Le monde est compliqué en ce moment : il se passe plein de choses qui peuvent permettre de cacher des choses qui dérangent ceux qui y ont participé et pourraient donc organiser certaines choses à dessein, pour cacher également ce qu’ils n’arrivent pas à faire… Mais d’autres choses se produisent également qui n’ont rien à voir avec les précédentes. Bonne chance pour vous y retrouver entre toutes ces couches de choses-ci et merci à nos contributeurs de nous fournir des articles sur toutes ces choses-là.
DÉMOCRATIE
France Télévisions : la dépolitisation expliquée par les « dépolitisateurs »
"Manifestement interpellée par des téléspectateurs, France Télévisions a envoyé au charbon son directeur délégué de l’information, Pascal Doucet-Bon, qui s’est fendu d’une tribune sur le site de France Info : « Pourquoi la rédaction de France Télévisions décrit-elle Quentin Deranque comme un "militant nationaliste proche du collectif identitaire Némésis" ou un "militant identitaire" ? » (21/02). Ce qui nécessite en effet des explications – un peu de pédagogie. On ne sera pas déçu du voyage. « La qualification politique d’une personne », nous explique M. Doucet-Bon, « est un exercice délicat ». Aussi, « dans un contexte électrique », le service public a-t-il choisi de faire œuvre de transparence. Comment les termes ont-ils été choisis ? La première phrase — et un bon tiers du papier – répond à une autre question : par qui ? Réponse : par « la direction de l’information ». C’est cette direction qui, sur la base de la « synthèse des enquêtes » de ses « reporters », sélectionne et décrète les mots à utiliser."
Source : Acrimed
LFI et l’UDR attaquent la circulaire de l’Intérieur qui les classe aux extrêmes
"Le Conseil d’État a examiné ce mercredi à 14 heures les recours de LFI et de l’UDR à l’encontre de la circulaire de nuançage politique du 2 février qui les classe, l’un à l’extrême gauche, l’autre à l’extrême droite, dans la perspective des prochaines élections municipales. Le rapporteur, Clément Malverti, a conclu, devant les 2e et 7e chambres réunies, au rejet des recours, ce qui ne préjuge pas de la décision à venir, mais permet, à travers l’exposé des arguments, de comprendre les enjeux juridiques de la question. Il a commencé par rappeler l’objet de cette circulaire : attribuer une nuance politique aux candidats, aux listes et aux partis, afin de permettre aux pouvoirs publics et aux citoyens d’obtenir des résultats faisant apparaitre ces nuances. Cela obéit à un certain nombre de règles définies dans le texte en fonction des configurations (voir la circulaire ici) et ne lie personne, en particulier pas les médias qui sont libres de présenter les résultats selon d’autres critères."
Source : Actu-Juridique
FRANCE
Essais nucléaires en Polynésie : une loi pour mettre fin au déni de l’État
"Le 29 janvier dernier, l’Assemblée nationale a voté une proposition de loi historique pour les victimes des essais nucléaires français en Polynésie. La loi, qui doit encore être votée au Sénat, pourrait permettre à 15 000 personnes d’obtenir réparation. La députée Mereana Reid Arbelot, co-rédactrice du texte, explique à Disclose pourquoi son adoption mettrait enfin un terme à soixante ans de déni de la part de l’État. De 1966 à 1996, la France a fait exploser 193 ogives nucléaires en Polynésie. Le 29 janvier dernier, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité une proposition de loi visant à « reconnaître les victimes de l’exposition aux essais nucléaires français et à améliorer leur indemnisation ». Le texte, qui doit encore être examiné par le Sénat, est le résultat d’une commission d’enquête de six mois. Il s’appuie sur des milliers de documents déclassifiés et sur des entretiens avec des militaires, des scientifiques et des élus."
Source : Disclose
La France va réduire de 58% sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme
"La France va réduire de 58%, soit près d'un milliard d'euros, sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, a appris franceinfo jeudi 12 février auprès d'une source proche du dossier. La participation de l'État français pour la période 2022-2025 était de 1,6 milliard d'euros. Avec cette baisse, il s'engage ainsi à donner 660 millions d'euros pour la période 2026-2028. Si la France continue officiellement de soutenir la lutte contre ces maladies, l'Etat justifie cette baisse par des finances publiques en difficulté qui ne permettent plus d'être le deuxième contributeur de ce Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme."
Source : France Info
GÉOPOLITIQUE
Rojava : l’État autonome kurde en Syrie en voie de disparition
"Durant les près de 14 ans de guerre civile syrienne (2011-2024), la dislocation de l’Etat syrien a offert des opportunités à d’autres acteurs, notamment l’Etat islamique et les combattants kurdes. Pour lutter contre le djihadisme tout en évitant de soutenir le régime sanguinaire de Bashar El-Assad, les pays occidentaux, États-Unis en tête, ont apporté un soutien aux soldats kurdes, qui leur a permis de bâtir un proto-État au nord de la Syrie, le Rojava. Cet État autonome est désormais en voie de disparition, le nouveau régime syrien ayant choisi de se rapprocher de la Turquie, d’Israël et des États-Unis, qui n’ont plus de raison de soutenir le combat des kurdes. L’accord de cessez-le-feu conclu la semaine dernière entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes – salué par les États-Unis comme un « jalon historique dans le cheminement de la Syrie vers la réconciliation nationale » – représente une victoire majeure pour Damas. Il scelle également la disparition du Rojava en tant qu’entité autonome administrée par les Kurdes dans le nord‑est du pays."
Source : Le vent se lève
Que reste-t-il de Gaza ? (vidéo)
"Depuis octobre 2023, Gaza est méthodiquement détruite. Que reste-t-il de l’enclave palestinienne et que révèlent ces transformations du territoire ?"
Source : Le Monde diplomatique
Iran : le piège de l’Irak
"Trente-cinq ans après l’opération Tempête du désert, Washington réactive la même illusion : qu’un choc militaire externe suffise à produire un effondrement intérieur. Ce 28 février 2026, les États-Unis vivent un anniversaire qu’ils ne commémorent pas. Il y a trente-cinq ans exactement, George H. Bush proclamait la fin de l’opération Tempête du désert après cent heures de combat terrestre. La victoire était totale. Le changement de régime, lui, n’a pas eu lieu. Saddam Hussein a survécu douze ans. Aujourd’hui, un ultimatum américain est en cours contre Téhéran, deux groupes aéronavals convergent vers le Golfe, et l’ambassadeur iranien à l’ONU vient de désigner toutes les bases américaines de la région comme « cibles légitimes ». La doctrine du « changement sans engagement », c’est-à-dire provoquer l’effondrement d’un régime par l’intérieur sans en assumer l’après, a déjà échoué en 1991 et, face à l’Iran, elle menace de produire ses conséquences les plus graves."
Source : Conflits
INTERNATIONAL
Le Salvador, territoire de gangs devenu nouvel Eldorado touristique
"Avec 4,1 millions de visiteurs, soit 60% de plus qu'en 2019, le Salvador, autrefois pays d'Amérique latine rongé par la criminalité, connaît un essor touristique sans précédent depuis l'instauration d'un état d'urgence qui a mis derrière les barreaux des dizaines de milliers de membres présumés de gangs. Mais des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent le coût de la guerre contre les gangs : dans le cadre de l'état d'urgence, quelque 90.000 personnes ont été arrêtées et emprisonnées. Environ 8.000 innocents ont ensuite été libérés, reconnaît le gouvernement. Mais Nayib Bukele, 44 ans, au pouvoir depuis 2019, jouit d'une popularité sans égal, soutenu par neuf Salvadoriens sur dix."
Source : Boursorama
Affaire Epstein : des experts alertent sur une possible « entreprise criminelle mondiale »
"Le dossier Epstein n’en finit pas de hanter les institutions. Plus de six ans après la mort en détention du financier américain accusé d’avoir organisé un vaste système d’exploitation sexuelle de mineures, la publication récente de millions de documents judiciaires ravive une question que certains espéraient refermer : comment un tel réseau a-t-il pu prospérer si longtemps au cœur des élites politiques, économiques et médiatiques ? Des experts indépendants des Nations Unies ont lancé, lundi, un avertissement. Selon eux, les éléments contenus dans les désormais célèbres « Epstein Files » révèlent des « éléments troublants et crédibles d’abus sexuels systématiques et à grande échelle, de traite et d’exploitation de femmes et de filles ». Plus encore, certains faits décrits pourraient, estiment-ils, relever de qualifications extrêmement lourdes en droit international, dont l’esclavage sexuel, la torture, des disparitions forcées ou des crimes contre l’humanité."
Source : ONU Info
RÉFLEXION
Mort de Quentin D. à Lyon : « L'antifascisme est aujourd'hui instrumentalisé »
"L’historien italien Enzo Traverso mettait en exergue le fait qu’après la Seconde Guerre mondiale, l’antifascisme a souvent été assimilé au totalitarisme, parce qu’il a été associé à l’Union soviétique et aux crimes de l’ère stalinienne et poststalinienne. À partir de ce moment-là, l’antifascisme a été désigné comme un ennemi. C’est quelque chose qui a traversé l’histoire même du concept car, finalement, l’antifascisme est un mouvement multiple, complexe, avec des modes et répertoires d’action divers. Or, du point de vue de l’histoire, opérer cette mise en équivalence revient à mettre sur un pied d’égalité les bourreaux et leurs victimes."
Source : Basta !
Les collaborateurs
"Donc ils ont eu une éducation. Ils sont allés aux écoles — enfin à Sciences-Po, ou en école de journalisme. Donc on leur a enseigné. Donc, ils ont appris. Ils ont appris l’Histoire. L’ont régurgitée — dans des copies, puis dans des articles, dans des discussions mondaines. Ils ont vu des documentaires — sur Arte. Des films. Sur la montée. Sur ce qui s’est passé, les processus à l’œuvre, les accélérations. À quoi les processus ont conduit. Ils ont été invités — et ont invité — à « méditer ». Comment tout ça avait bien pu se passer. Au milieu de quelle inconscience, de quelle passivité, de quelles faillites, politiques, intellectuelles, morales. Après quoi, ils ont solennellement juré que « plus jamais ». Donc ils savent. Normalement."
SOCIETÉ
Celles, ce village qui renaît sans propriété privée
"Plus de 50 ans après son abandon forcé, le village de Celles renaît. Avec un principe original en France : aucun des habitants n’est propriétaire ni locataire, et ils y habiteront pourtant gratuitement ! Pour bien saisir cette recette radicale, rendez-vous dans le salon douillet de Vincent et Céline — les premiers à réhabiter une maison du centre-bourg, avec Marek, la boulangère. « Nous avons signé un prêt à usage, qui nous permet de vivre ici gratuitement, pour 35 ans, à condition qu’on habite à l’année, qu’on prenne soin du lieu et qu’on travaille sur place », détaille Céline, adossée à un mur enduit de terre brune. Cerise sur le gâteau antispéculatif, les maisons sont mises à disposition, non pas par la commune, mais par le fonds de dotation Cambas Rojas — « jambes rouges », du nom du sobriquet donné aux autochtones des berges carmin du Salagou — qui a racheté les bâtisses en juillet 2025."
Source : Reporterre
L’emprise des grandes fortunes françaises
"En 2026, le déficit public va, pour la quatrième année consécutive, atteindre ou dépasser les 5 % du PIB. Il s’agit d’une situation sans précédent : la France n’a jamais connu une succession de déficits aussi élevés hors période de crise économique, de pandémie ou de guerre. La dette publique va atteindre 118 % du PIB en 2026. Soit le niveau le plus haut depuis la deuxième guerre mondiale, avant cela le premier conflit mondial, et précédemment la Révolution française. Le pays dans son ensemble ne s’appauvrit pas, loin de là : la hausse de la dette publique a été plus que compensée par l’envolée des patrimoines privés. Entre 2012 et 2024, alors que la dette publique a augmenté de 1 400 milliards d’euros, le patrimoine total des ménages français a crû de 4 700 milliards d’euros. Celui des 500 plus grandes fortunes à lui seul a bondi de près de 1 000 milliards d’euros – passant de l’équivalent de 13 % du PIB en 2012 à l’équivalent de 42 % du PIB en 2024. La hausse de la dette publique, au cours de cette période, a été à peine plus forte que l’augmentation de la fortune de ces centi-millionnaires."
Source : CADTM
ÉCONOMIE
Les petits patrons peuvent-ils être des camarades ?
"Au-delà des chiffres, l’affirmation selon laquelle le patron de TPE serait « aussi un travailleur » opère un déplacement plus profond. Même lorsque ses revenus sont modestes, le “petit patron” demeure détenteur du contrôle de l’outil de production. Il exerce un pouvoir de décision sur l’organisation du travail, les embauches, les licenciements et la répartition de la valeur produite. Cette position le distingue fondamentalement du salarié, dont le revenu dépend de la vente de sa force de travail dans un rapport de subordination juridique. Les conditions de travail constituent à cet égard un angle mort majeur du discours de rapprochement mis en avant par l’Institut La Boétie. Faire comme si le conflit de classes variait selon la taille de l’entreprise contredit l’expérience quotidienne des salariés. Dans les petites entreprises, les conditions de travail sont souvent plus difficiles : absence de représentation collective, faiblesse des droits effectifs, dépendance accrue au bon vouloir de l’employeur… Et les chefs d’entreprise sont le groupe social le moins exposé aux accidents du travail et aux maladies professionnelles."
Source : Frustration
ÉTATS-UNIS
Midterms 2026 : le logement, talon d’Achille de Trump
"La crise du logement aux États-Unis – il en manque 4 millions actuellement – a été aggravée par la politique de Donald Trump, en 2025. L’expulsion massive de migrants prive le secteur du bâtiment d’une main-d’œuvre indispensable, et les décisions erratiques en matière de droits de douane ainsi que les tensions avec l’Union européenne font planer une incertitude au long cours sur l’économie du pays, ce qui incite les investisseurs à la prudence. Ce dossier pourrait jouer un rôle central dans les élections de mi-mandat de novembre prochain, d’autant que plusieurs États supposés acquis aux républicains sont particulièrement touchés. Une réforme « agressive » du logement : c’est ce qu’a promis Donald Trump pour 2026. Depuis la pandémie de Covid-19, les États-Unis traversent en effet une crise du logement sans précédent. Il s’agit d’un enjeu électoral majeur à l’approche des élections de mi-mandat du mois de novembre prochain. Trump avait bâti une partie de sa campagne de 2024 sur la promesse de résoudre cette « crise de l’accessibilité » (affordability crisis)."
Source : The Conversation







