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9.novembre.20189.11.2018 // Les Crises

[RussEurope-en-Exil] L’économie Post-Keynésienne : Positionnements, par Jacques Sapir

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(Ce texte est la première partie d’une recension plus globale de l’ouvrage)

L’ouvrage collectif consacré à l’économie postkeynésienne, publié sous la direction de mes confrères Virginie Monvoisin, Eric Berr et Jean-François Ponsot est un livre important[1]. Il fera date. Ce que l’on appelle l’économie postkeynésienne recouvre un large courant d’idées, des économistes venant d’horizons très divers (certains du marxisme, d’autres marqués par divers auteurs, de Kalecki à Kaldor, de Shackle à Schumpeter) et qui tous se donnent pour objectifs d’approfondir la pensée de Keynes, de la retirer de la gangue néoclassiques dans laquelle l’ont enfermé Hicks et Hansen. Cette idée de retrouver ce que la pensée keynésienne pouvait avoir de radical, mais aussi actuelle, a été le moteur de ce courant.

Ce courant est né simultanément en Grande-Bretagne, où des membres de l’équipe de Keynes ont cherché à prolonger son œuvre et à lutter contre la récupération par l’économie dominante, et en particulier la grande Joan Robinson qualifiée par Pasinetti dans sa notice pour le New Palgrave Dictionary of Economics[2] de « plus connue récipiendaire du prix Nobel à ne jamais l’avoir obtenu »[3], ainsi qu’aux Etats-Unis, à travers les travaux d’Hyman Minsky et de Paul Davidson et Sidney Weintraub[4]. La réception des travaux de ce courant dans la communauté scientifique française a été longtemps discrète. Une raison évidente a été le discrédit des idées de la « synthèse » entre Keynes et les néoclassiques à partir du début des années 1970. Ce discrédit n’aurait dû toucher que cette synthèse. Mais, elle affecta la forme d’un discrédit général des idées de Keynes. Une seconde raison a certainement été la prégnance du marxisme, et souvent d’une interprétation très sectaire et dogmatique du marxisme issue du Parti communiste, dans les courants qui auraient dû être sensible au courant post-keynésien. Une troisième raison, qui découle – en réaction – de la deuxième, est qu’en France se développait un courant original dont les axes de recherches recoupaient en partie ceux du courant post-keynésien, on veut parler ici de l’Ecole française de la Régulation et plus spécifiquement des thèses développées dans le courant des années 1970 par des chercheurs du CEPREMAP[5]. Bien sûr, il y eut toujours des chercheurs en France pour s’intéresser à ce courant. Ces chercheurs ont maintenu vivant l’intérêt pour le courant post-keynésien. Mais, ce n’est que relativement récemment que ce courant a acquis une réputation certaine en France. L’impact de la crise de 2007-2008 a beaucoup joué. Rappelons que cette crise fut qualifiée par des revues américaines de « moment Minsky »[6]. Plus généralement, cette crise a provoqué un regain d’intérêt notable pour Keynes, et en général pour le courant post-keynésien, ou pourrait-on dire le canal authentique de la pensée keynésienne. Ce livre vient à point, à la fois parce qu’il fait un bilan des apports de ce courant, parce qu’il tente de le situer au sein de la galaxie des économistes hétérodoxe, mais aussi parce qu’il permettra à de jeunes économistes de se familiariser avec des penseurs dont l’influence se fait sentir sur de multiples terrains.

C’est donc dans ce contexte qu’il faut situer ce livre. On peut, et l’on doit, espérer qu’il contribue à la réception des idées postkeynésienne dans la communauté des économistes français. C’est d’ailleurs son ambition.

Cet ouvrage s’adresse à divers lectorats, et il faut espérer qu’il soit lu et relu par le plus grand nombre. Bien entendu, il y a les chercheurs, mais aussi les étudiants qui auront ainsi la possibilité de découvrir l’économie postkeynésienne, et enfin le lecteur non-spécialiste, mais qui veut comprendre l’économie dans laquelle il vit, et qui trouvera dans ce livre de quoi répondre aux multiples questions qu’il peut se poser. C’est donc la richesse de cet ouvrage, qui n’est pas mince (460 pages), et qui contient, outre la préface écrite par James K. Galbraith[7], une préface qui contient l’amorce d’un débat sur le possible effacement entre la macroéconomie et la microéconomie, l’introduction et la postface (écrite par Alain Parguez), pas moins de 23 chapitres. Ils couvrent en réalité quatre paries ou grandes sections de ce livre, et l’on peut regretter que cela n’ait pas été explicité dans la table des matières. En effet, ce découpage potentiel, dont évidemment je porte l’entière responsabilité, aurait permis au lecteur de mieux problématiser la lecture en fonction de ses intérêts.

La première de ces quatre parties serait alors celle qui est consacrée aux « pères fondateurs », avec un chapitre portant évidemment su Keynes, mais aussi d’autres consacrés à Michal Kalecki, Joan Robinson, Nicholas Kaldor et Hyman Minsky et se concluant par la chapitre esquissant une typologie des différents sous-courants qui coexistent, et souvent s’hybrident, au sein du post-keynésianisme. Cette partie, qui relève plutôt de l’histoire de la pensée, est d’une importance pourtant capitale car elle permet de comprendre les origines multiples du post-keynésianisme, mais aussi les contextes historiques et scientifiques du développement des différents sous-courants qui le composent.

La seconde partie porterait alors sur les grands thème de l’analyse post-keynésienne, de la question du circuit (remise à jour par des chercheurs français et italiens), à la notion centrale de l’incertitude, que l’on peut considérer comme essentielle pour comprendre l’économie, mais aussi le thème de la monnaie endogène et de l’inflation comme rapport social. On est ici sur des questions fondamentales. Qu’est-ce qui fait l’originalité et l’intérêt du post-keynésianisme mais aussi en quoi traite-t-il de questions qui sont d’une importance décisive pour notre compréhension de ce qu’est, et parfois n’est pas, l’économie.

La troisième partie devrait porter sur les grands thèmes qui voient le développement de la pensée post-keynésienne, qu’il s’agisse du thème – au combien actuel – des enjeux de la relation entre la croissance et la répartition, de celui de la détermination du niveau d’emploi, du coût du capital et de l’impact de la financiarisation sur les économies contemporaines, des différentes formes de modélisation de l’économie, et enfin de la théorie de la firme et de la possibilité de penser une microéconomie post-keynésienne. Ces chapitres sont pour certains plus techniques que ceux des deux premières parties. Mais, leur importance dans le plan du livre est fondamentale car ils démontrent comment le post-keynésianisme se saisit des principaux objets de la réflexion économique contemporaine.

Enfin, la quatrième partie porterait sur ce que pourrait être une politique macroéconomique inspirée du post-keynésianisme et contient une vigoureuse critique des politiques actuelles, qu’il s’agisse des politiques budgétaires (avec la question de l’austérité) ou des politiques monétaires et redistributives. On y trouve donc des chapitres abordant la politique budgétaire, le thème de l’emploi avec cette idée intéressante d’employeur « en dernier ressort », la question des inégalités, mais aussi, bien entendu, le problème des politiques monétaires et enfin la question des politiques d’aides au développement, avec la notion de développement « soutenable ».

Dans la recension qui suit, je me concentrerai sur les trois premières parties ainsi définies, me proposant de revenir plus tard sur la quatrième, qui n’est pas moins importante, mais qui – à mon sens – n’a pas exactement le même statut.

I. Les « pères fondateurs »

La première partie de l’ouvrage est donc consacrée au portrait tout comme à l’évaluation de l’impact scientifique des « pères fondateurs » du post-keynésiannisme. Les cinq chapitres décrivant des économistes sont alors suivis par un sixième, consacré à une tentative de classification des courants qui traversent la pensée postkeynésiennes. L’ordre de présentation adopté dans l’ouvrage a sa logique. Mais, quand on le lit attentivement, on peut lui en préférer un autre, pour des raisons qui seront expliquées ci-après.

Keynes

I.1. Keynes, ou la tension entre radicalité et efficacité

Il est assez logique que ce que l’on peut considérer comme la première partie de l’ouvrage s’ouvre sur un chapitre consacré à Keynes[8]. Ce chapitre rappelle l’engagement de Keynes dans la vie publique et les grandes controverses de son temps. Il insiste ensuite avec raison sur le rôle que joue l’incertitude radicale dans la pensée de Keynes et il montre la dimension « subjective » des raisonnements des acteurs qui conduisent aux décisions d’investissement ou de consommation. Il place Keynes comme le grand initiateur de la politique macroéconomique moderne et insiste sur le fait que, pour Keynes, l’inflation n’est pas un phénomène exclusivement monétaire[9]. Cela est entièrement vrai et, très tôt, Keynes s’est intéressé tant aux phénomènes distributifs de l’inflation et de la déflation, qu’à l’impact que ces derniers avaient sur la production[10]. Mais, Keynes est loin d’avoir été le seul économiste de son temps à penser cela. Ainsi Hayek, que l’on présente comme l’ennemi personnifié de Keynes, et qui pourtant partage avec lui de nombreux points commun[11], a présenté en 1931 une théorie de l’inflation issue des phénomènes de friction des prix relatifs des produits, friction elle-même engendrée par les changements et innovations tant dans le domaine de la production que dans la consommation[12]. Les deux hommes se rejoignent pour considérer comme une dangereuse fadaise l’idée de neutralité de la monnaie qui inspire les économistes classiques ou néo-classiques. Ainsi, Hayek écrit : “Nous devons admettre l‘idée que la monnaie exerce toujours une influence déterminante sur le développement de l’économie, et que les principes dérivant d’une économie non monétaire ne peuvent être appliqués à une économie monétaire qu’avec des restrictions substantielles[13]. Ce qu’il soutient c’est que les autorités monétaires doivent adopter, autant que faire se peut, une attitude conduisant à une monnaie neutre pour ne pas interférer avec les signaux transmis par l’évolution des prix relatifs suite aux décisions décentralisées des agents. Autre point de rencontre entre les deux hommes, l’importance qu’ils donnent au temps et à l’ignorance[14].

Ils divergent néanmoins, et de manière radicale, sur les conséquences que l’on doit tirer de cette non-neutralité de la monnaie. Hayek est très critique de l’ouvrage de Keynes A Treatise on Money[15]. La réponse de Keynes aux articles d’Hayek est importante car cela lui permet de clarifier ses positions[16]. La vision de Hayek, à l’époque, d’une économie de troc est de plus durement, et très justement, critiquée par Sraffa[17].

L’auteur insiste encore sur l’influence que la lecture de Freud put avoir sur Keynes, et en particulier sur le « désir d’argent » et la « préférence pour la liquidité ». Que cette lecture ait eu une influence sur Keynes n’est pas niable. Elle est l’une des bases de la vision « subjectiviste » de l’économie de Keynes[18]. Mais, cette lecture est loin d’avoir été la seule influence. Ainsi, la proximité dans les années 1925-1936 de Keynes avec Denis Robertson pourrait aussi expliquer l’importance prise par la notion de préférence pour la liquidité. Robertson publie un livre en 1926 qui aura une influence certaines sur les conceptions de Keynes[19]. De fait, au Keynes lecteur de Freud, il est encore plus important d’ajouter le Keynes lecteur de Wittgenstein[20]. Car, il est clair aujourd’hui, depuis les travaux d’Olivier Favereau, que Keynes a profondément évolué dans sa pensée de 1920 à 1936[21], tout en restant fidèle à un certain nombre d’idées qui semblent s’être formées dans son esprit précocement.

On peut considérer que ce chapitre, qui pourtant rassemble en quelques pages des notions extrêmement importantes, cède néanmoins à une présentation trop linéaire de la pensée de Keynes. Une telle présentation a ses mérites pédagogiques, mais elle dénature aussi en partie la pensée de cet auteur. Rappelons que Keynes partage les points de vue des économistes qu’il appelle « classiques » au début des années 1920. Ainsi, quand Keynes écrit A Tract on Monetary Reform (1923[22]) il est encore très proche des idées des libéraux britanniques, les Whigs[23]. Il le restera jusqu’aux désastreuses élections de 1924 qui voient l’effondrement du Parti Libéral et il animera d’ailleurs l’université d’été du Parti Liberal en 1923. Un premier tournant peut être daté des ouvrages qu’il publia en 1925 et 1926, et en particulier The End of Laissez-Faire[24], où il s’éloigne de ses positions d’avant 1924 comme ses lettres à celle qui deviendra sa femme le montrent[25]. Cependant, même à cette époque, il réinterprète déjà ces auteurs. Ainsi, dans A Tract on Monetary Reform, sa position sur le rôle économique de l’inflation et de la déflation, mais aussi sa critique de l’étalon-Or, annonce le « deuxième Keynes ». La compréhension du rôle des banques dans l’économie monétaire de production, point que Bousseyrol souligne à juste raison, provient tant de la conception que Keynes à du rôle de l’incertitude que de ses échanges avec Robertson. Si l’on peut incontestablement repérer des continuités dans la pensée de Keynes, il est aussi évident que cette pensée a profondément évolué. Elle n’a pas évolué simplement du fait de sa logique ; Keynes a réagi aux événements tant politiques qu’économiques de son temps, tout comme il a participé à d’importantes controverses et a été exposé à l’influence théorique d’autres auteurs. La critique que l’on peut formuler sur ce chapitre est donc de « lisser » la pensée de Keynes. Ainsi, après le demi-échec du Treatise on Money (1930), Keynes radicalisa progressivement ses positions. Mais, Olivier Favereau montre, de manière plutôt convaincante, que c’est sa lecture du débat Ricardo-Malthus qui l’amène à modifier le projet de la Théorie Générale[26]. Car, Keynes était attentif à la réception de ses travaux. La thèse de Favereau, thèse ouverte au débat, est donc que Keynes préféra rogner les aspects les plus radicaux de sa pensée, et en particulier ne pas se lancer dans la construction d’une théorie microéconomique alternative à celle des néoclassiques, pour ne pas compromettre la réception de son message anti-austérité. Il eut certainement raison de le faire. Mais, ce faisant, il rendait possible la récupération d’une partie de sa pensée par l’orthodoxie néoclassique. Comprendre cela est d’une importance capitale pour le programme de recherche post-keynésien. L’objectif de ce dernier serait donc de retrouver et de renouer avec cette radicalité du « deuxième Keynes ». Cette radicalité, elle trouve sa source dans le point de vue subjectiviste de Keynes, un point de vue qu’il partage avec Hayek mais tout en se détachant de ce dernier sur des points essentiels[27]. L’hypothèse présentée par Olivier Favereau me semblerait mériter une plus grande attention, car elle est décisive pour notre compréhension de ce qu’est le post-keynésianisme.

I.2. Nicholas Kaldor, un transfuge devenu disciple

La même chose peut être dite d’un autre des « pères fondateurs » du Post-Keynésianisme, Nicholas Kaldor[28]. André Lorentz rappelle ainsi que les premières influences sur Kaldor furent hayékienne[29], et il fut le traducteur en anglais des premiers textes de Hayek. Cela se sent dans l’un des premiers textes publiés par Kaldor. Pourtant, dès les années 1940, il aura rejoint Keynes, et critiquera Hayek[30]. Cela implique qu’il y eut deux Kaldor, comme il y eut deux Keynes, et c’est pourquoi je bouleverse l’ordre du livre pour rendre compte du chapitre écrit par André Lorenz. Ici encore, le pivotement dans la pensée d’un auteur me semble important tant parce qu’il faut l’établir que parce qu’il révèle comme difficultés pour rendre compte du réel.

Kaldor développe alors son travail sur plusieurs thématiques. Lorenz cite en particulier la question du progrès technique et de ce que l’on appelle un « modèle de croissance »[31], point important qui donnera naissance au concept de « régime de croissance » dans la littérature de l’Ecole de la Régulation[32]. Le problème principal qui est alors posé est celui de l’a-synchronicité des rythmes de croissance du capital et du travail[33]. La contribution de Kaldor sera de montrer qu’il existe des moyens pour rétablir cette synchronicité[34]. Mais, et André Lorenz le montre bien, Kaldor ne se contente pas de poser les bases techniques d’une politique rétablissant justement cette synchronicité pour aboutir à une croissance forte et stable. Il réintroduit l’histoire dans le raisonnement, et montre le danger qu’il y a à utiliser des hypothèses ou des concepts sans en vérifier au préalable leur compatibilité avec les événements historiques[35]. Cela pose la question de la place du réalisme méthodologique dans la théorie économique, et anticipe de près de vingt ans sur les importants débats concernant la méthodologie de la science économique[36]. Et il est dommage qu’André Lorenz n’aborde pas ce point, gommant peut-être un des points les plus intéressants de la pensée de Kaldor. On sait que les économistes néoclassiques ont choisi une autre méthode, celle de l’instrumentalisme[37]. Ce débat, qui peut effaroucher des économistes car faisant appel aux règles de l’épistémologie, est pourtant fondamental, même si certains économistes dénient toute pertinence à la méthodologie[38]. La critique de la méthode utilisée par les économistes néoclassiques[39], ou les « nouveaux classiques », comme Friedman[40], Samuelson[41] ou encore Lucas, est essentielle pour critiquer au fond, et non simplement dans leurs conséquences, les errements de l’économie dominante[42]. Insel avait déjà, il y a vingt-cinq ans de cela, dénoncé la fascination exercée par la soi-disant rigueur formelle de l’économie néoclassique[43].

Kaldor développera aussi d’autres thématiques comme l’importance et le nécessaire ciblage des politiques de relance[44] ou, dans une longue tradition keynésienne, sur la place de la monnaie et les questions relatives au problème de l’ordre monétaire international[45]. Les dernières années de la vie de Nicholas Kaldor furent consacrées à lutter contre ce qu’il appelait lui-même le « fléau du monétarisme »[46]. Les différents aspects de l’œuvre de Kaldor, sa démarche innovante en théorie et l’ampleur des thèmes abordées, mais aussi ses combats multiples contre l’économie dominante le qualifient à juste raison comme l’une des « pères fondateurs » du post-keynésianisme.

Joan Robinson

I.3. Joan Robinson, l’infatigable combattante qui cache une grande théoricienne

La figure de Joan Robinson est fort bien évoquée par Louis-Philippe Rochon[47]. Joan Robinson, pour un économiste formé dans les années 1970, c’est la Jeanne d’Arc du keynésianisme bataillant, sans relâche, contre les tenants de pensée économiques dominantes. Le récit de l’affrontement théorique entre elle et les économistes américains Samuelson et Solow[48] à propos de la théorie du capital[49] tenait à l’épopée, à la légende. Ce, d’autant plus, que Samuelson avait reconnu sa défaite en cette querelle[50]. Cette image n’était pas fausse ; c’est l’immense mérite de Louis-Philippe Rochon de montrer qu’elle était incomplète. Il rappelle les deux expériences fondatrices pour Joan Robinson, qui marquèrent profondément son caractère : son engagement en faveur d’enfants défavorisés et un précoce voyage en Inde[51], ainsi que sa rencontre avec Maurice Dobb, un des rares universitaires britanniques, à l’époque, convertis au communisme. Si elle n’est pas dans les toutes premières jeunes femmes admises à l’université, la présence des femmes dans la recherche est, à cette époque, extrêmement rare. Elle s’y distingue par un ouvrage sur la concurrence imparfaite en 1933, ouvrage qui marque ses débuts dans la lutte contre l’idéologie néoclassique. Il faut ici remarquer que ce thème de la critique de la concurrence pure et parfaite, point fondamental de l’idéologie néoclassique, est quant à lui fort présent dans la littérature économique des années 1920 et 1930. On citera ainsi parmi d’autres le remarquable travail de Mordecai Ezekiel, l’un des responsables du Bureau of the Census au Etats-Unis sur ce point[52]. De ce fait, elle partage les interrogations des Keynes, interrogations explicites depuis A Tract on Monetary Reform. Elle rejoint le groupe des keynésiens, que l’on appelle le « Cambridge Circus » dès 1930 et ne cessera, jusqu’à sa mort, de lutter contre cette idéologie.

L’importance de se réflexion se mesure sur divers points, qu’il s’agisse de l’irréversibilité de certaines décisions du fait du temps (point sur lequel elle retrouve certaines des intuitions d’Otto Neurath[53] et ou elle se situe en compagnonnage avec G.L.S. Shackle[54]), sa contribution extrêmement importante à la théorie du capital où elle détruit un à un les arguments de ses adversaires néoclassiques, la théorie de la croissance (comme Kaldor) et enfin la théorie de la monnaie, une contribution que Rochon sauve de l’obscurité à très juste raison. Sa contribution sur l’historicité de l’économie, une question qui est aujourd’hui reconnue comme fondamentale[55], est fondatrice pour l’épistémologie keynésienne[56].

Elle est consciente des limites de la Théorie Générale, en particulier en ce qui concerne l’analyse de long terme. Que ces limites renvoient à un choix stratégique de Keynes (comme le soutient Olivier Favereau) ou qu’elles renvoient aux limites mêmes de sa pensée, elle cherchera à y remédier tant sur la théorie du capital, ou elle publie en 1956 L’Accumulation du Capital, livre extrêmement important mais qui est aussi un clin d’œil au livre éponyme de Rosa Luxembourg, que sur la théorie de la croissance. Son apport à la théorie du capital est essentiel, car il intègre une réflexion particulièrement fine sur l’endogénéité de la monnaie. Elle y montre le rôle fondamental des banques pour l’engagement du capital et dans le début du cycle de production[57]. On le voit, sa contribution est bien plus importante, et bien plus fondamentale, que sa controverse – brillante par ailleurs – sur la nature du capital. Elle fut l’une des précurseurs dans la volonté de penser, contre les économistes néoclassiques de tout poil, l’importance du temps et de l’argent dans l’économie[58]. C’est ce qui place Joan Robinson à la fois dans les grands continuateurs de l’œuvre de Keynes, dont elle ne fut jamais un thuriféraire, et dans les « pères fondateurs » de la pensée post-keynésienne. Sa contribution, ne serait-ce qu’indirectement, à l’épistémologie keynésienne semble aujourd’hui capitale et mériterait d’être mieux mise en valeur.

Michal Kalecki

I.4. Michal Kalecki ou la rencontre avec le marxisme

La contribution de Joan Robinson doit alors être rapprochée de celle de l’économiste polonais Michal Kalecki[59], et c’est pourquoi j’aurai tendance à les présenter ensemble. Kalecki fut l’un des maitres, dans la Pologne communiste d’après-guerre quand il enseignait au SGPIS (l’institut de planification et de statistiques), de mon collègue à l’EHESS Ignacy Sachs[60]. Ceux qui assistèrent aux discussions acharnées dominées par la voix de mon collègue, à la cafétéria de la MSH ne peuvent que se souvenir du portrait qu’il dressait alors de Kalecki. Le parcours de Kalecki est étonnant. C’est au départ un économiste marxiste, ce qui le rend suspect au pouvoir polonais d’avant-guerre, mais aussi un économètre. Il a pu se frotter aux débats européens de la fin des années trente et son marxisme ne sera jamais celui d’un dogmatique. La guerre le surprend en Grande-Bretagne. Il y travaillera, se rapprochera, à la demande de Joan Robinson du groupe des keynésiens, puis partira en 1945 travailler aux Etats-Unis, contribuant à fonder le service économique des Nations-Unies. Il ne rentrera dans sa Pologne natale qu’en 1953.

De sa culture marxiste d’origine, il garde la conviction que les salariés et les entrepreneurs ne sont pas sur un pied d’égalité. De sa formation d’économètre, il en tirera un modèle démontrant que les capitalistes gagnent ce qu’ils dépensent, mais aussi que les capitalistes sont maîtres de leur destin à la différence des salariés. Il reformule la macroéconomie keynésienne à travers une théorie des profits qui est centrale à sa vision de l’économie. Il apporte donc deux choses au groupe des keynésiens, la compréhension que le conflit de répartition joue une place centrale dans la dynamique économique, mais aussi une rigueur dans la formulation mathématique, ce que Michael Assous montre bien[61]. Il va ainsi proposer son explication du « cycle des affaires », une interprétation en apparence keynésienne, mais qui en diffère cependant sur certains points, comme son analyse du « risque de l’entrepreneur ». Pourtant, le raisonnement de Kalecki n’implique pas le mécanisme de révision des anticipations des acteurs. Très clairement, Kalecki est peu enclin à entrer dans les explications psychologisantes de Keynes.

Ce point, noté par Michael Assous[62], implique cependant de discuter de la contribution de Kalecki. Sur un certain nombre de points, il apparaît comme en retrait par rapport à Keynes, mais aussi à Shackle, Robinson et Kaldor. Il n’a, visiblement, pas la même compréhension du rôle central de l’incertitude et de ses conséquences sur les comportements. De ce point de vue, il apparaît comme le moins « subjectiviste » des « pères fondateurs ». Cependant, sur d’autres points, et en particulier son intégration du conflit social dans la théorie macroéconomique, sur sa démonstration de l’importance du partage entre salaires et profits du revenu national, il se situe en avance de la pensée de Keynes et de son groupe de fidèles. La question du conflit est en effet centrale pour Kalecki, et en cela il est fidèle à la tradition marxiste tout comme il se rapproche d’autres économistes, John Commons en particulier[63]. Cela l’entraine à redéfinir les conditions du plein-emploi. Si le chapitre rédigé par Michael Assous rend justice à l’apport de Michal Kalecki, il ne permet cependant pas de comprendre pleinement le mécanisme d’intégration de cette pensée dans l’univers keynésien.

Car, la contribution de Kalecki est à la fois centrale à la théorie post-keynésienne, un point parfaitement vu par Michael Assous, mais elle est aussi problématique, un point qui n’est pas assez souligné. Kalecki s’éloigne du « programme radical » ébauché puis en partie abandonné par Keynes. En cela, il est difficile de la classer parmi les continuateurs du programme keynésien. Mais, en même temps, il apporte des éléments essentiels à ce programme, que ce soit dans sa formulation, dans l’importance accordée aux conflits sociaux, dans sa contribution à remettre au centre des débats la question du partage entre salaires et profits. Le texte de Michael Assous ne tient sans doute pas assez compte du relatif isolement dans lequel dut travailler Kalecki après son retour en Pologne, du fait de la guerre froide. Assurément, cet isolement ne fut pas total, et Kalecki fut autorisé à sortir un certain nombre de fois de son pays. Mais, on comprend qu’une partie de l’environnement intellectuel dans lequel il avait réalisé ses travaux s’était fortement réduit. Il fut coupé des relations de travail avec le groupe des keynésiens, ce qui eut une influence notable sur son propre travail. L’origine marxiste de ses travaux peut aussi expliquer pourquoi il fut bien plus important en France pour l’Ecole de la Régulation, un courant de pensée qui entretint longtemps des rapports ambigus avec les postkeynésiens.

I.5. Hyman Minsky, le théoricien atypique

Hyman P. Minsky, le dernier auteur considéré comme l’un des « pères fondateurs » dans l’ouvrage présente lui aussi une trajectoire atypique[64]. Formé à Chicago, puis à Harvard, ses influences intellectuelles seront multiples. Il eut comme premier maître Oskar Lange, autre économiste polonais de réputation mondiale qui travaillait sur une réinterprétation de Marx dans le cadre du vocabulaire néo-classique, et qui s’était fait connaître par sa controverse avec Hayek[65] sur la question de la possibilité d’une planification centralisée[66], controverse dont l’importance pour l’histoire de l’économie est probablement sous-estimée aujourd’hui[67], à partir des travaux de von Mises[68]. Minsky dut certainement entendre les échos de cette controverse historique. Il est probable qu’il donna raison à celui qui, à l’époque, passait pour le vainqueur de cette bataille, Oskar Lange. Il fut ensuite, quand il vint à Harvard, profondément influencé par Joseph Schumpeter, puis par Wassily Leontief sous la direction duquel il soutint sa thèse ainsi que décrit Eric Nasica[69]. Minsky est resté longtemps méconnu en France, et j’avoue, à ma grande honte, n’en avoir entendu parler que par la bouche de Michel Aglietta alors que je commençais ma thèse d’Etat sous sa direction en 1980. Ce dernier le tenait en très grande estime pour sa théorie de l’instabilité financière.

Eric Nasica, dans le chapitre remarquable qu’il lui consacre, présente alors clairement les points forts de l’apport de Minsky à la théorie économique[70]. Minsky montre clairement que l’instabilité financière est endogène à l’économie monétaire de production moderne, ou une large partie du capital engagé (soit non seulement investi matériellement dans des équipements mais aussi avancé comme salaires) provient de l’endettement des entreprises. En cela, Minsky s’affirme pleinement comme un continuateur de Keynes[71]. Minsky montre ensuite en quoi un « Big Government » est nécessaire à la stabilisation d’une telle économie, par sa capacité à mettre en place les politiques (tant monétaires que budgétaires) et les institutions nécessaires au bon fonctionnement de cette économie[72]. Sa vision d’une économie où la création monétaire est endogène ET instable est essentielle[73]. Elle fut validée par la crise de 2008[74], qualifiée de « Moment Minsky » dans la presse américaine. Mais, cette endogénéité de la création monétaire est différente de celle des autres keynésiens. Elle fait intervenir les relations complexes entre les banques et la Banque centrale ainsi que les institutions financières spécifiques qui organisent et encadrent le processus d’endettement. L’apport de Minsky tient en sa démonstration d’une verticalité du processus[75], mais aussi à son insertion dans un ensemble institutionnel[76]. Cela lui valu la reconnaissance par le courant institutionnaliste américain (association regroupée autour du Journal of Economic Issues) et dans l’allocution qu’il fit devant cette association il mit clairement en lumière les parentés fortes entre l’œuvre de Keynes et celle de John Commons[77].

Le troisième point où l’apport de Minsky est évident est dans son analyse, clairement dérivée des travaux de Schumpeter, des banques comme des entreprises spécifiques, capables d’innovations, mais fragilisant aussi l’ensemble de l’économie. Ce rôle spécifique attribué aux banques le distingue à la fois des partisans de la théorie du circuit[78] mais aussi bien évidemment des « nouveaux classiques » qui, à la suite de Thomas Sargent et de Robert Lucas[79] conçoivent une économie dont les banques sont absentes, ce que l’on voit dans les modèles issus de cette idéologie, comme les modèles DSGE[80].

Il faut donc revenir sur la proximité de Minsky avec le courant institutionnaliste américain[81], mais aussi sur l’émergence du Minsky minskien[82]. Minsky, à partir du moment où il commence à élaborer son modèle, est confronté à la question du comportement des agents dans une situation d’incertitude. S’il utilise le langage de Keynes[83], les comportements qu’il décrit peuvent être analysés de manière bien plus fructueuse en recourant à l’effet de contexte[84] et à l’effet de dotation[85]. Ces deux effets, démontrés dans les travaux de psychologie expérimentale des années 1970 à 1990, sont extrêmement important en cela qu’ils démontrent que si les agents agissent (eux, et non pas des structures collectives), leurs actions sont en partie déterminées par des effets issus du collectifs auxquels ils appartiennent et ce sans qu’ils en aient nécessairement conscience. Voici qui pose la question de savoir si Minsky adhérait en réalité à l’individualisme méthodologique ou n’était pas déjà passé à une forme particulière de holisme méthodologique[86]. On sait que les institutionnalistes américains sont plutôt partisans du holisme méthodologique[87]. Le débat entre l’individualisme et le holisme est loin d’être sans enjeux. Encore faut-il ne pas le confondre avec une autre discussion qui, elle, porte sur l’importance relative des niveaux micro et macro dans l’analyse des économies et des sociétés. En fait, nombreux sont les auteurs holistes qui ont admis l’importance du niveau micro, Karl Marx le premier. On peut aussi relire la Théorie générale de Keynes, pourtant réputé pour ne s’intéresser qu’au niveau macro, et découvrir que son travail fourmille de références précises à des comportements individuels, et aux conditions de passage de l’individuel au collectif. Aucun programme de recherches ne peut ainsi s’affranchir d’une réflexion sur les modes d’articulations entre l’individuel et le collectif. Minsky semble alors hésiter entre un « individualisme institutionnel »[88] et ce que j’avais qualifié dans un ouvrage ancien de « holisme subjectiviste »[89]. Sa contribution pourrait donc être plus importante que celle qui est évaluée par Eric Nasica. En rattachant ainsi le post-keynésianisme à l’institutionnalisme « historique » américain, Minsky ouvre une porte importante qui débouche sur une remise en cause de l’individualisme méthodologique dominant dans l’idéologie néoclassique. Il n’est certes pas le premier. On peut penser que Michal Kalecki et Joan Robinson, et Keynes avant eux, avaient suivi la même pente. Mais il est certainement celui qui l’a fait de la manière la plus explicite. Or, cette controverse entre individualisme et holisme méthodologique est centrale quant au statut de la science économique. Elle découpe en creux la nécessité de revenir à une dialectique réelle entre les comportements des individus et le cadre social dans lequel ils sont immergés. La réflexion de Minsky peut nous permettre de renouer justement avec cette pensée dialectique et de sortir de la stérilité intellectuelle qu’impose l’individualisme méthodologique.

II. Qui sont les post-keynésiens ?

La diversité des apports des uns et des autres conduits au foisonnement extrême de la pensée post-keynésienne. Cela nous conduit au chapitre qui, selon nous, clôt cette première partie et qui tente une classification des divers courants et sous-courants qui traversent l’analyse post-keynésienne[90]. Autant dire que Marc Lavoie et Jean-François Ponsot s’attaquent ici à une tâche formidable. Car, l’ensemble intellectuel que regroupe ce terme est extrêmement mouvant et divers.

II.1. La classification d’Hamouda et Harcourt et ses limites

Pour tenter d’y voir plus clair, ils partent de la classification la plus connue, celle d’Hamouda et d’Harcourt[91], mais dont ils reconnaissent immédiatement les limites et se proposent donc de l’enrichir[92]. La classification d’origine retient donc trois catégories, une « école américaine » dont les thèmes principaux sont l’économie monétaire de production, l’instabilité du système financier, la préférence pour la liquidité et l’incertitude fondamentale. Ce courant est par la suite sorti d’une définition strictement « américaine ». A ce courant s’ajoute celui des kaleckiens, dont les thèmes privilégiés sont la croissance et la théorie des cycles économiques, la théorie des prix et les conflits de répartition avec la formation des profits. Très fécond, ce courant, dont la parenté avec l’influence laissée par Joan Robinson est évidente, s’inscrit dans une démarche combinant tout à la fois les études empiriques et le recours aux méthodes économétriques. C’est dans ce courant que l’on retrouve des « data crunchers » ou économistes qui travaillent sur des données quantitatives. Le troisième courant, dans la classification d’Hamouda et Harcourt, est celui représenté par les élèves de Piero Sraffa et Luigi Pasinetti, un courant qui s’intéresse plus spécifiquement à la question des prix relatifs, aux choix techniques et à la théorie des systèmes de production à plusieurs secteurs, enfin à la théorie du capital et aux équilibres de long terme (retrouvant ici aussi l’influence laissée par Joan Robinson).

Cette classification, et les deux auteurs de ce chapitre le montrent bien, est rapidement devenue insuffisante. Ils en expliquent les raisons[93], et fournissent leur propre taxonomie. Il est clair que le courant post-keynésien est en réalité bien plus large que ce qu’Hamouda et Harcourt ont décrit, et qu’il intègre une partie des courants institutionnalistes. On a rencontré ce problème à propos de Minsky. Le problème qui est alors posé est de savoir où sont les frontières du post-keynésianisme et peut-on même établir des frontières précises. Ce problème renvoie aussi à la liste des « pères fondateurs » ; pourquoi en avoir exclu des figures comme celle de G.L.S. Shackle ou P. Davidson ? Car, en termes d’influences, ces deux auteurs ont eu un impact important. Shackle, en particulier, en raison de son explicitation des comportements sous forte incertitude, du rôle essentiel de l’imagination, a donné une explication particulièrement cohérente de l’encaisse de spéculation et de la demande de liquidités par les acteurs économiques[94]. Ainsi, son analyse de la surprise sur le comportement des agents est très éclairante : “La structure des anticipations d’une personne est plus détruite par un événement inattendu que par un événement rejeté. Le premier ne révèle pas seulement une erreur de jugement mais souligne le fait que la personne a non seulement été incapable de connaître un élément essentiel de la situation, mais qu’elle a de plus été ignorante de l’existence et de l’ampleur de sa propre ignorance.[95]. L’événement inattendu engendre alors un effondrement de la structure des anticipations, qui a pour l’agent les conséquences suivantes: “Il ne peut instantanément remplacer l’ancien système d’appréciations par un nouveau, émergeant d’un processus détaillé d’investigation de l’événement surprenant…car une telle investigation prend du temps. Mais…il doit être possible pour lui à ‘importe quel moment de répondre si la réalisation de telle ou telle hypothèse serait surprenante. Il s’ensuit que dans la période intermédiaire entre l’abandon de l’ancien système d’appréciations mûrement réfléchies et l’adoption d’un nouveau système, il doit avoir à l’esprit une forme de système intermédiaire.”[96]. Un événement inattendu, provoquant une surprise qualitativement importante, va dans un premier temps accroître l’attrait pour la liquidité, et va pousser les acteurs à retarder l’engagement de projets industriels, et ce d’autant plus que la liquidité de ces projets est faible, et qu’ils contiennent une large dose d’irréversibilité. Le temps d’attente provoqué par la révision de l’ancien système de jugements et d’évaluations peut être considérable. Dans la mesure où ce qui a été invalidé n’est pas seulement un jugement mais toute une procédure cognitive, l’agent voudra tester, autant que faire se peut, la nouvelle structure avant de prendre une décision significativement importante. Son analyse de la formation du profit, aussi, peut être aisément réintégrée dans les travaux de Kalecki[97].

Paul Davidson, de même, eut mérité d’être plus cité. Sa contribution est loin d’être négligeable. Elle porte sur l’analyse de l’incertitude[98], mais aussi sur les comportements en réfutation à la théorie des anticipations rationnelles. Sa contribution aux problèmes théoriques de la rente ricardienne[99] et de la fonction de production[100], contribution qui date du début des années 1960, est une illustration du travail d’approfondissement de la pensée postkeynésienne. Mais, elle ne se limite pas à cela. Davidson s’est beaucoup battu pour faire connaître la pensée de Keynes, et dans ces batailles il a bien perçu la crise de la pensée économique engendrée par la contre-révolution néoclassique[101], il s’est vigoureusement opposé à cette contre-révolution, tout comme le fit Kaldor[102]. Son influence sur le développement du courant dit « américain » du post-keynésianisme est indiscutable.

L’absence de ces auteurs dans la « galerie des ancêtres »[103] présenté par l’ouvrage peut s’expliquer par le fait que tous ne pouvaient être cités. On conçoit parfaitement les contraintes auxquelles Berr, Monvoisin et Ponsot ont dû se plier. Mais, cette absence, et peut-être surtout celle de Shackle, renvoie aussi à un autre problème. Avec Shackle, on est en présence d’un auteur qui a assumé son ambivalence entre la théorie « autrichienne » et la théorie post-keynésienne. Et, cela pose, évidemment, la question des frontières intellectuelles entre les différents courants.

II.2. Quelles frontières pour l’économie post-keynésienne ?

Deux approches sont alors possibles. La première consiste à préciser ce que pourraient être les fondements d’un paradigme post-keynésien[104]. Pour cela Lavoie et Ponsot proposent de procéder soit par rapprochement avec les autres courant hétérodoxes soit pas exclusion, par rapport à l’idéologie néoclassique. Cela les conduits à identifier cinq points sur lesquels le désaccord entre hétérodoxes et néoclassiques est total :

  1. Réalisme contre instrumentalisme.
  2. Cohérence des comportements face à des règles heuristiques ou optimisation constante.
  3. Holisme (ou organicisme) contre individualisme méthodologique.
  4. Vision de l’économie opposant la notion d’économie de production devant par la croissance aboutir à des ressources à répartir contre un économie perçue comme la gestion de ressources rares (la fameuse « science triste »).
  5. Vision du politique dominée par l’inefficience des marchés et la nécessité d’une intervention publique contre vision dominée par l’efficience des marchés et de la concurrence, et conduisant à un Etat minimal (qui plus est dominé par des normes « techniques »[105].

Ils constatent, cependant, que cette opposition ne permet pas de définir précisément une aire intellectuelle post-keynésienne. Effectivement, si l’on prend le premier point, la notion de réalisme[106], qui doit d’abord être précisément définie si l’on ne veut pas tomber dans un « positivisme »[107], associe tant les postkeynésiens qu’une bonne partie de l’Ecole autrichienne. Par ailleurs l’instrumentalisme, revendiqué aussi par les « neo-institutionnaliste », et le falsificationisme poppérien se heurte de manière décisive à la conjecture de Duhem-Quine[108]. Cela pose la question de l’opposition entre « événements » et « processus ». On trouve chez Uskali Mäki la distinction entre le « réalisme par rapport au monde » (ou World realism), qui implique qu’une théorie économique ait pour objet la compréhension du monde tel qu’il est (et non tel que l’on souhaiterait qu’il fût), et le « réalisme de vérité » (ou Truth realism), qui implique que l’on juge d’une théorie dans sa confrontation au monde et pas seulement sur ses critères de cohérence interne ou de conformité aux axiomes initiaux[109]. Le critère de Mäki soulève bien entendu le problème de ce que l’on considère comme le « monde objectif ». Il est indiscutable qu’il peut donner lieu à une dérive positiviste. Cette opposition est bien cruciale, car elle isole la nature profondément idéologique de l’économie néoclassique, mais elle ne permet pas de définir les postkeynésiens. Lawson[110], oppose ainsi, à l’intérieur du critère de « réalisme de vérité », la démarche où la vérification se fait à partir d’événement et celle où elle se fait sur la base d’une explicitation des processus, et donc des relations causales. La notion de processus, et surtout de procès, est au coeur de l’approche de Marx d’ailleurs tout comme elle est aussi centrale chez Keynes[111]. On ajoutera cependant que la détermination du processus ne peut être le seul critère de validation d’une théorie; il faut y ajouter les modes de construction (et leur critique) du processus dans cette théorie ainsi que le montre Michel Callon[112]. Sur la base de ces deux critères, une classification a été proposée par Sheila Dow, et qui a l’immense intérêt de bien préciser où sont les oppositions de paradigmes[113]. Il est ici dommage que les deux auteurs ne poussent pas plus loin la discussion quant à ce critère de définition, dans l’opposition entre hétérodoxes et néoclassiques[114].

La question de la cohérence opposée à l’optimisation n’est pas moins essentielle[115]. Cette question renvoie aux travaux de psychologie expérimentale déjà cités, mais aussi aux travaux d’Herbert Simon[116]. Mais, elle implique d’être fondée[117], si on ne veut pas en rester à la surface du raisonnement. Cependant, sur ce point là encore les postkeynésiens et une partie des « autrichiens »pourraient se retrouver en accord contre l’idéologie néoclassique.

De même, la question de l’opposition entre holisme et individualisme méthodologique, question que l’on a abordée dans la lecture du chapitre sur Minsky, est aussi une question clef. Elle peut, quant à elle, mieux spécifier une apport ou une spécificité post-keynésienne, mais à la condition de l’associer alors à l’institutionnalisme « classique ». Les travaux de Bentley peuvent permettre de comprendre ce que l’institutionnalisme a de commun avec la pensée post-keynésienne[118]. Mais, alors, il convient de poser le problème de la culture particulière dans laquelle est immergée l’agent, en particulier sous la forme d’une doctrine d’actions[119], culture qui – directement ou indirectement – va décider de ses réactions[120].

Le quatrième point apparaît comme plus spécifique au courant post-keynésien, encore qu’il impose une cohabitation avec l’Ecole Française de la Régulation. Le cinquième point, quant à lui soulève d’autres problèmes. Nombreux sont les économistes néoclassiques, ou opérant au sein de ce que Favereau appelle la « théorie standard étendue »[121], qui ont remis en cause la thèse de l’efficience des marchés[122]. Ces auteurs ont mis en évidence, et ce de l’intérieur du paradigme néoclassique, l’inefficience informationnelle[123], les problèmes majeurs d’information[124], mais aussi tout simplement la possibilité d’un équilibre[125]. Ces travaux ont conduit certain, et c’est en particulier le cas de Joseph Stiglitz, à se poser des questions qui apparaissent tout à fait parallèles à celle des post-keynésien[126], et en particulier sur les marchés financiers[127], un point que Lavoie et Ponsot reconnaissent d’ailleurs[128].

II.3. La distinction par les fondements des programmes de recherche

Le constat doit donc être tiré. Si l’idéologie de l’orthodoxie néoclassique semble aujourd’hui durablement en crise, si nombre de ses points forts sont aujourd’hui irrémédiablement contestés, il y a une multiplicité de courants hétérodoxes. La définition du post-keynésianisme ne peut donc venir de la contestation simple de l’orthodoxie ; elle doit se faire à travers un programme de recherches[129]. Lavoie et Ponsot présentent alors l’évolution historique du programme post-keynésien. Ils en déduisent cinq présuppositions épistémologiques, ontologiques et méthodologiques qui peuvent servir de base à la définition du post-keynésianisme[130] :

  1. L’importance de la demande effective
  2. La prédominance de l’incertitude radicale ou fondamentale.
  3. L’irréversibilité du temps historique.
  4. La reconnaissance de l’économie monétaire de production comme cadre d’analyse.
  5. L’importance de la répartition et des conflits de répartition.

Cependant, même avec cette classification, on peut introduire une discussion. Les points (2) et (3) seraient compatibles avec une partie du courant autrichien[131]. Le point (5) et en partie le point (4) ne font pas discrimination avec l’école institutionnaliste. Seule, la présence simultanée de ces cinq points permet de distinguer les postkeynésiens. Mais, même cette présence simultanée pose problème quand on en vient à l’Ecole Française de la Régulation, ce point occupe deux pages dans le chapitre écrit par Lavoie et Ponsot[132], mais aussi dans le rapport à l’institutionnalisme américain. Ce point ayant déjà été traité au sujet de Minsky, on n’y reviendra pas.

Une première réflexion est que, peut-être, tout ceci ne recouvre que des questions de dénominations. Une fois admis que dans le post-keynésianisme il y a Keynes, mais il n’y a pas que Keynes (et c’est tout l’enjeu de la « galeries des ancêtres » que de le montrer), on peut considérer qu’au sein des économistes hétérodoxes, il y a une grande famille qui reconnaît, peu ou prou, Keynes, Marx et Commons. Mais, on voit bien que cela peut poser problème car, s’ils sont proches, les programmes de recherches ne sont pas les mêmes. Néanmoins, ne peut-on pas le dire aussi pour les courants internes à l’Ecole Française de la Régulation et aux institutionnalistes ? Ainsi, on peut évidemment repérer des grandes similitudes entre Michel Aglietta et Robert Mistral, mais le premier avait défini la théorie de la régulation de manière très précise. Le programme de recherches qu’il propose peut se retrouver dans l’un des textes fondateurs de ce que l’on appelle l’École de la Régulation[133]. Pour M. Aglietta, la théorie de la régulation propose une théorie des économies capitalistes à partir de: “…(la théorie de) la genèse, du développement et du dépérissement des formes sociales, bref de la transformation dans laquelle se meuvent les séparations qui la constituent” [134].

Ou encore : “Le mouvement social va donc de l’économique au politique et réciproquement, de l’exacerbation à la polarisation des conflits et à la transformation institutionnelle d’une part, d’une légitimité conventionnelle à des différenciations stabilisées permettant de dériver des relations macro-économiques dotées d’une permanence statistique d’autre part[135]. La dimension historique de l’évolution du capitalisme, de son expansion au niveau mondial, implique alors de constituer en objet d’études les contextes institutionnels (au sens large du terme institutions), qui sous-tendent les différentes formes possibles de régulation[136]. S’il n’y a pas de contradictions entre le programme énoncé par Michel Aglietta à la fin des années 1970 et celui de Robert Boyer, on ne peut pas ne pas voir des divergences entre eux. Il n’est d’ailleurs pas sûr que Michel Aglietta se reconnaisse encore dans le programme qu’il avait fixé.

Le pivotement vers une vision essentialiste de la monnaie qui s’est produit dans l’œuvre d’Aglietta a été particulièrement remarqué. Le texte fondateur est constitué par l’ouvrage La Violence de la Monnaie de Michel Aglietta et André Orléan [137]. Cet ouvrage est a bien des égards fondamental, et a représenté un moment essentiel dans le débat théorique en France dans les années quatre-vingts[138]. Il faut cependant signaler qu’il s’inscrit dans une démarche plus générale. Ainsi, ces analyses sont largement reprises dans un autre ouvrage qui traite directement de la conjonction des formes économiques et sociales, et qui fut publié deux ans après le précédant[139]. Deux éléments sont ici à prendre en considération. D’une part, il y a le rappel appuyé au début de l’ouvrage des fondements des analyses de La Violence de la Monnaie. D’autre part, on trouve rapidement une référence à Hayek dans une discussion importante sur la décentralisation des décisions[140]. La combinaison du double référentiel est alors construit de la manière suivante. Aglietta et Brender critiquent Hayek pour une vision unilatérale de la monnaie, qui n’est pas seulement un média de communication mais est liée aux rapports de forces. Mais, ce faisant, au lieu de revenir aux analyse de Weber, ils introduisent la philosophie de René Girard et présentent la monnaie comme un moyen symbolique d’éviction du conflit assurant le fonctionnement des sociétés hétérogènes. Or Weber écrit des choses importantes sur les prix monétaires : « Les prix monétaires résultent de compromis et de conflits d’intérêt; en ceci ils découlent de la distribution du pouvoir. La monnaie n’est pas un simple “droit sur des biens non spécifiés” qui pourrait être utilisé à loisir sans conséquence fondamentale sur les caractéristiques du système des prix perçu comme une lutte entre les hommes. La monnaie est avant tout une arme dans cette lutte; elle n’est un instrument de calcul que dans la mesure où l’on prend en compte les opportunités de succès dans cette lutte »[141] . De ce point de vue Weber anticipe nettement sur les thèses keynésiennes.

A cet égard, l’apport d’Aglietta, de Brender et d’Orléan ne doit pas être sous-estimé. Les deux livres qui réunissent ces trois auteurs, Michel Aglietta faisant le lien entre les deux projets, constituent effectivement une tentative pour “prendre la monnaie au sérieux”, projet explicitement présenté dans La violence de la monnaie. Il faut cependant d’emblée remarquer certaines torsions dans la démarche. La référence à Hayek porte sur l’article de 1945, qui est celui où l’affirmation du rôle des prix dans la circulation de l’information est la plus tranchée et la plus unilatérale. La lecture des écrits ultérieurs de Hayek montre que ce texte est un écrit de circonstance, qui s’inscrit dans un débat particulier. Il ne reflète nullement l’analyse complète de son auteur. Or, la citation par Aglietta et Brender est décontextualisée. Ceci n’est pas illégitime, mais n’est pas sans conséquences. La notion que les prix sont les seuls, ou du moins les principaux, vecteurs de l’information est cruciale pour toute position essentialiste sur la question monétaire. Admettre l’importance d’informations implicites circulant par d’autres canaux aboutit immanquablement à relativiser le rôle de la monnaie. Par ailleurs, ceci conduit assez vite à l’idée de dépolitisation de la politique, qui devient centrale dans le Hayek de la fin des années soixante[142]. De telles positions sont alors clairement incompatibles avec les positions postkeynésiennes.

Sur ce point, si dans l’analyse postkeynésienne la monnaie tient une place centrale, elle n’est jamais essentialisée. Alors, peut-être que ces différences de classifications ne sont pas inutiles après tout, car elles renvoient à des visions du monde, monde complexe pour les uns, monde susceptible d’être simplifié pour les autres.

II.4. Une tentative de classification

Alors, se pose la question de comment procéder à une classification, assurément imparfaite, mais qui pourrait néanmoins s’avérer nécessaire. La classification proposée par Olivier Favereau ne saurait convenir[143], mais elle permet peut-être de penser autrement le problème. Il s’agit ici de classer les différents types d’hétérodoxie face à l’idéologie néoclassique. On s’inspire aussi du travail réalisé par Sheila Dow, tout en en différant substantiellement[144].

Le premier classement pourrait servir à opposer les grands courants ou les grandes représentations du monde économique. Elle s’organiserait alors autour de deux axes, tout d’abord l’opposition entre le réalisme (et en particulier le réalisme processuel ou procédural[145]) et l’instrumentalisme, puis l’opposition entre le holisme (et en particulier ce que j’ai qualifié de holisme subjectiviste[146]) et l’individualisme. Ce repère en deux dimensions permet de bien opposer l’idéologie néoclassique (instrumentaliste et rattachée à l’individualisme méthodologique) et le post-keynésianisme. Elle permet, aussi de faire figurer d’autres écoles, de la nébuleuse institutionnaliste aux marxistes, en passant par les « régulationnistes » et les « conventionnalistes », tout en pointant les évolutions. Du cœur néoclassique sont issus les « New Keynesians » dont la recherche de réalisme les conduit à s’éloigner de l’instrumentalisme pur et dur des néoclassiques. Inversement, des régulationnistes sont issus les conventionnalistes qui adhèrent à l’individualisme méthodologique et dont certains peuvent se rapprocher de l’instrumentalisme. De même, le courant néo-institutionnaliste (Williamson en particulier) est apparenté mais distinct des néoclassiques à cause de sa recherche de réalisme.

Diagramme 1

Cela permet aussi de faire figurer des parcours ou d’improbables hybridations, des autrichiens aux postkeynésiens (Kaldor, Shackle), entre les marxistes et les néoclassiques (O. Lange), entre les institutionnalistes et les postkeynésiens (Minsky), entre les marxistes et les postkeynésiens (Robinson, Kalecki), mais aussi les institutionnalistes et les régulationnistes.

Une seconde classification permet alors de mieux rendre compte des différences entre des courants qui partagent bien des choses en commun, comme les variantes du post-keynésianisme et les régulationnistes. Le repère est ici organisé entre l’opposition entre une vision d’une parfaite irréversibilité du temps et une vision d’une parfaite réversibilité de ce même temps, et entre la domination d’une logique de conflits à une logique de régularité. Dans ce repère, il est alors possible de faire figurer tant le Keynes inspirateur du post-keynésianisme (ou Keynes (2)) que Commons, tant Minsky et Shackle que Kaldor, Kalecki et Joan Robinson, tant les régulationnistes que l’école de la diversité des capitalismes qui en est issue. On peut aussi faire figurer les influences des uns sur les autres, et les processus d’engendrement.

Diagramme 2

Ces tentatives sont, il faut le rappeler, expérimentales. Elles sont appelées à être enrichies, corrigées, diversifiées. Mais, à mon sens, elles établissent que si une classification peut être utile, il faut procéder en deux temps : partir des bases et distinguer les courants, y compris les plus opposés, puis dans un second temps, distinguer au cœur d’un ensemble que réunit certaines caractéristiques, les diversités.

Elles montrent les enjeux théoriques du positionnement des postkeynésiens, non pas tant pour arriver à une classification parfaite (aucun ne l’est) que pour s’en servir comme d’un outil afin de comprendre les possibles ou probables hybridations, les rapprochements et les évolutions.

 

Notes

[1] Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne – Histoire, théories et politiques, Paris, Le Seuil, 2018.

[2] Paisnetti L., « Robinson, Joan Violet », in J. Eatwell, M. Milgate et M. Newman (edits.), The New Palgrave – A Dictionary of Economics, Londres, Macmillan, T. 4, pp. 212-217.

[3] Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., p. 54.

[4] Weintraub S., Capitalism, Inflation and Unemployment Crisis, Reading, (Mass.), Addison Wessley, 1978.

[5] Voir, Aglietta M., Régulation et crise du capitalisme – L’exemple américain , Calmann-Levy, Paris, 1976. R. Boyer et J. Mistral, Accumulation, inflation et crise, PUF, Paris, 1978, A. Lipietz, Crise et inflation, pourquoi?, Maspéro, 1979

[6] Whalen C., “The US Credit Crunch of 2007: A Minsky Moment”, Public Policy Brief, The Levy Economics Institute of Bard College, n°92, 2007, Annandale-on-Hudson, NY.

[7] Galbraith, J.K., « Préface » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 7-10.

[8] Bousseyrol M., « John Maynard Keynes – Le père de la macroéconomie moderne » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 14-34.

[9] Bousseyrol M., « John Maynard Keynes – Le père de la macroéconomie moderne » op.cit., p. 25.

[10] Keynes en fait longuement mention dans A Tract on Monetary Reform, Cambrdige University Press, Cambridge, 1923.

[11] Que ce soit sur l’incertitude et la vision « subjectiviste » de l’économie. Les deux hommes ont été largement influencés par un article important de Wicksell publié en 1907 quant à leur vision du taux d’intérêt : Wicksell K., “The Influence of the Rate of Interest on Prices”, in Economic Journal, vol. XVII, n°1/1907, pp. 213-220.

[12] Hayek F.A., Prices and Productions, Routledge, Londres, 1935. Les quatre conférences qui constituent cet ouvrage ont été prononcées en 1931. Voir aussi Hayek F.A., “Intertemporal Price Equilibrium and Movements in the Value of Money” republié in F.A. Hayek, Money, Capital and Fluctuations: Early Essays, Routledge and Kegan Paul, Londres, 1984, première édition de l’article en 1928 et Idem, “Prices expectations, monetary disturbances and malinvestments”, texte d’une conférence prononcée en 1933 et publiée et 1935 en allemand dans Nationalökonomisk Tidsskrift, et cité ici à partir de sa réédition (augmentée) dans F.A. Hayek, Profit, Interest and Investment, Londres, Routledge, 1939, p.141

[13] F.A. Hayek, “Intertemporal Price Equilibrium and Movements in the Value of Money” op.cit., p. 103.

[14] O’Driscoll Jr G.P,. et M.J. Rizzo, Economics of Time and Ignorance, Basil Blackwell, Oxford, 1985, pp. 60-61.

[15] Hayek, F.A., “Reflections on the Pure theory of Money of Mr. J.M. Keynes – Part I”, in Economica, vol. 11, 1931, pp. 270-295, et “Reflections on the Pure Theory of Money of Mr. J.M. Keynes -Part II”, in Economica , Vol. 12, n°1, 1933, pp. 22-44.

[16] Keynes J.M., “The Pure Theory of Money: a Reply to Dr. Hayek” in Economica, vol. 11, 1931, pp. 387-397

[17] Sraffa P., “Dr. Hayek on Money and Capital”, in Economic Journal, vol. XLII, n°1/1932, pp. 42-53.

[18] Butos W. N. et Koppl R. G., « The Varieties of Subjectivism: Keynes and Hayek on Expectations » in History of Political Economy, Vol. 29 (2), 1997, pp. : 327-359.

[19] Robertson D.H., ‪Banking Policy and the Price Level: An Essay in the Theory of the Trade Cycle, Londres, P.S. King and Son, 1926.

[20] Favereau O., « Quand les parallèles se rencontrent : Keynes et Wittgenstein, l’économie et la philosophie », in Revue de métaphysique et de morale 2005/vol. 3 (n° 47), p. 403-427.

[21] Favereau O., « L’incertain dans la révolution keynésienne – L’hypothèse Wittgenstein » in Economie et Sociétés, Série PE, Oeconomia, n°3, 1985, pp. 29-72.

[22] Keynes J.M., A Tract on Monetary Reform, op.cit..

[23] Voir P. Hill et R. Keynes (edits.), Lydia & Maynard – The letters of Lydia Lopokova and John Maynard Keynes, André Deutsch, Londres, 1989.

[24] Keynes J.M., The End of Laissez-Faire, Hogarth Press, Londres, 1926

[25] Voir P. Hill et R. Keynes (edits.), Lydia & Maynard – The letters of Lydia Lopokova and John Maynard Keynes, André Deutsch, Londres, 1989.

[26] Favereau O., « La Théorie Générale : de l’Economie conventionnelle à l’Economie des Conventions » in Cahiers d’Economie Politique, n° 14-15, 1988, pp. 197-220.

[27] Burczak, T. A, “Subjectivism and the limits of F. A. Hayek’s political economy” (1994). Doctoral Dissertations Univ. Of Mass, Amherst, https://scholarworks.umass.edu/dissertations/AAI9420604

[28] Lorenz A., « Nicholas Kaldor, défenseur d’une économie dynamique ancrée dans l’histoire », in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 69-85.

[29] Comme, Kaldor N., “The Determinateness of Static Equilibrium”, publié initialement en 1934 sous le titre ” A classificatory note on the Determinateness of Equilibrium” in Review of Economic Studies , vol. 1, 1934, pp. 122-136, et republié in N. Kaldor, Essays on Value and Distribution , Duckworth, Londres, 1960

[30] . Kaldor N., “Professor Hayek and the Concertina-Effect”, in Economica, vol. 9, n°2/1942, pp. 359-382.

[31] Lorenz A., « Nicholas Kaldor, défenseur d’une économie dynamique ancrée dans l’histoire », op.cit., p. 71.

[32] Voir Aglietta M., Régulation et crise du capitalisme – L’exemple américain, op.cit., et R. Boyer et J. Mistral, Accumulation, inflation et crise, op.cit..

[33] Harrod R., Toward a Dynamic Equilibrium, Londres, Macmillan, 1948.

[34] Kaldor N., « A Model of Economic Growth » in The Economic Journal, Vol. 67, n° 268, pp. 591-614.

[35] Lorenz A., « Nicholas Kaldor, défenseur d’une économie dynamique ancrée dans l’histoire », op.cit., p. 72.

[36] Caldwell B.J., Beyond Positivism: Economic Methodology in the Twentieth Century, Allen & Unwin, Londres, 1982. Idem, “Economic Methodology: Rationale, Foundation, Prospects”, in U. Mäki, B. Gustafsson et C. Knudsen, (eds.), Rationality, Institutions & Economic Methodology, Routledge, Londres-New York, 1993, pp. 45-60. Idem, “Does Methodology matters? How should it practiced?”, in Finnish Economic Papers, vol.3, n°1/1990, pp. 64-71. D. Hausman, The Inexact and Separate Science of Economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1992. D.W. Hands, “Popper and Lakatos in Economic Methodology”, in U. Mäki, B. Gustafsson et C. Knudsen, (eds.), Rationality, Institutions & Economic Methodology, op.cit., pp. 61-75. J.J. Klant, “Refutability”, in Methodus , vol. 2, n°2/1990, pp. 34-51.

[37] Friedman M., “The Methodology of Positive Economics”, in M. Friedman, Essays in Positive Economics, University of Chicago Press, Chicago, 1953, pp. 3-43.

[38] Weintraub E.R., “Methodology doesn’t matter, but history of thought might”, in S. Honkapohja, (ed.), Wither Macroeconomics?, Basil Blackwell, Oxford, 1989

[39] Samuelson P.A., “Classical and Neoclassical theory”, in R.W. Clower, (ed.), Monetary Theory, Penguin, Londres, 1969. Blaug M., The Methodology of Economics , Cambridge University Press, Cambridge, 1980.

[40] Mason, “Some negative thoughts on Friedman’s Positive Economics”, in Journal of Post-Keynesian Economics, vol. 3, n°2/1981, pp. 235-55. U. Mäki, “Friedman and Realism”, in Research in the History of Economic Thought and Methodology, vol. 10, 1992, pp. 171-195.

[41] Mirowski P., “How not to do things with metaphors: Paul Samuelson and the science of Neoclassical Economics”, in Studies in the History and Philosophy of Science, vol. 20, n°1/1989, pp. 175-191. Pour une critique plus générale sur le modèle de scientificité de la physique, P. Mirowski, More heat than light, Cambridge University Press, Cambridge, 1990.

[42] Dow S.C., “Mainstream Economic Methodology”, in Cambridge Journal of Economics, vol. 21, n°1/1997, pp. 73-93

[43] Insel A., “Une rigueur pour la forme: Pourquoi la théorie néoclassique fascine-t-elle tant les économistes et comment s’en déprendre?”, in Revue Semestrielle du MAUSS, n°3, éditions la Découverte, Paris, 1994, pp. 77-94.

[44] Lorenz A., « Nicholas Kaldor, défenseur d’une économie dynamique ancrée dans l’histoire », op.cit., p. 77.

[45] Idem, pp. 80-82.

[46] Kaldor N., Le fléau du monétarisme, traduit par B. Guerrien et M. Oriol, Paris, Economica, 1985.

[47] Rochon L-P., « Joan Robinson – Une combattante à l’assaut de la citadelle orthodoxe » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 51-67.

[48] Solow R.M., “The production function and the theory of capital”, in Review of Economic Studies, vol. XXIII, (1955-1956), pp. 101-108; Idem, “Substitution and Fixed Proportions in the theory of capital”, in Review of Economic Studies, vol. XXX, (juin 1962), pp. 207-218.

[49] Voir Robinson J., « The Production Function and the Theory of Capital » in Review of Economic Studies, vol. 21, n°3, pp. 81-106, et Idem, L’accumulation du Capital, publié en anglais en 1956, traduit par A. et C. Alcouffe, Paris, Dunod, 1977.

[50] Samuelson P.A., « A Summing Up » in Quarterly Journal of Economics, vol. 80, n°4, pp. 568-583.

[51] Rochon L-P., « Joan Robinson – Une combattante à l’assaut de la citadelle orthodoxe », op.cit., p. 53.

[52] Ezekiel M., “The Cobweb Theorem”, in Quarterly Journal of Economics , vol. LII, n°1, 1937-1938.

[53] Neurath O., “Personal life and class struggle” republié in O. Neurath, Empiricism and Sociology, op. cit., voir P. 263. Texte initialement publié en 1928.

[54] Shackle G.L.S., Expectations in Economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1949 ; Idem, Decision, Order and Time in Human affairs, Cambridge University Press, Cambridge, 1961.

[55] O’Driscoll Jr G.P.. et M.J. Rizzo, Economics of Time and Ignorance, Basil Blackwell, Oxford, 1985, pp. 60-61

[56] Dow S.C., “The appeal of Neoclassical Economics: Some Insights from Keyne’s epistemology”, in Cambridge Journal of Economics, vol. 19, n°5, 1995, pp. 715-733.

[57] Rochon L-P., « Joan Robinson – Une combattante à l’assaut de la citadelle orthodoxe », op.cit., pp. 62-63.

[58] Sapir J., Les trous noirs de la science économique – Essai sur l’impossibilité de penser le temps et l’argent, Albin Michel, Paris, 2000.

[59] Assous M., « Michal Kalecki, l’économiste des relations de pouvoir et des conflits sociaux » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 35-49.

[60] Passaris S. et K. Vinaver (edits), « Pour aborder le XXIème siècle avec le développement durable », numéro spécial en l’honneur du professeur Ignacy Sachs, in Économies et Sociétés, série F, n°36, 1/1998, numéro spécial.

[61] Assous M., « Michal Kalecki, l’économiste des relations de pouvoir et des conflits sociaux », op.cit., pp. 38-39.

[62] Idem, p. 41.

[63] Commons J.R., The Economics of Collective Action, Macmillan, New York, 1950

[64] Nasica E., « Hyman Minsky, le théoricien de l’instabilité financière » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 87-104.

[65] Hayek F.A., Collectivist Economic Planning , Routledge, Londres, 1935

[66] Lange O., “On the Economic Theory of Socialism”, in Review of Economic Studies, vol. 4, n°1, 1936 (octobre) et n°2 (février 1937). Voir aussi Lerner A.P., “A Note on Socialist Economies”, in Review of Economic Studies, vol. 4, n°1, 1936, octobre. Idem, “Statics and Dynamics in Socialist Economies”, in Economic Journal , vol. 47, juin 1937

[67] Lavoie D., Rivalry and Central Planning – The Socialist Calculation Debate Reconsidered, Cambridge University Press, Cambridge, 1985. O’Neill J., “Who won the socialist calculation debate”, in History of Political Thought, vol. XVII, n°3, automne 1996, pp. 431-442

[68] Von Mises L., “Economic calculation in the Socialist commonwealth”, publié initialement en allemand in Archuv fûr Soziamwissenschafen und Sozialpolitik , vol. 47, avril 1921, reproduit in F.A. Hayek, Collectivist Economic Planning, op.cit..

[69] Nasica E., « Hyman Minsky, le théoricien de l’instabilité financière », op.cit., p. 87.

[70] Idem, p. 88.

[71] Minsky H.P., John Maynard Keynes, Columbia University Press, New York, 1975

[72] Minsky H.P., Stabilizing an Unstable Economy, Yale University Press, New Haven, Conn., 1986. Idem, Can “It” Happen Again?, M.E. Sharpe, Armonk, N.Y., 1982.

[73] Randall Wray L., “Minsky’s Financial Hypothesis and the Endogeneity of Money” in S.M. Fazzari et D.B. Papadimitriou (eds.), Financial Conditions and Economic Performances: Essays in Honor of H.P. Minsky , Yale University Press, New Haven, Conn., 1992

[74] Vercelli, A., « A Pesrpective on Minsky Moments : The Core of the Financial Instability

Hypothesis in the light of Subprime Crisis », Working paper n° 579, The Levy Economics Institute,

Annandale-on-Hudson, NY, 2009.

[75] Nasica E., « Hyman Minsky, le théoricien de l’instabilité financière », op.cit., p. 99.

[76] Minsky H.P., “Uncertainty and the Institutional Structure of Capitalist Economies”, in Journal of Economic Issues, vol. XXX, n°2/1996, pp. 357-370.

[77] Voir Keynes, J.M., Letter to John R. Commons, Reproduced in John R. Commons Papers (microfilm edition, 1982), State Historical Society of Wisconsin, cité in Minsky H.P., “Uncertainty and the Institutional Structure of Capitalist Economies”, op.cit..

[78] Nasica E., « Hyman Minsky, le théoricien de l’instabilité financière », op.cit., p. 99.

[79] Lucas R.E. et T. Sargent, “After Keynesian Macroeconomics”, in Idem, (edits.), Rational Expectations and Econometric Practice, George Allen & Unwin, 1981

[80] Voir Goodhart, C.A.E., “The Continuing Muddles of Monetary Theory: A Steadfast Refusal to Face facts”, paper presented to the 12th Conference of the Research Network macroeconomics and Macroeconomic Policy, Berlin, Germany, October 31st – November 1st, 2008. Gali J. and M. Gertler, “Macroeconomic Modelling for Monetary Policy Evaluation”, in Journal of Economic Perspectives, Vol. 21, n°4, 2007, pp. 25-45. Blanchard O., ‘The State of Macro”, NBER Working Paper Series, n° 14259, National Bureau of Economic Research, Cambridge, MA, 2008

[81] Whalen C.J., « The Veblen-Commons Award – Hyman P. Minsky » in Journal of Economic Issues, vol. XXX, n°2/1996, pp. 353-355.

[82] On lira avec profit l’article de Papadimitriou D.B. et L. Randall Wray, « The Economic Contributions of Hyman Minsky: varieties of capitalism and institutional reform », in Review of Political Economy, Vol. 10, 1998, n° 2, pp. 199-225.

[83] Nasica E., « Hyman Minsky, le théoricien de l’instabilité financière », op.cit., p. 92-93.

[84] Tversky A., “Rational Theory and Constructive Choice”, in K.J. Arrow, E. Colombatto, M. Perlman et C. Schmidt (edits.), The Rational Foundations of Economic Behaviour, Basingstoke – New York, Macmillan et St. Martin’s Press, 1996, p. 185-197, p. 187. Tversky A. et D. Kahneman, “Rational Choice and the Framing of Decisions”, Journal of Business , vol. 59, n°4/1986, part-2, p. 251-278. Idem, “Loss Aversion in Riskless Choice: a Reference Dependant Model”, Quarterly Journal of Economics , vol. 107, n°4/1991, p. 1039-1061.

[85] Kahneman D., J. Knetsch et R. Thaler, “The Endowment Effect, Loss Aversion and StatuQuo Bias”, Journal of Economic Perspectives , vol. 5/1991, n°1, p. 193-206.

[86] Pour une discussion générale sur ce point, Sensat J., “Methodological Individualism and Marxism”, Economics and Philosophy, vol. 4, n°1/1988, p. 189-220; J. Watkins, “Methodological Individualism and Social Tendencies”, in M. Brodbeck, (ed.), Readings in the Philosophy of Social Sciences, Macmillan, New York, 1968, p. 269-279; D.M. Hausman, The inexact and separate science of Economics, Cambridge, Cambridge University Press, 1992. J. Agassi, “Methodological Individualism”, British Journal of Sociology , vol. 11, 1960, Septembre, p. 244-270 et, “Institutional Individualism”, ibid. , vol. 26, 1975, Juin, p. 144-155

[87] Ramstad Y., “A Pragmatist’s Quest for Holistic Knowledge: The Scientific Methodology of John R. Commons”, Journal of Economic Issues , Vol. 20, n°4, décembre 1986, p. 1067-1105. A.G. Gruchy, Modern Economic Thought – An American Contribution, New York, Prentice Hall, 1947.

[88] Agassi J., “Institutional Individualism”, British Journal of Sociology , vol. 26, juin 1975, p. 144-155.

[89] Sapir J., Quelle économie pour le XXIè siècle?, Odile Jacob, Paris, 2005, chapitre 5.

[90] Lavoie M. et Ponsot J-F., « Les courants et fondements théoriques de l’analyse post-keynésienne » in Berr E., Monvoisin V. et Ponsot J-F., L’économie post-keynésienne, op.cit., pp. 105-125.

[91] Hamouda O.F et Hercourt G.C., « Post-Keynesianism : From Criticism to Coherence » in Bulletin of Economic Research, vol. 40, n°1, pp. 1-33.

[92] Lavoie M. et Ponsot J-F., « Les courants et fondements théoriques de l’analyse post-keynésienne », op. cit., p. 106.

[93] Idem., p. 108.

[94] Voir Shackle G.L.S., Expectations in Economics, Cambridge University Press, Cambridge, 1949 ; Shackle, G.L.S., Epistemics and Economics – A critique of economic doctrines, Cambridge, Cambridge University Press, 1972

[95] Idem, note pp. 73/74.

[96] Idem, p. 74.

[97] Shackle G.L.S., “On the Nature of Profit”, in G.L.S. Shackle, Business, Time and Thought. Selected papers of G.L.S. Shackle, edited by S.F. Frower, New York University Press, New York, 1988, pp. 107-123

[98] Davidson P., “Some misunderstanding on uncertainty in modern classical economics”, in C. Schmidt, (ed.), Uncertainty in Economic Thought, Edward Elgar, Cheltenham, 1996.

[99] Davidson, P., “A Clarification of the Ricardian Rent Share”, in The Canadian Journal of Economics and Political Science, Vol. 25 (1959), n°2, pp. 190–195

[100] Davidson, P., “More on the Aggregate Supply Function”, in The Economic Journal, Vol. 72 , 1962, n°286, pp. 452–457 ; Davidson, P.; Smolensky, E., “Modigliani on the Interaction of Monetary and Real Phenomena” in The Review of Economics and Statistics, Vol. 46, 1964, n°4, pp. 429–431.

[101] Davidson P., “Post-Keynesian Economics: Solving the Crises in Economic Theory”, in The Public Interest, numéro spécial, 1981, pp. 123-138. Idem, “A Keynesian View of Patinkin’s Theory of Employment” in The Economic Journal, Vol. 77, 1967, n°307, pp. 559–578.

[102] Davidson, P., “A Keynesian View of Friedman’s Theoretical Framework for Monetary Analysis” in The Journal of Political Economy, Vol. 80, 1972, n°5, pp. 864–882.

[103] Ceci étant écrit avec une référence fort consciente à Victor Hugo, Hernani, 1830, III, 6.

[104] Lavoie M. et Ponsot J-F., « Les courants et fondements théoriques de l’analyse post-keynésienne », op. cit., p. 111.

[105] Idem, pp. 112-113.

[106] Voir Hutchison T.W., The Significance and Basic Postulates of Economic Theory, Macmillan, Londres, 1938, Mirowski P., More heat than light, op.cit.,

[107] Lawson T., “Realism and instrumentalism in the development of econometrics”, in Oxford Economic Papers, vol. 41, janvier 1989, pp. 236-258. Mäki U., “How to combine rethoric and realism in the methodology of economics” in Economics and Philosophy, vol.4, avril 1988, pp. 353-373.

[108] Duhem P., The Aim and structure of Physical Theory, Princeton University Press, Princeton, NJ, 1954. W. Quine, “Two Dogmas of Empiricism”, in W. Quine, From a Logical Point of View, Harvard University Press, Cambridge, Mass., 1953, pp. 20-46. Voir aussi, Hands D.W., Testing, Rationality and Progress: Essays on the Popperian Tradition in Economic Methodology, Rowman & Littlefield, Latham, NJ, 1992. D.M. Hausman, “An Appraisal of Popperian Methodology” in N. de Marchi, (ed), The Popperian Legacy in Economics, Cambridge University Press, cambridge, 1988, pp. 65-85.

[109] Mäki U., “How to combine rethoric and realism in the methodology of economics”, op.cit..

[110] Lawson T., “Realism and …”, op. cit..

[111] Carabelli A.M., On Keynes’s Method, Macmillan, Londres, 1988. A. Fitzgibbons, Keynes’s vision , Oxford University Press, Oxford, 1988.

[112] Callon M., (sous la direction de), La Science et ses réseaux , La Découverte, Paris, 1989

[113] Dow S.C., “Post-Keynesianism as political economy: a methodological discussion”, in Review of Political Economy, vol.2, n°3, 1990, pp. 345-358; voir p. 349

[114] Voir Sapir J., Le Trous noirs de la Science Economique, Pais, Albin Michel, 2000.

[115] Voir . Forest J et C. Mehier, “John R. Commons et Herbert A. Simon on the Concept of Rationality”, Journal of Economic Issues, vol. XXXV, n°3/2001, p. 591-605. Le thème est développé dans J. R. Commons, Institutional Economics, its place in Political Economy, New Brunswick, Transaction Publishers, 1990 (1934).

[116] Simon H.A., “Rationality as Process and as Product of Thought”, in American Economic Review, vol. 68, n°2/1978, p. 1-16

[117] Sapir J., Quelle économie pour le XXIème siècle, Paris, Odile Jacob, 2005.

[118] Bentley A., The Process of Government (1908), Evanston, Principia Press,1949.

[119] Sapir J., Quelle économie pour le XXIème siècle, op.cit., chap. 5.

[120] Shackle G.L.S., “The Romantic Mountain and the Classic Lake: Allan Coddington’s Economics”, Journal of Post-Keynesian Economics , vol. 6, n°1/1983, p. 241-257

[121] Favereau O., “Marchés internes, marchés externes”, in Revue Économique, vol. 40, n°2/1989, mars, pp. 273-328

[122] Par exemple Radner R., “Problems in the Theory of Markets under Uncertainty”, in American Economic Review, vol. 60, 1970, n° special Papers and Proceedings, pp. 454-460

[123] Grossman S.J. et J.E. Stiglitz, “Information and Competitive Price Systems”, in American Economic Review -Papers and Proceedings , juin 1976. Grossman S.J. et J.E. Stiglitz, “On the impossibility of informationnally Efficient Markets” in American Economic Review, vol.70, Juin, 1980, pp.393-408.

[124] Akerlof G.A., “The Market of ‘Lemons’: Quality, Uncertainty and the Market Mechanism” in Quarterly Journal of Economics, vol. 84, n°3, 1970, août, pp. 488-500. Greenwald B.C. et J.E. Stiglitz, “Asymmetric Information and the New Theory of the Firm : Constraints and Risk Behavior” in American Economic Review, vol. 80, n°2/1990, Papers and Proceedings, pp. 160-165

[125] Salop S., On the Non-Existence of Competitive Equilibrium, StLouis Federal reserve Board, St.Louis, 1976. Stiglitz J.E., ” Imperfect Information in the Product Market” in R. Schmalensee et R.D. Willig, (eds), Handbook of Industrial Organization, Elsevier, New York, vol. 1, 1989, pp. 769-847

[126] Stiglitz J.E., “Information and the Change in the Paradigm in Economics”, in American Economic Review, vol. 92, n°3, juin 2002, pp. 460-501

[127] Greenwald, B., Stiglitz, J. and Weiss, A., ‘Informational Imperfections in the Capital Market and Macroeconomic Fluctuations’ in American Economic Review, Vol. 74, 1984, No. 2, pp. 194–199 ; Stiglitz, J.E., ‘Contagion, Liberalization, and the Optimal Structure of Globalization’ in Journal of Globalization and Development, Vol. 1, 2010, No. 2, Article 2.

[128] Lavoie M. et Ponsot J-F., « Les courants et fondements théoriques de l’analyse post-keynésienne », op.cit., p. 118.

[129] Idem, p. 114.

[130] Idem, p. 116.

[131] Lachman L.M., “From Mises to Shackle : an essay on Austrian economics and the Kaleideic Society” in Journal of Economic Litterature, vol.14, n°1, 1976, pp.54-62 ; Idem, Market as an Economic Process, Basil Blackwell, Oxford, 1986.

[132] Lavoie M. et Ponsot J-F., « Les courants et fondements théoriques de l’analyse post-keynésienne », op.cit., p. 119-120.

[133] Voir, M. Aglietta, Régulation et crise du capitalisme – L’exemple américain , op.cit.

[134] M. Aglietta, Régulation et crise du capitalisme …, op.cit., Avant-Propos de la 2ème édition, p. VI.

[135] Idem, p. VIII.

[136] R. Boyer et J. Mistral, Accumulation, inflation et crise, op.cit., p. 4.

[137] M.Aglietta & A.Orléan, La Violence de la Monnaie, PUF, Paris, 1982.

[138] A. Lipietz présente sa vision, fort critique, de ce moment tout en reconnaissant son importance in A. Lipietz, “De la régulation aux conventions: Le grand bond en arrière?”, in Actuel Marx, n°17, 1er semestre 1995, pp. 39-48. Voir aussi S de Brunhoff, “Régulation et monnaie”, in Actuel Marx, n°17, 1er semestre 1995, pp. 85-92.

[139] M. Aglietta et A. Brender, Les Métamorphoses de la Société Salariale, Calmann-Levy, Paris, 1984.

[140] Voir idem, p. 40.

[141] M.Weber, Economy and Society: An Outline of Interpretative Sociology, University of California Press, Berkeley, 1948, p.108.

[142] Bellamy R., (1994). ‘Dethroning Politics’: Liberalism, Constitutionalism and Democracy in the Thought of F. A. Hayek. British Journal of Political Science, 24, pp 419-441.

[143] Favereau O., “Marchés internes, marchés externes”, op.cit..

[144] Dow S.C., “Post-Keynesianism as political economy: a methodological discussion”, in Review of Political Economy, vol.2, n°3, 1990, pp. 345-358

[145] Sapir J., Les Trous noirs de la Science Economique, op.cit..

[146] Sapir J., Quelle économie pour le XXIème siécle, op.cit., chap. 5.

Commentaire recommandé

RGT // 10.11.2018 à 09h00

Si le monde avait écouté Keynes à la fin de la seconde guerre mondiale et avait mis en pratique ses idées (le Bancor) pour la monnaie de réserve mondiale nous ne subirions pas les problèmes actuels d’hégémonie du Dollar.

Si les “décideurs” actuels choisissaient de suivre ses recommandations, au moins sur le thème de la monnaie servant à régler les échanges commerciaux internationaux, nous aurions un sacré handicap de moins concernant l’épée de Damoclès suspendue au dessus des états et des entreprises qui procèdent à des échanges avec des pays victimes de sanctions auto-proclamées par le Sacro-Saint Empire.

Par contre, et c’est là que le bât blesse, ledit empire se retrouverait à court de liquidités pour financer ses actions coloniales sur l’ensemble de la planète.

Ne comptez donc surtout pas sur les “Young Leaders” et leurs affidés pour que cette décision équilibrée puisse un jour être adoptée et que les peuples de cette planète se libèrent de leurs chaînes financières.

Finalement, Keynes était un dangereux communiste qui se promenait avec un faux-nez libéral.
Il faut donc faire sombrer dans l’oubli ses idées réelles et même le fait même qu’il ait un jour existé.

22 réactions et commentaires

  • PsyyyX // 09.11.2018 à 08h18

    Si on me parle de post-keynesien, je suis obligé de citer Keen :D.

    Très intéressant tout ça.

    • LS // 10.11.2018 à 13h41

      Je suppose que vous parlez de Steve Keen qui se proclame effectivement post-keynesien.

      Mais il est connue essentiellement par sa critique, oh combien inintéressante (l’imposture économique dans plusieurs éditions), de la théorie néoclassique plutôt que par ses propres développements.

      Vous avez des références de ses développements originaux?

      Mais je suis d’accord, c’est intéressant.

      • PsyyyX // 12.11.2018 à 21h38

        En général les travaux individuels des économistes ont peut de chance de nous, profanes, être clair. Je ne suis pas économiste après tout. Idem en biologie : quand j’étais dedans, je ne lisais que les papiers scientifiques de mon domaine; ce qui ne m’empêchait pas de lire des travaux de synthèses sur d’autres sujets pour le plaisir.

        Donc je n’ai pas de Keen à proposer. Je doute que ça soit accessible à un non économiste post-keynesien. Par contre son blog est super, entre vulgarisation et démontage.

  • Patrick // 09.11.2018 à 08h27

    Pour l’essentiel Keynes a été “limité” à la notion de dépense publique.

    Il disait que en cas de crise, l’état doit soutenir l’économie puisqu’il est le seul à pouvoir s’endetter si nécessaire , mais qu’il devait ensuite se désendetter à la sortie de cirse.
    Nos chers politiciens n’ont retenu que la première partie …. on s’endette et youpi !!!

    Je me demande si je ne vais pas aller acheter ce bouquin 🙂

    • Alex Hache // 09.11.2018 à 08h48

      À l”ère de la monnaie fiduciaire, l’état n’a plus besoin de se désendetter pour préserver sa capacité d’intervention lors de crise. Le montant de la dette publique est un paramètre futile. (Ce constat ne vaut pas pour l’UE, dont les pays ont renoncé à leur souveraineté monétaire.)

      Cela ne veut pas dire qu’il faut dépenser à tour de bras : l’inflation est un risque bien réel. Mais affirmer qu’un pays risque un jour de manquer d’une monnaie qu’il produit lui-même à volonté est une ineptie. C’est une “fake news”, comme on dit aujourd’hui.

      Je recommande fortement les billets quotidiens (parfois un peu bordéliques) de l’hyperactif Bill Mitchell sur son site consacré à la Modern Monetary Theory.

      • Patrick // 09.11.2018 à 09h12

        Le Zimbabwe est en train d’imprimer des billets de 100 milliards de dollars ( Zimbabwéens ) , le Vénézuela prend le même chemin . Comble de la post-modernité , le Vénézuela a même essayé de créer une crypto-monnaie, il n’y a même plus besoin d’imprimer, ça va encore plus vite.
        Donc c’est vrai qu’un pays peut produire autant de monnaie qu’il le souhaite.
        Le problème de cette monnaie créée à volonté par l’état n’est pas d’en manquer , c’est juste de savoir quelle sera sa valeur in fine, en général proche de zéro.

        Mais rassurez-vous , ce sera toujours le citoyen de base qui paiera la note finale ( disparition de son épargne , dévaluation de son salaire et misère au bout du compte ).

        Je suis tout à fait pour la souveraineté du pays et pour que chaque pays gère lui-même sa monnaie ( je suis tout à fait opposé à l’Euro ) mais à condition que les règles soient strictes et que le gouvernement ne remplace pas l’endettement par la planche à billets.

      • Pinouille // 09.11.2018 à 15h02

        “Le montant de la dette publique est un paramètre futile.”
        Jusqu’au jour où la confiance en la capacité du pays à rembourser sa dette disparaît. Ce jour là, plus personne ne voudra acheter cette dette (ou à des conditions insupportables), et utiliser la monnaie en question. Ce sera moins futile.

        “Mais affirmer qu’un pays risque un jour de manquer d’une monnaie qu’il produit lui-même à volonté est une ineptie.”
        D’ailleurs, personne ne le dit 🙂

      • Peretz // 13.11.2018 à 11h09

        ALEX à raison. La dette est un fantôme qui correspond au volume de ce qu’aura produit l’inflation.

  • calal // 09.11.2018 à 08h32

    pfui, un pro parle aux pros… Ca manque d’exemples illustratifs pour moi.

  • Daniel // 09.11.2018 à 09h23

    Comme le dit Georges Boris, “Si ce n’est pas l’Etat qui contrôle la monnaie, c’est la monnaie qui contrôle l’Etat”.
    Je suis entièrement d’accord avec lui et de plus je rajoute de plus que l’économie se résume à la finalité de l’argent :
    Si l’argent créé (Crédit) sert à payer des dettes, alors on sera systématiquement dans un environnement inflationniste,
    tandis que si le crédit va à l’investissement productif (infrastructure physique de base comme l’énergie ( barrages, centrales…), transport (canaux,chemins de fer,route), école, santé) alors on est dans une démarche anti inflationniste.
    En effet l’argent créé ex nihilo et orienté vers le physique va permettre de créer les conditions pour générer de nouvelles activités sur du long terme (30 ans) qui in fine aura remboursé et de loin le crédit initial.
    Cela s’appelle le crédit productif public, c’est un des secrets du New Deal, des 30 Glorieuses et de la réussite Chinoise Actuelle avec les Nouvelles Routes de la Soie.

    • Patrick // 09.11.2018 à 09h34

      New Deal et 30 glorieuses ?
      Donc le principe est de commencer par la destruction totale d’un pays ( guerre ou crise économique majeure ) que l’on reconstruit en bénéficiant du dynamisme de la démographie et en imprimant du pognon.

      Bon les 30 glorieuses ont été suivies des 30 piteuses avec explosion de l’endettement. Ben oui, pour que le peuple soit content il a bien fallu continuer à lui offrir du pain et des jeux , la recette n’est pas nouvelle, plutôt que de dire que la fête est finie.

      Au fait que s’est-il passé dans les années 70 ( non !! pas la loi de 73 )
      – fin des accords de Bretton Wood , les USA peuvent imprimer du dollar à volonté donc c’est crédit à volonté !!!
      – premier choc pétrolier et gros coup de semonce pour l’économie

      Les vannes du crédit et le miracle de l’endettement n’avaient plus de limite … on va payer l’addition 50 ans après … comme disait Friedman , il n’y a pas de repas gratuit , il y a toujours quelqu’un qui paie.

      • Daniel // 09.11.2018 à 10h27

        Ce qui est important à noter est au contraire, qu’il n’y a pas besoin que le pays soit détruit : il faut une volonté politique, il faut un pilote dans l’avion, pas une marionnette qui écoute les lobbies financiers !
        New Deal = Franklin Delano Roosevelt (qui est d’ailleurs à la base des idées initiales de Bretton Woods basé sur l’idée de la Décolonisation)
        => voir le livre Mon père m’a dit (As He Saw It) http://www.larecherchedubonheur.com/article-14473392.html
        Les 30 Glorieuses = c’est le programme du CNR qui a servi de base à la reconstruction basé sur le crédit productif public et le commissariat au plan (merci à De Gaulle et aux communistes)
        Les Nouvelles Routes de la Soie = volonté dirigée pour sortir de la pauvreté des chinois avec un plan jusqu’en 2049, et cela permet de créer les bases pour un dessein commun à l’humanité nécessitant un Nouveau Bretton Woods : http://www.institutschiller.org/Les-Nouvelles-Routes-de-la-soie-pont-terrestre-mondial.html

        • Patrick // 09.11.2018 à 10h45

          Projet Chinois :
          Il n’y a pas de projet commun à l’humanité , juste une volonté de prendre la place de première puissance mondiale.
          La Chine a poussé l’endettement de tous ces acteurs internes ( provinces, villes, entreprises, citoyens )au maximum , y compris en construisant des villes fantômes et en exploitant sa main d’oeuvre comme aucune entreprise capitaliste n’aurait osé le faire.
          Mais c’est un cas d’école très intéressant à suivre , comment un état peut se sortir de ce bourbier en ayant tous les pouvoirs ? réponse dans les années qui viennent.

        • Patrick // 09.11.2018 à 10h53

          New Deal : 80 ans après , les résultats de ce truc font toujours polémiques. Beaucoup de pognon investi mais peu de résultats.
          Heureusement qu’il y a eu la 2ème guerre mondiale pour vraiment lancer l’économie américaine.
          Une bonne guerre en Europe il n’y a rien de tel , on peut même se demander si les USA ne seraient pas tentés de refaire le coup.

      • calal // 09.11.2018 à 14h19

        – fin des accords de Bretton Wood , les USA peuvent imprimer du dollar à volonté donc c’est crédit à volonté !!!

        marrant alors que vous avez repris alex hache plus haut, la vous supposez comme lui que l’etat us peut produire autant de dollar qu’il veut et qu’il y aura toujours qqun qui en voudra. Les us et leur fed risquent comme beaucoup de ne pas trouver de preneur pour leur dollar s’ils font nimpy avec.Sauf que les americains sont moins stupides que les autres et c’est d’ailleurs ca qui garantie un peu la valeur de leur dollar…

        • Patrick // 09.11.2018 à 17h28

          si il n’y a plus de contrepartie à une monnaie alors il est possible d’en imprimer à volonté.
          Avec quelques B52 pour expliquer aux autres pays qu’il faut commercer en dollar , surtout pour le pétrole, tout le monde en a voulu. Le gros problème à venir c’est que des gros pays n’ont plus peur des B52 et commence à commercer sans le dollar.

          Quand à la valeur du dollar :
          1970 , 1 once d’or valait 35$ , aujourd’hui elle en vaut plus de 1000.
          Toute monnaie fiduciaire finit toujours par atteindre sa vraie valeur , c’est à dire 0.

    • nulnestpropheteensonpays // 10.11.2018 à 18h24

      ça tomberait plutôt bien vu l’état des infrastructures , barrage, pont , immeuble etc qui partent a vaut l’eau

  • RGT // 10.11.2018 à 09h00

    Si le monde avait écouté Keynes à la fin de la seconde guerre mondiale et avait mis en pratique ses idées (le Bancor) pour la monnaie de réserve mondiale nous ne subirions pas les problèmes actuels d’hégémonie du Dollar.

    Si les “décideurs” actuels choisissaient de suivre ses recommandations, au moins sur le thème de la monnaie servant à régler les échanges commerciaux internationaux, nous aurions un sacré handicap de moins concernant l’épée de Damoclès suspendue au dessus des états et des entreprises qui procèdent à des échanges avec des pays victimes de sanctions auto-proclamées par le Sacro-Saint Empire.

    Par contre, et c’est là que le bât blesse, ledit empire se retrouverait à court de liquidités pour financer ses actions coloniales sur l’ensemble de la planète.

    Ne comptez donc surtout pas sur les “Young Leaders” et leurs affidés pour que cette décision équilibrée puisse un jour être adoptée et que les peuples de cette planète se libèrent de leurs chaînes financières.

    Finalement, Keynes était un dangereux communiste qui se promenait avec un faux-nez libéral.
    Il faut donc faire sombrer dans l’oubli ses idées réelles et même le fait même qu’il ait un jour existé.

    • Peretz // 13.11.2018 à 10h52

      Il était opposé au marsisme.

  • Spartel // 11.11.2018 à 08h44

    Excellent. Cela m’a ramené aux travaux de Bernard Rosier et Pierre Dockès que nous étudions à la faculté des sciences économiques d’Aix-en-Provence au milieu des années 70. Un grand moment.

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