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26.avril.202426.4.2024 // Les Crises

La nouvelle junte au Niger exige le retrait des troupes américaines

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Vêtu d’un treillis militaire et d’une casquette de garnison bleue, le colonel-major Amadou Abdramane, porte-parole de la junte au pouvoir au Niger, a pris la parole à la télévision locale le mois dernier pour critiquer les États-Unis et rompre le traditionnel partenariat militaire entre les deux pays. « Tenant compte des aspirations et des intérêts de son peuple, le gouvernement du Niger révoque, avec effet immédiat, l’accord relatif au statut du personnel militaire américain et des employés civils du ministère de la défense », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que leur pacte de sécurité, vieux de 12 ans, violait la constitution du Niger.

Source : TomDispatch, Nick Turse
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Insa Garba Saidou, autre porte parole à l’occasion du Niger, s’est exprimé en des termes plus directs : « Les bases américaines et le personnel civil ne peuvent pas rester plus longtemps sur le sol nigérien. »

Ces annonces ont été faites alors que le terrorisme s’est intensifié dans le Sahel ouest-africain et dans le sillage d’une visite au Niger d’une délégation américaine de haut niveau, composée entre autres de la secrétaire d’État adjointe aux affaires africaines Molly Phee et du général Michael Langley, chef du commandement américain pour l’Afrique, ou AFRICOM. La rupture du Niger avec son allié n’est que le dernier coup porté aux initiatives de Washington pour lutter contre le terrorisme dans la région. Ces dernières années, des partenariats militaires américains de longue durée avec le Burkina Faso et le Mali ont également été interrompus après des coups d’État perpétrés par des officiers formés aux États-Unis. Le Niger était en fait le dernier grand bastion de l’influence militaire américaine dans le Sahel ouest-africain.

Ces revers ne sont que les derniers d’une série d’impasses, de fiascos ou de défaites totales qui caractérisent désormais la guerre totale contre la terreur menée par les États-Unis. En plus de 20 ans d’interventions armées, les missions militaires américaines ont été bouleversées à plusieurs reprises en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, avec notamment une impasse en Somalie, une intervention transformée en machine infernale en Libye et des implosions pures et simples en Afghanistan et en Irak.

Ce maelström de défaites et de reculs américains a fait au moins 4,5 millions de morts, dont environ 940 000 victimes de violences directes, parmi lesquelles plus de 432 000 civils, selon le projet « Costs of War » de l’université Brown. Pas moins de 60 millions de personnes ont également été déplacées en raison de la violence attisée par les « guerres sans fin » de l’Amérique.

Le président Biden a dans le même temps affirmé qu’il avait mis fin à ces guerres et que les États-Unis continueraient à les mener dans un avenir prévisible, voire pour toujours, « pour protéger le peuple et les intérêts des États-Unis ». Le bilan est dévastateur, en particulier au Sahel, mais Washington a largement ignoré les coûts supportés par les populations les plus touchées par l’échec de ses efforts de lutte contre le terrorisme.

La « réduction du terrorisme » entraîne une augmentation de 50 000 % u… Oui !… du terrorisme

Environ 1 000 militaires et civils américains sont déployés au Niger, la plupart près de la ville d’Agadez, sur la base aérienne 201, à la limite sud du désert du Sahara. Connu des habitants sous le nom de « Base américaine » (en français dans le texte), cet avant-poste est la pierre angulaire d’un archipel de bases militaires américaines dans la région et constitue le cœur des efforts stratégiques de déploiement et de surveillance de la puissance militaire des États-Unis en Afrique du Nord et de l’Ouest. Depuis les années 2010, les États-Unis ont englouti environ un quart de milliard de dollars dans ce seul avant-poste.

Washington s’est concentré sur le Niger et ses voisins depuis les premiers jours de la guerre totale contre le terrorisme, déversant une aide militaire auprès des nations d’Afrique de l’Ouest par le biais de dizaines de projets de « coopération en matière de sécurité », parmi lesquels le partenariat transsaharien de lutte contre le terrorisme, un programme conçu pour « contrer et prévenir l’extrémisme violent » dans la région. La formation et l’assistance aux armées locales proposées dans le cadre de ce partenariat ont, à elles seules, coûté à l’Amérique plus d’un milliard de dollars.

Juste avant sa récente visite au Niger (12 et 13 mars 2024), le général Langley, patron de l’AFRICOM s’est présenté devant la commission des forces armées du Sénat pour fustiger les partenaires de longue date de l’Amérique en Afrique de l’Ouest. « Au cours des trois dernières années, les forces nationales de défense ont retourné leurs armes contre leurs propres gouvernements élus au Burkina Faso, en Guinée, au Mali et au Niger, a-t-il déclaré. Ces juntes refusent de rendre des comptes aux peuples qu’elles prétendent servir. »

Langley n’a toutefois pas mentionné qu’au moins 15 officiers ayant bénéficié de la coopération américaine en matière de sécurité ont été impliqués dans 12 coups d’État en Afrique de l’Ouest et dans le grand Sahel pendant la guerre totale contre le terrorisme. Parmi ceux-ci, on trouve les pays qu’il a nommés : Burkina Faso (2014, 2015 et deux fois en 2022) ; Guinée (2021) ; Mali (2012, 2020 et 2021) ; et Niger (2023). En fait, selon un responsable américain, au moins cinq dirigeants du coup d’État de juillet au Niger ont bénéficié de l’aide des États-Unis. Lorsqu’ils ont renversé le président démocratiquement élu, ils ont à leur tour nommé cinq membres des forces de sécurité nigériennes formés aux États-Unis pour occuper les fonctions de gouverneurs.

Langley a ensuite déploré le fait que, bien que les leaders de coups d’État promettent invariablement de vaincre les menaces terroristes, ils ne le font pas et se tournent alors « vers des partenaires qui n’ont pas de réserves à l’égard des gouvernements putschistes… en particulier la Russie ». Mais il n’a pas non plus fait état de la responsabilité directe de l’Amérique dans la détérioration de la sécurité au Sahel, malgré plus d’une décennie d’efforts coûteux pour remédier à la situation.

« Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort », a dit en plaisantant Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, lorsqu’en 2011, une campagne aérienne de l’OTAN dirigée par les États-Unis a contribué à renverser le colonel Mouammar el-Kadhafi, dictateur libyen de longue date. Le président Barack Obama a salué l’intervention comme étant un succès, même si la Libye a alors entamé sa descente vers le stade d’État quasiment en déliquescence. Obama admettra plus tard « ne pas avoir anticipé le jour suivant » la défaite de Kadhafi a été la « pire erreur » de sa présidence.

Suite à la chute du dirigeant libyen, les combattants ouaregs à son service ont pillé les caches d’armes de son régime, sont retournés dans leur pays d’origine, le Mali, et ont commencé à s’emparer de la partie septentrionale de cette nation. La colère des forces armées maliennes face à l’inefficacité du gouvernement a abouti en 2012 à un coup d’État militaire mené par Amadou Sanogo, un officier qui a appris l’anglais au Texas et a suivi une formation de base d’officier d’infanterie en Géorgie, une formation au renseignement militaire en Arizona et un mentorat par des Marines en Virginie.

Après avoir renversé le gouvernement démocratique du Mali, Sanogo s’est avéré incapable de lutter contre les militants locaux qui avaient également profité de l’afflux d’armes en provenance de la Libye. Le Mali étant plongé dans le chaos, ces combattants Touaregs ont déclaré l’indépendance de leur propre État, avant d’être écartés par des militants islamistes lourdement armés qui ont instauré une forme sévère de charia, provoquant une crise humanitaire. Une mission conjointe française, américaine et africaine a empêché l’effondrement complet du Mali, en revanche, elle a repoussé les islamistes jusqu’aux frontières du Burkina Faso et du Niger, semant la terreur et le chaos dans ces pays.

Depuis lors, les nations du Sahel ouest-africain sont en proie à des groupes terroristes qui évoluent, se divisent et se reconstituent. Sous la bannière noire du militantisme djihadiste, des hommes à moto armés de Kalachnikov déboulent régulièrement dans les villages pour imposer la zakat [impôt obligatoire versée annuellement en vertu des règles de solidarité de l’Islam, NdT], terroriser et tuer des civils. Les attaques incessantes de ces groupes armés ont non seulement déstabilisé le Burkina Faso, le Mali et le Niger, provoquant des coups d’État et une instabilité politique, mais se sont également propagées vers le sud, dans les pays situés le long du golfe de Guinée. La violence a, par exemple, augmenté au Togo (de 633 %) et au Bénin (de 718 %), selon les statistiques du Pentagone.

Les responsables américains ont souvent fermé les yeux sur ce carnage. Interrogé sur l’évolution de la situation au Niger, par exemple, le porte-parole du département d’État, Vedant Patel, a récemment insisté sur le fait que les partenariats en matière de sécurité en Afrique de l’Ouest « sont mutuellement bénéfiques et visent à atteindre ce que nous pensons être des objectifs communs en matière de détection, de dissuasion et de réduction de la violence terroriste ». Cette déclaration est soit un mensonge pur et simple, soit un fantasme total.

Au bout de 20 ans, il est clair que les partenariats américains au Sahel ne réduisent pas du tout la violence terroriste. Même le Pentagone l’admet tacitement. Bien que les effectifs des troupes américaines au Niger aient augmenté de plus de 900 % au cours de la dernière décennie et que les commandos américains aient formé leurs homologues locaux, tout en combattant et même en mourant sur place, et même si des centaines de millions de dollars ont inondé le Burkina Faso sous forme de formation et d’équipements tels que des véhicules blindés de transport de troupes, des gilets pare-balles, du matériel de communication, des mitrailleuses, des équipements de vision nocturne et des fusils, et bien que l’aide américaine à la sécurité afflue au Mali et que ses officiers aient été formés par les États-Unis, la violence terroriste au Sahel n’a en aucun cas été réduite. En 2002 et 2003, selon les statistiques du département d’État, les terroristes ont fait 23 victimes dans toute l’Afrique. L’année dernière, selon l’Africa Center for Strategic Studies, un institut de recherche du Pentagone, les attaques des militants islamistes dans le seul Sahel ont fait 11 643 morts, soit une augmentation de plus de 50 000 %.

Remballez votre guerre

En janvier 2021, le président Biden est entré à la Maison Blanche et a promis de rompre avec les guerres sans fin de son pays. Sans tarder, il a affirmé avoir tenu ses engagements. Quelques mois plus tard il annonçait « Pour la première fois en 20 ans, je me tiens ici aujourd’hui et les États-Unis ne sont pas en guerre ». « Nous avons tourné la page. »

À la fin de l’année dernière, cependant, dans l’une de ses missives périodiques de « pouvoirs de guerre » adressées au Congrès [ La War Powers Resolution votée en 1973 impose à la Maison-Blanche d’annoncer dans les 48 heures une intervention militaire et de l’achever dans les 60 jours. La résolution n’est aujourd’hui pas vraiment appliquée, NdT], détaillant les opérations militaires américaines publiquement reconnues dans le monde entier, Joe Biden a dit exactement le contraire. En fait, il a laissé entrevoir la possibilité que les guerres sans fin de l’Amérique puissent, en fait, durer éternellement. « On ne peut pas, à l’heure actuelle, savoir avec précision l’ampleur ou la durée des déploiements des forces armées américaines qui sont ou seront nécessaires pour contrer les menaces terroristes qui pèsent sur les États-Unis. » a-t-il écrit.

La junte nigérienne formée par les États-Unis a clairement fait savoir qu’elle souhaitait que cesse la guerre sans fin menée par les États-Unis. En principe, cela voudrait dire la fermeture de la base aérienne 201 et le retrait d’un millier de militaires et d’entrepreneurs américains. Jusqu’à présent, cependant, Washington n’a montré aucun signe pour aller dans ce sens. « Nous prenons acte de la déclaration du 16 mars … annonçant la fin de l’accord relatif au statut des forces entre le Niger et les États-Unis », a déclaré Sabrina Singh, secrétaire de presse adjointe du Pentagone. « Nous travaillons par les voies diplomatiques pour obtenir des éclaircissements. […] Je n’ai pas de calendrier pour le retrait des forces. »

« L’armée américaine est au Niger à la demande du gouvernement nigérien », a déclaré l’année dernière Kelly Cahalan, porte-parole de l’AFRICOM. Maintenant que la junte a demandé à l’AFRICOM de partir, le commandement n’a pas grand-chose à dire. Les accusés de réception des courriels montrent que les questions de TomDispatch sur les développements au Niger envoyées au service de presse de l’AFRICOM ont été lues par une série de personnes, dont Cahalan, Zack Frank, Joshua Frey, Yvonne Levardi, Rebekah Clark Mattes, Christopher Meade, Takisha Miller, Alvin Phillips, Robert Dixon, Lennea Montandon et Courtney Dock, le directeur adjoint des affaires publiques de l’AFRICOM, mais aucun d’entre eux n’a répondu à une quelconque des questions posées. Par contre, Cahalan a dirigé TomDispatch vers le Département d’Etat. Lequel a, à son tour, dirigé TomDispatch vers la transcription d’une conférence de presse portant principalement sur les efforts diplomatiques américains aux Philippines.

« USAFRICOM doit rester en Afrique de l’Ouest … pour limiter la propagation du terrorisme dans la région et au-delà », a déclaré le général Langley à la commission des forces armées du Sénat en mars. Mais la junte nigérienne insiste sur le fait que l’AFRICOM ne peut rester et que l’échec des États-Unis à « limiter la propagation du terrorisme » au Niger et au-delà en est une des principales raisons. « Cette coopération en matière de sécurité n’a pas répondu aux attentes des Nigériens ; tous les massacres commis par les djihadistes l’ont été pendant que les Américains étaient ici », a déclaré sous couvert d’anonymat un analyste nigérien de la sécurité qui a travaillé avec des responsables américains.

Les guerres sans fin de l’Amérique, y compris la bataille pour le Sahel, se sont poursuivies sous les présidences de George W. Bush, Barack Obama, Donald Trump et Joe Biden, l’échec en étant le fil conducteur et les résultats catastrophiques la norme. De la mise en déroute par l’État islamique de l’armée irakienne entraînée par les États-Unis en 2014 à la victoire des talibans en Afghanistan en 2021, de l’impasse permanente en Somalie à la déstabilisation de la Libye en 2011 qui a plongé le Sahel dans le chaos et menace aujourd’hui les États côtiers du golfe de Guinée, la guerre totale contre le terrorisme a été responsable de nombreux morts et blessés, et du déplacement de dizaines de millions de personnes.

Les carnages, les impasses et les échecs semblent avoir eu remarquablement peu d’effet sur le désir de Washington de continuer à financer et à mener de telles guerres, mais sur le terrain, les faits tel le triomphe des talibans en Afghanistan, ont parfois forcé la main de Washington. C’est également dans cette voie que s’engage la junte nigérienne, en tentant de mettre fin à une guerre américaine éternelle dans un petit coin du monde ; faisant ainsi ce que le président Biden s’est engagé à faire sans y réussir. Néanmoins, la question reste entière : l’administration Biden va-t-elle inverser la trajectoire suivie par les États-Unis depuis le début des années 2000 ? Acceptera-t-elle de fixer une date de retrait ? Washington va-t-il enfin remballer sa guerre désastreuse et rentrer à la maison ?

Copyright 2024 Nick Turse

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Nick Turse est directeur de la rédaction de TomDispatch, il est aussi membre de Type Media Center. Tout récemment, il est l’auteur de Next Time They’ll Come to Count the Dead : War and Survival in South Sudan (La prochaine fois, c’est pour compter les morts qu’ils viendront : guerre et survie au Sud-Soudan) et du best-seller Kill Anything That Moves (Tuez tout ce qui bouge).

Source : TomDispatch, Nick Turse – 02-04-2024

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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petitjean // 26.04.2024 à 14h02

Voyons, voyons
que font les USA au Niger ? Que font-ils Réellement ??

c’est une force d’occupation ! Les USA servent leurs propres intérêts !

DEHORS !!

Laissons l’Afrique à l’Afrique !……………..

8 réactions et commentaires

  • petitjean // 26.04.2024 à 14h02

    Voyons, voyons
    que font les USA au Niger ? Que font-ils Réellement ??

    c’est une force d’occupation ! Les USA servent leurs propres intérêts !

    DEHORS !!

    Laissons l’Afrique à l’Afrique !……………..

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    • Savonarole // 26.04.2024 à 14h42

      Bonne question, les réponses sont moins simple.
      Leurs bases drones font essentiellement du renseignement , mais apparement ils renseignaient pas les Français quand ils y étaient (qui ne s’en plaignaient pas) , ils renseignaient pas non plus l’armée régulière (qui elle n’a césse de s’en plaindre) , ni avant , ni après le changement de régime…
      Inutiles de penser au USA renseignant les interets industriels Chinois sur place où les companies militaires privées Russes embauchée récement par l’armée régulière.
      Ça ne laisse donc pas beaucoup de possibilité quand à qui ils peuvent renseigner sur place … quand les USA ne peuvent servir leur propres intérets, ils desservent ceux des autres puissances … tant pis pour la population qui se retrouve pour le coup aussi fort bien desservie, si je puis m’exprimer ainsi.

        +9

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    • RGT // 29.04.2024 à 19h24

      Laissons l’Afrique aux africains….

      C’est ce que je pense et dis depuis bien trop longtemps, et la motivation première des USA était en premier lieu de venir piquer la place des français qui se comportaient de la même façon, faisant et défaisant les « empereurs » de ces « anciennes colonies » en fonction des intérêts des oligarques parisiens.

      Que des gouvernements issus de coups d’états (peut-être issus de l’écœurement causé par la pourriture des « élites démocratiquement élues » souhaitent foutre dehors les troupes étrangères d’occupation n’a rien d’étonnant…
      Ensuite ils se tournent vers Wagner (service payant donc auquel les états ne seront pas redevables jusqu’aux calendes grecques comme dans le cas des « démocrassies bienveillantes » et leur serreront la main en leur donnant le dernier chèque… C’est toujours mieux que d’être esclave pour l’éternité.

      Bien sûr, Wagner est soutenu par Poutine (l’orge mangeur d’enfants), ce qu ne plaît pas trop aux « défenseurs de la Liberté » qui défendent surtout leur propre droit à se goinfrer sur le dos des plus faibles.

      Quand ces pays d’Afrique et leurs populations pourront-ils enfin profiter des richesses naturelles locales et atteindre un niveau de vie décent ?

      Je suis certain que si cette libération survenait, leurs ressortissants se précipiteraient pour retourner sur les terres de leurs ancêtres, au grand dam des bobos bien pensants qui ne trouveraient plus de personnels immigrés clandestins pour aller récurer leurs cuvettes de chiottes ou torcher leurs gamins en échange d’un bol de riz…

        +1

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  • DVA // 27.04.2024 à 11h18

    L’AFRICOM est basé en …Allemagne…trop de risques que le nid de frelons se fasse exploser sur place sans doute…Sinon El Qaida, l’EI and co sont des proxis commodes pour faire évoluer les intérêts occidentaux là où il y a des risques de retournements très défavorables à leurs commanditaires ou autres sbires dans certaines régions au MO ou en Afrique…depuis longtemps déjà…

      +4

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    • Bouddha Vert // 27.04.2024 à 22h17

      « El Qaida, l’EI and co sont des proxis commodes pour faire évoluer les intérêts occidentaux »
      Je vous avoue ne pas comprendre cette affirmation!
      « …depuis longtemps déjà… » J’ai vraiment dû rater quelque chose…

        +1

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      • azuki // 28.04.2024 à 20h30

        Ça doit avoir rapport avec la mention «Cessons de financer Al Qaida et le terrorisme» discutée au congrès US, ce ne doit pas être la dénomination exacte, ça fait déjà quelques années et ce n’est pas la seule discution à ce sujet. Ceci étant je me demande si les pires ne sont pas les English avec par exemple la création, sur leur idée et à leur initiative, des fameux «casques blancs», ces égorgeurs «islamistes» modérément modérés et grands pourvoyeurs de «faux drapeaux». Au passage, les Anglais et USA sont les seuls obsédés pour développer encore des armes chimiques ou bactériologiques considérées par toutes les autres nations comme beaucoup trop problématiques et sans aucun intérêt stratégique par quasiment toutes les autres nations.

          +2

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  • landstrykere // 27.04.2024 à 20h05

    oui le gouvernement du Niger, dit « la junte », a demandé aux Etats-Unis le départ de leurs troupes.
    Donc on a un pays souverain, le Niger, et un autre pays souverain, les Etats-Unis.

    Bon, les Etats-Unis s’en foutent et restent:
    https://apnews.com/article/niger-chad-troops-coup-withdrawal-ebb05de095e3abbb08c8a1207e5cf014
    « No final decision on withdrawing US troops from Niger and Chad, top official tells AP »

    On rappellera la présence illégale au regard de l’ONU et des simples règles de bon sens de la souveraineté des états, que les Etats-Unis occupent une partie de la Syrie, un bout dans le sud en prolongement de la frontière de Jordanie, pour une base militaire, et un autre dans le nord collé au Kurdistan irakien, où ils ont une base qui contrôle le district où une compagnie américaine pompe le pétrole syrien.

    Bon, qu’est-ce que tout celà indique: il n’y a plus de droit. Ou plutôt si: le droit du plus fort.
    Ce que les américains font c’est dire qu’ils font comme il leur plait, et que si vous refusez ils vous défoncent.
    C’est le nouveau « droit » de ce Frankenstein qui a kidnappé le terme « Occident » sous la houlette d’anglo-saxons et de germaniques.

    Blinken est allé à Pékin justement pour menacer la Chine,, qui leur a répété qu’ils aillent se faire voir. En Ukraine les pauvres ukrainiens sont sacrifiés car les Etats-Unis ne peuvent pas expédier leurs propres soldats mourrir par centaines de milliers. Leur population ne tolérerait pas.

    Nous autres en UE sommes sous la sidération de constater des élites dirigeantes qui violent tous les principes de droit et d’éthique.

      +5

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    • Hugo // 29.04.2024 à 07h47

      Normal, ils sont en état de LÉGITIME déƒonce — depuis 250 ans. « Dieu et Mon droit », God bless America…………

      Quand se sont ouvertes les négociations avec le Viêt Công, l’Archevêque de new York, Francis SPELLMAN ((tout un programme)) a répété publiquement la déclaration de John Steinbeck ((Prix Nobel)) : « £a seule ƒaçon de négocier avec ces vauriens, c’est le poing dans la gueule » — et il est allé asperger d’eau bénite, sur la base aérienne de ßien Hoa ((2 ƒois plus grande que Manhattan, je me suis presque évanoui en en longeant les barbelés, pendant mon voyage-de-noces))… il est allé asperger d’eau bénite les B-52 qui allaient asperger les « vauriens » d’Agent Orange « entièrement inoffensif pour les êtres humains ». Juré sur la ßible par les patrons de Dow Chemical et de mon$anto.

      £a bonne conscience est un mal incurable.

      Sauƒ accident majeur ((mais le miracle n’opère pas toujours)).

      £a £égitime déƒonce, c’est aussi, désormais, celle d’une part grandissante de la belle jeunesse des u$a, écœurée par l’impossibilité de contrer cette barbarie planétaire ; les morts dues aux drogues de plus en plus dures en donnent une mesure impressionnante.

        +4

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