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19.juillet.201519.7.2015 // Les Crises

[Vidéo] L’exploitation de la Zambie

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On m’a signalé cet excellent documentaire, lauréat du prix Albert Londres Audiovisuel en 2012…

Zambie, à qui profite le cuivre ?

Film documentaire d’Audrey Gallet et Alice Odiot, 2011. « Ce pays devrait être très riche. C’est l’un des plus pauvres du monde… » ou comment la Zambie est dépossédée de ses richesses par les multinationales. Lorsque la Zambie accède à l’indépendance, en 1964, ses dirigeants nationalisent les mines. Le commerce du cuivre permet de financer son développement. Écoles et hôpitaux publics sont construits dans ce pays qui devient l’un des plus prospères d’Afrique. Dix ans plus tard, son PIB se rapproche de celui du Portugal, jusqu’à ce que les cours du cuivre s’effondrent, après le premier choc pétrolier. Pour compenser la baisse des revenus qui en résulte, le FMI et la banque mondiale conseillent à la Zambie d’emprunter. Mais au début des années 80, la réserve fédérale américaine hausse brutalement ses taux d’intérêt. La charge de la dette devient alors insupportable pour la Zambie. Le pays n’obtient de nouveaux crédits qu’en cédant au dictat du FMI qui l’oblige à privatiser ses sociétés d’états. Les services publics sont démantelés et les mines bradées en l’an 2000. Quelques années plus tard, le cours du cuivre est multiplié par 5. Mais les multinationales se sont déjà emparées de toutes les richesses dans le cadre d’accords secrets qui les exonèrent des taxes et de toute responsabilité sociale et environnementale.

Au pillage généralisé des ressources, s’ajoutent les drames humains, comme dans la ville de Mufulira, théâtre du documentaire, où la plus grande fonderie d’Afrique s’élève sur la mine de Mopani. Mopani appartient à une société écran basée dans les Iles vierges britanniques, qui sert de paravent à la multinationale suisse Glencore, leader mondial du commerce des matières premières et fondée par le « patron voyou » Marc Rich, partenaire privilégié de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid ou de l’Iran de Khomeiny mais également organisateur en 2003 de la faillite frauduleuse de la fonderie Métaleurop en France, dont la responsabilité dans la pollution au plomb de la région fut découverte par la suite. Glencore, basée dans le canton Suisse de Zoug, est une championne de l’évasion fiscale avec ses 80 filiales réparties dans le monde entier. Pourtant, en 2005 la BEI, la banque publique de l’Europe, qui gère le fond européen pour le développement, lui accorde un prêt de 48 millions d’euros pour la mine de Mopani ! Le prétexte est la modernisation de la fonderie, la réduction des émissions de dioxyde de soufre et le maintien dans l’emploi des populations locales, mais il s’agit surtout de sécuriser l’approvisionnement en matière première pour l’Europe, face à la concurrence chinoise ou indienne. Pourtant, dans les années qui suivent, le dioxyde de souffre qui s’échappe de la mine de Mopani en quantité 72 fois supérieure aux normes admises (le « centa » comme l’appellent les habitants), continue de ronger les poumons des habitants de Mufulira. En 2008, 800 personnes sont intoxiquées après avoir bu l’eau du robinet. Pas de chance pour eux, les soins de santé étant désormais payants, les dispensaires locaux n’ont que du paracétamol à leur offrir. Le fleuve kafué, qui est la principal réserve d’eau du pays et qui irrigue sa plus grande réserve naturelle avant de se jeter dans le Zambèze est lui aussi menacé par la pollution.

Car le procédé d’exploitation mis en œuvre par des ingénieurs kazakhs ou ukrainiens employés par Glencore, consiste à injecter de l’acide sulfurique dans le gisement pour collecter les métaux. Outre les pollutions qu’il génère, ce procédé permet de se débarrasser de la pauvre main-d’œuvre de Mufulira. 3000 mineurs sont ainsi licenciés en 2009, qui hantent désormais la ville sous la surveillance des vigiles de la société. Pourtant la résistance s’organise. La député européenne Eva Joly demande des comptes à la BEI, Les victimes tentent de faire entendre leurs voix, les ONG portent plainte contre Glencore pour pollution et évasion fiscale, puisqu’il apparait que 700 millions de dollars ont été dissimulés dans les livres de comptes de Mopani.


Ici, article de RFI de 2015, pour les dernières informations sur ce pays… (je vous recommande de regarder la vidéo avant de lire ce texte)

Commentaire recommandé

Anne // 19.07.2015 à 08h38

Merci pour ce sujet, qui montre un exemple de ce que la quasi totalité des habitants des pays du tiers monde ont à subir lorsqu’ils ont le malheur de vivre sur des territoires riches en matières premières convoitèes par les multinationales.

Dans tous les pays du tiers monde c’est le même schéma, pillage des ressources naturelles par les multinationales, avec la complicité et la participation des dirigeants locaux.

D’où déracinement et déplacement des populations pour les extractions minières, destruction de leurs lieux de vie ancestraux, pollution extrême induite par les extractions et qui détruit définitivement leur environnement dans lequels ils ne pourront jamais revenir.

Car les multinationales, dans tous les pays pauvres, ne dépolluent pas une fois qu’elles ont arraché à la terre les minerais trés polluants pour les extraire, et les populations dépossédées du peu qu’elles avaient (maisons villages) n’ont d’autre choix que de venir grossir les bidons villes crasseux des grandes villes et parfois tenter le périlleux et souvent mortel voyage vers les ” pays développés ” pour échapper à la misère extrême.

Arhundati Roy écrivain talentueuse de l’Inde a consacré tous ses derniers ouvrages à analyser le problème.
Il faut lire ses livres.

Elle y parle de ce qui se passe depuis des années à lieu en Inde centrale, et qui est dû aux extractions massives de bauxite qui ont détruit l’environnement des populations désormais sans lieu pour vivre.

Les pays du tiers monde ne reçoivent qu’une minime partie des bénéfices.

Leurs dirigeants mêmes élus régulièrement, même et surtout lorsqu’ils ont été formatés dans les universités des USA, ne peuvent broncher sous la botte du FMI, ils sont pieds et poings liés devant les puissances financières capables de faire tomber n’importe quel gouvernement en lui coupant les vivres, ils sont déjà ligotés par la dette.

42 réactions et commentaires

  • marianne // 19.07.2015 à 08h18

    Très pertinente publication. Je veux bien qu’on tire à boulets rouges sur les Allemands, mais il ne faudrait pas oublier pour qui ils roulent, parce que c’est aussi pour ces mêmes bénéficiaires en fin de ligne que roule notre propre gouvernement. J’ai vu la distinction faite dans un article de Zero Hedge je crois la distinction entre capitalisme fasciste et capitalisme démocratique, je trouve ça assez dangereux. Les “trente glorieuses” n’ont-elles pas été le règne du “capitalisme démocratique” et n’en payons-nous pas le prix aujourd’hui en matière de pollution et de dégradation dramatique de l’environnement (avec les conséquences sur la santé que ça suppose) par exemple ? Je crois que nous payons très cher les limites drastiques que pose le capitalisme à notre “démocratie”.

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    • K // 19.07.2015 à 10h45

      Je ne vois pas en quoi le capitalisme serait plus polluant ou plus propre que le communisme (excepté l’automobile qui est effectivement plus présente dans les pays capitalistes).
      Par exemple en matière de pollution nucléaire, les pays communistes sont encore pires que les autres.
      La pollution est la conséquence de la société industrielle (pas forcément capitaliste).

        +11

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      • Philippe, le belge // 19.07.2015 à 14h47

        … juste le fait que le développement capitaliste, afin d’assurer les profits maximum, se fait sur une obligatoire croissance économique, basée sur une obligatoire croissance industrielle (y compris pour produire une multitude de produits inutiles, avec parmi elles les automobiles qui seraient avantageusement remplacés par des transports en commun efficaces), impliquant une croissance parallèle des déchets! C’est dans son ADN, il n’a pas le choix: normes sociales et environnementales sont des freins!

        Le communisme peut être productiviste, certaines expériences passées l’ont montrer, mais en dehors du contexte de concurrence idéologique avec le capitalisme, il pourrait très bien s’en passer ou, à tout le moins, le réduire au minimum nécessaire! La centralisation plus forte peut aussi permettre d’appliquer une politique sociale et environnementale plus efficace!

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  • Anne // 19.07.2015 à 08h38

    Merci pour ce sujet, qui montre un exemple de ce que la quasi totalité des habitants des pays du tiers monde ont à subir lorsqu’ils ont le malheur de vivre sur des territoires riches en matières premières convoitèes par les multinationales.

    Dans tous les pays du tiers monde c’est le même schéma, pillage des ressources naturelles par les multinationales, avec la complicité et la participation des dirigeants locaux.

    D’où déracinement et déplacement des populations pour les extractions minières, destruction de leurs lieux de vie ancestraux, pollution extrême induite par les extractions et qui détruit définitivement leur environnement dans lequels ils ne pourront jamais revenir.

    Car les multinationales, dans tous les pays pauvres, ne dépolluent pas une fois qu’elles ont arraché à la terre les minerais trés polluants pour les extraire, et les populations dépossédées du peu qu’elles avaient (maisons villages) n’ont d’autre choix que de venir grossir les bidons villes crasseux des grandes villes et parfois tenter le périlleux et souvent mortel voyage vers les ” pays développés ” pour échapper à la misère extrême.

    Arhundati Roy écrivain talentueuse de l’Inde a consacré tous ses derniers ouvrages à analyser le problème.
    Il faut lire ses livres.

    Elle y parle de ce qui se passe depuis des années à lieu en Inde centrale, et qui est dû aux extractions massives de bauxite qui ont détruit l’environnement des populations désormais sans lieu pour vivre.

    Les pays du tiers monde ne reçoivent qu’une minime partie des bénéfices.

    Leurs dirigeants mêmes élus régulièrement, même et surtout lorsqu’ils ont été formatés dans les universités des USA, ne peuvent broncher sous la botte du FMI, ils sont pieds et poings liés devant les puissances financières capables de faire tomber n’importe quel gouvernement en lui coupant les vivres, ils sont déjà ligotés par la dette.

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    • Homère d’Allore // 19.07.2015 à 10h26

      Merci, Anne, pour le conseil de lecture. Quels livres de Arhundaty Roy recommandez-vous en particulier ?

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      • Anne // 19.07.2015 à 11h14

        Bonjour Homère,

        Contente de vous lire.
        Le dernier livre “Capitalism a ghost story” est très intéressant il parle de la face cachée de la philanthropie…Malheureusement il n’est pas encore traduit en français. Il est trés bien écrit, sa préface, ses premières phrases portent déjà un souffle puissant.

        “The Ordinary Person ´s Guide To Empire” est un petit livret très intéressant, c’est la transcription d’un discours qu’elle a prononcé il y a plusieurs années.

        Elle est bien sûr l’auteur du “Dieu des Petits Rien”, roman qui l’a fait connaître dans le monde entier, et pour lequel elle a reçu des prix prestigieux.
        À bientôt

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        • Homère d’Allore // 19.07.2015 à 11h23

          Merci beaucoup de vos conseils, Anne.

          Je vais lire “Capitalism, a ghost story” dès que possible.

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  • kasper // 19.07.2015 à 08h42

    On peut les comprendre: si c’est pour finir comme Sankara, ça donne pas envie de résister…

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  • catherine Balogh // 19.07.2015 à 08h57

    https://www.youtube.com/watch?v=NMtgHzXZnIg#t=13

    “Tout le monde veut un morceau de Congo……”
    “Le Congo produit une richesse de plus de 1 milliard de dollars uniquement grâce à ses ressources en or”

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  • Patrick Luder // 19.07.2015 à 09h28

    yaka … la Zambie n’a qu’à faire faillite comme tout le monde ;o)

    Mais attention, faire faillite c’est aussi se couper du monde de la finance. L’indépendance ce n’est pas seulement la liberté d’une nation, l’indépendance c’est aussi le choix de rester dans ses propres limites autarciques.

    Le piège du monde financier c’est de faire croire aux gens qu’ils peuvent vivre en dessus de leurs moyens, mais ce n’est qu’un leurre destiné à ponctionner tout ce qu’ils peuvent produire.

    L’endettement d’un jours c’est la privation pour toujours … seul l’endettement d’investissement avec un fort retour dans un laps de temps réduit peut trouver justice à mes yeux. L’endettement des affaires courantes est une erreur grossière qui conduit à l’appauvrissement progressif.

      +27

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  • wesson // 19.07.2015 à 10h41

    Juste pour préciser, Marc Rich (en fait Marcell David Reich) est mort en 2013.

    Et effectivement c’est un bien drôle de zozo. Il a fait fortune en contournant l’embargo sur le pétrole Iranien, fut lourdement condamné à plus de 300 ans de prison pour cela (et pour évasion fiscale) aux états-Unis, peine qu’il n’as jamais effectuée. Il a fui en Suisse pour y échapper.

    Puis il reçut une grâce présidentielle de Clinton en 2001, dont les mauvaises langues diront qu’elle a été achetée par le don de 1 million de $ que la femme de Rich a fait au parti de Clinton quelque temps avant. Il y eu également des pressions de l’état Israélien en faveur d’un pardon de Rich, ce dernier ayant été un très grand ami d’Israël (il s’y est fait enterrer, bien que habitant à Lucerne et décédé là bas).

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  • Homère d’Allore // 19.07.2015 à 11h14

    Non pas sur la Zambie, mais sur la Tanzanie, ceux qui n’ont pas vu “Le cauchemar de Darwin” peuvent le trouver sur ce lien:

    https://m.youtube.com/watch?v=HSgWjJYxAOk

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  • trombinacoulos // 19.07.2015 à 11h16

    Merci pour cette vidéo édifiante.

    Pour ma part, je fais un parallèle entre la Zambie et la Grèce.
    Au niveau de la Zambie, l’histoire de la dette honteuse commence dans les années 70,
    pour la Grèce, les années 2000. Toujours le même stratagème de la dette puis, asservissement.

    En France, la majorité des gens pense ne pas être dans le même bateau, et pourtant……

    D’autre part, il faut être fortement conscient que l’esclavage et le KKK ont changé de forme, mais existent malheureusement toujours.

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  • sécotine // 19.07.2015 à 12h08

    pourquoi ne parler que de la Suisse et “oublier” de citer la Chine ?
    Il y a quelques années la Chine a re-ouvert des mines fermées par le Grande Bretagne et les Pays Bas faute de rentabilité. Je me souviens de réactions de Zambiens absolument ravis que la Chine leur donne à nouveau un emploi. Quelques années plus tard, ils déchantaient, les chinois se préoccupent d’abord et avant tout de leurs avantages, (est-au Gabon qu’ils ont massivement investi dans l’aménagement de terrains pour la culture du riz où ils ne produisent que les variétés consommées en Chine ?)

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  • Charlie Bermude // 19.07.2015 à 12h15

    Le spectacle de ce qui se passe en Afrique . C’est trop dur pour moi . Le triomphe de la perversité sur l’innocence originelle , insupportable , comme les souffrances d’un enfant .
    Certes il existe aussi des enfants pervertis , çà ne suffit pas ,pour supporter c’est le Mal absolu . Parce que méme les enfants qui nous réjouissent le coeur avec leurs grosses joues et leurs yeux ronds ouverts au monde y passent . C’est l’au delà qui fait renier Dieu , et nous aménent à devenir cette causalité libre dans le monde , mais le cout est effarant .
    Comment ne pas tempérer et différer .

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  • samuel // 19.07.2015 à 12h40

    ” Que nous ont-ils fait pour que nous soyons des esclaves si DOCILES? ”

    L’abus de divertissement, d’anti-dépresseurs, de somnifères, d’acculturation européenne, de chacun pour soi principalement mis en avant dans les sociétés dites plus avancées, pendant ce temps-là les multinationales s’en mettaient plein les poches dans les pays du tiers monde, c’est l’éthique.

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  • jeanpaulmichel // 19.07.2015 à 13h15

    Voir également le documentaire : le cauchemar de Darwin.
    Concerne la Tanzanie et un poisson que nous connaissons tous : la perche du Nil

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  • Louis Robert // 19.07.2015 à 13h38

    Alors que l’on achève de piller la Grèce, ceci confirme que le pillage est de l’essence même de ce désordre mondial qu’ils appellent “l’ordre mondial”. L’ont déjà montré surabondamment un nombre suffisant de personnes de qualité et de divers horizons: Eduardo Galeano (“Open Veins of America”), William Appleman Williams (“Empire As a Way of Life”), Graham Hancock (“Les nababs de la pauvreté”), John Perkins (“Confessions of an Economic Hitman”), Jean Ziegler (“Les nouveaux maîtres du monde”), Kishore Mahbubani (“The Great Convergence”), etc., sans oublier le général Smedley Butler:

    “I spent thirty-three years and four months in active military service as a member of this country’s most agile military force, the Marine Corps. I served in all commissioned ranks from Second Lieutenant to Major-General. And during that period, I spent most of my time being a high class muscle-man for Big Business, for Wall Street and for the Bankers. In short, I was a racketeer, a gangster for capitalism.”

    http://co.quaker.org/Writings/SmedleyButler.htm

    Le temps est donc venu de cesser de dire que nous exagérons, dès lors que nous l’affirmons et le répétons même: le pillage est de l’essence même du désordre mondial qui règne et qui tient lieu d’ordre mondial. Il n’y a rien de bon à en attendre, uniquement la ruine de l’humanité.

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  • Louis // 19.07.2015 à 14h05

    Pour remettre les choses un peu à l’endroit (c’est pratique d’avoir sa bibliothèque à portée de main de son bureau), la France a légué à ses colonies d’Afrique :

    50 000 km de route bitumée
    215 000 km de piste toute saison
    18 000 km de voix ferrée
    63 ports et leurs infrastructures
    196 aérodromes
    2000 dispensaires équipés
    600 maternités
    220 hôpitaux équipés
    en 1960 3,8 millions d’enfants africains étaient scolarisés dans 16 000 écoles primaires, 350 établissements secondaires tenus entre autre par 28 000 enseignants français.

    Les investissements privés représentèrent une part mineure des investissements français en Afrique et ceux ci furent assumés à 75% par l’état (donc les impôts) chez qui les investissements en Afrique représentaient 4% de toutes ses dépenses (sans tenir compte de l’Algérie qui n’était pas une colonie mais territoire français).
    – De 1900 à 1940 ces investissements représentèrent 6000 milliards de francs français
    – De 1945 à 1958 ces investissements représentèrent 1700 milliards de francs français

    De plus la majorité des importations d’Afrique vers le sol français étaient vendues à un prix supérieur à celui du marché mondial.

    De plus l’esclavage avait été aboli en 1848 soit avant l’aventure des colonies lancée par nos bons amis socialistes du XIXeme (cf Jules Ferry et ses délires sur les “races supérieures”). La colonie a duré moins d’un siècle.

    On peut donc en conclure ceci :

    – les colonies ont couté très cher au peuple français tout en ne rapportant qu’à un tout petit nombre d’européens qui se sont grassement enrichi (comme toujours à toutes les époques)
    – la colonisation n’a rien à voir avec l’esclavage

    Donc merci d’arrêter d’essayer de faire culpabiliser le descendant de paysan français. Ses arrière grands parents ont déjà payé depuis longtemps la note, et elle était salée.

    Et si l’aventure coloniale s’est arrêtée ce n’est pas par altruisme ou un quelconque sentiment noble c’est parce que pour l’état c’était un gouffre sans fond.

    En vérité l’Afrique est bien plus pillée depuis la fin des colonies que pendant. Car si autrefois on y investissait quelque chose et que l’état ne pouvait pas faire n’importe quoi au nom d’une certaine “morale”, de nos jours ces pays sont la proies de multinationales qui n’ont que faire de la morale, du droit ou des africains. La multinationale est dans la pratique apatride et fait ce qu’elle veut.

    Quant aux chinois, pour avoir passé 10 ans en Afrique et avoir vu comment ils opéraient, ces gens là n’ont aucune sympathie pour les africains et n’ont aucune intention de développer l’Afrique. Ils pilleront à moindre frais, comme tous les vautours actuels.

    Si vous voulez plus de détails lisez la thèse de Jacques Marseille ou les travaux de Bernard Lugan.

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    • catherine Balogh // 19.07.2015 à 14h14

      Bonjour Louis,

      “Et si l’aventure coloniale s’est arrêtée ce n’est pas par altruisme ou un quelconque sentiment noble c’est parce que pour l’état c’était un gouffre sans fond.”
      ah, ben, nous sommes en désaccord.

      “Cela signifie que ces pays africains ont accès seulement à 15 % de leur argent. Et s’ils ont besoin de plus d’argent, alors ces pays doivent l’emprunter aux français aux taux d’intérêts commerciaux. Et c’est le cas depuis 1960.”

      “Dans les contrats gouvernementaux, les compagnies françaises sont prioritaires et ensuite seulement, les pays africains peuvent choisir d’autres entreprises étrangères. Les présidents de la zone CFA qui ont tentés de quitter le système ont subi une pression abominable de la part des présidents français. Dans les cas les plus extrêmes, cela s’est terminé par un Coup d’Etat organisé par la France.”

      http://actualite.housseniawriting.com/afrique/2015/02/02/comment-la-france-pille-ses-anciennes-colonies-en-afrique/1643/

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      • Louis // 19.07.2015 à 14h26

        Nous sommes tout a fait en accord en fait. 1960 c’est l’époque de la décolonisation et l’amorce du véritable pillage de l’Afrique.

        C’est toute l’arnaque de la décolonisation en fait. La décolonisation ce n’est pas “le méchant blanc part de l’Afrique” c’est “l’état arrête de subventionner mais continue à sucer ce qu’il peut et si possible essaye de sucer encore plus”.

        La mécanique est d’ailleurs très bien rodée en Afrique de l’Ouest. On utilise des dirigeants bidons à qui on fait contracter des prêts, leur pays paye, eux ils touchent un pourboire. Impeccable.

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        • catherine Balogh // 19.07.2015 à 14h43

          Nous sommes d’accord.
          AU final, l’ue essaie de faire pour la Grèce, la même chose qu’il s’est passé pour l’Afrique, privatisations à outrance.Mettre eu pouvoir des corrompus (technocrates)pour mieux voler le pays.
          L’UE sous couvert de narrative mensongère(démocratie, égalité….)est le nouveau colon de l’Europe parce que pour l’Afrique, ça s’est fait.

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          • lm bernard // 19.07.2015 à 15h27

            Ben oui…qui pouvait en douter…depuis le consensus de Washington sous la houlette de l’école de Chicago…du…soft power revu et corrigé par la théorie du chaos ,demandez à l’Amérique latine,l’Afrique et maintenant l’Europe,le capitalisme parlementaire,démocratie représentative d’elle même,.
            P Jorion résume=l’homme est un mammifère opportuniste et prédateur surtout dans sa composante economicus…

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          • ago // 20.07.2015 à 22h56

            un intéressant enseignement de Nicolas Agbohou professeur à l université du Gabon.

            Une explication sur comment la France gère le franc CFA dans la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) ; explication de la façon dont la France impose un NIVEAU DE SOUS DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE de ces Etats africains :

            Nicolas Agbohou Docteur en économie et professeur à la Sorbonne auteur de l’ouvrage le franc CFA et l’euro contre l’Afrique nous démontre comment et pourquoi le franc CFA est une monnaie nocive pour les pays qui l’utilisent.

            Le système du franc CFA est directement hérité des mesures que la France a du subir d’un point de vue monétaire de la part de l’Allemagne pendant l’occupation

            https://www.youtube.com/watch?v=9TLRIBon9lo

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    • Merle // 19.07.2015 à 18h13

      Chiffres intéressants, mais je ne trouve pas de source précise. Est il possible d’en avoir les références ?

        +1

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      • Louis // 19.07.2015 à 19h15

        Bah écoutez moi je possède simplement l’ouvrage de Lugan “Mythes et mensonges de l’histoire africaine” qui sur le chapitre du cout de la colonisation utilise les travaux de jacques Marseille de 1984.

        Donc la source la meilleure serait “Empire colonial et capitalisme français : Histoire d’un divorce” de Jacques Marseille datant de 1984.

        Après libre à vous d’aller encore plus loin et de regarder vous même dans quelles archives Marseille a fouillé. =)

        Ce qui est intéressant et a tendance à prouver l’authenticité de cette recherche c’est que Marseille à l’origine voulait démontrer l’inverse.

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        • Homère d’Allore // 19.07.2015 à 21h36

          Louis, vous avez raison et tort à la fois, car votre problématique est faussée.

          Oui, les colonies françaises ont coûté cher au contribuable français et cela, d’autant plus, pendant les guerres coloniales. Sur ce point particulier, Jacques Marseille a raison.

          Mais, et c’est là le point d’achoppement, elles ont beaucoup rapporté à certains français, plus particulièrement certains financiers ( Banque Indosuez…) et certains industriels ( Michelin et les hévéas…).

          De dire “les Français” ont payé pour développer les colonies, c’est surtout dire “certains Français” ont payé pour les profits de “certains Français”…

          Quant aux autochtones…excepté pour une certaine bourgeoisie comprador, la colonisation fut surtout une longue litanie d’horreurs.

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    • Serge // 19.07.2015 à 20h30

      Absolument .C’est pour cela que de Gaulle a laissé l’Algérie et à entrepris la décolonisation de l’Afrique subsaharienne. Pas parce que c’était un “zentil” !
      Le Gabon voulait devenir département,il a refusé fermement .
      Marre de l’éternelle “chouinerie” victimaire d’un côté ,et culpabilisatrice de l’autre !
      Quand ils viennent ici vous dire “j’te n.ique”,vous dites merci …
      Pas moi,car mes ascendants ne sont pour rien dans tout cela ,ils ont fait ce pays en travaillant comme des serfs toute leurs vies .Alors,basta !
      Et pour la énième fois ,il ne suffit pas d’avoir des ressources sous son c.ul .La vraie richesse est le savoir ,qui passe par l’enseignement ,la formation et la recherche.
      Et ça,heureusement les Russes le savent depuis longtemps ;ils ne contentent pas d’avoir de l’or,du gaz et du pétrole .

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      • catherine Balogh // 19.07.2015 à 22h33

        Serge,

        la formation, mais c’est bien sur!!
        “L’Homme, petit ou grand, a besoin d”étoiles pour se repérer. Il a besoin de modèles pour se construire, bâtir son estime de soi, changer son imaginaire, casser les préjugés qu’il projette sur lui-même et sur les autres.Dans mon enfance, on m’a montré beaucoup d’étoiles. Je les ai admirées, j’en ai rêvé : Socrate, Baudelaire, Einstein, Marie Curie, le général de Gaulle, Mère Teresa ? Mais des étoiles noires, personne ne m’en a jamais parlé. Les murs des classes étaient blancs, les pages des livres d’histoire étaient blanches. J’ignorais tout de l’histoire de mes propres ancêtres. Seul l’esclavage était mentionné. L’histoire des Noirs, ainsi présentée, n’était qu’une vallée d’armes et de larmes.Pouvez-vous me citer un scientifique noir ?Un explorateur noir ? Un philosophe noir ? Un pharaon noir ?Si vous ne le savez pas, quelle que soit la couleur de votre peau, ce livre est pour vous.Car la meilleure façon de lutter contre le racisme et l’intolérance, c’est d’enrichir nos connaissances et nos imaginaires.Ces portraits de femmes et d’hommes sont le fruit de mes lectures et de mes entretiens avec des spécialistes et des historiens. De Lucy à Barack Obama, en passant par Ésope, Dona Béatrice, Pouchkine, Anne Zingha, Aimé Césaire, Martin Luther King et bien d’autres encore, ces étoiles m’ont permis d’éviter la victimisation, d’être capable de croire en l’Homme, et surtout d’avoir confiance en moi. “Lilian Thuram, Mes étoiles noires

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      • kasper // 20.07.2015 à 00h45

        “l’enseignement ,la formation et la recherche.”

        Mais c’est evidement plus difficile quand une puissance etrangere vous oblige a consacrer la moitié de votre budget a rembourser une dette irremboursable et provoque un coup d’etat des qu’un dirigeant fait mine de servir son peuple.

        Le niveau de vie plus élevé des européens est du entre autre a cette manne de ressources pas chères acquises dans la violence, qui a permit du travail pour tous et l’allocations de moyens a la recherche et a la contemplation de nombril. Mais evidement le beauf moyen trouve plus gratifiant de l’attribuer au “génie de l’homme blanc”, ou une autre explication raciste du meme acabit, tout en prétendant que le pillage ne lui profite pas.

        Votre “réflexion” me fait l’effet d’un type qui observe un autre se faire passer a tabac par 4 brutes, et emet pour seul commentaire “l’a qu’a se zortir les doigts du cul”…

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        • Serge // 20.07.2015 à 02h23

          Dans les années 60,il y avait des conférences,on voyait des affiches avec des petits chinois au ventre ballonné qui crevaient de faim ,visant (outre la propagande anti-maoiste) à nous apitoyer,qu’il fallait faire quelque chose etc etc …Aujourd’hui ,où,en est la Chine par rapport à nous,et nous par rapport à eux ?
          L’Inde a paraît-il les meilleures écoles d’ingénieurs en informatique .
          Si cela continue,dans 50 ans ,ce sont la Chine et l’Inde qui viendront chez nous ,faire de l’humanitaire pour aider les pov français dans la misère … 🙂

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    • Azza // 20.07.2015 à 16h22

      Je suis d’accord avec ce que vous dites plus bas sur le fait que la “decolonisation ” n’a pas arrete le pillage de l’Afrique.

      Par contre, sur la colonisation elle-meme vous oubliez beaucoup de choses :

      1) Les infrastructures ont ete le plus souvent construites par la main d’oeuvre locale, sous payee, tres souvent en ayant recours au travail force, avec des taux de mortalite effrayants.

      2) 3,8 Millions d’enfant scolarises : sur combien d’habitants au total ? Ou parle de pres de la moitiee du continent.

      3) Dans les apports de l’Afrique a la France, vous oubliez la chair a canon qui a servit pour les deux guerres : le gros des forces francaises libres etait constituee de sujets coloniaux. De meme ce sont les colonies qui ont valu a la France son siege au conseil de securite de l’ONU.

      4) L’Afrique a servit de debouche industriel important a la France avant et apres guerre. Le fait que les productions locales aient ete important a un prix superieur au marche mondial n’a pas de sens dans le cadre d’une economie coloniale a une epoque ou les marches n’etaient pas ouverts comme aujourd’hui. Si les colonies n’avaient pas access au marche international pour leurs importations, il est logique qu’elles en soient protegees pour leurs exportations. C’est le propre de la logique coloniale d’imposer des preferences commerciales. Et c’est toujours la metropole qui decide ces preferences.

      5) Bernard Lugan est la pire reference que vous auriez pu trouver sur le sujet !

      6) Vous oubliez que la colonisation, c’est aussi l’asservissement des populations, l’absence de droits, les massacres impunis (que ce soit la napalmisation des mouvements d’emanciaption du Cameroun, les villages rases au Sahel au moment de la conscription obligatoire pendant la guerre etc…)

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      • Louis // 21.07.2015 à 05h25

        Je préfère largement Lugan qui part du principe que les Africains ont besoin de se libérer de leur passé pour avancer et se construire un avenir, plutôt que la doctrine universitaire française qui consiste à sortir les oignons en permanence et à s’asseoir tous au bord de la route pour pleurnicher pendant que le reste du monde avance.

        Moi j’aime bien Bernard Lugan. Voilà.

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        • Azza // 21.07.2015 à 10h59

          Lugan qui s’appuie sur les theories racialistes pour expliquer la situation de l’Afrique et au passage justifier le role de la France au Rwanda.

          Petit florilege ici (mais je peux vous en trouver ailleurs si vous le voulez)

          https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Lugan#Critiques_.C3.A0_l.27.C3.A9gard_de_Bernard_Lugan

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        • Azza // 21.07.2015 à 11h02

          Tiens, comme, ca, en passant :

          “[il pense] que l’homme est apparu en même temps en Europe et en Afrique et que le représentant européen du genre homo ne descend pas de celui d’Afrique » [Bernard Lugan, Afrique l’histoire à l’endroit, Perrin 1989, p. 44].

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  • obermeyer // 19.07.2015 à 16h55

    Sur le sujet je recommande un bouquin de Jean Ziegler : les 500 multinationales qui dirigent le monde … édifiant !

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    • samuel // 20.07.2015 à 13h16

      Mon Dieu, je ne pensais pas que le nombre de multinationales était devenu si élevé sur la terre avec le seul progrès du libre échange des marchandises. J’en chiffrais le nombre à une 100 ou 200, mais non vous devez certainement être plus près du compte. Quelle folie des hommes de pouvoir et d’argent, que de vouloir toujours penser qu’ils pourront sans cesse marchander le vivant. Voilà surtout la cruelle vérité qu’ils omettent d’informer aux opinions, pas étonnant que les questions de société, ne se basent plus que sur des sujets secondaires, et quoi de mieux que Fukushima pour mieux le faire constater. En fait elles ne dirigent pas seulement le monde, elles sont comme les sauterelles, elles ravagent tout sur leur passage, c’est la voracité durable.

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  • Slavyanka // 19.07.2015 à 17h41

    C’est tout simplement scandaleux ce qui se passe en Zambie autour de l’exploitation du cuivre !
    Merci aux auteurs de ce documentaire d’avoir mené une enquête et de nous avoir sensibilisés à cette histoire de dépossession des richesses de ce pays africain par les multinationales. Et merci à Olivier de l’avoir partagé sur sont site.

    Que ces cupides multinationales de voyous connaissent un sort encore pire que celui de ces pauvres noirs, enfants et adultes, qui souffrent et dont les richesses sont honteusement pillées !

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  • catherine Balogh // 19.07.2015 à 19h03

    ce qui est scandaleux c’est que l’Afrique est un pays riche où les gens meurent de faim !

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  • Nondidjou // 20.07.2015 à 13h26

    On peut dire qu’ils nous tiennent par la bourse! Pendant que quelques uns essuient leur derrière avec des billets de 500€ tous les autres n’ont même pas les moyens de s’acheter du PQ.
    Mais qui, dans la classe moyenne est prêt à risquer ses 1500€ mensuels, pour faire la révolution nécessaire?
    On appelle ça la monnaie fiduciaire, basée sur la confiance, je crois que cette monnaie est uniquement basée sur la peur d’en manquer et pour le moment ça fonctionne très bien.
    Et pourtant, si la classe moyenne, dans un mouvement organisé vidait ses comptes en banque, il y aurait rapidement une vraie panique sur le manque de cash.

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  • Marion // 20.07.2015 à 14h42

    Documentaire intéressant mais quelque peu naïf et biaisé sur la période de nationalisation. Le pays a en effet profite des cours élevés du cuivre pendant un certain temps mais n’avait absolument pas les compétences internes pour développer son industrie minière.
    Par conséquent, la production de cuivre a chuté de 700.000 tonnes a moins de 300.000 tonnes pendant la période de nationalisation entre 1970 et 2000. Le nombre de personne employées dans les mines a chuté d’environ 600,000 à 200,000 durant la meme periode.

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