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24.mars.202624.3.2026 // Les Crises

Revue de presse du 24/03/2026

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Déferlantes (inter)nationales, résistances locales. Merci à nos contributeurs.

DÉMOCRATIE

Duhamel, Le Pen, Leclerc, et l'argent public

"Il faut écouter Benjamin Duhamel à 7h50 dans la première matinale de France, le voir jouer le contradicteur, l'empêcheur de tourner en rond, celui qui boxe pareillement le député frontiste comme le parlementaire insoumis, le porte-parole LR comme le ministre macroniste. Mais s'étonner de le voir soudain être si indulgent avec un représentant du capital. Ainsi Duhamel le 3 février dernier, recevait Michel-Edouard Leclerc, encore une fois – on ne les compte plus – pour lui demander son avis sur le budget finalement quarante-neuf-troisisé, sur les "7 milliards d'euros d'impôts de plus pour les entreprises" : "L'impôt n'est pas fléché, il est fait pour remplir un seau qui est percé" répond le patron de l'enseigne homonyme, qui trouve ça "juste nul" parce que ça ne s'intègrerait pas selon lui dans une politique sociale – lui qui s'y connait en politiques sociales comme l'avait fort bien montré l'Humanité en 2022."

Source : Arrêt sur images

Des nouvelles des nouveaux chiens de garde

"L'actualité électorale nous a offert, par un effet de miroir grossissant, une magnifique illustration de la manière dont fonctionne le champ médiatique français, notamment quand il s’agit de combattre la gauche (je veux dire : la gauche de gauche). On se souvient que, pendant toute une semaine, des émissions de télévision, des articles dans la presse écrite (Le Figaro), s’étaient demandés s’il fallait prononcer le nom de Jeffrey Epstein avec la terminaison en « aïne » ou en « ine » (ils semblaient tous découvrir que les noms propres ne se prononcent pas de la même manière aux États-Unis et en France). Jean-Luc Mélenchon a ironisé pendant une minute ou deux lors d’un meeting sur ces discussions à propos de la prononciation qui occupaient plus les journalistes que le fond de l’affaire. Dès le lendemain, on entendit monter, de tous côtés, des criailleries : “Il fait rire sur la prononciation des noms juifs ! Il est antisémite !” Mais non ! Il se moquait des journalistes qui avaient consacré plus d'importance à la prononciation d’un nom qu’à l’affaire elle-même."

Source : Blast

Municipales : face aux résultats de LFI, l’éditocratie tétanisée

"Les résultats du premier tour des élections municipales ont surpris la plupart des éditorialistes de plateaux, qui n’ont pas su cacher leur dépit et leur inquiétude face à l’écart entre le prêt-à-penser qui leur sert d’analyse… et la réalité électorale. Meilleur du pire. Dimanche 15 mars 2026, premier tour des élections municipales. Les chaînes d’info sont toutes en édition spéciale, ce qui consiste pour elles à organiser les mêmes bavardages que le reste de l’année, mais cette fois interrompus par des annonces de résultats et des correspondants qui ânonnent des banalités en duplex depuis les QG de campagne. À 20h, la trêve électorale est levée. Comme souvent, priorité au RN : duplex à Toulon, duplex à Perpignan, diffusion du discours de Jordan Bardella : Samuel Gontier relève que sur 25 minutes d’émission spéciale de France 2, Léa Salamé et Laurent Delahousse réussissent l’exploit d’en consacrer 15 à l’extrême droite. Mais très vite, un « bruit » gagne les plateaux : dans les grandes villes, les scores de LFI ne sont pas si mauvais que les éditorialistes les avaient anticipés (et espérés)."

Source : Acrimed

ENVIRONNEMENT

Diatomite : le tribunal administratif confirme le classement en zone agricole de la narse de Nouvialle dans le Cantal

"Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a confirmé le choix de la communauté de communes de Saint-Flour dans le Cantal de ne pas classer la narse de Nouvialle en secteur à protéger en raison de la richesse du sol ou du sous-sol. La demande était portée par la société Imerys Filtration France. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté la demande de la société Imerys Filtration France, qui contestait le plan local d’urbanisme intercommunal adopté par la communauté de communes Saint-Flour Communauté. Dans le plan adopté en mai 2023, les élus intercommunaux ont classé la narse de Nouvialle en zone agricole, sans prévoir de zonage particulier lié à la richesse du sous-sol. Ce que conteste la société car ce site abrite un gisement de diatomite, reconnu d’intérêt national par le schéma régional des carrières. La société Imerys Filtration France, qui exploite déjà une carrière à proximité, souhaitait que la zone soit protégée par un zonage spécifique afin de garantir la possibilité d’exploiter ce gisement à l’avenir."

Source : France Bleu

EUROPE

La viande est jusqu’à 580 fois plus subventionnée que les protéines végétales en Europe

"En France, l’importance de réduire la consommation de viande n’est plus à démontrer. En excès, elle est nuisible à la santé et aux écosystèmes — notamment aux forêts, abattues pour produire du fourrage malgré leur capacité d’absorption du CO2. Sans compter que sa production dans des élevages intensifs n’est pas compatible avec le nouveau statut d’« être vivant doué de sensibilité » de l’animal (art. 515-14 du Code civil, 2015). Pourtant une étude de l’association néerlandaise Foodrise révèle que les viandes de bœuf et d’agneau bénéficient de subventions européennes 580 fois supérieures à celles accordées aux légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots…) ; la viande de porc de soutiens près de 240 fois supérieurs. Quant aux produits laitiers, ils auraient reçu 554 fois plus de subventions que les noix, très riches en vitamines et oligo-éléments."

Source : Reporterre

FRANCE

« La dissuasion nucléaire doit rester française »

"À l’issue de son discours du 2 mars 2026 à l’Île Longue, Emmanuel Macron a évoqué une « dissuasion nucléaire avancée » intégrant plusieurs partenaires européens, formule obscure pour nombre de Français. Romain Marleix, collaborateur LR au Sénat et frère du député Olivier Marleix, disparu tragiquement à l’été 2025, y voit au contraire un tournant stratégique majeur. Selon lui, derrière un vocabulaire technocratique et une stratégie des petits pas, le chef de l’État serait en train d’engager la France dans une logique de mutualisation progressive de sa dissuasion, au risque d’un affaiblissement majeur de sa souveraineté. Dans un entretien exclusif accordé à QG, il alerte au sujet de ce qu’il considère comme une évolution très dangereuse pour l’avenir de la doctrine nucléaire française."

Source : QG Media

La Suite numérique de l’État : critique des critiques

"Framasoft prend rarement position sur la politique numérique de l’État. La dernière fois où nous l’avions fait, c’était il y a 10 ans, en 2016, dans un article intitulé « Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au Ministère de l’Éducation Nationale ». Si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que les débats autour de La Suite Numérique (« La Suite » : une suite d’outils libres et collaboratifs développée par l’État) nous paraissent révéler quelque chose d’important : la difficulté, en France (voire en Europe), à penser une politique publique du numérique qui soit à la fois libre, crédible et orientée vers l’intérêt commun. Malgré sa longueur, cet article ne prétend pas aller au fond du sujet. Notre objectif est de proposer, début mars 2026, quelques clés de compréhension accessibles à un public large sur La Suite, ses critiques et les enjeux politiques qu’elle cristallise. Pour en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cet article, vous pouvez lire notre « Boîte noire » en bas de page."

Source : Framablog

En France, la fabrique des OQTF

"Les obligations de quitter le territoire français (OQTF) sont devenues un marqueur récurrent du débat public sur l’immigration en France. Derrière ce sigle se cache une réalité administrative souvent méconnue, propice aux simplifications et aux récupérations politiques. Mais cette mesure est surtout un mécanisme qui conduit à priver des milliers de personnes de leurs droits fondamentaux. L’obligation de quitter le territoire français (OQTF) est une mesure administrative individuelle, délivrée par la préfecture, visant à éloigner une personne du territoire national. Quelque 150 000 de ces mesures sont prononcées chaque année – soit environ 400 par jour –, pour un taux d’exécution estimé entre 10 % et 15 %. Une OQTF est délivrée en cas de séjour irrégulier, notamment lorsqu’une personne est interpellée sans titre de séjour valide, à la suite du rejet d’une demande d’asile, du non-renouvellement d’un titre de séjour – parfois imputable à des dysfonctionnements des démarches administratives dématérialisées – ou, plus marginalement, au cours d’une incarcération."

Source : Afrique XXI

GÉOPOLITIQUE

La troisième guerre du Golfe, un tournant majeur de l’architecture régionale

"La stratégie des monarchies du Golfe de lier leur sécurité à la protection occidentale, en accueillant sur leur sol de nombreuses bases militaires étatsuniennes, se retourne contre elles à l’aune de l’offensive contre l’Iran. Elle les place en première ligne d’une guerre qu’elles ont tout fait pour éviter. Dans ce contexte, elles pourraient être contraintes de repenser leur modèle de sécurité. La guerre israélo-étatsunienne engagée contre l’Iran le 28 février 2026 n’a pas constitué une réelle surprise pour les monarchies du Golfe compte tenu de l’armada étatsunienne mobilisée dans la région. Cependant, en dépit des moyens diplomatiques déployés pour l’éviter, les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), notamment l’Arabie saoudite, Oman et le Qatar, dressent le constat amer de ne pas être entendues par leur allié étatsunien. Cette situation nourrit d’autant plus leur inquiétude qu’elles redoutent désormais de devoir gérer seules, et sur le long terme, les conséquences chaotiques d’un conflit qu’elles subissent."

Source : Orient XXI

LIBERTÉS

La reconnaissance faciale déployée à grande échelle sur les téléphones des forces de l’ordre

"Les policiers et gendarmes français ont accès à un logiciel de reconnaissance faciale sur leur téléphone professionnel depuis 2022. Relié au TAJ, le fichier d’antécédents judiciaires, l’outil permet d’obtenir des informations personnelles sur plus d’un quart de la population française grâce à une photo prise sur le vif. Des fonctionnaires ont recours à cette pratique hors de tout cadre légal, en particulier lors de contrôles d’identité - témoignages et documents à l’appui. Jusqu’à présent, le ministère de l’intérieur laisse faire. Avril 2025, dans le centre-ville de Marseille. Ahmed, 18 ans, profite de l’ombre d’un platane avec des amis. Plusieurs camions de police se garent, des agents en sortent puis se dirigent vers eux. Rien d’inhabituel : sur la place Jules-Guesde, à deux pas de la porte d’Aix, les contrôles d’identité sont fréquents. La suite est plus inhabituelle. « Ils nous ont contrôlé direct et ont sorti de gros portables rectangulaires, raconte Ahmed. Ils les ont pointés vers nous et nous ont pris en photo ». Le jeune homme, apprenti pâtissier, n’a même pas eu à présenter de papiers d’identité : sa photo a suffi à renseigner les policiers. « Comme ils ont vu que je suis régularisé, ils m’ont laissé tranquille »"

Source : Disclose

RÉFLEXION

La guerre et le droit : sur certaines vertus du juridisme et sur le confort de sa critique

"Le droit doit-il parfois se taire lorsque les armes parlent ? L’opinion a pu prévaloir, et elle continue d’imprégner certains discours. Alors que les règles de droit international sont gravement mises en cause, appeler à leur respect n’est ni vain, ni idéologique. Par Romain Le Bœuf, professeur à l’Université d’Aix-Marseille,Evelyne Lagrange, professeure à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Guillaume Le Floch, professeur à l’Université de Rennes, secrétaire général de la Société française pour le droit international, Jean-Marc Sorel, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, président de la Société française pour le droit international. Un article récemment publié sur ce blog par le Professeur Denys de Béchillon à propos de l’intervention en Iran reproche aux spécialistes du droit international de se complaire dans le confort du juridisme."

Source : Le club des juristes

SOCIETÉ

Les Français dorment 6 h 50 en moyenne : « Le capitalisme produit l’épuisement, puis vend des solutions »

"Nous dormons de moins en moins. Ce n’est pas un problème d’hygiène de vie : c’est un symptôme politique, explique l’ethnographe Romain Huët. « Le capitalisme produit notre épuisement puis nous vend des solutions. C’est une boucle assez vertigineuse. » En cinquante ans, les Françaises et Français ont perdu 1 h 30 de sommeil. Ils dorment aujourd’hui 6 h 50 par nuit en moyenne, quatorze minutes de moins qu’en 2024, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance. Un chiffre qui dit quelque chose de nos nuits, mais aussi de notre vie, explique l’ethnographe Romain Huët. Maître de conférences à l’université Rennes 2, il a passé des années à écouter des personnes en grande souffrance au sein d’une association de prévention contre le suicide. De cette enquête est né De si violentes fatigues — Les devenirs politiques de l’épuisement quotidien, où il cherche à politiser l’épuisement ordinaire et à faire entendre qu’il s’agit non pas d’un problème individuel mais d’une critique de nos sociétés."

Source : Reporterre

ÉCONOMIE

La croissance verte : l'impossible lettre au père Noël des économistes aux scientifiques

"La croissance est sur toutes les lèvres : politiques, journalistes, économistes, experts… enfin surtout la croissance économique, celle du produit intérieur brut, le fameux PIB. Et pour cause. Elle serait le signe de la bonne santé d’un pays. Revers de la médaille, elle va de pair avec la production de biens et de services qui alimente l'atmosphère en gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. D’aucuns semblent avoir trouvé la solution miracle : découpler croissance et émissions de gaz à effet de serre. On continue de produire de plus en plus mais sans pollution. Dans l’air du temps, et pour bien faire comprendre que la croissance peut être bénéfique pour l'environnement, on va jusqu’à lui affubler le qualificatif de “verte”. La boucle de recyclage “vert” est ainsi bouclée, la principale responsable du réchauffement climatique et des dommages à l’environnement se trouve être la meilleure solution pour réparer les dégâts."

Source : Prise de terre

Comment la révolution iranienne engendra le second choc pétrolier de 1979

"Si le déclenchement de la guerre du Kippour – par la Syrie et l'Égypte – début octobre 1973 avait été soudain, les troubles sociaux iraniens émergent plus progressivement. Dès mai 1978, des manifestations contestent le régime du Shah d'Iran, mais les prix mondiaux de l'or noir restent autour 13 $/baril. Ce « second choc pétrolier », un choc d'offre, est associé aux changements politiques en Iran. Les inquiétudes associées aujourd'hui à l'envolée des prix de « l'or noir » en raison de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran invitent à un retour sur l'épisode du choc pétrolier de 1979. Le shah d'Iran Muhammad Reza Pahlavi est renversé. L'ayatollah Khomeiny proclame la naissance de la République islamique d'Iran. Alors, la parenthèse politique et sociale ouverte en Iran il y a quarante-sept ans va-t-elle se refermer avec un troisième choc pétrolier ?"

Source : Boursorama

La crise financière qui vient

"Elle revient, et elle n’est pas contente — la crise financière. L’animal est de forte taille, il va faire du dégât sur son passage. Nous nous dirigeons vers des événements de format « subprime ». Certains la guettaient depuis un moment, croyaient la voir venir, mais regardaient dans la mauvaise direction : la bulle IA. Comme en 2000 au moment de la bulle « Internet » : de folles valorisations boursières, enivrées par d’affolantes démonstrations de cash burning — le monde à l’envers : plus on jette de l’argent par les fenêtres plus on est considéré — sans perspectives de profit a minima consistantes. Ça n’était pas raisonnable, ça ne pouvait pas durer ; ça ne dura pas. La bulle finit par éclater. Mais sans grand dommage — disons : rien qui puisse se comparer à ce qui suivit la chute de Lehman Brothers. En réalité les krachs dans les marchés d’actions ont rarement de spectaculaires conséquences. Celui d’octobre 1987, qui vit pourtant les indices perdre 20 % en une journée, fut absorbé avec une aisance déconcertante."

Source : Les blogs du "Diplo" - La pompe à phynance

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