13Source : Zero Hedge, le 28/11/2015

Au cours de ces quelques dernières quatre semaines, les médias ont prêté une attention particulière au commerce lucratif de pétrole brut “volé” de l’État islamique.

Le 16 novembre, dans un effort largement couvert par les médias, les avions de guerre américains ont détruit 116 camions citernes de Daech en Syrie. 45 minutes avant, des tracts avait été lâchés pour conseiller aux chauffeurs (dont Washington était totalement sûr qu’ils n’étaient pas eux-mêmes membres de Daech) de “sortir de leurs camions et de s’échapper.”

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Ce qu’il y a de bizarre quant à ces frappes américaines est que le Pentagone ait mis presque quatorze mois à réaliser que la façon la plus efficace de paralyser le commerce de pétrole de Daech est de bombarder… le pétrole.

Avant novembre, la “stratégie” américaine tournait autour de bombardements de l’infrastructure pétrolière du groupe. Il s’avère que cette stratégie était, au mieux, d’une efficacité médiocre et il n’est pas certain qu’un effort d’information ait été fait auprès de la Maison-Blanche, du Congrès ou du public sur l’inefficacité des frappes. Il y a deux explications possibles aux raisons pour lesquelles Centcom a tenté de faire croire à une campagne plus réussie qu’elle ne l’était en réalité, I) le directeur des services secrets nationaux, James Clapper, a joué les Dick Cheney et fait pression sur le major-général Steven Grove pour qu’il fournisse des rapports triomphaux, ou II) le Pentagone et la CIA étaient satisfaits de bombardements inefficaces parce que les officiels des renseignements voulaient préserver les revenus pétroliers de Daech pour que le groupe puisse continuer à opérer comme élément déstabilisant majeur vis-à-vis du régime d’Assad.

En fin de compte, la Russie a crié à la triche au vu de la facilité avec laquelle Daech transportait son pétrole illégal et, quand il est devenu clair que Moscou était prêt à frapper les convois de pétrole du groupe, les É-U n’ont pratiquement pas eu d’autre choix que de se raccrocher à la locomotive. Les avions de guerre de Washington ont détruit 280 camions citernes supplémentaires plus tôt cette semaine. La Russie affirme avoir pulvérisé plus de 1000 véhicules de transport en novembre.

Bien sûr, la question la plus intéressante, sur les rentrées pétrolières de plus de 400 millions de dollars annuels de Daech, est : où ce pétrole finit-il et qui en facilite les livraisons ? Dans une tentative de commencer à répondre à ces questions, nous avons écrit :

Le rôle de la Turquie dans l’aide à la vente du pétrole de Daech a été débattu depuis quelque temps. Extrait de “L’OTAN est en train d’héberger l’État Islamique : pourquoi la meilleure des guerres de la France contre Daech est une mauvaise blague, et une insulte aux victimes des attaques de Paris,” par Nafeez Ahmed :

“La Turquie a joué un rôle-clé dans l’aide au nerf de la guerre de l’expansion de Daech : les ventes de pétrole sur le marché noir. Des sources politiques et du renseignement haut placées en Turquie et en Irak confirment que les autorités turques ont activement soutenu les ventes de pétrole de Daech à travers le pays. L’été dernier, Mehmet Ali Ediboglu, un député du premier parti d’opposition, le Parti républicain du peuple, a estimé les ventes de pétrole de Daech à environ 800 millions de dollars – et c’était il y a plus d’un an. Aujourd’hui, ceci implique que la Turquie a facilité la vente de plus d’un milliard de dollars de pétrole de Daech sur le marché noir.”

Voici ce que l’ex-parlementaire Ali Ediboglu a dit l’année dernière :

“Les 800 millions de dollars dont l’ÉI a disposé dans les régions qu’il occupait cette année (les champs pétroliers de Rumeilan dans le nord de la Syrie – et plus récemment à Mossoul) proviennent de la vente en Turquie. Ils ont installé des oléoducs depuis des villages proches de la frontière turque à Hatay. Des conduites similaires existent aussi dans les régions (frontalières turques) de Kilis, Urfa et Gaziantep. Ils transfèrent le pétrole en Turquie et le convertissent en argent liquide. Ils retirent le pétrole des raffineries à un coût nul. Ils utilisent des moyens ultra simples, ils raffinent le pétrole dans des zones proches de la frontière turque et le vendent ensuite via la Turquie. Tout celà à hauteur de 800 millions de dollars.

Plus tôt ce mois-ci, Ediboglou déclara aux médias russes que “L’ÉI détient la clé de ces ventes et en commun avec un certain groupe de personnes, notamment de ceux qui sont proches de Barzani et quelques hommes d’affaires turcs, ils s’occupent de vendre ce pétrole” (“Barzani” est une référence à Massoud Barzani, le président de la région kurde d’Irak).

Mais alors que les liens entre la Turquie et le commerce pétrolier de l’ÉI sont restés cachés au vu et au su de tous pendant quasiment deux ans, les médias occidentaux ignorent largement la question (ou du moins son importance et le degré de complicité du gouvernement Erdogan) car, après tout, la Turquie est membre de l’OTAN.

Malheureusement pour Ankara, la décision d’Erdogan de descendre un SU-24 russe à proximité de la frontière syrienne mardi a déclenché la colère de Vladimir Poutine, et l’a décidé à dévoiler la combine de la Turquie avec l’ÉI aux yeux du monde. Voici ce que Poutine a dit hier après une rencontre à Moscou avec le président français François Hollande :

“Des véhicules, transportant du pétrole, formaient une colonne qui s’étendait au-delà de l’horizon. Les vues ressemblent à un oléoduc vivant, s’étendant depuis les zones de Syrie contrôlées par les rebelles jusqu’en Turquie. Nuit et jour, ils roulent vers la Turquie. Les camions partent là-bas chargés et reviennent à vide. Nous parlons d’un approvisionnement en pétrole à échelle commerciale depuis les territoires syriens occupés par les terroristes. C’est depuis ces zones (que vient le pétrole) et non d’aucune autre. Et nous pouvons voir depuis le ciel, où se rendent ces véhicules.”

“Nous considérons que le pouvoir politique au sommet de la Turquie ne peut ignorer quoi que ce soit au sujet (de ce commerce de pétrole illégal) ou bien c’est très difficile à imaginer,” poursuit Poutine, qui ajoute “si le pouvoir politique au sommet n’en sait rien, ils devraient se renseigner.”

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Poutine est de toute évidence ironique. Il est fortement convaincu que le gouvernement d’Erdogan est lourdement compromis dans le transport et la vente du pétrole par l’ÉI. Juste après l’incident du Su-24, Poutine déclara la chose suivante à propos d’Ankara :

  • POUTINE : DU PÉTROLE DE L’ÉTAT ISLAMIQUE EST EXPÉDIÉ EN TURQUIE
  • POUTINE DIT QUE L’ÉTAT ISLAMIQUE OBTIENT DE L’ARGENT LIQUIDE POUR LA VENTE DE PÉTROLE A LA TURQUIE

Comme contribution à notre effort pour repérer et informer sur le commerce de pétrole par l’ÉI, nous présentons des extraits d’une étude de Georges Kiourktsoglou, professeur invité à l’Université de Greenwich à Londres et du Dr Alec D Coutroubis, professeur à l’Université de Greenwich à Londres. L’article intitulé “La porte d’entrée de l’ÉI sur les marchés mondiaux de pétrole brut” examine les courbes d’enlèvement depuis le port de Ceyhan en vue de déterminer si le pétrole brut de l’ÉI est expédié depuis le sud-est de la Turquie.

* * *

De “La porte d’entrée de l’ÉI sur les marchés mondiaux de pétrole brut

Les commerciaux/intermédiaires responsables du transport et de la vente de l’or noir affrètent des convois comprenant jusqu’à trente camions vers les sites d’extraction du produit. Ils concluent leurs accords avec l’ÉI sur le site, encouragés par les rabais aux acheteurs et les facilités de paiement. De la sorte, le brut quitte les puits de l’ÉI rapidement et traverse les zones de Syrie tenues par les insurgés, l’Irak et la Turquie.

Dès lors que les raids aériens des É-U et ses alliés ne visent pas les camions de peur de provoquer des réactions de la part des populations locales, les opérations de transport se déroulent efficacement, le plus souvent en plein jour. Les acheteurs attirés par les profits élevés sont actifs en Syrie (même dans les territoires tenus par le gouvernement), en Irak et dans le sud-est de la Turquie.

Le parcours d’approvisionnement comprend les localités suivantes: Sanliura, Urfa, Hakkari, Siirt, Batman, Osmaniya, Gaziantep, Sirnak, Adana, Kahramarmaras, Adiyaman et Mardin. Ces différentes filières commerciales se terminent à Adana, domicile du principal port d’expédition pour les pétroliers du port de Ceyhan.

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Ceyhan est une ville au sud-est de la Turquie, peuplée de 110 000 habitants dont 105 000 vivent dans la principale zone urbaine. C’est la deuxième ville de la province d’Adana par sa population, après la capitale Adana qui compte 1 700 000 habitants. Elle est traversée par la rivière Ceyhan et se trouve à 43 km à l’est d’Adana. Ceyhan est le point de convergence des oléoducs et gazoducs du Moyen-Orient, et d’Asie Centrale et de Russie (d’après la municipalité de Ceyhan 2015).

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Le port de Ceyhan est l’hôte d’un terminal pétrolier maritime situé sur la partie méditerranéenne de la Turquie qui est en fonctionnement depuis 2006. Il reçoit des hydrocarbures qui sont ensuite chargés dans des tankers qui transportent les marchandises aux marchés mondiaux.

De plus, le port est pourvu d’une jetée à cargos et d’un terminal pétrolier, chacun de 23,2 m de profondeur qui peuvent charger des tankers de plus de 500 pieds de long (Ports.com 2015). La capacité d’exportation annuelle du terminal s’élève à 50 millions de tonnes de pétrole. Le terminal est géré par Botas International Limited (BIL), une entreprise d’état turque qui gère également le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan sur le territoire turc.

Les quantités de pétrole brut qui sont exportées au terminal de Ceyhan dépassent le volume d’un million de barils par jour. En prenant la mesure de ce contexte et étant donné que l’ÉI n’a jamais été capable d’échanger plus de 45 000 barils par jour (voir Section 2 : “Le montant du commerce de pétrole de l’ÉI”), il devient évident que la détection de quantités similaires de pétrole de contrebande ne peut avoir lieu en utilisant une méthode de comparaison comptable des stocks. Cependant les auteurs de ce papier pensent qu’il existe un autre indicateur documentaire, bien plus sensible aux quantités de pétrole de contrebande très bon marché. Ce sont les tarifs d’affrètement pour les tankers chargeant à Ceyhan.

Le Baltic Exchange (2015 a) piste les tarifs d’affrètement sur les routes de transport maritime du pétrole brut. Pour rendre son service plus efficace et facilement compréhensible, il utilise le système des Indices “Baltic Dirty Tanker” (Baltic Exchange 2015 b). Un de ces indices fut le BDTI TD 11, 80 000 à travers la Méditerranée depuis Banias en Syrie (entre Tartous et Lataquié sur la côte Syrienne) jusqu’à Lavéra en France (Étang de Berre) – Voir la Carte VI. La route 11 a été interrompue en septembre 2011, en raison de la guerre civile en Syrie et rapidement par la suite il a été remplacé par le BDTI TD 19 (TD19-TCE_Calculation 2015), avec exactement les mêmes spécifications que le BDTI TD 11, à l’exception que le port de chargement était Ceyhan au lieu de Banias.

Depuis juillet 2014 jusqu’à février 2015, la courbe de TD 19 comprend trois pics inhabituels qui ne correspondent pas aux tendances généralement observées par les autres routes maritimes commerciales du Moyen-Orient (voir graphique IV) :

  1. Le premier pic se développe du 10 au 21 juillet 2014, s’étendant sur environ 10 jours. Il coïncide avec la chute du plus grand champ de Syrie, Al Omar, aux mains d’ISIS (Reuters 2014) ;
  2. Le second pic a lieu de la fin d’octobre à la fin de novembre 2014, sur environ un mois. Il arrive en même temps que des combats acharnés entre les fondamentalistes et l’armée syrienne pour le contrôle des gisements gaziers de Jhar et Mhar, ainsi que ceux de la société Hayyan gaz dans l’est de la province d’Homs (International Business Times 2014; Albawada News 214) ;
  3. Le troisième pic s’étend de la fin janvier jusqu’au 10 février 2015, sur environ 10 jours. Il arrive simultanément à une campagne intense d’attaques aériennes menée par les États-Unis martelant les bastions d’ISIS dans et autour de la ville de Hawija à l’est de Kirkuk riche en pétrole (Rudaw 2015) ;

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Les auteurs de cet article voudraient préciser tout d’abord qu’il ne s’agit pas d’une preuve irréfutable. La démonstration est insuffisante. Mais même si les volumes de brut d’ISIS ont trouvé accès, au-delà de tout doute raisonnable, aux marchés de pétrole brut internationaux via le terminal Ceyhan, ce fait n’indiquerait pas de façon concluante la collusion entre les autorités turques et le réseau fantôme de contrebandiers, sans parler des agents secrets d’ISIS.

Cependant, ayant clarifié une question si sensible politiquement, les auteurs croient qu’il y a de fortes présomptions pour qu’une chaîne d’approvisionnement illicite expédie le brut d’ISIS à partir de Ceyhan. La recherche principale indique un réseau fantôme extrêmement actif de contrebandiers et de commerçants de pétrole brut (voir section 2.1, page 3), qui transporte le brut d’ISIS vers le sud-est de la Turquie à partir du nord-est de la Syrie et du nord-ouest de l’Irak. Compte tenu de l’existence de la route E 90, le transport correspondant du pétrole ne pose pas de défis géographiques et topologiques insurmontables.

Une manifestation supplémentaire du lien invisible entre Ceyhan et ISIS est devenue évidente par l’étude simultanée des tarifs de charter de navire-citerne du port et la chronologie des engagements militaires des terroristes (voir la section 3.4 à cette page). Il semble que quand l’État Islamique se bat aux alentours d’une zone accueillant des actifs pétroliers, les 13 exportations de Ceyhan explosent promptement. Ceci est peut-être dû à une augmentation supplémentaire de la contrebande du pétrole afin de produire immédiatement des fonds supplémentaires, absolument nécessaires à l’approvisionnement en munitions et en équipement militaire. Malheureusement, dans ce cas aussi, les auteurs ne peuvent pas être catégoriques.

* * *

Non, on ne peut être catégorique et franchement, si les auteurs avaient revendiqué avoir découvert une preuve indiscutable, nous aurions été immédiatement sceptiques. Ce qu’ils ont fait cependant, c’est identifier une anomalie statistique et développer une théorie plausible pour l’expliquer.

La chose clé à noter est que c’est un terminal d’État et il semble certain que les tarifs d’affrètement présentent des pics en liaison avec des évènements pétroliers impliquant l’État Islamique. En effet, le fait que les auteurs mentionnent la collusion entre des autorités turques et des agents secrets d’ISIS (même s’ils font cela afin de protéger leurs conclusions) indique que les chercheurs pensent qu’un tel partenariat est possible.

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Pour finir, notez que Ceyhan est à moins de deux heures de voiture de la base aérienne de Incirlik à partir de laquelle les É-U pilotent leur sorties anti-ISIS. En d’autres termes, le pétrole d’ISIS est expédié vers le monde juste aux pieds de la base opérationnelle préférée de Washington pour le Moyen-Orient.

Maintenant que nous pouvons ajouter ce qui ressemble à une preuve quantitative que le pétrole d’ISIS est expédié de Turquie à l’énorme preuve qualitative fournie par des ex-législateurs turcs, des journalistes d’investigation, et le gouvernement russe (pour ne citer que quelques sources), nous pouvons maintenant passer à l’examen d’une question finale : où le brut qui aide à financer le califat de Bakr al-Baghdadi arrive-t-il en fin de compte ? Plus sur cela pendant le week-end.

Source : Zero Hedge, le 28/11/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

27 réponses à Comment la Turquie exporte le pétrole de Daech dans le monde : la preuve scientifique

Commentaires recommandés

Paul Le 13 mars 2016 à 04h55

En gros, si on comprend bien la démonstration, la Turquie vole le pétrole de la Syrie et spolie le peuple syrien de sa richesse naturelle. Hallucinant ! Et cela depuis plusieurs années.

Avec la complicité des USA et de l’U.E qui n’a bougé le petit doigt que depuis quelques semaines, depuis que la Russie a décidé de ne pas se faire avoir une seconde fois, comme avec la guerre fomentée en Libye sous le gouvernement Sarkozy-BHL.

Je rappelle au passage que la guerre déclenchée par M.Sarkozy a fait 55 000 morts libyens. La très grande majorité, des civils. Comment se fait -il que M.Sarkozy ne soit pas encore convoqué par la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’Humanité ?

Idem pour BHL ou M.Alain Juppé pour sa participation au Génocide Rwandais sous le gouvernement de M.Balladur – Que font-il donc à la CPI ? Ils font la chasse au “Tiers-Monde” ?

Et l’on apprend que Madame Merkel vient de verser au gouvernement Erdogan – L’homme qui fait la chasse à ses opposants politiques, qui musèle la Presse Indépendante et qui fait la guerre au peuple Kurde – Trois Milliards d’ Euros ? Trois Milliards d’ Euros qu’elle ne veut pas verser au peuple Grec pour une politique solidaire et qu’elle tue à petit feu ?

Mais quelle est donc cette “Europe” qui nous fait honte ?

(…)

  1. Guillaume Besset Le 13 mars 2016 à 03h23
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    C’est ce qui s’appelle une bombe journalistique (pour ceux qui n’étaient pas au courant)
    => Vivement la démocratisation des voitures électriques et du plastique biosourcé !


    • Soizic Le 13 mars 2016 à 06h06
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      Ah oui? Une bombe? Avec un article qui date du mois de novembre, soit 3 mois et demi !!. Quel scoop !! Sujet sur lequel on a depuis des informations plus fournies et détaillées, avec même des videos et aussi des enquêtes sur qui a acheté ce pétrole, apparemment principalement Israel…


  2. Paul Le 13 mars 2016 à 04h55
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    En gros, si on comprend bien la démonstration, la Turquie vole le pétrole de la Syrie et spolie le peuple syrien de sa richesse naturelle. Hallucinant ! Et cela depuis plusieurs années.

    Avec la complicité des USA et de l’U.E qui n’a bougé le petit doigt que depuis quelques semaines, depuis que la Russie a décidé de ne pas se faire avoir une seconde fois, comme avec la guerre fomentée en Libye sous le gouvernement Sarkozy-BHL.

    Je rappelle au passage que la guerre déclenchée par M.Sarkozy a fait 55 000 morts libyens. La très grande majorité, des civils. Comment se fait -il que M.Sarkozy ne soit pas encore convoqué par la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’Humanité ?

    Idem pour BHL ou M.Alain Juppé pour sa participation au Génocide Rwandais sous le gouvernement de M.Balladur – Que font-il donc à la CPI ? Ils font la chasse au “Tiers-Monde” ?

    Et l’on apprend que Madame Merkel vient de verser au gouvernement Erdogan – L’homme qui fait la chasse à ses opposants politiques, qui musèle la Presse Indépendante et qui fait la guerre au peuple Kurde – Trois Milliards d’ Euros ? Trois Milliards d’ Euros qu’elle ne veut pas verser au peuple Grec pour une politique solidaire et qu’elle tue à petit feu ?

    Mais quelle est donc cette “Europe” qui nous fait honte ?

    (…)


    • rbaia Le 13 mars 2016 à 18h38
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      je voudrais copier/coller votre commentaire pr partager l’aricle .. m’aurorisez vous ??? 🙂


      • silk Le 15 mars 2016 à 06h47
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        tout les articles sont en copyleft : vous pouvez donc les reproduire librement à la seule condition d’indiquer la source de la traduction de cette article.


    • vincent Le 13 mars 2016 à 22h55
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      Bizarre la dernière fois que j’ai parlé de TPI pour BHL et d’autre mon commentaire n’a pas été publié.

      Après si on fait la liste, la tpi aurait dût aussi juger ben laden, saddam hussein, kadhafi, et tant d’autre, le problème c’est que la version des faits de ces gens allait être un soucis pour la belle europe intègre


    • DVA Le 14 mars 2016 à 08h11
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      Bah oui , mais il y a d’autres exemples et pas qu’européens…
      Extraits de …Le viol du Timor oriental :« Cela semble amusant »
      Des documents secrets trouvés dans les Archives nationales australiennes donnent un aperçu de la façon dont l’un des plus grands crimes du XXe siècle a été perpétré et dissimulé. Ils nous aident aussi à comprendre comment et par qui le monde est gouverné.
      Les documents se réfèrent au Timor oriental, aujourd’hui connu sous le nom de Timor-Leste, et ont été rédigés par des diplomates dans l’ambassade d’Australie à Jakarta. Ils sont datés de novembre 1976, moins d’un an après que le dictateur indonésien, le général Suharto, se soit emparé de ce qui était alors une colonie portugaise, sur l’île de Timor.
      La terreur qui a suivi a peu d’équivalents ; même Pol Pot n’a pas réussi à tuer, proportionnellement, autant de Cambodgiens que Suharto et les autres généraux ont tué au Timor oriental. Sur une population de presque un million, plus d’un tiers ont été exterminés.
      C’était le second holocauste dont Suharto était responsable. Une décennie plus tôt, en 1965, Suharto a arraché le pouvoir en Indonésie dans un bain de sang qui a coûté un million de vies…
      https://resistance71.wordpress.com/2016/03/01/resistance-au-colonialisme-la-complicite-de-laustralie-satellite-de-lempire-yankee-dans-le-genocide-indonesien-au-timor-oriental-john-pilger/
      http://johnpilger.com/articles/the-rape-of-east-timor-sounds-like-fun-
      Et today rien de nouveau sous le soleil…Les russes veulent la présence du PKK à Genève …mais …boum…à Ankara…pfff


      • DVA Le 14 mars 2016 à 08h14
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        Bref les australiens ont installé un complice pour voler le pétrole du peuple timorien !


    • Julie Le 14 mars 2016 à 10h38
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      et avant le pétrole, les Turcs avaient fait la même chose pour l’eau, en mettant des barrages et en s’appropriant l’eau de l’Euphrate pour leur culture du coton (et nos vêtements bon marché, et leur pseudo-boom économique)


  3. Max Le 13 mars 2016 à 09h00
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    Ce genre de complicité est une pratique courante de la part des USA la CIA s’en met plein les poches au passage et les exemples sont foisons.
    A l’époque c’était les Drogues
    On peut citer :
    Le Nicaragua
    Au Nicaragua, la culture de ces drogues permettaient de financer la lutte contre l’insurrection communiste.
    L’Afghanistan
    Le trafic du pavot est florissant en Afghanistan grâce à la protection des USA et ce trafic se termine en Russie.
    https://fr.sputniknews.com/international/201505291016325496/
    Le Triangle d’Or
    Le Mexique
    Panama
    Les barons de la drogue d’Amérique centrale et du sud maintenant inondent les USA souvent avec la complicité des autorités des USA qui ont la une source de financement discrète.
    Donc Les drogues, les hydrocarbures font partie des moyens vitaux des USA en financements occultes ce n’est pas prêt de s’arrêter.
    Mr Erdogan est tranquille du coté des USA mais du coté de la Russie c’est autre chose.
    On peut rajouter le $ comme drogue.
    Et j’en oublie sans doute.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Allegations_of_CIA_drug_trafficking


  4. J Le 13 mars 2016 à 09h08
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    Il n’y a pas que la Turquie qui joue le double jeu, a des connivences à la fois avec les USA et Daesh. Avant de crier : “Hou les salauds !” il faudrait essayer de comprendre (bien sûr, là comme ailleurs, c’est plus difficile que de diaboliser). Les états majoritairement sunnites et à gouvernement sunnite de la région ne peuvent se permettre de se brouiller avec l’Oncle Sam, il y a assez d’exemples de ce qu’il en coute, donc ils doivent combattre l’EI quelque part. Mais ils ne peuvent pas non plus trop combattre l’EI, en tout cas pas se montrer ouvertement en pointe dans ce combat, car ils subiraient alors une offensive terroriste imparable et mortelle. Bref, ils se démerdent…


    • silk Le 15 mars 2016 à 07h04
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      votre tendance à tout vouloir analyser sous le prisme du sunnisme est déplaisante.
      Il s’agit plutôt d’une soumission par un rapport etroit d’interdépendance : l’oncle sam ne peut non plus trop se permettre de se brouiller avec ses fournisseurs de pétrole.
      La dépendance ne va pas que dans un sens :
      En effet même si les USA peuvent “siffler la fin de la récré” à tout moment, cela pourrait devoir impliquer des révolutions de palais en arabie Saoudite et un changement complet de stratégie au M-O.
      Et surtout l’intérêt fondamental des USA est une stabilité des états mis en place et soutenu activement par les américains afin que le pétrole arrive de manière fluide et continue.
      La stabilité des états “partenaires” (si l’on peut dire) des USA est très important pour cette dernière.


      • silk Le 15 mars 2016 à 07h05
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        Quand aux pays à majorité sunnite et gouvernement sunnite, le problème réside dans la porosité de l’idéologie de EI/Al-Nosra et l’Arabie Saoudite ainsi que des Frères Musulmans en Turquie.
        Les frères Musulman représente la branche politique de l’islamisme (dans le sens volonté hégémonique), Daech est la branche armée.
        Dans ces conditions il est impossible de condamner EI pour ces états alors qu’ils sont d’accord sur le fond.
        Et les USA tolèrent aussi (quand ils ne sont pas directement à la manœuvre) les “écarts” de ces pays dans leurs soutien à Al-Nosra car ces pays sont leurs fournisseurs ainsi que leur point d’entrée et d’appui au Moyen-Orient.
        D’ailleurs, sur le soutien militaire à Al-Nosra c’est beaucoup plus clair que pour EI (qui a mauvaise réputation et qui s’est brouillé avec l’Arabie Saoudite aux dernières nouvelles).
        En réalité c’est un jeu subtil d’interdépendances.


  5. tchoo Le 13 mars 2016 à 09h41
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    Vous comprenez donc où sont les complices des attentats de Paris
    c’est effectivement une bombe
    le gouvernement et Hollande devrait sauter dessus
    pourtant rien ne se passe
    la passivité du peuple de France est désespérante


  6. Arcousan09 Le 13 mars 2016 à 10h56
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    La Turquie, “membre de OTAN”, supposée donc lutter contre Daesh ou tout autre débile se recommandant de l’Islam …
    La Turquie pas “démocratique” où dame Anastasie sabre à grands coups de ciseaux les moyens d’expression ou de contestation

    La légion d'(DES)honneur pour Erdogan …… c’est pour bientôt ????


  7. Ailleret Le 13 mars 2016 à 14h27
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    Si nous étions en république, les révélations de Zero Hedge auraient fait la une des journaux parisiens et régionaux, la une des médias audiovisuels, le gouvernement Valls aurait été interpellé au parlement, le président Hollande aurait dû s’expliquer, et Fabius aurait dû démissionner en attendant son procès.

    Si nous étions en république… Mais ne rêvons pas, nous sommes dans un régime de menteurs et de courtisans, et nous sommes une population anesthésiée. Réveillons-nous, réveillons nos compatriotes, c’est notre seul espoir. L’article de Zero Hedge va dans ce sens.


  8. Dahool Le 13 mars 2016 à 15h07
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    Bonjour

    Et les 24 banques qui opèrent sur le territoire de dash ? On s’en occupe pas ? Un détail probablement.
    Quelle est la position russe à ce sujet ? Je connais l’occidentale, c’est motus.
    La meilleure manière de taire cette problématique est de prétendre que le trafic de pétrole se fait en cash. Rien qu’en cash, les autres revenus de dash aussi.
    A ce rythme, nous risquons de manquer de liquidités.

    Une chose m’étonne également, Erdogan ne se doutait pas qu’on le verrait trafiquer ? A ce que je sache, la cape d’invisibilité n’est pas encore au point. Il n’a pas pensé qu’il fallait éviter les colonnes qui s’étendent au delà de l’horizon…

    Belle histoire que ce conflit au MO.
    Malgré notre bonne connaissance apparente du sujet syrien, en partie grâce à ce site, je pense qu’il n’est pas impossible que nous soyons encore très loin de la vérité. Une désagréable sensation d’être pris pour un con.

    Bon dimanche.


  9. Andrae Le 13 mars 2016 à 17h00
    Afficher/Masquer

    Qui controle le pétrole, très ample, de la Lybie? Total, ENI, autres, les agresseurs?

    — Si le but était un contrôle de cette industrie par les Grands, c’est raté, comme en Iraq. —

    L’un des deux gouvernements actuels? Les ‘rebelles’? D’autres acteurs?

    Financial Times (corporatiste qui minimise tout):

    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/b9aa078e-cc25-11e5-be0b-b7ece4e953a0.html#axzz42nQHx0F7

    Marche vers une ‘privatisation’ et ‘destruction’ qui ne favorise pas en premier les Mega Corporations *y compris françaises*, mais des franges de plus en plus actives type Mafieux locaux, agissant dans des mini-fiefs, un univers sans règles, sans transparence, sans contrôle possible.

    La France a gagné quoi, d’un pt de vue totalement crasse, suite à la destruction de la Lybie? Et en Syrie? Zéro sur le plan des énergies fossiles. Zéro sur le commerce, le tourisme, investissement, bizness, même finance et banques, etc.


  10. daniel Le 13 mars 2016 à 17h17
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    On peut reprocher à M.r Erdogan de multiples fautes et crimes en puissance Mais il y en a une principale: il fait la guerre aux Kurdes de Turquie. Ses services armés tuent des enfant et des femmes, ils détruisent des immeubles en pleine ville, Ils détruisent des cimetières kurdes, ils arrêtent en masse et torturent sans pitié femmes et hommes, ils maltraitent les morts. Tout ça pour faire des exemples et nier la culture kurde et sa présence. Il est à craindre soit une déportation lente mais continue dans le Nord de la Syrie ( Rojava) soit un ticket simple pour l’Europe… Qu’on y songe: il y a environ 10 millions de Kurdes de Turquie, émigrants potentiels dans l’une ou l’autre direction.
    Les revendications kurdes sont très modérées.


  11. Parousnik Le 13 mars 2016 à 18h20
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    Ils est curieux que les USA se trompent tellement souvent… et puis sont ce les yankees qui ont bombardé les camions citernes turco-daesh ou les russes ? D’ailleurs c’est extraordinaire tout de même qu’on parle de paix en Syrie que depuis que V.Poutine est intervenu avec ses avions chars etc… Et maintenant on voudrait nous faire croire que daesh crée dans le trop célèbre camp de concentration américain d’Abou Ghraib ne soit pas une armée au service des intérêts US ?


  12. dan Le 13 mars 2016 à 18h49
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    Il y a belle lurette que la presse occidentale est tellement muselée qu’elle ne laisse passer aucune “bombe” médiatique, ou alors à dose si homéopathique et parfaitement dilué dans une masse d’autres informations inconsistantes que cela ne devient plus qu’un pétard mouillé.


  13. Roiwik Le 13 mars 2016 à 19h19
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    Effectivement la chancelière Merkel a décidé de mettre les grecs à genoux d’un coté et de l’autre Erdogan avec sa haine ancestrale veut en finir avec les grecs et réaliser un vieux rêve annexer leur pays ! ceci avec l’aval de l’Europe ! aujourd’hui c’est cela la construction européenne !


    • téléphobe Le 14 mars 2016 à 20h12
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      “… sa haine ancestrale” : et la tienne ?


  14. Nico 13 Le 13 mars 2016 à 21h19
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    Non seulement ils font transiter du pétrole de Daesh, mais les entreprises de textile turques achètent du coton a Daesh.
    Comment, après ça, Merkel peut continuer de négocier avec Erdogan ?
    Aussi, son parti s’est pris une branlée cet après-midi aux élections.

    Je suis bien content qu’elle soit en difficulté.
    De toute façon, cette Europe finira tôt où tard par exploser.
    Le plus tôt serait le mieux bien évidemment.


  15. pyrrhogaster Le 14 mars 2016 à 00h18
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    J’étais en Turquie centrale (Cappadoce) en Septembre 2014. Nos guides nous ont dit que les compagnies pétrolières avaient noté une baisse de leur vente d’essence dans le sud du pays depuis quelque temps. L’hypothèse d’un approvisionnement parallèle en provenance de Daesh paraissait très plausible.


    • Julie Le 14 mars 2016 à 10h42
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      prix du pétrole à la pompe en Turquie avant da’esh; 2 euros le litre


  16. grog Le 15 mars 2016 à 19h18
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    Il y a quelques semaines, il y a eu à l’Institut français d’Erbil, Kurdistan d’Irak, une conférence intéressante de Bayram Balci, intutulée : Où va la Turquie ?

    Le nom de la destination finale turque n’est pas clairement connue, mais la route est clairement mauvaise !

    http://leblogdegrog.blogspot.ru/2016/02/mais-ou-va-la-turquie.html


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