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24.février.202624.2.2026 // Les Crises

Revue de presse du 24/02/2026

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Reprise de la revue de presse après un saut de semaine (qui n’est pas une discipline olympique…), avec du Epstein (réclamé dans les commentaires) que l’on double avec du Morandini, la suite des méfaits du Trumpisme qui, via le quai d’Orsay et le ministère de l’Intérieur, déborde lui aussi en France, et un peu d’audio avec des historiens interviewés sur France Culture par le (ex ?) macroniste de la première heure Quentin Lafay sur le fascisme d’hier et d’aujourd’hui – avec une entrée sur le drame de Lyon. Merci à nos contributeurs.

DÉMOCRATIE

Ces « terroristes » britanniques qui soutiennent la Palestine

"Lorsque des faits résistent à la qualification pénale que le pouvoir voudrait leur imposer, celui-ci déplace le terrain vers l’exception sécuritaire. Un mouvement de solidarité peut alors être administrativement rangé dans la catégorie du terrorisme. L’article qui suit raconte précisément cet engrenage, caractéristique de la répression qui frappe aujourd’hui, un peu partout, les défenseurs des droits du peuple palestinien. Quelques mois plus tôt, le gouvernement britannique classait Palestine Action parmi les organisations « terroristes ». Or, depuis 2021, plusieurs procès liés à des actions contre Elbit Systems se sont soldés par des acquittements, certains jurys acceptant que le contexte palestinien soit discuté à l’audience."

Source : Le Monde diplomatique

« La victoire de Zohran Mamdani à New York » – 4 questions à Tristan Cabello

"Historien, spécialiste des États-Unis, docteur en histoire américaine et maître de conférences à la Johns Hopkins University, Tristan Cabello répond aux questions de Pascal Boniface à l’occasion de la parution de son ouvrage La victoire de Zohran Mamdani à New York. Un laboratoire pour la gauche aux éditions Textuel. Une victoire de la radicalité contre l’état-major démocrate ? Oui, sans ambiguïté. Zohran Mamdani gagne d’abord contre l’appareil démocrate, et non grâce à lui. Sa victoire est le produit d’une rupture frontale avec un parti devenu structurellement hostile à toute politique redistributive. À New York, l’establishment démocrate a soutenu Andrew Cuomo, mobilisé l’argent, les réseaux, les médias, et a perdu. Il faut toutefois lever un malentendu. Cette rupture ne signifie pas une radicalité programmatique extrême. Le programme de Mamdani est volontairement sobre et modéré : gel des loyers, transports gratuits, crèches universelles. Rien de révolutionnaire au sens strict."

Source : Iris

LFI étiquetée « extrême gauche » par l’Etat : une manœuvre du régime contre un opposant politique

"Ce mercredi, dans une circulaire, le ministère de l'Intérieur a classé La France Insoumise parmi les organisations d'extrême-gauche dans le cadre des élections municipales à Lyon. Une décision très politique qui répond, pour le régime, à l'objectif clair de diaboliser une force de la gauche institutionnelle. Dans une « Circulaire relative à l’attribution des nuances aux candidats aux élections municipales, communautaires, métropolitaines de Lyon et d’arrondissements des 15 et 22 mars 2026 », le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a inscrit ce mercredi La France Insoumise dans le bloc « extrême gauche » aux côtés de Lutte ouvrière, du NPA et du POI. Une décision inédite, qui serait valable pour les élections à Paris et Marseille, et qui a suscité l’indignation de la France Insoumise. « Depuis quand le ministre de l’Intérieur décide de ce type de changement ? Pour satisfaire quelle demande et de qui ? Pourquoi maintenant ? Peut-on avoir confiance pour les élections par quelqu’un qui truque les étiquettes politiques ? Et les résultats c’est lui aussi qui les classe ? », a expliqué sur X Jean-Luc Mélenchon."

Source : Révolution Permanente

ENVIRONNEMENT

Débat loi Duplomb : une arnaque démocratique

"C’était à prévoir. Si en interdisant l’utilisation de trois pesticides de la famille des néonicotinoïdes (dont l’acétamipride), la censure partielle de la loi dite Duplomb à l’été 2025 constituait bel et bien une petite victoire politique, celle-ci n’en laissait pas moins la porte ouverte à une “V2”. Texte qui, rappelons-le, promettait de “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” au mépris de la santé des Français et de la biodiversité. Et ça n’a pas loupé puisque le 30 janvier, le sénateur LR a déposé une loi Duplomb II allant dans ce sens. Soit deux petites semaines avant l’organisation d’un débat à l’Assemblée nationale, ce mercredi 11 février, portant sur la pétition opposée au texte de loi contesté. Dans une Assemblée bien vide, les mêmes arguments et mensonges autour de la loi Duplomb ont été déroulés sans véritable débat, accouchant d’une séquence aussi inutile que creuse."

Source : Bon Pote

FRANCE

Atmosphère de guerre et militarisation du débat public

"« Économie de guerre », appels au « réarmement », omniprésence des képis médiatiques et de leur lexique militaire, fascination pour l’ordre et la violence : la presse au garde-à-vous semble s’être donné pour mission de nous accoutumer à l’idée de guerre. « Je sais que je vais choquer certains lecteurs, mais je suis convaincu que quand tout projet un tant soit peu grandiose a déserté la vie politique, la quête de sens ayant comme la nature horreur du vide, une bonne guerre qui vient remplir ce dernier peut faire l’affaire. » Ces mots sont ceux de Luc Ferry dans les pages du Figaro, jeudi 2 octobre 2025. Le philosophe médiatique et ex-ministre pensait choquer ses lecteurs, mais il n’en fut rien. C’est que la déclaration arrivait sur un terrain médiatique déjà bien préparé, réhabitué à l’idée de guerre, à son iconographie, à son lexique, à son décompte quotidien de morts. Proposer aux jeunes de devenir de la chair à canon pour donner un sens à leur existence ?"

Source : Acrimed

Démission de Francesca Albanese : la trumpisation du Quai d’Orsay

"Un montage vidéo mensonger de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, et voilà la France qui exige sa démission ? For sure ! Qu’il semble loin ce mois de septembre 2025 où Emmanuel Macron reconnaissait, à la tribune des Nations unies, l’État palestinien. Le geste n’était pas qu’un symbole. Il pouvait ouvrir une brèche diplomatique. Mais à force de reculer d’un pas après chaque avancée, à force de s’excuser presque d’avoir osé un geste de droit, ce « en même temps » se transforme en mauvaise conscience permanente. Le problème de ce gouvernement n’est pas tant qu’il fasse un pas – c’est qu’il passe son temps à le neutraliser. Or voilà qu’en ce mercredi, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, appelle à la démission de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese. Et la France exigera officiellement cette démission le 23 février, lors de la session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une décision grave : on ne s’en prend pas impunément à une représentante mandatée par l’ONU."

Source : Regards

Usagers du service public : quand les démarches administratives virent au casse-tête

"À en croire les messages gouvernementaux, les démarches administratives n’ont jamais été aussi faciles… Pourtant les requêtes auprès du Défenseur des droits concernant la communication avec les organismes publics n’ont jamais été aussi nombreuses. C’est une galère que rencontrent beaucoup de Français, qui préfèrent la garder tapie dans leur quotidien, dans leurs téléphones, dans leurs esprits embués : la violence administrative, le blocage des dossiers, le silence des agents, l’incompréhension des démarches et des outils qu’elles requièrent désormais toutes. Qu’il s’agisse de la Caisse nationale des allocations familiales (CAF) ou de France Travail, de la caisse de retraite, des URSSAF ou des impôts, beaucoup perdent des points de vie à trouver – ou non – l’issue de leur situation administrative."

Source : Actu-Juridique

GÉOPOLITIQUE

Risque d'effondrement humanitaire à Cuba avec la diminution des approvisionnements en pétrole

"L'ONU a mis en garde cette semaine contre un possible « effondrement » humanitaire à Cuba, suite à la tentative de Washington de bloquer les approvisionnements en pétrole destinés à l'île. Les États-Unis ont menacé d'imposer des droits de douane à tout pays fournissant du pétrole à Cuba, accentuant ainsi la pression sur l'île, déjà soumise à un embargo commercial depuis des décennies et à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis le mois dernier. Le Venezuela était le principal fournisseur de pétrole de La Havane, mais Washington a intensifié la pression sur Cuba ces dernières semaines, notamment par un décret exécutif publié fin janvier menaçant d'imposer des droits de douane supplémentaires aux pays qui vendent du pétrole à Cuba, dont le Mexique. « Je peux vous dire que le Secrétaire général est extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s'aggraver, voire s'effondrer, si ses besoins en pétrole ne sont pas satisfaits », a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, cette semaine. Le chef de l'ONU a rappelé que l'Assemblée générale des Nations Unies réclame la levée de l'embargo américain depuis plus de trente ans : « Le Secrétaire général exhorte toutes les parties à poursuivre le dialogue et à respecter le droit international »."

Source : ONU Info

Canal de Panama : là où se joue le conflit sino-américain en Amérique latine

"La Chine a vivement réagi, mardi, à la décision panaméenne d’annuler les concessions portuaires accordées au groupe hongkongais CK Hutchinson sur le canal de Panama. L’ombre de Donald Trump plane au-dessus de ce bras de fer qui pourrait décider du gagnant de la rivalité sino-américaine en Amérique latine. Donald Trump en avait parlé dès son retour à la Maison Blanche : la Chine contrôle en coulisse le canal de Panama, et les États-Unis sont prêts à en prendre le contrôle si besoin. C’était dans son discours inaugural du 20 janvier… Puis il y a eu l’Iran, le Venezuela ou encore le Groenland, éclipsant totalement ce qui se passait dans ce petit pays d’Amérique latine avec son immensément important canal commercial. Pourtant, Panama est devenu, en un an, l’un des principaux champs de bataille de la rivalité sino-américaine. La situation s’est rapidement envenimée ces dix derniers jours."

Source : France 24

Après le Groenland et l’Ukraine, Trump à l’assaut des mines congolaises

"Washington a conclu avec la République démocratique du Congo un partenariat qui ouvre la porte de ses mines aux entreprises étasuniennes. Un retour stratégique pour les États-Unis dans une région clé du continent. Les sous-sols du Groenland et de l’Ukraine ne sont pas les seuls à attirer l’attention de Donald Trump : ceux de la République démocratique du Congo (RDC) sont aussi dans sa ligne de mire. En décembre 2025, à Washington, Kinshasa a signé plusieurs accords, dont l’un offre aux entreprises étasuniennes un accès privilégié au secteur minier congolais. Avec ce partenariat, les États-Unis opèrent un retour stratégique dans une région clé du continent africain. Vaste État d’Afrique centrale, la RDC concentre dans ses provinces orientales certaines des réserves minières les plus importantes de la planète. Premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur de cuivre, le pays dispose également de ressources considérables en lithium, tantale — extrait du coltan —, tungstène..."

Source : Reporterre

RÉFLEXION

Pourquoi les années 1930 hantent le débat public

"Les années 30 sont partout. Dans les éditos, dans les débats, dans les unes alarmistes. Mais parle-t-on vraiment d’histoire, ou d’un réflexe collectif face à l’incertitude ? Comparer peut éclairer. À condition de savoir ce que l’on compare. Pour en parler, deux historiens : Johann Chapoutot et Nicolas Offenstadt."

Source : France Culture

SOCIETÉ

Le jeux vidéo rendent violent et la soupe ça fait grandir

"La violence et les jeux vidéo, c’est un très vieux débat. Face à l’actualité dramatique du moment, les politiques semblent toujours chercher la solution la plus simple et surtout la plus économique. Tisser un lien direct entre les évènements avec une bonne vieille philosophie de comptoir est tout de même plus facile que de repenser les véritables causes d’un problème. La violence causée par les jeux vidéo, c’est un marronnier de notre époque. On se souvient des gros titres suite à la fusillade de Columbine en 1999 qui faisait déjà ce rapprochement. Mais ce n’est absolument pas une nouvelle façon de penser. Si on regarde les produits culturels apparus derrière nous, on s’aperçoit que tout a toujours été qualifié comme incitant à la violence ou à la « libération des mœurs ». La musique avec le Rap, le Rock, le Punk et même le Jazz ou l’opérette. Le cinéma avec à peu près tous les genres."

Source : MiniMachines

L'égoïsme qui gagne la société

"Dans son ouvrage Le triomphe des égoïsmes, le sociologue Camille Peugny montre que la solidarité diminue au sein de la société et que cela a des effets délétères pour elle. Ce phénomène concerne en particulier, au-delà des ultra-riches, les « classes moyennes supérieures », mais les classes populaires n’en sont pas toujours exemptes non plus. Le responsable en est le contexte social de concurrence accrue pour les places, d'hégémonie des élites économiques et de fragmentation du travail. Vous décrivez l’adhésion croissante des « classes moyennes supérieures  » aux principes de concurrence et aux logiques de la responsabilité individuelle. Comment l'expliquer ?"

Source : Non fiction

VUES D’AILLEURS

Ce que les Epstein Files disent de la bourgeoisie états-unienne… et française

"Depuis que le ministère de la Justice américain a été contraint de publier les dossiers Epstein par une loi votée au Congrès, des millions de courriels et documents liés à l’affaire sont consultables en ligne. Cette avalanche d’informations révèle de multiples liens entre de nombreux membres de la classe dominante américaine mais aussi française avec le pédocriminel. Pourtant, la presse française reste très en retrait de cette actualité, à l’image du Monde qui annonce, grave : “Le poison de l’affaire Epstein se répand avec la publication de nouvelles archives.” Ce serait donc la défiance populaire, le poison, et non Epstein et ses nombreux complices ? Ce que les dossiers Epstein, que nous avons consultés, prouvent notamment, c’est que des gens haut placés ont entretenu des liens étroits avec Epstein malgré sa criminalité sexuelle connue et documentée, puisque la première accusation date de 1996 et que sa condamnation à de la prison et son inscription sur le fichier des délinquants sexuels datent de 2008. Pourtant, dans les années 2010 et jusqu’à sa mort en prison en 2019, de nombreuses personnalités de la bourgeoisie ont continué à le fréquenter. Aux États-Unis bien sûr. Mais aussi en France."

Source : Frustration

« Une plongée dans le sordide » : retour sur l’enquête à l’origine des condamnations de Jean-Marc Morandini

"Comment enquête-t-on sur une star du petit écran comme Jean-Marc Morandini ? Dix ans après ses révélations sur l’animateur, Fanny Marlier a vu son travail validé par la justice. Elle revient pour La Revue des médias sur la genèse de ses révélations et la libération de la parole qui a suivi, transformant une enquête sur une web-série étrange en procédure judiciaire hors norme. Le 14 janvier 2026, la Cour de cassation scelle le sort judiciaire de Jean-Marc Morandini. Elle confirme sa condamnation à deux ans de prison avec sursis pour « corruption de mineurs », assortie d'une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS) et d'une interdiction définitive d'exercer une activité au contact de mineurs. La justice sanctionne ainsi des échanges électroniques tenus entre 2009 et 2016 avec trois adolescents de 15 et 16 ans, à qui l’animateur réclamait des photos de leurs sexes et des vidéos de masturbation, ou proposait des jeux sexuels à son domicile."

Source : La revue des médias

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