1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible.

2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques.

3. Abandonner aux extrêmes droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie.

4. Sauf à continuer de soupirer après ce qui n’arrivera pas — un « autre euro » et l’« Europe sociale » qui va avec — le réarmement des gauches européennes passe donc impérativement par l’imagination de l’après-euro.

L’avenir de la gauche se joue entre ces quatre propositions.

Les refus « internationalistes » de penser

A ceux qui, sincèrement de gauche, se sont refusés si longtemps à voir l’impasse de l’euro, pour entretenir l’illusion d’un improbable « rapport de force » qui permettrait d’en changer la configuration, à ceux à qui il aura fallu le calvaire grec pour (commencer à) mesurer la radicalité idéologique des institutions européennes, il faut dire qu’après que cette erreur aura assommé les Grecs de Syriza, elle assommera les Espagnols de Podemos, et puis que nous y passerons tous.

Depuis tant d’années, certains secteurs de la gauche, par un mélange d’internationalisme postural et de reddition sans combattre face aux menées récupératrices du Front national, ont refusé de voir ce qui était pourtant sous leurs yeux : un despotisme économique irréductible. Despotisme, puisqu’on ne peut nommer autrement une entreprise aussi résolue de négation de la souveraineté démocratique, et ceci, d’ailleurs, indépendamment de toute considération d’échelle territoriale : soustraire la politique économique à la délibération parlementaire ordinaire pour en inscrire les orientations fondamentales dans un texte constitutionnel, en l’occurrence celui des traités, est un acte d’une telle portée qu’on s’est toujours demandé comment il pouvait se trouver des personnes pour qualifier l’Europe de « démocratique » sans aussitôt sombrer dans le ridicule. Irréductible, car c’est un despotisme sous influence, l’influence d’un pays qui joue ce qu’il se représente comme ses intérêts vitaux dans un agencement institutionnel entièrement fait à sa mesure : l’Allemagne.

On ne compte plus les intellectuels qui, sous l’emprise de leurs terreurs nocturnes, ont fini par renoncer à penser quoi que ce soit qui aille au cœur de la situation européenne, et se retrouvent au comble du dénuement face à l’extrême, mais trop prévisible, violence faite à la Grèce. Il fallait vraiment avoir perdu toute colonne vertébrale pour s’interdire de penser à ce point, de peur d’avoir l’air de penser comme le Front national, et (surtout) sans être capable de penser ce qu’il y avait à penser autrement que le Front national : penser la souveraineté en général, penser les conditions de possibilité de son redéploiement international, penser l’idiosyncrasie allemande et ses inévitables effets dans toute construction monétaire européenne.

On se demande encore en quelles interdictions ces gens-là ont pu s’enfermer pour en arriver à oublier que la souveraineté, dans son concept, c’est-à-dire comme « décider en commun », n’est pas autre chose que la démocratie même, qu’il y faut un peu plus que quelques bons sentiments universalistes pour constituer un peuple de peuples [2], ou que questionner le rapport de la société allemande à la chose monétaire n’est pas plus germanophobe que questionner le rapport de la société américaine aux armes à feu n’est américanophobe. Et plus généralement pour en arriver à un degré de cécité volontaire tel qu’il aura rendu impossible toute analyse des données réelles des compatibilités — ou des incompatibilités — qui déterminent la viabilité d’une construction monétaire et politique commune.

Il aura fallu en particulier atteindre ce niveau de brutalisation d’un pays par un autre, sans précédent en temps de paix, pour qu’enfin la question de l’Allemagne commence à échapper aux censures qui ont jusqu’ici prononcé leurs interdictions enveloppées de vertu. On reconnaît l’indigence d’une pensée à son incapacité à traiter aucun problème autrement que dans des coordonnées morales. Mais la manie de passer toute question au filtre d’une interrogation préalable de vertu est le plus sûr moyen de passer à côté de ce qu’il y a à comprendre, de toute saisie positive du réel, indépendamment de tout jugement, qui viendra à son heure. On peut, par exemple, s’interroger sur les mécanismes sociaux et les héritages historiques qui soutiennent la passion américaine pour les armes sans avoir fait connaître son opinion sur la question, ni lui soumettre entièrement l’analyse. Faute d’avoir envisagé de penser le rapport tout à fait singulier de l’Allemagne à la monnaie autrement que sous le crible débile de la germanophobie ou de la germanophilie, le refus de penser se retrouve logiquement percuté par la violence d’un fait, et reconduit à son incapacité de comprendre.

Encore un pilote enfermé dans le cockpit

Au moins les dénégations du pharisaïsme sont-elles maintenant devenues intenables, quitte d’ailleurs à se donner des formulations néo-éclairées d’une naïveté touchante : l’Allemagne est « le nouveau problème de l’Europe », écrit ainsi François Bonnet [3]. Le nouveau problème… C’est juste le problème constitutionnel de la monnaie unique, et il est consigné depuis 1991 dans le texte des traités. Un pays, l’Allemagne, a imposé ses obsessions monétaires à tous les autres. Tous les pays vivent avec les obsessions de leur roman national, c’est bien leur droit, en tout cas à court et même moyen terme il n’y a rien à y faire. C’est qu’un pays exige d’autres qu’ils vivent sous ses propres manies, quand ces manies-là ne sont pas les leurs, qui est le commencement des problèmes. Contrairement à ceux qui ne peuvent pas penser l’hégémonie allemande sans des images de Panzer ou de casque à pointe, il faut redire que l’Allemagne dans cette affaire n’a jamais poursuivi de projet positif de domination, et que ses comportements n’ont jamais été gouvernés que par la peur panique de souffrir, dans le partage communautaire, l’altération de principes qui lui sont plus chers que tout [4]. Or il ne faut pas s’y tromper : une angoisse collective, surtout quand elle est de cette intensité, ne détermine pas moins à la violence que les menées conquérantes de l’hégémonie positive. Peut-être même au contraire. C’est qu’il y a dans les projets hégémoniques un reliquat de rationalité auquel les paniques monétaires allemandes sont devenues totalement étrangères.

En témoigne la brutalité aveugle avec laquelle l’Allemagne a décidé de châtier la Grèce, mais plus encore son inaccessibilité à toute argumentation rationnelle. Quand la presse française, collée au cul de Sapin et de Moscovici, se contente pour tout récit des négociations de leur version, avec le consciencieux d’un bureau de propagande d’Etat et le label de la « presse libre » [5]), faisant à peu de choses près passer les négociateurs grecs pour des clodos égarés, des paysans du Danube ignorants des usages et des codes — pensez donc, ils n’ont même pas de cravate —, bref incapables de se tenir dans la bonne société européenne, et avec lesquels il est tout simplement impossible de discuter, Varoufakis [6] et Tsakalotos [7] ont, eux, découvert, stupéfaits, un club de l’eurozone semblable à un hôpital de jour, une réunion de grands autistes à qui il est impossible de faire entendre la moindre argumentation économique, et dont la psychorigidité terminale ne connaît plus que la conformité aux règles, fussent-elles de la dernière absurdité, et le continent entier dût-il en périr.

Que désormais la majorité des économistes, ceux du FMI en tête, et Prix Nobel compris, n’hésitent plus à hurler au fou en découvrant les dernières trouvailles de l’Eurogroupe — rajouter une dose massive de ce qui a déjà méthodiquement détruit l’économie grecque —, n’est plus d’aucun effet. On peut déjà dire, à la louche, mais sans grand risque de se tromper de beaucoup, qu’en étant certain de précipiter la Grèce dans une récession carabinée pour 2015, le « plan » supposément fait pour réduire le ratio de dette lui fera passer les 200 % de PIB, ainsi que le taux de chômage les 30 %, à horizon d’un an ou deux. Mais peu importe, l’essentiel est de les passer dans les règles. À ce moment, vient immanquablement à l’esprit l’image du cinglé enfermé dans le cockpit de l’Airbus, toutes manettes bloquées en mode descente (l’avion était un modèle européen, et le pilote allemand, on ne le fait pas exprès, c’est comme ça) ; le monde entier tambourine au-dehors (« ouvre cette putain de porte ! ») — mais comme on sait la conséquence annoncée n’était pas de nature à entamer la détermination de l’intéressé.

Comme toute métaphore, celle-ci a sa limite : l’Allemagne n’a pas le projet de pulvériser l’union monétaire. Elle est juste obsédée par l’idée de continuer à y maintenir les principes qui lui ont réussi quand elle était seule, dont elle a fait une identité nationale de substitution, et dont rien au monde ne pourra la détacher — et certainement pas le renvoi d’un peuple entier, ou de plusieurs, au dernier degré de la misère. Qu’une frange de gauche radicale en Allemagne se déclare scandalisée et se lève contre son propre gouvernement, d’ailleurs en une démonstration de ce qu’est vraiment l’internationalisme — ne pas endosser aveuglément les faits et gestes de son pays parce que c’est son pays —, demeure un fait minoritaire et n’ôte rien à la massivité du consensus social — et non politique —, transpartisan, dont la croyance monétaire allemande se soutient : pour autant qu’on puisse lui accorder quelque confiance, un sondage publié par Stern indique que la position d’Angela Merkel à l’Eurogroupe du 12 juillet est approuvé par 77 % des Verts, et 53 % des sympathisants de Die Linke — 53 % de Die Linke…

François Hollande, le « grand frère de Tsipras » ?

Mais le vrai mystère européen n’est pas en Allemagne — à laquelle, finalement, on ne saurait reprocher de vouloir vivre la monnaie selon l’idée qu’elle s’en fait, et d’après les traumas de son histoire. Il est dans d’autres pays, la France tout particulièrement, qui se sont appropriés la manie allemande hors de tout contexte propre, alors que rien dans leur histoire ne les vouait à épouser une telle particularité — alors que tout les vouait plutôt à ne pas l’épouser —, et sur un mode proprement idéologique, jusqu’à finir par y voir une forme désirable de rationalité économique — évidemment une « rationalité » assez spéciale, puisqu’elle est étrangère à toute discussion rationnelle —, un peu à la manière d’athées qui, non contents de s’être convertis au dogme de l’Immaculée conception, entreprendraient de s’y tenir par ce qu’ils croiraient être une décision de la raison. A ce stade, et l’on y verra un indice du degré de dinguerie de la chose, on ne peut même plus dire qu’il s’agit simplement de la « rationalité » du capital : le capital n’est pas fou au point de désirer la strangulation définitive, à laquelle lui-même ne peut pas survivre — et les forces capitalistes américaines, par exemple, assistent, interloquées, à l’autodestruction européenne. Mais ces considérations n’entrent pas dans la haute pensée des élites françaises, qui cultivent l’aveuglement des convertis de fraîche date à titre transpartisan, comme l’Allemagne la croyance de première main.

On reconnaît en effet le fin fond de la bêtise à ce que, non contente de se donner libre cours, elle se vante de ses propres accomplissements. François Hollande, précocement parti dans la chasse aux gogos, est désormais occupé à faire croire qu’il est de gauche, ou plutôt à faire oublier à quel point il est de droite. Aussi, avec un art du pointillisme qui fait plutôt penser à la peinture au rouleau, le voilà qui pense se refaire la cerise « à gauche » en « venant au secours de Tsipras ». Il n’en faut pas plus pour que l’éditorialisme de service, spécialement celui qui s’est donné pour vocation de ne jamais rien faire qui puisse contrarier la droite complexée en situation électorale, fait bruyamment chorus : « Hollande est devenu une sorte de grand frère européen de Tsipras », s’extasie Libération [8]…

S’il y avait la moindre lueur de vitalité dans le regard de Hollande, on pourrait à la rigueur le songer en Caïn comme grand frère tabasseur. Mais même pas : il n’y a rien d’autre à y voir que la combinaison de l’abrutissement idéologique le plus compact et de l’opportunisme électoral le plus crasse — non sans se souvenir qu’il n’y a de manœuvres opportunistes réussies que s’il y a des relais d’opinion suffisamment veules pour les proclamer réussies. Dans le cas présent cependant, les chefferies rédactionnelles n’ont pas fini de mouiller la chemise : c’est qu’il va falloir de l’imagination à la hauteur du lyrisme pour faire avaler comme épopée de gauche d’avoir si bien « aidé » Tsipras à se raccrocher à la corde du pendu. Quand se feront connaître les splendides résultats de l’équarrissage économique auquel Hollande, en grand frère, aura conduit Tsipras par la main, il nous sera donné une nouvelle occasion, plus fiable peut-être, d’évaluer la teneur réelle de « gauche » de cette forme toute particulière de la sollicitude social-démocrate.

Syriza (Tsipras), Podemos (Iglesias) : prendre ses pertes dès maintenant

Et ailleurs en Europe, du côté de la vraie gauche ? Les traders emportés dans une glissade de marché connaissent bien l’obstacle principal à la décision rationnelle, il est psychologique : la répugnance à « prendre ses pertes » (dans le langage de la finance, « prendre ses pertes » signifie accepter que ses actifs ne retrouveront pas leur valeur perdue, et consentir à les vendre à perte, sachant que toute attente supplémentaire les verra se déprécier davantage encore), et l’entêtement à vouloir se refaire. Après Syriza, ou disons plus justement après le Syriza de Tsipras, et avant Podemos, les gauches européennes en sont là.

Le souvenir est encore frais de l’« accueil » qu’avait reçu en janvier, en pleine montée électorale de Syriza, c’est-à-dire à un moment où l’emballement des espoirs ne veut plus connaître aucune contrariété, l’anticipation d’une rude alternative — la « table » [9] — dont on suggérait d’ailleurs que le terme le moins avantageux — « passer dessous » — était aussi le plus probable. De ce point de vue, on aimerait assez connaître l’avis que portent rétrospectivement certains sur leurs propres puissantes analyses, on pense en particulier à Michel Husson qui à l’époque n’avait pas manqué de critiquer « le syllogisme de la défaite », « l’absence totale de sens stratégique », « l’ânerie stratégique majeure de la sortie de l’euro », avec des arguments qui, en effet, nous font voir aujourd’hui que la stratégie est bien son affaire. En réalité, il faut voir tout son texte [10] comme un symptôme car, là où sur les autres sujets de ses interventions, le travail de Michel Husson est indispensable et d’une grande qualité, les questions de l’euro et de la souveraineté ont l’effet de lui mettre, mais comme à tant d’autres, l’entendement en erreur système, avec tout le compteur intellectuel qui disjoncte : l’analyse de l’idiosyncrasie allemande n’est qu’« essentialisation », la sortie de l’euro du « nationalisme », et tous les pont-aux-ânes de l’internationalisme-réflexe y passent les uns après les autres [11].

Podemos, le prochain prisonnier de la « croyance de l’euro »

On laissera à d’autres le soin de se prononcer sur les convolutions de l’esprit d’Alexis Tsipras, dont les divers mouvements, spécialement celui du référendum, ont parfois pu donner à espérer [12] que, réticent à la sortie de l’euro, il pouvait cependant être capable de briser ses propres limites, après avoir achevé de parcourir, comme par acquit de conscience, toutes les (im)possibilités de la « négociation ». Mais non.

On reconnaît la servitude volontaire, ou comme dirait Bourdieu la violence symbolique, à ceci que les dominés épousent fondamentalement la croyance des dominants, même si c’est la croyance constitutive d’un ordre qui les voue à la domination, parfois à l’écrasement.

Tsipras aura donc été incapable de s’extraire de la « croyance de l’euro », à laquelle, l’expérience maintenant le prouve irréfutablement, il aura été disposé à tout sacrifier : la souveraineté de son pays, l’état de son économie, et peut-être bien, à titre plus personnel, sa grandeur politique. Car la chose est désormais écrite, quelle que soit la suite des événements : il y a des places dans l’histoire politique auxquelles on ne peut plus prétendre après avoir à ce point renié les engagements qui ont porté tout un peuple — c’est qu’on voit mal derrière quelles indulgences on pourrait accommoder d’avoir consenti à un memorandum plus catastrophique que le précédent quand on a fait serment de rompre avec les memoranda, et pire encore de ne plus hésiter à aller chercher loin à droite des majorités de rechange pour le faire voter. Il est donc avéré que Tsipras était mentalement prisonnier de l’euro, et l’on sait désormais où conduit ce type d’enfermement volontaire. Disons les choses tout de suite, quitte à ce que ce soit avec rudesse : le Podemos d’Iglesias le rejoindra dans la même cellule.

Il y aurait beaucoup à dire sur Podemos, sur ses prémisses — justes — d’une perte d’efficacité du langage « classique », on pourrait même dire d’une certaine phraséologie de gauche, mais aussi sur les conclusions qu’il en tire, et qui le conduisent malheureusement, non pas à chercher les voies d’une nouvelle adresse, mais, le bébé filant avec l’eau du bain, à l’évacuation même de la catégorie de gauche, pour ne rien dire de celle de classe, si bien que ce qui devait n’être que (souhaitable) rectification de forme aboutit à une inquiétante déperdition de substance : ne plus vouloir parler, fût-ce dans des termes renouvelés, du capital parce que ça fait old school, pour livrer une vision du monde à base de « la caste contre le peuple », aller jusqu’à revendiquer la péremption de la catégorie de gauche, sont des partis pris fondamentaux, en l’occurrence tout à fait explicites, qu’il y a lieu de regarder avec quelques appréhensions, pour ne pas dire une légitime suspicion — dont se fait déjà l’écho, par exemple, la New Left Reviewquand elle interroge Iglesias [13].

On ne s’étendra pas non plus (il le faudrait pourtant) sur la mutation radicale de Podemos en parti pour le coup lui des plus classiques, et de son personnage principal en un leader charismatique qui, classique, ne l’est pas moins, au prix d’une trahison manifeste de l’esprit du mouvement des places, dont Podemos est pourtant issu — et qu’on n’aille pas faire porter à la présente analyse l’excès polémique typiquement gauchiste de la « trahison » : c’est Jorge Lago, membre de la direction de Podemos, qui assume lui-même le terme avec une déconcertante tranquillité d’âme [14].

Très logiquement, le réarmement de Podemos en machine électorale entièrement tendue vers la conquête du pouvoir est voué à l’abandon en cours de route de quelques principes et de quelques espérances… On en est presque à se demander s’il faudra mettre au compte de ses prévisibles « délestages » une déception (de plus) sur l’euro et l’Europe, déception qui en réalité n’a presque pas lieu d’être. Car au moins les choses sont claires dès le départ, elles feront même la différence, si c’est possible, entre Syriza et Podemos : là où Tsipras doit indiscutablement être crédité de s’être battu, Iglesias n’essaiera même pas. Il ne s’agit pas là d’anticipation mais de simple lecture : « Nous n’aimons pas la façon dont l’euro s’est construit, ni comment ont été mis en place les accords de Maastricht, mais nous pensons que l’euro est actuellement incontournable. Il faut certes améliorer la façon dont est gérée la monnaie unique, et nous pensons qu’il devrait y avoir à ce sujet un contrôle démocratique, mais nous ne sommes pas partisans de la sortie de l’euro pour notre pays. (…) Même si nous n’aimons pas la façon dont fonctionne la BCE, nous assumons d’être dans la zone euro » [15]. Comme toujours dans un propos politique, il y a le creux et il y a le plein. Le creux : nous n’aimons pas les choses comme elles sont, et d’ailleurs nous disons qu’il faut les changer ! Le plein : nous assumons d’être dans l’euro et nous pensons qu’il est incontournable. C’est-à-dire que ce qui précède n’est pas sérieux, car la réalité est que nous ne changerons rien. On ne devrait donc pas être davantage étonné qu’Iglesias « n’aime pas l’accord (de l’Eurogroupe), mais que c’était soit l’accord, soit la sortie de l’euro » [16].

On peut sans doute compter encore sur quelques bonnes volontés alter-européistes pour reprendre à leur compte l’argument répété en boucle par Podemos — qui en réalité n’en a pas d’autre : à 2 % de PIB européen, la Grèce n’avait pas sa chance, à 14 % l’Espagne a la masse pour tout faire basculer. Mais, supposé qu’on puisse lui prêter vraiment le projet de faire basculer quoi que ce soit, Iglesias ne fera rien basculer du tout. Ou plutôt il ferait basculer tout autre chose que ce qu’il croit. C’est bien en ce point d’ailleurs que se tient l’erreur presque « logique » des croyants de « l’autre euro possible ». Car s’il s’avérait que se crée effectivement un mouvement consistant de plusieurs pays rendant plausible une révision significative des principes de l’euro… c’est l’Allemagne, sans doute accompagnée de quelques satellites, qui prendrait le large. Si bien qu’au moment même où il serait sur le point d’être changé… l’euro serait détruit ! Il n’y aura pas d’« autre euro » dans son périmètre actuel — avec l’Allemagne —, car tout autre euro possible sera inadmissible pour elle, et se fera sans elle.

Ce n’est pas nous qui devons compter sur Podemos, c’est Podemos qui doit compter sur nous !

Aucun risque : Podemos ne veut rien de tout ça. On verra bien comment il s’arrange de ses propres contradictions : en finir avec l’austérité sans changer l’euro de l’austérité est une performance logique dont on peine toujours autant à discerner les voies, une de celles auxquelles les gauches européennes s’abonnent avec une désarmante compulsion de répétition. En tout cas, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Comment tout ça se terminera, la chose n’est que trop claire, elle est comme déjà écrite. Il ne faudra pas venir pleurer une fois de plus sur les normalisations douloureuses et les espérances (encore) déçues.

Voilà donc le drame actuel des gauches européennes. Du fin fond de la déveine où elles se trouvent, Syriza et Podemos leur ont été de puissantes raisons d’espérer, l’aliment d’un désir de croire à un possible renouveau au travers du continent — et comment ne pas le comprendre, avouons-le : comment ne pas avoir soi-même éprouvé la tentation de se laisser gagner par ce sentiment. Les stratégies politiques « de l’espoir », cependant, font fausse route quand elles prennent le parti de tout accorder à leurs affects et plus rien à la raison analytique si elle risque de venir les contredire. Malheureusement, et si douloureuse la chose soit-elle parfois, on gagne rarement à ne pas regarder les situations en face. Une vraie stratégie politique, reconnaissable à ce qu’elle fait aussi bien la part de la lucidité que celle de l’espoir, devrait tenir et l’indiscutable énergie politique que, pour toutes leurs failles, ces mouvements ont fait naître, et la claire conscience des impasses où ils s’engagent, et ce faisant nous engagent, lorsqu’ils refusent à ce point de poser la question de l’euro — dont il ne faut pas se lasser de répéter qu’elle est le verrou radical de notre temps.

S’il doit être autre chose qu’un nouveau motif de dépression, le naufrage de Tsipras doit être intellectuellement rentabilisé, et nous aider, pour enfin faire mouvement, à passer une bonne fois la paille de fer. C’est-à-dire, en l’occurrence, à d’ores et déjà « passer dans les comptes » les pertes Podemos telles qu’on peut raisonnablement les anticiper. Sauf si… Sauf si, au lieu de compter sur la défectuosité Podemos pour réanimer (défectueusement) les gauches européennes, on compte plutôt sur les gauches européennes pour réorienter Podemos — et pourquoi pas Syriza s’il en reste quelque chose (ce qu’on espère le plus au monde, faut-il le dire). Cette réorientation, où la gauche en Europe engage son sort en la possibilité d’échapper enfin à l’inanité, se joue entièrement sur la ligne de la rupture avec l’euro et ses institutions, une fois intégré — il est vraiment temps… – qu’un autre euro n’est pas possible.

Lucidité pour tout le monde

Il est bien certain que la désynchronisation des conjonctures politiques voue le plus probablement cette rupture à prendre les formes du retour à des monnaies nationales — dont trois décennies de fordisme (comme d’ailleurs la situation présente des quelque 180 nations qui n’ont pas l’immense bonheur d’appartenir à l’eurozone) devraient normalement convaincre tout esprit ayant résisté à la croyance européiste qu’elles ne sont pas la guerre.

La lucidité valant pour tout le monde, il serait irresponsable de présenter la sortie de l’euro comme l’entrée immédiate dans la lumière. Quand il s’agit de la Grèce, on peut, on doit même, dire les choses plus carrément encore : la (les ?) première année de cette sortie serait très éprouvante. C’est qu’après cinq années d’austérité ayant méthodiquement détruit la base économique du pays, sans même parler des effets de dislocation produits par la criminelle asphyxie monétaire pilotée par la BCE ces dernières semaines, n’importe laquelle des options de politique économique disponibles est vouée à commencer par d’immenses difficultés — et certaines de ces options, celles de la Troïka, à y demeurer. Tragique ironie du diktat du 12 juillet : là où la sortie de l’euro se serait immanquablement vu opposer son « échec » au bout de cinq mois (ou même cinq semaines…) — les politiques néolibérales, elles, ont le droit de durer cinq ans, ou même trois décennies sans qu’on n’en tire jamais le bilan —, là où, donc, la sortie de l’euro aurait été aussitôt agonie, c’est la politique d’austérité continuée qui portera la responsabilité du surplus de désastre que l’économie grecque va connaître immanquablement — et ça n’est que justice : c’est bien cette politique-là qui a fait un corps mort de l’économie d’un pays tout entier.

On répète ad nauseam que le peuple grec ne veut pas quitter l’euro et que, dans ces conditions, Tsipras a joué la seule carte qui était à sa disposition. Mais ceci est irrecevable. L’opinion grecque a déjà commencé à se déplacer sur cette question, et comme l’a fait justement remarquer Stathis Kouvelakis [17], le vrai sens du « non » au référendum du 5 juillet incluait évidemment l’acceptation d’une rupture avec l’eurozone : les partisans du « non » se sont entendu matraquer pendant une semaine que leur vote était synonyme de Grexit, et il est peu douteux que bon nombre d’entre eux aient persisté dans leur intention de vote en y incorporant pleinement cette possibilité, donc en l’assumant comme telle.

Il y a aussi, et surtout, que la politique est un corps-à-corps avec l’opinion. C’est entendre l’opinion et aussi lui parler. Parler à l’opinion, contre ses réticences premières, pour y faire « prendre » l’idée de la sortie de l’euro, de ses difficultés et bien sûr de ses perspectives, c’est ce que Tsipras, en cela cohérent avec lui-même — il n’y croyait pas et ne le voulait pas —, n’a (donc) jamais essayé de faire. Y compris lorsque la force propulsive du « non » lui en apportait la possibilité. Or il était bien des choses à dire pour entraîner l’opinion grecque là où elle commençait d’elle-même à se rendre. Les métaphores valent ce qu’elles valent et il faut se méfier de certaines qui sont parfois scabreuses, mais sans pousser trop loin l’analogie de la domination par les « tanks » et de la domination par les « banks » [18], il est une idée à laquelle l’opinion grecque, au point où elle en est arrivée, pourrait être sensible : de même qu’en cas d’occupation étrangère, les luttes de libération acceptent bien le supplément de destruction qui vient de se battre sur son sol, et qu’elles l’acceptent car il y va de la reconquête de la liberté, de même le surplus de difficulté qui accompagnerait immanquablement la sortie de l’euro est, dans l’impasse présente, le tribut de la reconstruction politique.

Lexit !

Or c’est peu dire qu’il y a à reconquérir et à reconstruire — par la gauche. La souveraineté, non comme talisman, mais comme condition de possibilité de toute politique progressiste — car répétons-le : la sortie de l’euro n’est jamais qu’une condition nécessaire, et certainement pas suffisante. On peut sortir de l’euro de bien des manières, et par bien des côtés — qui ne se valent pas du tout. Dans une sorte de syndrome d’autoréalisation inconsciente, la gauche européiste semble mettre tous ses efforts à ne laisser ouvert que le côté de la droite extrême, comme pour mieux se donner raison à elle-même et mieux pouvoir dire ensuite que la sortie de l’euro, « c’est le nationalisme ». Si c’est ça, ça n’est pas exactement un service qu’elle se rend, ni à tous ceux qui remettent leurs espoirs en elle. La vérité, c’est que depuis qu’elle a décidé de camper obstinément sur la ligne de l’« autre euro », elle ne rend plus service à grand monde. Comme les pouvoirs de l’analyse sont faibles — il n’y a pas de force intrinsèque des idées vraies, disait Bourdieu —, et que la lucidité du réalisme n’est pas le fort de cette gauche, il aura fallu en arriver aux extrémités du spectacle en vraie grandeur, celui d’une illusion fracassée, d’une impossibilité radicale désormais établie, du rôle spécifique qu’y joue un Etat-membre, enfin de tout un peuple sacrifié, il aura fallu en arriver à ces extrémités, donc, pour que quelques vacillements commencent à se faire connaître. Mais que de temps perdu…

Comme il n’est jamais très utile de pleurer sur le lait renversé, il vaut mieux oublier le temps perdu et songer plutôt à faire quelque chose du temps à venir. Même si elle ne le sait pas encore, la construction européenne est morte. On ne peut pas survivre à une telle infamie. Le destin de l’Union européenne est maintenant celui des entreprises devenues haïssables : elle n’est plus qu’en attente de son renversement. Faudra-t-il patienter de nouveau jusqu’à la ruine complète pour que la gauche européiste s’interroge sérieusement sur l’obstination qui l’aura conduite à se lier à une erreur historique de ce format, même sous la clause « alter » dont il est maintenant établi qu’elle n’altérera plus rien ? Ça n’est pas une autre version du même qu’il s’agit de penser, c’est de « l’autre » tout court, et pour de bon. Voilà à quoi devrait servir le temps à venir des gauches européennes : à lever enfin l’hypothèque de l’euro, à penser de concert ce qu’elles s’aideront mutuellement à faire : les unes soutiendront telle autre à qui sa conjoncture permettra de se mettre en marche indépendamment, et celle-ci les aidera en retour à accélérer leurs propres évolutions — solidarités concrètes dans un mouvement d’ensemble nécessairement mal synchronisé, mais où les effets d’entraînement par émulation jouent réellement, à l’inverse des grandes coordinations fantasmatiques de l’internationalisme abstrait.

Voilà ce qu’est un internationalisme bien compris, c’est-à-dire qui ne soit pas totalement confit en postures ni oublieux du réel, un internationalisme qui pourrait même, si l’on veut, trouver son compte dans le retour aux monnaies nationales, comme base d’un nouveau départ vers la reconstruction d’une monnaie, non plus unique, mais commune [19], un internationalisme auquel il faudrait quand même expliquer que, sauf à avoir complètement succombé à l’économicisme, il pourrait lui venir à l’idée de trouver ses réalisations ailleurs que dans l’ordre de la monnaie, fût-elle européenne…

Plaidant depuis sa situation à lui, celle d’un citoyen du Royaume-Uni, où l’on est confronté plus carrément à la question de l’appartenance non à l’eurozone mais à l’Union européenne elle-même, Owen Jones, dans un article du Guardian [20], lance une idée qui pourrait bien avoir un certain avenir : l’idée du Lexit (Left-Exit). Ça n’est plus tel ou tel pays qu’il faut faire sortir de l’euro : c’est la gauche elle-même.

Notes

[1] Voir sur ce sujet « Les tâches aveugles de l’“autre euro possible” », 1er juin 2015.

[2] Voir à ce sujet « Un peuple européen est-il possible ? », Le Monde diplomatique, avril 2015.

[3] François Bonnet, « L’Allemagne, le nouveau problème de l’Europe », Mediapart, 12 juillet 2015.

[4] Lire « De la domination allemande (ce qu’elle est, et ce qu’elle n’est pas) », 18 juin 2013.

[5] À cet égard il faut considérer comme un sommet de ce journalisme embedded le récit fait par Jean Quatremer de l’accord du 21 février, « Grèce vs. Eurozone : histoire secrète d’un bras de fer », Libération, 10 mars 2015.

[6] Yanis Varoufakis, « Our battle to save Greece », New Statesman, 13 juillet 2015.

[7] Voir le témoignage de Stathis Kouvelakis, « Greece, the struggle continues », entretien avec Sebastian Budgen, Jacobin, 14 juillet 2015. Lire aussi son texte, « Sortie de l’euro, une occasion historique » dans Le Monde diplomatique de juillet 2015, en kiosques.

[8] Grégoire Biseau, « François Hollande en coach politique », Libération, 10 juillet 2015.

[9] « L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser », 19 janvier 2015.

[10] Michel Husson, « Lordon, ou le syllogisme de la défaite », Alencontre, 21 janvier 2015.

[11] Comme il n’est pas possible ici de se défaire exhaustivement toutes les contrevérités ou de toutes les caricatures qui peuvent être dites sur ce sujet, je me contente de renvoyer au texte « Leçon de Grèce à l’usage d’un internationalisme imaginaire (et en vue d’un internationalisme réel) », 6 avril 2015.

[12] Moi y compris. Lire « L’euro, ou la haine de la démocratie », 29 juin 2015.

[13] Pablo Iglesias, « Spain on Edge », entretien, New Left Review, n° 93, mai-juin 2015. De cet entretien, Le Monde diplomatique a tiré un texte, publié dans le numéro de juillet 2015, en kiosques, « Podemos, “notre stratégie” ».

[14] Jorge Lago, « Après Syriza, jusqu’où ira Podemos ? », « Contre-courant », Mediapart, 1er juillet 2015.

[15] L’Obs, entretien avec Aude Lancelin, 17 juin 2015.

[16] Cité par Ludovic Lamant, « En Espagne, Podemos s’adapte à l’onde de choc grecque », Mediapart, 17 juillet 2015.

[17] Stathis Kouvelakis, art.cit.

[18] Une demi-plaisanterie qui fait fureur en Grèce en ce moment et qu’on a même vu Varoufakis reprendre à son compte : « On the Eurosummit statement on Greece, first thought », blog de Yanis Varoufakis, 14 juillet 2015.

[19] Voir La Malfaçon. Monnaie européenne et souveraineté démocratique, Les Liens qui Libèrent, 2014, chapitre 7, ou bien « Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise) », 25 mai 2013.

[20] Owen Jones, « The Left must put Britain’s EU withdrawal on the agenda », The Guardian, 14 juillet 2015.

Source : Frédéric Lordon, pour la Pompe à Phynances, blog du Monde Diplomatique, le 18 juillet 2015.

132 réponses à La gauche et l’euro : liquider, reconstruire – par Frédéric Lordon

Commentaires recommandés

sami Le 22 juillet 2015 à 01h42

Terrifiant, Lordon ! Cet article en tout cas fait grand bruit chez les sympathisants du Front de Gauche, de plus en plus gagnés par le doute, quant aux louvoiements obscurs de leur leader. Il est terriblement à charge contre Mélenchon, lui reprochant de ne pas aller au bout de la seule logique possible à gauche, et, disons-le tout net, de freiner la dynamique de la décision d’une sortie de l’Euro, incontournable. Mélenchon semble acculé. Son plan A, qui consiste à dire aux Allemands qu’une autre politique de l’Euro est possible, a fait long feu. L’affaire de la Grèce l’a démontré d’une manière éclatante. Mélenchon doit donc passer au plan B sans tarder (proposer la sortie de l’Euro), faute de quoi, au final, il sera perçu comme ne valant pas mieux que ses anciens amis de la rue de Solferino, les fameux “social traîtres”. Bref, plus d’échappatoire, après un tel article. Les Athéniens ont finit par s’atteindre, serions-nous tentés de dire ! Du Lordon impérial…

  1. sami Le 22 juillet 2015 à 01h42
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    Terrifiant, Lordon ! Cet article en tout cas fait grand bruit chez les sympathisants du Front de Gauche, de plus en plus gagnés par le doute, quant aux louvoiements obscurs de leur leader. Il est terriblement à charge contre Mélenchon, lui reprochant de ne pas aller au bout de la seule logique possible à gauche, et, disons-le tout net, de freiner la dynamique de la décision d’une sortie de l’Euro, incontournable. Mélenchon semble acculé. Son plan A, qui consiste à dire aux Allemands qu’une autre politique de l’Euro est possible, a fait long feu. L’affaire de la Grèce l’a démontré d’une manière éclatante. Mélenchon doit donc passer au plan B sans tarder (proposer la sortie de l’Euro), faute de quoi, au final, il sera perçu comme ne valant pas mieux que ses anciens amis de la rue de Solferino, les fameux “social traîtres”. Bref, plus d’échappatoire, après un tel article. Les Athéniens ont finit par s’atteindre, serions-nous tentés de dire ! Du Lordon impérial…


    • wesson Le 22 juillet 2015 à 13h03
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      “Mélenchon doit donc passer au plan B sans tarder (proposer la sortie de l’Euro)”

      Je ne suis pas certain que ce soit au final le chemin qu’il compte emprunter.

      C’est un homme intelligent, et d’une grande lucidité – au point que quand même il faut le dire, il est l’un des rares qui ont parfaitement compris la nature de la construction Européenne, et la prédominance Allemande dans celle ci. “Le Hareng de Bismark” est un livre salutaire, qu’il aurait dû écrire en 2012 lors de la campagne présidentielle.

      Son tout dernier papier sur son blog est selon moi la reconnaissance d’un échec, et peut-être effectivement une tentative de “prendre ses pertes”.

      Ainsi le plan B est évoqué sur l’Euro, ce qui implique que le constat d’échec du plan A (un autre Euro) a bien été tiré.

      Le dernier paragraphe récapitule également les espoirs d’union douchés. Il évoque même la disparition de son parti “[la] conservation [du PG] n’est certes pas une fin en soi.”

      Mélenchon aura voulu fédérer une Gauche autour d’un radicalisme nouveau et d’une échelle des valeurs qui fait passer les principes issus de la révolution Française au dessus de la croyance en une monnaie. C’est clairement un échec de ce coté là, d’autant que l’on n’est même pas certain qu’en lui-même, il ne dispose pas des mêmes barrières mentales que les autres: “pas touche à l’Euro”.

      Bref, lucide sur le constat, je l’ai senti proche de décrocher, avec cette introduction:

      “Je reviens au clavier pour saluer mes lecteurs réguliers et prendre congé d’eux, en quelque sorte. Le délai de silence dépendra des circonstances et de mon humeur, cela va de soi.”

      Je le perçoit à peu près comme le “Au Revoir” de Giscard lorsqu’il fut battu par Mitterand.


      • bardamus Le 22 juillet 2015 à 14h37
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        “C’est un homme intelligent, et d’une grande lucidité – au point que quand même il faut le dire, il est l’un des rares qui ont parfaitement compris la nature de la construction Européenne, et la prédominance Allemande dans celle ci.”

        Pour ce qui est de la prédominance Allemande il n’y a pas de quoi tirer une gloire de cette découverte qui tombe sous le sens.

        Quant au: “un des rares qui ont parfaitement compris la nature de la construction Européenne”, hélas, je ne vous suis pas du tout.

        Quelqu’un qui passé son temps à promulger l'”Europe des Travailleurs” montre au contraire qu’il n’a absolument rien compris :

        1) à ce qu’est l’Europe : ses peuples, son histoire, ses diversités politiques insurmontables
        2) à l’UE : une construction anglo saxonne prévue de longue date dont la phase finale arrive avec le TAFTA

        Chapeau Meluche !


        • Korgman Le 23 juillet 2015 à 08h37
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          Mélenchon a depuis longtemps identifié les deux points que vous évoquez.
          Sur le Tafta, c’est d’ailleurs vraiment un des tout premiers à en avoir parlé.


          • bardamus Le 23 juillet 2015 à 14h23
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            C’est sans doute pour cette raison qu’il prône pour y rester et garder l’€.

            Idem Pierre Laurent, FG, NPA …


    • lvzor Le 22 juillet 2015 à 16h17
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      Une petite citation pour ravir quelques-uns et désoler encore plus les moins clairvoyants :

      “A l’aise, impeccable orateur, avec ce qu’il faut d’ironie pour rendre plus aimable la rude logique et de chaleur du propos qui donne belle vie à tout cela, Mélenchon décrivait une bataille en train de se livrer, qui nous parut aussitôt absolument, complètement fantasmagorique, – c’est-à-dire sans rapport essentiel aucun avec la “vérité de situation”. Il décrivait Hollande défenseur-de-Tsipras faisant bien plus que résister à Merkel, il conseillait à Merkel de se calmer, il laissait penser in fine que l’on était en train de sauver “l’Europe”, voire même de redessiner la susdite selon des normes plus humaines, plus sociales, selon aussi un plus grand respect des valeurs principielles comme la souveraineté des peuples (nous dirions “des nations”, mais nous nous comprenons). Bref, Mélenchon, qui est contre toute sortie de l’euro car c’est le point central…”

      link to dedefensa.org


      • wesson Le 22 juillet 2015 à 20h03
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        Mouais Dedefensa qui nous fait un papier de 3Km dans son plus pur style ampoulé pour dire que Mélenchon s’est refusé à la curée contre Tsipras, et que donc par extension, il faut également se jeter sur Méluche.

        Non, je ne serai toujours pas du caillassage, ni de l’un, ni de l’autre.

        Mélenchon, Tsipras, Varoufakis ont cru qu’ils auraient en face d’eux des acteurs rationnels, c’est à dire des personnes à la recherche d’un compromis qui soit acceptable par tous et qui règle les problèmes de fond. Désolé de le dire tel que je le pense: c’était une hypothèse raisonnable.

        Et pour s’apercevoir que en face ce n’était effectivement qu’une bande de tarés, il fallait pour cela d’une part arriver au pouvoir, et d’autre part avoir à discuter avec ces types là.

        Varoufakis à qui as échu ce boulot de première ligne as effectivement pu prendre la mesure de la chose, et en a tiré la seule conclusion qui vaut: Il faut se barrer de cet asile tant qu’il en est encore temps, et quel qu’en soit le prix.

        Mais Tsipras qui en fait a peu négocié directement ne semble pas l’avoir encore compris.

        Quand à Melenchon, il n’est pas au pouvoir.

        La véritable grandeur d’un homme politique, c’est d’être capable de dépasser son propre logiciel, d’aller au delà de ses propres références, d’admettre ses erreurs lorsqu’elles s’avèrent et de changer de cap lorsque cela est nécessaire.

        Varoufakis semble avoir cette grandeur là, à l’inverse de Tsipras.
        Et selon moi, Mélenchon possède également cette qualité, qui l’as amené à quitter le PS.

        Nous verrons si à la rentrée on l’entendra encore – et là je pense avec de nouvelles idées – , ou si il restera en vacances très très longues


        • Jusdorange Le 24 juillet 2015 à 02h29
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          A Wesson:

          Je vous cite :
          “Mélenchon, Tsipras, Varoufakis ont cru qu’ils auraient en face d’eux des acteurs rationnels, c’est à dire des personnes à la recherche d’un compromis qui soit acceptable par tous et qui règle les problèmes de fond. Désolé de le dire tel que je le pense: c’était une hypothèse raisonnable.

          Et pour s’apercevoir que en face ce n’était effectivement qu’une bande de tarés, il fallait pour cela d’une part arriver au pouvoir, et d’autre part avoir à discuter avec ces types là.”

          Une bande de tarés selon vous et Tsipras, mais pas selon le peuple allemand qui les a élus.
          La logique des FDG et Syriza et leurs soutiens m’échappe. Lorsque Tsipras obtient un accord en contradiction avec son mandat on parle de déni de démocratie. A raison.

          Mais imaginons que le rapport fut inversé. Imaginons que les Allemands aient perdus les négociations. C’est-à-dire si les hypothèses de Syriza et de Mélenchon s’étaient avérées correctes. Alors c’est Merkel qui se serait retrouvé avec un accord en contradiction avec son mandat. Donc il y aurait eu de même un déni de démocratie, mais en Allemagne et non en Grèce. Aurait-on entendu les mêmes arguments ? Seriez-vous prêts à défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes y compris pour les Allemands ?

          Si vous jugez les hypothèses de Syriza “raisonnable” , la réponse est non. Le but de Syriza et du FDG est d’installer un rapport de force suffisant pour modifier la politique économique de l’UEM. Pour ça il faut faire plier certains pays dont l’Allemagne. Problème : Merkel a été élue et est soutenue par les Allemands, plus particulièrement encore sur sa politique européenne. Les Allemands ne veulent pas de transferts vers les pays du sud. Vous voulez les forcer ?

          Si oui alors dites- moi ce qui vous différencie de ceux qui soutiennent la mise sous tutelle de la Grèce en terme de respect des principes démocratiques ?

          Le problème de l’euro n’est pas “la bande de tarés”.
          Le problème de l’euro n’est pas un problème de personnes, c’est un problème de structures.
          Vous pouvez me mettre le plus conciliant des chanceliers en Allemagne, et le plus dur des premiers ministres en Grèce, ceux-là ne changeront pas le fait que dans leur grande majorité les Grecs ne veulent pas être gouvernés par des puissances étrangères, et les Allemands ne veulent pas débourser pour un pays dont ils ne contrôlent pas la politique budgétaire.
          Et les deux arguments me semblent raisonnables.
          Ou alors je n’y comprends rien.

          Et pourquoi les Grecs et les Allemands pensent comme cela ? Parce qu’ils n’ont pas le sentiment d’appartenir au même peuple. L’UE est par nature antidémocratique. Les personnalités politiques n’y changeront rien, sauf ceux qui proposent d’en sortir.


          • Sami Le 24 juillet 2015 à 10h51
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            CQFD !
            L’UE telle qu’elle est, est un système bugé, comme on dit. Un “machin” incompatible avec lui-même. Or, que fait-on, dans ce genre de situation ? On réinitialise. C’est à dire qu’on revient à l’étape initiale (avant l’apparition de ce qui cause in fine, le bug) : l’étape “Nations souveraines”. Ensuite, personne n’empêche ces nations de trouver d’autres modus operandi pour être plus efficaces plus ou moins ensemble, et tout et tout… Un peu d’imagination, de raison, de démocratie, et tout le monde, Allemagne comme Grèce, trouvera son (bon) compte.


    • cata Le 22 juillet 2015 à 18h57
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      Avez-vous essayé de passer un message sur le blog de mélenchon. J’ai essayé de recommender le blog de lordon et de greekcrisis, il es vrai en citant un passage du dernier article:
      “Un autocollant issu du Parti de Gauche français aperçu dans une rue d’Athènes, s’agite toujours dans le vide: “Si la Grèce était une banque, elle serait sauvée”. Pauvres gens. Si la Gauche n’était pas européiste, elle serait certainement sauvée ! Trop tard”
      4 fois à différentes heures … le message n’est jamais passé.
      Ça ne donne pas envie de voter mélenchon


      • wesson Le 23 juillet 2015 à 23h33
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        N’essayez même pas, effectivement je confirme que c’est assez bouché à ce niveau là.
        Sur la liberté d’expression, Mélenchon est clair là dessus: il est contre ! Il a un argumentaire pour le justifier qui est à mon sens tout à fait recevable mais au final, il est contre.
        C’est donc en toute logique que les réactions sous son blog sont passibles de censures.

        Mais ce n’est pas sur ce seul aspect des chose que je vais juger l’ensemble politique que représente Mélenchon. Si l’offre qu’il représente me convient, dois-je la laisser passer au prétexte que son équipe n’est pas gentille avec moi ? Ce n’est pas sérieux !


    • Crapaud Rouge Le 22 juillet 2015 à 21h54
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      Il est terriblement à charge contre Mélenchon, lui reprochant de ne pas aller au bout de la seule logique possible à gauche, et, disons-le tout net, de freiner la dynamique de la décision d’une sortie de l’Euro, incontournable” : effectivement, car le “tribun” accapare les micros et ne produit que du vent. Je suis sidéré par ses billets de 4000 mots, (je les ai comptés !), où il est question de tout et de rien, mais surtout pas de sortir de l’euro. Lui non plus n’a rien compris à l’économie.


      • TC Le 23 juillet 2015 à 08h41
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        A ce stade, j’en suis arrivée à penser que Mélenchon est un attrape-nigauds. Je l’écoutais au micro d’un journaliste d’Info Libre après la capitulation de Tsipras. Il disait que la Grèce avec 2% du PIB ne représente rien au niveau européen mais que la France, avec ses 20% a plus de poids et que dans les négociations, cela pèsera s’il arrive au pouvoir (on a vu avec Hollande ce que les 20% ont valu avec le TSCG qui devait être lui aussi “renégocier”).

        Dommage que le journaliste n’ait pas eu l’idée de lui répondre que même avec 30 ou 40% du PIB européen, un pays reste toujours minoritaire face à tous les autres unis.


  2. Jay SWD Le 22 juillet 2015 à 02h22
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    Brillant,une fois de plus avec Lordon..
    Certes il habille Tsipras pour quelques hivers(et Iglesias-Podemos par anticipation..),mais il reste un bénéfice capital dans l’action Tsipras:Avoir montré au Monde entier la nature REELLE du Moloch UE..

    Par contre,et pour abonder dans son sens,il flotte dans l’air un je ne sais quoi de Juin-Juillet-Aout 89,où l’on sent que la chose est bancale,mais où l’on a du mal à définir précisément ce qui va en advenir,mème si l’on sent confusément que ça penche du coté où ça va tomber….La monstruosité supra nationale et anti-démocratique en question s’effondra en moins d’un an…
    d’où le coup partira-t-il cette fois??


    • Jay SWD Le 22 juillet 2015 à 02h44
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      Bon,va falloir revoir la copie concernant Tsipras…..
      en gros il a:
      -Viré sa cutie
      -avalé sa trompette
      -Bouffé la grenouille.

      Rayer la mention inutile! ! !

      link to agoravox.fr


      • anne jordan Le 22 juillet 2015 à 09h42
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        avec , aujourd’hui – si je suis bien informée – la décision concernant l’expulsion des propriétaires insolvables de leur résidence principale qui tomberait dans l’escarcelle… des banques !


  3. GaM Le 22 juillet 2015 à 02h23
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    Oui, bien d’accord : Cette Europe n’est pas possible, il faut tout faire pour la détruire, et ce travail ne peut être -bien- fait que par la gauche.


  4. Jacko Le 22 juillet 2015 à 03h15
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    En réaction à cet article, totalement d’accord avec l’ultime phrase : “Ça n’est plus tel ou tel pays qu’il faut faire sortir de l’euro : c’est la gauche elle-même”.

    “(Entre parenthèse, certains diront que le terme de “gauche” ne veut plus rien dire, OK, ça se comprend, donc disons que ce que l’on entend par “gauche” est ce qui peut bénéficier au plus grand nombre, avec de fortes composantes sociales, de partage, de redistribution, d’accès du plus grand nombre à la santé, à l’éducation, etc…)”

    Oui mais comment faire sortir la “gauche” de l’euro ???
    Désolé mais actuellement je ne vois pas, en Europe comme en France d’ailleurs.
    Après la désillusion Tsipras viendra celle de Podemos à n’en pas douter, pour bien saper tout espoir.
    Qu’il y a-t-il de pire que de sentir trahi par qqn que vous pensiez être de votre famille, de qui vous vous sentiez proche, que vous aimiez ou admiriez, en qui vous portiez vos espoirs ?
    A mon avis, il n’y a rien de pire et l’on met quelque temps à s’en remettre, si l’on n’a pas “pêté un plomb” entre deux…

    Le piège s’est refermé et en France par exemple je ne vois aucun parti politique de “gauche” (comme de “droite” d’ailleurs) avoir aun minimum un discours honnête sur la situation actuelle.

    Ils semblent tous pris au piège des 3 partis majoritaires (Rep, PS, FN) et n’avoir aucune conviction propre.
    C’est désespérant…


    • anne jordan Le 22 juillet 2015 à 09h43
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      ” gardez moi de mes amis , mes ennemis , je m’en charge ! ” a dit je ne sais plus qui !


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 21h23
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      Peut être qu’il ne s’agit plus simplement de voter mais de militer maintenant.
      Trouvez un parti de gauche anti-euro (il en existe, plutôt petits) ou fondez un nouveau parti (un de plus)
      Ah non c’est vrai qu’il reste la solution de changer un parti de gauche de l’intérieur
      (N’ayez pas peur de la mise en abîme c’est une plaisanterie bien sur)
      Il y a à peine plus de chances de changer un parti de intérieur que chances de changer l’euro.


  5. Jacko Le 22 juillet 2015 à 03h27
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    En réaction à cet article, totalement d’accord avec l’ultime phrase : “Ça n’est plus tel ou tel pays qu’il faut faire sortir de l’euro : c’est la gauche elle-même”.

    “(Entre parenthèse, certains diront que le terme de “gauche” ne veut plus rien dire, OK, ça se comprend, donc disons que ce que l’on entend par “gauche” est ce qui peut bénéficier au plus grand nombre, avec de fortes composantes sociales, de partage, de redistribution, d’accès du plus grand nombre à la santé, à l’éducation, etc…)”

    Oui mais comment faire sortir la “gauche” de l’euro ???
    Désolé mais actuellement je ne vois pas, en Europe comme en France d’ailleurs.
    Après la désillusion Tsipras viendra celle de Podemos à n’en pas douter, pour bien saper tout espoir.
    Qu’il y a-t-il de pire que de sentir trahi par qqn que vous pensiez être de votre famille, de qui vous vous sentiez proche, que vous aimiez ou admiriez, en qui vous portiez vos espoirs ?
    A mon avis, il n’y a rien de pire et l’on met quelque temps à s’en remettre, si l’on n’a pas “pêté un plomb” entre deux…

    Le piège s’est refermé et en France par exemple je ne vois aucun parti politique de “gauche” (comme de “droite” d’ailleurs) avoir aun minimum un discours honnête sur la situation actuelle.

    Ils semblent tous pris au piège des 3 partis majoritaires (Rep, PS, FN) et n’avoir aucune conviction propre.
    C’est désespérant…


  6. QUENTIN Le 22 juillet 2015 à 03h36
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    parler de droite et de gauche c’est retomber éternellement dans les même impasses. croire qu’il existe une vraie gauche et une vraie droite est une utopie. certains croient en un paradis, d’autres en la politique…


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 21h31
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      Certes tous les partis sont bâtis sur des malentendus (et ça “marche”) mais vous confondez il me semble deux choses. La droite la gauche ok c’est une segmentation artificielle de la société qui en cache d’autres.
      Par contre vous pouvez faire de la politique à chaque instant de votre vie par chaque acte que vous posez. Et vous le faites d’ailleurs comme certains font de la prose..
      Si vous ne croyez pas “en la politique” vous en faites. Juste de manière un peu incohérente. Vous vivez bien dans la cité au milieux de vos semblables pas tout seul sur la montagne en autarcie non?


  7. K Le 22 juillet 2015 à 05h05
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    Malheureusement, la gauche n’est pas en mesure de réaliser ce sursaut. Les forces en présence ne le permettent pas. Il suffit de regarder l’état de la gauche (PS inclus) :

    – Le PS est l’architecte de l’UE et de l’euro. Les architectes politiques ne sont pas naturellement portés vers l’autocritique. Et sûrement pas au point de faire sauter leur propre oeuvre. 
    De plus, “avec l’Europe, les socialistes ont créé les conditions d’impossibilité de leur propre politique”, pour reprendre les mots de Jean Bricmont (cf les-crises du 30 décembre 2014). La construction européenne est justement le prétexte à leur reniement. Les socialistes ne veulent donc pas voir leur prétexte s’envoler, sans quoi ils seraient obligés d’assumer leur politique.

    – Le front de gauche est l’union d’un des partis les plus eurosceptiques (le parti de gauche) avec l’un des partis les plus europhiles (le PC, cf les déclarations de Pierre Laurent affirmant que le non grec au référendum signifiait une demande de plus d’Europe de la part du peuple grec). Le parti de gauche essaye de ménager la sensibilité de son allié communiste (lui-même plus inquiet pour ses alliances électorales locales avec le PS que par le sort de la classe qu’il est censé défendre). Ce grand écart européen rend le front de gauche inaudible.
    C’est d’ailleurs saisissant de voir que le PC est constamment à contretemps de l’Histoire :
    – Dans les années 70, le PC était hostile à la construction européenne alors que l’idée était pourtant  à la mode.
    -Depuis 20 ans, le PC est acquis à l’idée européenne alors que l’UE est de plus en plus détestée.
    -En général, le PC élit à sa tête le moins charismatique et le moins visionnaire de ses adhérents (Rober Hue, Pierre Laurent, etc)

    Quant aux Verts, c’est un parti européen dans ses gènes. Les Verts français rêvent d’être allemands (succès électoraux, pouvoir parlementaire, coalitions), mais le destin en a décidé autrement. Ce ne sont pas les heritiés de Cohn Bendit qui vont tuer cette machine infernale.


    • Wilmotte Karim Le 22 juillet 2015 à 06h55
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      Dans le cadre Lordonien, le PS n’est PAS de gauche (voir ses papiers sur la question sur son blog sur le site du Monde Diplomatique).

      Par ailleurs, dire que ce n’est pas aujourd’hui possible sous un titre tel que “La gauche et l’euro : liquider, reconstruire”… Ben oui, il faut liquider et reconstruire!

      Quentin, juste au dessus dit “certains croient en un paradis, d’autres en la politique…”
      Et si ce sont ceux qui croient à des positions de gauche exclusivement via les partis politiques et avec une vision immuable qui “croient” en un “paradis” “politique” centré sur les partis?

      ” C’est autour de ce clivage que l’on verra se réunir la véritable gauche, celle qui entend rompre avec les logiques des politiques d’austérité et donc de l’Euro et ceux qui s’enfoncerons toujours plus dans une logique de soumission conduisant à l’acceptation totale de ces logiques austéritaires.”
      Jacques Sapir, link to russeurope.hypotheses.org

      Pour savoir ce qu’est la Gauche et la Droite, on lira “Droite et gauche” de Noberto Bobbio (qui fut résistant, philosophe et sénateur de droit italien).


    • BEYER Michel Le 22 juillet 2015 à 09h16
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      Je le dis tranquillement, je suis membre du PCF depuis 1962. Je me considère comme étant de Gauche. Toute ma vie de militant je me suis affirmé comme tel. J’ai certainement fait de nombreuses erreurs. Je continue à en faire en restant membre du PCF. A mon âge c’est trop tard pour me refaire. Il y a des luttes auxquelles j’ai participé dont je suis fier. Il me reste encore un peu d’espoir de voir mon Parti évoluer.
      Mais, ce dont il s’agit actuellement, ce n’est pas un problème de Gauche. C’est un problème de rassemblement de ceux qui souhaitent le retour de la Souveraineté Nationale. Il est évident que ce rassemblement ne peut se contenir dans la limite de la Gauche. Des frontières doivent être franchies. Jacques Sapir a souvent posé cette question. Frederic Lordon dans cet article “LIQUIDER RECONSTRUIRE” remet le couvert.
      Avec qui doit-on reconstruire notre Souveraineté? Je crois que c’est une question fondamentale.
      La “croyance de l’Euro” est un obstacle majeur….Pas seulement. Nous devons vaincre aussi la “croyance du catastrophisme annoncé” en cas de sortie de l’Euro. On n’espère rien de l’Euro, mais on ne peut plus en sortir sinon….Bien sûr, à droite, cet argument est de bonne guerre. Mais on l’entend et on le lit aussi de personnes conscientes du rôle néfaste de l’Euro.


      • Rose-Msarie Mukarutabana Le 22 juillet 2015 à 10h12
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        On voit bien, dans cette affaire, que chaque pays européen trouve naturel que l’Allemagne (ou dans d’autres cas, l’Amérique) décide à sa place, meme si la décision va à son encontre. On a tendance à y voir le poid de quelque idéologie, mais j’en doute. J’y vois plutot l’abandon de la notion meme de souveraineté nationale. Le suivisme est alors la seule politique possible, et avec lui la soumission, devenue dans le cas de figure si absolue et si dénuée de réflexion que l’on laisse des Tusk ou autres fonctionnaires décider du sort des nations européennes.
        Cette attitude de passivité et de suivisme est incompréhensible. On dirait que quelque ressort s’est brise… que les pays europeens n’ont plus de colonne vertébrale – sauf l’Allemagne, mais ne s’affaisse-t-elle à son tour pas devant l’Amérique?
        Le seul projet qui ait du sens est donc ce “rassemblement de ceux qui souhaitent le retour de la Souveraineté Nationale.”


        • willybear Le 23 juillet 2015 à 09h22
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          Tout a fait Rose Msarie (avec un s, curieux..),

          et pour vivre en Allemagne depuis 4 ans maintenant, je peux vous dire que tous les allemands ne sont pas dupes malgré le martèlement des “Bild” et autres “Frankfurter” au sujet du risque de perdre leurs petites économies.
          La souveraineté de l´Allemagne est ici un sujet récurrent et de plus en plus sensible au vu des divers scandales et revers de décisions au sommet de l´état, liés a la soumission a peine voilée au pays occupant, c´est a dire les états unis d´amerique dont 50000 soldats occupent encore leurs bases sur le sol allemand, après plus de 70 ans que la dernière guerre mondiale soit terminée.
          La perte de souveraineté est une des clés de cette catastrophique guignolade qui lamine les pays d´Europe au seul profit des USA et de la ploutocratie dans leur sillage.
          La solution viendra, peut être, de son rétablissement, fusse t elle dans un élan d´union commune de divers pays de cette Europe encore possible, ou non.
          Mais ni gauche droite centre, ou quelque autre situationnisme inutile, n´y pourront rien; si ce changement peut se faire, ce n´est que comme un enfantement a l´ancienne, dans la douleur.


  8. pucciarelli Le 22 juillet 2015 à 06h20
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    Bonjour. Cet excellent papier de M. Lordon peut interpeller sur un point: qu’est-ce donc que “les gauches européennes”? Se situer dans l’Euro est en faire un horizon indépassable, n’est-ce pas s’inscrire dans l’idéologie droitière qui a prévalu à la naissance de la “monnaie unique”‘? Que les militants de base, plus ou moins intoxiqués par le battage de la “grande presse” aient du mal à analyser le problème, pourquoi pas, mais les dirigeants eux ont en principe les moyens et le devoir de réfléchir. J’avancerai donc que l’on peut qualifier l’essentiel des leaders de ces gauches réformistes d’hommes et de femmes de droite, sinon en paroles, du moins en actes, ce qui est bien l’essentiel. M. Tsipras en bon réformiste est à présent un social démocrate embourbé dans son reniement. Nul besoin d’aller en Grèce pour rencontrer ses clones. En France même, ou en Allemagne (et ailleurs), l’espèce s’est multipliée. Il est donc loisible de voir dans ce panorama politique européen le triomphe de l’idéologie néolibérale, et la quasi disparition d’une véritable idée de gauche, et avec elle, de véritables forces politiques “de gauche”, à savoir vouées à l’intérêt général et non au maintien tragique de cette féodale construction euro-européenne. La solution se trouvera sans doute dans la rencontre organisée des victimes conscientes du désastre en cours, de quelque appartenance politique qu’ils soient. Des choses bougent en France. Je préfère pour ma part le discours carré d’un Asselineau aux bêlements droitdelhommiste et faussement universaliste de cette gauche bobo, fût-elle minoritaire, qui est le faux nez de l’establishment. L’impasse pour l’heure apparaît totale. C’est donc que les conditions existent pour une explosion sociale brutale et imprévue. Hélas.


    • bardamus Le 23 juillet 2015 à 15h03
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      Très bien

      Toute personne anti-néo liberale est forcement de gauche puisque le néo libéralisme est la fin des acquis sociaux, de l’emploi, d’une économie saine (ou à peu près).

      Inversement toute personne se prétendant de gauche est (doit être) anti-néo libérale et donc anti UE/€/OTAN puisque ce trio diabolique represente le (est le bastion) du néo libéralisme par excellence.

      Ce critère est désormais infaillible pour déterminer tout parti politique leurre et suppôt du système .


  9. DUGUESCLIN Le 22 juillet 2015 à 06h31
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    Toujours le même piège. Se sentir d’un camp contre l’autre donne du pouvoir à ceux qui dominent le monde, ou qui le voudraient. Définir la gauche ou la droite devient de plus en plus difficile. Il y a des gauches et des droites. Certains de gauche sont plus à droite que la droite et de droite plus à gauche que la gauche. Mais qu’importe, chacun a tendance a donné raison à son camp contre l’autre. Comme les supporters d’une équipe de foot qui se battent contre les supporters de l’autre équipe à la sortie du match. En oubliant que les joueurs peuvent être vendus ou rachetés par l’autre club. Le héros d’hier devient l’ennemi d’aujourd’hui. Pendant ce temps là le foot n’en sort pas grandi et ceux qui en font industrie s’enrichissent.
    Il est temps de savoir ce qu’on le veut défendre.
    Pour le moment c’est la haute finance internationale apatride qui entretient les clivages et les divisions. Europe atlantiste contre Europe non alignée.
    Malheureusement, on a beau identifier l’ennemi et se mettre d’accord au lieu de le combattre on continue des luttes intestines qui nous affaiblissent. Au lieu de s’unir derrière des idées on continue à combattre l’autre camp qualifié de gauche ou de droite. Les mots magiques gauche droite se suffisent à eux-mêmes pour que l’interlocuteur avec lequel on était d’accord devienne subitement un ennemi s’il affiche son camp.
    Dans l’état actuel des choses ceux qui se réclament d’un camp ou d’un autre sont soumis à la religion Euro. On se demande pourquoi ils se battent entre eux puisqu’ils ont le même dieu.
    La vraie opposition, celle qui réfléchit, est issu de tous les bords. Ceux qui sont d’accord pour en finir avec notre mise en esclavage, doivent s’allier et ne pas se faire de croc en jambe sous prétexte qu’ils sont “soupçonnés” de droitisme ou de gauchisme. Ce combat est de plus en plus désuet.
    Nos soucis dépassent largement ces clivages désastreux et il est temps d’en prendre conscience.


  10. atanguy Le 22 juillet 2015 à 06h42
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    Il y a toujours beaucoup d’illusions sur l’euro,qui dans l’esprit de beaucoup gens – Grecs,Espagnols,Français etc..- Pour qui l’euro représente, qu’on le veuille ou non, un symbole d’union européenne. C’est ainsi que je comprend la position de Tsipras. L’euro pour moi est une monnaie qui pourrait être gardée dans le contexte d’un changement radical de la création de monnaie imposée aux pays de l’union par le traité de Lisbonne.
    il faut que la monnaie soit créée par une banque centrale pas par des banques commerciales(BNP,CA,SG) qui créaient la monnaie par le crédit: Supprimer l’article 123 du traité de Lisbonne qui interdit aux banques centrales d’émettre de la monnaie pour subvenir aux besoins des états. Ceci résulte par des taux d’intérêt sur les emprunts aux seuls avantages des banques.
    Ainsi l’état français a emprunté 1.400 milliard d’euros aux banques privées depuis 1973 – Somme remarquable – car ceci correspond a la dette publique française actuelle. En clair,ce qui fait grossir la dette ce sont les intérêts de cette même dette. En plus de la dette de l’état,il y a la dette des entreprises: 7.000 milliard d’euros. Le système alimente donc la dette par les seuls intérêts qui lui sont liés. La solution évidente: supprimer la création monétaire par les banques commerciales et la remplacer par la création monétaire des seules banques centrales avec une supervision économique pour contrôler l’inflation.
    link to youtube.com


    • atanguy Le 22 juillet 2015 à 08h50
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      François Hollande et l’article 123 du Traité de Lisbonne…

      Cette vidéo date de 2011 et reste bien sur d’actualité puisqu’il a été élu:
      link to youtube.com


    • P. Peterovich Le 22 juillet 2015 à 08h59
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      il faut que la monnaie soit créée par une banque centrale pas par des banques commerciales(BNP,CA,SG) qui créaient la monnaie par le crédit: Supprimer l’article 123 du traité de Lisbonne qui interdit aux banques centrales d’émettre de la monnaie pour subvenir aux besoins des états. Ceci résulte par des taux d’intérêt sur les emprunts aux seuls avantages des banques

      Oui, mais comme le dit Lordon, ce genre de choses ne peuvent pas être acceptées en Allemagne.

      Le roman national allemand, construit à coup d’images de tombereaux de papier monnaie, s’oppose à toute souplesse monétaire. Une union monétaire avec l’Allemagne est à l’allemande ou elle n’est pas…


      • Krystyna Hawrot Le 22 juillet 2015 à 12h42
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        Je suis un peu dubitative sur cette interprétation du “roman national allemand”, y compris dans le texte de Lordon. J’ai 44 ans, j’ai vécu en Allemagne dans les années 80 j’ai assisté de près à l’Anschluss versus réunification, j’ai assisté en tant que Polonaise en première ligne à la déconstruction de mon pays et la main mise par la nouvelle Allemagne sur celui ci.

        D'”après ce que je sais, globalement les Allemands ne se souviennent pas de 1923 et des “tombereaux de papiers”. Pour moi cela est une invention médiatique, ce “traumatisme”, qui date des années 60 quand il fallait justifier la nouvelle politique expansionniste de l’Allemagne de l’Ouest, anti-communiste et déniant à la RDA sont droit d’exister.

        Pour l’Allemand moyen surtout de l’ouest, le drame du roman national n’est pas 1923, mais la honte et l’interrogation d’avoir généré l”hitlérisme, la Shoah, die Vernichtung, la Destruction comme ils disent (et en Pologne nous employons aussi ce mot polonais Zaglada), et bien sur le drame de la division en Est et Ouest.
        Le drame de la division continue, puisque les Allemands de l’Est ont beaucoup perdu avec la réunification – chômage très élevé, destruction de leur patrimoine industriel, des infrastructures sociales, humiliation dans les discours comme quoi les Allemands de l’est sont feignants car homo sovieticus.. (cele ne vous rappelle rien, ce discours? Cela fait 25 ans qu’on le répète sur tous les tons aux Allemands de l’Est, les Ossis)

        La division existe en réalité – les salaires sont plus bas à l’Est qu’à l’ouest et dans les têtes. Il faut lire les blogs indépendants allemands et les discussions sur l’excellent Vineyard Saker allemand – beaucoup de gens remettent en cause l’Anschluss de l’est, y voient une conséquence destructrice de la politique impériale de la bourgeoisie de l’Ouest et exigent qu’on revoie juridiquement si la réunification n’a pas été illégale car il n’y a pas eu de référendum!
        La Crimée à donné des idées aux Allemands de l’Est!

        C’est cela le “roman national” allemand. Et pas la monnaie.

        Je pense que la bourgeoisie allemande se sert de cette pseudo-obsession comme d’un pretexte pour enfin parachever son oeuvre commencé au 19 siècle et non achevée – la domination absolue du continent européen, via une sorte de Lebensraum économique et culturel. Allez en Croatie vous verrez ce qu’est une domination culturelle absolue par l’Allemagne – en Croatie il n’y a que des banques, des magasins et des produits allemands. C’est l’Allemagne sur les bord de l’Adriatique.

        Et je pourrais donner de nombreux exemples: que la subsidiarité est une invention diabolique des ordo libéraux nationaux chrétiens ouest allemands et a été imposée à tout le monde pour détruire les structures étatiques, que l’Allemagne via les fondations impose et propage son idée européenne (Europe des régions et des banques) pour faire la même chose, détruire les Etats de l’intérieur… que la promotion perpétuelle de la religion et des Eglises et l’hostilité allemande à la laîcité à la française sert à ça aussi.

        Dans tous les pays de l’Est l’Allemagne propage et impose concordats, modèle allemand en matière de religion, enseignement des religions dans les écoles. Alors que les pays de l’Est avaient un modèle soviétique en la matière et les élites des années 80 auraient préféré réformer le modèle soviétique vers un modèle français. J’ai écris de nombreux articles à ce sujet en ce qui concerne la Pologne.

        Pour cela je vous recommande la lecture du Saker allemand et 2 livres.
        link to vineyardsaker.de
        link to pur-editions.fr
        link to editionsladecouverte.fr


        • Wilmotte Karim Le 22 juillet 2015 à 18h48
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          “Pour moi cela est une invention médiatique”
          Je ne pense pas que Lordon constate autre chose que l’efficacité de la propagande.


        • lon Le 22 juillet 2015 à 21h22
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          Merci de votre excellente contribution .


      • atanguy Le 22 juillet 2015 à 21h24
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        @ Peterovich
        Je pense que vous n’avez pas compris que l’article 123 du traite de Lisbonne s’applique aussi a l’Allemagne. Autrement comment expliquer que “Ce premier de la classe” selon les néolibéraux continue a avoir une dette de 78,4% de son PIB (2013)?


  11. Max Le 22 juillet 2015 à 06h55
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    Dire que c’est la gauche, rien que la gauche, que la gauche, qui peut, qui doit faire ce travail de tricotage de l’€ me parait présomptueux.
    Cela dit, doit-on détricoter la zone € ?
    La zone € permet de payer en €, a l’exportation sa disparition obligerait à payer en $, y compris vraisemblablement pour l’Allemagne.
    Le retour aux monnaies nationales dans ce qui serai l’ancienne zone € entrainerai des dévaluations compétitives entre anciens membres.
    Mais, il devient de plus en plus urgent soit de dissoudre d’un commun accord la zone €, soit d’aller vers plus d’abandons de souverainetés et dans ce dernier cas, cela se fera autour de l’Allemagne et certains pays ne tiendront pas le choc, la France en fera peut être partie.


    • couci couça Le 22 juillet 2015 à 09h38
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      Oui, mais on peut supposer que l’on établirait un protectionnisme de base contre les marchandises fabriquées à bas coût partout qui ont liquidées nos entreprises .
      Car sans production notre pays ne peut se retrouver qu’en déficit (balance commerciale négative et donc endettement obligatoire) .
      Que l’on importe le nécessaire que l’on ne peut plus produire : matières premières , électronique , informatiques avancées , et autres d’accord .
      Mais que l’on importe de la viande , du lait , le petit électroménager , etc c’est absurde .
      Le tertiaire ne peut compenser les productions primaires , et secondaires en grande difficulté , ce qui est dangereux pour notre société (troubles sociaux , insurrections , chômage de masse etc …).
      Le moloch c’est cette financiarisation à outrance , cette pléthore de négociants , intermédiaires qui se greffent comme des parasites sur les circuits productifs de notre pays et de ses travailleurs .
      Le prix de la viande , par exemple , de mémoire : vendue une misère (70 centimes le kg,) par le producteur, reprise par des intermédiaires vendue à 2 € le kg , puis passée à l’abattoir 4 € le kg et enfin en grande distribution 8 € le kg , avec mise en concurrence de la production du monde entier sans contrôle de qualité …
      La RDA avait besoin de notre agriculture : avec la réunification , ouverture à l’est et utilisation des mains d’oeuvre des pays voisins ,elle est devenue exportatrice .
      Je comprends l’exaspération des producteurs qui se tapent le gros boulot et en retirent des nèfles .
      Même s’il y a des choses à redire (productivisme que l’on a encouragé), mais sans trésorerie faute de rentabilité basique comment peuvent ils s’en sortir , ne pas craindre la liquidation en masse de leurs exploitations et ne pas désespérer ?.


      • TuYolPol Le 22 juillet 2015 à 13h43
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        Le problème est un peu thermodynamique : la dérégulation / globalisation aboutit à déplacer les produits de l’économie réelle d’un continent à l’autre, à une échelle jamais atteinte. Il en résulte une surchauffe, une prise de pouvoir des acteurs transcontinentaux, une perte totale de contrôle démocratique (le feedback démocratique est corrélée avec l’échelle de l’économie).
        La planète Terre bout. L’homme est cuit. Les fous du fric dominent.


      • couci couça Le 23 juillet 2015 à 15h02
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        Je rectifie une coquille : je parlais naturellement de la RFA industrialisée mais non autosuffisante sur le point alimentaire , ce qui expliquait ses “largesses” concernant la PAC .
        Après la réunification , la RDA historiquement rurale (organisation aristocratique de la Prusse ) l’Allemagne est redevenue auto suffisante d’autant qu’elle sous traite en plus aujourd’hui une partie des ses industries alimentaires avec les pays mitoyens : Pologne et autres , pour une main d’ oeuvre à bas prix : production , abattage et transformation primaire .

        Bref l’Allemagne réunifiée n’a aucunement besoin de la production de notre pays , elle est excédentaire et en plus elle achète dans le cadre de la mondialisation et du libéralisme au monde entier .

        Bref là encore le compte n’y est plus .

        Ca et le reste : le coût de l’euro !!!!!


    • DUGUESCLIN Le 22 juillet 2015 à 10h27
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      Il y a l’exemple des brics. Libérés du dollar ils sortiront de la soumission et des pressions politiques, en devenant indépendants de l’étranglement des financiers comme c’est le cas pour la Grèce. Pourquoi pas nous?


    • FifiBrind_acier Le 22 juillet 2015 à 20h38
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      Jacques Sapir et Philippe Murer ont planché sur la sortie de l’euro:
      ” Les scenarii de sortie de l’euro”.
      link to fondation-res-publica.org

      Avant cette grise grecque, parler de la nocivité de l’euro était le plus sûr moyen de se faire traiter de facho, de dangereux complotiste, d’adepte de la Corée du nord et de provocateur cataclysmique…

      Peut-être pourront nous désormais discuter calmement des rapports entre les monnaies et la compétitivité des économies; des rapports entre une monnaie commune à plusieurs pays et la fin des politiques intérieures nationales; les liens entre l’euro, l’austérité et la fin des acquis sociaux etc.


  12. Dizalch Le 22 juillet 2015 à 07h46
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    Analyse et constats pertinents une fois de plus de la part du monde diplomatique. Je regrette juste une chose peut-être, une part plus importante portée aux conséquences, très certainement prévisibles, des reports dans les urnes des électeurs, dits de gauche, vers les parties d’extrême droite en Europe.
    En effet, l’on sait maintenant après de nombreuses analyses sur nos propres élections, que la porosité est importante entre l’électorat de gauche, au sens large du terme, et l’extrême droite, lorsque ces électeurs se sentent trahis.
    Donc, on serait en droit (malheureusement) de s’attendre à une (des) montée(s) Européenne(s) de ces partis… Et, la responsabilité de la gauche (entre autre) devrait lui être imputée.

    En tout cas, j’aurais aimé que le monde diplomatique développe cet angle des choses, afin de faire aussi réfléchir les gauches sur leurs épouvantails et leurs contradictions; Car les constats d’échec de Tsipras et de Hollande, sont du pain béni pour les partis qu’ils passent leur temps à dénoncer et qualifier de populistes d’extrême droite, or, le désespoir (la trahison) dans ces négociations risquent de renforcer ceux qu’ils combattent… ce qui est là aussi schizophrène et paradoxale de mon point de vue. Les Gauches peuvent-elles être à ce point aveugle?…

    PS: reste un seul espoir de mon point de vue en Europe, ce sera le vote de l’Italie… qui elle, a de réelles chance d’influencer la destinée de l’UE et de la zone Euro.


  13. tocquelin Le 22 juillet 2015 à 08h08
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    lucide Lordon montre que la gauche (et d’autres) est avant tout victime d’un européisme béat En plus elle est dominée par des héritiers (bobos et petits ou grands bourgeois) de Trotsky celui qui fit tirer sur les marins de Kronstad donc par des gens qui n’aiment pas les peuples


  14. Pampita Le 22 juillet 2015 à 08h23
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    Et si Poutine avait sauvé la zone euro ?
    link to chroniquesdugrandjeu.over-blog.com


    • Emmanuel Le 22 juillet 2015 à 09h18
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      Au départ c’est le journal grec To Vima qui a donné l’information. Elle a été reprise au conditionnel par zerohedge.com (link to zerohedge.com) dont des lecteurs écrivent eux qu’elle n’est pas crédible. Demander un prêt de dix milliards de dollars à la Russie (à la Chine et à l’Iran aussi) pour fabriquer des drachmes (donc quitter l’euro) alors que l’impression de la nouvelle monnaie fiduciaire ne coûterait qu’environ deux cents millions (selon Varoufakis) est très douteux… Pourquoi demander un très gros prêt alors que la banque centrale nationale de Grèce pourrait émettre de la monnaie gratuitement, hors coûts justement de fabrication ?
      Si Tsipras a effectivement eu le doigt sur le bouton ” sortie “, nous pourrions nous dire ” au moins, il y essayé, c’est encourageant, peut-être que d’autres iront jusqu’au bout “. Cependant il y a d’autres informations qui vont dans le sens contraire, dont le vote fait au gouvernement grec sur le durcissement des actions en réponse à l’UE (celui où Varoufakis a été mis en minorité par 2 contre 4 et qui a mis un terme à la route vers la sortie de l’euro), une information bien plus crédible que celle du journal To Vima.


      • Wilmotte Karim Le 22 juillet 2015 à 11h26
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        “Pourquoi demander un très gros prêt alors que la banque centrale nationale de Grèce pourrait émettre de la monnaie gratuitement, hors coûts justement de fabrication ?”

        Parce que le drachme ne permettra pas d’importer?
        Il faut au minimum des liquidités pour assurer les importations sur les premiers mois, ainsi qu’en cas de sortie de capitaux, retour à une balance commerciale négative?

        Il ne faut pas oublier non plus que la Grèce a été durement touchée par la guerre financière menée contre elle. Cella risque d’impliquer une baisse des exportations/entrée de devise et rendre la situation difficile.


      • Pampita Le 23 juillet 2015 à 05h16
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        Les lecteurs de Zero Hedge n’ont pas la science infuse… Plus intéressant me paraît le démenti du Kremlin. Mais là encore, si marchandage il y a eu, le Kremlin ne va le crier sur tous les toits.
        To Vima est l’un des journaux grecs les plus sérieux ; leur info ne peut être prise à la légère…


    • Alae Le 22 juillet 2015 à 17h50
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      à Pampita:
      Fausse info de la publication grecque To Vima, démentie par le Kremlin.
      link to rt.com


    • bardamus Le 24 juillet 2015 à 10h47
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      hmm ???

      Vous avez lu l’Addendum 23 juillet ?

      Gardons la tête froide, Tsipras et Syriza sont ultra européiste jusqu’à la moelle.
      Arrêtons de broder et de vouloir trouver une excuse ou une autre à ce que l’on appelle un déni de réalité.

      Que cela nous serve de leçon pour la suite, dans ce monde de ripoux, nous n’avons plus droit à l’erreur


  15. Macarel Le 22 juillet 2015 à 08h27
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    Les paysans français n’ont pas l’air d’apprécier la “concurrence libre et non faussée chère à nos eurocrates.”

    Hollande appelle à consommer de la viande française : c’est contraire aux loi du libre marché, le protectionnisme c’est mal, non ?

    Comme le dit J.Sapir, Hollande déjà en campagne, est totalement incohérent, et se comporte en démagogue. Mais s’il est un minimum cohérent il ne se représentera pas en 2017, car le chômage ne peut baisser tant que l’on partagera la même monnaie que les allemands.
    Et s’il se présente tout de même, il sera humilié au premier tour de la présidentielle, encore plus que Jospin ne le fut en 2002. C’est le sort des traîtres, de ceux qui trahissent leur parole et leurs soi-disant engagements.


    • Dissonance Le 22 juillet 2015 à 10h25
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      Petite remarque sur la question du chômage : Elle n’a à mon sens pas grand rapport (ou du moins tout à fait secondaire) avec l’appartenance ou non à la zone euro. Le chômage de masse en France est largement préexistant à cette monnaie. En revanche, le chômage a probablement beaucoup à voir avec le fonctionnement d’économie de marché appliqué au travail comme à n’importe quelle marchandise.

      Dans ce cadre, le chômage est le moyen de réguler un marché qui ne peut pas à la fois gagner constamment en productivité, croître très peu en matière de demande et en même temps employer toujours plus de monde. C’est une bête question d’offre et de demande.

      Il y a dans cette conjonction de facteurs une contradiction irréductible dont on ne peut pas croire que le personnel politique, tous partis confondus, ignore l’existence. On doit alors en déduire que le discours apparemment volontariste sur cette question n’est que de la poudre aux yeux.


      • couci couça Le 22 juillet 2015 à 10h44
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        Non sauf que l’UE a gravé le néolibéralisme et la mondialisation dans le marbre .
        Je ne sais pas s’il est possible de faire machine arrière étant donné que la catastrophe de la désindustrialisation a déjà été consommée .
        Mais je me dis aussi par exemple que quand un pays isolationniste ou non , se met à investir dans l’industrie de guerre , comme ça a été le cas aux USA ou en URSS en 40/41 , il y a réussi .
        Et ça a été la base d’un nouvel essor ou d’un impérialisme boosté .
        Par contre l’Europe a du se reconstruire et ça a mis du temps .


  16. Tikehau Le 22 juillet 2015 à 08h36
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    “Il est dans d’autres pays, la France tout particulièrement, qui se sont appropriés la manie allemande…” grâce à un gouvernement français de collabo-rateurs zélés et serviles.

    “la France ne peut être la France sans grandeur.” Charles de Gaulle, Mémoires de guerre.


    • P. Peterovich Le 22 juillet 2015 à 09h04
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      La France ne peut être la France sans grandeur.

      Ch. de Gaulle, Mémoires de Guerre

      Pour être grande, la France doit être allemande

      Attribué à F. Hollande…


  17. patrick Le 22 juillet 2015 à 09h21
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    Donc en gros la gauche s’est prise à son propre piège.
    A force de définir des “marqueurs de gôche” et de définir comme extrème-droite nationaliste ( des zeures les plus sombres … ) tous ceux qui émettent la moindre critique contre l’UE et l’€ , elle s’est elle-même prise au piège.
    Il ne lui est plus possible de sortir de cette nasse et elle est condamnée à tourner en rond jusqu’à l’effondrement de l’ensemble.
    Il ne nous reste pas beaucoup de solutions, à part attendre patiemment la faillite.


  18. Georges Clounaud Le 22 juillet 2015 à 09h23
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    Même si on ne peut que partager le constat de Frédéric Lordon on attend les plans du nouveau projet de construction. Ils ne sauraient se résumer à une simple sortie de l’Euro. Malheureusement sur les objectifs à atteindre – la chimérique Europe Sociale ? – et les moyens à y parvenir, il faudrait désépaissir le brouillard et proposer un projet alternatif crédible. Sur ce point il me semble urgent de remettre l’ouvrage sur le métier.
    Ce premier objectif atteint – autant qu’il puisse l’être tant les attentes des peuples européens semblent divergentes à tel point que l’on peut raisonnablement s’interroger sur l’adéquation du cadre européen – il faudra ensuite faire en sorte qu’il soit soutenu en même temps par plusieurs pays. Croire que la seule Grèce pouvait à elle-seule renverser la table – même si nous avons été nombreux à vouloir y croire – était totalement illusoire. Toute tentative isolée, sans réel soutien, de défier l’establishment politico-financier européen est suicidaire.
    Cependant l’échec acté de Syriza et programmé de Podemos ne discréditeront-ils pas définitivement toute tentative future ? En ce sens le fait d’avoir refuser de démissionner et in fine d’accepter le diktat de l’UE va pour longtemps, me semble-t-il, condamner tout dessein réellement progressiste…


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 22h30
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      Quelle est cette manie de vouloir une solution toute faite avant de daigner bouger? Vous voulez un roadbook jusqu’au paradis?
      Il y a un concensus grandissant que l’euro nous tue: sortons l’euro. La suite se fera par concensus en son temps et pas à pas. C’est pas complique à comprendre. L’avenir est INCONNU et il est normal d’être effrayé de la liberté. En attendant si on se brûle on sort la main du feu. Ensuite on crève comme les pasquans ou on vit plus frugalement, dans des démocraties ou dans des dictatures. Selon ce que nous arriverons à faire.


      • Georges Clounaud Le 23 juillet 2015 à 07h57
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        Bien sur qu’il faut bouger ! Mais bouger ne signifie pas gesticuler. Comme doit-on procéder selon vous ? On claque des doigts en disant l’euro c’est mal et hop à nous les lendemains qui chantent ? Si nous sommes ici tous convaincus du bien-fondé de la sortie de l’Euro comment faire adhérer à cette idée des populations totalement intoxiquée par la propagande de l’UERSS depuis des décennies sans la moindre ébauche d’un projet alternatif crédible ? Soyons un tant soit peu lucide. On l’a vu en Grèce, nos dirigeants talibans sont prêts à tout pour défendre la monnaie unique. Pour lutter contre la fabrique du consentement europhile et espérer la renverser, il faudra avancer d’autres arguments que celui de l’improvisation…


        • Alfred Le 23 juillet 2015 à 09h47
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          Surtout pas d’improvisation justement mais il faut bien comprendre que si l(on doit avoir un debat démocratique sur la décision ou non de sortir de l’euro il est naivement criminel de penser que l’on peut avoir un débat démocratique sur COMMENT le faire: En effet les Soros, Godlman Sucks and co n’attendent que ça pour élaborer une contre attaque meurtirere.
          Ce qu’il faut c’est 1- que la population accepte le fait qu’elle s’appauvrira quoi qu’il arrive; 2 – que l’équipe au pouvoir prépare matériellement les moyens de survivre concrètement (logistique de la nouvelle monaie prète; réforme de l’impot et des dépenses prète pour un solde primaire positif; systèmes de paiment numériques autonomes prèts, stocks sur les matières stratégiques prèts; visibilité sur la chaine d’apporvisionnement des industries vitales; plan de refonte du secteur agricole pour qu’il survive et nous nourisse en limitant les intrants hors de notre potéee (pétrole, entre autre) etc…).
          Autrement dit il faut charger le pistolet et e^tre prêt à s’en servir même en catastrophe et non pas arriver comme Tsipras en annonçant que de toutes façons on n’a que des balles à blanc).
          Et je parle bien de quitter l’euro, pas de le changer. Par contre on peut quiiter l’euro en laissant d’autres le tuer, en le faisant exploser, en ne jouant plu selon ses règles (monnie parrallèle ou nationalisation de la BnF) ou encore bien d’autres manières.
          Ces options de peuvent pas être discutées sans que nous le payons cher compte tenu des adversaires que nous avons. Elles sont à laisser à l’intelligence tactique du gouvernement que nous aurons choisi pour le job “redonner son indépandance au pays” et en qui nous aurrions confiance. En vérité un tel gouvernement ne saurait pas lui même dés son election quelle route prendre exactement car cela dépendra de circonstances et d’ambuches qui ne peuvent être totalement prévues (éclatement de la crise en suspend, réaction des adversaires, des alliés potentiels).
          Le seul indice que nous pourront avoir de la loyauté d’un tel gouvernement envers nous le peuple serait de le voir activement mettre en place les prérequis et se mettre en ordre de battaille. Les adversaires le verraient aussi mais tant que la stratégie exacte n’est ni révéllée ni discutée, ils ne pourront mettre en place une réponse pleinement dévastatrice. Nous pouvons charger toutes nos “armes” mais ne pas les utliser toutes et même “en face” ils ont des choses à perdre… Tout le monde à des choses à perdre, même les oligarques, même goldman et bien sur même les allemands. Le tout est de trouver quoi et c’est la charge du gouvernement du peuple Français pour le peuple Français.
          En attendant pour les Français il faut faire progresser l’idée qu’ils vont en chier quoi qu’il arrive et qu’il faut “en sortir” pour au moins ne pas en baver pour des neffles.


          • Morales Le 25 juillet 2015 à 00h02
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            Ce commentaire mérite selon moi davantage d’appréciations positives.
            Il décrit notre futur probable.
            Il vient de quelqu’un qui a :
            – un sens aigu de l’efficacité
            – une vision claire des actions vitales à entreprendre en situation de crise,
            – une idée crédible de cela vers quoi nous nous dirigeons de toutes façons !


  19. Alex Hanin Le 22 juillet 2015 à 09h33
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    Pour comprendre pourquoi la zone euro est vouée à l’échec depuis l’adoption de la pensée neoliberale par les ‘pères’ de l’Europe (Delors notamment) et comment l’euro est devenu le nouveau deutsche mark, je recommande “Eurozone Dystopia” de William Mitchell.

    La perspective MMT ne plaira pas à une bonne partie des lecteurs de ce site, mais le compte-rendu est assez magistral.


    • Wilmotte Karim Le 22 juillet 2015 à 11h29
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      “La perspective MMT”

      Vous pouvez développer?


      • Alex Hanin Le 23 juillet 2015 à 10h23
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        MMT = modern money theory. La théorie part du principe (qui devrait être évident) que les pays qui conservent leur souveraineté monétaire ne sont jamais exposés au risque de faillite, pour autant qu’ils s’endettent dans leur propre monnaie. Ils font face à des contraintes réelles (ressources disponibles) et non à des contraintes financières.

        Elle s’accompagne d’une explication claire et convaincante du système monétaire et bancaire, très loin des âneries ressassées par la plupart des manuels d’économie.


  20. Yann LARGOEN Le 22 juillet 2015 à 09h34
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    On peut se demander si Syrisa et Podemos ne sont pas tributaires de la culture politique générale des peuples grec et espagnol telle qu’elle a été façonnée par le système. Tout se passe en effet comme s’ils s’étaient installés dans une sorte d’idolâtrie des modes de vie anglo-saxons tout en ayant conscience de l’incapacité économique de leur pays à leur permettre d’y accéder par leurs propres moyens.

    On comprendrait bien alors leur attachement à l’euro et plus généralement à la construction européenne, vécus comme un moyen, grâce aux transferts, de s’assurer une prospérité équivalente à celle de l’Europe du Nord sans passer par la case du “développement” au sens commun du terme.

    Dans cette hypothèse, les Grecs et les Espagnols seraient liés à l’Europe pour les mêmes raisons que les Corses sont liés à la France, parce qu’ils y verraient un moyen de bénéficier des retombées positives d’une prospérité sans rapport avec leur contribution réelle.

    Ce ne sera pas le moindre crime de l’Europe que d’avoir ainsi trompé des générations de Grecs et d’Espagnols [puis d’Ukrainiens] quand à la réalité de cette perspective qu’elle n’a jamais été en mesure ni eu l’intention de réaliser.

    Syrisa et Podemos sont l’expression politique de peuples fourvoyés par l’illusion européiste qui les aura empêchés de créer les bases politiques d’un reconstruction nationale [après les colonels et Franco] adaptée à leur situation et à leurs besoins.


    • Chris Le 22 juillet 2015 à 13h02
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      Complexe des Latins par rapport aux Anglos-saxons ?
      La France n’est ni l’un, ni l’autre !


    • lm bernard Le 22 juillet 2015 à 21h35
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      Excellente analyse,le miroir aux alouettes,pour qui a connu l’Espagne et la Grèce dans les années 60 70…la France des années d’après guerre…un marché pour les investisseurs allemands et français et une aubaine pour le clientélisme politicard ravi de bénéficier d’un Euro fort et de taux d’intérêts alignés sur ceux de la locomotive allemande.


    • P. Peterovich Le 22 juillet 2015 à 21h36
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      Dans cette hypothèse, les Grecs et les Espagnols seraient liés à l’Europe pour les mêmes raisons que les Corses sont liés à la France, parce qu’ils y verraient un moyen de bénéficier des retombées positives d’une prospérité sans rapport avec leur contribution réelle.

      L’analyse peut être défendue pour ce qui concerne la Grèce, mais concernant l’Espagne, j’ai comme un doute.

      L’Espagne est un Etat situé dans le sud de l’Europe, mais c’est un Etat moderne et développé. Ils ont un secteur secondaire, contrairement à la Grèce, et celui-ci est largement capable de rivaliser avec les Français et Allemands. Il suffit de rappeler que l’Espagne est un assembleur automobile de premier plan et un pays qui produits des biens technologiquement avancés (Navantia, à Ferrol, en Galice, construit par exemple des sous-marins et des portes-hélicoptères qui s’exportent bien, l’Australie ayant préféré les BPE de la classe Juan Carlos I aux BPC Mistrals français…). On peut aussi rappeler qu’historiquement, Arcelor provient de la fusion de Arbed (Luxembourg), Usinor (France) et d’Aceralia (Espagne). Je connais de l’électroménager espagnol (Fagor) mais pas grec…

      Tout cela pour dire que je n’ai pas l’impression que les Espagnols attendent des transferts de l’Europe et se soient “installés dans une sorte d’idolâtrie des modes de vie anglo-saxons tout en ayant conscience de l’incapacité économique de leur pays à leur permettre d’y accéder par leurs propres moyens”.


  21. Arnould Le 22 juillet 2015 à 09h38
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    Je suis de gauche, je veux la fin de l’Euro. C’est pourquoi, si rien ne change en France, je vais voter FN. Je sais, c’est un piège, je ne vois pas plus loin que le bout de mon nez, etc.. Je sais.


    • Macarel Le 22 juillet 2015 à 19h54
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      Voter FN au premier tour de la présidentielle, pour punir les focialistes ?

      Et aller à la pêche au second tour, laisser les Républicains, “sauver” la République ?

      Mais, en arriver là, est un vrai signe de désespoir, surtout si l’on est de gauche !


      • Macarel Le 23 juillet 2015 à 08h08
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        Je voulais dire les “Ripouxblicains”.


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 22h49
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      C’est respectable. Et ça aura le mérite de “punir” les nuls et d’avancer le calendrier de 5 ans ( et les grandes questions pour “dès” 2023 – après les cocus de la droite, de la gauche et ceux du FN on fait quoi maintenant?)
      Mais: vous serez peut être très déçu quant à l’euro et tout porte à croire que le FN est le plan B de l’oligarchie et en votant ainsi vous vous contenterez de faire ou l’on vous suggère de faire.
      Il vous reste deux ans pour trouver des stratégies alternative et les faire partager.
      Bon courage.


  22. anne jordan Le 22 juillet 2015 à 09h57
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    Voir un excellent documentaire dans ” théma ” sur Arte ( pour une fois ! )
    diffusé mardi 21 à 20h 50 et intitulé :
    “qui contrôle la mer ? ”
    où l’on voit la puissance des armateurs grecs , le cynisme des gouvernements avant Syriza célébrant cette même puissance et les marins grecs , impuissants devant leur mise au rancart depuis au moins 2008…


  23. macoll Le 22 juillet 2015 à 10h54
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    C’est quand même pathétique de parler de la gauche, j’entends la gauche du peuple bien comprise, qui a disparu en France depuis 1983 soit il y a 32 ans !…32 ans !!!!


    • gil Le 22 juillet 2015 à 12h05
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      Bonjour

      oui depuis 83.
      Le système actuel tourne en boucle avec un paratonnerre FN. Les deux coté s’alternent au pouvoir pour appliquer une politique à peu de choses près identique. Quand la colère monte le FN monte. On fini alors avec un plébiscite anti-FN vers un des deux bords et c’est reparti !

      Cordialement


  24. Rimbelautre Le 22 juillet 2015 à 11h00
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    Dans les années quatre-vingt, la France était sensée bénéficier d’une souveraineté nationale pleine et entière. Cela n’a pas empêché François Mitterrand d’obéir aux ordres de la grande bourgeoisie en démantelant le complexe industriel français. On fit alors le choix déraisonnable d’orienter la politique économique vers des activités de commerce et de service, présentées comme «modernes», pour complaire à un patronat qui préférait aller chercher, pour l’industrie, de nouveaux esclaves dans le tiers-monde, là ou le coût du travail est moins cher et son droit souvent inexistant.

    La risible autonomie d’un État-nation n’est donc en rien une protection contre le libéralisme, sauf à croire que la classe politique des démocraties parlementaires accordent plus de considération aux intérêts de leur peuples respectifs que les institutions bruxelloises. Croire à une pareille imbécillité implique soit une très grande naïveté patriotique, soit une très grande mauvaise foi.

    Il y a dix jours, «au paroxysme de la crise», alors que le Grexit paraissait de plus en plus inexorable dans la narrative des grands médias, la chancelière allemande s’est rendue à Paris à la demande du Président français pour convenir du châtiment qu’il convenait de faire subir au peuple grec (le cinglé ministre des finances allemand voulant par exemple les jeter dehors) et de la stratégie de communication à adopter : un psychodrame de pacotille et mal joué, l’Allemande «responsable» et le Français «solidaire». Mateo Renzi peut bien s’agacer de ne pas avoir été invité, force est de constater que l’impérialisme italien n’arrive qu’en troisième position, loin derrière les deux autres….

    Le nouveau plan d’aide a donc été D’ABORD négocié par le «couple franco-allemand», (expression inventée par des journalistes pourtant peu soupçonnables de défendre un point de vue révolutionnaire…) et imposé ensuite à la Grèce comme issu d’une décision européenne, les deux larrons prenant chacun ensuite la posture idéologique adéquate : Merkel raconte à son opinion qu’elle a préservé leur compte-épargne, Hollande, plus lyrique et mégalomane, voudrait nous raconter qu’il a sauvé la Grèce (de quoi, on peut se le demande).

    Que l’exploitation des hommes s’inscrive dans une logique nationale ou supranationale n’a au final qu’une importance très relative par rapport aux conditions mêmes sur lesquelles la dite exploitation prend racine, c’est-à-dire l’impérialisme.


    • FifiBrind_acier Le 22 juillet 2015 à 20h52
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      L’Etat Nation n’est une garantie de rien. Pinochet dirigeait un Etat Nation.
      Mais vivre dans une colonie d’empire interdit toute possibilité de mener une politique qui défende l’intérêt général de la population.

      La souveraineté est donc la condition première de la démocratie et de politiques intérieures nationales dans l’intérêt général . Ce qui est interdit dans l’ Union européenne.

      Viviane Reding:
      ” Il n’y a plus de politiques intérieures nationales, mais uniquement des politiques européennes.”
      link to dailymotion.com


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 22h58
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      Bien. Et vous êtes anarchiste d’appartement?
      Lordon explique très bien ce qui par ailleurs se conçoit assez simplement la souveraineté est consubstantielle à la démocratie. Pour l’instant l’état-nation est l’échelon supérieur maximal dans laquelle on peut TENDRE vers la démocratie. Démocratie qui par ailleurs s’exerce de moins en moins difficilement que l’on tend vers des groupements plus réduits (région, canton, commune, quartier, coopérative , etc..)
      Pratiquement vous faites comment pour lutter contre l’impérialisme?


  25. BA Le 22 juillet 2015 à 11h28
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    Dans l’Union Européenne, il n’y a pas que la Grèce.

    Neuf pays de l’Union Européenne sont en faillite.

    La Grèce, l’Italie, le Portugal, la Belgique, l’Irlande, Chypre, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni sont en faillite.

    Chiffres Eurostat publiés le mercredi 22 juillet 2015 :

    1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 301,527 milliards d’euros, soit 168,8 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2184,492 milliards d’euros, soit 135,1 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 225,924 milliards d’euros, soit 129,6 % du PIB.

    4- Belgique : dette publique de 447,843 milliards d’euros, soit 111 % du PIB.

    5- Irlande : dette publique de 203,624 milliards d’euros, soit 109,7 % du PIB.

    6- Chypre : dette publique de 18,700 milliards d’euros, soit 106,8 % du PIB.

    7- Espagne : dette publique de 1046,192 milliards d’euros, soit 98 % du PIB.

    8- France : dette publique de 2089,361 milliards d’euros, soit 97,5 % du PIB.

    9- Royaume-Uni : dette publique de 1600,020 milliards de livres sterling, soit 88,5 % du PIB.

    link to ec.europa.eu


  26. philbrasov Le 22 juillet 2015 à 11h39
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    je me porte en faux sur le discours de Lordon… sur cette gauche
    Il ne conçoit l’économie de SA gauche qu’avec la sortie de la zone euro… et pour une autre europe,
    Lordon ne peut accepter que sa gauche idéale n;existe plus ou pas, et il enrage…
    Mais enfin, cette gauche depuis tout temps a trahit ses idéaux… il devrait le savoir depuis le temps.
    mais plus grave dans le diagnostic “la gauche” telle que Lordon la décrit a toujours été internationaliste, et destructeur de la nation dont le fondement économique est la MONNAIE……. et contrairement a ce que dit Lordon, le CAPITAL s’accommode fort bien de cette gauche… voire de cette ultra gauche . la crise grecque est la pour nous rappeler….
    rappelons nous cette citation faussement attribue a lenine « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons »

    De plus Lordon balaye d’un revers de pensée, toute velléité de la droite nationale et souverainiste d’être le fer de lance de cette bataille contre l’euro… Ses arguments contre le FN en France , mais plus généralement contre les souverainistes européens sont soit légers au mieux, soit des procès d’intention ( ou de non intention) au pire..Sans même parler d’une prétendu complicité entre la gauche et droite ET le FN…afin de perdurer le systeme…
    C’est absurde, avec le FN d’aujourd’hui.
    Voir sur ce sujet « Les tâches aveugles de l’“autre euro possible” », 1er juin 2015.frederic Lordon.

    link to blog.mondediplo.net

    je veux bien croire que frederic Lordon est de “gauche” , mais de quelle gauche est-il?
    d’une gauche qui n’existe pas et n’existera JAMAIS…

    La plupart des grands mouvements ANTI-EURO en europe sont de droite souverainiste…
    Je comprend que cela le foute en rogne… Mais c’est comme ça…

    On ne peut pas prétendre a représenter un courant de pensée, qui n;existe pas politiquement, sauf a servir de faire valoir intellectuel , dans qq emissions TV afin d’en relever le débat ( si tente qu’il ai existe un jour a la TV …).
    Désolé sur ce coup d;être en opposition avec Lordon sans magner l’invective.


    • tachyon Le 22 juillet 2015 à 13h35
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      “je veux bien croire que frederic Lordon est de “gauche” , mais de quelle gauche est-il?”
      Voici ce qu’a dit Lordon dans une vidéo youtube (link to youtube.com)
      dont le lien est malheureusement coupé :

      Etre de gauche c’est vouloir sortir du cadre, du triangle infernal
      1er côté du triangle : un régime de commerce international prédateur
      2ème côté du triangle : une finance foldingue
      3ème côté du triangle : un modèle de politique européenne réduit à son plus strict minimum—> surveiller les marchés financiers qui deviennent ainsi les véritables décideurs des orientations des politiques economiques

      Etre de droite c’est vouloir rester dans ce cadre et c’est évidemment inavouable pour quelqu’un qui se dirait de gauche …


      • Jusdorange Le 23 juillet 2015 à 09h21
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        A Tachyon,

        Être de gauche cela veut dire se situer à gauche du spectre politique. Or ce spectre politique est contextuel. Chercher à définir la gauche de manière absolue est impossible.

        Poser des critères absolus pour définir une idéologie est valide ( socialisme, libéralisme etc…)
        Poser des critères absolus pour définir une position sur un spectre politique binaire et particulier à un lieu et une époque n’est pas valide.

        Un communiste américain du début du vingtième siècle tombera d’accord avec un communiste japonais de 2015 sur l’idée qu’il faut instaurer la dictature du prolétariat dans le but d’amener le monde à une société sans classe et sans état. Ou alors l’un des deux n’est pas communiste.

        Même si on peut trouver des différences entre deux communistes ou deux libéraux suivant le lieu ou l’époque, ces différences sont beaucoup moins importantes que les différences que l’on peut trouver entre deux personnes se situant à gauche ou à droite du spectre politique suivant le lieu ou l’époque. Au début du XIX e la gauche était républicaine et la droite monarchiste. Depuis, le balancier s’est déplacé et les notions de gauche et de droite aussi.

        Donc :
        Dire que Hollande n’est pas socialiste est vraie.
        Dire que Hollande n’est pas de gauche est faux.
        La gauche française n’est tout simplement pas socialiste.

        Mais Lordon s’adresse et cherche à convaincre des “posturalistes”. Des gens qui préfèreraient voir les Français crever la gueule ouverte plutôt que de passer pour quelqu’un de droite lors d’un dîner entre amis. Donc la stratégie consistant à donner au mot ” gauche” un sens figé et favorable à ses vues est une bonne stratégie, mais elle repose sur des prémisses infondés.

        Pour ma part je crois que la meilleure stratégie serait plutôt d’apprendre aux posturalistes un peu de logique élémentaire.

        La logique élémentaire : examiner si une proposition est vraie ou fausse, juste ou injuste et ensuite se déporter sur le spectre politique pour soutenir ceux qui défendent cette proposition.

        La logique posturaliste : examiner si une proposition se situe sur la position souhaitée du spectre politique, et en inférer la véracité et la justesse de la proposition.


    • Emmanuel Le 22 juillet 2015 à 13h43
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      ” Je me porte en faux sur le discours de Lordon… sur cette gauche ” : ah, non, philbrasov, ça va pas être possible.

      En revanche, vous pouvez toujours vous inscrire en faux contre ce discours et même vous faire porter pâle, s’il vous tourmente tant. 😉

      Par ailleurs, le fait qu’une gauche de rupture à la sauce lordonienne reste très minoritaire en France n’impose pas le silence à cet homme (il manquerait plus que ça !).


    • Jacko Le 22 juillet 2015 à 13h52
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      Vue la situation actuelle, la phrase devrait plutôt être : « Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous NOUS pendrons »


    • TC Le 22 juillet 2015 à 19h35
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      @ philbrasov : justement, Lordon veut la secouer cette gauche et lui montrer qu’elle s’est fourvoyée avec ses idées internationalistes de bisounours.

      Encore une fois, il faut lire ce qu’il écrit sur la démocratie et la souveraineté qui ne peuvent s’exercer pleinement que dans le cadre de la nation. link to blog.mondediplo.net

      Enfin, qu’il rejette toute idée de s’associer au FN dans cette lutte pour la souveraineté, c’est son droit le plus strict au regard de ce qu’est ce parti, lequel d’ailleurs ne propose pas la sortie de l’UE, ni de l’euro. Il faut lire le programme (link to frontnational.com pages 47 à 49).


    • Crapaud Rouge Le 22 juillet 2015 à 20h53
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      La plupart des grands mouvements ANTI-EURO en europe sont de droite souverainiste…” : vous voulez rire ou quoi ? Que les souverainistes de droite soient anti-euro, certes, mais de là à imaginer que leurs quelques pourcents aux élections en font “des grands mouvements“, y’a franchement de quoi rire à gorge déployée !


    • Alfred Le 22 juillet 2015 à 23h55
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      Traditionnellement la distinction entre “droite” et “gauche” porte sur des questions de clé de répartition des richesses (redistribution vs individualisme) et/ou de plus d’état vs moins d’état et/ou de “valeurs” qui seraient spécifiques à l’une ou à l’autre. Par contre, si pour reprendre l’autre “la gauche n’a pas le monopole du cœur”, la droite n’a pas le monopole du concept de souveraineté nationale. Et on doit rendre grâce à Lordon de torpiller ceux qui à gauche l’ont oublié et de le faire pour de bonnes raisons (parceque la souveraineté est une condition nécessaire quoique non suffisante à un projet de gauche).
      Certes les partis de gauche anti-euro sont chétifs pour instant mais cela peut changer. on a un peu l’impression à vous lire que c’est vous qui enragez, qui êtes terrifié à l’idée que l’anti européisme quitte le monopole d’une certaine droite (est-ce sa seule idée?). Cela devrait vous réjouir au contraire de voire vos idées partagées puisque peut etre ainsi elles seront appliquees. Mais non etrangement non. Car ce sont les VÔTRES. Deriere votre chef c’est ça? C’est peut être ça finalement être de (cette) droite.
      Si vos idées sont au pouvoir que vous importe l’estampille? Réjouissez vous!
      Par ailleurs vous semblez sensible à la trahison (pour la gauche comme on vous comprend). Ne vous est il pas venu à l’esprit que le parti que vous citez ménage pour l’instant la chèvre et le choux et refuse de trancher. Si ce parti arrive au pourvoir en 2017, il faudra bien qu’une moitié de ses sympathisants soit trahie. La moitié chèvre historique ou la moitié choux toute neuve.
      Par ailleurs le parti que vous citez (FN) a été mis en avant par les médias au détriment d’autres partis souverainistes de droite (DLR). Cela pourrait vous mettre la puce à l’oreille.


      • Jusdorange Le 24 juillet 2015 à 01h35
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        A alfred:

        Votre commentaire est de bon sens et j’y souscris entièrement. Exception peut-être avec votre distinction droite-gauche qui à mon sens ne saurait contenir des critères absolus.

        Une phrase que j’apprécie particulièrement :
        Je vous cite “la droite n’a pas le monopole du concept de souveraineté nationale”.
        Simple et efficace.

        J’ajouterai aussi que l’article 3 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dispose que ” Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. ”

        On peut donc dire que ceux qui défendent la souveraineté nationale sont des droit-de-l’hommistes.
        Il paraît que si vous dites ça à un journaliste du Monde sa tête explose.


    • placide PRCf Le 23 juillet 2015 à 10h52
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      C’est faux. Le PCP au portugal, le KKE en grèce pour ne citer qu’eux sont pour la sortie de l’euro et de l’UE


  27. dvd Le 22 juillet 2015 à 12h12
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    En même temps, tant que notre réflexion sera enfermée dans des concepts aussi creux que “liberté, égalité, progrès” (etc.), nous ne risquons pas de trouver d’alternatives à l’expansionnisme inhérent à ces “valeurs”…

    Il est désespérant de voir qu’après des siècles de ce langage bien opportun pour masquer nos dominances peu de gens fassent un lien entre les deux…

    Être de gauche me paraît tout autant une religion que d’être productiviste ou catholique, musulman, israélite, etc. : c’est une manière de se disculper de cette culpabilité du “pourquoi suis-je en vie” et “pourquoi suis-je dominant” à bon compte tout en continuant à profiter de cette situation…

    Cette question ne trouve pas de réponse dans ces logiques qui isolent une partie du système pour mettre du bon côté ceux qui ont besoin de certitudes…

    Si une définition de l’intelligence pouvait être acceptable, ce serait celle de Kant : “On mesure l’intelligence d’un individu à sa capacité à supporter l’incertitude”…

    Un peu désabusé de NOUS (je me mets dans le lot) voir si peu enclins à faire de l’humanité un corps collectivement intelligent…


  28. Alae Le 22 juillet 2015 à 12h35
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    “Il fallait vraiment avoir perdu toute colonne vertébrale pour s’interdire de penser à ce point, de peur d’avoir l’air de penser comme le Front national”
    Elle est là, la clé, chez ces gens qui, pour entretenir une pensée qu’ils croient “de gauche”, attendent de savoir ce que va dire Marine Le Pen dans le but de dire le contraire.
    Des suivistes à l’envers, en somme.

    “On reconnaît l’indigence d’une pensée à son incapacité à traiter aucun problème autrement que dans des coordonnées morales. Mais la manie de passer toute question au filtre d’une interrogation préalable de vertu est le plus sûr moyen de passer à côté de ce qu’il y a à comprendre.”
    Merci. Les préjugés de la France du XIXème siècle sont les mêmes que ceux d’aujourd’hui, mais relookés à la sauce post-moderne, la question restant : “pensez-vous en termes d’à priori moraux ?” Pour les adeptes de la pensée unique dite de gauche, la réponse est bien sûr, oui.
    Ensuite, la seule chose qui manque à Lordon est de sortir du paradigme droite-gauche. François Hollande n’est pas de droite, c’est un néolibéral, et le néolibéralisme a deux versants, droite et gauche. “Aux USA, il n’y a qu’un seul parti, le parti du business. Il a deux factions…” (Noam Chomsky).
    En France aussi.
    Lordon a raison d’en appeler à une autre gauche, une vraie gauche répondant aux besoins du peuple. Il serait plus que temps. Mais à gauche, en sommes-nous encore capables ou sommes-nous trop enchaînés à nos postures idéologiques et à notre image de vertu ? La gauche athée d’aujourd’hui est-elle capable de penser autrement qu’en termes de moralisme progressiste et d’adhésion à des dogmes religieux de substitution, quitte à servir la soupe au grand capital ?


  29. BEYER Michel Le 22 juillet 2015 à 13h34
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    “Achetons et produisons Français”, j’ai écouté quelques bribes du compte-rendu du conseil des ministres concernés par les problèmes de l’agriculture.
    “Achetons et produisons Français”…..Mais dîtes-moi, ce n’était pas le slogan de Georges Marchais et du PCF, il y a une trentaine d’années? Slogan qui avait valu l’ironie de combien de dirigeants socialistes de l’époque.
    “Achetons et produisons Français”….Mais dîtes-moi, ce n’est pas en contradiction avec l’appel de François Hollande pour un gouvernement européen?
    C’est le moment de dire qu’une vache n’y retrouvera pas son veau!!!


  30. P. Peterovich Le 22 juillet 2015 à 13h43
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    Lordon sait très bien que les idées transcendent les partis politiques. Ou, pour le dire autrement, que les partis politiques ne structurent pas la pensée et l’action, mais qu’ils la traduisent.

    Sinon, vous écrivez :

    nous devrions nous regrouper tous, les partisans de la sortie de l’Euro et du diktat de l’UE, dans un seul mouvement, quitte ensuite à reprendre les querelles partisanes sur les autres sujets

    Est-ce que vous comptez demander à M. Schäuble de se joindre à vous ?


    • Dizalch Le 22 juillet 2015 à 16h00
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      @P.Peterovich:
      – Pourriez-vous sourcer la position que vous prêtez à G. Schäuble svp et qui serait une sortie de l’euro et du diktat de l’UE?
      – Car contrairement à ce que vous dites, Schäuble est fondamentalement pour l’UE, l’Euro et même une accélération de son renforcement par un renforcement de ses pouvoirs politique et économique (encore plus d’intégration, marrant comme Hollande l’autre jour…)
      -> link to spiegel.de
      ” SPIEGEL: What exactly do you envision?
      Schäuble: We have to again generate more faith in the euro — not just on the financial markets, but also among the populace. We also have to strengthen regulations pertaining to healthy state finances and ensure that they are adhered to. To do so, we must change the European treaties in the medium term, which is difficult. Many shy away from doing so because they are afraid that further steps toward integration would be rejected by their people or parliaments. ”
      “Schäuble: We are currently seeing that a currency union without political union cannot function without complications. So we have to move further toward establishing a political union, for example by strengthening the European Commission and the European Parliament. But that means that member states must give up even more sovereignty.”
      “Schäuble: I am also in favor of a euro-zone finance minister, but to install one, the European treaties must be amended first. I was pleased to hear from President Hollande that France is now prepared to do so.”
      ” SPIEGEL: Are you pleased that suddenly everyone in Europe is in favor of increased integration?
      Schäuble: Of course(..)”

      Ou encore ici dans cet article de l’AFP:
      link to uk.news.yahoo.com
      “Germany’s Finance Minister Wolfgang Schaeuble insists he is deeply pro-European”

      Bref… j’aimerais vos sources… merci.


  31. lon Le 22 juillet 2015 à 14h09
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    Le portrait que brosse Lordon de Hollande est savoureux . Perso si celui-ci se ramasse une claque en 2017 ce sera pour moi un moment de profonde jouissance, on a les plaisirs qu’on peut…

    L’histoire retiendra qu’Hollande aura joué le rôle du gentil kapo en permettant à la Grèce de rester dans le “camp de travail” , comme dit Houellebecq, quitte à bosser deux fois plus pour 3 fois moins qu’avant .

    Les étudiants du futur étudieront ces 5 mois de négociation et la transcription médiatique qui en a été faite comme un cas d’école, où l’on a pu voir la seule arme dont disposait Tsipras , le défaut et la sortie de l’euro, se retourner contre lui sous la pression et des gens comme Hollande et tous les éditorialistes de la bien-pensance socialiste se vanter d’avoir évité un hara-kiri .
    Les psychologues méditeront sur le énième cas de mauvaise conscience et de lâche soulagement, déguisés en pudeur outragée devant la “brutalité” du chef de camp, alors même qu’on l’a encouragé dès le début . Certains commentateurs y verront peut-être une tendance lourde de la social-démocratie française, où la posture morale est le dernier rempart avant le reniement de soi-même et l’effondrement spirituel .


  32. Stéphanie Le 22 juillet 2015 à 14h20
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    Ma petite réflexion du jour…

    Je lis les mesures du gouvernement pour les agriculteurs, dont celle-ci :

    volonté de reconquérir le marché national et extérieur (Grèce, Turquie, Liban et Vietnam).

    Et d’un autre côté, je lis que les agriculteurs grecs vont voir leurs taxes passer de 13 à 26 ou 33 %, je crois.

    D’où… On fait tomber volontairement l’agriculture grecque pour exporter notre propre production à ce même pays pour compenser l’embargo de ventes aux russes ou suis-je en train de fabuler ?


  33. KM Le 22 juillet 2015 à 14h43
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    En lisant ce texte, je me suis rendu compte que le FN pour Lordon, c’est l’équivalent de l’euro pour Michel Husson.
    Donc pour le paraphraser, je dirais : “là où sur les autres sujets de ses interventions, le travail de Frédéric Lordon est indispensable et d’une grande qualité, la question du FN a l’effet de lui mettre, mais comme à tant d’autres, l’entendement en erreur système, avec tout le compteur intellectuel qui disjoncte”.


    • Crapaud Rouge Le 22 juillet 2015 à 17h59
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      Vraiment pas d’accord. A mon avis, Lordon ne va même pas assez loin dans son diagnostic qu’il limite à une “peur du FN”. En fait, c’est congénitalement que la gauche ne peut pas, ne sait pas ou n’ose pas s’approprier certaines valeurs de la droite, parce qu’elle est née dans l’opposition, (affaire Dreyfus). Elle connaît certes “le peuple”, mais principalement dans sa dimension prolétarienne. (Les usines abrutissantes, tout ça…) Et puis, alors que la droite n’a aucun complexe à parler “nationalisme” en dépit de ce que les fascistes en ont fait, la gauche ne peut pas plus s’en approcher qu’un vampire avaler une hostie… C’est pourquoi, quand la “nation” ou la “patrie” a un problème, la gauche se retrouve suspendue dans le vide, et s’accroche à des branches qui sont de droite.


      • FifiBrind_acier Le 22 juillet 2015 à 20h58
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        Le PCF n’a pas toujours été euro-béat.
        Avant Mitterrand, il avait une analyse très lucide sur la construction européenne…
        link to upr.fr


    • rouge vif Le 23 juillet 2015 à 15h33
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      Cher KM,
      Plutôt que de procéder par affirmation et énigme vous serait il possible de développer votre argument ne serait ce qu’en dix lignes?


  34. adrien Le 22 juillet 2015 à 14h50
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    Don Leone -alias Juncker- et ses porte-flingues ont gagné facilement : pas de Plan B –> exit Tsipras .
    Ceux qui croient comme le FdG, que l’UE est réformable de l’intérieur, devraient méditer l’expérience.
    Eurocrates, Médias, triomphent et caricaturent de plus belle : Souverainistes = populistes. Hollande court comme un canard sans tête derrière Merkel pour constituer une avant garde avec un Parlement spécifique. Fuite en avant à grande vitesse, plus dure sera la chute. Impitoyable et juste F.Lordon .


  35. Denis Griesmar Le 22 juillet 2015 à 14h56
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    Il reste un non dit dans toute cette discussion : la non remise en cause de la pertinence d’une Europe politique, quelle qu’elle soit. Qui est “nous” ? “Nous”, les Européens ? Quelle blague ! Tout cela pour garder un fil à la patte “européen” pour empêcher les Nations de reprendre leur liberté. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes redevient, comme au XIXème siècle, un combat d’avant-garde. Après des siècles de crétinisation (“dumbing down”), il faut réapprendre à penser : qu’on le veuille ou non, le corps politique est bien la Nation (il n’y a pas de “citoyens européens”). C’est se moquer du monde que d’invoquer constamment les “droits de l’homme” sans ajouter “et du citoyen”. Concrètement, Renault s’est allié à Nissan, qui n’est pas européen. Et alors ? Les relations entre Nations du continent européen doivent être de coopération (Airbus, Ariane), mais sans être exclusives, ni même privilégiées. Il faut réapprendre à regarder plus loin (comme savaient le faire les rois de France, tel François 1er). Et d’abord dans la direction de la Russie.
    “There are more things in Heaven and Earth, Horatio
    Than are dreamt of in your philosophy”. (Shakespeare, Hamlet).


  36. Charlie Bermude Le 22 juillet 2015 à 15h02
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    C’est toujours intéressant de lire Lordon , surtout que peut étre n’est ce qu’une impression personnelle , pour une fois il est facile à lire .
    Ce que révéle cet article à mon avis est un effet boomerang de l’échec du peuple Grec sur la gauche , mais pas que Grecque . Lordon tourne autour du pot en désimpliquant au maximum pour charger Podemos mais tout le monde a compris que c’est de notre gauche qu’il est question dans cette histoire . L’effet kiss cool vient de ce que les ambiguités de l’euro étant levées pour les plus attentifs , celles de la gauche aussi .
    Y en a une historique malheureusement qui perdure et qui risque d’en faire des autistes comme les eurocrates envers Yaroufakis . Elle remonte à la Révolution Française . Là il faut étre iconoclaste et descendre deux images d’épinal gravées dans les mémoires .
    La premiére : le peuple souffrait tant que le vase a débordé , (révolution , mai 68 , etc …) ce qui fait que la gauche sans cesse attend , attend , attend …que çà déborde . Mais çà n’a ruen à voir , hier comme aujourd’hui , la révolution vient des vrais puissants , ceux qui financent et donc à qui on doit , à distinguer des faux puissants : ceux qui sont aux pouvoir depuis trop lontemps et qui doivent . Une révolution , c’est une simple mis à jour .
    Deuxiéme image d’épinal : les sans-culottes , fer de lance Parisien pour aiguillonner les ardeurs .
    Ces sans culottes étaient aussi beaucoup au statut non reconnu par l’Ancien Régime , hors corporations , traitant des produits coloniaux , les nationaux étant réservés à la France profonde des corporations .
    L’Etat était endetté oui , comme aujourd’hui , point apparemment commun , mais c’était l’Etat de l’Ancien régime et de la noblesse , aujourd’hui c’est un état bourgeois certes mais aussi de providence . Je crains que le coté providence : santé retraites , éducation , etc n’échappe pas complétement à la gauche , tout au moins une partie du peuple , qui espére encore que la providence l’emporte sur le bourgeois . Inertie mentale certes , mais pas que …
    Heureusement il se joue une autre partie , sur un tout autre terrain , celui de l’avenir à mon avis où ses catégories non plus de sens ou pas encore gagné leur nouveau sens du fait que l’ancienne se joue toujours . C’est comme les peplums on nous en ressort toujours alors que le genre est épuisé . Bon , alors , la gauche ? Elle prend son cornet ?


  37. Olposoch Le 22 juillet 2015 à 16h41
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    La question que je me pose, et que je n’ai vu traiter nulle part…

    OK la Grèce se barre et sort du “village” de la zone euro, admettons qu’elle échappe à la boule blanche qui étouffe les candidats à la liberté…

    Que se passerait-il?

    En Grèce, les volontés progressistes de la Grèce devraient affronter:

    – les oligarchies grecques, corrompues, ayant profité des largesses accordées et de l’appui des oilgarchies de l’UE + les toujours 60+% de grecs qui ont toujours un boulot, et donc quelque chose à perdre.

    – les oligarchies de l’UE qui ont patiemment bâti le système actuel qui leur est entièrement dévolu.

    – les oligarchies planétaires, solidaires entre elles à travers diverses structures hors d’atteinte de la démocratie.

    – en fait la totalité des oligarchies toutes-puissantes de “la communauté internationale”, le club des 1%, de l’ouest, la BCE, la City, la FED qui feront tout pour atomiser toute volonté de modèle alternatif… on a vu ce que pouvait faire l’eurogroup, structure qui n’existe même pas dans “les traités”, chier sur tout ce qui ne sied pas aux technocrates… on n’imagine même pas au niveau supérieur, les maîtres de l’OTAN et du TTIP, révolution colorée et/ou frappes chirurgicales en vue, d’ici à ce que des attentats terroristes viennent à rappeler aux grecs dans quel sens il doivent avoir peur…

    La Grèce dit merde à l’euro et devient le coupable de tout et la cible de toute la puissance oligarchique de l’ouest… RIP la Grèce…

    Ou bien la Grèce va chercher un peu de positivité auprès des BRICS, mais ceux-ci ont d’autres préoccupations, livrer du gaz OK, mais pourquoi sauver la Grèce (2%) et alimenter la propagande anti-BRICS alors qu’il suffit de voir tout ce petit monde couler et faire faillite… pourront toujours ramasser des morceaux de Grèce, si Warren Buffet et Johnny Depp n’ont pas tout racheté pour le prix d’une bouteille d’Ouzo…

    Que “la gauche” fasse son deuil de l’euro, un premier pas, qu’elle réalise aussi que les 1% sont à l’origine d’à peu près tous les problèmes et les blocages actuels…
    Il n’y a pas de complot secret mondial contre les peuples, la connivence des 1% est établie, documentée, publiée, évidente…


    • Max Le 22 juillet 2015 à 18h22
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      Je suis d’accord avec vous, je rajouterais même que ca doit faire plaisir a la Russie et accessoirement a la Chine de voir l’UE se saigner pour la Grèce…………….. C’est toujours ca qui n’ira pas en Ukraine.


  38. Philae Le 22 juillet 2015 à 17h40
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    Selon Lordon: Abandonner aux extrêmes droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute perspective politique d’en finir avec l’euro et ses institutions est une faute politique qui condamne les gauches européennes à l’impuissance indéfinie.”
    Selon la définition communément admise, l’extrême droite se caractérise par des milices, la xénophobie et une horreur de la démocratie. Il conviendrait de poser clairement la question de savoir si le parti Front National qui a pour projet de retrouver notre souveraineté nationale et sortir de l’Euro peut être encore qualifié de parti d’extrême droite. Il semblerait que l’actuelle présidente de ce parti ainsi que le vice-président sont proches des idées de Chevènement et du Gaullisme en général. Le fameux Jean-Marie a été exclu et réintégré par décision de justice, ce qui en dit long. En effet, ceux qui envisageaient une sortie de l’Euro ou de retrouver nos frontière et notre souveraineté étaient traités de fachos (Ah vous pensez comme le Front National mon bon Monsieur). Donc, Jean-Marie était un allié de ce qu’il convient d’appeler maintenant une tyrannie Européiste. Le message étant : « tous ceux qui sont contre l’Euro sont des antisémites, des nazis, etc… ». Il est intéressant d’observer l’audience que les médias accordent actuellement à Jean-Marie. Bien entendu, je souhaite que Monsieur Dupont Aignan puisse réussir à l’avenir, mais pour le moment le Front National regroupe un électeur sur 4. Le Front National est donc devenu une composante incontournable de l’opposition


    • Jusdorange Le 23 juillet 2015 à 10h10
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      Les problèmes du front national.

      1) perçu comme un parti raciste et xénophobe par une partie trop importante de la population pour gagner une élection.

      2) cette perception est fondée sur une liste bien longue de propos outranciers et stigmatisant. Et ce n’est pas parce que je parle comme le journal Le Monde que ce que je viens de dire est faux. La doxa n’a pas toujours tort.

      3) cette liste ne montre pas que le FN est nécessairement d’extrême droite ( on pourrait en débattre), par contre elle montre que le FN se sabote constamment. Exemple : Marine Le Pen va à un bal à Vienne en 2012 organisé par le FPO autrichien le jour d’anniversaire de la libération des camps. Si je demande à un gamin de quatre ans : est-ce que tu penses que c’est une bonne idée d’aller à un évènement organisé par des gens accusés d’être d’extrême droite, alors que je suis aussi accusé d’être d’extrême droite, le jour d’anniversaire de la libération des camps, pendant une année d’élection où je me présente, sachant que ma stratégie est de dédiaboliser mon parti ? Le gamin va se fiche de ma tronche et il aura bien raison.

      Or comme je constate que MLP a assez de neurones pour se déplacer et aligner des phrases sujet\verbe\complément , j’en conclus qu’elle avait en 2012 assez de neurones pour savoir que c’était une mauvaise idée. Et pourtant elle y est allé.
      Conclusion : elle l’a fait car elle a vu l’opportunité de saboter sa propre campagne.
      Pourquoi le sabotage ? J’en sais rien. Mais que ce soit par malice, ou autre , cela n’infirme en rien l’idée selon laquelle le FN est une pure impasse.

      Je vous parie mon 4 heures qu’en 2017 elle va nous refaire un petit dérapage contrôlé, et les soutiens du FN vont nous expliquer pourquoi cela ne veut pas dire qu’elle est d’extrême droite. Alors que la question qui mérite réponse est tout autre : pourquoi le FN sabote constamment ses campagnes ?


  39. Parousnik Le 22 juillet 2015 à 17h55
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    La Gauche… le socialisme… est mort en 1972 au Chili et le coup d’Etat yankee, malgré cela Mitterrand a bien essayé en 81 mais il a capitulé en 83…sous la menace US de priver la France de financement… et le même chantage fut imposé à Tsipras en Grèce… Faut arrêter de rêver la gauche n’est plus qu’une illusion de propagande politocarde. La seule gauche tolérée est une gauche ultralibérale… comme le prouve le régime politique sous Hollande en France. UMPS hier…ou RPS aujourd’hui c’est le régime unique…avec sa pensée unique.


    • Macarel Le 22 juillet 2015 à 20h04
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      Le socialisme a-t-il jamais existé ?

      C’est la loi du plus fort qui a toujours prévalu, le droit est écrit par les plus forts. Et ne fait que légaliser le rapport de force.

      Pour le reste si vous êtes chrétien, vous pouvez croire que dans l’eau delà , les derniers seront les premiers…


    • lon Le 22 juillet 2015 à 21h14
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      Ben non il est mort en 1989 à la chute du mur , et à la chute de l’URSS, seule alternative au monde capitaliste .
      Je connais plein de gens de “l’est”, et ils sont presque tous nostalgiques de ces années-là, même s’ils le sont de manière un peu honteuse .


  40. Charlie Bermude Le 22 juillet 2015 à 19h04
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    çà peut paraitre hors sujet , mais non . Les pauv Grecs c’est depuis les croisades qu’on se la joue .
    Pour les aider contre les musulmans déjà ont leur a piqué les bénéfices de leur commerce extérieur ( Venise) , grace à la menace des Normands , puis progressivement le reste . Finalement ont les a laissés baigner dans le jus ou le joug Turc . En fait on s’en fiche royalement des Grecs comme de tous ce qui est orientalo*Européens , leur autonomie nous transformerai en cul de sac du bout du monde . L’Amérique qui est venue se surajouter n’est qu’un accroissement de notre puissance qui se la péte actuellement un peu trop . Leur matrice c’est nous .
    Le hors sujet c’est la Roumanie , c’est à l’Est aussi , ex Ottoman aussi , c’est à dire sans état à vocation non parasitaire , mais meilleur caméléon que la Gréce . Elle passe au travers des gouttes depuis plus longtemps , la preuve elle a conservé sa langue latine .
    Projet mirifique , alors qu’endetté jusqu’au cou par le mégalo palais de Ceaucescu , c’est pîre que Versailles , à peine 1/10 peut utilisé utilement , la plus grande Mosquée d’Europe !
    Sur plus d’un hectare , en pleine ville , avec espace vert , un futur centre du terrorisme mondial quoi , avec université , financé par tous ce qu’il peut y avoir d’occulte dans l’Islam Turc et émiratis , surtout pour les pots de vin aux politiques . Voilà comment çà fonctionne à l’Est !
    La Russie est une exception à cause de son espace , çà comprend le gaz , bien sur .
    Ce qu’il faut surtout reprocher à folamour Stauble , c’est de ne pas avoir laissé une chance à Tsipras , d’avoir entamé une réforme de ce genre d’état , en supposant comme il le déclarait que c’était son intention . Mais là on est dans la tradition occidentale vis à vis de ces peuples . Avec une touche d’autodestruction Allemande quand méme . Avec notre Hollande oui-oui , mou comme un chamalo , on a pas avancé le jeu , non plus .


  41. Wilmotte Karim Le 22 juillet 2015 à 19h20
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    Au risque de choquer, mais on a pas eu besoin de l’intervention de la CIA pour imaginer la création de “l’Europe”.

    Deux guerres mondiales après, c’est effectivement le projet US… et des capitalismes nationaux qui l’emporte.

    Très longues vidéo des économistes atterrés en visite à Bruxelles : link to youtube.com


  42. Qatsi Le 22 juillet 2015 à 19h31
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    à lire la longue interview de Stathis Kouvélakis, et sa vision sur les évenements.
    il montre bien l’enchainement, les circonstances, et les approximations de Tsipras, et des négociateurs.
    il propose une vue pour l’après.
    link to contretemps.eu


  43. Manuel Baptista Le 22 juillet 2015 à 19h34
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    Sûr que Lordon met le doigt dans la blessure. Mais, je me permets d’être encore plus clair. La gâuche, europeíste ou non, est devennue un avatard historique dont les «petites gens» (classe ouvrière au sens large) se foutent bien. Les analyses justes de quelques uns bien intentionnés ne changeront rien, puisqu’on est devant un rejêt historique de cette gâuche porteuse le drapeaux et de bannières qui furent (d’avant hier) un symbole de ralliement des classes opprimées. Mais qui ont perdu leur sens et surtout dont les porteurs eux-mêmes ont renié! Les ouvriers, les pauvres, les jeunes, les chômeurs, dans une proportion très grande – dans tous les pays de l’Euro et dans toutes la UE – sont TOUTES dépourvues de représentation politique vraie quelque soit le pays. Ils le sentent confusément ou lucidement, mais de toute façon l’effet est que soit ils rennoncent à quelque intervention politique, soit ils tombent dans les bras d’une droite réaccionaire, voire néo-fasciste, qui existe (et menace de prendre le pouvoir) non seulement en France mais dans d’autres pays du «centre» (Italie du Nord, Allemagne, Hollande, Autriche, Pays Scandinaves, Grande Bretagne, etc).
    Le résultat, j’en suis désolé, est que nous allons vers une période de régréssion sociale et de civilisation, comme l’Europe en a connu dans le passé.
    La gâuche, elle, sera un mauvais souvenir et ceci parcequ’elle ne pourra même pas être porteuse d’espoir, vu qu’elle a failli non seulement dans ses analyses et stratégies, mais dans la perte (la trahison) de son ethos profond.
    On de mérite pas de survivre politiquement au reniment des ses principes. Nous savons que ce jeu infect de renoncement à ses principes et valeurs a été son trait le plus constant pendant au moins trois décénnies!
    Il faut faire le deuil de la gâuche. Il faut pas bâtir des choses nouvelles avec les débris (pourris) du passé.
    Un changement profond ne peut venir de ces matelots même qui ont précipité les navires contre les rochers, les ont aidé à couler, puis en ont partagé les dépouilles…


    • Alfred Le 23 juillet 2015 à 01h13
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      Votre analyse est correcte mais elle est hémiplégique: la droite AUSSI a trahis ses électeurs et ses valeurs. Sinon nous n’en serions pas la (et j’aurai été obligé de rendre grâce à “l’adversaire” qui par sa probité et la pertinence des analyse m’aurait permis de vivre dans le seul pays échappant à la rapacité psychopatique ET suicidaire du néolibéralisme). Vous voulez tout rebâtir et vider le foyer de ses cendres. Soit pour les partis et les hommes. Mais certains concepts et idées sont plus que valables pour l’avenir. Par exemple la retraite par répartition (avec indexation du montant des retraites sur le taux d’emploi et donc équilibre financier) me semble plus robuste que tout système par capitalisation dont on a pas fini de voir la chute. Cela me semble de gauche. Si cela vous semble de droite, tant mieux.


      • Manuel Baptista Le 23 juillet 2015 à 02h06
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        Alfred,
        la droite n’a pas besoin, autant que la gauche, de trahir ses valeurs et ses électeurs. Si elle le fait, ce n’est pas un besoin absolu por elle. Tandis que pour la gauche, du moins celle qui se nomme de «gouvernement», il n’est pas question d’aller contre le fameux consensus de Washington. Il n’est pas question de répudier l’UE des grands groupes industriels et financiers. Ce sont eux leurs patrons, et ils savent bien qui est leur maître: pas les électeurs de gauche (des gens sincères et pas bêtes, pour la pluspart), sont leurrés d’une façon tout à fait éhontée.
        Parceque les gens adhèrent encore aux symboles; aux mots-d’ordre; ils croient que quelqu’un qui crie que «mon ennemi c’est a finance» ce ne peut être «un salaud». Or, justement, ceci est le comportement typique des politicards (dire n’importe quoi pour être élus, et après… bon soir).
        Je ne dis pas que ceux de droite sont d’une probité et droiture à toute épreuve. Je dis qu’ils n’ont pas besoin de faire ces singeries pitoyables, de mentir en permanence, de bafouer les valeurs du socialisme – qui demeure cher dans le coeur de beaucoup de gens.
        Les salauds, c’est pas leur discours qui peut être une atténuante. Le peuple devrait les répudier, voir qu’ils sont pas tolérables, pas fréquentables. C’est leur pratique qui les condamne: la totale incohérence entre leurs discours et leur pratique.


        • Alfred Le 23 juillet 2015 à 10h12
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          On peut jouer au concours du plus grand traitre comme à celui de la plus grosse … voiture. J’insiste simplement parce que nous en auront besoin pour la suite. Quelles sont les valeurs “de droite” que la droite n’a pas trahi? “L’enteprise” quand on fait défiler les petits patrons pour défendre l’intéret des grands groupes qui vont les tondre? La famille quand distingue par ses actes les familles de riches et les familles de pauvres (éducation à deux vitesse, salariés précaires qui passent 12h:j hors de leur foyer pour des prunes)? L’odre et la loi quand les criminels en col blanc echappent majoritairement à la prison? Le patrimoine durement gagné et sa transmission quand les bijoux industriels sont bradés et dépecés,quant le patrimoine environnemental est saccagé, quand les gens sont incités à mettre leurs économies dans le casino exclusivement destiné à les plumer? La patrie et sa défense quand on se fait au moins aussi bien que la goche le caniche du pentagone
          et qu’on ouvre les fesses pour trois pétrodollards quataris?
          Et la droite aurait intrinsèquement moins besoin de mentir pour se maintenir au pouvoir? Vous plaisantez n’est-ce pas?
          Nous avons TOUS été trahis dans les grandes largeurs. Prétendre le contraire serait permettre à certains de revenir par la fenêtre pour remettre le couvert de la trahiison et de la déception.


  44. RGT Le 22 juillet 2015 à 20h52
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    Magnifique texte de Lordon, fouillé, intelligent et très bien construit.

    Malheureusement, ce cher Frédéric commet toujours la même erreur sans doute liée à cette “foi” qu’il critique pourtant si bien : Il prône le retour de “La Gôôôche”…

    Je ne suis plus très jeune, mais par contre j’ai compris depuis bien longtemps qu’il n’y avait AUCUN espoir du côté de quelque “idéologie” politique.

    Tous ces dirigeants de partis ne sont que des “commerciaux” qui esayent de nous fourguer des aspirateurs en venant tirer nos sonettes. Au final, la seul chose qui les intéresse réellement, de Melenchon à Le Pen, c’est seulement la prime qu’ils récupéreront en fin de mois pour avoir arnaqué de nombreux clients…
    Ils ne sont en fait que des vendeurs à la sauvette, des “casseurs d’assiettes” qui sévissaient sur les marchés de ma jeunesse…

    Le seul moyen pour un peuple de réellement retrouver sa souveraineté est de jeter tous ces “grand penseurs” dans la poubelle la plus proche et prendre en main son propre destin en participant activement à des négociations durant lesquelles TOUS les membres de la communauté seront partie prenante et dont le résultat ne portera préjudice à personne…

    Hélàs, nous en sommes loin. Il suffit de regarder le nombre de crétins qui vont voter pour le premier escroc venu et qui ensuite se plaignent d’être tondus jusqu’à l’os.
    Quand on essaye de discuter avec eux, on se rend bien compte que les négociations leur sont insupportables et qu’ils préfèrent s’en remettre à quelqu’un d’autre même si leur représentant les arnaque sans complexes.

    Leur principal argument (quand ils n’ont plus rien de réfutable à proposer) est simplement qu’il “faut” des dirigeants qui décident à notre place sinon on s’enferme dans des discussions sans fin.
    Bref, c’est le bordel, “l’anarchie” (au sens péjoratif du terme) et plus aucune décision n’est prise…

    Il ne pensent pas que si les “grandes décisions” de nos “grands décideurs” ne peuvent pas être validées par un consensus de tous les citoyens, c’est justement parce que leurs décisions sont de réelles arnaques. S’ils présentaient des projets qui soient profitables à TOUS ça se saurait et ces projets seraient adoptés à l’unanimité, pas à grands coups de 49.3 car même les membres de leur “congrégation” qui “représentent le peuple” ne veulent pas cautionner ces arnaques (et pourtant ils en tirent de gros avantages, mais quelquefois l’arnaque est si manifeste que les gogos risqueraient de se retourner contre eux)…

    Nos “grandes démocraties” ne sont en fait que des dictatures maquillées comme des voitures volées.
    La vision que j’ai (depuis très longtemps) de la “république” est celle d’une vielle dame “plus que fanée” qui s’adonne au commerce de ses charmes…

    Et question goûts, j’avoue que les “charmes” qu’elle propose sont plutôt écoeurants…
    Mais bon, il faut bien vivre, et tant qu’il y a des “clients” pour payer les passes, il n’est pas nécessaire de se recycler…

    Ne cherchez PAS de solution dans un “idéal politique”… TOUS les partis ne sont que des escroqueries montées de toutes pièces pour le plus grand profit de leurs dirigeants (qui en vienet, et même très bien) et surtout pour le plus grand profit de ceux qui financent TOUS les partis, quelque soit leur “couleur”…

    Business is business.
    Et ce sont les gogos qui croient à ces balivernes qui se font plumer.
    Depuis plus de 2 siècles pour les “Grandes Démocraties Exemplaires Gardiennes des Droits de l’Homme et de l’Égalité”…


  45. Louis Robert Le 22 juillet 2015 à 21h13
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    “A ceux qui, sincèrement de gauche, se sont refusés si longtemps à voir l’impasse de l’euro, pour entretenir l’illusion d’un improbable « rapport de force » qui permettrait d’en changer la configuration, à ceux à qui il aura fallu le calvaire grec pour (commencer à) mesurer la radicalité idéologique des institutions européennes, il faut dire qu’après que cette erreur aura assommé les Grecs de Syriza, elle assommera les Espagnols de Podemos, et puis que nous y passerons tous…. un despotisme économique irréductible. Despotisme, puisqu’on ne peut nommer autrement une entreprise aussi résolue de négation de la souveraineté démocratique… On reconnaît la servitude volontaire… à ceci que les dominés épousent fondamentalement la croyance des dominants, même si c’est la croyance constitutive d’un ordre qui les voue à la domination, parfois à l’écrasement.”

    +++

    Or comme l’écrit pertinemment, plus haut, Parousnik, “la gauche… est morte; aujourd’hui, c’est le régime unique… avec sa pensée unique”, comme ce l’est du reste au cœur même de l’Empire, dont l’Europe n’a donc plus rien à envier puisqu’elle marche servilement dans ses pas. Objectif “global”, uniformité financière, économique, politique, guerrière… puis sociale et culturelle, autant que cela sera possible et tant que les peuples laisseront faire… en catimini, derrière toutes ces portes closes, au plus grand mépris des manifestations, des élections, des référendums, bref, au mépris de tout, sous la surveillance omniprésente d’un Big Brother de “gauche-centre-et-droite”.

    Il n’y a donc rien à attendre des restes et débris de la soi-disant “gauche”, désormais dénuée de pertinence, désuète, pour tout dire sans aucune importance (“irrelevant!”), sinon par sa reddition déjà bien engagée, tout particulièrement en Grèce, comme chacun sait.

    On se dirait presque en 1933… alors qu’en fait, il y avait à tout le moins une véritable gauche européenne, assez robuste en apparence, du reste, mais qui fit tout de même défaut… et pour les mêmes raisons: l’aveuglement, la tergiversation, l’inhibition de l’action… et, aux moments critiques, le manque de courage… voire l’absence!

    Milton Mayer en rend compte éloquemment, dans “They Thought They Were Free: The Germans, 1933-45″ (Chicago: Univ. of Chicago Press, 1955, 1966), p. 168f. Citant un professeur allemand avec qui il s’était entretenu entre 1950 et 1954, il écrit — je traduis de l’anglais:

    «Le pasteur Niemöller parlait au nom de milliers et de milliers d’hommes comme moi quand, parlant (trop modestement de lui-même), il déclara que, lorsque les nazis attaquèrent les communistes, il se sentit un peu mal à l’aise, mais, après tout, n’étant pas communiste, il ne fit rien… puis ils attaquèrent les socialistes, et il se sentit alors encore plus mal à l’aise, mais, n’étant pas socialiste non plus, il ne fit rien… puis il y eut les écoles, la presse, les Juifs, et ainsi de suite, et il était chaque fois de plus en plus mal à l’aise, mais malgré tout il ne fit rien… puis ils attaquèrent l’Église, et il était un homme d’Église, et il fit quelque chose… mais il était trop tard.”

    link to history.ucsb.edu

    Après l’Ukraine (et tant d’autres pays au même temps, si ce n’est bien avant, dont la Yougoslavie, pays européen), la Grèce nous l’indique aujourd’hui on ne peut plus clairement, nous en sommes là. Dans l’air, de forts relents de décadence, occidentale…


    • Manuel Baptista Le 23 juillet 2015 à 02h25
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      Je souscris tout à fait votre opinion. J’ai eut la nausée de la politique lorsque le très socialiste président de la république Portugaise, Sampaio, a voté pour l’attaque barbare contre la Yougoslavie. Un crime de guerre de l’OTAN, qui jointe aux crimes contre le peuple Iraquien et bien d’autres, a montré en fait, dès 1999, pour n’importe quelle personne qui n’ai pas perdu le sens de l’humanité, la monstruosité de tout cet Empire auquel nos peuples sont asservis


  46. BG Le 23 juillet 2015 à 12h04
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    Je lis toujours avec intérêt les articles de Lordon, comme ceux de Sapir, mais j’avoue qu’ils m’agacent tous les deux quand ils matraquent avec autant d’insistance que la sortie de l’euro est la clé de tout et qu’ils utilisent le moindre développement de la crise grecque pour affirmer qu’il rend leur thèse encore plus indiscutable.
    Je suis prêt à admettre qu’une sortie de l’euro puisse être bénéfique (dans certains cas, pour certains pays, dans certaines conditions…) mais, à mon avis, ce n’est pas le passeport vers une voie royale économique et sociale que les deux maestros essaient de nous vendre. Je dirais même qu’en insistant sur ce seul point, comme pierre angulaire d’une politique de gauche, on occulte l’essentiel.
    Herriot, pourtant loin d’être un révolutionnaire, parlait déjà dans les années 20 du “mur de l’argent”. Près d’un siècle plus tard, ce mur est plus haut que jamais et il sera opposé à toute tentative progressiste en Europe, que ce soit dans l’euro ou hors de lui. Il faut être naïf pour croire qu’une Grèce hors de l’euro échapperait aux mesures de rétorsion et d’humiliation des “marchés” et de leurs commis politiques.
    Donc, avec ou sans l’euro, j’attends davantage des économistes et des intellectuels progressistes qu’ils affûtent des outils (économiques mais aussi idéologiques) permettant de mettre en échec ces “marchés” ; sinon, répandre l’illusion de la sortie de l’euro comme la mère de toutes les solutions, c’est préparer des matins catastrophiques.


    • rouge vif Le 23 juillet 2015 à 15h24
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      Cher BG,
      La sortie de l’Euro n’est qu’un préalable au recouvrement de la souveraineté nationale et populaire.
      L’enfermement dans l’Euro interdit toute possibilité d’une politique économique publique non austéritaire et elle est toxique et suicidaire pour les peuples. C’est donc un préalable.
      La rescision des traités européens depuis 1986 est un autre préalable sans quoi la souveraineté populaire restera hors de portée.
      Et cela est possible dans un pays (le premier suivi par d’autres)
      non sans douleur certes mais quelle joie intime de voir la maison des fous,( entendez par là la “construction” “européenne”) s’effondrer quelle que soit la longueur de l’hystérèse et voir les digues de la finance internationale de marché crouler à leur tour.., si d’aventure la France était ce premier pays.
      Contrairement à vous je pense que les économistes ou plutôt nos deux économistes FL et JS font leur travail d’économistes et plutôt bien mais pour s’en convaincre encore faudrait il que vous fassiez l’effort de les lire en dehors de ce Blog qui il est vrai est bien utile


      • BG Le 24 juillet 2015 à 00h05
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        “encore faudrait il que vous fassiez l’effort de les lire en dehors de ce Blog ”

        Qui vous dit que je ne les ai pas lus, qui sait, plus que vous ? Un avis différent n’a pas forcément comme origine le manque d’information ou de réflexion.
        Je maintiens que ce débat sur la sortie ou non de l’euro est un leurre qui permet d’éviter de parler de l’essentiel, beaucoup plus difficile à résoudre.
        Que Saturne dévore ses enfants dans la zone euro ou en dehors n’a que peu d’importance à mes yeux, s’il les dévore ; et le fait de détourner les yeux ou de se voiler la face n’a jamais, me semble-t-il, changé la réalité (pour Louis Robert)…


        • rouge vif Le 24 juillet 2015 à 22h04
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          Cher BG,
          si vous avez un avis different il serait interressant de le connaitre autrement qu a travers l usage de metaphores
          La finance de marche veut reduit le monde via une forme de dictature plus ou moins
          viiolent selon les pays et il se trouve que l euro est justement l un de ses intruments
          il faut bien commencer quelque part ici en France
          qu en pensez vous?


    • Louis Robert Le 23 juillet 2015 à 19h05
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      BG,

      Il arrive, parfois, qu’il faille tourner le dos et sortir, sans un mot, sans même regarder derrière, puis marcher droit devant soi, devoir traverser le désert jusqu’à la dernière dune, pour se contenter, à la fin, de ne contempler que le pâle reflet sablonneux d’un soleil crépusculaire, beige, et rose, et gris…

      Seul, dans la nuit, on ne regrette jamais d’avoir refusé de tout bonnement assister à ce spectacle quotidien, monstrueux, inoubliable, de Saturne, le regard fou, dévorant ses enfants.

      Venu de loin, l’avertissement de Goya est immortel.

      _____

      “Francisco Goya 1746-1828. Musée du Prado, Madrid.

      link to entreleslignes.over-blog.fr


  47. Renaud Bouchard Le 23 juillet 2015 à 16h47
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    link to agoravox.fr

    link to agoravox.fr

    La Grèce face aux Necromongers de l’Euro. Convert or Die ? Non, la Grèce a perdu une bataille mais elle n’a pas perdu la guerre.

    Συγχαρητήρια Ελλάδα ! Bravo la Grèce !

    L’Europe vit désormais dans un état de guerre économique, politique, financière, éthnique et sociale de « faibe intensité », susceptible à tout moment d’éclater. Elle offre le tableau kaléidoscopique particulièrement instable d’une structure que le moindre mouvement est à même de redessiner au travers d’une composition géométrique nouvelle dont les éléments angulaires, bien que séduisants par leurs couleurs, pourraient bien se révéler particulièrement tranchants.L’Europe serait-elle devenue, avec l’histoire récente de la Grèce et l’arrivée de Syriza au pouvoir, l’avant-poste d’une capitulation généralisée ? Très certainement, avec les précisions et nuances que requiert la réponse à cette question dans la mesure où – et c’est là que réside la victoire des Tsipras, Varoufakis et autres, malgré leurs retraits -, les fondations de Bruxelles ont été irrémédiablement secouées par une secousse sismique dont les répliques vont longuement perdurer.
    Les sismologues savent analyser ce qu’ils définissent comme le tremor, ce phénomène sismique qui décrit avec la montée du magma une libération énergétique de longue durée précédant ou accompagnant une éruption volcanique.

    cf. une illustration sonore du processus :link to earth-of-fire.com

    Il faut s’en réjouir. Les architectes ont pensé un projet qui se révèle aujourd’hui d’une duplicité et d’une tromperie telles qu’il n’est plus possible et encore moins acceptable de le parachever sans dommages. Les plans étaient mauvais.Le bâtiment a bougé. Il est irrécupérable et doit être entièrement reconstruit, sur de nouvelles fondations, avec d’autres structures, d’autres architectes, d’autres objectifs, pour être habité par d’autres dirigeants au bénéfice de tous ceux qui, consciemment ou non, attendent de l’Europe qu’elle se dote enfin de cette dimension réellement démocratique qui lui manque : une construction par les européens, pour les européens, débarrassée de tout inféodation, sujétion, parasitisme.Un nouveau cap.Le troisième plan de sauvetage de la Grèce est déjà un échec.


    • willie Le 25 juillet 2015 à 14h51
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      Belles images.Personnellement je pense que le moment historique approche où les gens se diront les uns aux autres:”Fuck l’argent”,on n’en veut plus,ça se mange pas ,et tout ce que nous pourrions gagner en travaillant eest de toute façon écrémé par les états ,les ba nques et les autres escrocs.C’est un changement de paradigme qu’il faut.Les p


  48. Fox 23 Le 23 juillet 2015 à 19h27
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    Et blablabla, et blablabla ! Voila où nous en sommes. On cause, mais ça ne va et ça n’ira pas plus loin.

    Ah, les grandes phrases, les mots vengeurs, pas de répit, le courage du clavier ! Si on vous demande de descendre dans la rue pour vraiment lutter pour sortir de cette spirale infernale,
    vous faites quoi ?

    Vous avez un documentaire intéressant sur ARTE ou France 5 au même moment ? Dommage…

    Tsipras est un voyou de la gauche molle qui a trahi son peuple et tous ceux qui en Europe espéraient un changement. et le couvercle est retombé sur la marmite. C’était un Hollande en (im)puissance !
    Maintenant, nous évoluerons au rythme de l’Histoire qui n’a rien a faire de notre séquentiel lié à notre (courte) durée de présence sur la Terre.

    A 70 ans, après avoir pas mal lutté, je regarde ces grenouillages avec une certaine distance.
    Je me dis simplement que pour les générations à venir, dont la plupart des contributeurs ci-dessus font partie, les temps vont être d’autant plus durs qu’ils sont déjà persuadés qu’il n’y a rien à faire (c’est quand même le sens profond de ces messages), en dehors, parfois de leur côté vindicatif ou de leur verbiage intellectuellement révolutionnaire.

    Bonne chance…


    • Jusdorange Le 24 juillet 2015 à 01h10
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      Cher fox 23,

      Vous pointez du doigt un aspect de la jeune génération ( si vous parlez des moins de trente ans alors j’en fais partie ) qui mérite qu’on s’y attarde : le désenchantement.

      Je n’ai pas les statistiques sous la main, mais j’ai cru comprendre que la méfiance envers les journalistes, les partis et les syndicats et une espèce d’indifférence face aux “grands récits idéologiques ” sont effectivement des marqueurs de notre époque. La méfiance généralisée en somme.

      Est ce que cette méfiance est plus importante chez les moins de trente ans ? Je n’en sais rien. J’en ai l’impression de par mon expérience personnelle, mais il serait mal avisé d’en inférer un principe général. Mais admettons que cela soit vrai, est-ce pour autant une mauvaise chose ?

      Car il me semble que la différence est ténue entre le fait d’être désenchanté et le fait de ne pas être naïf. Je ne vois pas très bien l’intérêt d’avoir des citoyens qui s’enthousiasment pour un parti, un mouvement ou un homme qui hurleraient à la solidarité, à la paix et à la liberté quand leurs propositions auraient pour conséquence l’égoïsme, la guerre et la servitude.
      Or des citoyens qui ont la méfiance comme réflexe , ce sont aussi des citoyens que l’on berne plus difficilement.

      Cependant la méfiance et le soupçon ont aussi un excès : le découragement provenant de la peur de se faire ( encore ) berner. Et oui vous avez raison de dire que dans les commentaires sur ce blog ( et sur tant d’autres), le découragement est répandu et rarement une réponse y est apporté.
      Alors permettez-moi de m’adresser aux commentateurs qui pourraient se reconnaître.

      Chers crisistes,

      Connaissez-vous ce type de commentaire :
      1 ) ” Mais de toute façon on ne peut rien faire parce que X ( ajouter au hasard : les banques, les riches, les patrons, la CIA, peu importe ) ne nous laisseront pas faire ”

      Si vous reconnaissez là un de vos commentaires alors je vous suggère de poursuivre la lecture de celui-ci.
      Tout d’abord la question n’est pas de savoir si le commentaire 1) est vrai ou faux. Car c’est évident qu’il est correct : si vous luttez contre certains intérêts, ceux qui les défendent ne vous laisseront pas faire.
      La question est plutôt de savoir si ce commentaire est utile. La réponse est non. Pourquoi ? Parce que la tonalité de ce type de commentaire sous-entend l’impossibilité de la victoire. Or si vous considérez la victoire comme inimaginable, alors l’échec est certain.

      Mais peut-être considérez-vous vraiment la victoire comme impossible. Tout simplement parce que vous considérez le rapport de force comme trop défavorable, et aucune stratégie gagnante ne vous vient à l’esprit. Sachez cependant que c’est un peu le cas de tout le monde. Aucun parti ni personne n’est absolument certain de la supériorité de sa stratégie. On choisit ce qui nous paraît raisonnable, on essaye, et on se plante éventuellement, ou on réussit.

      La réussite peut être partielle et donc décevante, l’échec peut aussi arriver. Mais si on estime que l’échec est certain, on est tenté de ne rien faire. Si on ne fait rien, l’échec est certain.
      Donc l’échec est certain si on estime que l’échec est certain.

      Je précise par ailleurs que comme le fer aiguise le fer, la force de nos adversaires n’est finalement qu’un hommage à notre propre puissance.
      Si nous étions si stupides, les dirigeants malveillants ( je simplifie ) ne mettraient pas autant d’effort à nous tromper. Et s’ils mettent tant d’effort à nous tromper, c’est bien qu’ils craignent quelque chose. Et si nos adversaires nous craignent c’est donc bien qu’il existe une stratégie gagnante selon eux, et ils ont raison.

      Venons-en à ce que vous dites Fox 23 sur Tsipras :

      Si on rencontre un échec le mieux est d’en tirer une leçon. Pour le cas de Tsipras la meilleure leçon à tirer est que l’austérité et l’Euro ne sont pas dissociables. Donc les partis qui n’en proposent pas la sortie sont disqualifiés. J’ajouterai en réponse à d’autres commentaires que j’ai pu lire, que chercher à savoir ce qui se passe dans la tête de Tspiras a zéro intérêt. Que ce soit par malveillance, incompétence ou autre, le personnage est disqualifié car il ne propose pas les solutions adaptées. Quant à l’argument du “t’inquiète il a un plan secret” est absurde et pourrait faire dire tout et n’importe quoi à tous les politiciens.

      Ceux qui ont soutenu Tsipras ont désormais trois options :
      – continuer de le soutenir ( indéfendable à mon avis )
      – désespérer ( échec garanti voir plus haut )

      Ou bien la troisième option qui est de constater l’échec, de reconsidérer la stratégie, de la modifier, et d’appliquer la nouvelle stratégie. Lordon veut pousser les citoyens qui votent à gauche à reconsidérer leur stratégie concernant l’Euro. Son travail est nécessaire, ce n’est pas du blabla.

      Tant que les Français ne chercheront pas à construire une nouvelle stratégie concernant l’Euro, et j’ajouterai l’UE et l’Otan , dans le but d’une sortie pure et simple, ils ne se passera rien de concret en faveur des citoyens. Or les citoyens sont encore convaincus , hélas, que l'”autre Europe” est possible. Donc nous sommes bien obligés de passer par la case verbiage.

      C’est gentil de souhaiter bonne chance, mais n’ayez pas le sentiment que du fait de votre âge vous devriez être exclu de l’histoire. Le jeunisme ambiant vous aurait-il convaincu du contraire ?


  49. willie Le 25 juillet 2015 à 14h59
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    En acceptant l’idée de l’argent “Mammon”,on se soumet à la volonté de ceux qui en ont la maîtrise.C’est si simple à penser.Arrêtons de comptabiliser,les bilans,les prévisions,ne vous endettez pas déjà pour commencer.
    L’argent a commencé à l’époque ou on a découvert la substance bitumineuse qui brûlait,ce sont des mauvais esprits souterrains qui ont fait surface en même temps.


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