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3.novembre.20123.11.2012 // Les Crises

[Article] « Contre la crise financière et écologique, la planification », par James K. Galbraith

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Je remets ici une belle interview de James Galbraith de fin 2009 dans Libération, toujours d’actualité…

james galbraith
INTERVIEW Economiste américain hétérodoxe, James K. Galbraith dénonce la mise en coupe réglée des Etats-Unis par une coalition de la droite et des grandes entreprises. Rencontre, à l’occasion de la sortie de son livre «L’Etat prédateur» (Seuil).

RECUEILLI PAR VITTORIO DE FILIPPIS

James K. Galbraith est professeur d’économie à la Lyndon B. Johnson School de l’université du Texas. Economiste hétérodoxe, il s’inscrit dans une longue lignée marquée par la figure mondialement reconnue de son père, John Galbraith. Comme lui, il rejette de manière radicale la plupart des apports et des méthodes de la théorie économique néo-classique. De passage à Paris, il y a trois semaines, nous l’avons longuement rencontré pour parler de son dernier ouvrage: L’Etat Prédateur (Seuil). Ou comment la droite a renoncé au marché libre. Et pourquoi la gauche devrait en faire autant. Facile d’accès, grand pédagogue, cet homme d’une cinquantaine d’années explique pourquoi la gauche serait bien inspirée de se désintoxiquer et de comprendre enfin que les marchés n’apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la «planification». Du livre de Galbraith, le très médiatique prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz écrit qu’il «montre comment briser l’emprise magique des conservateurs sur les esprits de la gauche». Tout un programme.

Quelle est votre lecture de la crise?

Pour comprendre ma position, il est indispensable de remonter le temps. Nous sommes au début des années 80. Au début des années Reagan et Thatcher. Partout, c’est le triomphe du TINA, There Is No Alternarive. Leurs politiques irriguent le reste du monde: la décentralisation est la grande amie de toute les libertés. La centralisation est à combattre. Ce catéchisme économique fait recette. Les politiques sociales sont mises sur la sellette. La chute du mur de Berlin renforce ces options politiques.

C’est-à-dire?

[…]

 

Source : Libération

58 réactions et commentaires

  • Hijak // 03.11.2012 à 04h06

    Je vous invite à voir l’émission “Envoyé spécial” sur France 2 du premier octobre sur les prêts aux étudiants aux USA, comme annoncé par olivier ça va faire très très mal (en gros étudiant peut emprunter de manière illimité sans aucun contrôle).

    http://envoye-special.france2.fr/les-reportages-en-video/diplomes-et-surendettes-01-novembre-2012-4637.html

    Désolé pour le HS

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  • Leveau // 03.11.2012 à 07h00

    cet article placé en suivant de celui sur les cumulards tombe à pic.
    A la question “Depuis quand la morale est-elle une mesure qui entre dans la comptabilité des entreprises?”
    je rajouterai, depuis quand la sagesse entre t’elle dans la comptabilité d’un élu?
    qui va scier la branche sur laquelle il est assis?
    Non M. Galbraith! votre nouvelle gauche ne vous (nous) fera pas bâtir un monde meilleur, ni même le moins pire. La fonction d’Etat ne peut être assuré que par le peuple. S’il ne prend pas son destin en main, comme tout bon bétail, élevé pour sa force de travail, il finira à l’abattoir.

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    • TZYACK // 03.11.2012 à 07h58

      D’où l’expression du Général ” Les Français sont des veaux :”

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      • Jacques des Ecrins // 03.11.2012 à 22h59

        Joliment vu, et dit !

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      • draxredd // 05.11.2012 à 14h18

        “Les français sont dévots”, enfin !

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    • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 11h31

      +++

      Au final, ce sont les peuples les coupables. Et si je n’avais “mis au monde” des enfants dont je me sens responsable de leur bonheur à venir, je ferais comme lui : chacun pour soi !

      ON évitera as un chaos dont renaitra peut-être le renouveau. En attendant essayons, sr ce blog et dans notre vie militante d’apporter un soupçon d’éclairage faute de pouvoir susciter la révolution*.

      ___________________________
      * comme je ressens que l’on va me tomber sur le palto, je précise, révolution au sens où la planification et une VIe république en constitue des éléments.

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      • erde // 03.11.2012 à 14h24

        “Planification” est un mot banni par les journaliste bien pensants de nos grand médias, de droite ou de gauche.
        Il n’y a qu’à se souvenir des levée de boucliers de ces adeptes de la “bien-pensance” lorsque le programme ” l’Humain d’abord du Front de Gauche parlait de planification écologique.
        Tous en coeur ils ont crié : “Stalinisme” !
        Nul doute que si James Galbraith avait été Français, il aurait très certainement voté Mélenchon.
        Comme beaucoup de penseurs et d’intellectuels d’ailleurs. dont les avis ont été ignorés, même dissimulés car contraire à l’idéologie libérale.
        James Galbraith ,situé à l’aile gauche du parti démocrate américain aurait-il eu droit de parole ?
        Ses thèses sont similaires à celles développées par Jacques Généreux, dont on ne parle pas beaucoup, car il a le malheur d’être Français….. et comme le dit l’adage : ” Nul n’est prophète en son pays”

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        • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 21h53

          Patience patience. La prise de conscience est toujorus en retard sur la réalité.

          Bon, d’accord, la course de vitesse engagée par mère Nature por mettre un terme (définitif ?) à la prédation de l’Humanité, ne nous laisse pas trop de temps !

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  • cécankonvaoù // 03.11.2012 à 07h59

    Entièrement d’accord avec cette vision de la sphère politico/économique. L’Etat est phagocyté, corrompu à tous les niveaux, noyauté par des lobbies.
    Mais l’Etat, c’est nous! Nous les citoyens. Et il ne tiens qu’à nous à faire en sorte que cela change.
    Les partis politiques ont failli dans leur tache, mais il reste les mouvements citoyens pour faire bouger les lignes. Rejoignez Attac, Roosevelt2012, Les Anonimous ou ce

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    • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 11h34

      Attac, Roosevelt, c’est fait me concernant, et ce depuis leur création (1998, 2012). En outre, comme il faut des élus, j’ai rejoins la FASE, que peu d’entre-vous, Ô citoyens éclairés, en connaissait l’existence même.

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  • cécankonvaoù // 03.11.2012 à 08h04

    Entièrement d’accord avec cette vision de la sphère politico/économique. L’Etat est phagocyté, corrompu à tous les niveaux, noyauté par des lobbies.
    Mais l’Etat, c’est nous! Nous les citoyens. Et il ne tiens qu’à nous à faire en sorte que cela change.
    Les partis politiques ont failli dans leur tache, mais il reste les mouvements citoyens pour faire bouger les lignes. Rejoignez Attac, Roosevelt2012, Les Anonimous, Los Indignados, Occupy Wall Street, Les Faucheurs Volontaires d’OGM…
    Aux armes citoyens!!!

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    • JoeChip // 03.11.2012 à 08h52

      “L’Etat est phagocyté, corrompu à tous les niveaux, noyauté par des lobbies. Mais l’Etat, c’est nous! ”

      Complètement d’accord. N’oublions pas que la première tâche des lobbys est d’influencer NOTRE manière de penser, notamment en travaillant sur les mots. Et aussi, pour ce faire, en achetant des télés et en dirigeant les journaux télévisés. Ils faut arrêter de dire “coût du travail”, “charges patronales”, “compétitivité”. Je me demande aussi si “lobby” n’est pas aussi un mot qui égare… On devrait parler de “groupes de pression” et de “classes dominantes”.

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      • Alain34 // 03.11.2012 à 11h28

        Pour lobby, dans certains cas, on pourrait aussi parler tout simplement de corruption…

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        • erde // 03.11.2012 à 14h26

          Oui ! Corruption des consciences pour ceux qui les écoutent, si tant est qu’ils en possèdent une.

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      • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 11h44

        “lobby” (“couloir” en anglais) tout seul n’a effectivement aucun sens si non accolé à un autre terme. Il en va ainsi de lobby militaroindustriel qui doit avoir une connotation négative, le comple militaroindustriel est la pour exécuter dans les règles de ce que le peuple décide). Il en va de même pour lobby citoyen au sens ou la société civile, représentée par des ONG d’intérêt général ou d’utilité publique exclusivement, informe les élus de leur préoccupations et/ou de leurs solutions.

        Le lobby si il est citoyen est tout à fait conforme à la pratique de la démocratie, c’est un élément de démocratie participative limité à la consultation. “groupe de pression” présente une connotation négative car ne précise pas quelle est la forme de la “pression”, qui peut-être légitime si d’ordre citoyen (attention, si vous n’agissez pas en ce sens, nous ne voterons pas pour vous !) mais pas si d’autre ordre (attention, si vous n’agissez pas en ce sens, nous ne soutiendrons pas financièrement votre parti ou vos associations “filiales” !).

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        • chris06 // 03.11.2012 à 15h03

          ““lobby” (“couloir” en anglais) tout seul n’a effectivement aucun sens si non accolé à un autre terme”

          Dès 1830, le terme « lobby » désignait les couloirs de la Chambre des communes britannique où les membres de groupes de pression pouvaient venir discuter avec les « MPs » (Members of Parliament).

          Comme quoi, le phénomène n’est vraiment pas nouveau, ça fait bientôt deux siècles qu’on ne sait pas comment éviter la capture du régulateur par les régulés, alors c’est sûr qu’il vaut mieux discuter de si le terme “lobby” est approprié, ça évite de se poser les bonnes questions…

          Galbraith nous parle de planification étatique comme solution aux problèmes, mais uniquement si l’Etat n’est pas capturé par les lobbies. Ah bon? et comment fait on pour éviter cela, cela fait deux siècles qu’on en est incapables?

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          • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 21h22

            Faut peut-être pas exagérer trop non plus le poids des lobbies, économiques en particulier. Il n’ont pas empêché l’émancipation de l’Etat par rapport à ces lobbies à certaines époques (par exemple Roosevelt en 1932 aux usa, CNR en 48 et UG en 81 en france).

            On peut en tout état de cause les interdire (de la même manière que l’on compte interdire – si ce n’est fait – les visiteurs médicaux).

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          • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 21h33

            De toute façon , quoiqu’en dise galbraith, il n’y a pas d’autre alternative à une planification écologique, et donc étatique (voire internationale). Ce ne peut être pire que le “libre” marché totalement incapable de gérer le long terme et le global. Et cela ca fait plus de deux siècles que le barbu teuton l’a mis en évidence.

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          • chris06 // 04.11.2012 à 14h31

            @Christophe,

            “Ce ne peut être pire que le “libre” marché totalement incapable de gérer le long terme et le global.”

            La planification étatique avec des Etats corrompus, ou en collusion avec les intérêts privés, ou qui ne pensent qu’à leur propre intérêt, ou qui sont totalement infoutus de se mettre d’accord pour gérer dans l’intérêt commun de l’humanité, c’est bien pire que le marché libre et totalement incapable de gérer les problèmes à long terme comme l’épuisement des ressources,

            C’est ce qui nous a donné 2 guerres mondiales, Hitler, Staline, Mao, la Corée du Nord, un arsenal nucléaire capable de détruire toute l’humanité, le programme nucléaire civil français, les crises d’endettement et les bulles immobilières associées, la course à la croissance stupide auxquels tous les pays se livrent aujourd’hui, l’Etat prédateur dont parle Galbraith dans cet article, etc…

            Mais bon, c’est sûr qu’avec des gens qui ont une confiance inébranlable en la sagesse et la vision sans faille des gouvernants et qui voient partout les marchés libres comme cause de nos problèmes alors qu’on les a jamais vraiment essayé, on est pas tiré de l’auberge.

            Et pourtant, les pays qui avaient quand même un semblant de marché libre s’en sont tirés quand même nettement mieux, et sur le long terme, que les pays dans lesquels n’existait que la planification étatique, comme l’URSS, la Chine Maoiste ou la Corée du Nord!

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          • Christophe Vieren // 04.11.2012 à 20h07

            Ces griefs légitimes en la gouvernance étatique n’enlèvent rien au fait que sans Etat se serait bien pire ! La question n’est pas faut-il un Etat ou pas, c’est un fait établi depuis plusieurs dizaines de siècles : si il y a classes, si il y a frontières, si il y a propriété, il y a Etat.

            Et cela n’enlève rien au fait que le libéralisme économique est incapable de prendre en compte l’intérêt général, le long terme et le global. Que les représentants du grand capital ait réussi la prouesse de détourner la puissance de l’état à son profit, est évident. Certains économistes, proches de la pensée marxiste principalement, appelle cela le capitalisme monopoliste d’état.

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  • Tycer // 03.11.2012 à 10h39

    Je vois de plus en plus la différence entre De Gaule et nos politiques actuels.

    De Gaule est un chef qui aimait la France et qui est devenu président pour la France.
    Les politiciens actuels étaient de bons élèves qui aiment l’argent et qui font de la politique pour leur gloire et leur portefeuille.

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    • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 11h49

      De Gaulle – ce grand homme – n’est pas arrivé au pouvoir par l’opération du saint esprit, par son simple charisme, il y avait avec lui beaucoup d’autres personnes qui aimaient la France. Je pense que l’on peut y ranger les communistes qui avaient une forte influence dans la population d’alors. En outre, De Gaulle n’a pas choisi seul la politique à mettre en oeuvre. Il en aurait été tout autrement si le PCF (et d’autres composantes politiques) avait été plus faible. Probablement d’ailleurs si l’influence du PCF avait été plus forte (il était un des rares grand parti à avoir été favorable à l’indépendance de l’Algérie dés le début), la guerre d’Algérie se serait-elle terminée plus tôt, ce qui n’était pas du goût de De Gaulle, je pense.

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      • chris06 // 03.11.2012 à 14h39

        @christophe,

        c’est beau la nostalgie du temps où le PCF se revendiquait stalinien!

        A propos, je vois que tu fais de la pub pour la FASE, quelle différence y a t’il avec le Front de Gauche? Le PCF? L’ACU, l’ADS, AlterEkolo, Mai, Utopia?

        Combien faudra t’il d’étiquettes ou d’appellations différentes aux nostalgiques du temps où le communisme était fort et puissant?

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        • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 21h50

          Evoquer des faits historiques n’a rien d’un jugement de valeur et pas plus d’une quelconque nostalgie.

          Quant à la FASE c’est un nouvelle structure, qui a rejoint le Front de gauche, qui contient désormais : le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche (PG), la Gauche unitaire (GU), République et socialisme (R&S), Convergences et alternative (C&A), le Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE) et la Gauche anticapitaliste (GA) ;

          Pour les différences, j’en vois au moins une : ils sont opposés au nucléaire, ce qu’est loin d’être le PCF. Pour d’autres différences je te laisse le soin de décortiquer leurs site web.

          En tout cas je ne vois aucune alternative plus crédible à l’UMPS en France aujourd’hui. Et tour au moins en tant que “lobby” pour la planification écologique.

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    • JoeChip // 03.11.2012 à 14h25

      Comment connaissez-vous leurs motivations, à tous ?

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  • fabien775 // 03.11.2012 à 10h39

    Il serait essentiel que le peuple soit informé pour toutes ces vérités cachées. Malheureusement, tout les grands médias sont complices de cette immense tromperie. Nous allons forcément dans le mur et au train ou vont les choses, il n’y a aucun espoir pour les générations futurs. Je me souviens d’un livre qui s’intitulait ” Les tueurs ont-ils une mère?”. A quand un titre du genre, ” Les dirigeants de ce monde ont-ils des enfants?”. Nous assistons en ce moment à un crime global contre l’humanité, mais tant que de nouveaux smartphones ou tablettes sortiront pour le plus grand plaisir d’une grande majorité de jeunes, qui ont le bout de leur nez comme horizon, je ne vois pas qu’ elle est l’issue.

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  • DAN // 03.11.2012 à 10h45

    Notre système et modèle économiqie , financier et politique est en train de crever comme fut le cas d’autre civilisation à une autre époque.La décadence commence toujours par la panurgie et la manipulation des consciences , par la perte de toute ethique et morale , par la corruption , l’impunité…les inégalités ;la cupidité….notre civilisation a besoin d’être purgé pour espèrer retrouver une prospérité et la
    paix des peuples.

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    • JoeChip // 03.11.2012 à 14h26

      Il leur faudrait une bonne guerre !

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  • Helios // 03.11.2012 à 10h50

    Très intéressant article, à rapprocher du livre ‘L’Oligarchie des Incapables” de Sophie Coignard et Roamin Gubert (voir par exemple ici
    http://www.dailymotion.com/video/xqi08j_l-oligarchie-des-incapables-sophie-coignard-et-romain-gub-les-matins-de-france-culture_news )
    qui montre la collusion en France entre la haute fonction publique et le monde politique d’une part, et la finance d’autre part.

    Ceci dit, la planification a aussi créé des choses remarquables comme la centrale nucléaire de Tchernobyl…

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    • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 22h02

      Peut-être ne faut-il pas faire l’amalgame entre “planification” et “soviétisme” ou “stalinisme” ou “totalitarisme” ….
      De nombreux pays dont la France on aussi pratiqué la planification. Mais il y a planification et planification.

      D’ailleurs pas besoin d’aller en URSS, le programme nucléaire français est justement issue de la planification NON DEMOCRATIQUE</b< (décision du tout nucléaire prise un week-end par une simple conversation téléphonque entre EdF et le premier ministre Messmer, si ma mémoire est bonne !!!!

      La première loi sur le nucléaire votée par le parlement est la loi Bataille en . . . 1990 et concernait les voies de recherche sur les décrets.

      __________________________
      <a href="http://info.nucleaire.free.fr/Boiteux.htm"Extrait du livre Haute tension de Marcel Boiteux alors patron d’EdF : Début décembre 1973, Jean Couture, le secrétaire général à l’énergie encore en place au ministère, me téléphona à mon bureau, un samedi matin : • II est neuf heures du matin, me dit-il ; j’ai besoin de savoir avant midi quel est le nombre maximum de tranches’ nucléaires que EDF s’estime capable d’engager chaque année, à partir de maintenant, compte tenu de ses moyens en ingénierie et des moyens de ses fournisseurs industriels. »

      C’est toujours un samedi matin, et dans la précipitation, que naissent les grandes décisions. J’alertai Janin, mon directeur de cabinet. Le téléphone sonna tous azimuts. À midi, je rappelai Couture : ” Pas plus de six ou sept tranches par an. ” Deux tranches étaient prévues pour 1974, et il était clair qu’on en engagerait une troisième. Nous nous dîmes avec Janin que Jean Couture se préparait à faire un peu de forcing et allait demander six ou sept tranches pour qu’on aille au moins à quatre ou cinq, quatre sans doute.

      Cela est détaillé dans le livre de M. Boiteux

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  • lee // 03.11.2012 à 14h23

    Il y a une mauvaise sémantique à la base. Actuellement, il n’y a pas de libéralisme, ni néo, ni ultra, il y a un capitalisme oligarchique, de connivence, très proche du soviétisme. Il y a ceux du parti et les autres.

    Le libéralisme a ses sources dans Montesquieu, le XVIII ème siècle, et l’instauration de contre pouvoirs.

    La planification, pourquoi pas, mais ça ne donne pas toujours non plus de bons résultats. Voir le coton et la mer d’Aral, le barrage d’Assouan…et maintenant l’Ayrautport.

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    • JoeChip // 03.11.2012 à 14h36

      Il ne faut pas mélanger les sens successifs du mot “libéral”. Politiquement, au début c’était un mouvement pour donner à la bourgeoisie le droit de participer aux décisions collectives, en gros ça recouvre la notion de vote censitaire : on n’a le droit de vote que si on est suffisamment riche, à quelques exceptions près. En gros, le pouvoir est à ceux qui possèdent suffisamment et/ou sont des notables.

      Les mouvements type “consom’acteurs” sont politiquement tout à fait dans l’idée libérale, mais avec une modification : le pouvoir est à ceux qui consomment le plus (et donc en fait à la “upper middle class”). On pourrait les appeler “néolibéraux” ou “conso-libéraux”. On vote par sa consommation, qui est donc le seul acte politique effectivement posé ; la militance devient ménagère, c’est rassurant.

      L’ultralibéralisme, ce serait donc (par cohérence) quand le pouvoir est à la “upper upper class”, ce qui se confond donc avec l’ultralibéralisme économique. Remarquons que c’est tout à fait compatible avec le “néolibéralisme” ou “consolibéralisme” cité plus haut.

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      • lee // 03.11.2012 à 14h46

        La démocratie était aussi initialement réservée à la classe supérieure, au dessus des esclaves.
        Idem pour le soviétisme, le PCC, ou la ploutocratie actuelle, rien de neuf. Il y a les poires et ceux qui les mangent…

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      • chris06 // 03.11.2012 à 14h50

        “Libéralisme = on n’a le droit de vote que si on est suffisamment riche, à quelques exceptions près.”

        ah bon? Depuis quand en France n’a t’on le droit de vote que si on est suffisamment riche?

        T’es suffisamment riche toi? T’as pas le droit de vote? Tu dois être l’exception, non?

        C’est fou ce que le libéralisme peut susciter comme commentaires…

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        • JoeChip // 03.11.2012 à 15h11

          Euh, au sens politique, c’est ce que “libéralisme” veut dire. Nous sommes actuellement dans un système démocratique (suffrage universel) , et non dans un système libéral (suffrage censitaire).

          Si on dit “oui mais dans le système actuel quand on n’a pas de sous on n’a pas de pouvoir”, on peut dire plus rapidement “le système actuel est libéral [et donc non démocratique]”.

          PS: en plus, tu m’causes correc’ s’te p’.

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          • chris06 // 03.11.2012 à 15h22

            où as tu vu que le sens politique de libéralisme c’est le suffrage censitaire?

            http://fr.wikipedia.org/wiki/Lib%C3%A9ralisme

            “Le libéralisme est une doctrine de philosophie politique qui affirme la liberté comme principe politique suprême ainsi que son corollaire de responsabilité individuelle, et revendique la limitation du pouvoir du souverain.

            Le mot libéralisme fait son apparition au début du xixe siècle. Les racines du libéralisme sont plus anciennes. L’opposition à l’absolutisme du souverain s’est développée dans l’Europe des Lumières (xviiie siècle), mais aussi auparavant par la scolastique de l’École de Salamanque (xvie siècle) faisant obligation morale au souverain de respecter les droits fondamentaux de chaque être humain au motif de sa nature de créature de Dieu, ou plus anciennement par les chartes médiévales (telles la Magna Carta) introduisant des droits fondamentaux dont le respect est exigé du souverain, ou encore par certains pans de la philosophie thomiste, eux-mêmes précédés par le principe de justice naturelle d’Aristote. La date des débuts formels du libéralisme ou de ses composantes politiques, économiques ou religieuses diffère selon les auteurs. De nombreux auteurs font débuter le libéralisme avec la Lettre sur la tolérance de John Locke (1689) qui complète les racines préexistantes.”

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          • JoeChip // 03.11.2012 à 15h35

            Il faut lire un peu. Ce mouvement dont vous parlez réclamait le suffrage censitaire, et l’a obtenu. Il s’agissait bien d’une opposition à l’absolutisme, et donc d’un progrès politique et social.

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          • chris06 // 03.11.2012 à 16h13

            ce n’est pas particulièrement le libéralisme qui réclamait le suffrage censitaire mais la doctrine de la souveraineté nationale, on ne peut pas réduire le sens politique du libéralisme au suffrage censitaire.

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  • Macarel // 03.11.2012 à 15h44

    Heureusement qu’il y a chris06 sur ce blog pour défendre le libéralisme, car tous les autres sont des épigones des bolchéviks.

    Les libéraux sont martyrisés comme l’étaient les premières sectes chrétiennes de l’empire romain. Ils sont obligés de se réunir dans des catacombes pour ne pas finir comme Sainte Blandine.

    James.K Galbraith est totalement à côté de la plaque, les intérêts privés n’ont pas investi l’Etat: au contraire l’état est au mains de dangereux collectivistes.

    C’est étrange, il y a des gens pour qui le mur de Berlin semble n’être jamais tombé. En fait, privés de leur “meilleur” ennemi -du Satan communiste- ils ne savent comment le ré-exhumer (pour l’agiter comme épouvantail), et ceci afin de faire oublier leur part énorme de responsabilité dans le bordel socio-économique actuel.

    Car sauf à avoir raté un épisode, il me semble que ce sont les politiques néo-libérales qui tiennent le haut du pavé depuis quelques décennies. Les zélateurs de la secte libérale, du “laisser faire”, ne manquent pas de culot à se faire passer pour martyrs.

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    • chris06 // 03.11.2012 à 16h39

      il y a pas mal d’autre libéraux que moi sur ce blog.

      “James.K Galbraith est totalement à côté de la plaque, les intérêts privés n’ont pas investi l’Etat”

      Je laisse le soin aux lecteurs de comparer avec ce que j’ai écrit il y a peu: (cf mon commentaire plus haut à 15:03):

      – Comme quoi, le phénomène n’est vraiment pas nouveau, ça fait bientôt deux siècles qu’on ne sait pas comment éviter la capture du régulateur par les régulés, alors c’est sûr qu’il vaut mieux discuter de si le terme “lobby” est approprié, ça évite de se poser les bonnes questions…

      – Galbraith nous parle de planification étatique comme solution aux problèmes, mais uniquement si l’Etat n’est pas capturé par les lobbies. Ah bon? et comment fait on pour éviter cela, cela fait deux siècles qu’on en est incapables?

      Mais bon, c’est sûr que c’est plus facile de faire dire aux gens le contraire de ce qu’ils disent que de répondre à leurs arguments.

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      • Macarel // 03.11.2012 à 16h57

        “Ah bon? et comment fait on pour éviter cela, cela fait deux siècles qu’on en est incapables?”

        Eh bien, on s’attaque de façon claire et déterminée à toute forme de conflits d’intérêts.

        On supprime le shadow banking, les paradis fiscaux, la spéculation, on lutte efficacement contre le crime organisé en col blanc.

        On fait que la démocratie soit autre chose que la manipulation du plus grand nombre dans l’intérêt d’une minorité.

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        • chris06 // 03.11.2012 à 17h16

          sur le shadow banking et les paradis fiscaux, je suis d’accord, mais comment fait on, concrètement, pour les supprimer? On passe une loi franco-française qui les interdit, c’est ça qui va régler le problème?
          sur la spéculation, je ne suis pas d’accord, elle fait partie intégrante du capitalisme, vouloir supprimer la spéculation c’est vouloir supprimer le capitalisme.

          Marx l’avait d’ailleurs bien compris.

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          • Macarel // 03.11.2012 à 19h34

            Je m’attendais à cette réaction sur la spéculation. Alors je vais être un peu plus précis.

            Certaines formes de spéculation sont à proscrire comme:

            – Les CDS nus. Ce qui reviens à parier sur le fait que la maison du voisin va brûler ou pas.

            – La spéculation sur les matières premières, et plus particulièrement les matières premières alimentaires, ce qui provoque régulièrement des émeutes de la faim.

            Alors si vous voulez conserver la spéculation, il faut la réglementer dans ce qu’elle a de moins sympathique.

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          • Christophe Vieren // 03.11.2012 à 22h25

            Il y a une manière très simple même si pas absolue : fermer les bourses (oui je sais chris, on ne peut faire cela à un niveau national) ou ne les ouvrir que tous les 6 mois ou interdire le marché secondaire (échange de titres déjà émis) !

            Après tout, nombreuses entreprises ne sont pas côtées et elle ne s’en portent pas plus mal et ne nuisent pas plus à l’intérêt général que celles qui le sont. Je dirais même, bien au contraire.

            Au sujet de l’utilité plus que limitée de la bourse, dans cet article de Frédéric Lordon : A 75% les riches partiront ?. Pour les pressés (j’avoue que Lordon est un peu long à lire à l’écran même si sa prose est agréable) lire à partir de “De l’inutilité sociale de la fortune à l’époque actionnariale”.

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          • chris06 // 04.11.2012 à 14h55

            en quoi la suppression des CDS nus, ou celle de la bourse (!) réglerait il le problème de capture du régulateur par les régulés, c’est à dire d’un Etat en collusion avec les intérêts privés?

            Si les marchés étaient vraiment libres, cela ferait belle lurette que la bourse se serait effondrée, mais non on a des banquiers centraux et des gouvernements qui n’arrêtent pas d’intervenir pour essayer de la regonfler. Mais tous les Etatistes-en-puissance nous disent que les marchés libres sont incapables de s’ajuster à l’économie réelle ou de gérer les ressources sans se rendre compte que se sont nos politiciens corrompus qui n’arrêtent pas d’injecter des liquidités et de monétiser la dette.

            Se sont peut être aussi les marchés libres qui ont décidé de baisser les taux d’intérêts à zéro pour essayer de gonfler encore plus de dettes publiques ou privées dans l’économie? Des taux d’intérêts au plus bas historique malgré le fait que tout le monde sait que les dettes ne pourront jamais être toutes remboursées, une idée géniale de nos planificateurs-experts, les gouvernements et leurs banquiers centraux, ces grands sages dans lesquels les gens ont une confiance inébranlable!.

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          • Christophe Vieren // 04.11.2012 à 20h11

            Il faudra quand même que tu m’expliques un jour pourquoi AUCUN pays dans le monde n’a supprimé l’Etat, y compris son interventionnisme au delà des fonctions dites régaliennes ? Pourquoi par exemple les Islandais n’ont pas suivi tes préconisations ?

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  • Bruno L // 03.11.2012 à 16h48

    Article fort intéressant, en dehors de la manie de Galbraith de baptiser “droite” ou “gauche” ce qui n’est qu’une version à peine différente du “système”, c’est à dire de nos élites.

    L’Etat devrait “évidemment” se préoccuper du bien public, pas de ce que veut lui “conseiller” tel ou tel lobby. Nous en sommes bien loin, aux USA comme en Europe, la prétendue ‘droite’ comme la prétendue ‘gauche’.

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  • Bruno L // 03.11.2012 à 16h49

    Article fort intéressant, en dehors de la manie de Galbraith de baptiser “droite” ou “gauche” ce qui n’est qu’une version à peine différente du “système”, c’est à dire de nos élites.

    L’Etat devrait “évidemment” se préoccuper du bien public, pas de ce que veut lui “conseiller” tel ou tel lobby. Nous en sommes bien loin, aux USA comme en Europe, la prétendue ‘droite’ comme la prétendue ‘gauche’.

    B.L.

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  • Michele // 03.11.2012 à 20h14

    Quand on a la conscience ne paix, on a pas peur. Connaissant les agissements cachés et inavouables de beaucoup de politiques, ils préfèrent livrer leur peuples pieds et poings liés aux forces destructrices armées et préparées par eux même. Quelle grandeur d’âme ! Chacun aura selon ses mérites, tremblez esclaves de vos corps et de l’argent car vous n’aurez nul endroit ou aller. Tout vous sera rendu au centuple.

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  • Salva // 04.11.2012 à 12h04

    “La politique monétaire devait avoir un seul objectif, la lutte contre l’inflation.”
    C’est le début de la Révolution Néo-libérale. “Lutte contre l’inflation” est utilisée pour cacher la vraie lutte: la baisse des salaires.

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  • Hadrien // 04.11.2012 à 18h25

    J’avais lu avec intérêt le livre de James K. Galbraith (L’Etat prédateur, 2009), dès sa parution en France, et j’avais été frappé par sa liberté d’esprit quant au déficit budgétaire, dans le contexte actuel du monde économique et financier
    Il faut souligner une chose:
    Aux Etats-Unis, non seulement la Fed n’a pas à se soucier de l’orthodoxie austro-allemande qui s’est imposée chez nous à l’euro, mais elle bénéficie en outre de la dilution dans le monde entier des dollars qu’elle crée, privilège d’une monnaie de réserve.
    On peut même s’étonner qu’elle n’ait pas eu davantage recours à cette facilité dans le passé, puisque tout dollar créé profite directement à l’Etat américain, alors que l’inflation résultante est partagée par le monde entier. Une situation inexpugnable, jusqu’à présent.

    Ça souligne avec d’autant plus d’acuité l’inanité des objections faites à toute création monétaire par la BCE: n’ayant pas encore ce privilège, la création monétaire en euros a son garde-fou naturel, le dollar, rendant compte de sa valeur comparative.
    Et ça met, a contrario, en lumière les véritables raisons de l’orthodoxie sourcilleuse adoptée: l’Allemagne excédentaire dans ses échanges commerciaux ne veut pas que cet avantage soit compensé par les droits de tirage qui seraient accordés aux Etats déficitaires. C’est donc bien un problème politique: monnaie unique, oui, bourse commune, non !

    Or, si la zone euro reste dans cet entre-deux, la divergence est assurée entre excédents et déficits dans ses échanges internes !
    Ainsi la Grèce, pour y demeurer, aurait besoin de s’imposer indéfiniment les sacrifices actuels, contrairement à la présentation habituelle d’un mauvais moment à passer…

    POLITIQUE DE LA DEMANDE ET POLITIQUE DE L’OFFRE:
    ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES…

    Tout cela met aussi en lumière, dans l’hypothèse où l’euro accéderait au statut fédérateur – sinon fédéral – que certains semblent appeler de leur voeux, qu’une politique de restriction budgétaire et de l’offre au détriment de la demande est loin d’être optimale face au dollar.
    Il n’est donc pas sans intérêt de remettre ici en exergue le passage, ô combien pertinent, que j’en avais proposé dès 2009 sur le blog de « La Refondation du capitalisme » (J. Peyrelevade), et qui fut censuré par le refondateur » à sa première lecture.
    On comprend aujourd’hui pourquoi…

    ENCORE UN DIEU QUI MEURT :
    LE RÊVE IMPOSSIBLE DE L’ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE

    Ne reste-t-il donc aucune vérité simple? Si le marché n’est pas la liberté, si l’épargne n’est pas une vertu et si la Federal Reserve ne contrôle pas l’inflation, que reste-t-il ? Et la nécessité d’équilibrer le budget ?
    Si toutes les autres formes de conservatisme économique professées par les républicains sont bonnes pour les poubelles de l’histoire, celle-ci, embrassée par les démocrates, n’est-elle pas digne d’être conservée ?
    Hélas, non. En réalité, l’équilibre budgétaire a été le tout premier pilier conservateur à s’effondrer; sa mort a été le compromis avec la réalité le plus réussi des années Reagan. Les réductions d’impôts de Reagan étaient officiellement de l’économie de l’offre, mais elles étaient aussi des réductions d’impôts… Associées à ces baisses d’impôts, les dépenses de Reagan ont provoqué un énorme tournant vers les déficits budgétaires de 1980 à 1983. Et ceux-ci ont alimenté la puissante expansion économique qui a commencé cette année-là et s’est poursuivie jusqu’à la fin de la décennie.
    Les démocrates ont coopéré avec les républicains dans les années 1980 pour défaire les réductions d’impôts de Reagan, et faire voter ces impôts en 1982 et 1984, puis la loi de réforme fiscale de 1986. Et le grand spectacle de leur quête de respectabilité aux yeux des « financièrement vertueux » allait rester à l’affiche tout au long des années 90, dans les négociations budgétaires de la présidence de Bush père, puis dans le premier plan de réduction du déficit du mandat de Clinton.
    Ils oubliaient Keynes, qui avait essayé de leur expliquer que les excédents budgétaires de la fin des années 1990 étaient une grave erreur de politique économique. En ponctionnant des fonds sur le flux des dépenses, ils auraient pour effet de condamner la durabilité de l’expansion. L’association d’une bulle boursière insoutenable et d’une politique budgétaire super-restrictive garantissait que l’administration suivante serait confrontée à une crise économique. Et c’est ce qui s’est passé [avec Bush fils].
    La position des démocrates sur les déficits a une histoire tourmentée, qui oscille depuis longtemps entre réalisme et respectabilité. En la survolant, on comprend pourquoi les déficits budgétaires sont partie intégrante du système financier mondial depuis les années 1970, pourquoi il est impossible d’équilibrer durablement le budget tant que ce système dure, pourquoi essayer de le faire est en réalité nocif, et pourquoi – malheureusement – la gauche n’est pas parvenue, pour l’essentiel, à comprendre tout cela.

    Pourquoi Reagan a-t-il réussi ce que Carter n’a pas pu faire – avoir de gros déficits sans la baisse du dollar et l’inflation qui s’ensuivait? Parce que la politique des taux d’intérêt astronomiques et du dollar super-fort menée par la Federal Reserve a aidé Reagan à se tirer d’affaire. En attirant aux Etats-Unis une marée de capitaux d’investissements, la politique du dollar fort a réconcilié stimulation budgétaire, reprise de l’emploi et fin rapide de l’inflation. Le dollar est alors devenu la monnaie de réserve incontestée, ce qui signifiait que les Etats-Unis non seulement pouvaient mais devaient avoir des déficits commerciaux, à la mesure de la demande de dollars pour les réserves.
    Tant que le secteur privé intérieur continuait à vouloir accumuler des actifs financiers, ce qu’il a fait tout au long du mandat de Reagan, le déficit commercial devait forcément se traduire -pure question de comptabilité- par un déficit de taille comparable du budget fédéral – »théorie des « déficits jumeaux »- mais l’interprétation qui en était donnée rendait le déficit budgétaire responsable du déficit commercial.
    Le rôle du système financier mondial, qui rendait inévitable le déficit commercial, a été négligé. Et l’idéologie des budgets en équilibre s’est maintenue.

    En 1997, la crise asiatique a également ramené une marée de capitaux au bercail, dans le refuge sûr des bons du Trésor américain, renforçant ainsi le dollar. Le déficit commercial a également augmenté. Mais, cette fois, pas le déficit budgétaire. Il a chuté – jusqu’à zéro, et jusqu’à se transformer vraiment en excédent, pour la première fois depuis 1969. Comment cela a-t-il pu arriver?
    Comment le déficit extérieur a-t-il pu augmenter et le déficit budgétaire diminuer ? Il y a un cas de figure (et un seul) où le déficit où le déficit budgétaire peut diminuer tandis que le déficit commercial augmente: quand le secteur privé de l’économie du pays « assume » le rôle jusque là joué par l’Etat, en acceptant lui-même un déficit budgétaire. Et c’est ce qui s’est passé.
    Les cartes de cédit, les emprunts hypothécaires, les prêts contre garantie immobilière sont soudain devenus les forces motrices de la croissance économique américaine. La Bourse et le boom de l’immobilier donnaient à beaucoup de gens l’impression d’être riches. Depuis des années, républicains et démocrates avaient clamé qu’ils voulaient un budget en équilibre. A présent, ils en avaient un – mais c’était un problème, pas une solution.
    Les excédents ont fait ce que font tous les excédents: un Etat en excédent soustrait nécessairement en impôts aux dépenses privées plus qu’il n’injecte en versements aux revenus privés. Cela a obligé l’économie privée à financer son expansion en accumulant des dettes. Mais, à la différence de l’Etat, la dette privée a des limites. Elle ne pouvait pas durer indéfiniment et elle ne l’a pas fait. Le boom de la technologie a pris fin en avril 2000 avec le crash du NASDAQ. L’économie a basculé dans la récession au début de 2001, et le déficit budgétaire est réapparu.

    L’ironie de cette histoire, c’est que l’idéal tant aimé du budget en équilibre, jadis thème crucial des conservateurs, est devenu absurde au moment même où les démocrates s’y sont ralliés. La plupart des républicains, sur le plan pratique, le comprennent: une fois au pouvoir, ils ne font plus semblant de prendre l’Etat fédéral pour un ménage.
    Les soi-disant progressistes ne sont pas de simples perroquets des conservateurs; ils sont les perroquets de conservateurs morts, qui n’ont aucun descendant vivant et dont les thèses sont concrètement inapplicables dans le monde moderne.
    En résumé, et pour le dire crûment, équilibrer le budget est une mission impossible et sans intérêt. À toutes fins pratiques, le déficit constaté dans le budget ne dépend plus des décisions de la politique fédérale, mais du commerce international et de la position financière du secteur privé. Tant que le commerce extérieur américain reste en déficit permanent – et il doit le rester tant qu’une économie mondiale en croissance exige des dollars pour ses réserves – le déficit budgétaire fédéral est fondamentalement permanent. Politiques et commentateurs peuvent dire ce qu’ils veulent sur les déficits budgétaires. Rien de durable ne peut, ne va et même ne doit se faire contre eux, sauf par le biais d’un changement du système financier mondial.

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  • Hadrien // 04.11.2012 à 18h41

    ADDENDUM:

    Le passage ci-dessus “ENCORE UN DIEU QUI MEURT :
    LE RÊVE IMPOSSIBLE DE L’ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE”
    est évidemmment extrait du livre de James K. Galbraith…

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  • Hadrien // 04.11.2012 à 18h51

    Je n’avais pas bien compris l’intérêt du titre donné par James K. Galbraith à son livre “L’Etat prédateur”, jusqu’à ce que se fasse jour la crise de l’euro où le coeur des vierges continue de nous réciter le bréviaire de l’Europe néo-libérale, pour notre plus grand bien, évidemment.
    Ainsi, récemment:
    Le commissaire Michel Barnier: « Le marché unique pourrait être la première victime de la crise et du réflexe protectionniste qu’elle porte alors qu’il est au même moment notre premier atout pour sortir de la crise. »
    Le banquier Georges Ugeux: “Pouvoir utiliser le même instrument de réserve et la même unité de compte est essentiel.”
    Voilà bien les voeux pieux et contre-vérités ressassés par des gens dont le métier se nourrit du système depuis des années.

    Ces déclarations qui ne s’assortissent de rien de concret, encore moins chiffré, contrastent avec le livre paru ce mois-ci, de Patrick Artus: “La crise de l’euro”. Voilà quelqu’un qu’on ne saurait qualifier d’anti-capitaliste ou d’anti-européen, et qui range pourtant dèsormais la France parmi les déclassés de la politique européiste, à l’issue d’un raisonnement implacable soutenu par forces courbes et chiffres:
    Après avoir montré comment un pays aux multiples atouts (secteurs primaire, secondaire et tertiaire) tel que la France, a été victime de la logique Ricardienne de la spécialisation par la théorie européiste des “avantages comparatifs” (en trente ans l’industrialisation française a régressé de plus de moitié), Artus constate aujourd’hui:

    “Si un pays a une industrie de petite taille (France, Espagne, Grèce, Portugal), la dévaluation ou l’amélioration de la compétitivité ne marchent pas… Mais la participation à l’euro a accéléré [leur] désindustrialisation, d’où aujourd’hui une situation où la dépréciation du change n’amélior[ait] plus le commerce extérieur de ces pays… et il ne reste comme possibilité pour rééquilibrer leurs comptes extérieurs que la réduction forte du niveau de vie…
    Aujourd’hui, de ce fait, soit les institutions vont être rapidement modifiées dans le sens du fédéralisme; soit certains pays vont devoir accepter un appauvrissement ; soit certains pays vont sortir de la zone euro mais ceci ne règlera pas leurs problèmes, puisque l’euro a accéléré leur désindustrialisation…
    Le rejet du fédéralisme par les pays d’Europe du Nord, qui semble fort, interdit pratiquement toutes les solutions de solidarité. Le risque est donc que la seule issue… soit le durcissement des règles
    de politique économique, pays par pays.”

    On ne saurait mieux dire: alors que la France avait su avoir la même croissance que l’Allemagne pendant les Trente Glorieuses, malgré les multiples dévaluations/réévaluations, la voilà réduite à quémander les bénéfices d’une hypothétique redistribution fédérale en Europe !
    Dotée, à l’issue des Trente Glorieuses, d’une industrie nationalisée “high tech” (Aerospatial, Energie nucléaire, Télécoms, etc.), la voilà ravalée à un rang inférieur à celui de l’Italie, après avoir tout bradé en privatisations qui ont dilapidé le patrimoine accumulé, au nom de l’eurolibéralisme… quand ce n’est pas celui de la mondialisation!
    Car ce n’est pas fini:
    A peine sortis des affres de “la construction européeenne” où l’on aura tout perdu, il faudra bientôt aborder ceux de “la mondialisation heureuse” où l’Allemagne est à son tour déjà perdante face à la Chine (son déficit commercial y est tout aussi élevé que le notre!).
    Ainsi aura-t-on vu successivement notre TGV battre des records du monde de vitesse, mais son fac simile vendu par Siemens à la Chine… sous des conditions de transferts technologiques tels que la Chine vend désormais son propre crû à toute l’Asie du Sud-Est !
    Idem pour Airbus et EADS, dont 50% furent d’abord abandonnés aux allemands, et dont on retrouve maintenant les premières copies d’A320 comme modèles chinois bientôt prêts à être vendus sous des prix sans concurrence !

    Après celà, on se demandera pourquoi on ne peut plus se payer le modèle social hérité du CNR à la Libération !
    Et si l’on regardait de plus près quels intérêts financiers à court terme, quels lobbies internationaux, servent ces hommes politiques qui nous ont mené là ?

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  • Hadrien // 04.11.2012 à 19h13

    Un exemple patent de prédation d’Etat, durant la “Strauss-Kahnisation” de Jospin :

    SOUVENEZ-VOUS DE LA PHOTO DANS LES JOURNAUX:

    A droite y figurent les deux naufrageurs de l’industrie aérospatiale française.
    Strauss-Kahn et Jospin.
    A gauche, aux dépens de la France, les trois bénéficiaires : le chancelier Schröder, Jünger Schrempp, président de Deutsch Aerospace et Jean-Luc Lagardère.

    Le gouvernement Jospin a cru bon, aux dépens de l’intérêt national, de faire deux somptueux cadeaux :

    – A J.L. Lagardère, en contrepartie d’une somme dérisoire, plus de 30 % du capital de la Société nationale Aérospatiale. L’Aérospatiale était en quelque sorte l’aboutissement des bureaux d’études qui avaient conçu et permis la commercialisation de la Caravelle, du Concorde, d’Airbus, mais aussi des Nordatlas, des Vautours, des hélicoptères, des engins balistiques et tactiques, des satellites, alors que la DASA n’était qu’un modeste sous-traitant mais qui, fusionné avec l’Aérospatiale bradée à Lagardère (Matra) et après privatisation, devait former EADS.

    – Aux Allemands la fusion accordait 30 % du capital, le gouvernement français n’en gardant que 15 % (et J.L. Lagardère également 15 %). Mais la nouvelle société possédait 80 % du capital d’Airbus, l’entreprise placée sous contrôle allemand par l’intermédiaire de la participation de Daimler-Chrysler, l’industrie automobile allemande devenant aussi aérospatiale. Autre cadeau partiel, EADS siégerait en Hollande et serait une société de droit hollandais, la France perdant le fleuron de ses « ex-activités » aérospatiales.

    L’affaire fut présentée comme une « victoire (française) nette et sans bavure » par le Nouvel Observateur (du 21 octobre 1999). Il fallait tromper les Français et leur faire croire au génie politique de leurs dirigeants alors que l’accord conclu à Strasbourg le 14 octobre 1991 est pour eux catastrophique. Mentant outrageusement, le Nouvel Observateur (daté du 21-27.10.1999) titrait ainsi son article : « Comment la France a raflé la mise », alors qu’en réalité, la mise c’était notre industrie aérospatiale qu’elle livrait aux profits du secteur privé et à une firme automobile allemande. Six ans plus tard, Pascal Aubert dans la Tribune (29 juin 2006) écrira que EADS, « cette magnifique entreprise est, en réalité, une pétaudière ».

    Le Nouvel Observateur, désireux d’amplifier encore sa dithyrambe, citait les propos naïfs et, depuis, infirmés par les faits, de Lionel Jospin : « (EADS) un outil puissant de la construction d’une Europe forte, solidaire et maîtrisant pleinement son avenir… (approuvant) le caractère équilibré de l’actionnariat, stable et de long terme, du nouveau groupe puissamment et durablement ancré à l’Europe ». Autant de stupides contre-vérités. Messieurs Lagardère et Bishoff se sont empressés de vendre une part de leurs actions tandis que Noël Forgeard cédait ses stocks options au bon moment et que les Britanniques cherchaient à vendre leur participation… Autant de témoignages de la « stabilité » de l’actionnariat » vantée par Lionel Jospin, avec D.S.K. pour complice.

    Pour la France et pour la soi-disant « construction européenne », l’accord créant EADS a de bien plus graves conséquences que la seule avidité financière et de carrière de ses dirigeants.

    – D’abord, n’ayant aucune idée des exigences d’une entreprise scientifique, technique et commerciale aérospatiale, les politiciens français se sont « fait berner » par leurs homologues allemands, mais ils ont mis sur pied une sorte de monstre politico-administratif qui ne pouvait aboutir qu’à l’échec : direction binationale, multiplication des niveaux de responsabilité, recours à un nombre trop élevé d’implantations industrielles, à une pléthore de sous-traitants de nationalité, de culture technique et de méthodes de travail différentes. Résultat : six années de chamailleries au sommet, de rivalités nationales, de spéculations financières douteuses, de coups bas dont l’affaire Clearstream n’a révélé que quelques aspects. Ceci au détriment de l’intérêt national délibérément bafoué.

    – La France détenait plus de la moitié du marché mondial des avions de combat, marché gagné au cours des années 50 et 60. Elle l’a totalement et irrémédiablement perdu au profit des matériels anglo-allemands et américains (F.16, F.18 hier, J.35 demain) : Coût : plus de 200.000 spécialistes et 2.000 ou 3.000 ingénieurs conduits à se « reconvertir » ou à relever de l’ANPE et disparition d’un fort potentiel de science et de technicité.

    – Si les bureaux d’étude de EADS ont mis cinq ans pour calculer et réaliser la prototype d’un avion de très gros tonnage (plus du double de celui des appareils antérieurement commercialisés), l’industrialisation du projet A 380 est un échec. Le calendrier des livraisons aux entreprises de transport aérien ne sera pas tenu ; il faudra indemniser les acquéreurs et subir le discrédit d’une firme à la direction équivoque, incapable de tenir ses engagements. Résultats : une « restructuration » de l’ensemble, euphémisme pour annoncer des économies sur l’emploi de la contribution d’EADS au chômage. La société d’entretien technique SOGERMA en a déjà été la victime, la contraction du nombre des sous-traitants en fera beaucoup d’autres. « L’outil puissant de la construction de l’Europe » de M. Lionel Jospin, en quenouille.

    (d’après le général Pierre Marie Gallois)

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  • Patrick Luder // 04.11.2012 à 23h59

    Les marchés ne sont qu’une question d’offre et de demande, avec des acteurs qui essaient momentanément, de stimuler l’un ou l’autre, ou de profiter de l’un et de l’autre … mais les marchés ne sont jamais éternels, ils finissent toujours par disparaître, remplaces par d’autres marchés …

    La seule chose immuable est le changement => jour et nuit, été et hiver, inspirer et expirer …

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