Source : Pavlos Kanpantais, pour L’Obs, le 11 août 2015.

Pourquoi est-ce tellement difficile en Grèce de collecter l’impôt ? Réponse de Tryfon Alexiadis, ministre en charge du dossier. De notre correspondant à Athènes.

Entretien avec Tryfon Alexiadis, vice-ministre des Finances, en charge de la Fiscalité (ARIS MESSINIS / AFP)

Entretien avec Tryfon Alexiadis, vice-ministre des Finances, en charge de la Fiscalité (ARIS MESSINIS / AFP)

Tryfon Alexiadis est le vice-ministre des Finances en charge de la Fiscalité depuis le 17 juillet et le remaniement du gouvernement d’Alexis Tsipras. Son profil est atypique. Président du Syndicat des agents du fisc pour Athènes et les Cyclades jusqu’à sa nomination, c’est un expert incontestable de la fiscalité grecque qui connait aussi parfaitement le fonctionnement du ministère des Finances pour y avoir travaillé pendant plus de 20 ans. Interview

– Tryfon Alexiadis : Pendant très longtemps en Grèce, il n’y avait aucune volonté politique de faire réellement marcher le système fiscal. Résultat direct, il n’y a jamais eu une vraie planification centrale pour collecter l’impôt. Cela, combiné à la collusion qui a longtemps existé entre les hommes politiques et les fraudeurs, grands ou petits, rendait la situation intenable.

Ce que je dis ici d’ailleurs n’est pas une analyse personnelle. Cela a été maintes fois dénoncé par des hommes politiques de tous bords : pour tout contribuable ayant des contacts politiques, les contrôles étaient très souvent interrompus après l’intervention de ces derniers, qu’ils soient ministres ou députés, du parti au pouvoir mais même, parfois, de l’opposition. La grande nouveauté aujourd’hui, c’est que pour les 5.300 contrôles effectués la semaine passée auprès d’entreprises du secteur touristique, je n’ai reçu aucun coup de fil demandant que j’intervienne pour protéger quelqu’un…

La semaine passée, sur l’île de Rhodes, des contrôleurs fiscaux ont été chassés manu militari par des commerçants et des citoyens. La défiance contre les services du fisc reste donc un problème majeur auquel vous allez être confronté vous aussi…

– Cette manière de fonctionner, c’est le début du fascisme. Le citoyen ne peut pas décider qu’il a le droit d’agresser des fonctionnaires qui font leur travail. Il peut manifester, il peut organiser des actions politiques pour communiquer ces idées et proposer des solutions, mais on ne peut pas aller plus loin. Les “révolutionnaires” de l’ile de Rhodes ne sont pas des combattants héroïques. Ce sont tout simplement des fraudeurs essayant d’échapper à un contrôle fiscal. D’ailleurs, il faut savoir que ce genre de violences envers les contrôleurs a commencé par les boites de nuits et leurs gros bras… Ces pratiques ne sont pas acceptables dans le cadre démocratique.

Rhodes n’est pas un cas isolé. Des actes similaires ont déjà eu lieu il y a quelques années, notamment sur l’ile d’Hydra.

– C’est vrai, et c’était bien évidemment tout aussi condamnable. Mais dans le passé, il y avait le sentiment que les contrôles ne concernaient que ceux qui n’avaient pas les bonnes connections politiques. Nous devons mettre fin à cette idée reçue, car désormais nos contrôles concernent tout le monde. La société grecque va s’en rendre compte très vite. D’ailleurs, ce combat contre la fraude fiscale et la contrebande ne pourra réussir que lorsque nous aurons la société avec nous… Les contrôles visant la contrebande de carburant ont déjà commencé, chose qui n’avait, malheureusement, jamais été faite jusqu’à maintenant ! Fin septembre, vous en verrez les résultats.

Comprenez bien : si le gouvernement d’Alexis Tsipras reste populaire, malgré toutes les difficultés, c’est parce que gens savent que les choses désormais sont très différentes.

Vous semblez très confiant. Mais êtes-vous certain que le gouvernement actuel restera en place assez longtemps pour accomplir ces changements ? L’accord qui va être signé avec les créanciers de la Grèce ne risque-t-il pas d’être fatal au gouvernement actuel et à Syriza ?

– La stabilité gouvernementale est dans les mains du groupe parlementaire de Syriza. Ils peuvent faire chuter le gouvernement à tout moment s’ils le désirent. Mais la majorité de ses députés c’est positionnée en faveur de l’accord que le gouvernement finalise en ce moment même avec les créanciers du pays. Une minorité importante a quant à elle une autre opinion. On verra bien.

Concernant l’accord, nous avons dû choisir entre une faillite violente et un retour forcé à la monnaie nationale. Cependant, au final, vous verrez : il sera bien meilleur que les accords précédents. Ceux qui prédisent que cet accord sera insoutenable et impossible à appliquer pour Syriza se trompent. Ce gouvernement comprend qu’il y a des limites pour la population et la société et il négocie en conséquence.

Au-delà des questions de volonté politique concernant la collecte de l’impôt et de la méfiance des citoyens grecs, le fisc grec est-il confronté à d’autres problèmes majeurs ?

– Nous n’avons pas le personnel nécessaire pour faire correctement notre travail. Selon une étude récente de l’OCDE, nous sommes très loin des moyennes européennes. Concrètement, en France, il y a un agent du fisc pour 550 habitants, en Allemagne un agent pour 725 habitants. Et en Grèce, seulement un agent pour 1.100…

De plus notre équipement informatique est complètement obsolète. La plupart de nos agences ont des ordinateurs datant de 2002 ou de 2003. Pire encore, aucun poste des douanes grecques ne possède une machine de contrôle aux rayons X pour pouvoir scanner et contrôler facilement les camions qui passent. L’Albanie, la Bulgarie, la Roumanie ont tous ce genre de machines à leur disposition. Evidemment, ces problèmes réduisent beaucoup notre efficacité.

Que comptez-vous faire concernant l’imposition de l’Eglise et des armateurs ?

– [sourire] On va demander l’aide de Dieu et appliquer la Constitution. La Constitution du pays prévoit deux choses : que les citoyens grecs doivent tous sans exception contribuer au trésor public et que cela doit se faire selon les possibilités de chacun. Tant l’Eglise que la marine marchande paieront ce qu’ils doivent payer.

Considérez-vous que l’Eglise et les armateurs doivent payer plus ?

– Dans les deux cas, il faut commencer un dialogue pour voir si réellement ils peuvent et doivent payer plus. Concernant l’Eglise en particulier, il faut bien comprendre qu’elle accompli aussi un grand travail social pour lequel elle coopère avec l’Etat. Quel intérêt pour l’Etat de l’imposer tellement qu’elle devra diminuer ses contributions envers les plus démunis ?

En ce qui concerne la marine marchande et donc les armateurs, nous avons déjà rencontré les représentants du secteur. Une discussion sur une hausse de leur imposition est à l’étude. Cependant, comprenez que la marine marchande est l’un des trois secteurs principaux de l’économie grecque, au même titre que le tourisme et la production agricole. Il faut donc faire attention : si une hausse d’impôts nuit réellement à leur compétitivité, non seulement on ne récupérera pas plus d’argent, mais on ne touchera même pas ce que l’état touche actuellement. Leur activité étant de toute façon extraterritoriale, il est très simple pour les armateurs de changer les pavillons de leurs navires et de s’installer dans un autre pays, peut-être même à l’intérieur de l’UE…

Vous considérez donc qu’il existe un problème de compétition intra-européenne concernant la fiscalité ?

– Οui, et tant qu’il y a des pays au sein de l’UE qui essayent d’attirer des entreprises en pratiquant le dumping fiscal, cela sera un problème majeur… Lors de nos récentes rencontres avec les armateurs, ceux-ci nous ont confié qu’ils reçoivent de nombreux coup fils de dignitaires d’autres gouvernements européens qui leur promettent des meilleures conditions s’ils y transfèrent leur siège social… Sans citer les pays concernés, au moment même où l’on nous met la pression pour les taxer plus, ce n’est pas normal.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

62 réponses à Tryfon Alexiadis : “Des pays européens tentent d’attirer les armateurs grecs chez eux”

Commentaires recommandés

pat Le 19 août 2015 à 02h12

On connait le spécialiste pour les petits arrangements fiscaux : il est à la tête de la Commission européenne… mais il ne faut surtout pas citer son nom !

  1. pat Le 19 août 2015 à 02h12
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    On connait le spécialiste pour les petits arrangements fiscaux : il est à la tête de la Commission européenne… mais il ne faut surtout pas citer son nom !


  2. Le Yéti Le 19 août 2015 à 03h25
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    L’interview faux-cul par excellence. Ce type, Tryfon Alexiadis, est en train de justifier l’injustifiable. Le “fascisme” des citoyens protestants contre les agents du fisc… mais la nécessité de “discuter” [rires] avec les potentats de l’Église (tiens, c’est drôle, l’emploi de cette majuscule de révérence) et les armateurs (qui sont bien bons de rester en Grèce malgré toutes les sollicitations qu’ils reçoivent de l’extérieur : retenez-nous ou on fait un malheur). Ah, la gauche radicale !


    • Crapaud Rouge Le 19 août 2015 à 06h52
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      La majuscule est obligatoire pour distinguer l’institution de l’édifice surmonté d’un clocher… 🙂


    • Alfred Le 19 août 2015 à 09h20
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      @ commanderblood et @ le yéti
      Il me semble que vous jetez un peu le bébé avec l’eau du bain. Je n’ai plus aucune sympathie pour tsipras qui a trahi par lâcheté mais c’est un peu facile cette réaction face au fisc grec. Que voudriez vous qu’ils fassent? Même un gouvernement révolutionnaire devrait faire rentrer l’impôt. En soutenant les jacqueries des uns on enfonce les autres. Les tenanciers de boîte de nuit de Rhodes ont viré les agents du fisc à coup de coup de pied au cul et alors?.. Les tenanciers de boîte de nuit de kos et Corfou doivent eux payer l’impôt à leur place? Ou faire de même ? Alors tout le monde peut décider de payer ce qu’il veut et taper sur un agent du fisc ou même un voisin qui soit son débiteur?
      Vous avez une réaction de bonnet rouge: de la chair a pâté (henaff) populaire manipulée par des grand bourgeois.
      Les autres citoyens payent pour ces jacqueries qui sont inadmissibles dans des (même pseudo) démocraties.
      On ne répond pas à de l’injustice par plus d’injustice.
      On utilise pas la violence physique si on ne l’a pas subit en premier lieu (ce n’est pas un impératif moral mais un impératif d’efficacité face a toute oligarchie). Ces commerçants avaient d’autres moyen de faire.
      Quand a l’église et aux armateurs que feriez vous? Concrètement ?


      • balthazar Le 19 août 2015 à 12h09
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        Les gouvernements révolutionnaires (il n’y en a pas eu beaucoup dans toute l’Histoire, donc des recherches sur ce qu’ils ont fait est aisé) ont saisi les biens des Riches. Pas la TVA non perçue sur l’alambic du serf qui vivote. C’est facile à comprendre, non ?
        Le souci, c’est qu’ils n’ont jamais duré bien longtemps, ces gouvernements, l’Argent corrompant bien vite hélas.


      • Commander Blood Le 19 août 2015 à 12h19
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        Alfred, votre raisonnement est séduisant mais erroné. Il n’y a techniquement plus d’état grec, il n’y a que les banksters et leurs intercesseurs entre les poulets que sont les grecs du peuple et les renards qui comptent les plumer et cet intercesseur c’est l’état auquel on a ôté toute souveraineté. Je ne vois pas en quoi payer l’impôt servirait à quoi que ce soit, sachant qu’il n’y a plus d’état providence, que les corps de l’état seront à terme tous privatisés et que seul reste à l’état le paiement d’une dette que personne ne peut physiquement rembourser.

        Alors à quoi peut bien servir de payer l’impôt à quelque chose qui n’existe plus ?

        Ces courageux commerçants ont résisté physiquement, l’état au service des banques mettra l’armée dans les rues pour faire respecter la loi des banquiers…c’est vrai.
        De toute façon la vraie résistance est déjà en place et elle est fiscale et non physique.


        • Alfred Le 19 août 2015 à 13h58
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          C’est un peu le coup de l’œuf et de la poule. Comment voulez-vous reconstituer l’état grec sans ressources? C’est un peu facile ce chacun pour soi jusqu’au jour ou en appliquant la loi de la jungle on découvre un plus gros prédateur que sois (par exemple un autre tenancier avec plus de gros bras qui vous rackette ou vous vire de votre biźness); et la mais que fait la police? Elle n’existe plus car les impôts ne sont plus payés et il faut verser un bakchich aux flics (mais les gros requins payent plus cher que vous). Domage.
          On va très vite a un état failli et il ne faut pas cracher sur ce qui reste debout en France comme en Grèce. La Grèce n’est pas le Nigeria mais peut le devenir avec des raisonnements comme le votre.
          Je crois que vous mesurez mal la valeur de certaines choses comme l’absence de violence physique ou même un semblant de justice et c’est pourquoi je dis que vous jetez un peu vite le bébé avec l’eau du bain.
          Dire que l’état grec ne sert qu’à ponctionner les citoyens et servir les banques c’est un raisonnement de riche. C’est vrai en ce moment il sert aussi à ça (mais il y a des moyens de se battre avec intelligence). Mais n’oubliez pas les agents de l’état qui font leur boulot tout en souffrant comme tous. Que les grecs leurs crachent à la gueule et c’est l’accentuation de la glissade. N’oubliez pas que pour le moment vous ne mourrez pas dans un hôpital grec comme touriste si vous n’avez pas de fric sur vous. Que vous n’avez pas à payer un bakchich à chaque carrefour. Vous n’avez pas du voir beaucoup d’état failli pour dire que l’état grec s’est écroulé. Il est en bonne voie certes mais c’est pas encore fait et il est inutile d’allourdir la barque.


          • Commander Blood Le 19 août 2015 à 14h55
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            L’état grec n’a pas respecté le contrat républicain qui le légitimait aux yeux du peuple, il a trahis le peuple, il a trahis les résultats d’un référendum. S’il peut se permettre de ne pas respecter les règles qu’il avait envers ses concitoyens, pour quelles raisons alors ceux-ci se permettraient de respecter les règles qui les lient à l’état ?
            Je n’affirme rien, je ne fais que poser la question.

            (Dire que l’état grec ne sert qu’à ponctionner les citoyens et servir les banques c’est un raisonnement de riche.)

            En ce moment, ce ne sont pas les riches en Grèce qui se font lapider fiscalement, vous en conviendrez. Et les commerçants en question, ce ne sont pas des milliardaires.


            • Alfred Le 19 août 2015 à 17h10
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              1- Vous confondez tout. Le gouvernement a trahi le peuple. Ce n’est pas le premier, ni le dernier. Il sera remplacé par un autre.
              L’état grec n’a trahi personne: c’EST le peuple grec. Les hôpitaux publics appartiennent aux grecs, et cetera, et cetera…. Truander le bien public c’est se truander soit-même. Je vous accorde que pour des raisons historiques cette vision “moderne” rrencontre des reflexes plus archaiques en grèce (l’état occupant). Mais quitter cette vision de l’état reviendrait à un grand bon en arriere (jusqu’à l’occupation ottomane) et signerai la victoire définitive de la troika et la fin de la grece comme entité politique.
              Respecter les règles qui les lient à l’état revient pour les grecs à se respecter eux-mêmes et à se préserver un futur différent d’une “balkanisation/ Balkany-sation” (une successions de petites baronies locales).
              En voulant quitter un maitre on en trouve toujours d’autres (même ceux qui clament qu’ils n’ont ni dieuni maîtres).

              2-Je ne parlais pas de riches et de pauvres au sens ou vous l’entendez. Je voulais dire par “raisonnement de riche”: riche d’un état encore fonctionnel. Dans la moitié des pays de cette terre c’est un luxe. De pouvoir créer un bizness sans payer “à la tête du client”, avoir des règles qui s’appliquent presque pour tous et qui ne changent pas tous les jours c’est déjà un luxe.


            • Commander Blood Le 19 août 2015 à 22h37
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              (Le gouvernement a trahi le peuple. Ce n’est pas le premier, ni le dernier. Il sera remplacé par un autre.)

              Vous voyez, c’est ça la “démocratie”, on est tellement habitué par la trahison de nos élites que l’on s’étonne quand un peuple ose enfin s’y opposer.

              (L’état grec n’a trahi personne: c’EST le peuple grec.)

              Oui, on sait, c’est encore la faute à ces salauds de pauvres ! Comme d’habitude !

              (Les hôpitaux publics appartiennent aux grecs, et cetera, et cetera…. Truander le bien public c’est se truander soit-même.)

              Votre raisonnement tiendrait debout si…les hôpitaux n’étaient pas massivement en cours de privatisation, s’ils ne manquaient pas cruellement de personnel et de moyens pour soigner les malades.

              Les impôts payés par les grecs vont en premier lieu aux banksters, et la maigre part qui va dans ce qu’il reste de service public n’est pas suffisante pour financer les hôpitaux. N’est-il alors pas normal que les gens refusent de payer pour un service public que, même en étant prélevés plus que de raisons, ne marchera pas.

              Et vous dites que s’ils refusent de payer les hôpitaux qui sont déjà en train de s’écrouler s’écrouleront encore plus ?

              Dites-moi, quand vous vous faites piquer sur la joue par un moustique, que faites-vous ? Vous donnez un coup de mains pour le faire partir, quitte à vous donner une gifle, ou vous le laissez continuer à vous pomper par peur de vous claquer la figure ?

              (Je vous accorde que pour des raisons historiques cette vision “moderne” rrencontre des reflexes plus archaiques en grèce (l’état occupant). Mais quitter cette vision de l’état reviendrait à un grand bon en arriere (jusqu’à l’occupation ottomane) et signerai la victoire définitive de la troika et la fin de la grece comme entité politique.)

              C’est marrant ce que vous dites, quand on regarde la réalité, plus les grecs obtempèrent, plus la Troïka est victorieuse, plus la Grèce passe sous occupation financière (donc quasiment physique) de Bruxelles.

              Il faudra pourtant bien un jour que les grecs renversent la table, non ?

              (Respecter les règles qui les lient à l’état revient pour les grecs à se respecter eux-mêmes et à se préserver un futur différent d’une “balkanisation/ Balkany-sation” (une successions de petites baronies locales).)

              Oui, alors déjà, je répète pour que ça rentre : l’état social n’existe quasiment plus en Grèce, la majorité des prélèvements grecs vont dans la poche des créanciers…pas dans les hôpitaux.

              Ensuite, comme je l’explique plus haut : plus vous poussez un peuple dans le dénuement, plus vous le poussez à faire du marché noir, à nourrir l’économie sous-terraine et à engraisser la maffia, je ne donne pas 10 ans de ce régime-là pour que naisse une maffia aussi puissante et imposante que celle qui existe en Sicile.

              Je vous renvoi au Uranus de Marcel Aymé : c’est le marché noir, vital pendant l’occupation, qui a transformé des débrouillards et des affairistes en véritables maffieux comme Monglat, un petit notable avant-guerre, qui possède de tels pouvoirs à la fin qu’il en arrive à faire assassiner Léopold, le bistrotier qui avait un peu trop crié la vérité sur les toits. C’est comme ça qu’est né la french connexion en France : l’austérité imposée par l’occupant allemand en 1944. Et la Grèce suit exactement le même chemin, avec la bénédiction des gens comme vous.

              Donc votre “balkanisation” n’aura nullement besoin de ces méchants commerçants rétifs au vol déguisé en fisc, elle se fera d’elle-même à moins qu’un gouvernement grec ne fasse respecter la volonté du peuple qu s’est exprimée en juillet dernier.

              (Je voulais dire par “raisonnement de riche”: riche d’un état encore fonctionnel. Dans la moitié des pays de cette terre c’est un luxe.)

              Ça tombe bien, grâce à l’UE, les grecs n’en auront bientôt plus.

              (De pouvoir créer un bizness sans payer “à la tête du client”, avoir des règles qui s’appliquent presque pour tous et qui ne changent pas tous les jours c’est déjà un luxe.)

              Bienvenu en Euroland ! Ce merveilleux pays où on a le droit de faire du commerce avec tout le monde sauf avec les russes ou avec ceux qui ne sont pas copains avec les américains, un monde la règle immuable est : on paie de la dette avec de la dette et on fait payer les intérêts par le peuple.


      • Georges Le 19 août 2015 à 12h37
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        De toute manière le problème va au-delà.

        Si les videurs des boîtes de nuit ont chassé à coup de pied au cul les contrôleurs, il y a toute l’infrastructure policière et judiciaire qui peut se mettre en oeuvre pour leur faire entendre raison.

        Mais il semblerait que l’affaire soit tombée à l’eau !!!!! Comment voulez-vous mettre en place un minimum de fonctionnement social dans ce cas ?


      • Christophe Le 19 août 2015 à 14h59
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        si tout le monde s’en acquittait, l’impôt serait perçu comme plus juste


      • Crapaud Rouge Le 19 août 2015 à 20h10
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        Les autres citoyens payent pour ces jacqueries (…)” : oui, et je ne sais pas si c’est “normal” ou pas, mais c’est inévitable. Quoique fassent certains, il y en a d’autres pour en subir les conséquences. Exemple terrible : des civils innocents qui se font massacrer en représailles à des attentats de résistants. Mais si tout le monde devait rester les bras croisés pour éviter ça, alors l’humanité en serait encore à son stade simiesque. Cela dit, il ne s’agit pas de défendre une rébellion au fisc dans le principe, mais dans les circonstances qui sont celles des Grecs aujourd’hui.


  3. Pierre Le 19 août 2015 à 03h44
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    Le dernier billet de Quatremer … comment dire?
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2015/08/18/hotel-california/

    L’introduction savoureuse est une belle synthèse.
    Donc l’idéal pour la construction européenne, éviter le nationalisme, la guerre et tout et tout serait d’annuler les élections ou d’interdire tout partis eurosceptiques.
    On ne peut pas laisser les peuples jouer avec l’idée européenne.

    «You can check out anytime you like, but you can never leave» («Tu peux quitter l’hôtel quand tu veux, mais tu ne pourras jamais partir»). Pour ceux qui en doutaient encore, la Grèce vient de démontrer que l’euro, c’est comme la chanson Hotel Californiades Eagles : on est libre d’y entrer, mais une fois dedans, plus question d’en sortir. Non pas parce que la Commission européenne, l’Allemagne ou la Finlande enverraient leurs divisions pour éviter une sécession, mais parce que le coût d’une sortie serait si faramineux pour le pays qu’aucun gouvernant sensé n’oserait prendre une telle responsabilité.


    • PMB Le 19 août 2015 à 11h50
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      «Tu peux quitter l’hôtel quand tu veux, mais tu ne pourras jamais partir»

      Et avant tout ça, tu ne peux même plus commenter chez Quatremer.

      Dommage, je lui aurais dit comment l’Islande, qui s’est sortie de la crise sans suivre els ukases de Bruxelles, a refusé d’entrer dans l’hôtel Euro.


    • yann Le 19 août 2015 à 13h00
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      J’ai lu cet article, et il m’avait fait sourire … En effet, cet hôtel est en fait une maison de désintoxication qu’a fréquentée l’auteur. Et cette phrase est ce qu’on dit aux nouveaux arrivants, pour leur faire comprendre qu’en entamant un processus de détox, on ne peut le quitter même en quittant le lieu : jamais la personne ne boira ou se droguera plus de la même façon.
      C’est ironique car, pour moi, l’UE est une gigantesque intox, et quand le doute s’est installé dans un esprit, il ne peut que croître ! Merci, Quatremer, pour cette reconnaissance implicite !


  4. Jay SWD Le 19 août 2015 à 03h50
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    Changer de Pavillon??
    Pourquoi pas un pavillon Luxembourgeois?
    Hein,Quoi? ya pas de port au Luxembourg?
    Ben doit ben y en avoir un,vu l’état dans lequel se met Jean-Claude…Hips…Juncker! !

    Oui oui,elle était facile,d’ailleurs je sors………………..


    • TienTien ! Le 20 août 2015 à 14h13
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      Il n’est nul besoin d’avoir un ou des ports pour voir son pavillon flotter sur des navires. Le pavillon luxembourgeois a déjà été utilisé par certains armateurs belges pour d’évidentes raisons fiscales. Hongrie et Slovaquie n’ont aucun accès à la mer, mais possèdent des navires arborant leurs pavillons respectifs. Les armateurs grecs, quant à eux, pourraient être tentés par le pavillon maltais en plus des habituels Panama et Libéria.


  5. Sophie Le 19 août 2015 à 05h49
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    L’église est intouchable, quoiqu’il arrive. Les citoyens sont tellement imprégnés dans la religion, qu’ils preferent se serrer la ceinture, plutot qu’ assister à la séparation de l’église et de l’état, et voir la premiere contribuer à les aider.

    A Pâques, il est coutume de transporter la Sainte Lumière, autrement dit, une sorte de bougie, dans de nombreuses villes, puis de l’expédier à Jérusalem. Autant dire que cela coûte la peau des fesses, puisque les forces de l’ordre sont mobilisées et que bien sur, une Sainte Lumière ne peut pas voyager par la poste, mais en avion, bien évidemment. On parle de milliers d’euros.
    Bref, certains se sont offusqués de cette pratique vieille d’une vingtaine d’années au plus. Toutefois, ils étaient très minoritaire, le peuple y tient à sa bougie et se semble pas s’offusquer du fait que des milliers de personnes se nourrissent grâce aux détritus dénichés dans les poubelles.

    Dans la classe de ma fille, un enfant de 5 ans a dit que dieu n’existe pas, qu’il est impossible qu’il soit dans le ciel et nous regardê. La maîtresse s’est emportée ét l’a qualifié de menteur et de sale gamin. Parce qu’ici, dès la maternelle, on emmène les enfant à l’église en guise d’excursion scolaire, les chansons se rapportent à la religion, le curé vient bénir les classes en début d’année…

    Bref, tout est fait pour manipuler dès le plus jeune age.


    • Commander Blood Le 19 août 2015 à 12h21
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      Sachant que sans l’église grec beaucoup de gens seraient mort de faim, vous m’excuserez si je vous dis que votre post fait un peu froid dans le dos.


      • Sophie Le 19 août 2015 à 14h40
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        Certes, l’église cuisine, mais la nourriture provient en majorité des particuliers. Des chariots ou paniers à provision se trouvent à cet effet à la caisse des supermarché.

        Demandez donc à l’église de célébrer une cérémonie sans remuneration, si jamais vous êtes dans le besoin. Demandez également à l’église d’avoir la gentillesse de vous donner 10 euros, vous seriez surpris de la reponse.

        Ce qui me fait froid dans le dos, c’est l’éducation religieuse des grecs qui est telle que les gens preferent mourir de faim plutot que voir l’église obligée à participer activement et socialement aux conditions de vie des plus pauvres.

        J’ai ete surprise de constater qu’un homme qui s’est retrouvé à vivre dans sa voiture face à une eglise s’est fait lamentablement expulsé par les forces de l’ordre suite à des plaintes du voisinage. L’église ne pouvait elle donc pas lui offrir un logement ? Elle possède un gigantesque parc immobilier pourtant. Rien, ni même une couverture, ni même un lieu pour faire ses besoin, ni même un peu d’amour. J’ai bien tenté de contacter la presse afin d’empêcher ne serait ce que l’expulsion, en vain. C’était à se demander qui était à l’origine de l’expulsion…


        • david Le 19 août 2015 à 18h00
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          Je peux comprendre le sceptissisme devant les exonérations de l’Eglise en Grêce mais j’ai plusieurs remarques
          1°) l’Eglise en Grêce est associée à l’Etat donc il faudrait savoir si le peuple est d’accord pour saborder cela. Pour rappel en 1905, on n’a pas demandé son avis au français moyen sachant que le pays était très chrétien…à l’époque.
          2°) L’Eglise n’est pas à proprement parler une entreprise puisqu’elle n’a pas officiellement un objet lucratif. Si les eglises sont belles c’est souvent grâce aux donations. elle n’a donc pas de CA et pas de profit. Les curés ne me semblent pas attirés par les salaires et les conditions d’emplois.
          3°) L’Eglise a du foncier car c’est essentiellement historiques et liés aux legs fait depuis des siècles. On peut discuter de l’impot foncier sur ces biens mais il doit être fonction des revenus de l’acquéreur, on a vu que c’est pas une entreprise.
          4°) En France, les églises sont vides mais sont entretenues pas les mairies suite à la loi de 1905. Je ne suis pas sûrs que les contribuables grecs soient très enchantés de payer cela.

          Bref, le fisc grec ferait mieux de plancher sur un cadastre fiable car avec la carte d’identité, ce sont les deux bases de la civilisation moderne


          • Sophie Le 19 août 2015 à 18h55
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            L’église n’est pas une entreprise, d’ailleurs, les salariés sont des fonctionnaires largement payés grâce à nous, les contriabuables.
            Le salaire de base est d’environ 1100€, 1400€ pour le plus haut. Il faut savoir qu’ils ont récemment subit des coupes dans leurs salaires, puis qu’auparavant le plus élevé etait environ 2300€ !!!

            Le parc immobilier appartenant à l’église est très important, tres luxueux. Malgré cela, non, l’église ne veut pas payer ce fameux ENFIA, l’impôt foncier.


    • Charlie Bermude Le 19 août 2015 à 19h43
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      Je constate comme d’autres , un manifeste affichage de foi dans tous les pays de l’Est . J’ai du mal à comprendre le phénoméne et à l’accepter ; mais il n’est pas négligeable et doit avoir quelques raisons plus profondes que l’ex communisme , à mon ressenti . L’aborder , maniére Française , rationnelle , ne me semble pas praticable .
      J’ajouterai que dans le communisme , y avait encore comme de la foi . Mais maintenant …plus rien , l’interet , pur et simple


  6. BEYER Michel Le 19 août 2015 à 06h15
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    Bon!!! A lire cet interview, on ne sent pas une volonté très ferme pour aller à la cueillette de l’impôt.
    Toute la dernière partie est pleine de justifications pour démontrer les difficultés….Eglise, armateurs, etc…peuvent dormir tranquille, Mr Tryfon Alexiadis leur a déjà trouvé de bonnes raisons d’échapper à l’impôt.


    • Éveillard Le 19 août 2015 à 09h25
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      “Concernant l’Eglise en particulier, il faut bien comprendre qu’elle accompli aussi un grand travail social pour lequel elle coopère avec l’Etat. Quel intérêt pour l’Etat de l’imposer tellement qu’elle devra diminuer ses contributions envers les plus démunis ?”

      Aussi, comment interpréter le fait qu’Alexiadis justifie que l’Eglise orthodoxe (avec une capitale, dans le sens “institution”, pour répondre au Yéti) ne paiera pas l’impôt grec à la hauteur de ses avoirs, patrimoine, etc. du seul fait de ses œuvres charitables, sinon que ce vice-ministre, en se mettant entièrement au service de l’application de ce nouveau plan, accepte délibérément l’état d’extrême pauvreté d’un bon nombre de ses concitoyens ainsi que celui de la paupérisation de l’ensemble de la société grecque, que ce plan ne manquera pas de creuser davantage encore.

      Il faut effectivement être “expert incontestable de la fiscalité” pour élaborer tout un système de lutte contre la pauvreté basé sur la charité et l'”humanitaire”, en lieu et place d’une politique de collecte de l’impôt équitable !

      Monsieur Alexiadis, vos concitoyens ont mille raisons de se révolter, et sachez aussi que, de ce côté-ci de l’Europe, Tsipras et son nouveau gouvernement ne soulèvent plus du tout l’enthousiasme que vous semblez encore prétendre !


  7. Crapaud Rouge Le 19 août 2015 à 07h06
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    Comprenez bien : si le gouvernement d’Alexis Tsipras reste populaire, malgré toutes les difficultés, c’est parce que gens savent que les choses désormais sont très différentes.” : il veut nous faire croire que la population est derrière Tsipras parce qu’il lutte contre la corruption, autrement dit que la population demande à vivre dans une “société propre”, où tout le monde respecte les règles imposées d’en haut, comme dans les pays nordiques, et donc que les Grecs en ont marre de leur société, de leurs “mauvaises” habitudes, de leur passé… Il n’y a que lui pour prétendre que la Troïka aurait réussi une telle révolution culturelle.


  8. Crapaud Rouge Le 19 août 2015 à 07h24
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    Dans l’UE, corruption zéro, ses fonctionnaires ont seulement des salaires copieux, (ce qu’aucun État n’a plus le droit de faire parce que leur budget ne le supporterait pas, est-il expliqué par ailleurs), mais on n’a pas le droit de dire qu’ils sont “achetés” car tout est fait “dans les règles”. Lire ici : http://fr.sputniknews.com/international/20150818/1017632598.html : “Ils ont droit à une indemnité journalière de €117 pour couvrir leur repas et des “dépenses accessoires” annonce The Telegraph.” (Le forfait repas de l’URSSAF est à 8 euros.)


  9. Noureiev Le 19 août 2015 à 07h29
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    Je croyais qu”il fallait respecter certaines règles fiscales et démocratiques pour entrer dans l’UE. Depuis 1981, si tout n’était pas parfait de ces points de vue en Grèce, pourquoi la Commission a-t-elle laissé faire ? C’est déjà la preuve d’un défaut de construction au service d’autres intérêts probablement voulus. Un défaut en cache d’autres qui en cachent encore d’autres et ça finit en purée. Alors pour mettre de l’ordre on y introduit une monnaie unique et on s’étonne que ça ne baigne pas dans l’huile. Ce n’est pas grave, on va faire entrer plein d’autres pays super structurés et tout ira mieux. Mince ça ne marche pas encore ; heureusement qu”il y a une solution avec le TAFTA.
    Vite, vite un armateur Grec, on est entrain de couler.


    • FifiBrind_acier Le 19 août 2015 à 17h48
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      Pourquoi ont-ils laissé faire? Sans doute parce qu’un pays sans Etat est plus facile à piller…..


  10. sylla Le 19 août 2015 à 08h08
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    Dans cette émission d’ASI ( http://www.arretsurimages.net/emissions/2015-07-10/Grexit-en-theorie-je-suis-pour-Mais-j-ai-peur-de-ce-chaos-la-id7896 ), il est dit que
    -l’imposition des armateurs est inscrite dans la constitution, qu’il n’y a pas de majorité suffisante pour une modification constitutionnelle
    -“les armateurs” sont des entreprises internationales, aussi difficiles à imposer que les autres entreprises internationales (les impôts de Total ou google en France…?)
    -l’Eglise possède essentiellement du foncier, dont la valeur a été divisée par deux depuis 2008 ; que celle ci s’occupe beaucoup de charité et a déclaré qu’une augmentation de fiscalité signifierait pour elle une diminution de ses aides à la population ; sans compter qu’elle est religion officielle (constitutionnelle) et est écoutée.

    Bref un peu le contraire des “qd on veut on peut”, “impéritie fiscale grecque depuis des décennies” que l’obs a trouvé (très ressemblant à la position de la troïka, et Juncker est très charismatique dans ce rôle).


  11. Gonetoufar Le 19 août 2015 à 09h15
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    Les commentateurs se trompent de cible qui s’en prennent à Alexiadis . C’est plutôt l’Obs qui a volontairement ” oublié ” certains passages de l’interview ….comme celui-ci par exemple :

    ” …En 2010, le premier plan d’aide exigeait l’instauration d’un impôt de 20 % sur les revenus publicitaires des chaînes de télévision privées. Mais sous la pression de ces dernières, le parlement a voté, tous les ans, un amendement pour décaler d’un an son application. Cela a duré jusqu’à notre arrivée. Pourquoi la troïka s’est-elle montrée inflexible sur la baisse des retraites et non sur cette taxe-là ? À l’époque, j’ai soulevé la question lors d’une émission télévisée. On a cessé de m’inviter. …”


    • Libriste Le 19 août 2015 à 10h40
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      Autrement dit nous réfléchissons sur la base d’un propos censuré!
      Pouvez vous nous donner un lien ou un lieu qui nous permette de connaitre l’intégralité des propos?


  12. bourdeaux Le 19 août 2015 à 09h52
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    Je ne suis pas d’accord. J’ignore si ces braves grecs qui tapent sur les agents du fisc sont des fascistes, mais leur méthode, elle, est fascisante. Je comprends bien mal ce raisonnement selon lequel, d’une part il faut s’indigner qu’un pays soit à ce point dans la main de ses créanciers, et d’autre part considérer comme des résistants héroïques des tape-durs qui se dérobent à l’impôt à coups de poings. J’ai beaucoup de sympathie pour les grecs, mais comme j’ai déjà tendance à trouver mes impôts trop élevés, j’aimerais donc, si cela ne dérangeait personne, ne pas avoir à payer un jour ceux des grecs.
    Enfin, permettez-moi : votre comparaison avec les révolutionnaires de 89 et les justes en 42 est un peu ridicule : le qualificatif « fasciste » n’a de sens que pour des individus menant un combat dans une société libre et démocratique, ce que n’était pas la France à ces époques.


    • balthazar Le 19 août 2015 à 12h04
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      Je vous cite :
      “Enfin, permettez-moi : votre comparaison avec les révolutionnaires de 89 et les justes en 42 est un peu ridicule : le qualificatif « fasciste » n’a de sens que pour des individus menant un combat dans une société libre et démocratique, ce que n’était pas la France à ces époques.”

      J’en conclus que vous voyez la Grèce comme une société libre et démocratique.

      Je pense sincèrement que vous avez “raté” quelques épisodes bien documentés de ce site sur le fameux précepte anti-démocratique, totalitaire même, promu par le Maitre de l’UE, au lendemain du vote grec du 25/01/2015 refusant le diktat de Bruxelles, qui est:
      There Is No Alternative.
      Votre pays ne vous appartient plus.
      L’esclavage, c’est maintenant.


      • bourdeaux Le 19 août 2015 à 13h38
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        Certes. Mais le premier à s’être assis sur le vote du 25, c’est Tsipras lui-même. Pourquoi ? Parce qu’à mon avis, il n’a pas voulu assumer la conséquence d’un refus du knout bruxellois, qui aurait été la sortie de la zone euro, dont les grecs ne veulent pas. Il manquait une question essentielle à son référendum, qui aurait dut être : « chers concitoyens, si vous votez non, acceptez-vous que notre pays quitte la zone euro ? » Normalement, voter, c’est choisir, et choisir, c’est renoncer. Et encore…dans ce cas-ci, l’objet du renoncement ne provoquerait pas d’interminables remords, les grecs s’en remettraient bien plus vite qu’ils ne vont se remettre des saignées du docteur junker. Mieux vaudrait une fin horrible qu’une horreur sans fin .


        • Commander Blood Le 19 août 2015 à 14h15
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          (qui aurait été la sortie de la zone euro, dont les grecs ne veulent pas.)

          Voilà une affirmation digne de BFM, vous la basez sur quoi de réelle ?
          Les allemands n’ont pas tenu leur promesse, ils ont dit que si les grecs votaient non : ils allaient sortir de l’euro, ça allait être une catastrophe, tout ça, tout ça. Mais ils ne l’ont pas fait.

          Les médias grecs, encore plus inféodés que les médias français, ont fait campagne pour le oui et ont eux aussi menacé les grecs des pires choses si le non l’emportait.

          Grosso modo : on a dit aux grecs que si ils votaient non, ils allaient sortir obligatoirement de l’euro…Donc, on peut dire que les Grecs ont été 60 % à dire : “Chiche ! On va sortir de l’euro si on vote non ? Alors on vote non quand-même.”

          Les 75 % de grecs éperduement fous amoureux de l’euro n’existent que dans des sondages vieux de plusieurs années (ou fait récemment sur des fractions infimes de la population grecques) que les journalistes ressortent à toutes les sauces mais qui sont battues en brèche par le réel.

          On a dit que le non était équivalent à une sortie de l’euro, 60% des grecs ont voté non…donc, 60 % des grecs ont voté pour une potentielle sortie de l’euro, si je suis le raisonnement. Donc les fameux 75% de grecs qui sont pour l’euro existent autant que les 80% de grecs près à voter pour le oui.

          Il faut savoir distinguer dans la vie ce qui est de la propagande et ce qui est la vérité fragmentaire mais moins mensongère, il faut distinguer dans la vie les médias mainstream et les “méchants conspirationnistes qui pensent qu’il n’y a pas d’armes de destructions massives en Irak ou qui ne voient pas de soldats russes sur le territoir ukrainien”.

          Les médias BFMisés ont perdu tellement de crédibilité que je reste toujours stupéfait de voir encore des gens croire à leurs mensonges et, pire, les répéter.


          • bourdeaux Le 19 août 2015 à 16h09
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            Tout ce qui se dit sur BFM n’est peut-être pas à jeter aux orties… Mais si vous avez trace d’un sondage indiquant le contraire, je suis preneur !
            Quant à la prophétie de sortie de l’€ que vous attribuez à l’Allemagne, aux médias, à la propagande, etc… je me permets de vous faire remarquer que si Tsipras avait été cohérent, c’est précisément ce qui aurait dû se passer : tsipras : « mes concitoyens refusent votre plan de sauvetage, veuillez m’en soumettre un autre »
            Junker, schauble : « désolé alexis, on a rien d’autre à te proposer : soit tu fais la croisière dans la salle des machines, soit tu continues à la nage »
            Tsipras : « dans ces conditions, je ne peux pas vous rembourser, et je sors de l’€ » (donc il choisissait la nage)
            Est-ce la faute de l’Allemagne si Tsipras a finalement choisi le plan, déjouant ainsi les scénarios crédibles en cas de succès du « non » ?
            Je considère donc que la position grecque est inintelligible dans cette affaire, parce que leur gouvernement est aux mains de gens qui n’ont pas eu le courage d’aller au bout de leur raisonnement.


          • Commander Blood Le 19 août 2015 à 17h28
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            (Tout ce qui se dit sur BFM n’est peut-être pas à jeter aux orties…)

            Les journalistes de BFM :

            -Ils ont été pour la “révolution” nazie en Ukraine.
            -Ils ont été pour la guerre contre le Dombass
            -Ils ont été pour la guerre en Syrie et estime que le grand fautif c’est Obama qui a refusé d’aller tuer des Syriens.
            -Ils continuent à appeler les Daechites en Syrie des “rebelles” pro-démocratie.
            -ils ont été incapables de prévoir la crise en 2008
            -ils ne cessent de nous dire que la crise est finie et qu’on en est sorti au moins 8x.
            -Ils nous vendent sans arrêt la “reprise” en amérique.
            -ils ont très ostensiblement pris parti pour le oui pendant le référendum grec.
            -ils ont été pour le bombardement de la Syrie en accréditant le mensonge selon lequel Kadhafi allait massacrer son peuple.
            -pareil au Mali (les fameuses colonnes islamistes dans le Sahel)
            -pareil en Centrafrique.
            -ils n’ont pas été fichu de prévoir la victoire du non en Grèce alors que jusqu’au dernier moment ou presque ils prévoyaient que le oui allait l’emporter avec 80%.
            -ils sont les premiers à voir la Chine et la Russie tomber économiquement et ne regardent jamais la situation sociale en Europe et aux USA.
            -quand Daech massacre des Syriens, on ne les entend jamais, sauf pour accuser le gouvernement, par contre, quand les islamistes font la même chose en France : ils poussent des cris d’orfraie.
            -avec l’affaire charlie hebdo, montée en épingle alors que l’humilité aurait dû prévaloir, eût égard aux victimes des terroristes, ils sont plus ou moins responsables de la montée de la haine anti-musulmane en France (volontairement ou involontairement).
            -Dans l’affaire de l’avion abattu en Ukraine : c’était tout de suite les russes qui étaient les fautifs…sans preuve aucune.
            -Selon eux, il y a en Ukraine plus de soldats russes que d’Ukrainiens.
            -…

            Je m’arrête là, mais je pourrais continuer longtemps comme ça.

            Quand je vise BFM, c’est en fait l’ensemble du spectre mainstream que je balance. Disons que BFM est un peu plus carricatural que les autres, mais, du reste, TF1, I-télé, BFM, France 2…c’est du pareil au même.

            Je n’arrive pas à croire que l’on puisse encore oser défendre les médias mainsteam après autant de parjures et de mensonges éhontés.

            (Mais si vous avez trace d’un sondage indiquant le contraire, je suis preneur !)

            Oui, il existe ce sondage : LE REFERENDUM DE JUILLET 2015, ça vous dit quelque chose ?

            On a dit aux grecs que le non signifierait une sortie de facto de la zone euro.

            60 % DES GRECS ONT DONC POTENTIELLEMENT VOTE POUR LA SORTIE !

            Donc répéter ce que dit jusqu’à la nausée BFM comme quoi 75% des grecs seraient pour l’euro est totalement faux, le référendum est là pour battre en brèche cette affirmation qui pouvait avoir un fond de vérité au début de la crise, mais qui ne se repose sur rien aujourd’hui.

            (Je considère donc que la position grecque est inintelligible dans cette affaire, parce que leur gouvernement est aux mains de gens qui n’ont pas eu le courage d’aller au bout de leur raisonnement.)

            Je ne vous le fais pas dire, ce gouvernement a trahis le peuple qui l’avait élu donc…faut-il s’étonner si le peuple décide de ne pas obéïr au gouvernement qui l’a trahis ? Non, bien-sûr !


          • bourdeaux Le 19 août 2015 à 18h42
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            “60 % DES GRECS ONT DONC POTENTIELLEMENT VOTE POUR LA SORTIE ” : ben dites donc ! avec une telle capacité à extrapoler un texte, je ne vous confierais pas les clés d’une république, à vous ! Vous ne croyez pas qu’une question aussi importante qu’un changement de monnaie aurait mérité d’être posée clairement ? Du reste, ce n’est pas une exception qu’un profond malentendu survienne entre un état-major politique et sa base à l’occasion d’un référendum ou d’une élection. Ce malentendu tient ici en quelques mots : tout comme son électorat,la majorité gouvernementale n’est pas faite uniquement de partisans de la sortie de l’€, et ne peut survivre qu’en éludant soigneusement cette question; et c’est ce qu’elle a fait en juillet.


          • Commander Blood Le 19 août 2015 à 22h45
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            (Vous ne croyez pas qu’une question aussi importante qu’un changement de monnaie aurait mérité d’être posée clairement ?)

            Les européistes l’ont pourtant clairement dit : NON = SORTIE DE L’EURO, Merkel ou ses suiveurs ont plusieurs fois dit clairement que c’est comme ça que ça se passerait et comme les journaux grecs sont dans la main des créanciers…imaginez bien que les électeurs grecs l’ont clairement entendu.
            S’ils ont voté non, c’est que c’était N.O.N. !!!
            Donc si le NON signifie sortie de l’euro, c’est que 60% des grecs ont techniquement voté POUR la sortie de l’euro…et d’ailleurs Schaüble a plus ou moins évoqué cette éventualité là pendant les négociations post-referendum avant que Tsipras ne passe sous la table, histoire que ce qui avait été évoqué en tant que menace en période référendaire ne soit pas sans lendemain (même si ça n’a pas été exécuté, ce qui prouve que les allemands n’ont pas tenu leur parole).

            Contrairement à ce que vous croyez, vous savez, les gens s’informent un peu avant d’aller voter, ils écoutent les médias…si 90 % de la presse claironne ce que dit Berlin ; c’est que le peuple grec a dû l’entendre et si malgré tout il vote contre, ça signifie qu’il relevé le gant.

            (Ce malentendu tient ici en quelques mots : tout comme son électorat,la majorité gouvernementale n’est pas faite uniquement de partisans de la sortie de l’€,)

            Vous m’avez posé une question je vous y ai répondu, je vois que ce n’est pas votre cas: QUELLES SONT VOS SOURCES qui vous permettent de dire que le peuple grec pense ceci ou cela ?

            (et ne peut survivre qu’en éludant soigneusement cette question; et c’est ce qu’elle a fait en juillet.)

            Oui, l’élite du parti a non-seulement trahis le peuple mais a trahis son programme de départ…et résultat, le peuple l’a mauvaise, reconnaissez donc qu’il est normal que des gens aient moyennement envie de poursuivre le cauchemar qu’ils subissent depuis trop de temps.


    • Commander Blood Le 19 août 2015 à 12h09
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      Vous n’avez pas compris, alors je ré-explique :

      -En Grèce payer ses impôts, c’est mourir socialement. Relisez ces interviews de grecs qui vous expliquent que, s’ils ne truandent pas ils se font tout prendre et que seuls survivent ceux qui escroquent le fisc, les autres allant dans les bidon-villes entourant Athènes. Le prélèvement fiscal, là-bas, n’est plus un prélèvement fiscal et ne contribue pas à faire fonctionner un état-providence qui se réduit à peau-de-chagrin non-pas du fait de l’absence de prélèvement fiscal, mais en raison de la dictature infantile des européistes (infantile au sens de : “les grecs ont voté pour syriza, alors on va les faire payer ! Na !”) qui exigent (comme tout le monde, y compris vous, le sait ici) privatisations, coups de massue fiscaux aussi délétères qu’inutiles et prélèvement servant non-pas à faire fonctionner l’état-providence mais à aller dans la poche des banksters.

      Ces gens-là ont été victimes d’un hold-up fiscal pour rembourser une dette que la Grèce ne pourra jamais rembourser (de plus en plus de gens s’en rendent compte) et pourtant on continue à les étriller.
      Ces gens-là ont voté pour Syriza : on leur a coupé les vivres.
      Ces gens-là ont voté non au référendum : on leur a fait comprendre qu’on s’en torchait, de leur avis.

      Je vous rappelle que “démocratie” signifie : le pouvoir (kratos) du peuple (demos).
      Un peuple souverain s’est exprimé pacifiquement et par la légalité.
      Il a été patient et s’est même laissé à moitié dévorer pendant des années.
      On a pas respecté cette loi fondamentale.
      Alors, n’est-il pas normal, quand on traite mal un peuple jusque là pacifique, qu’à la fin, ce peuple reste un peu moins pacifique ?

      Je ne pense pas (et n’appelle pas) les grecs à passer à la révolte armée, de toute façon, l’état n’aura qu’à supprimer les libertés publiques pour étouffer toute insurrection dans l’œuf…mais considérez qu’il est normal qu’ils s’opposent physiquement à l’inacceptable. En gros, la victime d’un viol ne devrait pas avoir à se défendre selon vous ?

      -Les révolutionnaires de 89 & les justes de 42 sont considérés comme des révolutionnaires et des justes parce que précisément, ils se sont opposés à des fonctionnaires. Alexiadis estime que l’on est fasciste si on s’oppose à des gens se disant fonctionnaires d’un état…donc, pour pousser son raisonnement jusqu’au bout, jusqu’à l’absurde, on devrait alors considérer les justes et les révolutionnaires comme des fascistes puisqu’ils se sont opposés à des fonctionnaires. Je pense que mon exemple était parfaitement simple et sa compréhension à la portée de n’importe qui, il est dommage que ce ne fut pas le cas et que je doive me fendre d’une explication pour quelque chose de somme toute assez simple à comprendre, non ?


      • philbrasov Le 19 août 2015 à 12h24
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        Pour cela encore faut-il qu’il existe des “peuples souverains”…
        la construction européenne, a été faite , pour que les peuples n’existent plus.
        encore moins leur souveraineté…
        mais ce sont les mêmes destructeurs qui, iront larmoyer devant la disparitions des peuples amazoniens…par exemple…


      • bourdeaux Le 19 août 2015 à 13h15
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        Berruyer a plusieurs fois souligné que le taux de prélèvements obligatoires était grosso modo le même en Grèce qu’en France, donc, “payer ses impôts, c’est mourir socialement”…Faut arrêter le délire !
        Je vous suis parfaitement quand vous dites, en gros, qu’il est absurde de faire pisser le sang aux grecs pour rembourser leur dette publique, mais il me semble irresponsable de glorifier le coup de pied au cul du percepteur. Le fisc grec aura beau lever tous les impôts sur les revenus qu’il voudra, cela ne suffira jamais à honorer la dette publique, néanmoins, ce n’est pas avec du taille 43 au cul que le ministère des finances fera fonctionner un état dont les fonctionnaires ont déjà bien du mal à toucher leur salaire. Car avant de rembourser ses dettes, un état commence par utiliser ses recettes pour subvenir aux besoins vitaux du pays, il ne faut pas l’oublier.


        • Commander Blood Le 19 août 2015 à 14h33
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          (Berruyer a plusieurs fois souligné que le taux de prélèvements obligatoires était grosso modo le même en Grèce qu’en France, donc, “payer ses impôts, c’est mourir socialement”…Faut arrêter le délire !)

          En France, tout va bien, on a les éleveurs de porcs qui se font étriller fiscalement et tuer par la concurrence européenne et qui estiment qu’ils sont en train d’être assassinés, les bonnets rouges qui ont su faire reculer le gouvernement sur une taxe injuste qui allait imposer les convoyages de marchandises locaux et non internationaux et qui estimaient qu’ils étaient en train d’être tués fiscalement et donc à terme physiquement… C’est pas parce qu’on tombe de plus haut que les grecs et qu’on en est pas là où ils sont en ce moment que l’on suit forcément un chemin différent.

          Si on sait que ce chemin est mortifère, alors pourquoi serait-il plus positif pour nous et négatif pour les grecs ?

          La logique est la même partout. Elle tue les grecs, elle ne nous tue pas encore, mais ça va venir.

          (Je vous suis parfaitement quand vous dites, en gros, qu’il est absurde de faire pisser le sang aux grecs pour rembourser leur dette publique, mais il me semble irresponsable de glorifier le coup de pied au cul du percepteur.)

          Je ne le glorifie pas, je l’explique.

          (Le fisc grec aura beau lever tous les impôts sur les revenus qu’il voudra, cela ne suffira jamais à honorer la dette publique, néanmoins, ce n’est pas avec du taille 43 au cul que le ministère des finances fera fonctionner un état dont les fonctionnaires ont déjà bien du mal à toucher leur salaire.)

          Le problème, c’est que si l’état ne respecte pas une volonté populaire (le vote et le referendum) et qu’il préfère respecter la volonté des élites bancaires au détriment du peuple grec…n’est-il pas un peu normal dans ce cas que cet état, qui ne représente plus le peuple, ne perçoive plus de lui ses subsides ?

          On sait que le peuple français aurait dû prendre les armes lorsque son gouvernement n’a pas respecté en 2005 ce qui faisait le contrat social et ce qui faisait respecter la paix politique en France : le référendum. Je trouve que ce “coup de pied aux fesses” est bien gentil au regard de toutes les souffrances engendrées.

          Imaginez, vos amis devoir compter pour se nourrir sur le potager de leurs grands-parents, votre mère ou votre sœur être obligée de faire le trottoir pour avoir un peu d’argent pour nourrir ses enfants, imaginez des cancéreux ne pouvant disposer d’une chimio-thérapie par manque d’argent, imaginez-vous être contraint à la fraude et à renoncer à votre dignité pour pouvoir avoir un peu d’argent à la fin du mois, imaginez-vous avec votre famille à attendre la prochaine distribution de nourriture ou de médicaments organisée par l’église orthodoxe grecque ou par une association d’aide internationale pour pouvoir vous sustenter et se soigner, imaginez votre argent bloqué à la banque juste parce que Schaüble n’aime pas que vous disposiez de cet argent pour lequel vous avez travaillé toute vote vie, imaginez-vous avoir toujours été un bon démocrate, poussé à voter pour l’extrême-droite par dépit face à la trahison orchestrée par l’UE de toute la classe politique grecque, imaginez-vous faire partie du nombre sans cesse en augmentation de gens faisant une tentative de suicide (réussie ou non) car vous savez que vous n’avez aucun avenir tant que l’UE maintiendra son diktat sur la Grèce ?

          Tout cela me paraît largement plus violent et ignoble qu’un petit coup de pied aux fesses qui en définitive, blesse plus l’amour-propre que le corps…et franchement, à l’heure actuelle, pour aller prélever des pauvres en leur faisant la morale, il ne faut pas avoir beaucoup d’amour-propre.


      • FifiBrind_acier Le 19 août 2015 à 17h29
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        Commander Blood,
        Je crois que vous confondez…
        La Révolution américaine s’est faite contre les taxes anglaises sur le thé. C’est la révolte du “Thea Party” de Boston.

        Mais la Révolution française s’est faite sur l’égalité devant l’impôt.

        Tous les Grecs ne sont pas logés à la même enseigne…
        Les salariés, les fonctionnaires, les retraités ont leurs impôts prélevés à la source.

        Mais tous les autres peuvent tricher, les hôteliers, les entreprises, les commerçants, les professions libérales etc. Et ils ne s’en privent pas.

        Sans parler des impôts locaux, qui nécessiteraient un cadastre à jour, vaste utopie, ce qui n’est semble-t-il toujours pas le cas. Cette révision a quand même coûté la bagatelle 3 milliards d’euros au budget européen, c’est à dire de nos impôts à nous aussi.

        Le budget européen, ce sont les impôts des européens, enfin, de ceux qui en payent…
        http://cadastre.pagesperso-orange.fr/Fichiers/97Grec.pdf

        Alors sur qui reposent les impôts en Grèce? Un peu comme en France, sur ceux qui ne peuvent pas tricher. La collecte de l’impôt, avec ou sans plan d’austérité, repose toujours sur les mêmes. Ce sont donc eux qui vont payer la facture du plan d’austérité comme les fois précédentes.


        • Vladimir K Le 19 août 2015 à 19h53
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          C’est amusant, quand je lis votre commentaire décrivant les impôts en Grèce FifiBrind_acier, j’ai l’impression que vous parlez du Québec.


        • Commander Blood Le 19 août 2015 à 22h55
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          Toutes les questions que vous soulevez ne sont que des détails :

          La question du cadastre, ou aussi celle de l’église grecque, les petits contribuables grecs qui renâclent de plus en plus à payer l’impôt…mais qu’est-ce que tout cela représente à côté des multi-nationales qui vont bientôt ne plus rien avoir à payer ? Les armateurs grecs vont bénéficier des tribunaux d’arbitrage au même titre que les grosses multinationales américaines.

          Un système qui enfonce à coup de talon les petits et qui laisse les gros s’en sortir pleinement et avec le sourire en plus…mérite-t-il encore qu’on le finance ?

          Nous, en France, on a encore nos systèmes sociaux qui fonctionnent encore un peu (parce que Bruxelles n’a encore rien imposé de concret) donc ça vaut encore le coup de payer des impôts…mais regardez dans quel état est le système de santé grec ? Quand nos hôpitaux seront dans le même état, vous croyez qu’il sera encore valable de se faire imposer pour des systèmes publics appelés à disparaître ?


    • soleil Le 19 août 2015 à 19h39
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      je partage votre raisonnement. Le contenu de l’impôt est tout de même à regarder.
      Pourquoi je paie cet impôt. A quoi correspond cet impôt ?
      En France, l’éventail des budgets est important. Il est logique de trouver un correpondant qui puissent expliquer.
      Comme vous nous sommes redevables d’un impôt calculé.


  13. Greco Le 19 août 2015 à 10h05
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    En ce qui concerne les armateurs, il peut rien faire : elle est différente leur nationalité et le « « drapeau » » cad, a quel paradis fiscal sont immatriculés.
    Mais envoyer les agents du fisc aux foires populaires de l’été est hallucinant par un gouvernement de gauche : pourquoi pas ne pas contrôler les multinationales américains p.ex. ?
    La première vente a eu lieu. (http://www.tovima.gr/en/article/?aid=730258).
    L’Etat vent à la société allemande Fraport 14 aéroports : Thessalonique, Santorini, Corfou, Chania, etc. Pour 1,23miliard. Ridicule somme par rapport à leur valeur.
    Je n’ai pas vraiment cherché à internet, j’ai vu les émissions grecques : 30% des actions le Land de Esse et 31%, le Centre de Commerce d’Esse, 8.45% Lufthansa ,etc
    La vente a été décidée par l’ancien gouvernement de Samaras… Syriza à l’époque parlait de scandale. Le texte final avec la date de 13 /8 , est le même que celui de 2003..quand Tsipras hurler au scandale..


  14. philbrasov Le 19 août 2015 à 12h02
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    une chose m’interpelle dans l’innombrable suite de traites, signes depuis… ouffffffff trop longtemps et concernant la CE la CEE, l’UE etc etc….
    un pays ne respecte pas ces traites? La France par exemple….
    ON FAIT QUOI CONTRE LUI?

    on lui fait la guerre… on envoie les panzers? on le boycotte?
    Avant c’était simple, tu respectes pas tes écrits, je t’envoie mes chars ou mes troupes d’assaut jusqu’à ce que tu comprennes….
    mais aujourd’hui, dans ce monde ouvert , ou un pays remplace l’autre pour ses importations…
    On le voit avec la Russie…. et c’est sans doute pas les Français qui vont se plaindre de ne plus s’approvisionner en saucisse de Francfort..ou germknoedel autrichiens.

    Alors Ils font quoi les grincheux allemands, ou bruxellois?
    ils envoient des huissiers a matignon?, ils bloquent les comptes de nos ambassades?
    Je vous fiche mon billet , que ce jour la…. les visages bruxellois seront BLÊMES…et tétanisés.
    et s’agiteront comme des fourmis ayant reçu un grand coup de tatane dans leur fourmilière.
    En réalité cette construction européenne est un château de carte. Il suffit simplement de souffler dessus et chacun rentre a la maison….
    J’attends le souffleur…. avec impatiente…


  15. olivier imbert Le 19 août 2015 à 13h23
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    Etant donné la géographie physique et économique de la grèce; si le responsable des impots se retient par peur du départ des armateurs et tout ce qui va avec y compris les assurances qui marchent avec la finance comme une partie de la banque; le gouvernement Tsypras sera un gouvernement barre-bayrou conformément à l’esprit d’une constitution giscard; et la nouvelle gauche radicalisée se montrera la vieille rad soc centriste.


  16. Victor Le 19 août 2015 à 14h58
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    Tsiparas et Syrisa Majo : le mythe et la réalité
    à écouter absolument :
    http://cadtm.org/Eric-Toussaint-temoigne-sur-la

    et pour digérer :
    http://cadtm.org/Grece-Israel-Un-type-d-accord


  17. Charlie Bermude Le 19 août 2015 à 15h34
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    Ben , voilà , avec un article comme çà , on comprend mieux pourquoi les Allemands sont aussi méchants . On entre dans le détail de l’existentiel ( ici fiscal , mais çà laisse deviner le reste ) de la Gréce . Ce faisant çà vaut aussi pour notre existentiel à nous , moins scandaleux , mais toutefois pente malsaine . Et pire celui des USA , qui causait déjà un malaise à Jefferson quand les states étaient encore au berceau . Disons le mot l’Orientalisation corruptrice , la toute puissances des grosses fortunes . C’est aux Grecs , comme aux Français , entr’autres de mettre de l’ordre dans leurs affaires , et par extension aux Américains , en Allemagne aussi y a des choses à revoir , la Deutsche Bank en particulier …Le maillon faible dans tout çà, là tout de suite , c’est la Gréce qui dans son innocence orientale , persiste dans son étre . Syriza , Tsipras , Varoufakis , c’est juste un moment transitoire où les Grecs percutent qu’il va falloir faire de vrais choix , encore sont ils en avance sur nous qui sommes encore bercés par le son des violons .
    ( Pas ceux du Verlaine déniaisé …)


  18. Charlie Bermude Le 19 août 2015 à 17h39
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    On a là un beau morceau d’éloquence perverse . Certes , ces fonctionnaires sont largement corrompus et n’en foutent pas une rame , mais c’est pas ceux là qu’on envoie au casse-pipe ,
    certes le petit commerçant ou artisan , honnéte et travailleur , trinque plus que les autres plus malins , mais là tout de suite dans la manoeuvre , ce ne sont pas eux qui sont visés par le ministre .
    Il est fort probable aussi que le ministre se livre à de la démagogie , c’est son penchant naturel , naturellement , mais dans le contexte ce n’est pas çà qui est en jeu , quelques soient les ultimes feintes des uns et des autres , c’est une normalisation , bien ordinaire ailleurs .
    Mais ceux qui sont vraiment hors d’atteinte se prémunissent en se scandalisant du sort des pauvres petits : grosse ficelle . Et les expatriations d’épargnes , là récentes , c’est pour fuir , la dictature fiscale , aussi ?….Tant qu’à faire !
    Non le pb en Gréce est d’instaurer un véritable état et la fiscalité c’est les rubans de la gamine , il s’agirait plutot de de s’occuper du comment des dépenses publiques , çà s’est le grand tabou sur la vache à lait étatique , et le moyen le plus rapide de s’enrichir au dépend de la nation , mais là tous le monde se tait .


    • Commander Blood Le 19 août 2015 à 23h09
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      (On a là un beau morceau d’éloquence perverse .)

      Merci, je vous retourne le compliment.

      (Certes , ces fonctionnaires sont largement corrompus et n’en foutent pas une rame , mais c’est pas ceux là qu’on envoie au casse-pipe ,
      certes le petit commerçant ou artisan , honnéte et travailleur , trinque plus que les autres plus malins , mais là tout de suite dans la manœuvre , ce ne sont pas eux qui sont visés par le ministre .)

      Ils ne sont pas visés et pourtant ils trinquent, vous avez remarqué ?

      (Il est fort probable aussi que le ministre se livre à de la démagogie , c’est son penchant naturel , naturellement , mais dans le contexte ce n’est pas çà qui est en jeu , quelques soient les ultimes feintes des uns et des autres , c’est une normalisation , bien ordinaire ailleurs .)

      Une normalisation qui passe par le fait de pousser des familles entières dans la misère … dans ce cas, vive l’anormalité ! ^^

      (Mais ceux qui sont vraiment hors d’atteinte se prémunissent en se scandalisant du sort des pauvres petits : grosse ficelle .)

      Et c’est marrant mais à la fin, c’est encore eux qui vont s’en sortir et c’est encore le petit peuple qui va trinquer…petit peuple que l’on traitera de fasciste s’il ose ne pas trouver la situation à son goût, comme c’est confortable.

      Oui, j’insiste parce que quand Tryfon se permet de sortir des méchancetés, c’est contre les méchants commerçants qui se sont opposés aux prélèvements, pas contre les évadés fiscaux qui vont disposer de toutes les protections que le TAFTA leur permettra bientôt d’avoir contre l’état.

      (Et les expatriations d’épargnes , là récentes , c’est pour fuir , la dictature fiscale , aussi ?….Tant qu’à faire !)

      Les petits épargnants et contribuables grecs craignaient qu’une main invisible ferme les distributeurs et leur bloque l’accès à LEUR argent…et bizarrement, cette crainte s’est révélée fondée, êtes-vous d’accord pour que c’était un peu étrange ?

      (Non le pb en Gréce est d’instaurer un véritable état et la fiscalité)

      rhétorique typique des économistes de BFM. On va rembourser une dette totalement in-remboursable en prélevant jusqu’à l’os les petites gens, ça ne sert à rien mais…ça va leur apprendre la discipline à ces salauds de pauvres ! Pendant ce temps-là, la dette continue de gonfler, tout ça pour sauver une la plus grande arnaque monétaire de toute l’histoire de l’humanité qui s’appelle l’euro…parce que il faut bien comprendre, s’il y a des fautifs dans cette histoire, ce ne sont pas les banksters qui ont fait rentrer la Grèce en truandant les chiffres et à qui on a rien dit, ce ne sont pas les adeptes de Jean CIA Monnet qui ont construit une UE programmée pour ne pas fonctionner … non, les vrais méchants de l’histoire, ce sont les vilains petits contribuables grecs qui ont commis le péché de ne pas avoir de bassin Rhénan, qui ont commis le blasphème de ne pas avoir une économie aussi compétitive que n’est celle de l’Allemagne et qui doivent donc payer encore plus chers pour ces crimes abominables qu’ils ont commis…alors on va renommer ce châtiment en “normalisation pour doter l’état grec d’un système fiscal moderne” mais reconnaissez que la finalité reste de punir les grecs pour avoir un système différent de celui des allemands et, pire encore, de l’avoir dit haut et fort récemment.


  19. OttoAbtz Le 19 août 2015 à 18h54
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    Lorsque je lis les commentaires très pertinents qui disent tout et le contraire de tout, preuves à l’appui, tout le monde ayant raison en un sens, je pense que ce qui retient les Grecs de sortir de l’Euro et de l’UE, c’est le régime des colonels.


  20. Hadrien Le 19 août 2015 à 19h11
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    Si la derniere phrase d’Alexiadis nous en dit long sur les “egoismes” europeens (dixit Michel Santi), le reste de l’interview laisse dubitatif quant a l’influence que peut avoir le ministre sur une activite aussi mondialisee de longue date que l’est la marine marchande: il y a longtemps que les nationalites a bas salaires y ont remplace presque partout le mythique “marin grec”.
    Encore un aspect du recul de Tsipras devant un Grexit qui eut ete salutaire a cet egard face a la mondialisation debridee erigee en dogme par l’OMC et l’UE dans sa foulee: un seul remede protectioniste subsistait, celui du taux de change. C’est un paradoxe de plus des neoliberaux qui dirigent l’Europe que de defendre l’abandon de la derniere soupape auto-regulatrice qu’est l’ajustement monetaire en dernier ressort !

    On s’interrogera longtemps sur les raisons qui ont fait ceder Tsipras au-dela de toute logique d’homme d’Etat. Peut-etre la delegation francaise de dix haut fonctionnaires de Bercy envoyes quelques jours auparavant par Hollande pour “l’aider a rediger ses propositions” n’y est-elle pas etrangere…
    Le fait est qu’en suivant l’euro-propagande savamment instillee par les medias aupres de son peuple, Tsipras s’est montre plus demagogique que didactique ou tout simplement courageux.
    En restant dans l’euro, il condamne son pays a la desindustrialisation permanente et a un eternel role de declasse, comme le lui ont fait sentir aussitot les autorites europeeennes par l’interdiction de promulguer la moindre loi sans leur droit de regard prealable (c’est l’etape suivant immediatement le droit de regad sur le budget qui s’impose deja a nous).
    En revanche, il favorise la classe possedante grecque dont tous les avoirs en Grece pourront se comparer sans crainte a ceux de la jet set internationale.
    C’est ainsi qu’il y a trois ans, en Crete (d’ou j’envoie ce post), un ami de la metropole croyant trouver de bonnes affaires dans la deblaque annoncee m’avait demande d’enqueter sur les maisons a vendre du littoral. Quelle ne fut pas ma surprise de constater, malgre un boom de la construction bien en evidence au find fond de la Crete ou je me trouvais, qu’il n’y avait rien a vendre: tout etait pre-achete par quelques investisseurs, dont les riches commercants du coin vivant du tourisme… C’est desormais plus que jamais le cas, et le cout de la vie qui a augmente pour le travailleur de base, du public ou du prive, ne peut que s’aggraver pour lui.

    Dans ces conditions, les remous sociaux en Grece, ainsi qu’ ailleurs, ne sont que partie remise comme l’ont bien compris la plupart des economistes lucides… Mais ce sera pour reclamer alors l’independance monetaire bien comprise, au lieu de l’inverse !


  21. Renaud Le 19 août 2015 à 19h19
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    Sophie @ Le 19 août 2015 à 14h40

    Sans doute des traditions religieuses en Grèce se sont incrustées et tellement banalisées qu’il est sûrement difficile de quantifier économiquement ce qu’elles représentent.
    Mais il y a quelque chose qui me fait aussi froid dans le dos, c’est le système bancaire, monétaire et fiscal. Il est d’autant plus déterminant qu’il n’est jamais expliqué clairement car il comporte un escroquerie, une structure essentiellement prédatrice par le mode de création monétaire. Car l’État, les États, ont renoncé à exercer leur droit régalien de créer et d’émettre la monnaie (même sous compétences financières) et que de ce fait, les États et les producteurs que nous sommes tous nous nous trouvons endettés sans fin, car la source de la monnaie se trouve dans les demandes de crédits donc dans l’endettement et rien d’autre. L’argent naît sous forme de dettes. L’argent dont nous nous servons quand nous en avons est de l’ARGENT-DETTE. Les impôts sont du vol (c’est dit en raccourci mais c’est exactement cela). Rien que fiscalement, nous payons bien plus cher ce que nous avons à travers l’État qui, dans une proportion inacceptable, est devenu un boulet à trainer ! C’est bien autre chose que l’Église orthodoxe grecque… L’Église, vous pouvez lui faire un bras d’honneur, mais si vous ne payez pas “vos” impôts, l’État, qui doit payer des intérêts à ses prêteurs privés qui sont déjà les plus riches (places financières internationales) vous pénalise et vous saisit d’autorité. Tels sont les agissement du fisc. Je précise qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Car lorsque l’État pouvait se financer lui-même (avant les années 1970) les dettes publiques étaient presque insignifiantes.

    Mais, s’agissant de la Grèce, je crois qu’on peut parier qu’on va entendre ceci à répétition. Ci-dessous le titre des Échos d’aujourd’hui 19 aût 2015 au soir :

    “” à ne pas manquer

    Bouffée d’oxygène pour la Grèce

    C’est fait : le parlement allemand a validé à une large majorité (454 députés sur 585 présents) le plan d’aide à la Grèce conclu le 14 août entre l’Eurogroupe et Athènes. Le vote du Bundestag était le dernier obstacle à l’adoption définitive de ce programme d’aide de 86 milliards d’euros, indispensable pour que le pays puisse rembourser dès jeudi 3,4 milliards d’euros à la BCE. Et si la route sera longue pour redresser le pays, le gouvernement Tsipras peut se réjouir de quelques signaux encourageants. A commencer par le rebond du tourisme cet été – un secteur qui compte pour 20 % du PIB grec. On a envie d’y croire. “”

    On a pas finit de couler avec les dettes, la spirale infernale de s’endetter pour payer les dettes et verser sans fin des intérêts composés.
    Combien de temps allons-nous nous laisser abuser, encore et toujours, quand on nous présente le triomphe de l’usure à l’œuvre… et que ce pouvoir des usuriers va s’améliorer ? Oui pour les usuriers et leurs séides politiques européistes (qui n’ont de politique que le nom, est-il besoin de le préciser)


  22. Crapaud Rouge Le 19 août 2015 à 22h28
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    Tronquée ou pas, cette interview est bien évidemment de la propagande. Quand on compare, ne serait-ce que le ton, avec Greek Crisis, le contraste est flagrant : “En ce moment, de nombreux cadres SYRIZA, éponymes comme anonymes, démissionnent de leurs fonctions, n’attendant même pas la perspective d’un congrès d’opérette, que les… mandarins Tsipriotes veulent organiser, non pas sur la base des intervenants du congrès précédant, mais faisant appel à… une participation “renouvelée et au caractère extraordinaire”.” (http://www.greekcrisis.fr/2015/08/Fr0458.html) Entre Greek Crisis et le Nouvel Obs, il y en a un qui repeint la réalité en rose bonbon. Je vous laisse deviner lequel.


  23. Perret Le 20 août 2015 à 20h41
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    La citadelle de Rhodes est devenue une concentration de commerces pour touristes vendant essentiellement des contrefaçons. Il n’est pas étonnant que ces délinquants réagissent violemment à l’arrivée du fisc et il serait intéressant de connaître leurs circuits d’approvisionnement. En France, ce sont les Douanes qui interviendraient et certainement les armes à la main. Cette île souffre beaucoup moins que la Grèce continentale de la crise et il me semble normal que le fisc cherche à faire participer ces commerçants à l’effort national.


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