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L’embargo pétrolier de Trump oblige Cuba à prendre des mesures d’urgence pour éviter une catastrophe

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L’administration Trump a menacé d’imposer des droits de douane à tout pays vendant du pétrole au gouvernement cubain.

Source : Truthout, Jake Johnson, CommonDreams
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Des véhicules font la queue pour faire le plein dans une station-service à La Havane, Cuba, le 30 janvier 2026.
ADALBERTO ROQUE / AFP via Getty Images

La décision de l’administration Trump de renforcer l’étranglement américain de l’économie cubaine, qui dure depuis des décennies, en privant l’île de sa plus grande source de pétrole, a plongé le pays dans une crise énergétique qui s’aggrave rapidement, obligeant le gouvernement à prendre des mesures d’urgence de grande envergure pour éviter une catastrophe, allant de la réduction des services de transport à la diminution des heures de travail et d’école.

« Nous n’allons pas nous effondrer », a déclaré Oscar Perez-Oliva Fraga, vice-Premier ministre cubain, dans un discours présentant les mesures d’urgence prises à la fin de la semaine dernière, alors que les responsables de la Maison Blanche, dont le secrétaire d’État Marco Rubio, un faucon de longue date à l’égard de Cuba, faisaient pression pour renverser le gouvernement cubain avant la fin de l’année.

Le Wall Street Journal a rapporté à la fin du mois dernier que l’administration du président Donald Trump était « enhardie » par l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro et qu’elle était désormais « à la recherche d’initiés du gouvernement cubain susceptibles de l’aider à conclure un accord pour renverser » le gouvernement du président cubain Miguel Díaz-Canel, qui s’est déclaré ouvert à des discussions avec les États-Unis, mais pas sous la contrainte économique.

« L’administration Trump a estimé que l’économie cubaine était proche de l’effondrement et que le gouvernement n’avait jamais été aussi fragile après avoir perdu un bienfaiteur essentiel en la personne de Maduro », a noté le journal. « Les responsables n’ont pas de plan concret pour mettre fin au gouvernement communiste qui détient le pouvoir sur l’île des Caraïbes depuis près de sept décennies, mais ils considèrent la capture de Maduro et les concessions ultérieures de ses alliés comme un modèle et un avertissement pour Cuba. »

Depuis l’enlèvement de Maduro début janvier, l’administration Trump s’est engagée à empêcher tout pétrole ou argent vénézuélien d’atteindre Cuba et a menacé d’imposer des droits de douane à tout pays vendant du pétrole au gouvernement cubain. Le Venezuela était auparavant le plus grand fournisseur de pétrole de Cuba, ayant livré à l’île environ 70 000 barils de pétrole brut et de produits raffinés l’année dernière.

Dans un décret signé le 29 janvier, Trump a déclaré – de manière risible – que Cuba « constituait une menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale des États-Unis.

La guerre économique de plus en plus agressive menée par l’administration Trump a été désastreuse pour le peuple cubain, qui a toujours été la principale victime du blocus américain illégal et condamné par la communauté internationale.

« Les arrêts de bus sont vides et les familles se tournent vers le bois et le charbon pour cuisiner, vivant dans des coupures de courant quasi permanentes au milieu d’une crise économique aggravée par les mesures prises par l’administration Trump ces dernières semaines », a rapporté Al Jazeera dimanche. « Le gouvernement affirme qu’il donnera la priorité aux services essentiels – santé publique, production alimentaire et défense – pour l’approvisionnement en carburant et qu’il encouragera l’installation de panneaux solaires et les incitations dans le secteur des énergies renouvelables. Il donnera la priorité à l’approvisionnement en énergie de certaines régions productrices de denrées alimentaires et accélérera l’utilisation des sources d’énergie renouvelables, tout en réduisant les activités culturelles et sportives et en réorientant les ressources vers les systèmes d’alerte précoce du pays. »

Un porte-parole du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a averti que le chef de l’ONU était « extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s’aggraver, voire s’effondrer, si ses besoins en pétrole ne sont pas satisfaits. »

David Adler, co-coordinateur général de Progressive International, a écrit que « actuellement, Donald Trump assiège l’île de Cuba : il asphyxie sa population, ferme ses hôpitaux, la prive de nourriture. »

« Si vous vous souciez de l’Amérique, c’est votre combat », a ajouté Adler.

Le gouvernement mexicain a annoncé que sa Marine envoyait plus de 800 tonnes d’aide humanitaire à Cuba, notamment des « denrées alimentaires de première nécessité » et des « produits d’hygiène personnelle. »

« Par ces actions, le gouvernement mexicain réaffirme les principes humanistes et l’esprit de solidarité qui le guident, ainsi que son engagement en faveur de la coopération internationale entre les peuples, en particulier avec ceux qui ont besoin d’une aide humanitaire dans des situations d’urgence et de vulnérabilité », a déclaré le gouvernement dans un communiqué. « Cuba et le Mexique sont des nations sœurs, héritières d’une longue histoire de solidarité que nous honorons aujourd’hui. »

Dans un message publié sur les réseaux sociaux pendant le Super Bowl de la Ligue nationale de football américain, le journaliste Ryan Grim de Drop Site a écrit : « Il y a évidemment beaucoup de moments honteux dans l’histoire américaine, mais le fait que le Mexique soit contraint d’envoyer une aide humanitaire sous protection militaire à une population cubaine que nous affamons sans raison, alors que nous nous goinfrons tous d’ailes de poulet, doit figurer parmi nos moments les plus sombres. »

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Jake Johnson est rédacteur pour Common Dreams. Suivez-le sur Twitter : @johnsonjakep

Source : Truthout, Jake Johnson, CommonDreams, 09-02-2026

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

nulnestpropheteensonpays // 05.03.2026 à 11h38

Les us et israel sont les calamités du monde .Place qu’ils nous ont pris .Aujourd’hui , nous ne sommes plus que des pantins aux mains d’oligarques corrompus (pléonasme ) .Juste bon à agiter les bras comme des fous dans un asile . Faut se débarrasser et de l’europe et des oligarques , sinon nous allons devenir le tiers monde . Si toutefois nous pouvons recoller les morceaux après toutes les saloperies que nos dirigeants ont fait en notre nom . Maintenant que les us ne veulent plus partager avec nous les miettes du gateau de toutes ces réserves primaires qui disparaissent .macron envoie un porte avion ?…Miskina , oh comme il est beau le porte avion du fifils à sa mémére , au lieu de tenir un langage ferme face aux charognards .Et ouais , des piou piou…Bientot ce sera le tour de cuba , et du reste de l’amérique du sud .

7 réactions et commentaires

  • nulnestpropheteensonpays // 05.03.2026 à 11h38

    Les us et israel sont les calamités du monde .Place qu’ils nous ont pris .Aujourd’hui , nous ne sommes plus que des pantins aux mains d’oligarques corrompus (pléonasme ) .Juste bon à agiter les bras comme des fous dans un asile . Faut se débarrasser et de l’europe et des oligarques , sinon nous allons devenir le tiers monde . Si toutefois nous pouvons recoller les morceaux après toutes les saloperies que nos dirigeants ont fait en notre nom . Maintenant que les us ne veulent plus partager avec nous les miettes du gateau de toutes ces réserves primaires qui disparaissent .macron envoie un porte avion ?…Miskina , oh comme il est beau le porte avion du fifils à sa mémére , au lieu de tenir un langage ferme face aux charognards .Et ouais , des piou piou…Bientot ce sera le tour de cuba , et du reste de l’amérique du sud .

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  • Savonarole // 05.03.2026 à 15h46

    N’oubliez pas qu’à la chute de l’URSS , Cuba a déjà subi ce genre de blocus petrolier complet pendant quelques années.
    À ne pas négliger non plus, les envois « à titre humanitaire » ; les Russes avaient tenté d’envoyer un tanker mais il s’est fait bloquer dans la mer des Sargasses par l’USN … en n’a pas bougé depuis le 27/02. Ça a fait tiquer Lavrov et Nebenzia charbonne à l’ONU sur le sujet.
    Le Mexique, qui suite à décision de la USSC sur les tarrifs, ne craint plus grand chose de ce côté, se dit aussi prêt à des livraisons « à titre humanitaire » selon Bloomberg (qu’on ne peut pas decement accuser d’être de vils castristes sanguinaires qui égorgent des baies des cochons avec les dents.)
    La politique de domination « tout azimuts » du régime de Washington commence à tomber sur une « limite dure » imposée à ses rêves humides ; les autres pays on le droit de pas être d’accord.

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    • Rob Ducan Spencer // 05.03.2026 à 20h58

      N’oubliez pas qu’à la chute de l’URSS , Cuba a déjà subi ce genre de blocus petrolier complet pendant quelques années…effectivement les ânes, les chevaux et les boeufs pour labourer se sont multipliés.

      Le Mexique fournit 20.000 barils par jour et il en manque plus de 80.000 sans compter les ventes d’une partie pour acheter…des dollard us, indispensables aux échanges.

      Le Mexique et les tarifs…l’administration US a d’autres moyens à sa disposition et pour le Venezuela la présidente actuelle a fait une déclaration cette semaine se félicitant de la collaboration avec l’administration américaine.

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  • edualc // 05.03.2026 à 15h59

    Qu’attendent donc toutes ces nations qui ont apporté leur soutien à Cuba contre le blocus américain (165) pour boycotter cet embargo inhumain pour leur apporter toute l’aide dont ils ont un impérieux besoin ?
    C’est tellement facile de voter contre et de regarder ailleurs dès lors qu’il faut agir pour mettre un terme à ce terrorisme d’un état hégémonique qui sème malheur et misère à travers le monde depuis sa création !

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    • Rob Ducan Spencer // 05.03.2026 à 20h54

      C’est comme les BRICS+, un vote ne coûte pas cher et les pays ont besoin de l’accès au dollar us…au FMI etc. les états ne connaissent que leurs intérêts.

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      • Dominique65 // 08.03.2026 à 10h34

        Le BRICS comptent donc 165 nations. Intéressant.

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  • tor // 06.03.2026 à 16h05

    La guerre par le siège est vieille comme le monde, pas condamnée par les « démocraties ». Cuba est assez autosuffisant pour l’alimentation, mais bien sûr pas pour le reste. Des navires mexicaines passent, les Etats-Unis ne peuvent rien contre le Mexique sans risquer un tsunami migratoire rapide.

    L’Histoire de Cuba est connue. La guerre américaine de 1898 contre l’Espagne, et les Etats-Unis mirent en place des caciques maffieux honnis par la population. La révolution castriste comme toute révolution réelle n est pas sortie de nulle part.

    Il se trouve qu’à Cuba, comme en Iran ou ailleurs, si une partie de la population en a après le gouvernement, et sur ce point le régime de Macron en France est encore plus honni, la détestation de la maffia cubaine transplantée à Miami Vice est générale. A savoir que Cuba n’est pas contrôlable par les Etats-Unis.

    Les dynamiques nationales sont spécifiques et depuis le début des ingérences américaines au début du 19è siècle, les régimes de Washington n’ont jamais obtenus par leurs guerres et assassinats des situations stables. Le fil directeur de la bestialité américaine n’a jamais changé: la prédation.

    Le profile de tentative d’influencement atlantiste du moment sur ce forum ce Rob Ducan Spencer, mettait un commentaire sur un autre article mentionnant connaître Cuba et parler: « l’espagnol de Cuba ». Or ça ne se dit pas, on parle espagnol, les variantes nationales (Mexique, Caraïbes dont Cuba, Argentine, Chile) sont analogues aux variations régionales par exemple en France. Bref, après plusieurs profiles, ce n’est toujours pas ça.

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