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10.janvier.202610.1.2026 // Les Crises

Des « Cartes Trump » à $1 million pour accélérer l’obtention d’un visa américain

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Le président est resté vague quant à l’utilisation réelle des fonds provenant du programme Trump Card.

Source : Chris Walker, Truthout
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La photo de la carte Trump Gold Card s’affiche sur l’écran d’un téléphone portable, devant un clavier d’ordinateur.
Beata Zawrzel/NurPhoto via Getty Images

Mercredi, par le biais d’un décret juridiquement contestable, le président Donald Trump a lancé la « carte Trump », un moyen permettant aux immigrants fortunés ou à leurs soutiens financiers d’accélérer leur processus de visa et d’entrer aux États-Unis.

« LA TRUMP GOLD CARD DU GOUVERNEMENT AMÉRICAIN EST LÀ AUJOURD’HUI ! », a écrit Trump mercredi dans un message publié sur Truth Social. « Une voie directe vers la citoyenneté pour toutes les personnes qualifiées et ayant fait l’objet d’une vérification. C’EST TELLEMENT EXCITANT ! »

Malgré le message de Trump, les bénéficiaires des cartes Trump ne bénéficient pas d’une « voie directe vers la citoyenneté », mais obtiennent plutôt « un statut de résident permanent légal en tant que titulaire d’un visa EB-1 ou EB-2. » Ils peuvent théoriquement entamer le processus de naturalisation après avoir obtenu ces statuts.

Deux types de cartes « Gold » Trump sont répertoriés sur un site web officiel du gouvernement : une carte individuelle et une carte destinée aux entreprises pour leurs employés.

La carte Gold individuelle nécessite un paiement de 15 000 dollars au département de la Sécurité intérieure (DHS), plus quelques frais supplémentaires. Avec une contribution supplémentaire d’un million de dollars et une vérification approfondie des antécédents, les bénéficiaires peuvent accélérer leur processus de visa.

La carte Gold pour les entreprises nécessite les mêmes frais, plus une contribution de 2 millions de dollars de la part d’une entreprise pour parrainer un travailleur étranger. La « carte » permet à l’entreprise de « transférer » la personne à laquelle elle s’applique (par exemple, d’autres travailleurs) moyennant des frais de 5 %.

Le site mentionne également qu’une carte Trump « Platinum » sera bientôt disponible. Cette carte, qui coûtera 5 millions de dollars pour les particuliers, accordera à son bénéficiaire le droit de résidence, et un bonus de 270 jours aux États-Unis « sans être soumis à l’impôt américain sur les revenus non américains. »

« Une fois la candidature approuvée, la Trump Gold Card pourra être utilisée dans les 50 États et territoires », se vante le site web, ajoutant qu’elle deviendra « la preuve que la personne apportera un bénéfice substantiel aux États-Unis. »

Trump a proposé pour la première fois en février l’idée d’une carte Trump pour accélérer le processus d’immigration. Sa proposition initiale visait à offrir aux immigrants un accès plus rapide à la citoyenneté, et non à des visas de travail, et aurait coûté 5 millions de dollars par personne, et non 1 million.

Selon les experts, ce montant plus faible indique probablement que l’administration s’attend à une faible demande pour de telles cartes.

Trump a publié en septembre un décret qui a officiellement lancé le processus visant à faire des cartes Trump une priorité. Selon ce décret, ces cartes sont destinées à donner la priorité à l’admission des immigrants « qui apporteront un bénéfice certain à la nation, notamment les entrepreneurs, les investisseurs et les hommes et femmes d’affaires prospères. »

Trump n’a pas encore précisé où iront les fonds collectés grâce à ces cartes. Il a simplement déclaré qu’ils seraient versés sur « un compte qui nous permettra de faire des choses positives pour le pays » et que le programme allait générer « plusieurs milliards de dollars. »

Pour que le programme génère 2 milliards de dollars, il faudrait au moins 2 000 personnes, ou 1 000 travailleurs parrainés par des entreprises (ou une combinaison des deux).

Certains experts juridiques s’attendent à ce que la Trump Card soit contestée, notamment parce que le décret présidentiel de Trump pourrait ne reposer sur aucune loi applicable ni aucun pouvoir accordé au président.

« C’est le congrès qui rédige les lois [en matière de visas]. Le président ne peut pas simplement claquer des doigts et changer les lois », a expliqué Julia Gelatt, directrice adjointe du programme américain sur la politique d’immigration au Migration Policy Institute, dans une interview accordée au magazine Forbes en septembre.

D’autres critiques ont suggéré qu’il pourrait y avoir des moyens de contourner le processus pour les personnes disposant d’une certaine richesse.

« L’administration Trump affirme que toute personne qui paie 1 million de dollars sera considérée comme ayant des « compétences commerciales exceptionnelles » et pourra prétendre à un visa d’immigrant basé sur l’emploi. Mais rien n’empêche quelqu’un d’obtenir un prêt ou d’utiliser l’argent de ses parents », a écrit Aaron Reichlin-Melnick, chercheur senior à l’American Immigration Council.

Les cartes Trump constituent une nouvelle tentative du président pour rendre plus difficile l’entrée aux États-Unis des immigrants pauvres ou à la recherche de meilleures opportunités. La loi « One Big Beautiful Bill » de Trump, par exemple, oblige pour la première fois les demandeurs d’asile à payer des frais pour leur demande, ce qui impose une charge supplémentaire à des personnes qui fuient peut-être des persécutions politiques dans leur pays d’origine.

Le nouveau programme de visas de Trump semble également reposer sur le racisme et la volonté d’attirer des immigrants issus de pays à la population plus blanche.

Il convient de noter qu’en 2018, Trump aurait qualifié les immigrants du Salvador, d’Haïti et des pays africains de « pays de merde » lors d’une réunion à la Maison Blanche. À l’époque, Trump avait nié avoir tenu ces propos, mais il a répété cette expression cette semaine.

« Nous avons eu une réunion. Et j’ai dit : Pourquoi n’accueillons-nous que des gens issus de pays de merde, n’est-ce pas ? » a déclaré Trump à son auditoire lors d’un rassemblement organisé cette semaine en Pennsylvanie. « Pourquoi ne pouvons-nous pas accueillir quelques personnes venues de Norvège, de Suède, quelques-unes ? Seulement quelques-unes. Et du Danemark, pourriez-vous nous envoyer quelques personnes ? Envoyez-nous des gens sympas, s’il vous plaît. »

*

Chris Walker est rédacteur d’actualités chez Truthout et est basé à Madison, dans le Wisconsin. Se concentrant sur des sujets nationaux et locaux depuis le début des années 2000, il a produit des milliers d’articles analysant les questions d’actualité et leur impact sur le peuple américain. Vous pouvez le retrouver sur la plupart des réseaux sociaux sous le pseudonyme @thatchriswalker.

Source : Chris Walker, Truthout, 11-12-2025

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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