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2.novembre.20182.11.2018 // Les Crises

Démission d’un des principaux scientifiques de Google pour cause de “renoncement à nos valeurs” en Chine. Par Ryan Gallagher

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Source : The Intercept, Ryan Gallagher, 13-09-2018

Ryan Gallagher

Le 13 septembre 2018

Crédit photo : Jack Poulson.

Un des plus importants scientifiques de Google a quitté l’entreprise pour protester contre son projet de lancement en Chine d’une version censurée de son moteur de recherche.

Jack Poulson a travaillé pour le département « Recherche et Intelligence Artificielle » de Google, où il était à la pointe sur l’amélioration de la précision des moteurs de recherche de l’entreprise.

Début août, M. Poulson a fait part à sa hiérarchie chez Google de ses inquiétudes après que The Intercept eut révélé que le géant de l’Internet développait en secret un moteur de recherche pour appareils Android à destination de la Chine. Ce système de recherche, baptisé Dragonfly (Libellule), a été conçu pour faire disparaître les contenus que le gouvernement autoritaire de la Chine considère comme sensibles, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits humains et les manifestations pacifiques.

Après avoir entamé des discussions avec ses patrons, M. Poulson a décidé à la mi-août qu’il ne pouvait plus travailler pour Google. Il a remis sa démission qui a pris effet le 31 août.

Il a déclaré à The Intercept, dans une interview, qu’il pensait être l’un des cinq employés de la société à démissionner à cause de Dragonfly. Il a estimé que c’était sa « responsabilité morale que de démissionner pour dénoncer la violation de nos engagements publics en matière de droits humains », a-t-il déclaré.

M. Poulson, qui était auparavant professeur adjoint au département de mathématiques de l’Université Stanford, a déclaré qu’il pensait que ce projet chinois avait violé les principes de l’intelligence artificielle de Google, selon lesquels l’entreprise ne conçoit ni ne déploie des technologies « dont le but est contraire aux principes largement acceptés du droit international et des droits humains ».

Il s’est dit préoccupé non seulement par la censure elle-même, mais aussi par les ramifications de l’hébergement des données des clients en Chine continentale, où elles seraient accessibles aux agences de renseignement chinoises qui sont connues pour cibler les militants politiques et les journalistes.

Dans sa lettre de démission, Poulson a dit à ses patrons : « Parce que je suis convaincu que la contestation est essentielle au bon fonctionnement des démocraties, je suis contraint à la démission pour ne pas contribuer au recul de la protection des dissidents, et pour ne pas en tirer profit. »

« Je considère notre intention de capituler devant la censure et les demandes de surveillance, en contrepartie de l’accès au marché chinois, comme un renoncement à nos valeurs et à nos positions de principe en matière de négociation avec les gouvernements » a-t-il écrit, ajoutant : « Le risque n’est que trop concret de voir d’autres pays tenter de tirer parti de nos agissements en Chine pour exiger que nous nous plions à leurs exigences en matière de sécurité. »

« Je suis contraint à la démission pour ne pas contribuer au recul de la protection des dissidents, et pour ne pas en tirer profit. »

Au cours des six semaines qui se sont écoulées depuis les révélations sur Dragonfly, Google n’a toujours pas répondu publiquement aux inquiétudes suscitées par le projet, malgré de vives réactions hostiles en interne comme en externe. Plus tôt ce mois-ci, Sundar Pichai, PDG de Google, a refusé de comparaître à une audience de la commission sénatoriale du renseignement, où on lui aurait posé des questions sur la censure en Chine. L’entreprise a ignoré des dizaines de questions posées par des journalistes au sujet du projet et a fait obstruction à des groupes de défense des droits de l’homme qui affirment que le moteur de recherche censuré pourrait faire que l’entreprise « contribue directement aux violations des droits humains ou [devienne] complice de ces violations ». (Google n’a pas non plus répondu à une demande de renseignements concernant cet article.)

Poulson, âgé de 32 ans, qui a commencé à travailler pour Google en mai 2016, a déclaré à The Intercept que le mutisme de l’entreprise avait nourri son sentiment de frustration. « Il y a de sérieuses répercussions à l’échelle mondiale », a-t-il dit. « Quelles sont les lignes rouges, au plan éthique, de Google ? Nous en avons déjà affiché quelques-unes, mais maintenant nous semblons les franchir. J’aimerais vraiment voir ce qu’est le bilan des engagements de Google. »

Google a lancé un moteur de recherche censuré en Chine en 2006, mais a cessé d’exploiter le service dans le pays en 2010, en invoquant les initiatives du gouvernement chinois pour entraver la libre expression, bloquer les sites Web et pirater les comptes Gmail des gens. À l’époque, Sergey Brin, cofondateur de Google, avait clairement fait savoir qu’il était fermement opposé à la censure. Brin avait passé une partie de son enfance en Union soviétique et se disait « particulièrement sensible aux atteintes aux libertés individuelles » en raison du vécu de sa famille là-bas. En 2010, après que l’entreprise a retiré son moteur de recherche de Chine, Brin a déclaré au Wall Street Journal qu’« en ce qui concerne la censure et la surveillance des opposants », il avait vu « les manifestations du totalitarisme [en Chine], et je trouve cela personnellement très troublant ».

Poulson a dit qu’il était « tout à fait d’accord avec le dossier que Sergey a présenté en 2010. C’est la compagnie que j’ai rejointe, celle qui faisait cette déclaration ». Si la position de principe en matière de lutte contre la censure est en train de changer, a-t-il dit, alors il ne peut plus « être complice en tant qu’actionnaire et citoyen de l’entreprise ».

Seuls quelques centaines des 88 000 employés de Google connaissaient Dragonfly avant qu’il ne soit rendu public. Poulson faisait partie de la majorité de ceux qui étaient tenus dans l’ignorance. Mais parce qu’il se concentrait sur l’amélioration des moteurs de recherche de l’entreprise – en particulier dans un domaine appelé « analyse internationale des requêtes » – il est possible que son travail ait pu être intégré dans le moteur de recherche chinois censuré sans son consentement et sans qu’il le sache.

Une fois que la nouvelle de Dragonfly s’est répandue chez Google, il y a eu des contestations au sein de l’entreprise. Plus de 1 400 employés du géant de l’Internet ont signé une lettre demandant la nomination d’un médiateur pour évaluer les « questions morales et éthiques urgentes » qui, selon eux, sont soulevées par le programme de censure. La lettre condamnait le mystère entourant Dragonfly et déclarait : « Nous avons besoin de toute urgence de plus de transparence, d’un siège à la table des négociations et d’un engagement en faveur de processus clairs et transparents : les employés de Google doivent savoir ce que nous construisons. »

Les patrons de Google ont essayé de contenir la colère en bloquant l’accès des employés aux documents sur le moteur de recherche chinois. Suite à des fuites lors d’une assemblée générale du personnel le mois dernier, l’entreprise a resserré les règles de sorte que les employés en télétravail ne peuvent participer à des visioconférences sur leurs propres ordinateurs – ils ne peuvent y avoir accès que depuis un bureau dédié dans une salle Google et sous la supervision d’un responsable.

M. Poulson a dit qu’il envisageait de rester salarié de Google et d’essayer de faire valoir ses protestations de l’intérieur. Certains de ses collègues ont argué que la décision de lancer le moteur de recherche chinois pouvait encore être annulée, et l’ont encouragé à attendre avant de démissionner. « Mais alors, je n’ai aucune chance de faire revenir sur cette décision », dit-il, « alors que si je démissionne avant, ça aura peut-être un certain impact. »

Entre mai 2016 et juillet 2017, M. Poulson a travaillé au siège social de Google à Mountain View, avant de déménager dans les locaux de l’entreprise à Toronto. Il a dit qu’il considérait ses anciens collègues de Google comme des personnes parmi les plus intelligentes et les plus travailleuses qu’il ait jamais rencontrées. Mais il est surpris qu’un plus grand nombre d’employés de l’entreprise n’aient pas démissionné pour Dragonfly.

« C’est incroyable le peu de solidarité qu’il y a sur ce sujet », a-t-il dit. « Si j’ai bien compris, en cas de désaccord éthique grave sur une question, vous n’avez pas d’autre choix que de démissionner. »

Photo du haut : Jack Poulson.

Source : The Intercept, Ryan Gallagher, 13-09-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Serge WASTERLAIN // 02.11.2018 à 08h36

C’est clair que la Chine est plus franc du collier.
Chez-nous ça se fait en douce, en reléguant les pages dérangeantes dans le fin fond du panier de la recherche. Si on ajoute les comptes fermés d’autorité par les gafas et autres sans possibilité de contester ces fermetures et dans le silence des médias, au final le résultat est le même !

37 réactions et commentaires

  • antoniob // 02.11.2018 à 06h59

    Position du même gars au sujet du méga-KGB électronique américain, des procédés plus insidieux de contrôle et manipulation des foules, de l’alignement sous tutelle de facto gouvernementale de Google? De la chasse planétaire aux dissidents tels Snowden? Ironie: Snowden posant un problème aux Etats-Unis mais pas à la Chine c’est clairement l’influence de celle-ci dans le gouvernement qui n’est plus britannique de Hong-Kong qui avait mis dans les limbes la demande d’extradition américaine de Snowden lorsque celui-ci s’y trouvait, lui permettant d’embarquer pour Moscou.

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    • Fritz // 02.11.2018 à 09h36

      Je me rappelle qu’en 1997, lorsque Hong Kong fut rendu à la Chine, Bill Clinton a demandé à celle-ci de « respecter les droits de l’homme » à Hong Kong. Plus faux cul, tu meurs.

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    • Gilbert Gracile // 02.11.2018 à 21h56

      en France de toutes façons, la “révolution culturelle” de l’industrie américaine d’encadrement des masses a extirpé des français tout désir d’être autonome, insoumis ou libre… nos yeux mornes regardent la cage ouverte sans jamais sortir… et nous ruminons, tels des boeufs heureux…

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    • jdautz // 04.11.2018 à 10h58

      Mêmes questions pour moi, j’ai un peu de mal a situer où son ses valeurs ? Les valeurs de la liberté, ou celles des “suprémacistes” ? C’est ambigu.

      En tout cas pour les valeurs “de la démocratie”, comme disait ma Grand-Mère : Il faut commencer par balayer devant sa porte.

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  • nulnestpropheteensonpays // 02.11.2018 à 07h21

    nous fonçons vitesse grand V vers une dictature informatique , et nous sommes quoi? 5% , 10% de la population a en comprendre les enjeux . Le reste accepte l’état d’urgence , les cameras etc etc Voltaire avait raison ,une petite partie qui constitue l’élite qui nourrie par la masse la gouverne …Le problème c’est que ça la poussera inévitablement a détruire la planète pour qu’ils puissent garder leurs pouvoir , la seule solution serait le courage , mais alors là…

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    • vert-de-taire // 02.11.2018 à 19h01

      Une dictature PAR le moyen de l’informatique.

      Elle a commencée aux États-Unis par le moyen des téléphones presque TOUS surveillés illégalement dès l’après guerre.
      C’est donc une tendance lourde dans ce ‘beau pays libre’ !

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    • Philou // 02.11.2018 à 21h30

      Les “élites” pourraient aussi être tentées de se débarrasser du reste de l’humanité.
      La robotique va faire disparaitre les emplois exponentiellement. Du coup les 99% vont devenir de plus en plus inutiles aux 0.01%.
      L’effondrement prochain va rendre de moins en moins contrôlable les 99%.
      Les élites avec l’homme augmenté pourraient se voir comme une humanité 2.0 qui ne partagerait plus le même destin que les humains 1.0.

      Rien qu’avec les fichiers actuels il doit être possible d’identifier quasiment tous les futurs leaders/résistants et donc de bloquer très efficacement toute organisation d’une résistance.

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      • jdautz // 04.11.2018 à 11h21

        Le monde “augmenté” en se passant des populations, en tant que technicien de maintenance, je sais que c’est une illusion 😉 Autant que l’illusion de pouvoir vivre sur Mars indéfiniment sous une bulle en complète autonomie. Ou même dans un abris “survivaliste” qui ressemble plus à un piège pour s’enterrer vivant qu’a un espoir de survie.

        Et même en dehors, c’est aussi une illusion, pour une tonne de raisons différentes. C’est une obsession “occidentale” de s’affranchir de la Nature, mais l’Univers que l’on habite n’est pas un jeu vidéo.

        Je ne vais pas débattre infiniment sur quelque chose qui demanderait des semaines, mais il faut bien avoir a l’esprit que dans la perversité de nos pseudo-démocraties, nous nous sommes enfoncé dans une confusion mentale extrême, par la confusion ou inversion complète entre moyens et objectif. Pour dire simplement :
        L’argent est un outil, est-ce que l’outil est l’objectif ?
        Le pouvoir est un moyen, est-ce que le pouvoir est l’objectif ?
        La guerre est un moyen, la guerre est-elle l’objectif ?
        Planter des radis est-il un moyen ou planter des radis est-il l’objectif ?
        le PQ est un moyen, le PQ est-il l’objectif ?

        Les chinois ont un avantage, ils ont Lao Tse et Confucius. Quoique nous on a Voltaire et plein d’autres, mais on ne les écoute pas.

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        • Ledufakademy // 05.11.2018 à 07h30

          As tu déjà perdu face à une ia ?
          Je suis urbaniste des si ou archi. Système comme tu veux … oui,ton boulot on va le faire disparaître comme des milliers d’autres.
          C’est le cauchemard de Darwin.

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      • Ledufakademy // 05.11.2018 à 07h27
  • Pierre D // 02.11.2018 à 07h22

    Comme si Google n’était pas censuré ailleurs.

    Les idiots regardent la lune… c’est le “sage” qu’il faut voir.

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  • Serge WASTERLAIN // 02.11.2018 à 07h30

    Toujours ce deux poids deux mesures qui est tellement entré dans les mœurs qu’il affecte même les particuliers ce qui révèle à quel point nous sommes formatés par les médias dominants : Pourquoi Monsieur Jack Poulson ne s’inquiète-t-il pas de la censure pratiquée par Google dans les autres pays du monde et plus particulièrement aux USA ? Pourquoi ?

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    • gracques // 02.11.2018 à 07h49

      Parcequ’elle est sans commune mesure avec ce qui se passe en Chine ?
      Chapeau bas M Poulson.

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      • Serge WASTERLAIN // 02.11.2018 à 08h36

        C’est clair que la Chine est plus franc du collier.
        Chez-nous ça se fait en douce, en reléguant les pages dérangeantes dans le fin fond du panier de la recherche. Si on ajoute les comptes fermés d’autorité par les gafas et autres sans possibilité de contester ces fermetures et dans le silence des médias, au final le résultat est le même !

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        • Fritz // 02.11.2018 à 09h39

          La dictature, c’est : Ferme ta gueule
          La démocratie, c’est : Cause toujours
          La démocratie connectée : Votre compte est fermé
          La wikidémocratie : Annulation de votre modification (les-crises n’est pas une source admissible)

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    • François Lacoste // 02.11.2018 à 09h33

      La Chine “produit” au bas mot, un million d’ingénieurs par an!
      https://www.orientation-education.com/article/en-2020-un-tiers-des-diplomes-dans-le-monde-seront-chinois
      En deux ou trois générations, les chinois sont passés d’un moyen âge contemporain, à la modernité la plus en pointe dans toutes les activités humaines imaginables. Google, ils n’en ont pas plus besoins que des parfums français, des autos allemandes, des pâtes italiennes ou des téléphones étasuniens…ils conçoivent et produisent les leurs qui sont déjà les notre et si Google accepte de faire ouvertement le tri de ce qui convient ou non au gouvernement chinois, c’est uniquement pour tenter d’exister sur ce marché.

      Ces leçons de maintient à la planète entière par ces soit disant élites autoproclamées sont insupportables.
      Je ne sais pas si vivre en Chine est exquis ou atroce, je sais par contre que vivre et survivre aux USA ou en France n’est pas une sinécure pour tout le monde.
      Aussi demandons à ces donneurs de leçon de commencer par s’occuper de ce qui se passe dans leur propre pays.

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      • vert-de-taire // 02.11.2018 à 19h09

        Il faut bien comprendre que la Chine a pour modèle les États-Unis. C’est donc un cousin lointain qui a réussi. On lui demande donc de continuer d’exister pour lui vendre des produits, on lui demande de faire pour le copier. Le chinois sait qu’il doit beaucoup aux technologies occidentales (en passant souvent par le Japon d’ailleurs), il passe gentiment de la position de singe copieur à lion dominateur grâce à des armées de renards malins.

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  • max // 02.11.2018 à 07h50

    Contrairement à ce qu’il veut faire croire, il n’est pas un lanceur d’alerte.
    Rien à voir avec Edward Snowden obligé de quitter les USA et de se refugié en Russie.
    Rien à voir avec Assange bloqué dans un réduit de l’ambassade d’Equateur.
    Tous les deux ayant dénoncé les abus d’un système qui les a contraints à se refugier à l’étranger pour éviter la prison ou même pire.
    Il faut aussi voir son statut chez Google, ou il a passé un an.
    C’était un salarié et non un collaborateur c’est-à-dire que ce n’était pas un Décideur/Dirigeant mais un simple exécutant et donc ne pouvait pas peser sur les orientations de Google.
    Il a médiatisé sa démission et le message qu’il envoi est clair, je ne suis pas Snowden mais un loyal rouage du système.
    Sur Google et les autres GAFA, la Chine est un marché de plus de 800 millions d’internautes et l’un des rares ou ils n’ont pas librement accès.
    La raison est simple la Chine a toujours des alternatives.
    Dès la mise en place de la guerre commerciale USA VS Chine, la Chine a lancé son Kirin : https://fr.sputniknews.com/international/201809071038003139-chine-puces-protectionnisme-usa-percee-guerre-commerce/ soit des centaines de milliards de $ de manque à gagner pour les entreprises américaines.
    Au vu de la rapidité de ce lancement, cela veut dire qu’il était prêt depuis longtemps mais qu’il n’était pas mis sur le marché afin de ne pas aggraver le déficit commercial des USA.
    Il doit en être de même pour le Système Androïd, les chinois on sans doute un système d’exploitation tout prêt pour remplacer Androïd, ce qui ferait perdre des milliards de $ chaque année.
    La guerre commerciale entre les USA et la Chine se jouant aussi par le remplacement des composants américains par des composants locaux.
    Elle s’étend à SWIFT, Internet, les cartes bancaires, les hydrocarbures……

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    • Gilbert Gracile // 02.11.2018 à 21h59

      la Chine commence aussi à s’imposer dans le domaine du droit et des normes au niveau international… les dirigeants chinois savent ce qu’ils font. C’est la “grande marche” qui continue.

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  • Yab Léo // 02.11.2018 à 07h56

    Salut.

    “l’alignement sous tutelle de facto gouvernementale de Google?”

    C’est plutot le contraire, qui se dessine.
    Monopole, ingérence dans les législations, refus de s’expliquer, business international coute que coute…

    Le schéma classique d’une multinationale. Sauf que c’est la version 3.0.
    Un modèle nouveau dont on ne mesure que de très loin les conséquences.
    L’I.A est partout et maintenant indispensable pour continuer a évoluer dans ces sociétés hyper technologiques.
    Meme pour un ticket de metro, faut faire chauffer le processeur… Tu n’as plus le choix.

    T’accepte ou tu t’exclus. Bientôt suspect, celui qui n’est pas connecté.

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  • otty // 02.11.2018 à 08h01

    Google qui se plie aux injonctions des nations, c’est plutôt bon signe non ? Manquerait plus qu’il ne respecte pas les législations des peuples

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  • Wollaston // 02.11.2018 à 08h43

    Excusez moi mais même si cet homme n’a pas le niveau de radicalité qui vous semble indispensable pour trouver grâce a vos yeux, il faut saluer sa prise de conscience, même naissante.
    Il faut du temps pour ouvrir les yeux sur ce système et du courage pour abandonner le salaire qui va avec.

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  • Vincent // 02.11.2018 à 08h50

    Que savez donc réellement de ce qui se passe en Chine ?
    Moi, rien d autre que ce que nous servent les médias. Donc à prendre avec de grosses pincettes.
    Par contre c est bien dans notre pays qu un journaliste s est fait cambrioler et voler ses ordinateurs alors qu il enquête sur une affaire de haute trahison impliquant directement notre ancien ministre de l économie et actuel président de la République.
    C’est bien dans notre pays qu on a assigné à résidence des militants écologistes en se servant de loi anti terrosriste il n y a pas si longtemps.
    Donc le dénigrement anti-chine me passe très loin au dessus.
    C’est bien ici chez moi que google me dérange, pas en Chine, dont je ne connais rien.

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    • vert-de-taire // 02.11.2018 à 20h07

      MERCI de contextualiser.

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  • Serge Bellemain // 02.11.2018 à 08h53

    La morale de l’histoire… On résume : GOOGLE et ses affidés contrôleurs et censeurs du net pour le régime occidental = BIEN ; GOOGLE et ses affidés contrôleurs et censeurs du net pour le régime “autre qu’occidental” = MAL! J’ai tout bon?

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    • nulnestpropheteensonpays // 02.11.2018 à 09h13

      une autre façon de dire chez les autres c’est pire alors contentez vous…

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  • Louis Robert // 02.11.2018 à 09h37

    « Nos valeurs »? – La bonne blague!… À nouveau la paille et la poutre.

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  • Albert Charles // 02.11.2018 à 12h44

    Combien de Poulson dans toutes ces entreprises qui se font du fric en Chine en se moquant complètement des droits syndicaux dans ce pays (dit communiste) ? Sans parler des droits du citoyen les plus élémentaires… ! Il a raison. Mais il est bien seul. D’autant qu’il a aussi contre lui tous ceux qui sont encore en extase devant un pays qui fait toujours illusion sur son vieux statut moral auto-attribué de leader du Tiers Monde. Avec cette illusion, il existe encore des gens (en Occident), bénéficiant de nos Etats de Droit (il faut le dire, quand même), qui préfèrent se focaliser sur les atteintes à nos libertés (réelles, certes) plutôt qu’à celles (mille fois pires) existantes ailleurs, et en Chine en particulier. Ces somnambules là devraient aller vivre quelques mois, là bas, et y exercer leur esprit critique avec la même fougue qu’ici….. Il faut savoir sortir du Spectacle (au sens de Debord). Ici, la Nouvelle Calédonie peut devenir indépendante: là-bas, les Tibétains n’ont le droit que de la fermer. Si, en France par exemple, on mettait 10 animistes Kanaks dans un centre de rétention pour qu’ils soient tout simplement rééduqués (pour devenir de bons français et de bons chrétiens, par ex), on sortirait tous dans la rue ( à juste titre) pour rouspéter. En Chine ils sont près d’un million à être rééduqués, parce qu’ils sont musulmans mais aussi… Ouïgours. Et ça, on doit l’oublier ? Poulson a raison.

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    • jdautz // 04.11.2018 à 11h39

      intoxication OTANique complète concernant la rééducation des Musulmans et Ouïgours. Je ne dis pas que la Chine est le paradis de la démocratie, mais il faut comprendre que leur principal objectif est de conserver la stabilité d’une population autrement nombreuse que la nôtre sur un territoire autrement étendu, et pour autant que je sache ça se passe mieux que en Irak, Yemen, Mexique, Honduras, Guentanamo… je n’ai pas vu apr exemple que les chinois pratiquaient le rapt d’état d’enfants immigrés pour les mettre dans des camps en les droguant pour qu’ils se tiennent a carreau, en les violant parfois un peu au passage, et les déclaraient aptes a l’adoption.

      La moindre des choses avant de dire ce qu’il font de mal, c’est de faire un minimum d’effort pour s’informer et comprendre leur nécessités, leur objectif, et leur vision des choses qui au passage se situe a une autre échelle de temps que la nôtre.

      L’autre moindre des choses est de ne pas considérer que la propagandes des agités frénétiques qui agressent tout le monde et font sombrer a grand pas l’Humanité dans un cauchemar, a une quelconque valeur informationnelle.

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      Alerter
  • Jacques // 02.11.2018 à 12h45

    Nul doute que cet éminent chercheur vote pour le Democratic Party tendance Hillary Clinton ! Sûrement pas pour Bernie Sanders …
    Peut-on admettre – une bonne fois pour toutes – qu’il n’y a pas, qu’il n’y a jamais eu et qu’il ne doit pas y avoir de système de valeurs “universel” ?
    Aussi longtemps que nous ne disposerons pas, à l’échelle de la planète, d’un système de gouvernement mondial, démocratiquement représentatif de tout la population ( environ 7 milliards de personnes dont 5 en âge de voter), toute démarche tendant à vouloir universaliser “notre” système de valeurs est nulle et non avenue.
    Pour l’instant, nous ne pouvons nous baser que sur ce qui existe d’une manière stable : les Etats.
    Je propose donc que l’ONU – profondément remaniée dans son fonctionnement – devienne ce gouvernement mondial sur la base d’une principe simple :
    “Une femme = un homme = une voix”. Il s’ensuit que la Chine DOIT peser environ 4 fois plus “lourd” que les Etats Unis puisqu’il y a quatre plus d’êtres humains qui vivent en Chine comparativement aux Etats Unis. Même raisonnement pour chaque Etat …

    Pour assurer le fonctionnement de ce “machin” (dixit de Gaulle), on doit retenir le principe que chaque Etat contribue proportionnellement à la richesse qu’il produit. Il s’en suivrait que les Etats Unis, faute de pouvoir peser plus (sauf à faire des enfants en grand nombre), auraient intérêt à ce que la Chine devienne quatre fois plus riche qu’elle ne l’est actuellement afin que sa contribution soit du même ordre que celle des Etats Unis.

    Les armées de chacun des Etats seraient obligatoirement mutualisées entre les mains de l’ONU qui ne pourrait les mettre en mouvement qu’à la majorité des 2/3 des voix (la Chine en ayant, du fait de sa population, environ 20%, l’Inde en ayant environ 15%, la France environ 1%, le Nigeria 3%, la Russie 2%, etc…) …

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  • perso // 02.11.2018 à 16h14

    Cela ne dérange pas ce monsieur de travailler pour un moteur de recherche qui censure a tour de bras en Occident les pensées par trop déviantes de la doxa bien-pensante… Par contre, au secours, ma boite veut censurer en Chine!

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  • Paul Atreide // 02.11.2018 à 16h54

    Par contre y a aucun problème moral quand il s’agit de collecter les donnée, de faire partie d’un conglomérat aux management questionnable et à la puissance inquiétante.

    Ca me laisse perplexe ces individus qui travaille dans des boites pareil et s’étonne de leur manque de moral quand ils traitent avec certains pays, d’autant que la Chine n’est pas le pire dans son domaine, elle se contente de censuré, et de mettre en prison, d’autre ne censure pas mais mettent des coup de fouet et de la torture, donc c’est au choix.

    Enfin je serais gré à ce genre de personne d’avoir aussi une approche différente que la simple posture moral, puisqu’on sait que politique et moral sont loin d’être une fusion de tous les instants, et qu’au lieu de crier à l’immoralité, ce monsieur ferait bien de s’intéresser à la chine, aux chinois, et à discuter avec eux, avant de tirer ses propres conclusion, et s’il veut que les choses s’améliore, il est libre de le faire en bon intelligence.

    bref, typique du petit uppé de l’occident épris de valeur chevalresque qui ne comprend pas la manière dont le monde fonctionne.

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    • vert-de-taire // 02.11.2018 à 21h18

      à l’impossible nul n’est tenu.
      Faudrait-il que chacun de nous soit parfait ? Cohérent …
      Allons SVP un peu de réalisme. Nous valdinguons entre mille contradictions, nos affects, un monde perdu, il n’est plus possible de tout savoir et tout juger et dire le juste ..
      Au mieux nous comprenons qu’il existe des interactions déterminantes, des intérêts variables, des opportunismes fugaces et des profiteurs inconséquents un peu partout.
      Le temps de vivre et déjà le monde a basculé 100 fois sans vraiment changer tout en changeant énormément.
      On cause, on cause et on ne sait pas même se compter pour mesurer notre capacité à changer le monde dans une direction qui nous conviendrait.
      Pour changer de direction il faudrait agir ensemble ici et maintenant, dans un mouvement, pour faire force.
      Tant que l’on bavarde (j’en suis) nous ne pesons rien, nous ne faisons rien sinon agiter qqs coûteux électrons à peine qqs neurones.
      Seul le pouvoir de faire, la capacité de nuire, d’entraver change le monde.
      Les idées n’agissent que dans le réel.
      Ce Poulson a fait sa BA (bonne action – que sa conscience l’entraîne contre son intérêt immédiat, son confort) du jour, il lui reste un long chemin qu’il ne connaît pas pour peser.
      Si chacun de nous en faisait autant …
      … “ils” – les ultra riches au pouvoir – nous pourriraient moins la vie.

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      • Paul Atreide // 02.11.2018 à 21h31

        Mouais,

        m’enfin démissionner après tant d’année de service et au vue de ce que représente google en terme de “moralité” et de dangers, ca me convainc pas franchement, c’est même ici un prétexte bien convenu que de dire c’est leurs accord avec la chine qui l’embête, comme ci quelque part il taisait ce que google pourrait bien se reprocher ailleurs qu’en chine.

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  • Nanie // 03.11.2018 à 17h11

    …. Démissionner…ou être incarcéré…ON à toujours besoin d’un bouc émissaire…belle extension de l’affaire Snowden.

    .

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  • Ledufakademy // 05.11.2018 à 07h22

    Cet idiot utile vient de comprendre que ses décideurs se moquent de l’ethique : seul compte le cash et le pouvoir hégémonique.
    C’est pathétique à chaque fois de voir la complexité d’une intelligence non artificielle.

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