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14.novembre.201814.11.2018 // Les Crises

Macron et les années 30 : Ignorance et aveuglement, par Ambroise de Rancourt

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Source : Vu du droit, Ambroise de Rancourt, 02-11-2018

Macron et les années 30 : quand Louis-Philippe se rêve en Charles de Gaulle.

C’est indéniable : Emmanuel Macron adore les commémorations. Pas au point de se rendre en personne à celles de l’attentat du 13 novembre 2015, de peur de passer pour un homme obsédé par le passé – on a déjà rappelé ici le rapport assez fantomatique que semble entretenir le Président avec l’Histoire. De fait, les commémorations nationales jouent, depuis un an et demi, un rôle bien défini : celui de moments privilégiés pour rappeler au vil peuple français, qu’Emmanuel Macron semble si désolé de diriger, qu’il ferait mieux, au lieu de se plaindre du temps qu’il fait et de ses usines qui disparaissent, de se souvenir qu’avant, c’était bien pire. Pour cette commémoration du centenaire de la victoire de 1918, donc, point de soldats, de peur de déplaire à cette Allemagne dont il nous faut à tout prix regagner la confiance. Mais en revanche, nous aurons eu – cela devient une habitude – une leçon d’histoire et même, de morale historique, dispensée par le Président, établissant un audacieux parallèle entre les années 1930 et la période actuelle. C’est de ce parallèle, où la méconnaissance historique le dispute à la cuistrerie verbeuse, qu’il sera ici question ; car rien ne semble plus dangereux, lorsque de telles contre-vérités sont professées avec autant d’aplomb, que de renoncer paresseusement à leur opposer une saine analyse factuelle.

« L’Europe est face à un risque : celui de se voir démembrer par la lèpre nationaliste (sic) et d’être bousculée par des puissances extérieures, et donc de perdre sa souveraineté« , nous dit ainsi Emmanuel Macron. Il est déjà, à ce stade, permis de formuler quelques doutes : l’arrivée au pouvoir, par les urnes, de tous ces dirigeants dits populistes n’est-elle pas, en réalité, bien plus la conséquence que la cause d’un délitement de l’Union européenne, déjà engagé depuis de longues années ? Il faut, sans relâche, rappeler cette vérité : l’Union n’a pas attendu les populismes pour entamer son déclin. Et les manifestations de sa déliquescence ne manquent pas ; prenons donc quelques exemples.

UE : qui sont les fossoyeurs ?

On peut ainsi évoquer, pêle-mêle : le cavalier seul allemand lors de la crise des réfugiés en 2015 ; le comportement erratique de la BCE lors de la crise de 2008, qui vit cette institution outrepasser ses prérogatives au point de devenir l’exécutant des basses oeuvres de l’Union ; la mise à mort expiatoire de la Grèce décidée par Bruxelles, et dont le peuple grec n’a pas fini de payer les dramatiques conséquences ; plus loin encore, le feuilleton de l’article 7 que l’on voulait déjà appliquer à l’Autriche, en 1999. On peut aussi, naturellement, rappeler le « non » au référendum de 2005, en France et aux Pays-Bas, puis le rejet du traité de Lisbonne par les électeurs irlandais. Déjà à l’époque, les fées Carabosse penchées sur le berceau des nations affichaient ouvertement les limites de leur enthousiasme à l’égard des processus démocratiques en Irlande. D’abord par la voix de Donald Tusk, alors Premier ministre polonais, et aujourd’hui président du Conseil européen : « Le référendum en Irlande ne disqualifie pas le traité de Lisbonne. L’Europe trouvera un moyen de le faire entrer en vigueur (sic). » Puis par celle de José Luis Zapatero, premier ministre espagnol : « Il n’est pas possible que l’Irlande, avec tout le respect pour son choix démocratique (sic), puisse stopper un projet aussi nécessaire. » Un mépris pour l’expression démocratique qui allait culminer avec cette phrase devenue légendaire, prononcée par Jean-Claude Juncker après la victoire de Syriza en Grèce, début 2015 : “Il ne peut pas y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

Nonobstant ces quelques détails mineurs, la cause est entendue : ce sont les populistes qui menacent aujourd’hui une Union qui, avant leur avènement, était en pleine santé et jouissait d’un amour et d’une popularité immodérés. Voir dans les déboires actuels de l’Union européenne – menaces, bien inoffensives lorsqu’on connaît la portée réelle de la procédure, d’appliquer l’article 7 à la Pologne ou à la Hongrie ; refus du budget italien par la Commission – l’aboutissement d’un long processus de déconstruction, c’est être de mauvaise foi, pour ne pas dire mal informé.

La souveraineté populaire, mais alors sans le peuple

Revenons maintenant sur l’idée de « souveraineté européenne« . Dans la bouche d’un président prêt à envisager de partager avec l’Allemagne – un pays dont il regrette tant que nous ne lui ressemblions pas plus – non seulement le siège français au Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi notre dissuasion nucléaire, l’expression prête à sourire ; sans même parler du rôle, visiblement central malgré les dénégations de l’intéressé, que semble avoir joué le chef de l’Etat dans la grande braderie qu’a été la vente d’Alstom Energie, maillon essentiel de la souveraineté nationale, à General Electric en 2015. Mais allons au-delà de tout égoïsme national, ce défaut si latin dont, bien sûr, les peuples luthériens chers à Emmanuel Macron sont absolument dépourvus ; parlons d’Europe. La philosophie politique, mais aussi et surtout le bon sens nous enseignent que, pour qu’il y ait une souveraineté, il faut qu’il y ait un peuple doté d’aspirations communes : or, il n’y a pas de peuple européen aspirant à une souveraineté partagée, et aucun changement institutionnel cosmétique apporté aux traités et institutions qui existent aujourd’hui ne pourra remédier à cette réalité viscérale, que l’on peut regretter, naturellement, mais qu’il est inutile de nier. Cette croyance aveugle et religieuse affirmant que le fait de lier des nations par un marché, des institutions et une monnaie communs suffirait à abolir les différences et divergences nationales dénote une absence complète de sens historique profond : et c’est pourtant sur cette philosophie que l’Union européenne a été bâtie dès le premier jour, dans un élan tendu vers la réalisation d’un État fédéral dont il est aujourd’hui patent que plus personne n’en veut, populiste ou non, en dehors du président français. Croire, comme l’ont fait les artisans de la construction européenne depuis plusieurs décennies – avec une formidable accélération depuis l’Acte unique de 1986 – que des institutions politico-économiques de type fédéral, par surcroît inabouties, allaient miraculeusement accoucher d’un sentiment d’appartenance méta-nationale, relève de la pensée magique, ou à tout le moins d’un univers intellectuel surprenant au sein duquel les peuples se feraient et se déferaient aussi facilement que de banales fusions-acquisitions.

Un fascinant déni du réel

Penchons-nous maintenant sur la seconde partie des propos présidentiels, la plus fascinante sans doute, car ignorant le plus aveuglément la réalité factuelle : « L’Europe risque d’avoir sa sécurité qui dépende des choix américains et de ses changements (sic), d’avoir une Chine de plus en plus présente sur les infrastructures essentielles, une Russie qui parfois est tentée par la manipulation, des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les Etats peuvent prendre« .

Que faire, face à un tel déni de réalité, sinon rappeler quelques vérités élémentaires ? Car les faits, ici aussi, sont têtus ; il suffit d’en détailler quelques uns, dans l’actualité récente, pour comprendre en quoi l’idée même de “sécurité européenne”, sinon “d’Europe de la défense” n’a pas attendu MM. Salvini et Orban pour capoter.

Premièrement, il y a moins d’une semaine, la Belgique a fait le choix d’acheter des F35 américains. En d’autres termes, elle a écarté non seulement l’Eurofighter, produit par un conglomérat européen, mais également le Rafale français. Pour des raisons militaires, financières et techniques qui semblent en réalité extrêmement faibles : dans les faits, il s’agit tout simplement de réaffirmer l’allégeance belge à l’hegemon américain. Quoi de plus naturel, quand il n’existe finalement aucune alternative européenne, aucun contrepoids politique unifié auquel se sentir inféodé, sinon indéfectiblement lié ? Le choix américain opéré par le gouvernement belge entérine, de facto, la faiblesse géopolitique d’une Union qui n’existe que peu ou pas sur les plans militaire et stratégique.

Deuxièmement, l’Allemagne a dénoncé il y a bientôt un an les Accords de Schwerin, qui étaient l’un des rares projets européens en matière de défense, visant à construire conjointement des satellites d’espionnage via un conglomérat industriel. Or, sans prévenir, l’Allemagne a passé commande de la partie réservée aux industriels français…à un constructeur allemand ! Pourtant la France avait fait de gros efforts pour acheter la bonne volonté germanique : elle avait laissé la totalité de la partie industrielle du projet de drone européen MALE à l’Allemagne – à l’époque certains parlaient même d’un marché de dupes, tant la concession était grande et faisait fi des intérêts de Dassault, Thales, Airbus et Safran, théoriquement tout à fait capables de développer un tel outil de manière autonome. Cela n’a pas suffi : à plusieurs reprises, dans les années 1980 et 1990, l’Allemagne avait déjà refusé de coopérer avec la France pour concevoir des satellites d’observation, notamment sous pression américaine, les États-Unis voyant d’un mauvais oeil une coopération franco-allemande renforcée, alors que l’Allemagne s’était toujours affirmée, depuis les débuts de la construction européenne, comme un fidèle relais américain sur le Vieux continent.

Cela étant dit, parlons maintenant de “la Chine, toujours plus présente dans les infrastructures européennes”. Car là aussi, les faits sont obstinés. Est-il permis de rappeler que les plus gros achats chinois en Europe dans ce domaine ont été largement permis ces dernières années par la vente des bijoux de famille de l’État grec ? Ainsi, contraint par ses créanciers européens, le gouvernement grec se voyait-il poussé à céder, début 2016, le port du Pirée à l’investisseur chinois Cosco : sans privatisations, plus de subventions – l’équation à laquelle ont été soumis tant de pays du Tiers-monde depuis les années 1980 et les fameux “plans d’ajustement structurel” du FMI. Ainsi, c’est en partie grâce à la bienveillance des autorités de Bruxelles que la Chine a pu poursuivre son gigantesque jeu de Monopoly avec les infrastructures européennes, non sans déclencher des réactions isolées de défense commerciale en Allemagne, par exemple. Là encore, ce ne sont pas les populistes qui en sont responsables, mais ceux qui ont préféré, par défaitisme ou par simple dogmatisme néo-libéral, laisser l’Union européenne devenir l’idiot utile de la mondialisation, quitte à sacrifier quelques nations réfractaires pour la cause, plutôt que d’en développer et d’en protéger équitablement toutes les zones, au moyen d’un protectionnisme sélectif et d’une péréquation économique à laquelle les gagnants de l’UE n’ont, là encore, jamais consenti – et dont ils ne voudront probablement jamais. L’attitude parfaitement suicidaire des autorités bruxelloises s’agissant de favoriser l’émergence d’une industrie européenne autonome en matière, par exemple, de photovoltaïque, s’est encore récemment étalée dans la presse.

S’agissant des “intérêts et marchés financiers dépassant les Etats”, contentons-nous d’une invitation à lire ce ce précédent billet, qui revient abondamment sur la vassalisation des gouvernements vis-à-vis des marchés – et sur la responsabilité de la classe politique dans le processus ayant abouti à cette situation. Enfin, confessons une certaine lassitude face au refrain des “manipulations russes”, dans la bouche de responsables n’ayant jamais condamné que mollement le scandale absolu des écoutes de la NSA révélées en 2013 par Edward Snowden, et menées avec le soutien logistique des renseignements allemands. Encore une fois, il y semble y avoir de la place pour une analyse lucide et rationnelle des choix politiques russes, à mi-chemin entre la détestation automatique qu’il serait de bon ton d’éprouver à l’égard de tout ce qui concerne la Russie poutinienne, et l’adoration transie dans laquelle semble plongée une part minoritaire des commentateurs à son propos ; quoi qu’il en soit, la ficelle du péril soviétique semble trop grosse, ou trop fragile, pour supporter à elle seul le poids des renoncements d’une classe politique européenne inaudible sur la scène internationale.

Dès lors, sommes-nous en train de revivre les années 1930, et les populismes mentionnés par le chef de l’Etat constituent-ils une menace réellement nouvelle pour l’édifice européen ? Tout d’abord il semble, en vérité, que le populisme le plus menaçant aujourd’hui, du fait de sa prétention hégémonique, mais aussi de sa faculté à se présenter comme une non-idéologie, soit avant tout le populisme de l’individualisme mercantile forcené, un populisme d’une sorte nouvelle, incarné à merveille par l’actuel gouvernement français. Un populisme d’autant plus dangereux qu’il voudrait se faire passer pour une simple manifestation du scientisme économique appliqué aux sociétés humaines, dont la contestation ne saurait être l’oeuvre que de déséquilibrés imperméables à la raison. C’est ce populisme qui, non content de détruire notre environnement, nos services publics et nos systèmes de protection sociale avec une réjouissante constance, s’exonère de ses méfaits dans les économies avancées en insistant sur “les centaines de millions de personnes qu’il a permis de sortir de la pauvreté sur l’ensemble de la planète” – refrain entendu jusqu’à la nausée – depuis plusieurs décennies. C’est le temps qu’il aura probablement fallu à nos sociétés pour comprendre que derrière leur smartphone presque gratuit venu de Chine, leurs vêtements fabriqués au Bangladesh et leur voiture assemblée en Bulgarie, il y avait aussi la destruction de leurs industries, de leurs emplois et demain, de leurs systèmes de retraite. Et ceux qui entreprennent de se demander s’ils ont vraiment gagné au change dans ce deal d’enfer semblent, c’est heureux, de plus en plus nombreux.

Un Louis-Philippe aveugle et sourd

Ensuite il est manifeste que le point d’ancrage permettant en effet de rattacher notre époque aux années 1930 est avant tout la fracture majeure de la crise de 2008, qui rappelle à certains égards celle de 1929. Une crise dont les conséquences auront été aussi désastreuses pour les finances publiques : en 2013, l’Etat français consacrait déjà 130 milliards supplémentaires aux dépenses sociales, soit 30% de son budget, par rapport à 2007 – et les Agnès Verdier-Molinié couraient déjà de plateau en plateau pour expliquer que le grand coupable de notre dette publique ‘était, au choix, le cheminot ou l’employé de mairie. Pendant ce temps, les conséquences auront été douces pour le secteur financier, dont les garde-fous et diverses régulations instaurés depuis dix ans sont jugés largement insuffisants par différents acteurs de poids. La crise de 2008, l’explosion des inégalités au profit d’une part infime de la population, le sentiment d’une perte de pouvoir du politique et des citoyens au profit des milieux économiques : tous ces sujets sont les grands absents du discours d’Emmanuel Macron. En vertu de l’adage selon lequel on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu, tout est bon pour éviter de devoir nommer l’éléphant qui trône au milieu du salon planétaire : la formidable sécession des élites à laquelle nous assistons depuis plus de trente ans, et dont le chef de l’Etat est lui-même une parfaite incarnation. Une sécession documentée aussi bien sur le plan économique que dans ses dimensions culturelle ou spatiale. Éviter de nommer cet éléphant vaut bien quelques raccourcis historiques grossiers – faire passer Orbàn pour un nouvel Hitler, et Salvini pour l’héritier de Mussolini -, et tant pis si le continent est aujourd’hui démilitarisé, qu’on n’y exécute plus d’opposants politiques nulle part, et que rien ne semble plus éloigné de nous que la perspective d’un conflit armé entre nations européennes. La montée des populismes dans le monde entier, bien que réelle et prenant des formes et manifestations plus ou moins inquiétantes, est indissociable des effets directs produits par la mondialisation – affaiblissement des Etats, paupérisation massive des classes ouvrières et moyennes, dislocation des amortisseurs sociaux ; et si la religion de la guerre économique permanente a contribué à aiguiser les rivalités, y compris au sein de l’UE, il serait assez osé de comparer celles-ci avec le climat pré-apocalyptique qui régnait à la fin de l’entre-deux-guerres, voire indécent si l’on pense aux quelque 400’000 morts de la Guerre d’Espagne.

Alors, plutôt que d’invoquer sans vergogne une abominable décennie dont il se rêverait en nouveau Charles de Gaulle, Emmanuel Macron serait bien inspiré de reculer d’un siècle et d’endosser un costume à sa réelle mesure : celui de Louis-Philippe.

Source : Vu du droit, Ambroise de Rancourt, 02-11-2018

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Alfred // 14.11.2018 à 08h20

Qui est naïf? Macron qui a été élu face à “la peste brune” alors que le plat avait déjà été servi par Chirac? Ce n’est pas Macron le naïf. Il est certes malhabile mais simplement il ne change pas une recette qui marche, tant qu’elle marche.
Pour ce qui concerne le texte d’Ambroise de Rancourt, il est.parfait.

29 réactions et commentaires

  • Maxhno // 14.11.2018 à 07h20

    le sentiment d’une perte de pouvoir du politique et des citoyens au profit des milieux économiques : tous ces sujets sont les grands absents du discours d’Emmanuel Macron
    “des grands intérêts financiers et des marchés qui dépassent parfois la place que les Etats peuvent prendre”

    Hollande l’a fait pourquoi il se priverait
    .

      +9

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  • Pierre D // 14.11.2018 à 08h09

    Effectivement, le populisme n’est pas la cause mais la conséquence de l’abandon des peuples au profit de priorités épicières.

    Le discours populiste ne dit rien d’autre, que “le système” nous délaisse, délaissons le système… et il ajoute avec rage “tous pourris!”.

    L’espoir naïf de Macron d’exploiter la “Der des Der” comme événement fondateur d’une communauté européenne est grotesque, parce qu’il va découvrir s’il tourne les pages de son manuel d’histoire, qu’après les années 30, il y a eu les années 40.

    … et on ne refait jamais le match.

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    • Alfred // 14.11.2018 à 08h20

      Qui est naïf? Macron qui a été élu face à “la peste brune” alors que le plat avait déjà été servi par Chirac? Ce n’est pas Macron le naïf. Il est certes malhabile mais simplement il ne change pas une recette qui marche, tant qu’elle marche.
      Pour ce qui concerne le texte d’Ambroise de Rancourt, il est.parfait.

        +28

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      • Pierre D // 14.11.2018 à 10h55

        Être élu “face à” ce n’est pas un programme, c’est aussi du populisme.

        La naïveté de Macron réside dans le sentiment qu’il diffuse de faire croire qu’il peut refaire le match.

        Je ne sais pas pour vous, mais personnellement ça fait longtemps que je suis passé à autre chose.

          +7

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        • Alfred // 14.11.2018 à 11h14

          Je comprends votre premier paragraphe mais je ne suis pas d’accord : pour moi Macron a un programme qui est de servir les intérêts d’un microcosme contre l’intérêt majoritaire des français. Cela ne peut pas être un programme officiel donc effectivement le programme officiel est vide.
          Je n’ai pas compris les deux autres paragraphes par contre.

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          • Pierre D // 14.11.2018 à 17h09

            Les deux derniers paragraphes sont simples. Macron instrumentalise 1918, les “populismes” des années 30 pour nous dire que nous allons connaitre 40 si nous ne faisons rien.

            Hors la situation d’aujourd’hui n’a rien de commun avec le XXe siècle. Ce n’est pas le populisme qui a déclenché ces conflits, mais les appétits impérialistes des nations européennes. Il ne reste plus que deux Empires en Europe: la France et le Royaume-Uni, et ils ont perdu l’appétit.

            Donc ici plus que jamais, comparaison n’est vraiment pas raison, et Macron est totalement à côté de la plaque.

            En Europe il n’y a qu’un seul moyen de combattre le populisme: s’intéresser un peu moins à la courbure des bananes et un peu plus aux populations.

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            • Fritz // 14.11.2018 à 20h48

              Cette manie de faire trembler les chaumières avec les zannées trente, alias “les zeures les plus sombres de notre histoire”, est odieuse et ridicule.
              Que je sache, nous avons commémoré dimanche dernier le centenaire de l’armistice de 1918, la victoire de la France et de ses alliés contre l’Allemagne impérialiste. Contre le IIe Reich.
              Macron-les-zannées-trente, lui, est un dévot de l’UE, alias le IVe Reich.

              Qu’il attende au moins les années 2030 pour commémorer le centenaire des zannées trente.

                +4

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  • Rond // 14.11.2018 à 08h19

    Joli résumé.
    Trahisons ! Trahisons à tous les étages ! Et plus c’est haut, plus c’est flagrant. Et personne à l’horizon pour relever le niveau. Macron vit dans l’illusion et le déni, Mélange-tout a fait pshitt en se montrant sous son vrai jour, toutes couleurs confondues (ça fait du maronasse moche) les autres prétendants au trône sont aussi pathétiques. Localement, ce n’est pas mieux. Tous occupés à mentir, à trahir, à grappiller et dépenser, les derniers sous que nous n’avons pas. La pièce en est donc à son dernier acte.
    Qu’attendons-nous pour ne plus rien attendre de nos “élites” élues ? Au quotidien, essayons de ne plus alimenter le monstre.

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  • pucciarelli alain // 14.11.2018 à 08h31

    Louis Philippe? Même pas. Mac Mahon peut-être (“que d’eau, que d’eau”)

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    • ellilou // 14.11.2018 à 14h00

      Et cette autre citation de Mac Mahon, qui conviendrait comme un gant à notre “sauveur de la planète” Manu Ier: “La fièvre typhoïde est une maladie terrible : ou on en meurt, ou on en reste idiot. j’en sais quelque chose : je l’ai eue.”

        +8

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  • jmk011 // 14.11.2018 à 08h54

    Excellente analyse d’ Ambroise de Rancourt, que je ne connaissais pas jusqu’à ce jour. Simplement une petite remarque : espérons que Macron ne « régnera » pas pendant 18 ans comme Louis-Philippe et que son mandat s’achèvera au plus tard en 2022 et peut-être même avant, vu tout le mal qu’il a fait et continue de le faire.

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  • Jean // 14.11.2018 à 09h40

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  • Pierre C // 14.11.2018 à 09h58

    Je me rappelle de mes années collège, en 6ème ou 5ème je crois. Nius avions des cours d’éducation civique : nous apprenions ainsi comment fonctionne le système démocratique français (assemblée nationale, sénat, suffrage universel direct, suffrage censitaire….) … Et nous apprenions aussi que nous étions “Citoyens français, mais aussi citoyens européens, et citoyens du monde!”.

    J’étais petit, mais déjà ça me gênait d’être citoyen européen sans pouvoir parler avec un polonais sans le comprendre. Et autant j’étais d’accord avec l’idée d’appartenir au même monde que les autre, autant je ne comprenais pas pourquoi nous en étions des citoyens.

    Avec le recul, je comprends mieux le pourquoi du comment. Vive l’éducation européenne !

      +7

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    • R.C. // 14.11.2018 à 10h43

      Rassurez-vous, tout va mieux aujourd’hui, nous parlons la même langue que les Polonais ! L’anglais…

      J’ai eu la chance de naître un peu avant vous, semble-t-il. Nos profs (qui quasiment tous avaient connu et fait la guerre IIe M) ne nous matraquaient pas avec cette “citoyenneté européenne” factice qui n’était encore que le “Marché Commun” (il y avait déjà assez à faire avec la citoyenneté française…).
      Le concept de “marché” s’accomode bien avec poireaux, courges, navets, morues, paniers de crabes et autres maquereaux que l’on y trouve à l’étal ; toute ressemblance avec des personnages et des situations existants ou ayant existé n’est que fortuite…

        +10

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  • christiangedeon // 14.11.2018 à 11h31

    Quoi qu’il en soit,les “intellos ” pseudo analystes politiques,et les diplodocus de la classe politique sont restés fossilisés dans les années marxisto-fascistes si j’ose cette expression. Impossible d’avancer d’un pouce. Je deplore profondément les tweets de Trump à l’égard de M.Macron. mais en même temps,notre président s’était fendu d’un discours “anti nationaliste ” digne des fameuses années trente. Un truc sans tête niqueue,que Trump a ressenti comme une agression déliberée,et qui plus est ,en public. Mélenchon ajoute son très gros grain de sel en demandant la création d’une commission (tiens encore une ) sur les fascistes français! Curieuse,très curieuse convergence avec la Macronie si on y regarde bien. Tant qu’on restera dans le discours “antifasciste ” à trois balles,en plain revival,on reculera. sans compter le mépris affiché pour le vote des américains,celui des brésiliens,celui des italiens,celui des autrichiens,des slovaques,des hongrois,des polonais et même depuis hier des suédois. çà fait beaucoup de gens à mépriser,non?

      +10

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    • Alfred // 14.11.2018 à 13h35

      Et oui. Mélenchon s’enferre dans sa stratégie perdante du déplacement des problèmes. Macron pose “le fachisme ou moi”. Mélenchon pose “Macron ou moi” (mais demande une commission d’enquête contre le fachisme comme un bel allié objectif). Le Pen pose “l’Europe et l’immigration ou moi”. Les autres étant des morts vivants ou des bourgeons pour l’instant inaudibles, a t on vraiment besoin de se demander ce qu’indiquent les sondages plus ou moins confidentiels pour les européennes? Quelqu’un a t il le moindre doute sur lequel de ces trois camps n’a pas les cheveux qui se dressent sur la tête ? C’est désespérant. Il est encore temps de changer de stratégie mais les moues boudeuses concernant le 17 novembre indiquent qu’on en est pas encore là.

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  • Sam // 14.11.2018 à 11h43

    “Mieux vaut la mort de tous les paysans que celle des Princes et des magistrats”, disait Martin Luther.
    On comprend mieux la fascination macroniste pour les luthériens…

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    • Fritz // 14.11.2018 à 20h52

      Certes, Luther a eu ces mots assassins en 1525 (dans son libelle “Contre les hordes meurtrières et pillardes des paysans”). N’empêche que c’est la Suède luthérienne qui admettait les paysans en tant que tels dans ses états généraux, une rareté en Europe, et qui leur faisait une large place dans son armée de conscription (utskrivning).

      Quant à votre commentaire effacé qui posait l’équivalence Luthériens = Versaillais, permettez-moi de vous rappeler l’existence du colonel Denfert-Rochereau et de Louis-Nathaniel Rossel.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Rossel

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      • christiangedeon // 15.11.2018 à 11h02

        Luhériens ni l’un ni l’autre…calvinistes.

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      • Sam // 15.11.2018 à 11h23

        C’est parce que vous confondez encore religion et politique.
        La réforme commence comme une révolte paysanne contre les princes et contre Rome. Luther choisit le camp des princes contre Rome et les paysans.
        Pour lui, c’est dieu qui décide des princes et des magistrats, s’ils sont mauvais il faut l’accepter et toute révolte est une révolte contre l’ordre divin à mater dans le sang. “C’est pourquoi, chers seigneurs, poignardez, pourfendez, égorgez à qui mieux mieux” (toujours Luther).
        Ses appels à la répression sanglante sont nombreux et documentés, contre les pauvres, les sorcières, les juifs, les turcs, les papistes, …
        C’est une attitude bien peu chrétienne.

        Le protestantisme religieux fut adouci dès Calvin en une sorte de christianisme laïc et libéral (exaltant la responsabilité individuelle devant dieu, les échanges économiques, la valeur travail, …).
        Chacun naît dans sa culture et fait ce qu’il peut avec ça. Qu’il y ait eu des protestants brillants, c’est évident et ça n’a rien à voir.

        Macron parle de Luthériens, pas de protestants. De politique, pas de religion.
        Et on sent bien qu’il est gêné par tous ces gueux qui refusent l’ordre divin…

          +2

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        • Fritz // 15.11.2018 à 17h44

          @Sam et @christian : merci de m’apprendre ma religion. Chez nous, on ne brandit guère “luthérien” comme un drapeau, et moins encore “calviniste”. “Je demande qu’on ne prenne pas mon nom et qu’on veuille bien s’appeler chrétien, et non luthérien. Qui est Luther ? La doctrine n’est pas de moi et je n’ai été crucifié par personne” (M. L.)

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  • bhhell // 14.11.2018 à 14h28

    L’histoire ne repasse pas les plats, certes, pourtant on aurait tort de croire s’en sortir à bon compte par rapport aux années 30. Car c’est la lévitation financière qui nous permet depuis 10 ans de maintenir l’illusion de normalité. Mais la prochaine crise financière (sans plan B cette fois) pourrait nous jeter brutalement dans un scénario similaire aux années 30, et dans un monde infiniment plus pauvre en ressources, soumis de surcroît au réchauffement climatique. Le temps ne joue pas en notre faveur.

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    • Alfred // 14.11.2018 à 15h42

      Les risques de guerre conventionnelle avec quiconque sont relativement faibles pour des raisons matérielles. Par contre les risques de guerre civile vont croissant en de nombreux endroits. (Et c’est bien plus grave. La guerre civile est encore pire que la guerre). Nous ne sommes pas dans les années trente mais dans les années 70. 1870. Juste avant Sedan. La prochaine crise financière c’est Sedan et derrière la chute dans l’inconnu.

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      • bhhell // 14.11.2018 à 16h22

        Oui, et la législation des Etats offre depuis 2001 tous les leviers pour une réponse disproportionnée aux réactions de la foule. Il me semble d’ailleurs inconcevable que les gouvernements et l’armée n’aient pas envisagé des scénarios de révoltes civiles massives et les procédures de répression qui vont avec. Si tel est le cas, nous ne l’apprendrons évidemment pas dans le JT.

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        • vert-de_taire // 17.11.2018 à 12h01

          Oui c’est prêt
          on a des policiers et autres CRS+ parfaitement équipés (mentalement ET physiquement)
          et des lois scélérates applicables immédiatement – une majorité de députés sont abjects.
          Ils ont déjà des aides grâce à l’espionnage massif, des logiciels parfaitement au point pour écouter et/ou bloquer les communications internet, bref l’effort pour être parfaitement opérationnel sera minime.

          On a même des milices extrémistes de droite assez bien entraînées aux sales coups
          qu’il sera facile d’utiliser pour traiter certains cas ..

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    • R.C. // 14.11.2018 à 21h27

      Pardon, bhhell, la situation n’a strictement rien à voir avec les années 30.
      A l’époque, la France était très majoritairement rurale. Elle ne s’était pas encore relevée des quatre années de guerre, de l’occupation féroce d’une vaste partie du Nord de la France, d’une saignée qui avait endeuillé plus d’un million de familles, de blessés et lourdement handicapés innombrables, de destructions colossales sur les zones de combat et d’une sorte de grave syndrome post-traumatique national (qui explique en partie l’attentisme de 38-39 et la débâcle de 40).
      Les ligues fascisantes (que l’on trouvait dans un peu tous les pays occidentaux) s’appuyaient sur l’immense réservoir d’anciens combattants qui avaient conservé des réflexes patriotiques (ou revanchards, pour l’Allemagne).
      Tout cela n’existe plus. La société de consommation est venue bouleverser durablement la donne et anesthésier les révoltes.
      Sinon, comment expliquer que les Français aient subi, sans réaction d’envergure, quarante années d’inaction gouvernementale contre le chômage, quarante années de dilution progressive de la démocratie et de démolition continue de la souveraineté nationale ?

      Années 30, les Français se mobilisent dans des ligues et forment un Front Populaire ; années 2000, les Français restent collés à leurs télés et à leurs applis smartphone, ils votent Sarkozy, Hollande et enfin Macron !
      Autre époque, rien de comparable…

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      • vert-de_taire // 17.11.2018 à 12h05

        Oui et non.
        la bête immonde se reproduit toujours, elle a largement de quoi se nourrir.
        On peut sans risque dire que nos gouvernants y participent activement (en toute connaissance de cause) depuis des dizaines d’années

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  • clauzip12 // 14.11.2018 à 22h20

    Il y a qqs jours je mentionnais sur un blog la similitude des années 1930/40 avec la période que nous vivons.
    Les élites au pouvoir,l’arrivée spontanée d’un christ sur la scène politique,une politique des empires industriels et l’intérêt national placé en second plan ou plus rang de l’intérêt national.
    l’affichage exagéré de notre homme providentiel et sa politique internationale affichée fait glisser le pays ,progressivement vers la vassalité de l’Allemagne et des USA.

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  • vert-de_taire // 17.11.2018 à 12h30

    Cet article que je trouve juste ne mentionne pas à mon avis un fait important :
    la baisse continue du pouvoir d’achat, le ralentissement de la croissance du PIB, i.e. la réduction du progrès économique et social.

    Les capitalistes non seulement préemptent beaucoup plus les profits mais n’ont plus d’autre objectif que de se gaver sans s’en cacher, cela-dit imprudemment.
    Il n’y a pas d’aveuglement ni d’ignorance de la part de Macron !
    Il fait ce pourquoi il a été choisi : anesthésier afin de l’asservir la population au service de la rente. A la manière des États-Unis (et d’autres) qui ont réussi à appauvrir leur classe moyenne.

    Son ignorance apparente n’est que légères maladresses, Il a des capacités d’enfumage exceptionnelles. Il a tout de même réussi à convaincre 18,2% des inscrits en 2017 (1et tour) rompant la succession d’alternances.

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