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SABOTER LA MONNAIE ET SACRIFIER L’EMPLOI : la politique du franc fort

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La Chronique de Farah, épisode 07

Pour cette chronique économique, l’économiste Frédéric Farah revient sur la période ayant connu la politique du franc fort. Les prémices d’une politique monétaire absurde, qui a fortement impacté l’économie en France, jusqu’à sacrifier l’emploi….


Chaque quinzaine sur ÉLUCID, vous retrouverez les Chroniques de vulgarisation de Frédéric Farah qui se divisent en deux catégories :

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Commentaire recommandé

Ernesto // 23.01.2022 à 00h23

Brillante démonstration qui explique l’impasse économique et sociale dans laquelle se trouve aujourd’hui notre pays. Le Franc fort et la désinflation compétitive étaient le prélude à l’adoption de l’euro à marche forcée, surévalué pour les performances de notre économie, sous évalué pour celles de l’Allemagne.

Force est de constater que les architectes de ce désastre (ajustement par une dévaluation interne avec le niveau des salaires et celui de l’emploi) initié par la droite, sont socialistes, Mitterrand en tête qui a troqué son objectif de « changer la vie » par celui de construire une Europe libérale sous domination allemande.

Il faut aussi malheureusement citer le pauvre Bérégovoy qui, bien qu’ancien cheminot accédant aux plus hautes fonctions de l’Etat, a, avec le zèle des fraîchement convertis, orchestré la libéralisation totale des marchés de capitaux, offrant à la finance un boulevard pour imposer ses diktats.

Résultat: profits et dividendes sont au zénith tandis que le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires s’effondre littéralement, avec des salaires qui ne suivent pas la reprise de l’inflation et l’explosion des dépenses contraintes. La manif du 27 janvier sera l’occasion de ramener au cœur du débat des présidentielles les véritables préoccupations des français.

16 réactions et commentaires

  • Ernesto // 23.01.2022 à 00h23

    Brillante démonstration qui explique l’impasse économique et sociale dans laquelle se trouve aujourd’hui notre pays. Le Franc fort et la désinflation compétitive étaient le prélude à l’adoption de l’euro à marche forcée, surévalué pour les performances de notre économie, sous évalué pour celles de l’Allemagne.

    Force est de constater que les architectes de ce désastre (ajustement par une dévaluation interne avec le niveau des salaires et celui de l’emploi) initié par la droite, sont socialistes, Mitterrand en tête qui a troqué son objectif de « changer la vie » par celui de construire une Europe libérale sous domination allemande.

    Il faut aussi malheureusement citer le pauvre Bérégovoy qui, bien qu’ancien cheminot accédant aux plus hautes fonctions de l’Etat, a, avec le zèle des fraîchement convertis, orchestré la libéralisation totale des marchés de capitaux, offrant à la finance un boulevard pour imposer ses diktats.

    Résultat: profits et dividendes sont au zénith tandis que le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires s’effondre littéralement, avec des salaires qui ne suivent pas la reprise de l’inflation et l’explosion des dépenses contraintes. La manif du 27 janvier sera l’occasion de ramener au cœur du débat des présidentielles les véritables préoccupations des français.

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    • Louis // 23.01.2022 à 09h32

      Avec pour résultats trente années plus tard que la gauche n’existe plus conséquence de son ralliement à marche forcée vers l’économie de marché.. Pourquoi n’ont-ils pas adopté les idées de Maurice Allais.

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      • Incognitototo // 23.01.2022 à 23h12

        Votre dernière question reste un vrai mystère. Je ne sais pas pourquoi le PS a ignoré ce visionnaire, ni même pourquoi même à la gauche du PS il est aussi peu considéré. L’histoire de la France et de l’UE auraient été tellement différentes quand dès 74, il dénonçait l’abandon de la préférence communautaire qu’on ne peut que déplorer l’incroyable gâchis consécutif au choix de ne pas l’avoir écouté.

        Oui, ça serait vraiment intéressant que quelqu’un ait des éléments pour répondre à votre question… parce qu’à force d’y réfléchir, on pourrait finir par croire qu’il a été l’objet d’un véritable « complot » pour qu’il disparaisse des enseignements économiques et politiques.

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        • Louis // 28.01.2022 à 09h29

          Maurice Allais ce prix Nobel iconoclaste… et baîllonné.. Marianne de décembre 2009 Sa lettre aux Français. Clairement il fut empêché pour ne pas dire baîlloné, il a faillit l’internement et pourquoi ? Extraits Marianne décembre 2005 :« Ses recommandations en faveur d’un protectionnisme européen, reprises par Chevènement et Le Pen lui valurent d’être assimilé au diable par les gazettes bien pensantes.. En 2005 il veut publier une rubrique sur la catastrophe programmée de l’abandon de la préférence communautaire livrant l’Europe au dépeçage industriel : elle est refusée partout, seule l’Humanité accepte de la publier » (bien qu’il n’était pas communiste)…

          Ses idées pourraient se résumer dans une économie libérale pour produire de la richesse et capter l’argent illégitime produit pour le réinjecter vers l’humain..Robert O Paxton nous rapelle dans la France de vichy que la catastrophe de 40 est en partie celle des élites – en 2022 nous y sommes..

          https://www.les-crises.fr/le-testament-de-maurice-allais/

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          • Incognitototo // 28.01.2022 à 16h33

            Je ne sais pas… être pour le protectionnisme français et européen me paraît bien insuffisant pour être ostracisé à ce point ; d’ailleurs je n’ai pas le souvenir (et j’ai une assez bonne mémoire politique des années 70-80) que même ceux qui étaient d’accord avec lui (principalement le PCF et le CERES, puis le MDC et même une partie du PSU) se soient appuyés sur ses thèses pour défendre leur positionnement politique « anti-libre-échange » et « anti-néolibérale ». Bref, d’autres que lui (même les gaullistes sociaux) défendaient les mêmes thèses, mais, à ma connaissance, jamais personne ne s’est réellement appuyé sur les démonstrations qu’il avait développées pour soutenir leur positionnement politique.
            Ou alors, c’est « qu’on » ne lui a jamais pardonné sa critique acerbe et son désaccord avec les accords d’Évian… et si c’est ça, ça serait dingue… mais ce n’est qu’une conjecture de plus.

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    • Dominique Gagnot // 23.01.2022 à 19h25

      Ce type d’analyse est désuet.
      Les taux de pauvreté en France et en Allemagne sont sensiblement identiques. Quant aux désastres écologiques…

      Que « Profit » et PIB tiennent lieu de boussole est profondément délirant. Tout est à remettre à plat comme proposé dans ce livre https://bit.ly/4capitalisme

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  • Brigitte // 23.01.2022 à 07h35

    Techniquement interessant mais l’économie sans la politique c’est un peu la charrue sans les boeufs…dommage qu’il ne fasse jamais le lien avec la construction européenne qui a été le fil conducteur de toutes ces décisions. Or, on a l’impression que la France agit en bonne élève certes mais sans savoir quelle est la leçon ni le maître d’école. Bon, le tournant libéral oui mais c’est un peu vague.

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  • tchoo // 23.01.2022 à 10h57

    On fustigeait Mélenchon quand il parlait de l’Europe allemande et pourtant

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  • Denis Monod-Broca // 23.01.2022 à 11h44

    Lumineuse description de ces 4 dernières décennies et de l’aveuglement de nos Princes sur l’économique et le monétaire.

    Aveuglement qui perdure. Sûrs d’eux, ils ruinent la France les yeux grand fermés.

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  • Incognitototo // 23.01.2022 à 22h16

    Rappel sur l’évolution du taux de chômage : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2489498 ; on constate donc que 5 dévaluations (de 81 à 87) jusqu’à l’adoption de la politique du franc (soi-disant) fort en 1990, n’ont jamais endigué (et encore moins réglé) quoi que ce soit au niveau : du chômage, des délocalisations, des dettes publiques, de la paupérisation de l’État, de la casse sociale, et cetera ; mais tout également qu’avec un franc (soi-disant) fort puis l’€, Jospin a ramené (en 2001) le chômage quasiment au niveau de 1990 (et les 35 h n’y ont participé qu’à la marge) ! Étonnant, non ?

    Cette politique de FF visait avant tout : à empêcher l’hémorragie des capitaux (les investisseurs n’en pouvaient plus avec les dévaluations de se retrouver spoliés du jour au lendemain) ; à en finir avec les spéculateurs monétaires internationaux qui jouaient contre le F et mettait régulièrement la BDF à genou ; à ce que les importations (dont la France était devenue dépendante grâce notamment au couple infernal VGE-Barre) coûtent moins cher… et accessoirement à maintenir un pouvoir d’achat des travailleurs et des consommateurs qui ne cessait de se dégrader.

    En réalité, ce n’est pas l’adoption de la politique de convergence monétaire qui a tué la France parce que, pour de multiples raisons et choix délirants (relevant de la haute trahison), elle était « morte » déjà en grande partie dès les années 70.

    Comme l’a brillamment démontré Maurice Allais ( https://www.les-crises.fr/?s=Maurice+Allais ), le « mal initial » a été la mise en concurrence (sauvage et non régulée) entre des pays qui ne possédaient pas le même niveau de développement économique, social, fiscal, de contraintes environnementales, et cetera :
    – 1972-74, abandon de la préférence communautaire,
    – 1986, Acte Unique Européen, dit Traité du Luxembourg, qui entérine le libre-tout entre les États membres
    – et par dessus tout 1986, Accords de libre-échange du GATT de l’Uruguay Round, qui entérine au niveau mondial les accords économiques européens…

    Aussi tant que nous ne remettrons pas en cause (et il y a de multiples moyens de le faire) le credo néolibéral sur la « concurrence libre et non faussée » – qui en réalité est : sauvage, déloyale et faussée – la croyance en une souveraineté monétaire magique qui permettrait de régler ce problème, central et nodal, est une illusion, ou pire rajouterait des catastrophes aux catastrophes.

    Bref, quand on ne veut pas savoir, ou plus vraisemblablement quand on veut se conforter dans l’ignorance des causes premières et qu’on préfère les croyances aux faits, on écoute Farah.

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  • Ernesto // 26.01.2022 à 00h38

    Maurice Allais fut loin d’être le seul à dénoncer la folie de la création d’une zone économique de libre échange où la concurrence serait libre et non faussée, alors que l’hétérogénéité extrême des économies des pays concernés était manifeste . De nombreux économistes, sociologues, politiques, ont, dès la mise en œuvre de la construction européenne, pointé ses tares congénitales, Todd, Lordon, Sapir, économistes atterrés, communistes, et d’autres.

    On pourrait ajouter, seconde folie, l’élargissement à marche forcée à des pays encore plus en retard économiquement, qui ont permis le dumping social et fiscal, l’évasion fiscale grâce aux paradis des riches que sont l’Irlande, le Luxembourg ou les Pays-bas.

    Enfin, troisième folie, celle de faire cause commune monétaire avec l’Allemagne, en se soumettant sans conditions à ses obsessions en la matière, à savoir : une BCE totalement indépendante du pouvoir politique, ayant pour unique mission (au contraire de la FED), la stabilité des prix (l’inflation étant la hantise de la finance et des rentiers), des politiques budgétaires placées sous surveillance et discipline des marchés financiers, et enfin, une monnaie unique, l’euro, surévalué pour la France, sous évalué pour l’Allemagne, sans union de transfert (les + riches aident les + pauvres), interdisant par construction toute dévaluation compétitive , l’ajustement se faisant par dévaluation interne (salaires bloqués, chômage de masse).

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    • Incognitototo // 26.01.2022 à 01h34

      Les seules choses de taille que vous « oubliez » sont que :
      – de 81 à 87, 5 dévaluations n’ont aucunement empêché le chômage de progresser (concomitamment avec les autres cancers de l’économie française), donc si la dévaluation monétaire était un remède miracle à ce problème, je pense que ça se saurait ; ou alors il faut démontrer pourquoi ce qui n’a pas fonctionné hier pourrait fonctionner aujourd’hui ; ce que tous les thuriféraires du retour à l’indépendance monétaire se gardent bien de faire. Par contre, si ça vous intéresse, je peux vous expliquer pourquoi ce qui n’a pas fonctionné hier ne fonctionnerait pas plus aujourd’hui, notamment et entre autres à cause : du rattrapage de compétitivité que les autres pays qui commercent avec la France feraient ; et encore à cause des spéculations monétaires qui ôteraient toute attractivité à notre pays pour les investisseurs ; et encore à cause de la nature de nos dépendances aux importations et des structures de coût de ce que nous vendons ; et encore parce que le F n’est rien face au rouleau compresseur du $…
      – la dévaluation n’affecte pas que les rentiers et les financiers, elle touche tout le monde et au premier chef les bas salaires qui sont mécaniquement amputés de leur pouvoir d’achat et en fonction de leur structure budgétaire, ça peut faire très mal… et si vous pensez que cette perte de pouvoir d’achat peut se rattraper en augmentant les salaires, c’est que les mécanismes de vases communicants économiques ne vous sont pas familiers, parce que si vous augmentez les salaires, alors le (soi-disant) gain de compétitivité est annulé par cette majoration salariale.

      Bref, la dévaluation est toujours une mauvaise solution et ne traite en rien les problèmes structurels qui sont à la base des faiblesses économiques d’un pays. Mais nos politiques sont trop fainéants et/ou trop vendus pour s’attaquer aux vraies causes de notre déchéance, d’autant qu’il faudrait qu’ils avouent que c’est à cause de tous ceux qui ont gouverné depuis 71 que nous en sommes là.

      Quant à tous ceux que vous citez (des beaux parleurs incapables de démontrer mathématiquement leurs dires et de faire autre chose que de l’idéologie), ils arrivent bien après Allais qui dès 1970 écrivait « La Libéralisation des relations économiques internationales » pour dénoncer ce qui ne fonctionnerait pas et réitérait en 74, démonstrations à l’appui. Mais je vous accorde que le PCF en 1977 (donc avec un peu de retard à l’allumage) est le premier parti à s’être aperçu qu’il y a avait pour le moins un problème, y compris pour l’hégémonie du $, qui, pour ce dernier point, n’est jamais traité par ceux qui se bercent d’illusions en pensant que la France aurait encore les moyens d’imposer sa propre politique monétaire.

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      • Ernesto // 27.01.2022 à 00h10

        Je n’ai jamais dit que la dévaluation monétaire était « un remède miracle », par contre, il est incontestable qu’elle apporte mécaniquement et ponctuellement un choc de compétitivité à l’export, le nier n’a aucun sens.
        [modéré]
        Vous croyez encore que l’économie est une science « dure » comme les mathématiques, et qu’elle s’explique uniquement par des « lois naturelles » comme la gravité? Il s’agit là du discours dominant des économistes orthodoxes qui sont tous néolibéraux, mais il est quotidiennement démenti par les faits.

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        • Incognitototo // 27.01.2022 à 02h08

          Ha bon… et nier que quand on a dévalué (à 5 reprises je le rappelle) ça n’a strictement rien amélioré et pire, ça n’a fait qu’aggraver les problèmes c’est quoi comme type d’économie ? Celle d’un monde qui correspondrait aux désirs et aux fantasmes ? Ce n’est pas sérieux d’être dans un tel déni… Alors votre jugement sur ce que selon vous je défendrais, vous pouvez le garder pour vous.

          Hé oui, ne vous en déplaise l’économie sans économétrie ni mathématique n’est que de l’idéologie sans aucun fondement réel. À mon avis c’est d’ailleurs une des raisons qui font qu’Allais a aussi peu été compris puisqu’il fait partie des rares économistes à avoir formulé des lois économiques étayées par des équations mathématiques, probablement inaccessibles à la compréhension de vos « références » et donc a fortiori à vous, qui à l’évidence n’avez jamais eu à gérer les conséquences néfastes sur les entreprises des décisions politiques (et des spéculateurs) qui « jouaient » avec la valeur de la monnaie.
          .

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  • Ernesto // 26.01.2022 à 15h35

    Reconnaissons que tout cela commence à faire beaucoup, sans parler de l’Europe Atlantiste, néolibérale, antidémocratique (« il n’y a pas de choix démocratiques contre les traités européens » Jean-Claude Junker ex président de la commission européenne), nain diplomatique, incapable d’incarner une puissance indépendante, souveraine, active pour la paix, la coopération, le progrès social, le climat, la transition énergétique.

    La question est donc : peut-on changer cette Europe de l’intérieur (en y restant), ou faut-il la quitter pour retrouver sa liberté, des marges de manœuvre, être à l’initiative d’une reconstruction sur des bases nouvelles plus progressistes. Là encore, comme pour gauche droite, c’est un problème de cadre.

    Paradoxalement, plus personne, à part Asselineau qui n’est pas de gauche mais est soigneusement privé de tribune, ne revendique le frexit. L’Europe et ses multiples malfaçons restent donc pour l’instant dans le périmètre d’un débat sérieusement amputé.

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    • Louis // 28.01.2022 à 09h41

      Je crains mais je souhaite sincèrement me tromper que nous allons à la guerre ou à la ruine (c’est la même chose), il y aura ensuite la chaos social, après il y aura??? Ce qui manque à l’UE c’est un chef quand aux autres pays: malheur aux pays dont le prince est un enfant et malheur aux pays dont le roi est un vieillard. Nous pourrions aussi assister à un éclatement des Etats-Unis.. Qu’en pensent Lavrov et le Chinois… Pour le moment, le Roi danse..

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