« Il s’agit d’une tentative visant à créer un État autocratique. C’est aussi simple que cela », a déclaré le sénateur Chris Murphy.
Source : Truthout, Jake Johnson, CommonDreams
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
Le président de la Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, a révélé dans une récente déclaration virulente que le ministère américain de la Justice le menaçait de poursuites pénales, une mesure que le chef de la banque centrale a qualifiée d’« intimidation » pour ne pas avoir cédé aux exigences du président Donald Trump en matière de politique de taux d’intérêt.
« J’ai un profond respect pour l’État de droit et l’obligation de rendre des comptes dans notre démocratie. Personne, et certainement pas le président de la Réserve fédérale, n’est au-dessus des lois », a déclaré Powell dans une déclaration vidéo. « Mais cette mesure sans précédent doit être replacée dans le contexte plus large des menaces et des pressions constantes exercées par l’administration. »
Powell a déclaré que le ministère de la Justice, que Trump a utilisé à plusieurs reprises contre ses adversaires politiques, a signifié vendredi à la Réserve fédérale des citations à comparaître devant un grand jury concernant le témoignage du président de la banque centrale devant le Congrès au sujet de la rénovation des locaux de la Fed.
Mais Powell, qui a été nommé à ce poste par Trump en 2017, a déclaré que les accusations selon lesquelles il aurait induit les législateurs en erreur quant à l’ampleur des rénovations étaient un « prétexte » masquant la véritable raison pour laquelle le ministère de la Justice lance une procédure pénale.
« La menace de poursuites pénales fait suite à la décision de la Réserve fédérale de fixer les taux d’intérêt sur la base de notre évaluation la plus pertinente de ce qui servira au mieux les intérêts de la population, plutôt que de suivre les préférences du président », a déclaré Powell. « Il s’agit de savoir si la Fed pourra continuer à fixer les taux d’intérêt en se basant sur des données factuelles et les conditions économiques, ou si, au contraire, la politique monétaire sera dictée par des pressions politiques ou des intimidations. »
Le New York Times a rapporté dimanche que l’enquête sur Powell avait été approuvée à la fin de l’année dernière par Jeanine Pirro, une fidèle de Trump, ancienne présentatrice de Fox News qui occupe désormais le poste de procureure fédérale pour le district de Columbia. Trump a affirmé qu’il « n’était au courant de rien » concernant le cas Powell, mais a ajouté : « Il ne fait certainement pas du bon travail à la Fed, et il n’est pas très doué pour construire des immeubles. »
Powell, dont le mandat à la tête de la Fed prend fin en mai, a défié Trump à plusieurs reprises en public, rejetant comme illégale la menace du président de le démettre de ses fonctions à la tête de la banque centrale et, à un moment donné, a contredit Trump en face à face au sujet des affirmations de celui-ci concernant le coût estimé des rénovations de la Fed..
Powell a également publiquement critiqué les politiques tarifaires de Trump les accusant d’avoir fait grimper l’inflation.
« Ce sont vraiment les droits de douane qui sont à l’origine de la majeure partie des dépassements de l’inflation », a déclaré Powell le mois dernier, à l’issue de la réunion de la banque centrale du 10 décembre. La Fed a réduit ses taux d’intérêt à trois reprises l’année dernière, les abaissant au total de 75 points de base.
Mais Trump fait pression pour obtenir des baisses de taux beaucoup plus agressives et a attaqué Powell, qui n’a pas l’autorité exclusive sur les décisions relatives aux taux d’intérêt, en le qualifiant de « crétin » et de « véritablement l’une de mes pires nominations ».
Lisa Gilbert, coprésidente du groupe de surveillance Public Citizen, a salué la « défense courageuse de l’État de droit » menée par Powell et a déclaré que la politique de la Fed « ne devrait pas être soumise à l’intimidation et au harcèlement des procureurs fidèles à Trump ».
« Le ministère de la Justice (DOJ) devrait servir l’État de droit, et non les instincts vindicatifs d’un président autocrate », a déclaré Gilbert. « Et le DOJ ne devrait jamais abuser de ses pouvoirs en matière d’application de la loi pénale pour intenter des poursuites fallacieuses contre les opposants politiques du président ou contre ceux qui font preuve d’un minimum d’indépendance. »
Les membres Démocrates du Congrès ont également pris la défense de Powell.
« Menacer de poursuites pénales le président de la Fed parce qu’il refuse de se plier aux injonctions du président en matière de taux d’intérêt sape l’État de droit, qui est le fondement même de la prospérité américaine », a écrit le représentant Ro Khanna (Démocrate-Californie) sur les réseaux sociaux.
Le sénateur Chris Murphy (Démocrate-Connecticut) a ajouté que « personne ne devrait perdre sa faculté à s’indigner face à ce qui arrive à notre pays ».
« Il s’agit d’une tentative visant à créer un État autocrate. C’est aussi simple que cela », a déclaré Murphy. « Trump menace d’emprisonner le président de la Réserve fédérale simplement parce qu’il refuse d’adopter la politique des taux souhaitée par Trump. »
La sénatrice Elizabeth Warren (Démocrate-Massachussetts), qui a souvent critiqué Powell et la politique en matière de taux d’intérêt de la Fed pendant son mandat, a écrit dimanche soir que Trump « veut nommer un nouveau président de la Fed ET écarter définitivement Powell du conseil d’administration afin de mener à bien sa prise de contrôle corrompue de notre banque centrale ».
Le mandat de Powell en tant que gouverneur de la Fed court jusqu’en janvier 2028. Kevin Hassett, le principal conseiller économique de Trump, est largement considéré comme le choix probable du président pour remplacer Powell à la présidence de la banque centrale.
Warren a appelé le Sénat à « ne nommer AUCUN candidat de Trump à la Fed » pendant l’enquête du ministère de la Justice sur Powell.
« Il détourne la loi comme un dictateur en herbe afin que la Fed soit à son service et à celui de ses amis milliardaires », a déclaré Warren à propos de Trump.
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Jake Johnson est rédacteur pour Common Dreams. On peut le suivre sur Twitter : @johnsonjakep.
Source : Truthout, Jake Johnson, CommonDreams, 12-01-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
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Commentaire recommandé
Prendre comme exemple quatre pays sous procédure de sanctions de l’OFAC, c’est au mieux biaisé , au pire malhonète.
Le Rial Iranien a perdu X000% de sa valeur en un instant, c’est pas suspect du tout. (Bessent a reconnu l’avoir crashé à dessein de « regime change » lors de son passage au WEF.)
https://www.xe.com/currencycharts/?from=USD&to=RUB : c’est dans votre liste de « monaie qui ne valent plus rien ». On va pas faire USD vs EUR, CHF, CNY ou même la GBP … ça va devenir vexant.
Anyway, la dédolarisation c’est pas le Forex des « pays de merde » ; c’est CHIPS à la place de SWIFT , Mir à la place de VISA , Alipay à la place de Paypal : bref , les règlements internationaux hors dollars et les reserves obligataires de banques centrales qui vont avec.
Pour la petite histoire du Rial , Mam’ Christine a reconnu y avoir mis les doigts aussi au WEF … quand on pense que Soros avait défoncé le GBP tout seul comme un grand ^^.
11 réactions et commentaires
D’où vient que dans de nombreux pays du monde actuellement on aient une prolifération de chefs d’état très agressifs , tyrannique, près à vouloir s’engager dans un processus de guerre?
Le pétrole manque , la possibilité de produire à bas coût diminue , la pauvreté commence à apparaitre pour le plus grand nombre et partout . On veut se battre pour avoir ce qui va manquer , comme des animaux se battent pour manger une carcasse de viande dans la brousse. Est-il possible d’échapper à la guerre qui peut paraitre être une solution pour diminuer la demande et résoudre les révoltes interne dans les pays .
Où vas -ton et est il possible de faire mieux que ce qui se passe actuellement ?
+4
AlerterIl y a une constante implacable souvent cité par Jean-Marc Jancovici et qui est un signe qui ne trompe pas.
Depuis l’année 2017 (qui est celui de la bascule d’après-lui) le volume des transports et chargements par camion en Europe et ailleurs est en diminution constante, les volumes de frêt sont en recul partout.
Quand j’entends parler de croissance et de création d’emplois je suis songeur. Trump met en place un glacis pétrolier avec le Canada et le Vénézuela sous sa main. Les USA un pays ou le prix du gallon us ( un peu moins de 4 llitres) est a 2.90 $ us soit….2.48 euros…
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AlerterC’est vrai que le fret par camion diminue depuis 2017.
Mais ce fait ne serait il pas en partie lié à l’augmentation du fret ferroviaire ?
J’avais vu cet article sur le transport entre la Chine et L’Europe via les « nouvelles routes de la soie » qui relient 80 villes chinoises avec plus de 200 villes européennes. Le nombre de train annuel entre la Chine et l’Europe est d’environ 3000 ! ce qui fait un sacré nombre de camion en moins !! et c’est égalment ce transfert de la route vers des trains électrifié qui diminue pour de vrai le CO2 🙂
https://fr.railmarket.com/news/freight-rail/40806-china-europe-freight-traffic-via-erenhot-surpasses-3-000-trains-in-2025
+0
Alerter« « Il détourne la loi comme un dictateur en herbe afin que la Fed soit à son service et à celui de ses amis milliardaires », a déclaré Warren à propos de Trump »
Quand on connaît le passif de la FED, largement vouée à la défense des intérêts de la couche la plus riche de ce pays, on mesure à quel point Elizabeth Warren tape – volontairement – à côté du problème. Ce n’est pas pour rien que Warren a choisi de soutenir Hillary Clinton plutôt que Bernie Sanders à la présidentielle de 2016. C’est quand leurs privilèges sont directement menacés que les Démocrates se réveillent, un peu tard et sans autre proposition que de revenir au bon vieux temps, quand les pouvoirs exécutif et financier travaillaient en symbiose pour le capital et contre le travail.
+3
AlerterPowell avait été nommé par DJT. Il a déjà nommé le suivant : Kevin Warsh.
Le Dollar, c’est leur monaie et c’est en train de (re)devenir leur problême (parmis d’autres.)
+2
AlerterUn problème tellement pressant que les iraniens, les cubains, les venezueliens, les russes utilisent le dollar pour se protéger des monnaies qui ne valent plus rien et dans des pays ou l’inflation va de 20 % par année comme la Russie ou 20 % par jour comme en Iran… et ceci se nomme la dollarisation.
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AlerterPrendre comme exemple quatre pays sous procédure de sanctions de l’OFAC, c’est au mieux biaisé , au pire malhonète.
Le Rial Iranien a perdu X000% de sa valeur en un instant, c’est pas suspect du tout. (Bessent a reconnu l’avoir crashé à dessein de « regime change » lors de son passage au WEF.)
https://www.xe.com/currencycharts/?from=USD&to=RUB : c’est dans votre liste de « monaie qui ne valent plus rien ». On va pas faire USD vs EUR, CHF, CNY ou même la GBP … ça va devenir vexant.
Anyway, la dédolarisation c’est pas le Forex des « pays de merde » ; c’est CHIPS à la place de SWIFT , Mir à la place de VISA , Alipay à la place de Paypal : bref , les règlements internationaux hors dollars et les reserves obligataires de banques centrales qui vont avec.
Pour la petite histoire du Rial , Mam’ Christine a reconnu y avoir mis les doigts aussi au WEF … quand on pense que Soros avait défoncé le GBP tout seul comme un grand ^^.
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AlerterVenezuela et Cuba..
Le gouvernement cubain a annoncé aux compagnies aériennes desservant l’île que le carburant avion ne sera plus disponibles à partir du Lundi 9 Février au soir. Les compagnies aérinnes organisent actuellement des vols de rapatriement des touristes sur place, les avions volent à vide vers l’île et font une escale technique pour refaire le plein de carburant au retour.
Le tourisme de masse était vraiment le seul secteur à Cuba qui assurait l’entrée de devises et avec le décret américain présidentiel du 29 Janvier 2026 même le Mexique a cessé ses livraisons.
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Alerter« Le tourisme de masse était vraiment le seul secteur à Cuba qui assurait l’entrée de devises »
Et non pas du tout, à partir des années 1980 les médecins cubains qui travaillent dans des dizaines de pays constituent la première source de devises de Cuba. Ce service a permis à Cuba de percevoir plus de 11 milliards de dollars en moyenne par an entre 2011 et 2015. Il s’agissait de la première source de ressources de l’île loin devant le revenu du tourisme qui a rapporté 2,8 milliards de dollars en 2016. Tout cela malgré les sanctions américaines parfaitement illégales au regard du droit international.
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AlerterLa Fed est déjà au service des milliardaires et depuis longtemps, c’est une brouille de détail.
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AlerterNon, c’est une brouille de milliardaires.
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AlerterLes commentaires sont fermés.