Grece : un référendum sous la pression de l’asphyxie économique

Le référendum grec se déroule dans une atmosphère délétère.

Le référendum grec se déroule dans une atmosphère délétère.

Le “oui” progresse dans les sondages avant le référendum de dimanche. Une évolution logique au regard de l’accélération de la dégradation économique cette semaine.

Le référendum du dimanche 5 juillet en Grèce sur les propositions des créanciers du 25 juin et leur proposition de soutenabilité de la dette va se tenir dans des conditions désastreuses sur le plan économique. Mais ce vote aura lieu dans une situation bien particulière. Le refus de l’Eurogroupe le 27 juin de prolonger le programme d’un mois, comme le demandait Athènes et la décision de la BCE dimanche 28 juin de ne pas relever le plafond des liquidités d’urgence disponibles pour le secteur financier grec, ont conduit à une asphyxie complète de l’économie. Lundi, le gouvernement grec a décidé de fermer les banques, de limiter les retraits à 60 euros quotidiens par carte et d’imposer un contrôle des capitaux. La Grèce est depuis dans un état d’asphyxie économique.

Un référendum hors standard ?

De nombreux observateurs se sont émus des conditions dans lesquelles ce référendum a été organisé. On a estimé que les huit jours de campagne ont été insuffisants et que les documents sur lesquels les Grecs devaient se prononcer n’étaient pas disponibles. Le Conseil de l’Europe a considéré que ce référendum ne remplissait pas les « standards européens » du vote. Le Conseil d’Etat grec doit se prononcer sur sa constitutionnalité ce vendredi. Mais derrière ces éléments juridiques, on oublie que les créanciers ont fait campagne en Grèce en faveur du « oui » à leurs propositions avec des moyens autrement plus puissants.

Un désastre économique

Le premier moyen est donc l’accès à l’aide à la liquidité d’urgence, le programme ELA de la BCE. Cette dernière n’entend pas provoquer un Grexit. Elle a donc maintenu l’accès à l’ELA sans le couper. Une attitude confirmée mercredi 1er juillet au soir. Mais ce gel est un moyen de pression formidable sur la population. L’asphyxie de l’économie grecque est chaque jour plus évidente. Les entreprises grecques ont été exclues du système électronique de transferts intra-zone euro Target 2. Ceci conduit à une impossibilité quasi-totale d’importer. Des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments ont été signalées, notamment dans les îles. Dans les banques, on commence à manquer de billets pour alimenter les automates. Retirer les 60 euros autorisés devient difficile. Selon le Daily Telegraph, il ne resterait que 500 millions d’euros de liquidités disponibles dans les banques grecques. L’économie grecque s’effondre. Selon Paul Mason, envoyé spécial de Channel 4 en Grèce, le chiffre d’affaires dans le commerce de détail non alimentaire a reculé de 30 % à 50 % en cinq jours.

Pour beaucoup d’électeurs, la question n’est donc pas de voter pour ou contre les propositions, mais pour ou contre le retour à la normale en apaisant la fureur des créanciers et de la BCE. Le « oui » ne peut donc que profiter de cette asphyxie économique organisée.

Des entreprises favorables au « oui »

Dans cette situation, beaucoup d’entreprises font plus ou moins ouvertement campagne pour le « oui » afin d’obtenir ce retour à la normale. Selon la chaîne publique ERT, certains chefs d’entreprises inciteraient ouvertement leurs employés à voter « oui », d’autres feraient dépendre le paiement des salaires ou le maintien des emplois d’un vote positif. Rien d’étonnant à cela : sans rétablissement rapide de la liquidité dans l’économie et de la capacité d’importer, ces entreprises pourraient rapidement disparaître. D’autant que la situation économique du pays était déjà dégradée. Dès lors, l’argument du « non » pour rejeter l’austérité devient naturellement fragile. Mieux vaut sans doute pour beaucoup une nouvelle cure d’austérité à un arrêt total de l’économie.

Des médias privés très engagés pour le « oui »

Le deuxième moyen de pression est plus classique. Les médias grecs privés se sont quasiment tous lancés dans une campagne pour le « oui. » Des statistiques récentes montraient que le temps accordé sur les chaînes privés aux manifestations du « non » le 29 juin était anecdotique : 8 minutes contre 47 minutes pour celle du « oui » le 30 juin. Ces médias sont prêts à toutes les manipulations.

Le tabloïd Press Star a ainsi utilisé en une jeudi 2 juillet la photo d’un vieil homme portant quelques pains pour illustrer le malheur des retraités grecs. Une photo qui s’est révélé être celle d’un survivant du… tremblement de terre turc de 1999.

L’enjeu défini par les institutions

Un jeu sur la peur que les créanciers n’hésitent pas à utiliser, eux aussi. La BCE a ainsi ouvertement fait du référendum un vote pour ou contre l’euro. Outre son action sur l’ELA, les déclarations mardi 30 juin au matin de Benoît Cœuré, membre français du directoire de la BCE, a mis fin par une simple reconnaissance de la possibilité du Grexit à l’irréversibilité officielle de l’euro. Dès lors, les électeurs grecs, favorables, selon les derniers sondages, à 81 % au maintien dans la zone euro sont prévenus. Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a abondé dans ce sens, tandis que le président du parlement européen Martin Schulz a promis un nouveau départ pour la Grèce « une fois l’ère Syriza terminée. » Autrement dit, les électeurs sont prévenus : un « non » signifierait le maintien de l’asphyxie économique, la sortie de l’euro et la mise au ban de l’Europe. Le refus des créanciers de poursuivre les négociations comme Alexis Tsipras l’avait proposé a encore augmenté la pression sur les électeurs en leur laissant entendre qu’il ne pourrait pas y avoir de nouvelles négociations en cas de « non. »

Le « non » en position de faiblesse

En face, le camp du « non » a bien peu d’arguments à faire valoir : Alexis Tsipras lundi 29 juin et Yanis Varoufakis jeudi 2 juillet ont mis leur mandat dans la balance. On tente aussi de glorifier le « non » en rappelant le fameux « non » du général Metaxas à l’ambassadeur d’Italie le 28 octobre 1940 qui est devenu une fête nationale en Grèce. Un moyen d’en appeler à la dignité du peuple grec face aux pressions. Mais c’est en réalité bien peu au regard de la situation et l’argument d’une position plus forte pour négocier en cas de « non » perd de la crédibilité face aux conditions matérielles. Même dans le camp gouvernemental, l’unité est mise à mal. Quatre députés des Grecs indépendants ont ainsi choisi de voter « oui » et, selon la presse grecque, la droite de Syriza commence à douter. Le choix des Grecs semble être désormais celui-ci : conserver l’actuel gouvernement élu pour rejeter le système traditionnel de partis clientélistes et se diriger vers le chaos économique ou rétablir la normalité économique en sacrifiant Alexis Tsipras. Nul ne peut blâmer des Grecs déjà lassés par cinq ans de souffrances de faire le second choix. Mais il convient de ne pas oublier que ce choix se fait avec un pistolet sur la tempe dont on entend déjà le cliquetis.

Le oui a le vent en poupe

Et de fait, la stratégie des créanciers fonctionne. Le « oui » a clairement le vent en poupe et progresse. Un sondage réalisé par Alco et publié ce vendredi donne le « oui » gagnat d’une courte tête avec 44,8 % des intentions de vote contre 43,4 % pour le « non » et 11,8 % d’indécis. Un autre, réalisé par l’Université de Macédoine, donne encore le « non » en tête à 43 % contre 42,5 % pour le « oui » et 14,5 % d’indécis. L’écart est donc minime, mais la dégradation économique est si forte que le besoin de retour à la normale va sans doute peser très lourd dimanche. Reste une matière à réflexion pour l’Europe. Comment est-il possible d’appliquer de tels moyens de pression sur un vote dans un pays de l’Union européenne ? Comment justifier que tous les moyens soient bons pour arracher un vote “acceptable” alors que la solution, une renégociation de la dette, est à portée de main ? L’Europe risque de rester durablement marquée par ce précédent.

Source : Romaric Godin, pour La Tribune, le 3 juillet 2015.

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Grèce : les scénarios de l’après-référendum

Les partisans du “oui” et du “non” ont manifesté vendredi soir à Athènes. Mais que risque-t-il de se passer lundi une fois le résultat connu ? Tentative de réponses.

Une place Syntagma, au centre d’Athènes, noire de monde. Une foule qui s’étend dans les avenues et les rues environnantes et qui a été estimée à 25.000 personnes par l’AFP, mais à plus de 50.000 par Reuters. Vendredi 3 juillet au soir, la manifestation pour le « non » au référendum organisé ce dimanche en Grèce sur les propositions des créanciers du 25 juin dernier a fait le plein. Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, a prononcé un discours (que l’on peut lire ici traduit en français) pour donner confiance au partisans du « non. » « Nous célébrons aujourd’hui la victoire de la démocratie. Nous sommes déjà victorieux, quelle que soit l’issue du scrutin de dimanche, car la Grèce a envoyé un message de dignité, un message de fierté », a-t-il déclaré. Il a également présenté l’enjeu du scrutin de dimanche : «  nous ne laisserons pas l’Europe entre les mains de ceux qui souhaitent soustraire l’Europe à sa tradition démocratique, à ses conquêtes démocratiques, à ses principes fondateurs, aux principes de démocratie, de solidarité et de respect mutuel. »

A moins d’un kilomètre de là, dans le stade des Panathénées, les partisans du « oui » s’étaient aussi réunis. Ils étaient, selon l’AFP 22.000. La vedette de ce rassemblement a été le présentateur de télévision franco-grec Nikos Aliagas, arrivé de Paris, qui a déclaré que « le oui donnera un meilleur avenir à nos enfants. » Les partisans du « oui », qui se présentent volontiers comme des partisans de l’Europe et de l’euro, étaient certes moins nombreux vendredi soir mais ils ont actuellement le vent en poupe dans les sondages, aidé par la dégradation rapide de la situation économique et le ralliement quasiment complet des médias privés grecs. Dans les derniers sondages, le oui et le non sont donnés au coude-à-coude.

Les scénarios : la réunion cruciale de la BCE lundi

Quels sont les scénarios possibles après ce référendum ? Dès lundi 6 juillet, le Conseil des Gouverneurs de la BCE se réunira pour examiner l’accès du système bancaire grec au programme d’aide à la liquidité d’urgence (ELA). C’est une réunion très importante. Les banques grecques ont reconnu n’avoir de la liquidité que jusqu’à lundi midi. Si le « oui » l’emporte, la BCE devrait considérer qu’un accord est possible entre la Grèce et ses créanciers puisque le peuple grec a validé le plan des créanciers. Elle devrait alors relever le plafond de l’ELA disponible pour les banques grecques et permettre ainsi rapidement la réouverture des banques fermées depuis lundi. En cas de « non », la BCE pourrait considérer qu’aucun accord n’est en vue. Elle pourrait alors estimer que les garanties déposées par les banques grecques pour son accès à l’ELA ont une valeur moindre. Sans relever le plafond, elle pourrait réduire la valeur de ces garanties et donc en demander davantage. Dans ce cas, les banques grecques ne seraient plus en mesure de fournir des liquidités à l’économie grecque. Elles resteraient fermées et l’accès à l’argent liquide et aux comptes bancaires deviendraient pratiquement impossible.

En prenant une telle décision, la BCE prendrait donc le risque d’expulser de fait la Grèce de la zone euro. On voit déjà que sa décision du 29 juin de ne pas relever le plafond de l’ELA qui a conduit le gouvernement à imposer des restrictions d’accès aux comptes et un contrôle des capitaux a poussé la Grèce à la limite de la zone euro : les entreprises grecques n’ont plus accès au système de transfert électronique interne à la zone euro. Nul ne sait réellement jusqu’où ira la détermination de la BCE, mais, cette semaine, deux membres du directoire, Benoît Cœuré et Vitor Constancio, ont, pour la premier fois, estimé que le « Grexit » était possible. L’irréversibilité de l’euro n’existe donc plus et l’expulsion de la Grèce est une option. Etait-ce du bluff pour effrayer les électeurs grecs ? Etait-ce une vraie détermination ? On ne le saura que lundi 6 juillet en cas de « non. »

Les scénarios : le « oui » l’emporte, un accord ?

Le lendemain, mardi 7 juillet, l’Eurogroupe se réunit. La zone euro refuse toujours de traiter avec la Grèce, quel que soit le résultat, au niveau des chefs d’Etats et de gouvernements. La Grèce demeure un « problème technique » laissée aux techniciens. En cas de « oui », l’Eurogroupe sera sans doute ravi de signer un accord avec la partie grecque sur la base du texte validé par les électeurs. Mais ce ne sera pas pour autant la fin de l’histoire. D’abord, il faut tout reprendre depuis le début. Le programme de 2012 n’existe plus. Il faut refonder un programme avec le MES, dans un nouveau cadre. Bref, rédiger un troisième mémorandum qui reprennne les propositions du 25 juin. Il y aura donc nécessairement des négociations. Mais avec qui signer ? Avec qui négocier ? Sur qui s’appuyer pour l’appliquer ?

L’avenir d’Alexis Tsipras

En cas de victoire du « oui », en effet, la question du maintien au pouvoir d’Alexis Tsipras, qui s’est engagé pour le « non », se posera immédiatement. S’il reste au pouvoir, les créanciers n’auront eu qu’une victoire partielle. Depuis une semaine, ils ne cessent en effet de fustiger l’attitude du chef du gouvernement hellénique et affirment avoir perdu confiance en lui. Martin Schulz, le président du parlement européen, a ainsi prétendu dans le Handelsblatt du vendredi 3 juillet, que la Grèce devait « mettre fin à l’ère Syriza. » Accepteront-ils alors de traiter avec Alexis Tsipras ? Rien n’est moins sûr. Mais il n’est pas davantage sûr qu’Alexis Tsipras puisse se maintenir au pouvoir. Son parti acceptera-t-il en effet, malgré le verdict populaire, d’approuver au parlement, les accords et d’accompagner leur application ? Rapidement, la position du gouvernement risque d’être intenable. Sans compter que ledit gouvernement risque de se déliter rapidement. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis a annoncé qu’il démissionnerait en cas de « oui » et il ne sera sans doute pas le seul.

Quel gouvernement ?

Il est plutôt probable donc qu’Alexis Tsipras démissionne en cas de « oui. » Mais alors, qui pour le remplacer ? Martin Schulz a proposé un gouvernement technique et chacun, en Grèce, sait que le président de la Banque centrale, Yannis Stournaras, brûle d’envie d’entrer à Maximou, le Matignon grec. Mais avec quelle majorité ? Compte tenu de l’opposition radicale des Communistes du KKE et des néo-nazis d’Aube Dorée à tout gouvernement, la majorité ne peut se faire pour ce gouvernement technique qu’avec un ralliement d’une grande partie des députés de Syriza. Tout dépendra donc des réactions de ces derniers à la démission d’Alexis Tsipras et de la décision du premier ministre de rester ou non à la tête de Syriza après sa démission. L’équation est donc très complexe. D’autant plus que ce gouvernement technique ne pourra sans doute pas tenir longtemps sans appeler à de nouvelles élections.

Crise politique

Or, l’issue de telles élections est très incertaine. Il n’y a pas en réalité dans le paysage politique grec d’alternatives à Syriza aujourd’hui. Le parti pro-européen To Potami, poulain de Bruxelles, peut sans doute profiter d’un « oui », mais son implantation reste très faible dans la population et les liens de son leader Stavros Theodorakis avec l’oligarchie et les anciennes élites politiques n’en font pas une vraie option. Les électeurs ont choisi Syriza en janvier aussi et surtout parce que ce parti représentait une chance de se débarrasser des partis traditionnels et de leur système clientéliste. Dans de nouvelles élections, et malgré un « oui », ils pourraient renouveler ce choix. D’autant que ces élections se feront dans des conditions moins extrêmes que le référendum et sous des pressions économiques moins fortes. Enfin, l’opposition « pro-troïka » est très divisée entre le Pasok, To Potami et Nouvelle Démocratie. Or, en Grèce, le parti arrivé en tête glane 50 des 300 députés de la Vouli, le parlement. Bref, les créanciers risquent de devoir, même avec un « oui », compter encore avec Syriza. Et comme les propositions soumises au peuple ce dimanche ne concernent que les années 2015 et 2016, la tension risque rapidement de revenir, compte tenu des besoins énormes de financement du pays et de la volonté d’un gouvernement Syriza à reprendre la main une fois le plan validé par le peuple arrivé à échéance. Surtout si, comme c’est probable, ce plan est encore un échec en termes d’objectifs chiffrés comme l’ont été tous les plans de la troïka depuis 2010…

Les scénarios : en cas de « non », blocage ou accord ?

Et en cas de « non » ? Alexis Tsipras sortira évidemment renforcé. Il a assuré que, dans ce cas, la position grecque sera plus forte dans les négociations et qu’il pourrait signer un accord dès mardi. C’est sans doute fort optimiste, mais il est vrai que l’accord avec les créanciers est en réalité assez proche. Le gouvernement grec a accepté l’essentiel des mesures d’austérité exigées par les créanciers, sauf la fin du rabais de TVA dans les îles et la suppression de la retraite complémentaire EKAS pour les plus fragiles en 2018 (il propose 2019). Le vrai point de désaccord, c’est la dette. Athènes ne veut pas d’une vague promesse sur la restructuration de la dette, mais un vrai calendrier engageant. Les créanciers refusent. Un « non » les fera-t-il fléchir ? Pas sûr. D’autant que, comme on l’a vu, la BCE pourrait rapidement remettre la pression sur le gouvernement grec en réduisant l’accès à l’ELA. Alexis Tsipras devra donc rapidement faire son choix entre une poursuite incertaine des négociations et un Grexit. Il a cependant toujours rejeté cette option, et ce n’est pas une posture. Syriza est fondamentalement et historiquement un parti pro-européen. Mais nécessité fait parfois loi.

Il ne faut cependant pas oublier qu’un « non » serait un désaveu du peuple grec envers l’attitude des créanciers. Il leur sera alors difficile de ne pas tenir compte de ce vote. Eux aussi, avec la BCE, seront confrontés à un choix grave. Nier le « non » en refusant de négocier davantage et en coupant encore la Grèce de la zone euro serait désastreux à terme pour l’image de l’Europe et on ignore si la BCE est réellement prête à prendre le risque d’un Grexit.

Le scénario le plus « acceptable » semble donc être celle d’un « non » suivie d’un attentisme de la BCE, d’une courte négociation où les Grecs accepteraient un plan légèrement modifié des créanciers et accompagné d’un engagement à ouvrir des discussions sur la dette. Dans ce cas, on éviterait la crise politique en Grèce et chacune des parties sortirait la tête haute. L’économie grecque pourrait alors retrouver un fonctionnement normal, nonobstant les effets des mesures annoncées. Mais ce scénario n’est pas aujourd’hui le plus probable.

Source : Romaric Godin, pour La Tribune, le 4 juillet 2015.

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46 réponses à Grèce : Grèce : les scénarios de l’après-référendum, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

wesson Le 05 juillet 2015 à 03h32

C’est dur à dire, mais la vrai faiblesse de Syriza réside dans leur pro-Européanisme. Ils auraient dû comprendre depuis longtemps que les institutions Européennes ne peuvent pas être changées de l’intérieur.

Soit on les subi, même si pour cela il faut en passer par mort et passion,

soit on les quittes.

Et avoir coupé les entreprises Grecques du Target2 est un véritable cassius belli: Tsipras aurait dû instantanément ordonner à la banque centrale Grecque de lui “imprimer” tous les Euros dont ils ont besoin.

Si le non passe, j’espère qu’ils imprimeront assez vite des drachmes….

Quoiqu’il en soit, cette histoire va laisser des traces dans l’Europe: vu les ingérences pour forcer la main du référendum, ça va être dur de vendre le coté démocratique du machin …

  1. dissy Le 05 juillet 2015 à 03h07
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    Ton argumenté et maîtrisé certes, c’est une analyse détachée et précise d’une catastrophe extraordinaire qui frappe l’UE par rapport à ses ambitions, à son dessein initial, à ses projets. Il s’agit de la description clinique de l’accouchement d’un monstre tyrannique, d’un artefact totalitaire dont le dessein ne peut être qu’une soumission des peuples d’Europe, – à défaut des nations, si cette chose existe encore, – à une emprise totalitaire diabolique qui, malgré le champ économique où elle prétend évoluer, n’est rien moins que l’expression d’un sentiment absolument religieux, d’un djihadisme postmoderne mettant en pleine lumière la véritable nature, effectivement diabolique, du phénomène.

    http://www.dedefensa.org/article-tout_simplement_aux_armes_citoyens__04_07_2015.html


  2. wesson Le 05 juillet 2015 à 03h32
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    C’est dur à dire, mais la vrai faiblesse de Syriza réside dans leur pro-Européanisme. Ils auraient dû comprendre depuis longtemps que les institutions Européennes ne peuvent pas être changées de l’intérieur.

    Soit on les subi, même si pour cela il faut en passer par mort et passion,

    soit on les quittes.

    Et avoir coupé les entreprises Grecques du Target2 est un véritable cassius belli: Tsipras aurait dû instantanément ordonner à la banque centrale Grecque de lui “imprimer” tous les Euros dont ils ont besoin.

    Si le non passe, j’espère qu’ils imprimeront assez vite des drachmes….

    Quoiqu’il en soit, cette histoire va laisser des traces dans l’Europe: vu les ingérences pour forcer la main du référendum, ça va être dur de vendre le coté démocratique du machin …


    • dissy Le 05 juillet 2015 à 05h50
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      Plusieurs gros porteurs tout cargo immatriculés en Russie auraient été vus à l’aéroport d’Athènes.
      Je ne sais pas si c’est vrai ou pas,mais c’est un bruit qui court.Peut être à relier avec la déclaration de Varoufakis,à la plaisanterie disant”il n’y a plus de presses pour imprimer des drachmes en Grèce”…en Grèce en effet,mais ailleurs?Il suffit d’avoir les moules ou les motifs et un peu de temps,ils ont tout cela à Moscou si nécessaire.Ce petit service vaut bien un greek stream en échange non?

      Juste pour le titre(réservé aux abonnés pour la suite).

      Sinn est une sommité en Allemagne,s’il dit cela c’est qu’il sait quelque chose.

      Hans-Werner Sinn sur la Grèce: «Sans l’euro, le pays serait déjà remis sur les rails»

      http://www.lesoir.be/927173/article/actualite/union-europeenne/2015-07-03/hans-werner-sinn-sur-grece-sans-l-euro-pays-serait-deja-remis-sur-rails


      • Günter Schlüter Le 05 juillet 2015 à 08h04
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        Désolé,mais Hans-Werner Sinn n’est pas un expert en économie, seulement un adepte moderne de la boule de cristal et témoin à défense du système néolibéral. Il n’a depuis toujours jamais rien vu venir, a gardé le silence pendant les instants forts des crises pour prétendre après coup avoir tout vu venir.


      • naz Le 05 juillet 2015 à 13h03
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        Oui, je trouve dommage qu’il n’ait pas demandé: on reste ou on sort de l’euro(pe); cela n’aurait peut-être pas changé grand chose mais ça aurait été plus clair.
        Répondre “non”, aujourd’hui, ça peut vouloir dire aussi: faire perdurer éternellement cette tension, tout en gardant la dépendance; répondre ” oui” pour certains, c’est peut-être juste: qu’on en finisse!!


    • Pierrech Le 05 juillet 2015 à 18h22
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      @ wesson
      Les grandes entreprises grecques ont des comptes à l’étranger depuis bien longtemps donc elles continuent à fonctionner, pas pareil pour les PME .
      Sinon en ce qui concerne rôle de la banque nationale grecque, elle n’imprime pas les euros à la demande ! je ne vous en veux pas de ne pas connaitre le fonctionnement mais renseignez vous un peu, sinon ça tourne vite au café du commerce


    • Olposoch Le 05 juillet 2015 à 19h39
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      Je comprends l’attitude du gvt Tsipras, ils sont démocrates, et peut-être n’ont ils pas voulu imposer une telle décision avec 36% de voix aux élections.

      Je pense sincèrement qu’il croyaient leur projet économique reconnu fiable de nature à faire avancer les lignes, il était facile à accepter par la troïka sur une base économique… mais l’enjeu était idéologique, ils l’ont pris en pleine poire très tôt dès leur élection.

      L’erreur a été de continuer, lâchant des concessions tout en voyant le bloc immobile, jouer la division chez lez mafieux était aussi un calcul naïf, ils n’avaient aucun intérêt à jouer la montre…ils auraient dû après les échéances d’avril convoquer ce référendum, avant le défaut de paiement défaut de paiement qui ne pouvait pas être un argument quand c’est la BCE à Frankfurt qui a la main sur le robinet.

      Donc victoire du OUI les sanctions tombent, victoire du NON les sanctions tombent, pas les mêmes mais l’ensemble des oligarchies sera solidaire contre les révoltés, et les prétextes seront aussi foireux que ceux déjà invoqués, contre la Grèce, la Russie, ou tout pays se voulant souverain.

      (Ou bien… hypothèse du OUI = NON avancée dans mon post plus bas)


    • sociale21eme Le 06 juillet 2015 à 10h17
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      Wesson, tu oublies qu’une partie importante de la population ce contre fou de la démocratie, et n’aspire qu’a appliquer LEURS lois et rien d’autre. pour vu que leur privilèges soit préservés !


  3. VladimirK Le 05 juillet 2015 à 03h32
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    Les grecs de Montréal; et l’opposition québécoise soutiennent le gouvernement grec et le non au référendum.

    http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2015/07/04/003-manifestation-montreal-referendum-grece-appui-non.shtml

    Je suis de tout coeur avec les grecs et pour le non


  4. dissy Le 05 juillet 2015 à 03h40
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    La Commission et sa dernière manœuvre

    Par Romaric Godin

    A quoi joue la Commission européenne? Le site d’investigation hellénique thepressproject.gr a publié, vendredi 3 juillet au soir, un mail interne de la direction du budget de la Commission européenne qui gère notamment les salaires des fonctionnaires européens en Grèce. Cet e-mail précise que la Commission a interdit pour le moment les paiements en Grèce supérieurs à 50’000 euros et réduit les autres. Pire même, le document laisse entendre qu’il est possible de procéder à des paiements sur des comptes étrangers.

    Précaution coupable?

    Cette révélation a beaucoup choqué en Grèce et sur les réseaux sociaux. D’abord, parce qu’elle montre que la Commission ne fait aucun effort pour supporter le système bancaire grec. Au moment où ce dernier est sous la pression des retraits des déposants, la Commission, en théorie une incarnation de l’intérêt général européen, se comporte comme n’importe quel riche armateur soucieux de ne pas exposer ses fonds à un quelconque risque bancaire. Bref, c’est une preuve supplémentaire que la Grèce a commencé à se détacher de facto de la zone euro. Et que la Commission préfère faire le choix de l’intérêt de sa propre structure que de celui de la Grèce et de l’Europe.

    Eviter le haircut?

    Mais, surtout, comme le souligne thepressproject.gr, elle met en doute la version «rose» d’une issue de la crise en cas de «oui» au référendum. Pourquoi la Commission évite-t-elle de s’exposer au risque grec bancaire? A-t-elle connaissance du caractère inévitable d’une taxe sur les dépôts (haircuts), comme à Chypre? thepressprojet.gr avait révélé que Bruxelles connaissait ce qu’il allait se passer dans ce pays bien avant les événements de mars-avril 2013. Or, vendredi, le Financial Times a publié un article où une «source bancaire» prévoyait pour restructurer les banques un haircut de 30% «au moins» sur les dépôts de plus de 8000 euros. Puisque le plan d’aide et les 10,9 milliards d’euros qui restaient pour la recapitalisation des banques qui était dans ce plan ne sont plus disponibles depuis mardi 30 juin, il n’est pas certain qu’un «oui» dimanche permette d’éviter la taxe sur les dépôts compte tenu de la situation des banques helléniques. La Commission le saurait-elle déjà? Dans ce cas, les propos de Jean-Claude Juncker appelant au «oui» prononcés lundi et vendredi pourraient être trompeurs. (Article publié le 4 juillet par La Tribune)

    http://alencontre.org/europe/grece-et-les-suites-du-referendum-des-scenarios-incertains.html


  5. François Demay Le 05 juillet 2015 à 05h06
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    Le pouvoir est au bout du…robinet à phynance (Mao + Ubu) ou de la planche à billets (BCE)


    • Emmanuel Le 05 juillet 2015 à 09h09
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      Le fondateur de la lignée de banquiers Rothschild avait dit : ” give me control of a nation’s money and I care not who makes the laws “, ” donnez-moi la maîtrise de la monnaie d’une nation et peu m’importe qui fait les lois. ”
      De nos jours on pourrait aller jusqu’à dire que les grands banquiers ne sont pas simplement au-dessus des lois, malgré les dégâts commis notamment depuis 2008, mais qu’ils font la loi. Puissent les Grecs les arrêter aujourd’hui.


  6. dissy Le 05 juillet 2015 à 06h21
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    LA GOUVERNANCE PAR LA DETTE (DEBTOCRACY) en vostfr

    https://www.youtube.com/watch?v=uIYm1xeejvo


    • Chris Le 05 juillet 2015 à 08h31
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      La gouvernance par la dette générant la paupérisation des peuples.
      J’ai remarqué ce commentaire écrit il y a 2 ans :
      “L’Europe va essayer de régler le problème de la Grèce de façon radicale en faisant migrer en masse les Grecs, tout comme ils font migrer en masse les portugais et comme on encourage les français à immigrer au Canada ou ailleurs…une fois sur place , ils se trouveront confrontés à la concurrence des ” locaux ” mais, n’auront que la protection qu’on voudra bien leur accorder …et donc seront forcés d’accepter les conditions de travail les plus dures…on sera toujours l’immigré de quelqu’un…”
      J’ajouterai : L’émigration comme l’immigration font partie du projet néolibéral susceptible de produite encore de la richesse pour les 1% dans ce système arrivé à ses limites. Pour ce faire, l’UE a institutionnalise une politique délibérée de dumping social et salarial des peuples.


  7. dissy Le 05 juillet 2015 à 06h29
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    Pour suivre les opérations de vote et déclaration en direct:

    LIVE

    http://rt.com/on-air/greek-referendum-vote-underway/

    Toutes les équipes de RT seront sur place(anglais mais flash en FR sur youtube)


  8. purefrancophone Le 05 juillet 2015 à 06h35
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    Grand moment à l’Assemblée Nationale mercredi 30 juin
    “Les conséquences du oui ne sont pas les mêmes que les conséquences du non ” !!!
    Oui oui , Michel SAPIN l’a dit à 29’30”
    http://vod.assemblee-nationale.fr/video.6937.1ere-seance–questions-au-gouvernement–nouvelle-organisation-territoriale-de-la-republique-deuxi-30-juin-2015


  9. Dizalch Le 05 juillet 2015 à 07h23
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    Encore un très bon billet et analyse de Romaric Godin, merci


  10. dissy Le 05 juillet 2015 à 07h27
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  11. Rosine Le 05 juillet 2015 à 08h49
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    A mon humble avis Jacques Sapir est bien la personne la plus lucide, la plus compétente la plus claire à nous exposer ses idées actuellement.
    La politique est l’application, au niveau d’un pays de la psychologie.

    Personnellement je me suis tout de même trompée, jamais je n’aurais cru que le nouveau gouvernement grec avec son jeu d’obtenir des avancées petit à petit contre l’austérité du pays, au bout de cinq mois où ils étaient en train de capituler n’avait pas pensé une seule fois à prévenir les Grecs qu’il allait falloir sortir de la zone euro….Là franchement les lois des jeux ne sont pas celles de la psychologie.
    Quand quelqu’un ment, triche, ne pense qu’à ses intérêts surtout financiers dans le plus grand secret et qu’il est devenu TOUT PUISSANT comment voulez-vous qu’il devienne compatissant envers un pauvre qui le supplie. Cela l’ennuie et il préfère le faire taire.

    Les Grecs voulaient voter non mais dès la moindre difficulté, ils capitulent tous sauf les jeunes qui eux n’ont ni travail, ni espoir!
    Il faudra à l’avenir que les jeunes informent mieux les vieux sur leur situation. C’est absolument nécessaire! et il faudra aussi remettre de la probité et de la morale partout.
    Ce n’est pas gagné, et il ne disparaitra pas facilement le fameux” trou noir” de la finance américaine.


    • Sophie Le 05 juillet 2015 à 09h19
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      On ne peut rien faire pour les vieux, chacun regarde son porte monnaie. Les vieux veulent disposer de leur argent comme ils le souhaitent, comme ils pouvaient auparavant le faire sous Pasok et Nea Dimokratia. Un sondage qui a reparti les réponses au référendum fait apparaître que les 25-60 ans voteront massivement “non” aujourd’hui.

      C’est aussi une question pratique, les anciens ont du s’adapter au passage à l’euro et n’ont pas envie de se compliquer la vie en changeant de nouveau de monnaie.

      Si le “oui” l’emporte, je leur souhaite de nouvelles coupes dans leurs retraites, parce que nous, ce que nous voulons, c’est pouvoir vivre décemment et qu’il en soit de meme pour nos enfants. Nous sommes prêts à nous sacrifier temporairement car le “non” aura un coût, mais sera moins long que le “oui”.


      • Papagateau Le 05 juillet 2015 à 10h56
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        Les jeunes 50% de chômage.
        Les retraités 0% de chômage.
        Âge moyen : chômage entre les 2.

        Résultat proportionnel au “non” , avec presque un rapport de 1 pour 1.
        Juste un peu plus de ‘non’ que de chômeurs.
        Mais avoir ses 4 petits-enfants au chômage doit faire un peu mal.
        Que c’est triste.


      • TC Le 05 juillet 2015 à 13h27
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        @Sophie : Si les “vieux” sont prêts à encore plus de sacrifice, ça démontre qu’il y a une partie d’entre eux qui ont encore une retraite qui peut supporter une amputation mais ce n’est pas la majorité (60% est en-dessous de 800 €, 45% en dessous de 665 €). Avec ces chiffres, je doute que le oui l’emporte dans cette catégorie de la population.

        http://www.europe1.fr/economie/grece-le-systeme-de-retraites-est-il-si-genereux-que-ca-1358194.


      • Léa Le 05 juillet 2015 à 15h48
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        L’argent n’est pas l’unique raison de leur attachement à l’ UE, lors de l’adhésion à la CEE des vieux disaient : enfin on est plus isolés.

        Parce qu’entre les colonels et les turcs ( avec la Crète ) , ils ont bien morflé ( les colonels c’est récent) . Puis avant, tout le monde ou presque les a attaqués : italiens , allemands, anglais, macédoniens.

        Pour les armateurs qui ne payent pas d’impôts et puisque personne ne donne l’explication à la TV : lors de la dernière crise ( post WWII il me semble ) c ‘était le secteur qui pouvait redémarrer le plus vite pour relancer l’économie, ainsi pour les encourager à investir ils ont été exonérés d’impôts. Après c’est dur de faire marche arrière.

        Une crainte pour l’avenir : tous les oliviers du Sud de l’ Italie sont en train de crever à vitesse grand V à cause d’une bactérie transportée par une mouche. Pas de traitement en vue. C ‘est un pan de l’économie grecque qui risque de s’effondrer.


  12. BA Le 05 juillet 2015 à 08h50
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    En face de Syriza, les dirigeants européens sont coincés.

    Les dirigeants européens voient que les peuples votent de plus en plus pour les partis politiques d’extrême-gauche (en Grèce et en Espagne) ou pour les partis politiques d’extrême-droite (partout ailleurs).

    La seule chance de survie de l’Union Européenne, c’est de placer au pouvoir des technocrates européistes. Par exemple, en Grèce, ils avaient placé au pouvoir Loukas Papadimos. En Italie, ils avaient placé au pouvoir Mario Monti. Etc.

    Quand on a au pouvoir des technocrates européistes, on constate que le résultat de leur politique est un désastre pour les classes populaires et pour les classes moyennes. Mais au moins, ces technocrates continuent la construction européenne : c’est ça, le plus important !

    Jeudi 2 juillet 2015, Martin Schultz, le président du Parlement européen, a émis le souhait de voir Syriza quitter le pouvoir, et un nouveau gouvernement de technocrates lui succéder. Martin Schultz a le mérite de la franchise.

    Conclusions :

    1- La démocratie, c’est la mort de l’Union Européenne.

    2- L’anti-démocratie, les haut-fonctionnaires, la technocratie, les anciens banquiers formés dans les universités des Etats-Unis, les anciens banquiers ayant travaillé chez Goldman Sachs, c’est la seule chance de survie de l’Union Européenne.

    3- En clair : la nouvelle aristocratie, c’est la seule chance de survie de l’Union Européenne.


  13. Olposoch Le 05 juillet 2015 à 09h15
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    Autre option en cas de victoire du OUI que je n’ai vu nulle part :

    La troïka ayant vu la cata de près, connaissant parfaitement les buts et les résultats de ses référendums, change de politique, accepte la restructuration de la dette, et se montre beaucoup plus coopérative avec le nouveau gouvernement grec, lui offre tout ce qui a été refusé à Tsipras, et même plus…

    Que des avantages:

    Le blocage était donc du côté du gvt grec de Tsipras
    La troika change de position sans se renier (les médias expliqueront massivement que non, elle ne se renie pas, elle sait s’adapter et continue de proposer les meilleures et les seules solutions)
    L’UE montre qu’elle sait récompenser les bonnes décisions démocratiques (en cas de oui le référendum deviendra un modèle de démocratie éclairée) et confirme que les alternatives politiques sont dangereuses, elle envoie un message fort aux espagnols, les prochains sur la liste.
    Elle confirme son pouvoir d’influence, de manipulation, de pression et de peur sur les 99%.

    Le contribuable va sans doute acheter encore plus de Champagne qu’il ne boira pas lui-même.


    • Sophie Le 05 juillet 2015 à 09h23
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      Que des avantages ? Non, leur but est de nous sucer le sang jusqu’à la dernière goutte. Il n’y a déjà plus rien à sucer.


    • Grégory Le 05 juillet 2015 à 15h26
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      Possible, mais votez en espérant la petite tape amicale derrière l’oreille du maitre est une stratégie perilleuse. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient ; il n’existe pas une chose telle que la gentillesse en politique ou géopolitique ou économie. Personnellement je ne ferais jamais un tel paris, même si vos arguments sont crédibles (enfin, si les gens cotés institutions sont malins, ce dont il est permis de douter, tout de même).


  14. tchoo Le 05 juillet 2015 à 10h50
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    Si le non l’emporte et que Tsipras s’obstine à négocier au lieu de rompre, la Grèce sera asphyxié par les androides européens qui n’accepterons pas ce vote
    et si le oui l’emporte, alors l’austérité à nouveau imposée aura les mêmes effets
    il faut rompre à tout avec cette europe mortifère
    c’est la seule issue des grecs, même si cela engendrera beaucoup de souffrance


    • Rose-Msarie Mukarutabana Le 05 juillet 2015 à 12h56
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      Il faudrait alors quitter l’euro, mais refuser de quitter l’UE – puisque aucune loi ne permet de renvoyer un pays hors de l’union.
      A condition d’avoir les moyens de résister à la guerre qui s’en suivra nécessairement. Mais c’est justement ce qu’a proposé Li Qekiang: la Chine fera tout pour aider la Grece, mais ne souhaite pas voir l’UE se defaire. En clair. C’est aussi la position de la Russie, même si celle-ci reste discrète sur la question, pour qu’on n’aille pas dire qu’elle pousse à la cassure de l’UE. (Poutine, comme on sait, a horreur de la casse…)


  15. Démocrate Le 05 juillet 2015 à 12h39
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    L’histoire nous enseigne que lorsque les peuples son acculés et très divisés et qu’une partie d’entre eux préserve l’intérêt privé à l’intérêt national, la guerre civile n’est pas loin.
    Tout le monde commente les issues raisonnables possibles selon les différents scénarios envisagés, mais une guerre civile commence dès qu’une partie du peuple est laissé pour compte et n’a plus d’espoir. Voir le scénario ukrainien qui était également prévisible dès l’annulation des droits de la minorité russe. Ce scénario n’est nullement évoqué et pourtant il est, dès à présent, un scénario probable.
    Que fera l’UE dans ce cas précis ?


  16. TC Le 05 juillet 2015 à 13h09
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    “Des médias privés très engagés pour le « oui »”

    Ca me rappelle quelque chose ! Et puis, il n’y avait pas que les médias privés puisque le gouvernement était pro-TCE.


  17. Léa Le 05 juillet 2015 à 13h28
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    S’il y a une purge à faire tout de suite, c’est dans les partis socialistes , tous ! (français , allemands, grecs, espagnols, néerlandais, pour ceux que je connais)

    Je viens d’entendre une journaliste qui citait le message de la présidente du PS grec à sa sortie du bureau de vote. Elle défend le OUI. Comment est ce possible ?

    Ce sont eux qui ont amené la confusion partout en Europe.. Ce sont eux aussi qui nous ont amené toutes les guerres du XX ème siècle. Ils nous ont fait le coup de l’ Europe sociale, mais ont ouvert en grand les portes à la finance ( Beregovoy Naouri ).

    Le PS c’est une entreprise qui vit des cotisations de ses militants et des reversements partiels des indemnités de ses élus. Militants qu’on case dans des associations ou des commissions créées de toutes pièces pour celà et subventionnées par l’ état..


  18. Rose-Msarie Mukarutabana Le 05 juillet 2015 à 14h51
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    Que fera l’UE dans ce cas précis ? De la surenchère… Que sait-elle faire d’autre, que d’accélerer sa propre destruction – sans paraitre s’en appercevoir?


  19. Grégory Le 05 juillet 2015 à 15h22
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    Il me semble quand même qu’il manque un point essentiel: si la réponse est non, alors le défaut total pend au nez des créanciers. Ils peuvent faire les malins, mais ils ont *énormément* à perdre. A mon avis c’est la raison pour laquelle Varoufakis dit qu’en cas de non, il ne faudra qu’une heure pour valider un accord. Syriza se pointera et dira: la démocratie a parlé, “soit vous prenez cet accord, soit vous prenez cher”.

    Et par cher, j’entends une possible fin de l’Euro. Parce que si d’un coup les créances de la Grèce valent zero, la BCE a besoin d’un gros cheque vite vite de l’Europe, Allemagne en tête. Le parlement Allemand le votera-t-il? Probablement pas.


    • Pierrech Le 05 juillet 2015 à 18h17
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      @ Gregory, allez expliquer aux argentins que leur dette vaut zéro.
      Demain la dette grecque ne vaudra pas 0. Les créanciers vont prendre patience, en attendant la Grèce devra trouver de l’argent frais, Qui voudra prêter en sachant que le pays a fait défaut.
      l’Europe risque bien d’être en force pour accepter de continuer les négociations.
      les prochains jours seront intéressants mais je n’aimerais pas être grec.


  20. jeff Le 05 juillet 2015 à 16h20
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    DAX FUTUR -1,98%


  21. tepavac Le 05 juillet 2015 à 16h24
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    Bonjour
    Je suis depuis longtemps les épisodes “tragiques” et ceux pleins d’èspérances qui agitent
    tous les médias. et je n’arrive pas à partager ce catastrophisme ambiant autour du roi “euro”.

    du point de vue “capitaliste” l’éviction d’une entitée économique ayant des pertes, est dans tous les cas une consolidation du groupe, donc un euro plus stable après les réajustements qui ne manqueront pas d’intervennir. et certainement un euro plus fort.
    Après ce “déGrèçage” , certains lorgnent déjà vers l’Espagne, l’Italie, le Portugal.. l’Irlande

    De son coté l’Allemagne négocie un second approvionnement en gaz, après l’échec des négociations de southstream et le résultat des contrats établis entre gazprom, la Turquie et la Grèce. Grèce qui de facto et de jure (pour honnorer les compromis passés entre ces Nations)approvisionera l’Italie, l’Albanie, la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et quelques autres pays.

    C’est évidement ce qui agace “l’Europe de Bruxelle”. ( Certains voulaient le controle total sur l’approvisionnement et la distribution du Gaz par l’intermédiaire d’une plateforme générale (pour l’ensemble des pays euro.

    C’est donc “deux Europes” qui se construisent devant nous, celle qui va signer tafta et l’autre.

    Pronostique ; la France sera le chef de file de cette nouvelle Europe


  22. Homère d'Allore Le 05 juillet 2015 à 18h58
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    Les tendances donnent le NON gagnant !

    Bravo les Grecs ! Il fallait du courage !

    Bravo Tsipras d’avoir fait confiance au peuple !


  23. Crapaud Rouge Le 05 juillet 2015 à 19h40
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    se diriger vers le chaos économique ou rétablir la normalité économique en sacrifiant Alexis Tsipras” : autrement, la criminelle politique de l’UE passe pour être “normale”. Les Grecs n’ont pas fini de souffrir…


  24. purefrancophone Le 05 juillet 2015 à 20h08
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    Le NON devait être au coude à coude avec le OUI ,, finalement il est annoncé à près de 60% !
    La machine à faire peur n’a pas fonctionné en Grèce ; BRAVO les Grecs !


  25. MAURICE Le 05 juillet 2015 à 20h23
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    Avec un peu de chance supplémentaire, les responsables de l’UE feront encore suffisamment de bêtises pour qu’enfin tout le monde se rende à l’évidence économique qui demande à la Grèce de sortir de l’euro pour avoir enfin une chance d’abandonner ce grand merdier organisé depuis la création de l’euro !


  26. bruno Le 05 juillet 2015 à 20h50
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    Bravo les grecs et vive la Grèce !!!


  27. keepitreal Le 06 juillet 2015 à 11h21
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    Bravo aux Grecs d’avoir voté NON à 60% contre tous les médias et toutes leurs élites et tous les vieux friqués de leur population.

    Mais pas du tout bravo aux Grecs de persister à vouloir rester dans la zone euro qui est de toute façon condamnée par nature. Et pas du tout bravo à Tsipras de jouer au Sarko/Chirac grec, genre “résistons contre les technocrates de l’Europe tout en restant dans l’Europe”.

    C’est le même discours que Guaino qui déclarait sans rire ce matin sur i-télé qu’il avait lutté contre l’appartenance de la France à la zone euro mais qu’aujourd’hui une sortie de l’euro serait une catastrophe. Or, de 2 choses l’une : si l’euro est une mauvaise chose il faut s’en débarrasser, et si on tient à rester dans l’euro c’est qu’on pense que l’euro est une bonne chose. Il ne faut plus déclarer une chose et son contraire dans la même phrase!


  28. johannesFinckh Le 06 juillet 2015 à 22h07
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    et maintenant?
    la banqueroute de la Grèce étant actée, le gouvernement (c’est-à-dire la Banque Centrale de Grèce) émettra nécessairement une monnaie nouvelle pour pouvoir payer les fonctionnaires, etc.
    L’euro peut bien continuer à exister officiellement et pour régler les paiement extérieurs de la Grèce (quand il y en a pour les créanciers et les fournisseurs de la Grèce).
    On verra, avec une double monnaie, la Grèce s’en sortira certainement mieux qu’avec des crédits et donc une dette ajoutée à la dette!
    Tout cela stimulera l’économie intérieure de la Grèce (dévaluation oblige) et aussi le tourisme!
    Cette solution de la sortie douce de l’Euro deviendra applicable à tous les pays de la zone euro, et on s’apercevra que l’euro s’abolira de lui-même comme jadis, au 19ème siècle la dite “union latine”!
    Cela est inéluctable, car l’Euro est un projet politique sans que ni les conditions économiques ni juridiques n’aient jamais été réunies pour fonctionner:
    Il n’y avait ni harmonisation budgétaire (et cela n’est toujours pas le cas!), ni salariale (toujours pas le cas), ni péréquation budgétaire annuelle (toujours pas le cas, ni union bancaire (toujours pas le cas)!
    Donc, après la sortie de la Grèce, à qui le tour? Au choix: le Portugal, l’Espagne (avec podemos?), l’Italie , puis la France! Fin de l’histoire!
    Prions pour la pax!

    Socialement et économiquement, cela ne sara aucunement une catastrophe, mais une véritable libération que redonnera aux gouvernements de marges de manoeuvre salutaires, à conditon cependant de maintenir une forme d’équilibre budgétaire dans chaque pays ou seulement un faible déficit compatible avec un petite croissance.


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