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20.mai.201820.5.2018 // Les Crises

Pourquoi tant de monde dénonce l’autoritarisme de Trump et de Poutine mais pas celui de Benjamin Netanyahou en Israël ? Par Mehdi Hasan

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Source : The Intercept, Mehdi Hasan, 30-04-2018

Photo : Abir Sultan/AFP/Getty Images

Nous entendons beaucoup les libéraux de l’Ouest ces derniers temps concernant la montée en puissance de gouvernements autoritaires et intolérants à travers le monde : de la Russie de Poutine à la Hongrie d’Orban, de l’Amérique de Trump à la Turquie d’Erdogan ; de l’Inde de Modi aux Philippines de Duterte.

Mais nous n’entendons rien au sujet de Netanyahou en Israël – malgré le fait que le pays, comme l’ancien ministère israélien des Affaires étrangères Shlomo Ben-Ami l’a concédé, « succombe à ses pulsions ethnocentriques les plus profondes » et se trouve « désormais sur le chemin le menant au club en forte progression des démocraties autoritaires, et il faut en remercier le Premier ministre Benjamin Netahyahou ».

Certains pensent que « sur le chemin » est un euphémisme. Selon Hagai El-Ad, directeur exécutif de B’Tselem, le Centre israélien d’information sur les droits de l’homme dans les territoires occupés, l’État juif pourrait être considéré comme un membre fondateur de ce club particulier car il a pris une « large avance » sur les autres. Par exemple, la pratique de « décrire l’opposition et notamment les organisations des droits de l’homme comme des traîtres, et aussi en appelant à des enquêtes criminelles sur elles… peut sembler familier aux observateurs de divers pays… dans lesquels les gouvernements autoritaires sont en progression », m’a-t-il dit lors du dernier épisode de Deconstructed [podcast de The Intercept, NdT], « mais Israël l’a déjà fait, bien avant ».

Considérons l’arsenal des lois « anti-démocratiques » qui ont été adoptées par la Knesset, le parlement israélien, au cours de la dernière décennie ; des lois qui ont eu un effet paralysant sur la liberté de parole et d’expression. En 2011, il y a eu la « loi sur le boycott », qui a rendu tout individu ou organisation israélienne qui appelle au boycott contre Israël susceptible d’être poursuivi en dommages-intérêts. Il y avait aussi la « loi Nakba », qui autorisait le ministère israélien des finances à couper le financement de l’État aux institutions qui rejettent le caractère d’Israël en tant qu’État « juif » ou qui marquent le Jour de l’indépendance du pays comme un « jour de deuil ». En 2015, il y a eu la « loi sur les ONG », qui cible les organisations de défense des droits de l’homme financées par des fonds étrangers en Israël et qui a été décrite par le politicien Meretz Mossi Raz comme une « loi semi-fasciste qui nuit à la démocratie et réduit au silence la dissidence d’une manière qui rappelle la Russie de Poutine ». (Sur les 27 organisations menacées par cette loi, 25 d’entre elles sont des groupes de gauche ou des groupes de défense des droits de l’homme.)

Ensuite, il y a l’opinion publique israélienne, dont le glissement vers la droite autoritaire et raciste a été remarquable au cours des dernières décennies. Selon les sondages de Pew, près de la moitié (48 %) des Juifs israéliens soutiennent maintenant l’expulsion des Arabes d’Israël, tandis que la grande majorité d’entre eux (79 %) pensent qu’ils ont le droit de mériter un « traitement préférentiel » par rapport aux minorités non juives en Israël.

Sur Deconstructed, j’ai également parlé à Avner Gvaryahu, un ancien parachutiste des Forces de défense israéliennes qui est maintenant directeur exécutif de Breaking the Silence [rompre le silence, NdT], une ONG israélienne qui est « particulièrement injuriée parmi les Israéliens de droite » parce qu’elle recueille des témoignages anonymes d’anciens combattants de l’armée israélienne sur les abus qu’ils ont commis ou dont ils ont été témoins pendant leur service dans les Territoires Occupés. Selon Gvaryahu, la droite israélienne a créé « un environnement toxique qui, je pense, aura des répercussions à l’avenir, mais à ce stade, elle détruit ce qui reste des valeurs libérales dans notre pays ».

Pour avoir fait de telles déclarations provocatrices et dénoncé d’éventuels crimes de guerre perpétrés par l’Armée de défense d’Israël dans les territoires occupés, Gvaryahu, El-Ad et leurs collègues militants des droits de l’homme en Israël ont non seulement été visés par des lois antidémocratiques, mais ils ont également fait l’objet de violences verbales, de harcèlement et de menaces de mort. Les hauts responsables du gouvernement israélien s’en sont aussi mêlés. Vous pensez que Donald Trump accusant CNN de « fausses nouvelles » est mauvais ? Netanyahou a attaqué Breaking the Silence pour avoir répandu « des mensonges et des calomnies [contre] nos soldats dans le monde entier ». Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a accusé les membres de B’Tselem et de Breaking the Silence de n’être des « que des traîtres » financés par « ces mêmes fondations qui financent le Hamas ».

J’ai demandé à Gvaryahu comment il réagit aux attaques personnelles et vicieuses venant des plus hauts responsables de son pays. « Nous plaisantons à ce sujet… entre membres de Breaking the Silence : À quel moment sommes-nous devenus des traîtres ? Était-ce la première fois que nous avons lu un blogueur de gauche en tant que soldats ? Est-ce que c’est quand nous avons lu… un livre quand nous gardions [des prisonniers palestiniens] que cette idée nous est venue à l’esprit, et que nous avons commencé à nous demander ce que nous faisions – étions nous déjà des traîtres à l’époque ? Lorsque nous avons partagé nos expériences en revenant à la maison, en parlant à certains membres de notre famille – avons-nous été des traîtres à l’époque ? Ou ne sommes-nous devenus des traîtres seulement après avoir rompu notre silence publiquement ? »

Ces dernières semaines, les tireurs d’élite de l’Armée de défense d’Israël ont fait l’objet de vives critiques pour avoir tiré et tué des dizaines de manifestants palestiniens non armés, y compris des enfants et des journalistes, à la frontière avec Gaza. Pour Gvaryahu, « la vérité est qu’il y a probablement des soldats à la frontière maintenant et qui feront partie de Breaking the Silence dans le futur. Sont-ils déjà traîtres en ce moment ? »

El-Ad dit qu’il n’est pas surpris par la rhétorique hostile. « Depuis 50 ans, nous définissons toute opposition palestinienne à l’occupation comme une provocation. Alors pourquoi ne commencerions-nous pas à définir l’opposition israélienne à l’occupation comme une provocation et à combler progressivement le fossé entre les deux côtés de la Ligne verte (frontière de 1967), mais dans la mauvaise direction ? »

Avec El-Ad, Gvaryahu et leurs organisations constamment attaquées par les responsables et les médias israéliens de droite, n’est-il pas honteux que les libéraux de l’Occident ne s’expriment pas haut et fort en leur faveur ? Qu’ils sont si désireux de dénoncer les comportements illibéraux et autoritaires de Trump ou Vladimir Poutine, mais si désireux de donner un laissez-passer à Netanyahou ?

Ce gouvernement actuel israélien – le gouvernement le plus à droite, et anti-paix de mémoire d’homme – est déterminé à diaboliser et à délégitimer ses détracteurs nationaux, en particulier les militants des droits de l’homme et les groupes de la société civile. En faisant fi de la liberté de parole et d’expression !

Pourquoi ? Parce que la critique juive de l’État juif a toujours été plus difficile à rejeter ou à ignorer. Que ce soit Albert Einstein et Hannah Arendt dans les années 1940… ou Natalie Portman récemment ce mois-ci. L’actrice israélo-américaine a provoqué un tollé en Israël après avoir refusé d’assister à une cérémonie de remise de prix à Tel Aviv parce qu’elle a dit qu’elle ne voulait pas apparaître comme approuvant Benjamin Netanyahou » et s’est opposée au « mauvais traitement de ceux qui souffrent des atrocités actuelles » en Israël. Et quelle a été la réponse du gouvernement israélien ? Le ministre Yuval Steinitz a affirmé que le boycott de Portman « frôlait l’antisémitisme ».

Quiconque s’élève contre le comportement répressif du gouvernement israélien, tant à l’intérieur qu’au-delà de la ligne verte, doit être réduit au silence. C’est maintenant la mentalité autoritaire et ultranationaliste qui domine non seulement à l’intérieur du cabinet Netanyahou, mais aussi à la Knesset. Plus tôt cette année, les législateurs israéliens ont donné leur feu vert à un amendement permettant au ministère de l’éducation d’interdire aux associations critiques à l’égard de l’Armée de défense d’Israël d’entrer dans les écoles. Les membres de la Knesset ont explicitement désigné Breaking the Silence lors du débat sur l’amendement.

Gvaryahu croit qu’une mesure aussi radicale et draconienne serait difficile à défendre devant les tribunaux. « Mais ce qui est plus intéressant, me dit-il, c’est que même si cela a fait l’objet de discussions et que nous sommes interdits dans les écoles qui nous invitent, nous sommes toujours invités. Il y a quelques mois, nous avons vécu une expérience assez étonnante où des élèves du secondaire nous ont invités, et leurs directeurs d’école ont eu peur du refoulement. Et ils ont décidé d’annuler. »

Néanmoins, le patron de Breaking the Silence continue, « les étudiants eux-mêmes ont dit : “Vous savez quoi ? Nous allons les rencontrer sur notre temps personnel, dans notre propre maison” – des jeunes de 17, 18 ans ! Comment motiver les jeunes de 17, 18 ans à cet âge et à cette époque à faire quelque chose ? Et pendant leur temps libre, en dehors de l’école, ils ont dit : “Nous vous inviterons”. »

Gvaryahu explique donc qu’il est optimiste et qu’il n’a pas l’intention de renoncer à sa campagne contre l’occupation illégale d’Israël ou les violations des droits de l’homme dans un avenir proche – peu importe la pression exercée d’en haut et le peu de soutien qu’il reçoit des libéraux en Occident. L’ancien soldat croit que lui et ses collègues activistes peuvent continuer à « briser le silence » devant de plus en plus d’Israéliens, surtout les plus jeunes. « Ils ferment une porte », me dit-il, « nous entrons par la fenêtre ».

Photo du haut : Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou préside la réunion hebdomadaire du cabinet à son bureau à Jérusalem le 11 décembre 2016.

Source : The Intercept, Mehdi Hasan, 30-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Fritz // 20.05.2018 à 06h29

Le jour où nos médias parleront du “régime de Netanyahu”, l’information sera un peu plus équilibrée.
Le jour où ce régime cessera d’accuser ses critiques d’antisémitisme, le terrorisme intellectuel sera vaincu.
Le jour où il cessera de considérer les Palestiniens comme des Untermenschen, la paix sera possible.
Et ce jour-là, les poules auront des dents.

36 réactions et commentaires

  • Fritz // 20.05.2018 à 06h29

    Le jour où nos médias parleront du “régime de Netanyahu”, l’information sera un peu plus équilibrée.
    Le jour où ce régime cessera d’accuser ses critiques d’antisémitisme, le terrorisme intellectuel sera vaincu.
    Le jour où il cessera de considérer les Palestiniens comme des Untermenschen, la paix sera possible.
    Et ce jour-là, les poules auront des dents.

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    • Max47 // 20.05.2018 à 09h41

      Encore mieux : les médias pourraient, en ce jour donc où les poules auront des dents, parler du “régime de Bibi” (vous savez, comme celui de Bachar !) ; Tsahal, l’armée d’Israel, deviendrait de même : “les troupes fidèles à Bibi”, etc…

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      • ZX // 21.05.2018 à 01h51

        Quid du “régime de Jupiter” ?
        Les grands esprits se rencontre, les petits aussi ou les grands égos. Avant les bisoux à Trump, micron à flirté avec Netanyahu, lui donnant publiquement du “cher Bibi” :
        https://www.youtube.com/watch?v=BZ3cIomQ0WA

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    • Fredo // 20.05.2018 à 09h52

      Ce jour là, c’est que les propriétaires des journaux auront changé…

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      • Fritz // 20.05.2018 à 09h57

        En ce domaine, le conformisme est tel, la trouille est telle que la question des propriétaires… n’est pas prioritaire. Le même biais se retrouve sur des médias publics, France 2, France Inter, etc.

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    • Kapimo // 20.05.2018 à 14h38

      Au regard de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, votre message est assimilable à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale, et est donc susceptible de faire l’objet de poursuite en accord avec la circulaire CRIM-AP N° 09-9006-A4, prise le 12 février 2010 par la garde des sceaux. Cette circulaire demande aux parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant, ou participant, à des actions de « boycott » des produits déclarés israéliens et issus des colonies israéliennes en Palestine.

      Allez, réveillons nous, ce n’était en fait qu’un simple cauchemar.

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  • LS // 20.05.2018 à 07h18

    Israël, malgré son régime politique de démocratie libérale, se transforme insensiblement en une théocratie.

    Finalement, quelle est la différence de comportement entre Netanyahu et Ahmad Dinejad, ex président de l’Iran, mis à part que le premier a plus de moyens militaires que le second n’en avait ?

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  • Alfred // 20.05.2018 à 07h54

    Si on met de côté le fait de defourailler à tour de bras l’accusation d’antisémitisme ou même que l’on evacue tous les noms, le lieu, la notion même de colonie, le traitement fait à une autre population et tous nos à priori alors on ne peut que se rendre à l’évidence : ce qui est décrit dans ce texte est effectivement un régime totalitaire. L’anecdote sur les élèves qui invitent en douce l’organisation à laquelle la peur a fait renoncer leur professeur est émouvante et sinistre à la fois. J’espère qu’en France nous nous resaisirons avant de glisser la dedans.

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    • WASTERLAIN // 20.05.2018 à 09h02

      On y est déjà Alfred, on y est déjà ! N’avez-vous pas remarqué qu’il est impossible de traiter certains sujets tels que le port du voile, Palestine, Syrie, Russie, etc… sans se faire insulter d’ennemi de la laïcité, d’antisémite, de négationniste, poutinolâtre, ami des dictateurs, russophile et j’en passe… …toutes ces insultes permettant de mettre votre honnêteté intellectuelle en doute et mettant fin au débat.
      Aujourd’hui a lieu les élections présidentielles au Venezuela que les medias mainstream nous présentent comme illégitimes et déjà entachées de fraudes malgré les milliers d’observateurs internationaux qui diront le contraire. Malheur à celui qui ne fera pas chorus, bon courage Maurice Lemoine qui va bien en avoir besoin !

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    • LA ROQUE // 20.05.2018 à 10h24

      “ce qui est décrit dans ce texte est effectivement un régime totalitaire.”
      Tout à fait d’accord,le problème est que ce “régime” totalitaire est défendu par les médias et les états. Par les médias car on peut se rendre compte que les critiques sont pour le moins minimalistes comparés à d’autres pays alors que la liberté d’expression est mise à mal ,que ce pays continu de coloniser en dépit de la résolution 2334, que ce pays commet des crimes de guerres etc…Défendu par les états car lorsque la seule réponse de la France est d’appelée à la retenue il y a de quoi tomber de sa chaise et l’inénarrable président Hollande qui avait soutenu Netanyahu lors du bombardement de Gaza en 2014 qui à fait 2200 morts! Lorsque la Russie annexe la Crimée la “communauté internationale “amplifie le boycott et lorsque Israël colonise non seulement il n’y a aucun boycott mis en place mais le simple fait d’appeler au boycott les produits Israélien est illégale en France…

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  • blue di Mary // 20.05.2018 à 08h39

    Quand on pense que valls,macron, sarkozy, trump,soutiennent le corrompu et assassin netanyahou et qu’en israel existe Breaking the silence , ça en dit long sur le degré de corruption de nos premiers de cordée . [Modéré]

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  • eric // 20.05.2018 à 08h52

    Question facile : il suffit de comparer l’importance des lobbies pro Trump, pro Poutine, et pro Bibi

    Quand l’ensemble des autorités se sentiront obligés d’aller une fois par an faire allégeance à un “Diner de la Russie” ou à un “Diner de l’America First” (soit un équivalent au Diner du Crif), vous verait que les critiques de Trump et Poutine se seront pas plus importantes que les critiques de bibi

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  • Eric83 // 20.05.2018 à 08h52

    L’accusation d’antisémitisme, qu’elle soit ou non justifiée, est devenue le sésame de l’opprobre suprême; sésame qui permet à certains de vouloir dédouaner Israël de ses crimes à Gaza…par exemple dans le “Débat” ou plutôt le pugilat entre Richard Labévière-Richard Abitbol de cette semaine diffusé sur RT et mis en ligne sur les Crises.

    On comprend pourquoi Netanyahu a clairement affiché son intention de faire reconnaître Israël comme Etat juif. Si il y parvenait, toute critique d’Israël deviendrait de facto un propos antisémite.

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    • ben // 20.05.2018 à 12h21

      Israel, avec ses crimes de guerre et sa politique raciste, conforte les antisémites dans leur sale pulsion.

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  • Emmanuel // 20.05.2018 à 09h00

    Écouter sur ce sujet il y a deux jours (émission “La grande table” sur France Culture), Charles Enderlin, grand journaliste témoin, et qui ne mâche pas ses mots. Au passage, 71% de la population israélienne soutiendrait la politique de Netanyaou…. Propaganda, quand tu nous tient ! (J’ose rajouter que ceux ou celui qui a donner l’ordre de tirer et de tuer des civils, y compris des femmes et des enfants, auraient été considérés tout simplement comme criminels, et juges comme tels, mais c’esr malheureusement en d’autres temps et d’autres lieux….).

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  • Fabrice // 20.05.2018 à 09h26

    Le problème n’est pas Netanyahu si ce n’était lui ce serait un autre, le problème c’est le ne conservatisme peu importe la forme qui pourrit actuellement notre monde.

    Cette volonté de faire valoir, de manière aveugle , un point de vue et intérêts sur les autres, aux prix des pires atrocités provoque un clivage ou plus personne n’est prêt à discuter ainsi qu’à parvenir à des compromis mais pousse à utiliser la force pour tout et n’importe quoi.

    La fameuse phrase “vous êtes avec nous ou contre nous” est le triste symbole d’un jusque boutisme autodestructeur car jusqu’à que point sera poussé cette aberration.

    Cette folie est contagieuse et je comprends que l’horloge de l’apocalypse n’a jamais été aussi proche de minuit.

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    • konrad // 20.05.2018 à 09h42

      Ce qui m’inquiète c’est la colonisation de nos imaginaires par la culture de l’ultra libéralisme dans laquelle chacun est réduit au rôle de consommateur, où le règne du chacun pour soi est érigé en morale et le tous contre tous comme modèle de société.
      A force d’entendre que dans une gare on croise “des gens qui ne sont rien” ou qu’ils viennent “de pays de merde” on fait de l’autre un bouc émissaire justifie notre violence mortifère.
      C’est préoccupant.

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    • Fritz // 20.05.2018 à 09h43

      “le problème, c’est le néo-conservatisme”… “le triste symbole d’un jusqu’au boutisme”.

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      • Sandrine // 20.05.2018 à 10h13

        Le « neo -conservatisme »… peut -on arrêter avec ce nom barbare qui de veut rien dire?
        Beaucoup de parallèles entre les néoconservateurs et le fascisme d’entre-les-d’eux-guerres. L’origine dans la gauche révolutionnaire qui se termine exaltation de l’impérialisme, en défense du capitalisme inégalitaire, en apologie de l’action brutale et guerrière…et finalement en régimes totalitaires comme en Israël actuellement. Mussolini, Deat, Doriot… ont eu ce type de parcours…. Tout comme nos anciens « trotskistes » soixante huitards….

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        • douarn // 20.05.2018 à 11h37

          Bonjour Sandrine
          Pardonnez moi mais je trouve que “neo-conservateur” (nouveau conservateur) est plein de signification au regard du fait que les “anciens conservateurs” étaient les acteurs de la civilisation thermo-industrielle du charbon (Dickens, germinal, filatures, fin des enclosure …). Les néo-conservateurs sont donc, pour moi, les acteurs de la civilisation thermo-industrielle du pétrole.

          Vous parlez des fascistes et les amalgamez aux néo-conservateurs. Mussolini est en marche sur Rome en 1922 dans une Italie en crise. L’Italie de cette époque était largement “propulsée” par le charbon anglais (mais aussi allemand). Or l’angleterre a passé son pic de production en 1911. Mussolini et tous les fascistes sont à mon sens un type particulier de néo-conservateur mais tous les néo-conservateurs ne sont pas de ce bois.

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          • Fritz // 20.05.2018 à 12h03

            On a abusé du terme fascisme, et le mouvement de Mussolini ne peut être qualifié de conservateur, même s’il a joué le rôle d’une milice patronale au début des années 1920. Je maintiens donc l’usage du terme néoconserva-teur / néoconservatrice, avec ses diminutifs : néocon / néoconne.

            Le néoconservatisme s’oppose au paléoconservatisme : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paléo-conservatisme
            Loin de l’impérialisme néocon, les paléoconservateurs sont volontiers isolationnistes, comme Pat Buchanan.
            https://fr.wikipedia.org/wiki/Pat_Buchanan

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            • Sandrine // 20.05.2018 à 12h41

              @Fritz, pouvez-vous m’expliquer en quoi quelqu’un comme Macron est conservateur ?
              Le seul terme « en marche » exprime déjà l’idée d’un prima de l’action, ce qui était déjà la marque de fabrique du parti de Mussolini.

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            • Sandrine // 20.05.2018 à 12h53

              J’ajouterais que l’Action française (dont il a été beaucoup question dernièrement sur ce site) est typiquement un parti fasciste, en cela, justement, qu’elle est « neo-conservatrice », c’est à dire faussement conservatrice (ou faussement réactionnaire, ce n’est pas très important, c’est une question de degré). Pour ce type de mouvements, il n’est pas question de « conserver », mais de refonder la société a partir d’éléments supposément traditionnels ; l’objectif est de créer un homme nouveau et un monde nouveau .
              Rappelons-nous que Maurras, dans les années 1880, était plutôt un homme « de gauche », il était tout ce qu’il y avait de plus républicain…

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            • Sandrine // 20.05.2018 à 13h10

              L’inconvénient du terme »neo conservateur », c’est son côté lénifiant, « inoffensif ». Il masque la radicalité et la brutalité de ce type de mouvements

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  • DEALIII // 20.05.2018 à 10h09

    Approuvons d’abord l’analyse de M. Bricmont : ” revendiquons ce qui est de notre ressort, avoir le droit ici, dans notre pays, de parler librement de la politique du gouvernement israélien.”. Ensuite, peut-être sera-t-il possible de parler d’ailleurs.

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    • Suzanne // 20.05.2018 à 11h43

      Oui, effectivement, vous avez raison, c’est la première étape pour nous !!

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  • Duracuir // 20.05.2018 à 10h30

    Petit hors-sujet (quoique), lors de la reception(assez écoeurante) de Bibi à Moscou, j’avais lancé l’idée, presque en forme de canular, qu’on allait peut-être assisté à une accalmie de russia-bashing dans les médias occidentaux après ça.
    Et bien j’en reste pantois, et qu’on me contredise si je me trompe, mais il me semble que le russia-bashing quotidien sur tout et rien s’est totalement arrêté dans la presse écrite depuis cette rencontre. En tout cas, Le Monde, 20′, Libé, le Midi Libre, pour ne citer qu’eux n’ont plus eu un seul mot accusateur et ou déprisant sur la Russie depuis.
    Étonnant non?

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    • ben // 20.05.2018 à 12h01

      Il paraît que Poutine a de l’estime pour Netanyahou. Du moins c’est ce qu’il a fait savoir. Ou c’est ce que la Russie a jugé utile de faire savoir, que cela soit authentique ou non. En tout cas, c’est ce que plusieurs medias ont rapporté. Il est probable que, du point de vue géopolitique, cette “sympathie” (qui ne mange pas de pain) de Poutine pour Netanyahou ne peut pas nuire aux intérêts russes, quand dans le même temps des accords effectifs sont signés avec la Syrie et avec l’Iran. La Russie voit également qu’une proportion considérable de la population Israelienne a des origines Russes (anciennes ou plus récentes). La Russie gère ses relations avec les uns et les autres, sans autre considération que ses intérêts propres. En l’occurrence, faire savoir que Netanyahou est “sympa” ou que Sharon était un type intéressant (c’est ce que dit Poutine) relève de la politique de la Russie à l’égard des puissances médiatiques de l’Occident. Cela n’engage à rien mais atténue en effet le “russia-bashing”.

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      • Sandrine // 20.05.2018 à 14h46

        Poutine a cette position vis à vis de Israël et des juifs en général depuis longtemps (position plutôt favorable pour aller vite). Si atténuation du Russia-bashing il y a (ce qui reste encore à confirmer sur le long terme), ce n’est pas lié à la visite de N.
        Moi, ça me ferait plutôt penser à ce que décrivait Orwell dans 1984 (la définition de l’ennemi est fluctuante et peut se retourner a tout moment)

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    • bluetonga // 20.05.2018 à 19h51

      La visite de Bibi à Moscou? Bof, les médias restent discrets là dessus en général. D’abord ça donne l’impression que Vladimir est un interlocuteur incontournable, et ça, nos médias ont du mal. Ça ne passe pas. Et puis de toute façon, quand les deux se rencontrent, rien ne filtre. Après tout, un a fait ses classes au KGB et l’autre au Sayeret Matkal, ils ont le sens de la discrétion (à ce détail près que lancer une attaque aérienne d’envergure sur la Syrie pendant qu’on est en train de défiler avec Vladimir à la tête du régiment des immortels à Moscou, fallait oser. Ça c’est de la chutzpah!).

      Non, si la meute journalistique baisse d’un ton sur la Russie, le mérite en revient certainement à Donald qui de la maison blanche a cassé un nouveau jouet : l’accord iranien. Dans la foulée, il a amicalement conseillé à ses vassaux de se retirer du juteux marché persan dans lequel ils avaient déjà planté leurs crocs. Emmanuel glapit, Donald (Tusk) piaule, Jean-Claude stridule et Angela s’envole à Sotchi se pelotonner dans les bras de Vladimir qui l’attendait avec un bouquet. Les Allemands ont beaucoup souffert avec Donald T et Barack : le diesel gate, le nordstream, et maintenant l’Iran! Zu viel ist zu viel. A mon avis, si ça se confirme, nos oligarques et employés de ministères ont admonesté la meute le temps de voir la tournure des événements. Finalement, Vladimir n’est pas si méchant…

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  • Suzanne // 20.05.2018 à 11h42

    L’argument du soutien de la population ne tient pas, à mon avis. Je lis dans l’article :
    “Ensuite, il y a l’opinion publique israélienne, dont le glissement vers la droite autoritaire et raciste a été remarquable au cours des dernières décennies. Selon les sondages de Pew, près de la moitié (48 %) des Juifs israéliens soutiennent maintenant l’expulsion des Arabes d’Israël, tandis que la grande majorité d’entre eux (79 %) pensent qu’ils ont le droit de mériter un « traitement préférentiel » par rapport aux minorités non juives en Israël.

    Mais je suis persuadée que la majorité des israéliens ne se rendent pas compte de ce qui se passe, parce qu’on leur cache, et ensuite je vois ce que ça donne chez nous, au niveau des sondages, soutien de la population aux grèves actuelles, soi-disant baisse perpétuelle du taux de grévistes (fausse), etc. etc. etc.

    Tout ça se “résume” donc, pour moi à un gouvernement totalitaire qui manipule sa population, et qu’il faudrait arrêter absolument mais comment??
    Je suis pour des sanctions, mais comment les mettre en oeuvre sur une large échelle?

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    • Sandrine // 20.05.2018 à 12h37

      Il y aurait beaucoup de parallèles à faire entre la société israélienne d’aujourd’hui et la société allemande de l’entre-d’eux-guerre. En particulier la militarisation de la société, la prévalence des valeurs militaires de violence, d’obeissance et de fidélité – ce sont ces valeurs qui ont entraîné les Allemands dans la guerre totale que leurs dirigeants exigeaient d’eux.
      Le sentiment de la nécessité d’une lutte à mort (« eux ou nous ») était très répandu dans l’Allemagne de l’epoque- comme en Israël aujourd’hui.
      Il faut se rappeler aussi que la naissance de l’idée d’un État juif est contemporaine du développement idéologique du pangermanisme.

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  • Grub // 20.05.2018 à 12h57

    Israel ne fera pas mieux que les royaumes francs d’orient. C’est un pays hors sol qui demande trop de ressources diplomatiques et financières à travers le monde pour survivre. [modéré] Il y a bien une autre solution pacifique dans une espèce de fédération avec le liban syrie palestine et jordanie mais c’est pas dans l’adn d’israel.

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  • bluetonga // 20.05.2018 à 14h37

    Il y a quelques jours, un petit article de Publius Tacitus, chroniqueur émérite du site Sic Semper Tyrannis de l’indomptable et bouillonnant colonel Pat Lang :

    http://turcopolier.typepad.com/sic_semper_tyrannis/2018/05/israel-like-the-nazis-values-postenpflicht.html

    L’auteur, toujours très documenté et généralement très acerbe, compare la politique délibérée de l’IDF de tirer sur tout qui s’approche des clôtures de celle des gardiens des camps de concentration à l’époque nazie. C’est évidemment un sujet qui devrait fâcher, mais on reste quand même confondu par la révolution copernicienne des rôles. Moi-même je me demandais si l’image iconique d’un soldat de la Wehrmacht mettant en joue une mère qui protège son enfant dans ses bras ne pourrait servir de nouvelle affiche de recrutement pour l’IDF.

    Sur une note moins sardonique, j’exprime ici toute mon admiration pour les justes comme Avner Gvaryahu ou Hagai El-Ad, dont le courage et l’intégrité flétrissent la stupidité de tous les racismes et perpétuent l’espoir d’un monde de paix.

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  • peyo // 21.05.2018 à 10h56

    Les médias ne sont pas vendus aux milliardaires, il sont leurs propriétés et assènent leur propagande en permanence. Il n’y a donc pas de “régime israëlien” seuls leurs ennemis ont des régimes.

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  • Odjo // 22.05.2018 à 05h11

    A-t-on le choix non avec tous les commissaires politiques .J’avais marqué choa et le la les commissaires politiques ont enlevé mon choa choix. Pourtant c’est la vérité. Gêne t-elle?

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