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15.avril.202115.4.2021 // par Jacques Sapir

[RussEurope-en-Exil] La mort de Robert Mundell, le « père » de l’Euro, par Jacques Sapir

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La mort de Robert Mundell, le « père » de l’Euro

Avec la mort de Robert Mundell, survenue le 3 avril 2021, disparaît l’un des économistes dont l’influence sur la politique économique fut la plus marquée. Considéré comme l’un des « pères » de l’Euro, l’influence de Robert Mundell fut considérable tant chez les économistes que dans le monde politique. Il reçut le Sveriges Riksbank Prize in Economic Sciences in Memory of Alfred Nobel, dit encore « Prix Nobel d’économie » en 1999 pour son travail de pionnier dans le domaine monétaire et la dynamique des zones monétaires optimales[1]. Il fut l’auteur, avec Marcus Fleming, du modèle dit « Mundell-Fleming » étendant les résultats de la « synthèse » keynésienne à la balance des paiements et établissant le cadre théorique pour penser les relations entre le taux de change, le taux d’intérêt et le niveau de production[2]. Sa théorie des zones monétaires optimales a fait date[3], et a certainement été l’un des plus puissants arguments en faveur d’une intégration monétaire européenne. Il s’est pourtant déjugé à plusieurs reprises, en particulier quand la théorie à laquelle il avait attaché son nom a conduit à une critique radicale de la zone euro. Pour continuer à pouvoir défendre la zone euro, il dut faire subir à sa théorie un retournement complet. Son évolution intellectuelle nous apporte donc de précieux enseignements si l’on veut comprendre les défauts et les problèmes de l’euro.

La formation intellectuelle de Robert Mundell

Robert Mundell a commencé ses études à l’Université de Colombie Britannique où il obtint un Bachelor of Arts en 1953. Son initiation à l’économie fut le fait de Joseph Crumb. Il eut l’occasion de rencontrer, lors de son passage d’une année à l’université de Washington un groupe de « jeunes professeurs dynamiques », dont Donald Gordon, Douglass North, James Cartwright ou encore Lorie Tarshis, économiste canadien élève de Keynes, dont le manuel de 1947[4] fut probablement l’un des premiers exemples de la relecture de Keynes dans l’optique de la « synthèse » avec la pensée néo-classique que Paul Samuelson popularisa dans les années 1950[5]. Il partit ensuite pour le MIT où il entama une thèse sous la direction de Charles Kindleberger, le spécialiste des crises financière, tout en fréquentant avec assiduité le séminaire de Paul Samuelson. Il partit ensuite à Londres pour travailler avec James Meade à la London School of Economics, ce qui le conduisit à remanier sa thèse. Il est clair que Meade exerça une profonde influence sur le jeune Mundell[6].

Sa thèse soutenue, Mundell partit pour l’université de Chicago où il se rapprocha de Milton Friedman. Ses relations avec Friedman permettent de comprendre l’évolution progressive de Mundell qui répudia une grande partie de l’héritage keynésien. Mais, on doit aussi comprendre la complexité de la situation car s’il fut influencé par Friedman et par les autres économistes travaillant à Chicago, il ne devint jamais un simple clone de Friedman. Si Mundell et Friedman partagent l’idée que la politique monétaire doit avoir pour priorité la stabilité des prix – et qu’elle a en la matière une forme d’« avantage comparatif », si Mundell comprend aussi que la riposte de Friedman aux idées keynésiennes a eu pour effet de miner la crédibilité des idées de la « synthèse » keynésiennes auprès du public académique états-unien en particulier, et mondial en général, il maintient des positions originales[7].

Sans se convertir radicalement, Mundell opère cependant lors de son passage à l’université de Chicago, une convergence intellectuelle avec Friedman. Cette union méthodologique presque totale entre les deux hommes, va leur permettre de gagner encore plus en influence, mais également de mettre en scène leur opposition sur leurs rares points de divergence, à savoir la question du régime de change, la cible d’inflation à retenir, et le rôle de la politique budgétaire.

L’émergence de la théorie des zones monétaires optimales

L’article fondateur de Mundell sur les zones monétaires optimales, publié en 1961 et intitulé « A theory of optimum currency areas », a eu une genèse compliquée. Mundell combine alors les résultats de sa thèse, soutenue en 1957 et d’un cours qu’il professe à l’université de Stanford l’année universitaire 1959-1960. Cela donnera lieu à plusieurs articles importants comme « The monetary dynamics of international adjustments under fixed and flexible exchange rates » publié dans le Quarterly Journal of Economics en 1960[8], « The international disequilibrium system » qui fut publié dans Kyklos en 1961[9] et «Flexible exchange rates and employment policy » publié dans le Canadian Journal of Economics and Political Science en 1961[10]. Les titres de ces divers articles indiquent bien le positionnement théorique de leur auteur, à cheval entre la théorie keynésienne, sous la forme de la « synthèse », et les travaux de James Meade sur le commerce international. Cela le conduira en 1963 à publier dans le Canadian Journal of Economics and Political Science son article sur « Capital mobility and stabilization policy under fixed and flexible exchange rates » qui sera à la base du modèle Mundell-Fleming, étendant les travaux de la « synthèse » keynésienne aux relations économiques internationales[11]. L’article clef, « A theory of optimum currency areas » fut quant à lui publié dans l’American Economic Review en 1961[12]. Ce dernier fut en sorte « préparé » par les précédents.

Taux de change fixes et taux de change flexibles

Dans l’article publié par Quarterly Journal of Economics Mundell cherche essentiellement à contrer l’argument de Friedman en faveur du change flexible, et pour cela mobilise un schéma, inspiré du diagramme IS-LM, qui était la forme canonique de l’économie keynésienne popularisée par Hicks en Hansen. Il arrive à la conclusion que la politique budgétaire est plus efficace en système de change fixe, mais que la politique monétaire l’est plus en change flexible. Dans l’article de Kyklos il analyse les causes des déséquilibres internationaux, et dans celui du Canadian Journal of Economics and Political Science il critique aussi la théorie des taux de change flexibles du point de vue du plein emploi.

L’article sur les zones monétaires optimales s’inscrit donc dans cet ensemble mais semble néanmoins à part. S’il entretient avec l’article du QJE de 1960 une parenté visible, et en particulier dans sa réfutation de l’argument de Milton Friedman en faveur de la flexibilité du taux de change, il semble en revanche très éloigné des problématiques des deux autres articles de 1961. Mundell y défend donc les taux de change fixes.

La présentation traditionnelle du triangle d’incompatibilité de politique économique, établit un trilemme entre parfaite mobilité des capitaux, taux de change fixe et politique monétaire autonome. La justification donnée habituellement par Mundell consiste à dire que lorsque les capitaux sont parfaitement mobiles, il apparaît un marché mondial des capitaux, sur lequel se forme un taux d’intérêt mondial. Ce taux s’impose à tous les pays, et si un pays y déroge à la hausse ou à la baisse, il devra subir des flux de capitaux qui déséquilibreront sa balance des paiements. Soit les pays acceptent de perdre l’autonomie de leur politique monétaire, et ce point annonce l’euro, soit ils doivent renoncer à la parfaite mobilité des capitaux. Les apports de Mundell, rejoints par les travaux de McKinnon[13] et de P. Kenen[14] constituent alors la base de la théorie des zones monétaires optimales, et construisent un paradigme d’analyse qui fournit les critères fondamentaux d’évaluation que sont la mobilité, l’ouverture commerciale, la diversification des structures productives et l’existence de système de redistribution entre les régions composant la zone monétaire.

L’euro et la théorie des zones monétaires optimales

Il convient cependant de spécifier que cette perte de l’autonomie de la politique monétaire n’est valide que sous les hypothèses, précises et contraignantes, d’une zone monétaire qui serait « optimale ». Que ces hypothèses ne soient pas réunies et le raisonnement s’effondre. Or, certaines de ces hypothèses posent problème, comme la parfaite mobilité du travail, la parfaite mobilité des capitaux ou la parfaite flexibilité des salaires. Si ces conditions ne sont pas réunies, alors la zone monétaire créée plus de difficultés qu’elle n’en résout. Dans ces conditions, en cas de chocs affectant un pays, voire affectant plus certains pays que d’autres, la possibilité de déprécier le taux de change devient une absolue nécessité.

Il semble donc que l’argumentation utilisée par Mundell dans son article de 1961 pour justifier son analyse des zones monétaires optimales soit en réalité en contradiction avec les conclusions qu’il en tire. L’application de cette théorie des zones monétaires optimales à l’Europe, où les conditions nécessaires ne sont pas réunies, aurait dû conduire au constat que toute tentative pour construire l’euro ne pouvait être qu’un échec[15]. De fait de nombreux économistes ont constaté que les pays de l’Union européenne, et même les pays de la future Union Economique et Monétaire, autrement dit la future zone euro, étaient très loin de constituer une zone monétaire optimale suivant les critères même de Mundell[16].

Car, l’idée de constituer une monnaie unique européenne avait avancé depuis les années 1970. Ainsi, les premières tentatives datent des années 1970. Le SME, qui fut la première manifestation d’une coopération étroite dans le domaines monétaire, fut précédé du « Serpent monétaire européen », lui-même résultant du « rapport Werner »[17] remis en 1970[18]. On le voit, les tentatives de constitution d’une zone monétaire européenne sont anciennes. le 27 octobre 1977 le président de la Commission européenne, le Britannique Roy Jenkins, proposa la création d’une monnaie unique pour les neuf pays qui composaient alors la Communauté économique européenne. Mais il assortit sa proposition de l’idée d’un budget communautaire se montant à 10 % du produit intérieur brut (PIB) des pays membres.

L’idée d’un budget communautaire important comme garantie d’une monnaie unique allait techniquement dans une direction qui était logique, mais elle fut politiquement rejetée par la totalité des pays concernés. La création du SME fut annoncée en mars 1979 après plus d’un an de laborieuses négociations. Ce système encadrait les fluctuations des monnaies autour d’un cours pivot de référence calculé à partir d’un « panier » de monnaies des pays membres, l’ECU ou European Currency Unit[19]. Il réussit au début à stabiliser les cours des monnaies européennes les unes par rapport aux autres.

Or Mundell a peu à peu, et tout particulièrement dans les années 1970, fait évoluer son raisonnement. Progressivement, il voit dans l’union des politiques budgétaires et fiscales le moteur essentiel pour atteindre une zone monétaire optimale. Celle-ci n’est plus la cause de l’adoption d’une monnaie unique entre les pays de cette « zone », mais c’est au contraire l’adoption de cette monnaie unique, avec les institutions qui l’accompagnent, qui doit permettre de constituer une zone monétaire optimale[20]. Ce retournement complet du raisonnement doit alors être expliqué.

Le grand pivotement

On l’a dit, Mundell s’était rapproché de Milton Friedman dès le début des années 1970. Même si la question des taux de change, Friedman restant l’avocat des taux flexibles et Mundell des taux fixes, continuait de les diviser, il y avait un profond accord entre les deux hommes pour limiter le pouvoir et la souveraineté des gouvernements, du moins en ce qui concerne la politique monétaire. De fait, un gouvernement qui n’a plus de souveraineté monétaire n’a bientôt plus de marges de manœuvre en politique budgétaire[21]. Le ralliement de Mundell à ce que l’on a pu qualifier « d’économie de l’offre », au point qu’il est même désormais qualifié de « père » de l’économie de l’offre par certains[22], nous fournit la clé de son changement de position. Ceci permet de comprendre le soutien indéfectible que Mundell apporta à la construction de l’euro, et les torsions qu’il fit subir à sa théorie initiale pour justifier ce soutien.

Avec l’euro, Mundell espérait donc qu’en cas de crise, les gouvernements de la zone euro ne seraient pas en mesure de stimuler l’économie en créant de la monnaie, comme le prescrit l’économie keynésienne. Ces gouvernements seraient donc contraints de recourir à d’autres moyens pour réduire le chômage, tels que la déréglementation des entreprises, la privatisation des industries publiques, la réduction des impôts et l’affaiblissement du filet de sécurité sociale. On retrouve ici les principales mesures des réformes dites « Harz-III » mises en œuvre par Gerhard Schroeder en Allemagne au début des années 2000. Dans les explications avancées par le Mundell des années 1980, on peut distinguer clairement une vision « disciplinaire » des taux de change fixe et de l’euro. Cela l’entraîna à faire des prévisions hasardeuses…

Mundell et les espoirs déçus de l’euro

En 2000, Robert Mundell prévoyait ainsi qu’avant 2010, la zone euro s’étendrait à 50 pays, tandis que le dollar américain se répandrait dans toute l’Amérique latine et qu’une grande partie de l’Asie aurait choisi le yen. Ces prévisions peuvent aujourd’hui faire sourire. La part de l’euro n’a en réalité jamais excédé celle qu’occupait l’ensemble des monnaies européennes, deutschemark, franc français, couronne néerlandaise et écu. Ce point est significatif. Cette incapacité de l’euro à dépasser la somme des principales monnaies des pays de l’UEM est la preuve qu’aucune dynamique spécifique à l’euro ne s’est déclenchée, contrairement à ce qu’espérait – ou parfois craignait – un certain nombre d’experts internationaux[23]. À son plus haut niveau, qui est survenu au troisième trimestre 2009, l’euro fit à peine jeu égal à ce que représentaient ces quatre monnaies en 1995. Depuis, on assiste à une lente mais constante érosion de la place de l’euro. Cette idée d’une compétition entre l’euro et le dollar était donc présente dans le cours des années 1990 dans les discours qui étaient tenus en Europe, mais aussi aux Etats-Unis. Mais, la compétition actuelle dans les réserves des banques centrales est plus entre le dollar et les « autres monnaies ». Sous ce vocable, il y a le yen japonais et la livre sterling, mais aussi le dollar canadien et le dollar australien, et enfin, depuis 2016, le yuan chinois.

De même il attendait beaucoup de la constitution de l’euro dans le domaine de la croissance. Là encore, on ne peut que remarquer que la zone euro a connu une croissance plus faible que celle des pays qui n’ont pas adopté l’euro, et que pour les pays qui ont adopté l’euro la perte moyenne en croissance peut être estimée à 1% du PIB annuel. Enfin, la circulation des capitaux qui était aussi un des points importants dans le raisonnement de Mundell, a tendu à se réduire depuis 2012, les marchés financiers des pays de la zone euro ayant tendance à se « re-nationaliser ». Ici encore, on ne peut que constater que la zone euro ne fait que s’éloigner des critères de la zone monétaire optimale ainsi que Robert Mundell l’avait définie. Concrètement, de nombreux économistes ont exprimé leurs doutes quant au devenir de la zone euro[24] et les désillusions ont été nombreuses[25].

Mais, Mundell, ses élèves et ses épigones, ont joué un rôle fondamental dans la constitution de l’euro tel qu’il existe aujourd’hui et dans sa transformation en un mode de gouvernance qui s’impose inexorablement aux pays qui l’adoptent. Ils ont produit un système qui donne aujourd’hui à l’Allemagne le contrôle sur la plupart des économies européennes. On peut alors comprendre pourquoi certains voient en lui le « mauvais génie » de la zone euro[26].

 

Le basculement du Mundell « première manière » au Mundell post-1970 constitue l’un des retournements les plus complets qu’un économiste puisse faire au niveau théorique. Ce reniement, car s’en est un, a-t-il à voir avec l’influence politique prise par Mundell dans les années 1970 et sa construction progressive en « père » de l’euro ? Ou bien faut-il y voir l’effet de sa conversion idéologique à l’économie de l’offre à la suite de son arrivée en 1969 à Chicago ? Ou faut-il simplement y voir la trace de sa vieille obsessions pour les taux de change fixes ?

Quoi qu’il en soit, il est extrêmement rare qu’un économiste ait eu une telle influence en matière de politique économique. Mais, il est aussi rare que cette même influence ait eu des effets aussi désastreux que ceux que nous connaissons avec la situation créée par l’existence de la zone euro.

Notes

[1] https://www.nobelprize.org/prizes/economic-sciences/1999/summary/ voir aussi https://www.nobelprize.org/prizes/economic-sciences/1999/mundell/lecture/

[2] Mundell, R.A., “Capital Mobility and Stabilization Policy under Fixed and Flexible Exchange Rates”, Canadian Journal of Economics, vol. 29, n°2, 1963, pp. 475-485.

[3] Mundell, R.A., “A Theory of Optimum Currency Areas”, in American Economic Review, Vol. 51, n°3, 1961, pp. 657-665.

[4] Tarshis L., Elements of Economics, New-York et San Francisco, Houghton Mifflin, 1947.

[5] Sur la controverse que cette publication suscita, David C. Colander and Harry H. Landreth, The Coming of Keynesianism to America: Conversations with the Founders of Keynesian Economics, Brookfield, VT, Edward Elgar, 1996 et Lawson C., « The ‘Texbook Controversy’, lessons for Contemporary Economics », in AAUP Journal of Academic Freedom, vol. 6, 2015, .

[6] Voir notamment, Meade, J.E., A geometry of international trade, Allen and Unwin, Londres, 1952.

[7] Friedman M. et Mundell R., et « ONE WORLD, ONE MONEY? », in Policy Options, mai 2001, pp. 11-21.

[8] Mundell, R.A., « The monetary dynamics of international adjustment under fixed and flexible exchange rates », in Quaterly Journal of Economic, vol. 84, 1960, pp.227-257.

[9] Mundell, R.A., « The international disequilibrium system », in Kyklos, Vol. 14, 1961, n°2, pp.154-172.

[10] Mundell, R.A., « Flexible exchange rates and employment policy », in Canadian Journal of Economics and Political Science, Vol. 27, 1961, pp.509-517.

[11] Mundell, R.A., « Capital mobility and stabilization policy under fixed and flexible exchange rates », in Canadian Journal of Economics and Political Science, Vol. 29, 1963, pp.475-485.

[12] Mundell, R.A., « A theory of optimum currency areas », op.cit..

[13] McKinnon, R., « Optimum currency areas », in American Economic Review, Vol. 53, 1963, n°4, pp.717-725.

[14] Kenen, P.B., “The Theory of Optimum Currency Areas: An Eclectic View, ” in Monetary Problems of the International Economy, ed. by R.A. Mundell and A.K. Swoboda, Chicago, Chicago University Press, 1969.

[15] Voir Glick, R., « European monetary union: Costs and benefits », in FRBSF Economic Letter, London, 1991

19 April.

[16] Feldstein, M., « Europe’s monetary union. The case against EMU » in The Economist, 1992, 13 June. Eichengreen, B., « Is Europe an optimum currency area? », In The European Community after 1992, Palgrave Macmillan, London, 1992, pp. 138-161. Idem, « The eurozone crisis: The theory of optimum currency areas bites back », in Notenstein Academy White Paper Series, 2014, March

[17] Werner Report, Report to the Council and the Commission on the Realisation by Stages of Economic and Monetary Union in the Community, 8 October 1970, Luxembourg, Commission of the European Communities.

[18] M. Aris et N. M. Healey, « The European Monetary System », in N. M. Healey, The Economics of the New Europe, Londres-New York, Routledge, 1995, p. 45-67. Voir aussi B. Harrison et N. M. Healey, « European Monetary Union: Progress, Problems and Prospects », ibid., p. 103-123.

[19] A.-D. Schor, Le Système monétaire européen, Paris, PUF, 1985.

[20] Mundell, R.A., « A plan for a European currency », in: Johnson, H., Swoboda, A. (eds): The Economics of Common Currencies, London: Allen & Unwin, 1973, pp. 143–173.

[21] Palast G., « Robert Mundell, evil genius of the euro » in The Guardian, 2012, June 26, https://www.theguardian.com/commentisfree/2012/jun/26/robert-mundell-evil-genius-euro

[22] Bartlett B., « Remembering the Father of Supply-Side Economics » in The New Republic, April 7, 2021, https://newrepublic.com/article/161964/robert-mundell-supply-side-reaganomics

[23] Cohen, B.J., « L’euro contre le dollar : un défi pour qui ? » In Politique étrangère, n°4 – 1997 – 62e année. pp. 583-59 ; Thygesen, N. et al., International Currency Competition and the Future Role of the Single European Currency, Final Report of a Working Group on « European Monetary Union- International Monetary System », Kluwer Law International, Londres, 1995 ; Bénassy, A., A. Italianer et J. Pisani-Ferry, « The External Implications of the Single Currency », Economie et statistique, numéro spécial, p. 9-22, 1994.

[24] Alesina, A. and Barro, R. J., « Currency unions », in The Quarterly Journal of Economics,

vol. 117, n°2, 2002, pp. 409–436 ; Stiglitz Joseph E., The Euro: And its Threat to the

Future of Europe, New Yok, Allen Lane, 31 mai, 2016.

[25] Bibow J., « Stuck on the wrong track: 20 years of euro : disillusion, denial, and delusion » in European Journal of Economics and Economic Policies, Novembre 2020.

[26] Palast G., « Robert Mundell, evil genius of the euro » op. cit..

Commentaire recommandé

Linder // 15.04.2021 à 07h13

Un « Chigago boy » derrière la création de l’Euro ? A part les détails de la domination politique, économique, monétaire et militaire, on n’est pas sous domination américaine…

18 réactions et commentaires

  • Linder // 15.04.2021 à 07h13

    Un « Chigago boy » derrière la création de l’Euro ? A part les détails de la domination politique, économique, monétaire et militaire, on n’est pas sous domination américaine…

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    • un citoyen // 15.04.2021 à 09h42

      D’autres questions sur lesquelles on peut aussi s’interroger (j’essaie de comprendre) : Pourquoi ce « Chicago boy » et pas (ou moins ?) un autre américain comme Milton Friedman ? Et côté américain à part, pourquoi les politiques de la zone euro ont choisi les idées de R.Mundell ?
      Ou quelles sont les raisons sur le fait que cette idée de changes de taux fixes ait séduit et/ou a dominé le champ politique à cette époque ? Une nécessité pour établir un système économique cohérent avec l’idée de la construction d’une union ?.

        +1

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    • moshedayan // 15.04.2021 à 09h43

      Et en plus amusant, ces théoriciens de l’économie qui racontent ce qu’ils pensent ou veulent dans leurs cadres idéologiques – allez demander ce qu’en pensent les Grecs – et leurs enfants obligés de partir ou qui ne sont même pas nés…ou les Serbes quand l’UE allemande a construit son hinterland d’asservissement d’une main d’oeuvre pas chère en détruisant la Yougoslavie communiste, avec l’OTAN…
      ps. Et maintenant à Paris, on trépigne d’indignation quand Erdogan reçoit mal une Dame de l’UE -dame allemande…ma réflexion – Ostolopi ! bien fait ! que vous ne souvenez pas que c’est vous qui avaient cogner sur la Serbie, en laissant ainsi la possibilité à laTurquie de revenir en Bosnie, Albanie et au Kosovo…

        +28

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  • Christian Gedeon // 15.04.2021 à 08h49

    Ils sont amusants tous ces économistes qui présentent leur »art » comme une science qui se veut exacte. Chez ce monsieur et ses thuriféraires il y a un postulat( la mobilité des capitaux est alpha et oméga) et une condition à la réussite de son «  Paradis économique, les zones »optimales »(sic!). Que dire d’un tel délire. Parce qu’il d’agrément bien d’un délire.

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    • Fritz // 15.04.2021 à 08h57

      Oui, mais c’est un délire publié par des revues prestigieuses dans une langue de prestige : l’anglais. On est prié de s’incliner.

        +19

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      • christian gedeon // 15.04.2021 à 15h15

        Absolument! Inclinons nous bien bas devant cette langue devenue le pidgin du monde. Elle fut jadis belle,comme d’autres.

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    • utopiste // 15.04.2021 à 17h31

      La « Science » économique est une « parfaite » imposture. Appliquée au réel, elle consiste à faire rentrer des formes rondes dans des trous carrés à coup de masse.

        +10

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  • Anfer // 15.04.2021 à 08h56

    Ça montre bien le problème du vocabulaire.

    Keynésiens, ça peut désigner quand ils sont néo ou post, des pensés complètement différentes.

    Il est donc possible, de mettre sur le dos des « Keynésiens », les échecs des neoclassiques.

    Pratique pour les liberaux…

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  • Anonymous_Civ_Sergent // 15.04.2021 à 09h40

    Article excellent qui me précise des choses qu’on a caché a l’étudiant que j’étais quand on m’as enseigne l’économie.

    Merci aux traducteurs et aux crises.fr

      +2

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  • RGT // 15.04.2021 à 10h07

    Quand un « économiste » est adulé par la « communauté des détenteurs du savoir omniscient » autoproclamée je me montre plus que sceptique.

    Certes, ses propositions ne sont pas défavorables à tous, mais les seuls qui en bénéficient sont toujours ceux qui qui en ont le moins besoin (en dehors de se tailler la bourre à celui « qui a la plus grosse » fortune).

    De toutes façons, les « moins que rien » (comme vous et moi) ne comptent pas et ne sont là que pour permettre aux « meilleurs » de pouvoir exprimer leur potentiel « créatif » en se faisant tondre comme du vulgaire bétail.

    Et toutes ses « prophéties » sont bien sûr autoréalisatrices, ceux qui profitent de la « manne céleste » ayant ensuite les moyens financiers de contrôler le champ politique et médiatique afin de présenter des « résultats extraordinaires » qui se concentrent dans les « discours officiels » et de la propagande des médias qu’ils possèdent, ce qui permettra ensuite d’en rajouter une nouvelle couche afin « d’optimiser leurs investissements ».

    Vous me répondrez qu’ils vivent plus que confortablement de leurs « actions glorieuses » et qu’ils seraient vraiment stupides de ne pas continuer…

    Le pire des vices du « néo-libéralisme » est bien le fait que la promotion de concepts totalement nuisibles à l’ensemble de la population soit largement plus rémunératrice que celle de concepts bénéfiques à tous.

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  • Tournepierres // 15.04.2021 à 11h48

    Il serait peut-être temps de mentionner, parmi les sources, Bernard Lietaer dont les travaux (sa thèse au MIT) et son role a la Banque nationale Belge pour le mécanisme de l’ECU ne sont pas négligeables. Malheureusement il a eu le courage de défendre le role des monnaies complémentaires ce qui lui a valu la disparition dans les medias officiels.

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  • cépajuste // 15.04.2021 à 11h58

    Durant les 30 glorieuses, avec le système de Bretton Woods, on avait des changes fixes mais ajustables. Son défaut était qu’il reposait sur une seule monnaie : le dollar. Keynes avait imaginé un meilleur système : le Bancor. Au lieu de créer une monnaie unique avec un seul taux de change sans aucune possibilité d’ajustements, il aurait été préférable d’instaurer un système monétaire sur le modèle du Bancor.

      +7

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  • Mickael Jackunin // 15.04.2021 à 14h21

    Il y a une chose que ces gens là font ; de la théorie et une autre qu’ils ne font jamais ; essayer de la mettre en pratique.
    Quand j’ai fait de l’électronique, nos profs nous ont bien appris la théorie en n’ommétant pas de préciser que pour nous simplifier les calculs, en théorie on utilise des modèles théoriques des composants qui décrivent assez bien leur comportement général mais pas de façon absolue. Pour nous le prouver vient la phase de travaux pratique ou l’on se rend bien compte que pour que le schéma théorique fonctionne en pratique bah il va falloir y rajouter des bouts.
    C’est l’erreur fondamentale de démarche de ces gens, des modèles théoriques qui négligent l’infinité de facteurs que la réalité leur réserve… et leurs utopies deviennent nos dystopies quand les politiques sortant du même moule croient leurs fadaises. C’est criant dans le cas de l’Euro, négliger les différences entre les pays à plein de niveau à finit par aboutir à la merde actuelle. Ça a fait comme mes montage électroniques théorique ; ça n’a pas fonctionné.

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    • daniel // 15.04.2021 à 15h52

      Comparaison instructive.
      Cependant, autant l’ électronique est une technique (probablement une science technique) , autant leur « économie » est une religion. Comme dans toute croyance, le critère du réel n’y a pas sa place, pour eux. Pour nous, c’est différent: on est là pour souffrir de leurs conneries, comme nous le devons. C’est pour cette raison qu’ils s’entre-décorent et s’auto-congratulent. Cette religion est donc féroce.

        +10

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    • utopiste // 15.04.2021 à 17h35

      Négligence volontaire. Tout ce qui pourrait remettre en question leur théorie a été sciemment déformé ou occulté.

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  • JnnT // 16.04.2021 à 20h21

    Très intéressante mise au point de Jacques Sapir sur Robert Mundell et ses louvoiements. Je connaissais de ce canadien-américain juste une phrase fort instructive sur l’impossibilité désormais pour les politiques de dévaluer…
    La question serait maintenant de connaître par quels mécanismes secrets un type comme Robert Mundell a pu acquérir du crédit et de l’autorité. Juste il produisait le discours académique dont les financiers avaient besoin ? En l’ajustant au gré des besoins ?

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    Alerter
  • gracques // 17.04.2021 à 12h17

    Voilou , ce n’est pas l’idéologie qui domine la marche du monde , c’est la puissance matérielle.

      +1

    Alerter
  • vert-de-taire // 17.04.2021 à 17h41

    Ce qui frappe dans ce texte est l’apparente faiblesse des constructions théoriques.
    Notamment dans ses hypothèses.
    En physique, ce serait direct au panier car sans aucun usage possible. Pire, sans validation possible avec de telles béances contextuelles. Tout et son contraire pourraient en sortir, autrement-dit, beaucoup de bruit pour rien.
    Je ne critique pas l’effort théorique, la recherche de connaissances, mais bien l’absence de falsification et plus grave : sa mise en pratique. À ce stade de l’absurdité, le doute m’habite.
    Dans les années 70 on peut le comprendre, la modélisation, les données, le traitement des données etc étaient assez limités mais pas depuis une trentaine d’années.
    Or sauf ces derniers temps – depuis au moins le complot légèrement catastrophique de 2007-2008 – on n’a pas vu de réelle remise en question de l’édifice monétaro-financier sinon ses quelques replâtrages clownesques et remèdes en mode panique.
    Par contre, bizarrement, il reste un invariant : la progression de la prédation des richesses dans sa dé-répartition exponentielle (du coté des ultrariches de la courbe) et la dévastation planétaire.
    La question devient alors : les théories économiques montraient-elles ce phénomène ?
    Ici encore la question ne sera pas posée.
    Car tout ceci est une comédie, il faut en respecter la trame.

      +1

    Alerter
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