Les enfants, l’Iran, les populismes, quelques thèmes de cette revue de presse. Bonne lecture.
CRISE ÉCONOMIQUE
Cryptomonnaie : Coinbase utilise la crise britannique pour faire sa pub
"Chanter, danser et se moquer de la crise économique. Ce spot publicitaire, signé Coinbase, assure la promotion des cryptomonnaies au Royaume-Uni. Sa stratégie : rendre palpables les vertus d’une monnaie 100 % virtuelle en promettant un monde meilleur et des lendemains qui chantent.Des rats, des fuites d’eau et des prix qui s'envolent : cette publicité de Coinbase, leader du marché des cryptomonnaies, brosse un portrait cauchemardesque du Royaume-Uni. Diffusée en juillet 2025, elle présente les monnaies numériques comme la solution à tous les maux. Jean Morrow, directrice créative de Coinbase, revient sur cette campagne pensée pour séduire les Britanniques. De son côté, Connor Sephton, journaliste spécialisé dans la cryptomonnaie, analyse comment la concurrence entre acteurs du secteur s’est transformée en une bataille d’image."
Source : Le dessous des images - ARTE
DÉMOCRATIE
Venezuela : quand l’éditocratie légitime l’impérialisme
"Défendre le droit international ou appuyer l’impérialisme étatsunien ? Les éditorialistes ont tranché. « C’est un peu facile de dire que c’est toujours l’impérialisme […] mais si on peut faire tomber une dictature, alors pourquoi pas ! Et je crois que c’est ce qu’est en train de faire Trump. » Il est 10h20 sur LCI, samedi 3 janvier, et la chaîne d’info a invité François-Xavier Freland, ancien correspondant au Venezuela, en duplex depuis chez lui, pour analyser les images de bombardements qui arrivent tout juste de Caracas : « On voyait bien de toute façon que ça devenait de plus en plus tendu autour de Noël, explique le journaliste, et beaucoup de Vénézuéliens sur place s’attendaient à une attaque imminente, comme une espèce de cadeau ». L’agression des États-Unis vient tout juste d’avoir lieu et Donald Trump n’a pas encore parlé. Mais l’ancien correspondant le devance : l’intervention militaire est un « cadeau » qui vise à destituer un dictateur narcotrafiquant. C’est un peu facile de dire que c’est toujours l’impérialisme."
Source : Acrimed
Procès des emplois fictifs du Front national : Marine le Pen dans le bourbier d’un dossier accablant
"Marine Le Pen, Julien Odoul et leurs complices du Rassemblement national (RN, ex-Front national) se succèdent à la barre dans un procès en appel où se mêlent maladresses, explications et désinvolture assumée. Entre emplois fictifs au siège du parti, mails qui en disent long et questions fermes de la magistrate, chacun tente de se défendre. Les arguments, parfois surprenants, souvent gênants, peinent à convaincre. « Si un délit a été commis — et tout le monde semble dire qu'un délit a été commis —, je veux bien l’entendre, mais nous n’avions aucun sentiment d’avoir commis aucun délit. » Marine Le Pen parle avec calme, sous les dorures de la première chambre du palais de justice de l’île de la Cité. Mardi 13 janvier, c’est le premier jour de son procès en appel dans l’affaire des emplois fictifs du Front national (FN), rebaptisé Rassemblement national (RN) en 2018, et elle résume en une phrase la stratégie de défense du parti : peut-être des fautes, jamais l’intention de frauder."
Source : Blast
ENVIRONNEMENT
La planète vit désormais « au-delà de ses moyens » en eau, alerte un rapport de l’ONU
"Prendre une douche, boire au robinet, arroser un champ. Dans une large partie du monde, ces gestes quotidiens reposent désormais sur une ressource qui ne se renouvelle plus : l’eau. Un nouveau rapport de l’ONU décrit ce basculement et affirme que la planète est entrée dans une « ère de faillite hydrique mondiale ». Le diagnostic est brutal et revendiqué comme tel. « Ce n’est pas pour tuer l’espoir, mais pour encourager l’action », a expliqué mardi Kaveh Madani, le directeur de l’Institut universitaire des Nations Unies pour l’eau, l’environnement et la santé, l’agence à l’origine de l’étude. « Nous devons reconnaître honnêtement l’échec d’aujourd’hui pour rendre possible le demain ». Depuis des décennies, scientifiques et responsables politiques alertent sur une « crise mondiale de l’eau ». Un terme devenu, selon le rapport, trompeur. « Le mot “crise” suggère quelque chose de temporaire : un choc, une urgence, puis un retour à la normale. Or, dans de nombreux bassins, l’ancien normal a déjà disparu », a insisté M. Madani, qui était l’invité du point de presse quotidien de l’ONU, à New York."
Source : ONU Info
FRANCE
20 % des ETP dans la production agricole contre 50 % dans la distribution
"3 180 000 ETP : c’est ce que pèse l’agroalimentaire en France. L’équivalent de 11 % des ETP tous secteurs confondus et trois fois plus que l’automobile. Dans le détail, la distribution arrive en premier et de loin avec 1 537 000 ETP (près de 50 %) : 758 000 dans la RHD (23 %), 459 000 dans les GMS et épiceries (14 %), 319 000 dans les commerces traditionnels (10 %). Vient ensuite, loin derrière, la production agricole (emplois dans les exploitations et la prestation de services) avec 626 000 ETP (19,7 %), 60 % en lien avec les cultures et 40 % l’élevage. Suivie par l’aval direct : 596 00 ETP (18,7 %) dont 471 000 dans la transformation et la mise en marché (15 %). Puis l’amont : 213 000 ETP, soit 6,5 % (101 000 dans l’agroéquipement et les bâtiments, 45 000 dans la fertilisation et l’alimentation animale, 30 000 dans la protection des plantes et la santé animale, 21 000 dans la génétique et le contrôle de performance). La logistique représente 158 000 ETP (5 %). Le para-agricole compte pour 52 000 ETP (1,5 %) dont 31 000 dans la recherche et la formation, 21 000 dans l’administration, le développement agricole et la représentation politique."
Source : Terre-Net
La fabrique du « bon patient » : comment les affiches de santé publique nous façonnent
"Nous les croisons partout, sans vraiment y prêter attention : dans les salles d’attente, les couloirs d’hôpitaux, les stations de métro ou les écoles. Les affiches de santé publique semblent n’être que de simples rappels destinés à nous aider à « bien nous comporter ». Mais, sous leurs couleurs pastel et leurs slogans bienveillants, elles transmettent une vision très précise, et rarement neutre, de ce que doivent être la santé, le citoyen et la responsabilité. « N’attendez pas les premiers effets des fortes chaleurs », « Debout, chez vous – 10 astuces anti-sédentarité », « Avec le cannabis, on peut vite se sentir dépassé », « Pour un mode de vie plus équilibré, chaque petit pas compte »… Les affiches de santé publique qui fleurissent toute l’année autour de nous constituent autant de rappels destinés à nous inciter à faire les bons gestes, à adopter les bons comportements pour notre santé. Cependant, loin d’être de simples supports d’information, elles sont aussi des outils de normalisation."
Source : The Conversation
La peur du RN a permis l’application de son programme
"“Tu préfères une dissolution ? Moi j’ai trop peur du RN pour souhaiter une chose pareille”. C’est le genre de commentaire auquel j’ai droit quand je me désole – sans trop de surprise – que le projet de loi budgétaire, qui contient une austérité continue et des mesures toutes plus violentes les unes que les autres, passe grâce à l’usage de l’article 49-3, rendu possible par le soutien du Parti Socialiste au gouvernement Lecornu. Pour beaucoup de gens de gauche, ce maintien au pouvoir du macronisme serait préférable à un chaos politique qui laisserait de la place au RN. Parfois même la peur du RN devient parfois l’unique moteur de l’engagement politique à gauche. Et pour quel magnifique résultat ? L’application de son programme. Vous voulez tester ? Vous pensez que j’exagère, que je ne mesure pas ce qu’est la “bête immonde”, face à laquelle la situation actuelle serait toujours préférable ? Prenons quelques points clefs de son programme depuis 20 ans."
Source : Frustration Magazine
GÉOPOLITIQUE
Iran. Cartographie d’un soulèvement.
"La dernière révolte a réussi ce qu’aucune mobilisation précédente n’était parvenue à accomplir depuis l’instauration de la République islamique : convoquer simultanément l’ensemble des strates sociales, géographiques et générationnelles qui, au cours des dernières années et à différents moments, s’étaient mobilisées, mais séparément. Retour en cartes sur les différentes étapes de cette mobilisation, marquée par une répression d’une violence extrême de la part du régime. Face aux sources limitées d’information, cette analyse repose principalement sur l’exploitation de données issues des réseaux sociaux (Telegram, Instagram, X), ainsi que sur des entretiens et échanges conduits avec des personnes présentes en Iran ou qui en sont récemment revenues. À la fin de l’année 2025, le toman s’effondre, les prix s’envolent, et le bazar de l’électronique et de la téléphonie de Téhéran se vide (Alaeddin, Charsou Mall et le Grand Bazar)."
Source : Orient XXI
INTERNATIONAL
Giorgia Meloni veut en finir avec les centres sociaux autogérés, hauts lieux de l’action culturelle
"Ce 31 janvier, la gauche italienne se mobilise à Turin pour défendre les centres sociaux. Ces espaces autogérés et souvent populaires accueillent de multiples initiatives sociales et culturelles. Ils sont la cible du gouvernement d’extrême droite. Depuis les bancs de l’opposition qu’elle occupait alors, Giorgia Meloni avait brandi la menace il y a huit ans. « Dans mon Italie, ces salopards prendront dix années de prison et on videra tous les centres sociaux », promettait la cheffe de file des Frères d’Italie (Fratelli d’Italia, parti d’extrême droite post-fasciste) après la violente prise à partie d’un policier par plusieurs militants affiliés, selon les reconstitutions de la presse, aux « centres sociaux » – ces lieux occupés et autogérés qui ont essaimé sur toute la péninsule. Aujourd’hui parvenue à la tête du pays, l’élue romaine a certes modéré son langage mais sa promesse, elle, semble toujours tenir."
Source : Basta !
LIBERTÉS
Censure et surveillance : surchauffe au Parlement
"Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les parlementaires ne parlent pas que du budget. Comme chaque année, ils et elles échangent aussi sur leur autre sujet favori, avec la bénédiction du gouvernement : la dérive autoritaire, avec plus de sécurité, plus de surveillance et plus de censure. Après plusieurs mois de pause parlementaire et à l’approche des municipales où ces sujets peuvent faire office de vitrine électorale, le nombre de lois sécuritaires en discussion explose. C’est l’occasion de faire un petit point sur les sujets du moment. En mai 2025, le gouvernement a déposé au Sénat un projet de loi pour préparer l’organisation des jeux olympiques d’hiver de 2030. Première disposition qui nous intéresse : l’extension de l’autorisation de la VSA jusqu’en 2027. Pour rappel, la loi sur les JO de 2024 avait autorisé le déploiement de logiciels de reconnaissance de comportements en temps réel dans l’espace public."
Source : La Quadrature du Net
RÉFLEXION
Le bilan « mitigé » du moment populiste européen
"Pour comprendre l’émergence récente de partis-mouvements dans l’espace politique européen, à l’instar de la France insoumise, du M5S ou encore de Podemos, le politiste Arthur Borriello invite à envisager ces organisations comme une réponse stratégique à deux évolutions de fond : la « démassification » et la désintermédiation de la vie politique. Dans Populisme : le mal nommé (Éditions de l’Université de Bruxelles, 2025), ce dernier retrace ainsi l’origine historique de ces mouvements « gazeux », en analyse les fondements théoriques et organisationnels, avant d’en dresser un bilan qu’il juge « mitigé ». Reprenant une citation de l’historienne Annie Kriegel, pour qui il « est de saine méthode de ne juger une quelconque aventure humaine en termes de réussite ou d’échec qu’en fonction des valeurs auxquelles cette aventure a accepté de s’étalonner », l’auteur rappelle que la forme parti-mouvement, et plus largement la stratégie du populisme de gauche, a certes permis l’institutionnalisation de nouveaux partis politiques, mais qu’elle n’a pas conduit à la conquête de l’État ni au renversement de l’hégémonie néolibérale annoncés."
Source : Le Vent Se Lève
Populisme : la faute à notre cerveau ?
"Retour de la guerre, explosions des inégalités économiques, changement climatique... Si vous suivez l’actualité au quotidien, vous trouverez de nombreux éléments contextuels pour expliquer la part croissante de gouvernements autoritaires installés par les populations à travers le globe ces derniers mois ou dernières années. À l’approche d’échéances électorales dans notre pays - municipales cette année, présidentielle l’an prochain - il est intéressant de se demander ce qui nous conduit, dans ces contextes de crise, à favoriser les propositions les plus radicales, voir à accepter de sacrifier nos libertés ? Et bien une partie de la réponse se trouve peut-être dans l’évolution de notre cerveau, c’est ce que suggère l’anthropologie cognitive."
Source : France Culture
« Une dynamique affective soutient la démocratie »
"Dans son nouveau livre, Passions publiques qui paraît au Seuil, Myriam Revault d’Allonnes rappelle que la démocratie ne se nourrit pas seulement de raison, mais aussi d’affects. S’inspirant de Jean-Jacques Rousseau et des Grecs, autant que d’expériences contemporaines – des Gilets jaunes jusqu’à Me Too ou à la situation tragique à Gaza –, la philosophe montre que les émotions peuvent cimenter un monde commun autant qu’elles peuvent le détruire. Face aux dérives décivilisatrices, dont la droite radicale dévoie les véritables causes, à la rationalisation gestionnaire ou à la polarisation extrême des conflits politiques, elle s’interroge sur les façons d’orienter les sensibilités collectives vers un horizon démocratique qui reste pour elle, envers et contre tout, le seul compatible avec une coexistence humaine."
Source : Quartier Général
SOCIETÉ
La Cour de cassation enterre le droit de correction parental : analyse en cinq points
"Dans un arrêt rendu le 14 janvier 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation tranche un débat juridique et sociétal majeur : la licéité des violences dites « éducatives » exercées par les parents sur leurs enfants. En l’espèce, M. Z était poursuivi devant le tribunal correctionnel du chef, notamment, de violences n’ayant pas entraîné d’incapacité de travail, commises entre le 20 octobre 2016 et le 13 octobre 2022, par ascendant sur mineurs de quinze ans, en l’occurrence ses fils, U et R. Les faits reprochés incluaient des gifles, des fessées, des étranglements et des propos humiliants, survenus dans un contexte de tensions familiales récurrentes. Le tribunal l’a notamment condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire et a ordonné le retrait de l’autorité parentale concernant U et R. Z a relevé appel principal de cette décision. Le ministère public et les parties civiles ont formé appel incident. La cour d’appel de Metz a, par arrêt du 18 avril 2024, relaxé M. Z du chef de violences aggravées et s’est prononcée sur les intérêts civils."
Source : Actu Juridique
Espaces « no kids » dans le train : voyager avec un enfant deviendra-t-il un luxe ?
"La SNCF a créé la polémique en proposant une nouvelle offre dans ses trains : un espace interdit aux moins de 12 ans, pour être au « calme ». De quoi réduire encore plus la place accordée aux enfants dans l’espace public. « Je comprends que certaines personnes veuillent le silence, mais appeler ça un “wagon sans enfants” n’est pas sympa. Il y a des enfants silencieux et des adultes bruyants. Ce n’est pas lié à l’âge. » À 13 ans, Marcel sait de quoi il parle : d’avril à fin août, avec ses parents et ses frères de 6 et 10 ans, ce voyageur en train aguerri a accompli un périple ferroviaire de cinq mois à travers quinze pays d’Europe. Le dernier wagon d’une longue série de trajets : sa mère étant Française et son père Hongrois, Marcel est bercé par le bruit des rails depuis qu’il est bébé. « J’aime beaucoup le train », raconte-t-il. L’adolescent n’a ainsi pas apprécié l’annonce, par la SNCF, du lancement de sa nouvelle classe Optimum plus."
Source : Reporterre







