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19.octobre.202019.10.2020
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Le Livre noir de la Mondialisation – Entretien Les-Crises avec Thomas Guénolé

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L’essayiste et politologue Thomas Guénolé publie Le Livre noir de la mondialisation (Plon), un ouvrage dans lequel il analyse les effets néfastes d’un système économique dont la crise sanitaire a récemment illustré les limites, et qui, du début des années 1990 à aujourd’hui, porte la responsabilité d’un coût humain considérable. Entretien.

Que devons-nous entendre par le terme de « mondialisation » ? Pour Thomas Guénolé, la mondialisation regroupe cinq caractéristiques :

  • L’existence d’un vaste réseau commercial ;
  • L’imposition de règles éditées par une superpuissance ;
  • Un courant de pensée économique hégémonique qui soutient les intérêts de cette superpuissance ;
  • La prédation des ressources matérielles des territoires les plus faibles ;
  • Un coût humain extrêmement élevé qui se compte en millions.

Edouard Vuiart (Les-Crises) – D’après vos travaux, entre 1992 et 2018, le phénomène de mondialisation est responsable d’environ 400 millions de morts. Comment la mondialisation – en tant que système de répartition des ressources – est-elle parvenue à générer un coût humain aussi considérable ?

Thomas Guénolé – Ce Livre noir de la mondialisation est le premier travail de recherche sur le coût humain total de la mondialisation actuelle, en nombre de morts. Au total, la mondialisation a fait 400 millions de morts depuis 1992.

6,5 millions sont morts dans les guerres de pillage des ressources, pour aller nourrir les besoins de certaines industries mondialisées. Par exemple, la Deuxième Guerre du Congo était une guerre minière, en particulier pour piller le cobalt et le coltan afin d’assouvir les besoins de l’industrie du smartphone.

11 millions sont morts de faim. Nous produisons pourtant largement assez de nourriture pour alimenter l’intégralité de l’humanité. Le marché alimentaire mondialisé est donc responsable de ces morts, puisque sa façon de répartir la nourriture produit ce résultat. Par exemple, l’Éthiopie consacre des terres arables à exporter du café et des roses, en même temps qu’1 Éthiopien sur 5 souffre de sous-alimentation.

56 millions sont morts de leurs conditions de travail. La mondialisation est un marché mondial sans règle de droit mondiale : de nombreux pays pauvres adoptent donc des conditions atroces de santé et de sécurité au travail, pour que leur coût du travail soit compétitif. Par exemple, des travaux universitaires ont établi que les usines de Foxconn, le n°1 mondial des composants électroniques, sont, je cite, « des camps de travail ».

69 millions sont morts de la catastrophe écologique. Plus précisément, ce sont les morts de pollution atmosphérique. La mondialisation en est responsable en tant que système planétaire productiviste et consumériste. Elle est également responsable parce que son marché mondial sans règle de droit mondiale conduit des pays à tolérer les méga-décharges, les usines ultrapolluantes et les navires-poubelles.

256 millions sont morts de maladies pourtant soignables. Quand une maladie est facile à guérir mais fait quand même des millions de morts, le vrai coupable est le marché sanitaire mondialisé, dans sa façon de répartir l’accès aux médicaments et aux traitements. Par exemple, en 2015 la pneumonie a tué près d’1 million d’enfants de moins de 5 ans, alors qu’elle est facile à soigner.

A cela s’ajoutent 600 000 morts de l’économie guerrière des États-Unis, puissance dirigeante de la mondialisation actuelle. Plus précisément, ce sont les civils irakiens morts des conséquences de l’invasion américaine de l’Irak aux fins de prédation de son économie.

Les-Crises – Parmi les défenseurs de la « mondialisation heureuse », nombreux sont ceux qui caricaturent la critique argumentée de la mondialisation et de ses effets meurtriers en une volonté de « transformer les nations en bunkers ». Votre ouvrage n’est-il pas aussi un moyen de casser ces verrous intellectuels qui empêchent tout vrai débat ?

Thomas Guénolé – Le débat sur la mondialisation se résume trop souvent à la confrontation de poncifs et de mantras : l’un dit que la mondialisation est globalement positive, l’autre dit que la mondialisation est nocive, personne ne prouve rien, et l’intelligence collective ne progresse pas d’un millimètre. J’ai donc estimé nécessaire de réaliser ce travail de recherche, pour que le débat d’idées sur la mondialisation repose enfin sur la réalité des faits.

Preuves à l’appui, chiffres à l’appui, recherche à l’appui, ce Livre noir de la mondialisation a donc pour objectif principal de provoquer une prise de conscience, auprès du public le plus large, sur le coût humain inacceptablement élevé de la mondialisation : 400 millions de morts.

Les-Crises – Dans les jours qui ont suivi la crise de 2008, on a pu observer une appétence du monde politico-médiatique pour les débats sur la régulation de la sphère financière… puis plus rien. En mars dernier, nombreux furent les débats et émissions qui questionnèrent les limites de la mondialisation… puis plus rien. Comment expliquez cette soudaine rétractation sur des sujets qui pourtant, devraient être au cœur du débat politique ?

Thomas Guénolé – Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y a rétractation sur ces sujets. Je dirais plutôt qu’à chaque crise systémique, les idées de la régulation, du protectionnisme et de la démondialisation progressent très vite et très fort dans la population, qui comprend bien que le système lui-même ne tourne pas rond.

Et qu’à chaque crise systémique, les mêmes idées progressent dans les classes dirigeantes, mais beaucoup plus lentement : pour certains parce que ces idées heurtent frontalement leurs propres intérêts, et pour d’autres par simple conformisme envers la croyance en la « mondialisation heureuse » qui leur a été serinée dès leurs années étudiantes dans les grandes écoles.

C’est sur ces deux aspects, internes aux classes dirigeantes, que se situent les vrais points de blocage. Pour autant, les choses avancent. Par exemple, à la fin des années 1990 la taxe Tobin était une idée avant-gardiste cantonnée aux milieux altermondialistes, mais dix ans plus tard elle était à l’ordre du jour des réunions du G20.

Les-Crises – Selon vous, la crise sanitaire va-t-elle permettre la naissance d’un véritable débat politique autour des notions d’indépendance stratégique et d’organisation des chaînes de valeur et d’approvisionnement ?

Thomas Guénolé – Ce débat a déjà commencé. Vous avez des nouvelles grandes puissances économiques qui ont réussi en étant à l’avant-garde du protectionnisme moderne : je pense au Brésil et à la Corée du Sud, nouveaux géants dont le taux de taxes douanières est le double de la moyenne mondiale.

Vous avez une superpuissance sanitaire, l’Inde, qui désobéit purement et simplement aux règles de la mondialisation : son industrie pharmaceutique fabrique des génériques pour sauver des millions de vies dans les pays pauvres, et quand les multinationales essayent de l’en empêcher, la Cour suprême indienne contredit l’OMC pour lui permettre de continuer.

Vous avez des multinationales qui relocalisent une partie de leurs activités en bonne intelligence avec leur pays d’ancrage et moyennant des contreparties financières : je pense à ce qui se passe au Japon. Bref, on peut raisonnablement estimer que la démondialisation a commencé.

Les-Crises – De la même manière que certains s’évertuent à promettre la naissance d’une « Autre Europe plus sociale et écologique » sans que rien n’advienne depuis des décennies, d’autres nous assurent l’arrivée prochaine d’une « Autre Mondialisation », qui harmoniserait par le haut les droits sociaux et humains. N’est-ce pas un refus de voir un système économique pour ce qu’il est ?

Thomas Guénolé – Il y a en fait quelques faux arguments, toujours les mêmes, pour défendre la mondialisation malgré ses 400 millions de morts.

L’argument « La faim et la maladie existaient déjà avant la mondialisation donc ce n’est pas sa faute ». Réponse : il faut être cohérent. On ne peut pas vanter la mondialisation pour toutes les conséquences positives de son économie-monde, et en même temps refuser de lui imputer les millions de morts de ses conséquences négatives. Donc cet argument ne marche pas.

L’argument du « bilan globalement positif malgré certains problèmes ». En réalité il est intenable, puisque ça reviendrait à dire : « L’esclavage dans les champs de coton était globalement positif car grâce à lui on était mieux habillé ».

L’argument des millions de Chinois sortis de la pauvreté grâce à la mondialisation. A cela deux réponses. D’une part, plus de 70% des Chinois sont restés dans l’extrême pauvreté, ce qui permet de relativiser. D’autre part, pendant ce temps de nombreux Chinois sont des néo-esclaves dans des usines qualifiables de camps de travail. Et donc, le coût humain du résultat positif est tellement élevé qu’il est inacceptable.

L’argument « ça va mieux ». Là encore, ça ne tient pas. Quand un système fait des millions de morts tous les ans, il est évident qu’il ne marche pas et qu’il faut en trouver un autre. 60 millions de morts de la pneumonie alors qu’elle est soignable, 52 millions de morts de la diarrhée uniquement faute de médicaments, 11 millions de morts de faim alors qu’on a assez de nourriture pour tout le monde, ce sont autant de preuves très claires, très simples, que ce système ne fonctionne pas.

Les-Crises – Face à une critique argumentée de la mondialisation, les partisans acharnés de cette dernière sont souvent tentés de répondre : « Mais quel autre système proposez-vous ? ». Cette satisfaction résignée vis-à-vis du système économique actuel ne conduit-elle pas à une passivité intellectuelle qui freine la naissance de toute alternative ?

Thomas Guénolé – Pour moi, sur la question de l’alternative, le problème vient plutôt des intellectuels critiques envers la mondialisation et plus largement des intellectuels antisystème : ils passent presque tous tout leur temps d’expression écrite et orale à diagnostiquer les problèmes en long, en large et en travers, sans proposer d’alternative concrète.

Par exemple, en France, les intellectuels critiques qui proposent une alternative concrète et ne serait-ce qu’un peu détaillée se comptent sur les doigts des deux mains, ce qui est vraiment trop peu.

Résultat : la bataille des idées stagne, parce que d’un côté les partisans du système jouent défensif et de l’autre ses adversaires se limitent presque tous à critiquer l’existant. C’est d’ailleurs en raison de ce problème que l’épilogue de mon Livre noir de la mondialisation est consacré aux solutions et s’intitule « Il y a une alternative ».

Les-Crises – La mondialisation n’est souvent étudiée dans nos écoles qu’en termes d’ouverture sur le monde et d’intensification des échanges ; un phénomène « inévitable » pour toute nation qui ne souhaiterait pas finir dans les oubliettes de l’Histoire. Si les manuels déplorent une « mondialisation inégale », rares sont ceux qui expliquent que l’asymétrie des échanges et le dumping social sont en réalité au cœur de ce système économique. Considérez-vous votre ouvrage comme un outil d’auto-défense intellectuelle ?

Thomas Guénolé – En quelque sorte, ce Livre noir de la mondialisation comble un manque dans le débat d’idées : de nombreuses personnes, avec des sensibilités politiques et spirituelles très diverses, sentaient bien que ce système est atrocement néfaste, mais ne pouvaient ni le prouver ni l’argumenter.

Désormais, un travail de recherche existe à leur disposition. L’utilité est similaire pour les personnes encore plus nombreuses qui n’ont pas encore d’avis sur la mondialisation, mais qui depuis le confinement ont vraiment envie et besoin d’y réfléchir et de comprendre. Ce livre sert à ça.

Les-Crises – Bien que toujours au cœur de la mondialisation, la Chine semble de moins en moins dépendante du commerce mondial (Exportations à 18% du PIB). Assistons-nous à une démondialisation ou à une modification des rapports de force ?

Thomas Guénolé – Une des thèses du livre, dans l’épilogue, est que nous nous dirigeons probablement vers une Seconde Guerre froide, où la Chine remplacera l’Union soviétique en tant que superpuissance rivale des États-Unis. C’est la conséquence logique des délocalisations industrielles massives vers la Chine, au point d’en faire aujourd’hui la première puissance économique mondiale.

Les intervenants les plus atlantistes du débat public essaient déjà de peindre cela en future confrontation entre le camp de la liberté, censément l’Occident, et le camp du totalitarisme, représenté par la Chine.

La vérité est plutôt que cette Seconde Guerre froide sera une confrontation entre deux modèles nocifs : la ploutocratie américaine d’un côté et le totalitarisme chinois de l’autre, c’est-à-dire la tyrannie de l’argent contre la tyrannie de l’État. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a donc pas aujourd’hui de bloc géopolitique pour défendre la démocratie réelle et l’humanisme.

La France, si elle connaît une vraie alternance politique, pourrait créer ce bloc et en prendre la tête. C’est mon espoir.

*

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Le Livre noir de la mondialisation de Thomas Guénolé, Plon, 306 p., 19 €

24 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 19.10.2020 à 08h51

    « Au total, la mondialisation a fait 400 millions de morts depuis 1992. »

    Autrement dit, le capitalisme et l’impérialisme qui sont responsables d’une mondialisation basée sur la guerre et la prédation.. Et bien sûr il faut ajouter les millions de mort de la colonisation et de la décolonisation.

    Et ce n’est pas fini. Hélas…

    • Patrick // 20.10.2020 à 12h05

      il faudrait faire le compte du nombre de millions évités grâce à la même mondialisation dans un monde dans lequel le nombre d’humains a été multiplié par 2 ou 3 depuis le début du mouvement.

      Un truc marrant : « les millions de mort de la colonisation et de la décolonisation. »
      Avant la colonisation il y avait 80 millions de personnes en Afrique ( le continent vide ) , maintenant on va gaillardement vers les 2 milliards . On voit tout de suite l’ampleur du génocide.

      • LibEgaFra // 21.10.2020 à 09h34

        « On voit tout de suite l’ampleur du génocide. »

        Avec un pareil raisonnement on obtient ceci:
        Population de l’Europe:
        1900 : 420 millions
        1950 : 549 millions
        2019 : 747 millions

        « On voit tout de suite l’ampleur du génocide. » ?

        Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_l%27Europe

      • LibEgaFra // 21.10.2020 à 09h44

         » le nombre d’humains a été multiplié par 2 ou 3 depuis le début du mouvement. »

        La mondialisation a débuté en 1492. La colonisation est la première phase de la mondialisation. Dès 1492 le massacre des populations indigènes par les Européens a commencé et n’a pas cessé jusqu’à aujourd’hui. Sauf à faire faire le « travail » par d’autres.

        Lire D. Stannard :

        http://thirdworldtraveler.com/History/American_Holocaust.html

        « il faudrait faire le compte du nombre de millions évités grâce à la même mondialisation  »

        il faudrait faire le compte du nombre de millions de naissances évitées à cause de la même mondialisation.

    • Guise // 21.10.2020 à 17h30

      Je vais critiquer un peu l’article, parce qu’il y a un point qui m’étonne : je me demande si le mot « mondialisation » n’est pas abusivement utilisé ici. C’est de « capitalisme mondialisé » dont il est question, pas de mondialisation, si on prend le texte. Ok Guenolé dit sa définition du mot au début. Mais je m’interroge : pourquoi ne pas utiliser directement le mot clair : « capitalisme mondialisé », et pourquoi lui préférer une notion moins parlante (« mondialisation »), avec une définition un peu bizarre par rapport au sens le plus populaire du mot ?
      @LibEgaFra dans son com a utilisé directement les bons termes, dans le sens des termes clairs et facilement compréhensibles. Son message parle directement de capitalisme et d’impérialisme. Je trouve ça plus clair, et donc plus efficace si on veut discuter du problème.

  • Kiwixar // 19.10.2020 à 09h20

    « D’une part, plus de 70% des Chinois sont restés dans l’extrême pauvreté, ce qui permet de relativiser.  »

    … C’est une opinion complètement délirante (« Va en Chine 1 jour, écris un livre ; va en Chine 1 mois écris 1 article ; va en Chine 1 an et ferme ta g… »). L’extrême pauvreté en Chine c’est plutôt dans les 10-15% de la population, en zone rurale. Et en France, la vraie misère indécente, poignante (« tuez-les » crient les bourgeois), cachée dans des statistiques trompeuses : 20% de la population? Et dans quel pays la pauvreté diminue et dans quel pays elle augmente?

    http://www.cadtm.org/La-pauvrete-en-Chine-aller-au-dela

    « D’autre part, pendant ce temps de nombreux Chinois sont des néo-esclaves dans des usines qualifiables de camps de travail. »

    De nombreux, c’est combien? Les entreprises chinoises ont du mal à recruter donc elles augmentent les salaires de manière conséquente chaque année, délocalisent vers les pays proches et automatisent.

    « La France, si elle connaît une vraie alternance politique, pourrait créer ce bloc et en prendre la tête. C’est mon espoir. »

    Impossible en faisant partie de l’UE : tyrannie de l’argent et des lobbies + tyrannie des eurocrates non-élus.

  • Rond // 19.10.2020 à 09h26

    Un chipoteur mondialiste va bien trouver le moyen de réclamer les sources et preuves des 400 millions de morts. Et si on ajoutait tous ceux à venir, pour faire bonne mesure ?
    Une « vraie alternance politique », qu’est-ce que ça pourrait bien être qui nous ferait rêver un peu ? Basculer d’un bord à l’autre, sans cesse, a déjà montré dans sa belle moyenne, toutes les qualités de l’immobilisme. Les Français n’ont pas vraiment montré qu’ils étaient encore capable d’une pensée politique sortant des sentiers battus. Je dirais même vraiment pas. Il manque un catalyseur et je me méfie des catalyseurs d’un soir, aux réactions parfois détonantes.
    Faire un constat est une chose, proposer en est une autre. Curieusement, ces deux éléments se retrouvent rarement dans le même panier.

    • rthierry // 19.10.2020 à 21h57

      Parce qu’évidemment les guerres pour accéder aux ressources, l’esclavage, l’utilisation irresponsable de l’environnement, … rien de tout cela n’existait avant la mondialisation.

      • Patrick // 20.10.2020 à 12h16

        ben non .. on vous dit que c’est la mondialisation et le capitalisme qui ont inventé tout ça .
        avant tout allait bien, personne ne mourrait de faim , personne n’était pauvre.

    • Urko // 20.10.2020 à 19h40

      Pas besoin de chipoter pour interroger ces chiffres. Ceux qui me lisent parfois savent à quel point la mondialisation me semble un phénomène néfaste pour lanpkutdds gens mais avancer pareils chiffres, aussi graves, sans les démontrer plus sérieusement dessert celui qui les avance. Ils ne convaincront que les déjà convaincus, et encore…

  • DooDzy // 19.10.2020 à 09h48

    Merci Les-Crises pour cet entretien fort intéressant ! D’autant plus qu’aucun grand média (mis à part Marianne) n’a jugé bon d’évoquer la sortie de cet ouvrage pour le moins hétérodoxe. Mais doit-on réellement être surpris ?

  • john // 19.10.2020 à 12h21

    Effectivement tout cela existait avant la mondialisation, mais cette dernière a accélérée la vitesse de développement de ces maux.

  • christian gedeon // 19.10.2020 à 13h47

    Les chinois doivent bien rigoler en lisant le livre de M Guenolé. D’après ce que contient l’entretien. Je m’en vais de ce pas en faire l’acquisition. Juste une remarque. La Chine est le méga dragon de la …mondialisation .

  • 78 ans // 19.10.2020 à 15h17

    « La vérité est plutôt que cette Seconde Guerre froide sera une confrontation entre deux modèles nocifs : la ploutocratie américaine d’un côté et le totalitarisme chinois de l’autre, c’est-à-dire la tyrannie de l’argent contre la tyrannie de l’État. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a donc pas aujourd’hui de bloc géopolitique pour défendre la démocratie réelle et l’humanisme. La France, si elle connaît une vraie alternance politique, pourrait créer ce bloc et en prendre la tête. C’est mon espoir. »

    ***

    Tandis que j’observe partout autour de nous la terrible débâcle en cours et l’effondrement systémique qui menace, tandis que le Pouvoir (les pouvoirs) s’y prépare par les plus divers exercices de répression préventive, jusqu’au couvre-feu, j’admire cette façon très originale, vraiment unique, de prétendre appartenir soi-même (potentiellement…) au camp de la « vérité », de la « démocratie réelle » et de « l’humanisme », au camp du BIEN quoi, au plus loin de la « TYRANNIE ». Rien d’impossible pour cette France (MFGA!) – « Make France great again! »?). Suprématie obligée, sans doute, du « made in France»…

    Je sais, faut ni le dire ni l’écrire, même mes petits-enfants n’y croient pas, pas plus du reste que «l’Europe dominera le 21e siècle » (Mark Leonard, 2006). Allons donc!…

    • 78 ans // 19.10.2020 à 22h42

      Addendum —

      Je découvre à l’instant une très récente présentation sur la Chine par l’un des plus grands experts sur le sujet en notre temps, le professeur Martin Jacques de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni. Je soumets cette réflexion exceptionnelle à tous les habitués de Les Crises.fr qui s’interrogent encore sur la Chine au-delà du misérable cliché des propagandistes de « l’État tyrannique ». Cette civilisation millénaire vaut ce bref détour de moins de 45 minutes…

      Comme à Cambridge, étonnante de clarté, magnifique, la langue de Shakespeare est ici de rigueur.

      http://www.martinjacques.com/

      https://www.youtube.com/watch?v=LRewnxIjo8w

      Bonne écoute!

  • Ovni de Mars // 19.10.2020 à 20h27

    C’est très bien que quelqu’un d’aussi public que Thomas Guénolé mette enfin les pieds dans le plat et appelle un chat un chat : la mondialisation est une catastrophe inouïe, la plus grande de tous les temps en terme de quantité de morts, dépassant allégrement le bilan des 2 guerres mondiales et celui du communisme pratiqué sous Mao et Staline.

    Il était temps que cette catastrophe capitaliste soit publiquement mise en regard du bilan des expériences communistes soviétiques et autres tiré par les conservateurs dans les années 80 / 90 (au moment où la mondialisation prenait son essor). Les 400 millions de morts font bien entendu écho aux très controversés 100 millions de morts du Livre noir du communisme de Stéphane Courtois

    Il est bien également de désigner la puissance à l’origine de cette monstrueuse catastrophe, à savoir les Etats-Unis d’Amérique, pays pratiquant la rapine capitaliste sans état d’âme.

    Comme Thomas Guénolée, mon espoir est que la France se reprenne et prenne la tête de l’alternance politque à la barbarie capitaliste

  • Batby // 20.10.2020 à 11h07

    Enfin, la réponse au « Livre noir du communisme ».
    Parions que les médias aux ordres en parlerons moins dans les jours à venir.

  • Jean Aymard // 20.10.2020 à 14h29

    « La France, si elle connaît une vraie alternance politique, pourrait créer ce bloc et en prendre la tête. C’est mon espoir. »

    Oui, tout à fait. La France a toujours eu et a encore des ressorts historiques pour aller de l’avant et être un des moteurs du monde. Elle peut être la troisième voix nécessaire à l’équilibre des forces dans le monde. Il faudrait pour cela que ses dirigeants aient conscience qu’ils sont à la tête d’un des plus grands pays du monde, avec un peuple aux ressources incroyables, avec une aura mondiale qui peut très vite revenir. Il faudra relancer REELLEMENT la recherche nationale, une armée à la hauteur, une réindustrialisation obligatoire, tout cela à l’appuie d’un vrai programme , une vraie vision de l’avenir du pays pour les 50 prochaines années, afin de redonner un cap à tout un peuple à la dérive et retrouver foi en l’avenir.
    Pour cela, il faudra évidemment quitter cette UE délétère qui détruit notre esprit, notre culture et notre identité française si particulière. Il faut quitter cette UE qui nous répète sans cesse qu’on l’on est trop petit tout seul, que l’on doit être associé à 27 boulets pour « faire poids face à la Chine et aux USA », que l’on doit accepter de voir partir notre industrie, à l’étranger, de vendre nos grands entreprises, et d’avoir un chômage galopant. Bref, que l’on est plus rien, que l’on n’a pas d’avenir et que notre seul salut réside dans la dissolution au profit d’une chimère qui n’arrivera jamais.

  • tchoo // 21.10.2020 à 07h42

    J’espère, tout d’abord que Thomas dans son livre définisse ce qu’est la mondialisation, parce que au vu des réponses de certains ici, il semblerait que nous n’en ayons pas tous la même définition ou notion.
    Alors bien entendu, cela engendre des réflexions qui s’éloignent.
    L’abandon de cultures vivrières en Afrique pour privilégiée des productions qui s’exportent, pour en même temps importer des productions alimentaires pour nourrir les populations en est l’exemple le plus parlant.
    Que la mondialisation est pu permettre à certaine population de sortir d’une certaine pauvreté, peut-être, mais à quel prix
    et surtout il y a moyen de faire autrement sans un cout humain exorbitant

  • rolland // 21.10.2020 à 08h26

    Sur ce sujet je conseille vivement la lecture de « Demain dès l’aube…le renouveau » de Valérie Bugault.

  • LibEgaFra // 21.10.2020 à 09h51

    « la ploutocratie américaine d’un côté et le totalitarisme chinois de l’autre, »

    Cette phrase dénote un parti pris idéologique – on a l’habitude -, mais surtout une totale méconnaissance du fonctionnement de l’Etat chinois, ce qui est bien plus grave.

    Quand un gouvernement est soutenu à 78% par sa population, le qualifier de totalitaire est un non sens et traduit un aveuglement.

    20% de la population des USA pense que son propre gouvernement.oeuvre pour son bonheur.

  • LibEgaFra // 21.10.2020 à 09h58

     » La mauvaise nouvelle, c’est qu’il n’y a donc pas aujourd’hui de bloc géopolitique pour défendre la démocratie réelle et l’humanisme. »

    La « démocratie réelle » est un fantasme qui n’existe pas et n’a jamais existé, même pas dans les Landsgemeinde (dont les femmes étaient écartées). Le pouvoir est constamment confisqué par une minorité.

    « La France, si elle connaît une vraie alternance politique, pourrait créer ce bloc et en prendre la tête. C’est mon espoir. »

    L’espoir fait vivre. Un tel aveuglement en dit long sur la déconnexion par rapport à la réalité.

  • Rackaf // 24.10.2020 à 02h18

    On lui dit que l’Afrique, à elle seule, a pris
    650 millions d’habitants
    (l’Europe…)
    entre 1990 et 2020
    Que l’espérance de vie à pris 6 ans sur la même période,

    … Où on attend un peu ?

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