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9.novembre.20199.11.2019 // Les Crises

Pourquoi une observatrice de la LDH a-t-elle été placée en garde à vue lors de la manif des gilets jaunes ?

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Source : Libération, Fabien Lebouc, 23-09-2019

A l’occasion de l’acte 45, une observatrice de la ligue des droits de l’homme a été arrêtée et placée en garde à vue. Son procès est fixé au 12 décembre.

Question posée le 22/09/2019

Bonjour,

Vous nous demandez s’il est vrai «qu’une observatrice de la Ligue des droits de l’Homme a été interpellée le samedi 21 septembre au cours d’une manifestation». C’est ce que dit la légende d’une photo postée sur Twitter le jour de l’acte 45 des gilets jaunes, et partagée plus d’un millier de fois : «Arrestation observatrice de la ligue des droits de l’homme.»

La légende est exacte. La femme avec un casque «observateur» et une chasuble où on devine qu’il est inscrit «Ligue des droits de l’homme» a bien été arrêtée samedi 21 septembre, à Montpellier.

«Je refuse de donner mon matériel de protection»

Un moment de l’interpellation a été filmé, et diffusé sur la page Facebook du Poing, média local «d’informations sur les luttes sociales».

Le média montpelliérain «Gazette Live» a également filmé la scène, sous un autre angle, ce qui permet d’apprendre qu’elle se déroule devant la préfecture de l’Hérault.

Surtout, on entend l’interpellée crier : «Je suis observatrice de la Ligue des droits de l’homme, je refuse de donner mon matériel de protection !»

La vidéo la plus complète (4 minutes) de la scène a été publiée par un collectif de «journalistes indépendants», La Mule du pape. Le vidéaste finit d’ailleurs par être lui aussi interpellé.

Procès et matériel confisqué

L’observatrice de la LDH s’appelle Camille Halut. Elle a été placée en garde à vue, et en est sortie le lendemain matin, selon le procureur de la République de Montpellier Fabrice Bélargent. Contacté par CheckNews, le parquetier énonce les faits reprochés : «Rébellion, participation à une manifestation avec le visage dissimulé, et refus de se soumettre aux prélèvements ADN» lors de sa garde à vue.

Contactée par CheckNews, Camille Halut raconte : «J’étais en train de m’approcher de l’unité de CRS pour constater une saisie de matériel ou une fouille. J’étais à 4 mètres environ quand un commissaire est venu me demander mon matériel. J’ai refusé.» Après l’avoir emmené au milieu du dispositif de sécurité, le policier «a avancé ses mains pour, je crois, prendre mon masque à gaz, poursuit l’observatrice. Alors j’ai crié.» C’est plus ou moins là que démarrent les vidéos visibles plus haut. Camille Halut assure n’avoir pas opposé de résistance à son interpellation : «Je me suis contentée de décrire à voix haute ce qui se passait, à la presse et aux personnes présentes pour attirer leur attention.» Elle raconte qu’elle a ensuite été placée en garde à vue. Elle estime ne pas avoir cherché à dissimuler son visage au cours de la manifestation : «Je n’ai mis mon masque à gaz que quand il y avait des lacrymo, pour pouvoir faire mon travail d’observation», précise l’interpellée.

Contrairement à ce qu’on a pu lire en ligne, l’observatrice n’est pas passée en comparution immédiate ce lundi. Fabrice Belargent précise en effet à CheckNews que le procès pour les faits reprochés aura lieu le 12 décembre.

Camille Halut déplore auprès de CheckNews ne pas pouvoir récupérer avant cette date le matériel dont elle dit qu’il lui a été confisqué lors de l’interpellation de ce week-end. Notamment son téléphone portable et son appareil photo, en plus de son matériel de protection.

Autre procès le 1er octobre

Ce n’est pas la première fois que l’observatrice a à faire aux forces de l’ordre et à la justice montpelliéraines.

Le 16 février, Camille Halut était insultée – notamment traitée de «connasse» – par un policier cagoulé qu’elle filmait. Elle déposait plainte dans la foulée. Le procureur de la République de Montpellier annonce à CheckNews que l’enquête préliminaire menée par l’IGPN pour «injure publique», qui a permis d’identifier le policier a été fermée, et qu’une information judiciaire a été ouverte «la semaine dernière».

Enfin, il y a quelques jours, la LDH publiait un communiqué et une pétition de soutien à Camille Halut, pour une autre affaire. Selon l’association, l’observatrice a été «convoquée au commissariat pour une audition libre», et il lui a été notifié qu’elle était accusée d’«entrave à la circulation». Les faits reprochés se seraient déroulés le 6 avril, à l’acte XXI, lorsque des gilets jaunes bloquaient l’autoroute près de Montpellier. La LDH écrit à ce sujet : «En poursuivant Camille Halut, parmi trois mille manifestants pour une violation du Code de la route, le parquet, qui n’ignorait rien du rôle de celle-ci, a-t-il l’intention d’interdire l’observation des actions de la police et de la gendarmerie en détournant la loi de son objet ?»

Entre l’interpellation de ce week-end, et le procès pour «entrave à la circulation» intenté à Camille Halut, le président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme Michel Tubiana voit «une volonté délibérée des services de police et du parquet d’interdire les missions d’observation». Des «obstructions» dont la section montpelliéraine de l’association avait déjà fait part dans un rapport.

Michel Tubiana annonce à CheckNews qu’il plaidera pour défendre Camille Halut dans le procès pour «entrave à la circulation» qui aura lieu le 1er octobre à Montpellier.

Source : Libération, Fabien Lebouc, 23-09-2019

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Commentaire recommandé

jmdest62 // 09.11.2019 à 07h52

Que les policiers continuent à exercer la répression brutale commandée par leur hiérarchie ….mais , qu’ensuite , ils ne viennent pas se plaindre d’être “mal-aimés” .
A un moment il faut arrêter de jouer sur les deux tableaux .
Et quand ils disent qu’ils sont épuisés , bizarrement ça ne se remarque pas , ils ont toujours une belle énergie pour casser du manifestant . Beaucoup moins , par contre , pour traquer les malfrats.
D’ailleurs , curieusement , on n’a pas encore recensé de truand éborgné au LBD lors d’opération de police.
@+

39 réactions et commentaires

  • Fritz // 09.11.2019 à 07h14

    Un jour, les flics qui ont insulté et molesté Camille Halut seront jugés et condamnés pour « répression, agression de citoyens, dissimulation de visage, coups et blessures volontaires ».

    Et pour que ce beau jour arrive, un seul moyen : la révolution, car seule une justice populaire saura traiter les flics et les procureurs comme ils le méritent.

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    • Araok // 09.11.2019 à 22h47

      On peut déjà commencer en se manifestant le 5 décembre prochain…

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    • catherine // 10.11.2019 à 11h54

      Imaginez si tout cela s’était produit en Russie, les amendes, les tabassés, les arrestations, les incarcérations, les mutilations, par milliers.

      Les policiers, CRS, gendarmes ont choisi cette profession de maintien de l’ordre entre autre, mais ils ne veulent pas en subir les conséquences. C’est comme si un soldat s’engageait et dise: ok mais je ne veux pas être blessé ni tué.

      Oui les forces de l’ordre font ce qu’elle veulent et les récentes clôtures d’enquête les confirment encore plus dans leur impunité.

      Oui les forces de l’ordre aiment se défouler.

      Oui nous sommes entrés dans une phase de fascisme, un fascisme feutré mais un fascisme quand même. Et nous n’avons encore rien vu.

        +8

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      • RGT // 11.11.2019 à 08h25

        N’oublions pas que Poutine lui-même a invité le gouvernement français à plus de “retenue” lors des manifestation des gilets jaunes.

        Certes c’est aussi une manœuvre politique mais je pense que cette petite intervention vaut son pesant de cacahuètes car quand on se contente simplement de comparer les gilets jaunes et les groupies de Navalny (encensé par les occidentaux alors qu’il est un néo-nazi férocement raciste et réellement violent) on comprend alors rapidement les raisons de cette mise au point.

        Poutine n’est certes pas un enfant de cœur (connaissez-vous un seul dirigeant qui le soit ?) mais jusqu’à présent je n’ai aucune information concernant une manif pacifique qui se soit mal terminée en Russie (sauf intervention des sbires de Navalny hélas) qui ait été réprimée comme l’ont été les manifs de gilets jaunes.

        Sincèrement, je pense que la France et les “démocraties occidentales n’ont plus grand chose à envier aux pires dictatures dès que la propagande du “bonheur de vivre en Démocratie” se fissure et que les citoyens montrent leur ras le bol général vis à vis des oligarques qui s’accaparent tous les leviers du pouvoir pour leur propre intérêt.

        Mais n’oublions pas que nus vivons dans le “camp du Bien” et que Poutine, c’est le Diable.
        Un diable dont la popularité est inversement proportionnelle à celle e nos “élites” qui à peine élues se taillent la bourre des records d’impopularité et dont l’objectif est l’obtention de scores de popularité négatifs.

        Dans le cas de Poutine, comme tout le monde le sait, les russes sont tous satanistes.

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  • René Fabri // 09.11.2019 à 07h21

    Pour informations, et par honnêteté de l’article, on peut ajouter que la LDH est une association très ancienne, certains diront une ONG, comptant environ 8400 membres actuellement. Ses revenus viennent des cotisations (668k), des subventions (642k), de legs (437k) et du mécénat (113k) (source : rapport financier de 2018).

    Il est étonnant que les autorités accordent leur confiance dans cette association à but humanitaire, comme le montrent les subventions, et qu’en même temps, ils entravent leurs observations indépendantes.

    Par ailleurs, de nombreux Gilets Jaunes ont été arrêtés pour rien ou des broutilles. Par exemple, un procès vient de se terminer en Normandie, ou un manifestant pacifique avait été accusé d’avoir ramassé un imprimé de l’Arc de Triomphe d’une valeur de 4,5 euros (quatre euros et cinquante centimes) (source : https://actu.fr/normandie/argentan_61006/justice-lhomme-dargentan-ramasse-faux-billet-lors-dun-saccage-gilets-jaunes-paris_29024190.html )

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    • Fritz // 09.11.2019 à 08h27

      En effet : la Ligue des droits de l’homme a été fondée par Ludovic Trarieux en 1898, en pleine affaire Dreyfus. Elle a défendu l’honneur du capitaine, puis elle a notamment dénoncé les massacres d’Arméniens dans l’empire ottoman et la guerre impérialiste contre les Boers.

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  • jmdest62 // 09.11.2019 à 07h52

    Que les policiers continuent à exercer la répression brutale commandée par leur hiérarchie ….mais , qu’ensuite , ils ne viennent pas se plaindre d’être “mal-aimés” .
    A un moment il faut arrêter de jouer sur les deux tableaux .
    Et quand ils disent qu’ils sont épuisés , bizarrement ça ne se remarque pas , ils ont toujours une belle énergie pour casser du manifestant . Beaucoup moins , par contre , pour traquer les malfrats.
    D’ailleurs , curieusement , on n’a pas encore recensé de truand éborgné au LBD lors d’opération de police.
    @+

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    • Fritz // 09.11.2019 à 09h05

      Depuis les exploits répressifs des flics contre les Gilets jaunes, j’ai cessé de donner à l’OMPN (Orphelinat mutualiste de la Police nationale). Et je leur ai adressé une lettre pour expliquer ce geste.

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    • Jean-Pierre Georges-Pichot // 09.11.2019 à 10h56

      ‘Les policiers épuisés’, c’est comme ‘la justice débordée’. Il ne faut pas y croire une seconde. D’ailleurs, derrière la police, il y a l’armée. Et derrière l’armée dite ‘française’, toutes les autres. Regardez le niveau des investissements étrangers en France, et vous aurez la carte stratégique de la révolution à faire. Elle est forcément mondiale. Cela fait maintenant deux siècles que Marx et Engels se tuent à vous l’expliquer. Ne croyez pas vous en tirer avec des votes ou en fatiguant quelques bourrins bretons ou béarnais à force de recevoir des coups de matraque.

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      • Grd-mère Michelle // 09.11.2019 à 15h15

        Pouvez-vous, svp, expliquer quel type de révolution mondiale vous suggérez?
        A l’époque de Marx et Engels, on n’avait pas encore inventé la bombe atomique… ni les moyens de communication instantanée diffusant la publicité et la propagande, qui œuvrent à égarer les esprits, même les plus éclairés!

        La police et l’armée sont les bras armés de l’Etat, policiers et militaires sont des fonctionnaires.
        Quant à la Justice, elle dépend du bon vouloir de l’Etat de lui allouer des moyens
        financiers pour remplir son rôle… Où se situe alors la séparation des pouvoirs, pourtant inscrite dans chaque Constitution des Etats démocratiques?

        L’implication des citoyen-ne-s, avec et sans gilets, de partout, correctement informé-e-s, financièrement désintéressé-e-s, et soudé-e-s par des OBJECTIFS COMMUNS, dans les politiques aux niveaux local, national et international, est une voie qui leur permettrait de changer les règles ancestrales reposant sur la relation dominant-e-s/dominé-e-s… à condition de “faire masse” et de ne pas s’en laisser conter…
        “C’est pas les immigré-e-s, c’est pas les réfugié-e-s,
        c’est la loi qu’il faut changer!”
        Slogan chanté par mes ami-e-s sans-papier lors de chacune de leurs manifestations.

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        • Fritz // 09.11.2019 à 17h29

          Ce n’est pas le slogan que scandent les Gilet·te·s jaunes, il me semble.

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        • Grd-mère Michelle // 10.11.2019 à 14h15

          @Fritz “L’implication des citoyen-ne-s… est une voie qui leur permetTRAIT de changer…”, ai-je écrit.
          “La lutte des personnes sans-papier est la lutte pour les droits civiques la plus importante du 21ème siècle” Angela Davis(oui,oui, elle vit encore).
          J’y ajouterais, personnellement, celle des sans-abri.
          En effet, si le droit à la jouissance d’un territoire donné, conditionné au bon vouloir des “autorités” payées pour le gérer, représente l’injuste accaparement de la terre, celui de la possibilité de se loger, pareillement conditionné, représente l’injuste accaparement du bâti par les nanti-e-s.
          À revoir et à changer: le droit à la propriété privée, surtout celle des biens communs indispensables à l’existence de chacun-e.

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          • Recits d’Yves // 13.11.2019 à 21h12

            Les sans-abris n’ont sur eux la lumière des médias et des politiques uniquement si ce sont des Elles..
            par exemple le sujets du suicides? Il n’a de visibilité que s’il s’agit de suicidées , ” Parmi les suicidé-e-s il y a 15% de femmes”.
            Le reste, des hommes, c’est de la chair à canon, nous en avons l’habitude..

            nb: je déteste cette idée d’inclusion qui est en réalité une forme de d’exclusion dont l’écriture est en premier lieu le symbole, don on ne voit plus que la terminaison qui exclu de fait la racine masculine.

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  • monsipoli // 09.11.2019 à 09h20

    La police semble beaucoup moins zélée lorsqu’il s’agit des black-blocs. Lors du saccage du Fouquet’s, l’unité de FDO postée à quelques dizaines de mètres du restaurant n’a pas bougé un petit doigt pour l’empêcher. Personne ne rapporte non plus avoir entendu la moindre insulte à l’égard des casseurs dont il faut rappeler que les caméras de surveillance nombreuses sur les Champs ont capté les faits et gestes, le tout visible en temps réel sur les écrans de contrôle du central de la préfecture de Paris où sans doute on suivait la scène avec intérêt en rédigeant déjà les éléments de langage utiles au ministre et à ses affidés médiatiques pour discréditer les Gilets.

    Rien de neuf. Partout et en tout temps la police ne protège le peuple que lorsqu’il se tait, à peine récrimine-t-il qu’elle en revient à sa nature première : l’allégeance au capital et la répression du citoyen.

    « L’affirmation selon laquelle les fins de la police sont constamment identiques à celles du droit, ou au moins qu’elles leur seraient liées, est totalement fausse. »
    Walter Benjamin, Critique de la violence

      +44

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    • Jean-Pierre Georges-Pichot // 09.11.2019 à 10h42

      Je m’étonne que personne avant moi ne s’étonne publiquement du fait que lors de l’incendie du Fouquet’s l’immense immeuble tout vitré de Monsieur Bernard Arnault, qui est notre véritable président de la République, qui se trouve juste en face, ait échappé à tout dommage. Je crois me souvenir que certains ‘jeunes de banlieue’ ne s’étaient pas montrés aussi complices de l’oligarchie au même endroit et dans le même genre de circonstances il y a quelques années. Faut-il s’en amuser ? Faut-il en déduire des choses ? Les Gilets jaunes et les hommes en noir d’appartenances diverses sont-ils si peu parisiens qu’ils aient ignoré ce fait ? Ou bien partagent-ils le respect que nous portons tous au rôle utile de LVMH, et admiratifs du luxe qui ruisselle sur la question sociale ?

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      • Dominique65 // 09.11.2019 à 13h06

        [mode complotiste] Il faut croire que contrairement au Fouquet’s, l’immeuble d’Arnault n’avait pas besoin d’être rafraichi[/mode complotiste]

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    • Al chaab yourid // 09.11.2019 à 13h11

      Petit témoignage personnel concernant cet incendie.

      Je suis passé une première fois devant ce restaurant : il était à ce moment-là simplement vandalisé et un plusieurs dizaines de policiers (CRS dans mon souvenir) étaient postés devant pour interdire l’accès. Une foule amusée et plutôt bon enfant contemplait les dégâts.

      Le temps de descendre les Champs puis de revenir j’ai constaté que les policiers n’étaient plus en faction devant le restaurant (ils étaient bien plus loin dans une rue perpendiculaire). Tout le monde pouvait y entrer mais je n’ai vu personne dedans à ce moment-là et la situation était plutôt calme aux alentours.

      C’est en rentrant chez moi dans la soirée que j’ai appris l’incendie.

      Du coup, je me demande s’il n’y a pas eu :
      • à minima une négligence de la part des forces de l’ordre, dont la mission est la protection des biens et des personnes
      • et peut-être une volonté de laisser faire des dégâts plus importants (surtout que dans certains établissements, il y avait des vigiles pour protéger les magasins aux vitrines brisées … rien, le grand vide au Fouquets après le départ des CRS)

      Enfin j’ai cru lire sur internet que l’incendie n’était pas volontaire mais le fait d’une grenade qui aurait fini sa course sur les paravents de la terrasse …

      En bonne logique, le propriétaire du Fouquets aurait pu se retourner contre l’Etat pour avoir échoué dans sa mission, voire abandon de poste. Visiblement faire marcher la clause d’assurance était moins problématique 🙂

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    • LA ROQUE // 09.11.2019 à 19h26

      “La police semble beaucoup moins zélée lorsqu’il s’agit des black-blocs. Lors du saccage du Fouquet’s, l’unité de FDO postée à quelques dizaines de mètres du restaurant n’a pas bougé un petit doigt pour l’empêcher.”

      Une membre du syndicat de police Alliance a dit que: ” les autorités ne donne pas l’ordre d’arrêter les les black-blocs pourtant on sait faire”.
      https://www.youtube.com/watch?v=-gVPLswMSpY

      Elle n’est pas belle notre démocratie !

      -Enquêtes IGPN qui n’en sont pas.
      -Mutilations de manifestants. Mensonge du gouvernement qui conteste les violences policières.
      -Non port pourtant obligatoire du RIO des forces de l’ordre.
      -lois liberticides.

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      • Blue // 10.11.2019 à 09h09

        Attention, la vidéo proposée ici (https://www.youtube.com/watch?v=-gVPLswMSpY) paraît trafiquée.
        Les paroles entendu ne sont pas en phase avec le mouvement des lèvres des intervenants.
        Je ne dis pas que les propos enregistrés n’ont pas été tenus mais je n’ai pas l’impression que ce soit dans cette séquence. Dans un souci d’objectivité il faudrait la supprimer et éventuellement y mettre le véritable enregistrement de cette émission.

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        • Garibaldi2 // 11.11.2019 à 06h22

          Il s’agit d’un extrait de l’émission «L’info du vrai» diffusée sur Canal+ le 02/10/2019. Maintenant que vous avez la référence exacte, avant de demander la suppression de cette vidéo, allez vérifier son authenticité sur le site de Canal+.

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  • Jean-Pierre Georges-Pichot // 09.11.2019 à 11h31

    Cette scène me remet en mémoire un événement historique ancien et très précis. Cela s’est passé lorsque mon oncle Pierre Georges, le colonel Fabien, fut pris par la police au métro République pour être livré aux occupants Allemands le 30 novembre 1942. Le rapport fait au commissaire du XIème arrondissement qui avait planifié l’opération précise : “l’individu a tenté d’ameuter le public en criant sans arrêt “à mort ceux qui aident les boches”. Aujourd’hui, les flics veulent être aimés, mais comme le disait Hitler pour expliquer sa confiance dans la police française : “La police en France est haïe par-dessus tout. C’est pourquoi elle cherche un appui extérieur. Cet appui, c’est nous.” Ces choses là étaient un peu oubliées, si loin après la guerre d’Algérie, les grosses répressions anti-ouvrières de l’après-guerre et mai 68. Il semblerait que Macron ait réussi au moins une chose : faire revivre la tradition séculaire d’une police tournée contre le peuple, et les sentiments qui naissent en retour.

      +41

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  • Louis Robert // 09.11.2019 à 13h03

    J’adore!… Cela étant, devant tout cela,

    « Emmanuel Macron s’inquiète pour… Hong Kong. »

    « Hongkong: Macron appelle Xi Jinping au «dialogue» et à la «retenue». »

    *

    Au point où elle en est, la France devrait plutôt grandement s’inquiéter pour la France.

    Comme on répète de si belle façon, sourire aux lèvres, empruntant une fois encore à cette langue tant enviée: « What is good for the goose is good for the gander».

      +8

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  • Arcousan09 // 09.11.2019 à 14h53

    Elle est belle la “ripoublique” de Macron/Castaner
    Surtout pas d’image …
    Surtout pas de journalistes …. vous avez les médias aux ordres pour vous informer (lire manipuler)
    Arrestation d’une femme dont l’agressivité ne fait aucun doute …. militer pour les droits de l’homme en macronie devient un délit
    Il me semblait que la France fut, un jour lointain, la patrie des droits de l’homme …
    Et celui qui serait notre président se donne le droit de faire la leçon à Ergogan, à Hong Kong et ailleurs
    Version 2019 de la paille et de la poutre

    Et dites vous bien que pour la manifestation contre la destruction des retraites il y aura des violences, il faut qu’il y ait desz violences car ce pouvoir quasi dictatorial ne supportera pas la moindre contestation de son génie inspiré par sa science infuse …. violences souhaitées et pourquoi pas provoquées pour faire bonne mesure

      +8

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  • Josy // 09.11.2019 à 17h57

    Vous parlez de s’occuper de la France? vous plaisantez ! nous avons un grand chef qui conseille le président des Etats unis , fait les gros yeux aux pays d’Europe centrale, demande des sanctions contre l’Iran ,envoie des troupes au moyen orient et en Afrique , protège les minorités à Hong kong et en Syrie(!) morigène la Russie tout en voulant lui être apparié.il pète plus haut que son cul mais dans la soie .Les français pourraient le solder comme les autres biens publics.Il parait que l’étranger veut nous prendre les riches que nous prennent ils celui là?

      +6

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  • petitjean // 09.11.2019 à 18h20

    Je ne commente pas cet incident. Je nous rappelle simplement que la LDH est positionnée très très à gauche
    et les policiers le savent…..

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    • Alligator427 // 09.11.2019 à 19h13

      Rappelons simplement le principe :
      • un fonctionnaire en service a interdiction de faire de la politique, et la restriction de circuler sur la voie publique ne se décrète pas au bon vouloir de chaque fonctionnaire
      • le statut d’observateur est un statut spécifique des observations des manifestations, il est reconnu en droit international, les observateurs et observatrices doivent être autorisés à opérer librement, et ne peuvent être assimilés à des manifestants.

      La première entorse concerne la République (les fonctionnaires agissent pour le bien commun et pas en fonction de leurs intérêts particuliers / de leurs convictions). La seconde a trait à l’Etat de droit.

      Ces rappels ne sont pas là pour mettre en évidence le hiatus entre principe et réalité :
      • juste rappeler les principes qu’il s’agit de défendre
      • et pointer que la permissivité est à l’origine celle des responsables politiques, qui en ne condamnant pas ces infractions policières, incitent implicitement les forces de l’ordre à se croire tout permis.

        +16

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    • FredEmmanuel // 10.11.2019 à 14h07

      donc.. très très à gauche… les policiers le savent… donc… pas de commentaire…

      mon Dieu comme votre phrase est emplie de biais cognitifs terrifiants.

        +1

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    • Grd-mère Michelle // 10.11.2019 à 18h56

      Je sais pas en France, mais, en Belgique, la Ligue des Droits Humains (ainsi renommée à la demande de ses membres) n’est ni de droite, ni de gauche, mais bien attentive aux injustices perpétrées de tous les côtés. D’où sa dangerosité pour tous les politicien-ne-s…
      Depuis des années, elle lutte contre les violences policières et, récemment, par la voix de son directeur(lors d’une chaine humaine formée devant le Palais de Justice de la ville de Bruxelles le 11/10), elle s’est positionnée officiellement en faveur de la libération immédiate de J.Assange (cas suffisamment rare que pour être rapporté ici).

      Son directeur précédent a été mis à l’examen et est encore actuellement poursuivi en justice pour s’être joint à un hommage à la petite Mawda(gamine de trois ans, tuée d’une balle dans la tête, lors d’une course-poursuite avec une camionnette de migrant-e-s désarmés, par un policier paniqué et maladroit- selon ses aveux), calme hommage spontané (chants et bougies) qui s’est déroulé dans un espace piétonnier du centre de Bxl(aucune entrave à la circulation) que la police a dispersé sans ménagement, malgré des protestations non-violentes.

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  • steph // 09.11.2019 à 20h30

    entrave a la circulation est une loi petain

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  • raloul // 09.11.2019 à 21h51

    Bonjour,

    Réveillez-vous. La France est une dictature de facto.

    Jamais je n’aurais pensé voir une telle scène dans ce pays voisin du mien qui a une telle influence sur les autres pays francophones.

    Quelle déchéance, incroyable…
    Vu de Suisse, c’est un naufrage insensé!
    M. Macron doit démissionner, il a perdu sa légitimité à l’intérieur et l’extérieur.

    Olivier Berruyer avait écrit il y a quelques années que le quinquennat de m. Hollande verrait peut-être la fin de la 5ème république. Et là, vous en êtes au point où seule une dictature de facto maintient péniblement l’illusion avec un président élu par des magouilles évidentes.

    Faut-il nécessairement passer par la révolution violente? L’histoire de France laisse penser que oui, malheureusement.

    Des dirigeants raisonnables prendraient acte de leurs échecs, se retireraient rapidement pour limiter les dégâts d’image entre autres et les dégâts tout court. Mais vous avez affaire à une clique de personnages déraisonnables, irrationnels et qui font franchement peur aux voisins.
    Ils sont dans la foi, la démesure, et la réalité ne les intéresse pas.

    Quant au travail des journalistes «mainstream» et de la police, l’idéologie néo-libérale a fait de tels ravages qu’ils sont mentalement bornés et sont dans une logique où s’ils sont payés pour agir, ils font absolument tout ce que le pouvoir veut.

    J’ai des amis policiers en Suisse, je n’ai rien contre eux, bien au contraire. Par contre, là en France vous avez le bras armé d’une dictature, clairement.

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    • Araok // 09.11.2019 à 22h56

      Si nous nous manifestons pas en masse le 5 décembre alors on n’aura plus qu’à courber l’échine.

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  • rolland // 10.11.2019 à 04h15

    Article 35 de la DDHC

    Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs

    Je vous propose également ce point de vue : “”Ceux qui parlent de révolution sans se proposer de bouleverser les relations amoureuses ne font que défendre la fonction oppressive du vieux monde, l’amour aussi avec tant d’autre choses est à réinventer, il s’agit de détruire les sentiments de propriété et l’illusion d’éternité qui perdure dans l’amour, entre la sexualité marchandise et l’amour possession il existe une ligne étroite sur laquelle il faudra se mouvoir, il nous appartient d’inventer ce jeu et le langage qui lui correspond””
    https://www.youtube.com/watch?v=jaPb_J9EcMM&t=27s

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    • catherine // 10.11.2019 à 12h01

      Oui mais la constitution européenne prévoit dans ses annexes qu’en cas d’insurrection ou d’émeute il est permis et non répréhensible d’ôter la vie. oui, oui !

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      • Grd-mère Michelle // 10.11.2019 à 15h19

        @Catherine Heu… À ma connaissance, il n’existe pas de Constitution européenne, mais une succession de Traités établis au cours du développement de l’extension d’une communauté économique de base.
        Il serait en effet judicieux que les européen-ne-s d’aujourd’hui (vous et moi) s’attellent à débattre des priorités à inscrire dans une Constitution qui consacrerait une volonté politique commune… On a bien fini par s’entendre sur la question de la peine de mort, par ex… ce qui signifierait que l’annexe(pouvez-vous citer votre source?) dont vous parlez serait inconstitutionnelle… tout comme l’adhésion obsolète à l’Otan… ou l’éventuelle “défense européenne” prônée par votre président soucieux de booster l’économie française en fourguant sa merde militaire, produite par ses esclaves travailleurs-ses volontaires et utilisée par ses esclaves soldats volontaires, à ses partenaires: il y a bien d’autres choses urgentes à faire plutôt que LA GUERRE!
        Peut-être pourrions-nous nous inspirer du discours d’Angela Merkel, hier à Berlin(vu à la Tv), rappelant les valeurs de l’UE… (et bien que son apparente sincérité ne me convainque pas de son intégrité: est-elle seulement consciente que l’Allemagne perdante fut partagée au profit des “gagnants” et reste occupée, colonisée, jusqu’à présent, comme tous les Pays Membres, par le Grand Marché conquérant?)

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        • rolland // 10.11.2019 à 21h40

          https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2007:303:0017:0035:FR:PDF

          Les deux premières pages sont suffisantes pour ce qui est maintenant devenu le droit pour les pouvoirs européens de tirer sur un peuple qui aurait l’idée de trop en demander en passant à l’action.

          L’article 2, paragraphe 2, de la CEDH : « La mort n’est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d’un recours à la force rendu absolument nécessaire :
          a) pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
          b) pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l’évasion d’une personne régulièrement détenue;
          c) pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.»

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      • rolland // 10.11.2019 à 21h26

        La DDHC est censée se tenir au dessus des constitutions, qui de fait peuvent être un tantinet inhumaines.

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  • Julien // 12.11.2019 à 10h20

    On appelle cela police politique totalement aux ordres et soumise au pouvoir qui les maltraitent sans qu’ils ne s’en rendent compte. Leurs manifestations ils peuvent se les garder. Aucune compassion à un corps constitué qui pleurniche dans la rue mais qui fait l’exact contraire de ce qu’il devrait faire. Quand ces policiers comprendront il sera déjà trop tard le peuple va les haïr. D’ailleurs c’est ce que souhaite le pouvoir une énorme division entre peuple et force de l’ordre afin qu’aucun rapprochement ne se fasse … ils vont y arriver à priori, seulement on est des millions ils sont des milliers …

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  • Occitan // 12.11.2019 à 13h04

    Les policiers n’ont pas encore compris que les politiques qui les poussent aujourd’hui à commettre ces violences les trahiront délai et qu’ils devront rendre des comptes à la justice. Ca a toujours été comme ca, c’est le sens de l’histoire.
    En attendant, pour conserver leur travail ils sont prêts à violenter femmes enfants et vieillards, parfois ceux de leurs voisins et amis, à leur détriment puisque les gilets jaunes se battent aussi dans leur intérêt à eux.

      +1

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