiles ont loupés et seuls 23 ont touché.
      Une base militaire étant facile à toucher, un si faible taux de réussite pousse à réflexion. Les russes ont juste relevé ironiquement ce taux.

      Sachant que les russes étaient informés, qu’ils ne pouvaient pas détourner tous les missiles sinon le “coup” médiatique de Trump ne fonctionnait pas, on peut quand même se dire que 23 missiles qui touchent, sans interception de batteries anti-missiles, avec juste quelques défenses de brouillage électronique, c’est la preuve que les russes ont du bon matos.
      Ils ne pouvaient pas tout bloquer mais QUE 23 missiles sur 57, c’est un taux de réussite tellement faible que forcément les technologies de brouillages ont dû avoir un rôle important.


      • Kiwixar Le 18 avril 2017 à 11h29
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        Comment être certains de ces chiffres des Tamahawks perdus? Russes et Américains sont concurrents sur le marché export de l’armement. Les Russes ont intérêt à sous-estimer publiquement les performances du matériel US et à surestimer les leurs. La première victime d’une guerre, c’est la vérité.


        • melky Le 19 avril 2017 à 11h44
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          La culture militaire russe, c’est totalement l’inverse : Elle sous estime publiquement et sciemment son propre matériel et surestime toujours le potentiel de l’adversaire.

          Ils ne font jamais étalage de leurs puissances par une verbe exacerbé tels que les occidentaux le font, principalement les Ricains, style, on est très très fort..
          Non, les russes, ils préfèrent garder les “surprises” dans l’esprit d’une définition de ce même mot pour que cela reste un avantage conséquent et opérationnel.. Ils n’ont pas pipés officiellement un mot concernant la fiabilité des tomahawks ni du taux de réussite de la frappe américaine..


          • melky Le 19 avril 2017 à 11h49
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            L’exemple le plus adéquat, c’est le missile Kalibr.. Les services de renseignements occidentaux ont été stupéfaits de voir la fiabilité et la précision du missile russe lors de la première frappe depuis les frégates disposées en mer Caspienne..

            En amont, les russes ne disent rien ou pas grand chose, mais après, ils démontrent sur le terrain.. Et là, les occidentaux ont fait tous “GLOP” au même moment..


  2. Artiom Le 18 avril 2017 à 03h37
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    Ce qui est terrible c’est que Trump vient de donner à ses ennemis le prétexte idéal pour le destituer par une procédure d’impeachment: ce bombardement de la Syrie est une déclaration de guerre unilatérale sans l’accord du Congrès, totalement anticonstitutionnelle. Maintenant Trump est pieds et poings liés. Il filera doux comme un agneau.


    • sergeat Le 18 avril 2017 à 07h15
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      L’action de Trump est anticonstitutionnel soit mais il a le soutien du “théoricien des sans dent”qui a lu le courriel aux français envoyé par le quatrième sous secrétaire de la défense américaine confirmant la culpabilité de Assad.


    • atanguy Le 18 avril 2017 à 07h39
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      Je ne vois pas en quoi ça serait terrible de destituer ce clown,malheureusement d’autres actions militaires ont été engagées sans un vote préalable du congres américain: La guerre de Corée,la guerre du Vietnam,la première guerre du golf,la guerre en Afghanistan,la guerre d’Iraq.


      • V_Parlier Le 18 avril 2017 à 23h22
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        La guerre de Corée, tiens, elle n’est pas loin non plus.

        Le Canada qui s’apprête à fournir des armes à Kiev, ça sent bon aussi, surtout quand on voit ce qu’ose déclarer Tourchinov (président putschiste par intérim puis président de la Rada puis secrétaire du SNBO) à la BBC: http://www.youtube.com/watch?v=zy_IurNbMdQ .


  3. lesampan Le 18 avril 2017 à 07h53
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    bonjour; qui a tué 126 personnes dont plus de 60 enfants dans l’attentat- suicide du samedi 15 avril aux environs d’Alep, Est-ce Assad encore?


    • Vincent Le 18 avril 2017 à 09h16
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      Même pour les experts en mauvaise foi, ce serait difficile de conjecturer la culpabilité d’Assad. Donc on fait comme d’hab : on cache sous le tapis. Un entrefilet et on oublie.


      • Kikool_ch Le 18 avril 2017 à 11h13
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        On détourne l’attention en soulignant la détresse d’un photographe sur place dont la photo “fait le buzz”. D’un côté on ne peut que compatir à sa détresse, mais j’ai trouvé ça indécent.


        • Alfred Le 18 avril 2017 à 12h52
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          Comme vous j’ai repéré cette astuce de communication. C’est ce genre de manipulation dégueulasse qui me fait dire qu’il n’y a pas d’innocents dans les médias. On ne peut pas se prévaloir de ne tenir qu’un stylo (pas une arme) ou de s’être trompé quand on a mis en place sans vomir une combine pareille. C’est pire qu’indecent c’est un acte de guerre de communication grossier et très agressif.


        • Jay SWD Le 18 avril 2017 à 18h53
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          et,surenchère dans la saloperie,on bidouille la photo en “effaçant” le cadavre de l’enfant dont la vue horrifiait le photographe en question.


          • V_Parlier Le 18 avril 2017 à 23h17
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            Celui là, Libération ne nous le montrera pas car on ne peut pas en faire une composition artistique de pervers.


    • Zevengeur Le 18 avril 2017 à 09h19
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      Curieusement, les me(r)dias mainstream se sont bien gardé de pousser des cris d’orfraie á la suite de cet attentat contre des civils chi’ites…


    • tepavac Le 18 avril 2017 à 09h37
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      Et qui s’en moque totalement?.
      Mais bon nous sommes en guerre “non déclarée” pour des motifs non-moraux, alors chutt…


    • Pegaz Le 18 avril 2017 à 11h46
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      Il va falloir sérieusement que l’ONU, la CI, la coalition de Washington et le HCN se prononcent clairement sur les groupes affiliés ou participant à des actes terroristes. Il en devient indécent de maintenir ce quiproquo liminaire à toutes déclarations, intentions et actions du gouvernement syrien. Son leitmotiv, « Le régime syrien a accusé les «groupes terroristes», un terme utilisé par le pouvoir pour désigner rebelles et djihadistes. » est une offense aux victimes et au peuple syrien, un déni de réalités, une imposture à la diplomatie, une fourberie de bellicistes.


      • Dominique Le 19 avril 2017 à 11h42
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        Attends, je trouve que tu vas un peu vite pour déclarer sans preuve que ceux qui ont assassiné ces 126 personnes sont des terroristes. Tu ne fais que reprendre à ton compte la rhétorique du régime de damas.
        Non sérieusement, si ça ne donnait pas envie de vomir, on en rigolerait (jaune) presque.


    • Tuff Le 18 avril 2017 à 14h38
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      D’après des témoins et des vidéos que j’ai vu moi-même les terroristes sur place se moquaient des gens qui choqués, cherchaient leurs enfants dans cette scène du chaos !
      je crois que de ma vie, je n’ai jamais vu autant d’abjection !


    • moshedayan Le 18 avril 2017 à 17h35
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      avis personnel
      N’avez-vous pas remarqué le ton des médias français ? Très succinct sur cet attentat. Ils disaient de façon subliminale : …” des évacués favorables à Bachal-Al-Assad” [donc circulez ! y a rien à voir !]
      L’Union européenne n’est pas l’Europe et cette structure mène ses Etats membres à leur perte, selon moi.


      • V_Parlier Le 18 avril 2017 à 23h25
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        Ben, c’est comme pour l’Ukraine, même technique, peu de surprise. A ceci près que les putschistes sont déjà au pouvoir et que le pouvoir a donc les faveurs. (L’Ukraine ça continue d’ailleurs).


  4. Tchoo Le 18 avril 2017 à 08h20
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    Expertise limpide mais que moi ou d’autres aurait pu faire.
    Il n’e c’est pas foulé l’expert


  5. tepavac Le 18 avril 2017 à 09h23
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    A peine le referendum gagné, Erdogan appel Trump et ils se mettent d’accord pour déclarer; ” Bachar el-Assad doit assumer la responsabilité de l’attaque chimique présumé dans la province syrienne d’Idlib.”

    Evidement si les victimes pouvaient accepter leur infortune en silence et de façon consentante, cela ferait moins de bruit.


  6. christian gedeon Le 18 avril 2017 à 10h41
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    Et on croyait quoi? Que saint trump allait aller faire la bise à assad? le complexe militaro industriel et les monarchies du golfe ne sont pas près de lâcher le morceau…avec l’appui enthousiaste des roquets allemand,anglais et hélas,mille fois hélas,français…sans parler des “journalistes” et des médias des pays européens parfaitement formatés,petit doigt sur la couture de leur compte en banque.On attendait Grouchy,et ce fût Blücher


    • Kiwixar Le 18 avril 2017 à 11h52
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      Journalistes / « compte en banque » : les services étrangers peuvent recruter leurs « assets » par (1) corruption (2) chantage (3) flatteries… Ils préfèrent le (3) qui coûte bien moins cher et fonctionne très bien sur les individus à l’égo surdimensionné malgré des capacités médiocres.


  7. RGT Le 18 avril 2017 à 10h42
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    Je pense que “T-Rex” est allé à Moscou les mains vides et que les russes lui ont mis sous le nez les résultats de leur enquête sur les faits.

    Pour ne pas trop fâcher leur visiteur ils se sont abstenus de les divulguer mais lui ont sans doute fait comprendre que des “fuites” pouvaient assurément avoir lieu en direction de Wikileaks (leur “complice”) afin d’ajouter un peu de piment dans le potage.

    Sérieusement (je ne suis pas pro-Assad), croyez-vous réellement qu’un gouvernement en train de gagner une guerre “s’amuserait” à utiliser des armements interdits dont l’utilisation (non certaine, j’attends toujours les preuves) dans le passé lui a déjà valu des problèmes monumentaux ?

    À ce point là ce n’est plus de la bêtise, c’est carrément du suicide !!!

    Je suis certain que les russes travaillent à la mise au point d’un dispositif de brouillage qui permette le “retour à l’envoyeur” (l’idéal serait au commanditaire) des munitions “égarées”…

    Le jour (béni) ou ce dispositif sera au point pour tous les armements la guerre et la dictature seront définitivement éradiqués.


  8. Kiwixar Le 18 avril 2017 à 11h35
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    « on ne voit pas comment un déblocage pourrait survenir autrement que par un dialogue avec Moscou, Téhéran et, qu’on le veuille ou non, Bachar. »

    La situation pourrait être résolue (fin de la guerre, restauration de la sécurité et des frontières) par la Syrie, l’Iran et la Russie, sans aucun dialogue ou négociation avec les pays soutenant les « égorgeurs modérés ». Après faudra pas trop s’attendre à bénéficier des contrats de reconstruction ou d’une ristourne sur le gaz syrien. C’est ballot hein, ce sont les Chinois qui vont tout rafler.


    • Pegaz Le 18 avril 2017 à 14h26
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      Le Centre d’analyses, de prévision et de la stratégie du Quai d’Orsay a rédigé une note proposant de réorienter la politique de la France dans le conflit syrien, dont Le Figaro publie des extraits.
      Par : Georges Malbrunot – Source Le Figaro (abonnés). 23 février 2017

      Relayé par : http://www.afrique-asie.fr/menu/moyen-orient/10852-le-plan-francais-d-aide-aux-zones-liberees-dominees-par-les-islamistes

      […] la France suggère de soutenir les « zones qui échappent au contrôle de Damas, notamment au Nord, au Sud, et un jour, à l’Est (Raqqa) »

      L’opposition y « dispose de compétences civiles et en matière de gouvernance que nous avons accompagnées depuis 2012 », assure la note, qui préconise « des actions concrètes de développement et de reconstruction, s’appuyant sur un savoir-faire de terrain et des acteurs fiables et identifiés »


      • Pegaz Le 18 avril 2017 à 18h36
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        La reconstruction de la Syrie ! Bien sûre qu’ils osent, sans gênes ni scrupules, sous couvert humanitaire avec un pied dans le pas de porte ! La morale approuverait qu’ils n’en soient que redevable sans contreparties aucune, pourtant !
        Au lendemain du drame de Khan Cheikhoun, quelque 70 Etats étaient réunis à Bruxelles pour préparer l’après-guerre en Syrie. « Cette semaine, le Conseil de l’Europe a officialisé la notion «d’ingénierie démographique» pour évoquer les transferts de populations à l’œuvre en Syrie…. » !
        f) soutenir la résilience de la population syrienne et de la société syrienne :
        « L’UE continuera de soutenir la résilience par la fourniture de services d’enseignement, la création d’emplois, et l’aide qu’elle apporte aux structures de gouvernance civile locales dans les régions contrôlées par l’opposition, y compris en travaillant avec le gouvernement de transition syrien, …

        http://www.consilium.europa.eu/press-releases-pdf/2017/4/47244657149_fr.pdf


      • christian gedeon Le 21 avril 2017 à 16h48
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        Ce sera encore une connerie…Après la première guerre mondiale,la France s’était déjà essayée au petit jeu des régions sur le territoire syrien,avec des résultats catastrophiques…à l’époque,elle voulait(voyez vous çà!) créer un mini état alaouite,avait déporté les arméniens du sandjak d’Alexandrette,suscité la révolte sanglante du djebel druze,et j’en passe.Il y aurait un livre à écrire sur cette période,notamment sur le sandjak d’Alexandrette et le deuxième génocide “soft ” des arméniens,l’argent et l’or ottoman et post ottoman ayant du remplir à flots les caisses de politiciens et de généraux considérés par ailleurs comme des “héros” de guerre.L’obsession de vouloir contenir les alaouites dans un réduit ne date donc pas d’aujourd’hui… maintenant l’argent et l’or n’ont plus la même source…ils coulent des sables golfiques vers les poches sans fond de nos politiciens et de leurs amis marchands d’armes…et de centrales nucléaires(qui ne marchent pas). Rien ne change,en fait. Those who dont know history are doomed to repeat it… Gibbon (decline and fall of the roman empire)


  9. Manuel Baptista Le 18 avril 2017 à 23h28
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    La guerre sans fin qui est imposée est destinée à forcer le peuple d’Europe à se soumettre à l’impérialisme anglo-américain


  10. JT Le 18 avril 2017 à 23h48
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    Un peu hors sujet mais important tout de même : 2 ans pour Rouillan, on en est où pour Zemmour ?

    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/04/18/apologie-du-terrorisme-deux-ans-requis-contre-jean-marc-rouillan_5113211_1653578.html


    • Jérôme Le 19 avril 2017 à 10h24
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      Effectivement hors sujet.

      Pour votre information, Zemmour a bénéficié d’un non-lieu car s’agissant des délits d’opinion, la Justice se prononce de manière circonstanciée et de qui est l’auteur des propos. Et donc ce n’est pas la même chose de tenir ces propos pour d’une part un ancien criminel terroriste condamné pour assassinat et libéré sous conditions et, d’autre part pour un journaliste-polémiste adhérent notoire de la théorie du choc des civilisations et opposant notoire à l’islamisme et même à l’Islam.


  11. Jérôme Le 19 avril 2017 à 10h30
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    Je pense qu’il n’y a hélas rien d’incohérent dans la politique étrangère de l’administration Trump.

    Si on regarde observe les 3 premiers mois de la présidence Trump, on discerne assez aisément une ligne directrice cohérente. Ce qui déroute, c’est que cette ligne est un contradiction quasi-totale avec ce que Trump avait déclaré pendant sa campagne.

    Trump a en fait remis ses pas dans ceux de l’administration Obama, et même pire, il met en oeuvre la politique de confrontation plus forte que Hillary Clinton annonçait vouloir appliquer et que Trump et ses partisans dénonçaient alors comme risquant de provoquer une guerre avec la Russie.

    Je recommande cet excellent article de Maxime Chaix montrant bien que les attaques des USA contre Daech sont étonnamment peu efficaces : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/daech-un-atout-strategique-sous-la-190942

    Au final, les USA veulent constituer un sunnistan pour substituer le gaz qatari au gaz russe dans l’approvisionnement de l’Europe et ainsi provoquer un effondrement de l’économie russe tout en assurant le maintien de la tutelle américano-wahabbite sur l’Europe.

    Et par ailleurs, les USA ont un besoin impératif de maintenir leur alliance avec les pétromonarchies sunnites/wahabbites parce qu’elles sont la clé de voute du système du pétrodollar qui évite l’effondrement de l’économie américaine (que ce soit au plan financier que concernant la dernière industrie leur restant, celle des armements) que de l’empire américain.


  12. Arcousan09 Le 19 avril 2017 à 16h01
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    Une belle petite provocation du genre “attaque chimique” rien de tel afin de justifier la continuation de cette guerre inique depuis son début …

    Qu’est ce qui prouve que ce soit Assad le coupable ?
    Qu’est-ce qui prouve que cette saloperie n’était pas stockée sur un site bombardé ?
    Qu’est-ce qui prouve que ce ne serait pas une provocation ?

    Tous les médias utilisent le conditionnel: “aurait” “attribué à” … de deux choses l’une ou bien Assad l’a fait et il faut le dénoncer ou bien il ne l’a pas fait et c’est trop facile de lui faire porter le chapeau.
    Vu le contexte je me demande bien quel serait l’intérêt pour Assad d’employer ce genre d’arme parce que dans toute action de guerre c’est l’intérêt qui prime, seulement l’intérêt


    • Jérôme Le 19 avril 2017 à 17h30
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      Assad ne peut pas être à ce point débile qu’il aurait ordonné une attaque dont il sait depuis des années, a fortiori depuis le précédent de la Goutha qui avait failli déclencher une intervention occidentale armée contre lui, que cela légitimerait ses adversaires pour obtenir un mandat de l’ONU afin de le renverser.
      Surtout que maintenant il est soutenu par la Russie qui lui a signifié en tant que de besoin ses propres lignes rouges.

      [Modéré : ne lui faites pas dire ce qu’il n’a pas dit merci]


    • moshedayan Le 20 avril 2017 à 11h10
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      C’est mon côté pessimiste. On n’est pas sorti de l’auberge !
      Ce matin sur RTL : “La France, [à savoir le Quai d’Orsay] apportera bientôt des preuves tangibles de l’attaque chimique faite par Bachar Al-Assad, a déclaré Jean-Marc Ayrault”.
      Donc affaire à suivre très sérieusement :
      -soit les preuves sont techniquement indiscutables – données de vol de l’aviation syrienne, armes utilisées,
      -soit récit détaillée récoltant des témoignages de victimes (Or des victimes sont bien à plaindre, mais ça ne fait en aucun cas des “preuves tangibles”).
      Donc tout journaliste sérieux devrait être vigilant sur ce point.
      Je penche sur la 2e méthode. A suivre. Si c’est le cas : cela confirmera “l’américanisation” du Quai d’Orsay, avec des méthodes équivalentes à celles de la CIA. Cette affaire sera alors très sérieuse pour notre pays, avec des conséquences négatives à venir (si c’est cette 2e méthode).


    • moshedayan Le 20 avril 2017 à 12h06
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      C’est mon côté pessimiste. On n’est pas sorti de l’auberge !
      Ce matin sur RTL : “La France, [à savoir le Quai d’Orsay] apportera bientôt des preuves tangibles de l’attaque chimique faite par Bachar Al-Assad, a déclaré Jean-Marc Ayrault”.
      Donc affaire à suivre très sérieusement :
      -soit les preuves sont techniquement indiscutables – données de vol de l’aviation syrienne, armes utilisées,
      -soit récit détaillé récoltant des témoignages de victimes (Or des victimes sont bien à plaindre, mais ça ne fait en aucun cas des “preuves tangibles”).
      Donc tout journaliste sérieux devrait être vigilant sur ce point.
      Je penche sur la 2e méthode. A suivre. Si c’est le cas : cela confirmera “l’américanisation” du Quai d’Orsay, avec des méthodes équivalentes à celles de la CIA. Cette affaire sera alors très sérieuse pour notre pays, avec des conséquences négatives à venir (si c’est cette 2e méthode).


  13. christian gedeon Le 20 avril 2017 à 12h14
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    Dans l’affaire syrienne,il n’est pas impossible qu’on ait droit à une grosse cagade de Hollande,juste avant son départ…il reste peu de temps pour tenir une partie des engagements pris et non tenus envers qataris ,saoudiens et”nos amis qui font du bon boulot” d’Al Qaïda(sinon….)…d’où l’agitation du benêt en chef des AE en ce moment…la seule chose rassurante est de savoir que chez nous,n’importe qui et quoi peut être premier ministre et ministre des AE…qui a parlé de panne de l’ascenseur social? sans rire?


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