Source : Marie Simon, pour L’Express, le 17 décembre 2015 (mis à jour le 7 janvier 2016).

Les mercaptans sont des additifs qui permettent de détecter une fuite de méthane, gaz inodore, comme celle en cours en Californie du Sud. Problème: ils peuvent entraîner nausée, vertiges, maux de tête et de ventre, saignements de nez…

Le méthane fuit abondamment de la réserve souterraine d’Aliso Canyon, aux abords de Los Angeles, en Californie. L’état d’urgence a été déclaré par le gouverneur, onze semaines après la détection de cette fuite dont l’impact environnemental est déjà comparé à celui de la marée noire du Golfe du Mexique en 2010.

Depuis fin octobre, lentement mais sûrement, une chape de méthanese forme au-dessus de Los Angeles, puis se disperse dans le ciel de la Californie. Le méthane fuit abondamment de la réserve souterraine d’Aliso Canyon, à proximité du quartier Porter Ranch, au nord-est de la mégalopole. Alors que cette fuite monumentale n’est pas prête d’être jugulée, les conséquences se font sentir sur la population de Los Angeles, dont le procureur porte plainte contre la compagnie Southern California Gas (SoCalGas).

L’état d’urgence est déclaré

Ce mercredi 6 janvier, le gouverneur Jerry Brown a même décidé de déclarer l’état d’urgence autour de Los Angeles. Certains médias américains n’hésitent plus à comparer le phénomène à la marée noire du Golfe du Mexique en 2010, alors que les travaux pour le juguler devrait encore prendre des mois.

Chaque heure, de 36 000 à 58 000 kg de méthane s’échappentd’un puits par lequel transite ce gaz stocké à un peu plus de 2,5 km de profondeur sous les montagnes de Santa Susana. Le gaz fuit d’abord dans le sol avant d’atteindre la surface et de se dissiper, a confirmé un porte-parole du California Air Resources Board qui a effectué ces relevés édifiants, publiés fin novembre. Chaque mois, c’est le gaz qui aurait pu chauffer 3 millions de maisons qui est ainsi perdu.

Mi-décembre, on estimait que près de 2% du stock d’Aliso Canyon s’étaient déjà volatilisé. Il s’agit du plus grand site de stockage de gaz naturel de l’Ouest des Etats-Unis. Et d’un des plus importants du pays qui recycle quelque 300 anciens champs pétroliers asséchés “en y injectant du gaz naturel l’été pour le récupérer l’hiver, comme une gigantesque réserve pour assurer le chauffage” de Los Angeles, décrit Wired. Quand tout se passe bien. Ce n’est pas le cas depuis six semaines : un des 115 puits d’Aliso Canyon n’est plus étanche.

Une fuite invisible mais pas sans conséquence sanitaires

Mais ce “tsunami” reste invisible, note CNN, car le méthane est incolore… “Si nous utilisions la technologie pour rendre la fuite visible, nous pourrions distinguer un nuage géant au-dessus de Los Angeles. De quoi déclencher la frénésie médiatique, l’indignation publique et une action gouvernementale urgente”, estime Fred Krupp, président de l’Environmental Defense Fund (EDF). Une ONG l’a fait: Earthworks a utilisé une caméra thermique pour montrer la fuite dans une vidéo.

Cette autre vidéo montre comment le méthane redescend le long du flanc de la montagne.

Or les autorités commencent seulement à réagir, alors que “l’impact sur le climat et sur la communauté est déjà bien réel”, ajoutait Fred Krupp mi-décembre. Nausée, vertiges, maux de tête et de ventre, saignements de nez, vomissements… Voici les symptômes dont se plaignent des centaines de résidents de Porter Ranch, gênés par une odeur persistante de soufre, d’après le Los Angeles Times. SoCalGas a déjà reçu 4550 appels de particuliers demandant à être relogés. Pour l’heure, 1800 foyers ont déjà été déplacés, tandis que des écoles pourraient prochainement fermer, raconte le quotidien local.

Le méthane ne serait toutefois pas directement en cause: lesmercaptans. Ces additifs permettent de détecter une fuite de méthane, gaz inodore, mais ils peuvent aussi provoquer les symptômes décrits par les habitants de ce quartier. L’inquiétude de la population est également liée à la présence de benzène, un agent cancérogène, détectée dans la fuite.

Le méthane, un gaz inflammable et à effet de serre

Autre crainte: le méthane, hautement inflammable, pourrait-il s’embraser? Par précaution, l’administration fédérale de l’aviation civile a instauré une “no-fly zone” début décembre, afin d’éviter que la moindre étincelle d’un moteur n’entraîne une catastrophe supplémentaire. L’interdiction de survol concerne les vols inférieurs à 600 m d’altitude, dans un rayon d’un kilomètre autour de la fuite, alors que le réservoir se situe à 50 km environ de l’aéroport international de Los Angeles. L’interdiction court jusqu’au 8 mars prochain.

Le méthane présente un inconvénient supplémentaire. Il fait partie des fameux gaz à effet de serre, club restreint dont le dioxyde de carbone est le membre le plus célèbre. Or, entre le CO2 et le CH4, il est difficile de dire lequel est le pire: certes, le méthane reste moins longtemps dans l’atmosphère (plus ou moins 12 ans)… mais sonpotentiel de réchauffement global (PRG) est environ 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Fin novembre, les autorités californiennes estimaient déjà que la fuite avait ajouté 25% aux émissions classiques de méthane de l’Etat entier sur une période d’un mois. Elle devrait donc plomber le bilan environnemental de la Californie, l’un des cinq Etats américains les plus vertueux en termes de lutte contre le réchauffement climatique, selon l’organisation Climate Central. D’autant que cette fuite est loin d’être terminée.

Creuser un deuxième puits pour “soulager” la fuite

Depuis six semaines, SoCalGas et les autorités ne sont en effet pas restées les bras croisés, mais “ce n’est pas une fuite simple du tout à gérer” a justifié Steve Bohlen, chef de l’autorité régulatrice des ressources naturelles de l’Etat de Californie. “Les gens sont impatients, mais il n’est pas facile de faire quelque chose qui n’entraîne pas une catastrophe. La fuite est sérieuse maiscomplètement sous contrôle”, a-t-il ajouté.

La technique du "flaring" , ici utilisée au Mexique en 2013, serait inconcevable à Aliso Canyon.

La technique du “flaring” , ici utilisée au Mexique en 2013, serait inconcevable à Aliso Canyon.

Comment procéder? Il est inconcevable d’y mettre délibérément le feu. La technique du flaring est “utilisée pour brûler l’excès de gaz dans des zones reculées. Mais dans ce cas, la fuite est tellement importante et le flare serait tellement chaud que la situation serait encore plus difficile à contenir”, estime Wired. Le magazine rappelle qu’ “un puits a déjà pris feu à Aliso Canyon à cause d’étincelles causées par des grains de sable qui remontaient le long du conduit, en 1975”. Et ce, à quelques encablures seulement de Los Angeles.

La technique classique consistant à injecter de la boue pour “tuer” la fuite a été tentée. En vain. SoCalGas, qui nie toute lenteur dans sa réaction, a donc entrepris de creuser un deuxième puits pour “soulager” le premier. En parallèle, les autorités pressent la compagnie “d’explorer agressivement toutes les options” pour capturer le méthane. Car les travaux devraient encore prendre trois à quatre mois.

38 réponses à La Californie peine à juguler une fuite monumentale de méthane

Commentaires recommandés

Macarel Le 10 janvier 2016 à 09h19

Nous ne pouvons plus arrêter, nous avons ouvert la boîte de Pandore : nous boirons le calice jusqu’à la lie.
Effectivement, tout s’use, tout se dégrade, et dans un système basé sur le seul profit, les infrastructures par définition “non rentables” ne sont pas vraiment bien entretenues.
La conséquence, c’est que l’occurrence d’un accident majeur n’est qu’une question temps, y compris en France. Pour autant, même les accidents majeurs ne sont pas le déclencheur qui permettrait d’arrêter, je n’en veux pour preuve que ce qui s’est passé au Japon après Fukushima ou en Ukraine après Tchernobyl. La logique du système de profit, la croyance en l’infaillibilité du pouvoir de la science et de la technique, le manque de culture scientifique réelle de nos décideurs, l’ignorance d’un peuple manipulé par ceux qui n’ont pas intérêt à ce que l’on arrête les frais, tout cela fait que nous boirons le calice jusqu’à la lie. Alors l’on cherchera les coupables, mais en fait, nous auront tous été coupables dans ce processus catastrophique.
Il est plus “rentable” de mobiliser, plutôt d’apeurer, les populations dans une lutte sans fin contre une hydre terroriste insaisissable, cela permet de faire oublier que nous vivons en permanence sur les pentes d’un volcan technologique qui peut se réveiller à tout moment, et nous détruire.
Cela permet de ne pas avoir à remettre en question l’ordre en place,et le modèle de développement qui le permet.

  1. technique Le 10 janvier 2016 à 05h33
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    Il y a déjà eu, sur ce blog, des articles évoquant l’état de ruine des infrastructures américaines (ponts, routes, etc…)
    Il se pourrait que la fuite californienne soit une autre expression de ce fait :

    California Storage Leak Highlights Infrastructure Needs

    […] Aging infrastructure remains the most likely culprit, with some records indicating the now leaking well had not been fully inspected since 1976. A SoCal Gas executive also confirmed that a safety valve that broke in 1979 was never replaced, as regulations at the time did not require such a fix.
    […]

    ” La fuite du réservoir californien met en lumière la détresse des infrastructures

    […] une infrastructure vieillissante reste la responsable la plus probable, certains rapports indiquant que le puits qui est en train de fuir n’avait pas été soumis à une inspection complète depuis 1976. Un cadre de la société SoCalGas [NdT : Rodger Schwecke] a également confirmé qu’une soupape de sûreté brisée en 1979 n’avait jamais été remplacée, la réglementation n’exigeant pas, à l’époque, une telle réparation […]”

    = http://fellonmccord.com/california-storage-leak-highlights-infrastructure-needs/ =

    Voir aussi = http://www.digitaljournal.com/news/environment/socalgas-admits-it-removed-safety-valve-on-leaking-well/article/454218 = (en anglais)

    où l’on apprend que
    ** SoCalGas n’équipe pas de vannes de sécurité les nouveaux puits qu’elle creuse, alors que cinq ans auparavant elle avait demandé et obtenu les autorisations nécessaires [NdT, c’est-à-dire les sous] pour augmenter le taux de remplacement des très nombreuses soupapes présentant des fuites.

    ** Qu’en dépit de l’accroissement et des contribuables et de ses profits, la SoCalGas a ralenti le taux de remplacement des soupapes. En 2010 elle proposait de remplacer chaque année 5% des soupapes présentant des fuites.

    ** Que selon un ingénieur ayant travaillé chez eux [Anneliese Anderle], “Ils ont des installations merveilleuses. Tout est resplendissant. Ils ont de belles routes et des pipelines bien marqués. Tout est peint. Mais juste sous la surface ce n’est rien que de la vieille camelote (junk)”


  2. Nerouiev Le 10 janvier 2016 à 06h46
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    Nous avons en France des inspecteurs des installations classées qui dépendent de l’État. On peut se demander ce qu”il adviendrait si elles étaient sous l’emprise de sociétés privées avec le seul but de faire du fric au profit d’actionnaires peu concernés. La vie en communauté exige des remparts sans intérêts financiers et les hommes qui vont avec et avec un haut niveau scientifique. Parce que toute construction finit par s’ user.


    • noel Le 10 janvier 2016 à 11h54
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      Vous avez bien raison et c’est la sagesse même ! mais allez dire ça aux politiques & banquiers ???
      Ils font tout le contraire privatiser à tout va ! et en plus, ils organisent une répression contre les citoyens éclairés et de bon sens. L’ennemi est bien à l’intérieur car il vise …. l’ordo ab chaos !


      • Chris Le 10 janvier 2016 à 16h11
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        C’est la raison même de l’utilité Union Européenne et de sa Commission, merveilleuse courroie de transmission de la politique néo-libérale mondialisante dévouée entièrement à l’actionnariat.

        Ce fait divers, mais significatif illustre les commentaires de Chomsky :
        “Oxfam l’a noté dans un rapport datant de janvier 2013, les 85 individus les plus riches du monde possèdent autant de richesses que la moitié de l’humanité — les 3,5 milliards de personnes les plus pauvres — tandis que 90 corporations sont tenues responsables de deux tiers des émissions de CO2 produites depuis les débuts de l’industrialisation.
        Donc, comme le prouvent ces statistiques stupéfiantes, les crises écologique et climatique correspondent à la concentration extrême des pouvoirs et des richesses produites par le capitalisme et entérinés par les gouvernements du monde entier”

        Et aussi me rappelle le discours de Sitting Bull, qui sonne comme un glas :
        “… son avidité sans limite, sa fièvre de posséder et de détruire, l’ont rendu maîtresse de cette Terre commune à tous.
        Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres.
        Ils ont su enfermer les multitudes dans la solitude et le désespoir.
        Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les généreux pour entretenir les riches qui gouvernent.
        Ils traitent cette Terre comme leur propriété.
        Ils saccagent tout par leur bêtise et leur égoïsme puis se barricadent contre ceux dont ils ont ruiné la vie.
        Ils défigurent toujours plus notre terre par leurs constructions et leurs ordures.
        Cette race est pareille à un torrent de boue qui détruit tout sur son passage…


        • vinel Le 10 janvier 2016 à 19h08
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          La logique protestante qui a formé la mentalité des premiers immigrants aux USA et de ceux qui s’en recommandent”La terre a été donnée à l’homme pour qu’il l’exploite.
          S’il ne l’exploite pas il doit en être dépossédé parcequ’il s’oppose au commandement de Dieu”
          Cette logique a été utilisée pour justifier la dépossession des terres des indiens avec toutes les actions visant à les faire disparaitre.
          Israel en est assez près vis à vis des Palestiniens.
          La Palestine leur a été attribuée par Yahvé!Ainsi tout se justifie à leurs profits purement spirituel comme chacun sait!


      • patrick Le 10 janvier 2016 à 17h59
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        nos très chers gouvernants font n’importe quoi , d’un côté ils privatisent n’importe comment , de l’autre ils subventionnent ou s’occupent de trucs dans lesquels l’état n’a pas à s’immiscer mais les vraies missions indispensables de l’état ( police , justice , sécurité au sens large ) sont laissées à l’abandon .. jusqu’au jour où le réveil est difficile et là il faut en urgence promettre tout et n’importe quoi.


      • Rensk Le 14 janvier 2016 à 13h36
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        Je rappel juste que Tchernobyl, le Japon, la Suisse n’a pas de contrôleur privé et dans tous ces États il y a eu fusion du coeur (en Suisse dans les années 60 dans le canton de Vaud)


    • vinel Le 10 janvier 2016 à 19h24
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      Attention!
      Le gouvernement sous l’égide du banquier /ministre de l’économie dit Macron à l’intention de modifier la relevant des installations classées dans sa composante “mines”
      J’attends avec anxiété le contenu.
      Se posent actuellement l’action des lobes pétroliers et des banques pour autoriser extraction des gaz de schistes.
      Bien sur comme toujours ce n’est que pour l’exploration.
      Comme leurs déclarations seront incontrôlables,cela sous entendra


  3. Alberto Le 10 janvier 2016 à 08h22
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    Aux États-Unis : il y a 99 réacteurs nucléaires. Après un accident à Three-Mile-Island en 1979, Carter arrête le développement de l’énergie. Le dernier réacteur mis en service est celui de Watts Bar, en 1996.
    Au Japon : 58 réacteurs nucléaires avant Fukushima. Depuis septembre 2013, ils sont tous arrêtés.
    En France : cinquante-huit réacteurs nucléaires fonctionnent. L’EPR de Flamanville est en construction, Cadarache et Marcoule en projet.
    Conclusion : les Etats-Unis et le Japon ont attendu un accident nucléaire pour arrêter. Et le “gouvernement” français attend-il un accident grave pour arrêter ?


    • Nerouev Le 10 janvier 2016 à 08h40
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      Le Japon a redémarré deux réacteurs cette année. Côté Environnement la réponse combustible fossile n’est pas à la hauteur et subit de nombreux accidents. Le charbon en Allemagne pose de nombreux problèmes en plus pour libérer les espaces exploitables et ils ne se gênent pas pour acheter notre électricité nucléaire.


      • Tassin Le 10 janvier 2016 à 11h36
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        Oui, mais le charbon est en recul constant en Allemagne depuis 25 ans ainsi que le nucléaire au profit des renouvelables. On ne peut pas en dire autant chez nous.


      • Tassin Le 10 janvier 2016 à 11h42
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        En plus ils sont désormais le plus gros exportateur d’électricité d’Europe, en passant cette année devant la France, contrairement à la croyance répandue.
        https://www.energy-charts.de/exchange.htm

        Les chiffres de la production d’électricité 2015 et depuis 2003 : http://reneweconomy.com.au/2016/germany-20-years-away-100-percent-renewable-power-not-68277


        • patrick Le 10 janvier 2016 à 18h01
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          leur exportation d’électricité est fonction de la production en renouvelable, donc pas du tout en fonction de leurs besoins et de ceux de leurs voisins.
          il est arrivé que le prix de leur électricité soit négatif , ils paient pour s’en débarrasser.
          ça met une belle pagaille dans tout le réseau.


          • Tassin Le 10 janvier 2016 à 22h49
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            Les prix de l’électricité négatifs sont une hérésie liée à la mise en place d’une bourse de l’électricité en tant que régulateur du réseau. Ca n’a rien d’un symptôme d’un problème technique.


            • VVR Le 11 janvier 2016 à 12h23
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              Il s’agit bien d’un problème technique: On ne peut pas stocker l’électricité.

              A moins que tout le reste ne puisse s’adapter en souplesse a une production de renouvelable qui passe du simple au double en quelques heures, il faut bien payer des gens pour consommer de l’électricité dont personne n’a besoin.


      • Rensk Le 14 janvier 2016 à 13h44
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        Faux, les allemands n’inporte plus rien, ils exportent et cela se sent en France (mais c’est caché ?) et en Suisse.
        Par exemple les barrage, ils ont construit des tunels sous roche (des km) pour repomper l’eau dans le barrage, vu la perte des ventes en Allemagne il y a problème pour payer tout cela.


    • Macarel Le 10 janvier 2016 à 09h19
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      Nous ne pouvons plus arrêter, nous avons ouvert la boîte de Pandore : nous boirons le calice jusqu’à la lie.
      Effectivement, tout s’use, tout se dégrade, et dans un système basé sur le seul profit, les infrastructures par définition “non rentables” ne sont pas vraiment bien entretenues.
      La conséquence, c’est que l’occurrence d’un accident majeur n’est qu’une question temps, y compris en France. Pour autant, même les accidents majeurs ne sont pas le déclencheur qui permettrait d’arrêter, je n’en veux pour preuve que ce qui s’est passé au Japon après Fukushima ou en Ukraine après Tchernobyl. La logique du système de profit, la croyance en l’infaillibilité du pouvoir de la science et de la technique, le manque de culture scientifique réelle de nos décideurs, l’ignorance d’un peuple manipulé par ceux qui n’ont pas intérêt à ce que l’on arrête les frais, tout cela fait que nous boirons le calice jusqu’à la lie. Alors l’on cherchera les coupables, mais en fait, nous auront tous été coupables dans ce processus catastrophique.
      Il est plus “rentable” de mobiliser, plutôt d’apeurer, les populations dans une lutte sans fin contre une hydre terroriste insaisissable, cela permet de faire oublier que nous vivons en permanence sur les pentes d’un volcan technologique qui peut se réveiller à tout moment, et nous détruire.
      Cela permet de ne pas avoir à remettre en question l’ordre en place,et le modèle de développement qui le permet.


  4. Max Le 10 janvier 2016 à 09h50
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    Malheureusement, je ne peux qu’être d’accord avec l’ensemble des commentaires.
    Les USA (et d’autres) nous disent depuis des 10enes d’années, ca ne peut pas arriver chez nous, toutes les précautions sont prises.
    Avec les dirigeants des USA, il n’y a pas besoin de terrorisme, ils le font eux-mêmes.
    Chaque année 30.000 morts par armes à feu.
    Des catastrophes écologiques de plus en plus incontrôlables.
    La population qui se tiers-mondisme.
    Face a ce genre de catastrophe, j’ai peur qu’il n’y à rien à faire, si ce n’est d’attendre que la pression baisse.
    Il n’y aura pas de super-héros pour colmater la fuite.
    Le silence des medias de masse, sur le sujet, est remarquable.


  5. Candide Le 10 janvier 2016 à 12h02
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    C’est fantastique!
    Voila un accident industriel concernant la production de méthane, gaz qui est de plus en plus sollicité pour assurer les problèmes d’ intermittence des énergies solaire et éoliennes de la Californie, et l’on atterri sur les accidents de Tchernobyl et de Fukushima!
    Il faut s’y faire! Les éoliennes ont un facteur de charge d’environ 20% et les panneaux solaires de 10%. Il faut donc “boucher” les trous de production avec 80 et 90% d’autre chose, soit du gaz en Californie et de la lignite en Allemagne.


    • Chris Le 10 janvier 2016 à 17h07
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      On peut aussi mettre en place des technologies (déjà existantes) pour limiter drastiquement la consommation d’énergie, telles l’isolation des bâtiments, l’installation systématique de toitures solaires pour tout permis de construire ou rénover que ce soit à vocation industrielle, artisanale, administrative ou de logement, quitte à lever certaines interdictions en sites protégés purement esthétiques.
      Pour avoir travailler dans la construction et l’urbanisme, je sais qu’on peut rendre complètement autonome l’habitat.
      Des idées : http://www.habitation-autonome.com/
      Mais aussi des réalisations plus sophistiquées/citadines : http://www.abb.ch/cawp/seitp202/0e9c9d9303a3e32fc1257ddc0045f101.aspx

      Se méfier des appareils électroménagers et de l’électronique grand public énergivores…


    • Tassin Le 10 janvier 2016 à 22h53
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      Le facteur de charge n’a rien à voir avec un “trou” à boucher, c’est simplement la quantité d’énergie produite par une installation rapportée en nombre d’heures de fonctionnement à équivalent pleine puissance. C’est un terme purement technique dont les opposants aux renouvelables se sont emparés mais sans le maîtriser.
      Pour info le facteur de charge moyen de l’éolien et du photovoltaïque en Californie tournent respectivement aux alentours de 35% et 15%.


  6. RGT Le 10 janvier 2016 à 12h08
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    Cette fuite de méthane est un désastre écologique totalement causé par la cupidité humaine (tendre la corde des systèmes de sécurité jusqu’à ce qu’elle lâche).
    Et comme d’habitude, ce seront bien sûr les contribuables qui au final paieront la facture pour que les actionnaires puissent continuer à engranger les dividendes.
    Et ce problème n’est pas seulement aux USA ou dans les “Démocraties Développées”… Il a été exporté partout sur la planète et seuls les profits à court termes comptent.

    Je tiens à signaler aux amateurs de “Big Mac” et à tous ceux qui mangent de la viande rouge qu’ils sont AUSSI (indirectement) responsables (mais responsables quand-même) de l’augmentation du taux de méthane dans l’athmosphère.

    En effet, chaque bovin émet environ 200 litres de méthane par jour dans l’athmosphère.
    Quand on compte le nombre de bovins (1,7 milliard) on obtient 340 milliards de litres (340 millions de m3) PAR JOUR…

    La fuite californienne est sans doute un désastre écologique local, mais à l’échelle de la planète elle ne représente presque RIEN…

    Et je ne vous parle pas des autres animaux d’élevage qui servent à l’alimentation humaine (1,9 milliard de moutons et de chèvres, 980 millions de porcs et 19,60 milliards de poulets, etc…) dont les déjections quotidiennes contaminent l’athmosphère (méthane par fermentation, nitrates etc…) et AUSSI les nappes phréatiques.

    Le pire désastre concerne bien sûr la concentration des élevages intensifs car si les déjections sont utiles pour fertiliser les sols dans des pâturages extensifs, ils deviennent un désastre écologique quand ils sont concentrés sur des superficies réduites (ferme des 1000 vaches et sans doutes des projets à venir encore plus délirants)..

    Aux USA, ils se contentent de parquer des milliers de bovins dans les déserts avec des convois incessants de camions qui leura apportent de la nourriture et de l’eau…
    C’est encore PIRE…

    Mangez de la viande à tous les repas, vous creusez la tombe de l’écosystème avec vos dents !!!

    Pour un adulte qui mène une vie de “burelier”, manger de la viande une fois par semaine suffit amplement, donc on divise déjà par 7 le nombre de bovins et d’émissions de gaz et de composés toxiques…
    Facile, mais l’industrie agro-alimentaire ne devrait pas apprécier.


    • Tassin Le 10 janvier 2016 à 22h55
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      Manger de la viande ne sert à rien, on s’en passe très bien.


    • Crapaud Rouge Le 10 janvier 2016 à 23h12
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      Non, pas “responsables” mais moralement coupables, c’est très différent. Les responsables sont ceux qui DECIDENT. Excusez-moi pour les majuscules, mais j’en un marre du thème de la “responsabilité” qui est un non-sens, alors que le sentiment de culpabilité convient. (Petit Robert : “sentiment par lequel on se sent coupable, qu’on le soit réellement ou non“). Dans le cas de cette fuite de gaz, les consommateurs n’ont pas décidé de sacrifier la sécurité sur l’autel du profit.


  7. Betty Le 10 janvier 2016 à 13h07
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    La presse a diffusé cette information en France le 17 décembre 2015.

    Quelle réactivité! Les premiers articles ont été publiés aux EUA dés les 28 octobre 2015 http://ktla.com/2015/10/28/porter-ranch-residents-concerned-about-leak-smell-from-gas-co-facility/ et 29 octobre http://www.sanfernandosun.com/news/article_3b03ff46-7e52-11e5-9aff-4bcb852a3ad0.html?mode=story. De manière très localisée Porter Ranch Neighborhood Council sur sa page Facebook signalait cette information le 26 octobre…

    Bien entendu il n’était pas question pour les médias mainstream de placer une ombre malodorante sur la COP21 – du 30 novembre au 11 décembre 2015. Le silence des grands mouvements de défense de l’environnement est plus surprenant. Greenpeace USA (à titre d’exemple) a bien timidement réagi sur son twitter…le 16 novembre https://twitter.com/greenpeaceusa/status/677307294296748033 les groupes locaux ont relayé l’information en janvier…

    Fait étonnant le sénateur Californien Ricardo Lara avait annoncé une proposition au cours des négociations sur le climat (COP21) à Paris pour réduire les émissions de méthane de 40% en 2030, la législation doit être officiellement présenté en ce début d’année.http://www.carbonbrief.org/aliso-canyon-how-bad-is-the-california-gas-leak-disaster

    Un puits de secours destiné à colmater la fuite devrait être prêt fin février ou fin mars http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201512/25/01-4934441-des-milliers-de-californiens-reloges-apres-une-fuite-de-gaz-massive.php. D’ici là quel sera le véritable impact sur l’environnement en Californie? Peu ou pas d’éléments précisément quantifiables dans l’immédiat. Ce que l’on sait c’est que la Californie a connu en 2015 la quatrième année consécutive de sécheresse, la pire enregistrée depuis 120 ans. Douze millions d’arbres y sont déjà morts. Enfin, la plupart des salades, carottes, céleris, artichauts, tomates, brocolis ou asperges consommés aux États-Unis viennent de Californie qui produit aussi 84 % des pêches fraîches du pays et 94 % des prunes. Cette sécheresse pose donc un problème national de sécurité alimentaire.

    Quelle sera l’ampleur de l’empreinte écologique provoquée par la conjonction de ces deux phénomènes?


  8. Spectre Le 10 janvier 2016 à 14h08
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    Bizarrement, les médias orthodoxes, pourtant si friands de catastrophisme et d’“images fortes,” sont moins diserts sur les catastrophes écologiques comme les incendies en Indonésie (http://www.europe1.fr/international/indonesie-la-foret-part-en-fumee-une-catastrophe-ecologique-2567491) ou la gigantesque coulée de boue toxique au Brésil : http://www.reporterre.net/Catastrophe-ecologique-au-Bresil-le-littoral-frappe-par-la-coulee-de-boue

    Mais bon, il faut dire que tout ça, c’était avant la COP21. Depuis, Super Fabius a sauvé l’Humanité en tapant la table avec son petit marteau vert. Du bon boulot !


  9. woiliwoilou Le 10 janvier 2016 à 14h20
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    syndrome du Titanic

    L’états-unien se croit tellement supérieur qu’il ne pouvait pas imaginer qu’une telle catastrophe pouvait arriver !
    sinon, il aurait peut être réfléchi à la procédure pour stopper la fuite au moment d’utiliser ces puits asséchés pour y stocker du méthane…


  10. Emery Le 10 janvier 2016 à 14h36
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    La Californie n’est pas sortie de l’auberge. Entre incendies, sècheresses à répétition, risques de tremblements de terre et maintenant accidents industriels ce sont les habitants de Bel Air et de Beverly Hills qui commencent à râler. Eh oui ! Le gaz comme la sècheresse ne connait pas de frontières et se fout complètement des grilles et autres murs.


  11. milou Le 10 janvier 2016 à 17h39
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    Il se passe la même chose au dessus de la Sibérie. Le permafrost fond, et, libère des quantités énormes de méthane.


    • Chris Le 10 janvier 2016 à 18h40
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      Pas seulement le Permafrost, mais aussi des éruptions spontanées de geysers gazeux.


  12. Macarel Le 10 janvier 2016 à 23h16
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    Cartes qui montrent les anomalies chaudes dans l’arctique, il s’agit des anomalies de températures vers 1500m d’altitude

    http://www.meteociel.fr/modeles/arpegee_cartes.php?ech=6&code=0&mode=15&mode3h=&runpara=&carte=1

    A échéance 72h c’est à dire pour mercredi 13 l’on constate des anomalies jusqu’à +20°C à l’ouest du Groenland, et de +16°C dans le nord de la Sibérie.

    L’arctique se réchauffe nettement plus vite que le reste de l’hémisphère nord.


  13. theuric Le 10 janvier 2016 à 23h18
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    Bon, allez, j’y vais, certaines précisions doivent être apportées.
    La sècheresse californienne vient naturellement de l’épuisement des nappes phréatique de cet état.
    Les arbres pompent l’eau de ces nappes par les racines pivots allant en profondeur, ce qui facilite l’arrivée de la pluie par les effets conjugué du ralentissement des vents dû à la végétation, du refroidissement de l’air due à l’évaporation des arbres, évaporation qui elle-même va mener au renforcement du ralentissement du vent par les mouvements d’air créé et un accroissement de l’humidité de l’air.
    Enfin, je crois avoir fait le tour.
    Il me semble qu’en Espagne et au Liban les causes en furent la simple coupe du bois pour fabriquer les navires, mais les effets en furent les mêmes.
    Ensuite il faudra attendre longtemps, 100 000 ans, ou plus, pour que les régions reviennent à leur état d’avant, nous avons le temps de voir nos barbes griser.
    Bon, maintenant, parlons de ce fameux réchauffement et du pet des vaches, prout!
    Au XIX° les explorateurs racontaient qu’il fallait attendre, dans les Amériques, de nombreux jours pour voir passer tous les bisons d’un troupeau, d’autres en Afrique disaient la même chose au sujet des gnous et des zèbres, sans compter les éléphants, les buffles. les rhinocéros qui y vivaient par myriades.
    Sûrement que la même chose devait avoir exister dans les plaines européennes.
    Faites le décompte des pets et des rots que cela devait générer.
    Quand au réchauffement du permafrosts, dont il n’est fait mention que quand du méthane s’en réchappe mais jamais quand il se refroidit.
    Alors, la question à cent balle dont personne ne peut avoir de réponse mais aussi que personne ne semble vouloir se poser:
    Quel était son état lors de l’optimum climatique médiéval?
    Qui a duré du X° au XIV° siècle, soit environ quatre cents ans, qui vit le Groenland verdir, tout de même.
    Y a-t-il une discutions la-dessus?
    Non.
    Mais surtout, ces question ne gênent absolument personne.


  14. Macarel Le 10 janvier 2016 à 23h28
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    L’écopsychologie

    Ce matin sur France Culture

    http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5128011


  15. pepeben Le 11 janvier 2016 à 09h32
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    Nous devrions attaquer les Etats-Unis pour pollution planétaire et leur envoyer une facture a coup de milliards comme ils le font sur plein d’autres sujets….


  16. Alae Le 12 janvier 2016 à 21h05
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    Vive le secteur privé et son obsession du profit !

    La fuite de gaz du réservoir de SoCalGas de Californie était repérée… depuis 24 ans. La maintenance ou les réparations ne rapportant rien, aucune mesure n’avait été prise.
    http://www.zerohedge.com/news/2016-01-12/company-behind-las-methane-disaster-knew-its-well-was-leaking-24-years-ago


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