Source : La tribune, Romaric Godin, 27/11/2015

L’économie grecque s’est contractée de 0,9 % au troisième trimestre. (Crédits : Reuters)

Le chiffre révisé du PIB hellénique entre juillet et septembre a mis en lumière une contraction de 0,9 %, au lieu des 0,5 % annoncés d’abord. Tous les signaux sont au rouge, notamment le tourisme et la consommation.

Voici deux semaines, la publication « flash » de l’évolution du PIB grec pour le troisième trimestre avait surpris les observateurs. La baisse annoncée, -0,5 % sur un trimestre, semblait particulièrement faible au regard des événements de ce trimestre. Rappelons qu’un contrôle des capitaux a été mis en place le 28 juin avec une restriction des retraits de liquide aux guichets. Les banques ont également été fermées pendant trois semaines et, durant le mois de juillet, les transferts financiers entre la Grèce et le reste du monde ont été quasiment stoppés.

En réalité, la contraction de la richesse grecque était évidemment plus prononcée. L’office des Statistiques helléniques, Elstat, l’a, ce vendredi 27 novembre, revu à la baisse « en prenant en compte des données inconnues lors de la première estimation. » On est, cette fois, sur un chiffre proche des estimations des économistes (- 1 %). Le tableau de la situation économique du pays est, partant, fort inquiétant. D’autant que la croissance du deuxième trimestre a également été révisée à la baisse de 0,4 % à 0,3 %.

Tous les signaux au rouge

Pour retrouver une contraction supérieure à ces 0,9 %, il faut remonter au premier trimestre 2013 (-1,8 %). Le niveau de PIB du troisième trimestre 2015 est inférieur de 1,1 % à celui du troisième trimestre 2014. En euros de 2010, le PIB de ce troisième trimestre est le plus faible enregistré depuis le deuxième trimestre 2014. Reste évidemment que tous les indicateurs de l’économie grecque sont au rouge. La consommation des ménages affichent un recul de 0,8 % sur un trimestre qui semble presque modéré au vue des conditions dans lesquelles les Grecs ont dû vivre en juillet.

L’investissement recule de 9,5 %, l’investissement productif de 7 %. Et si le commerce extérieur a apporté une contribution positive à la croissance, c’est surtout parce que la mise à l’arrêt de l’économie a fait s’effondrer les importations (-16,9 % sur le trimestre). Mais les exportations sont en forte baisse (-7,1 %), particulièrement les exportations de services qui ont reculé de 16,1 %. Ceci est très préoccupant, car elle souligne l’impact de la crise en pleine saison sur le secteur touristique qui pèse pour près de 18 % du PIB grec.

Rares éléments positifs

Reste qu’il existe quelques rares éléments positifs. D’abord, malgré le contrôle des capitaux, la baisse des investissements a ralenti au troisième trimestre de près de moitié. Entre mars et juin, le recul des investissements avait atteint 18,8 % sur un trimestre. Il a été, de juillet à septembre, de 9,5 %. Ceci est également vrai dans le seul domaine des investissements productifs qui ont reculé de 7 % contre 8,9 % au deuxième trimestre. Evidemment, c’est une très faible consolation tant les baisses sont marquées. Autre élément positif : les exportations de biens ont continué à progresser, malgré les conditions, de 1,5 % au troisième trimestre. Mais ce poste reste trop peu significatif pour peser sur la conjoncture.

Quelle responsabilité ?

Reste, enfin, la question de la responsabilité de ce désastre. La version officielle et largement admise à présent par les observateurs est de faire porter cette responsabilité au gouvernement grec coupable d’un « fol entêtement » face aux créanciers. Ce scénario permet d’épargner à bon compte toute culpabilité aux Etats créanciers et à la BCE. La réalité peut cependant être un peu plus nuancée. Le gouvernement grec a cherché à construire pendant des mois un compromis prenant en compte des éléments de son programme électoral. Ce compromis a été systématiquement rejeté. Les créanciers ont joué sur la faiblesse du système bancaire grec pour faire céder les autorités de ce pays. Quel qu’en soit le prix pour l’économie hellénique. C’est aussi cette stratégie qui a conduit au désastre décrit par Elstat. Car, non seulement cet affaiblissement du système bancaire a conduit au contrôle des capitaux, mais la capitulation du gouvernement grec le 13 juillet a laissé présager avec raison une nouvelle vague d’austérité sévère, ce qui n’est pas réellement de nature à favoriser l’investissement.

Stabilité sur trois mois

Et maintenant ? Si l’on cumule les PIB des trois premiers trimestres de l’année, compte tenu d’un deuxième trimestre bien meilleur en 2015 qu’en 2014 (+0,3 % contre -0,3 %), le PIB grec affiche en volume encore une légère croissance de 0,07 %. Il est possible d’espérer que la contraction sera inférieure aux prévisions de la Commission européenne (-1,4 %) et du mémorandum (-2,3 %). Le dernier trimestre sera déterminant de ce point de ce point de vue. Il jouera sur un effet de base plutôt positif, car le dernier trimestre de 2014 avait été faible (-0,5 % sur un trimestre), mais la sévérité des mesures mises en place par le gouvernement en octobre et novembre laisse présager d’un mauvais trimestre.

Programme chargé pour Alexis Tsipras

Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, peut cependant espérer que la recapitalisation des banques qui aura lieu dans les semaines à venir, conduise à une stabilisation de la situation. D’autant que, une fois cette mesure prise, la BCE pourrait accorder à la Grèce une dérogation pour la faire entrer dans son programme de rachat d’actifs publics (« QE »), deux éléments qui pourrait permettre une levée des restrictions de retraits de fonds et de circulation des capitaux. Mais le poids des « réformes » risque d’être considérable, notamment celle des retraites.

Car les créanciers demeurent très exigeants. Ce vendredi 27 septembre, l’Euro working group, le groupe de travail de l’Eurogroupe a publié 13 mesures à prendre avant le 11 décembre pour toucher la dernière tranche de la première partie du prêt du MES, soit un milliard d’euros. On y trouve la volonté de faire passer une nouvelle grille salariale dans le privé et le lancement de nouvelles privatisations pour commencer à alimenter le fameux fonds de privatisations de 50 milliards d’euros. Viendra ensuite, en décembre, la réforme, sûrement très douloureuse, du système de retraite. L’économie grecque sera donc encore mise à rude épreuve dans les prochains mois.

Source : La tribune, Romaric Godin, 27/11/2015

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37 réponses à Grèce : l’économie s’est effondrée au troisième trimestre

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 03 décembre 2015 à 06h17

La dette US est dans leur propre monnaie. La FED (privée) peut créer des dollars (“ceci vaut x trilliards”) et les fournir au Trésor US (public) qui peut alors payer ses créanciers (coupons et obligations à maturité : “je vous dois x trilliards”). On voit l’intérêt pour la FED/BCE d’investir (corruption) pour avoir des politiciens qui feront des budgets déficitaires, forçant les Etats à emprunter.

En plus de ce privilège exorbitant de création monétaire, la FED (privée) a un deuxième privilège exorbitant : le choix des taux d’intérêts que le Trésor devra payer sur cette création ex nihilo. Ce choix du taux d’intérêt serait intéressant à étudier : en fonction de l’inflation/déflation (version officielle), ou bien en fonction du maximum de pression fiscale que le Trésor peut mettre sur le contribuable sans qu’il y ait de révolution, permettant une mise en servage progressive des populations, en attendant les chaînes : la disparition de l’argent liquide?

  1. triari Le 03 décembre 2015 à 02h29
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    Quand on lis certains commentaires publiés en-dessous des textes de Godin, on se dit une chose : il serait bon que les français subissent un peu ce que subissent les grecs, histoire d’espérer qu’ils arrêtent de dire des bêtises.


    • jp Le 03 décembre 2015 à 03h52
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      “il serait bon que les français subissent un peu ce que subissent les grecs” non merci !
      Des étudiantes grecques se prostituent maintenant pour un sandwich ou 2 € :
      http://www.liberation.fr/planete/2015/12/02/en-grece-une-passe-pour-le-prix-d-un-sandwich_1417818
      https://www.washingtonpost.com/world/young-greek-women-selling-sex-for-the-price-of-a-sandwich-new-study-shows/2015/11/27/c469695e-94d9-11e5-b5e4-279b4501e8a6_story.html


      • Greco Le 03 décembre 2015 à 14h33
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        -Ne prenez pas au sérieux de tels bêtises, le professeur de Sociologie à Athènes Lazos a déjà démenti à la télé, de dire de tels bêtises : ça plait à Libé etc. mais c’est loin de la réalité. Ça me fait penser à une bêtise que j’avais lu le 2012 que 50% des étudiantes en France aimeraient à se prostituer !!! Source un journal gratuit…
        -En ce qui concerne le travail non rémunéré, c’est plus compliqué : le 1/3 des sociétés ne payent pas les salaires, ou ils le payent avec 2-3 mois de retard. Avec le droit du travail inexistant, si l’employé quitte son boulot et porte plainte, il lui faut 2-3 ans pour la décision finale de la justice, un bon avocat, mais il ne peut pas s’inscrire comme chômeur parce que c’est lui qui a démissionné !!!!!
        Connaissant Grigoris Lazos je lui conseillerais de porter plainte contre cette « journaliste » de Libé, ça suffit ses mensonges et pseudo reportages à Athènes, qui au début font rire mais, il y a encore de Français qui lisent Libération et s’informent par un sorte de Quatremer au féminin.


      • triari Le 03 décembre 2015 à 19h48
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        @ jp

        Il y a des gens en France qui estiment qu’il est normal que les grecs subissent ce qu’ils subissent…il serait bon dans ce cas qu’ils goûtent un peu la cuisine qu’ils font bouffer aux hellènes toute l’année.

        Des filles se prostituent…et alors ? Vous pensez que c’est nouveau ? Allez faire un tour en Suisse, à Bâle, vous verrez dans certaines rues plein de prostituées françaises, des mères de famille qui n’ont plus les moyens de s’occuper de leurs enfants…ça a déjà commencé.

        Les allemands doivent trépigner de joie en voyant ces françaises, ces italiennes, ces slaves ou ces grecques venir dans leur bordels : c’est une sorte de revanche pour 1945, offerte par Merkel, de leur point de vue.

        Désolé si ce que je dis vous apparaît comme cru, voir cruel, mais, que voulez-vous ? C’est aussi ça l’Union Européenne ! C’est ça l’avenir enchanté qui nous était promis. C’est ça une europe dominée par l’allemagne (interrogez vos grands-parents).


    • gil Le 03 décembre 2015 à 09h55
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      Bonjour

      ça va venir n’en doutez pas.

      Cordialement


    • Kaiel Le 03 décembre 2015 à 22h47
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      Je ne sais pas où vous en êtes mais mon ménage a fait une chute de 70% de ses revenus en 1 an. Je pense déjà subir ce que vivent les Grecs. Pour nous c’est resto du coeur, multiples dossiers à remplir auprès de la CAF, la CPAM, ¨Pole-emploi, la mutuelle. Tout ça n’a aucun sens, cette complexité engendre colère, frustration, dépression et surtout vide de sens l’existence de millions de personnes.Je ne peux pas m’empêcher de penser à François Roddier : ” les systèmes dissipatifs s’organisent pour maximiser leurs dépenses d’énergie.” et ça jusqu’à la mort des dit systèmes…

      Je peux vous assurer qu’en l’espace de 2ans les administrations se sont vraiment durcies. En fait même elles débloquent dures, nous recevons parfois des courriers disant exactement le contraire le même jour.

      Sinon : http://www.pauljorion.com/blog/2015/12/03/la-science-economique-pour-les-nuls-par-roberto-boulant/
      Le graphique le plus clair que j’ai vu depuis longtemps.


      • julie Le 04 décembre 2015 à 07h11
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        je confirme: le nombre de commerces qui ferment en France est tout à fait visible, y compris à Paris


  2. Charles Le 03 décembre 2015 à 03h50
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    Un commentaire non pas sur la Grèce, mais sur l’auteur de cet article, que j’avais déjà lu dans la Tribune. Romaric Gaudin, que j’ai découvert dans La Tribune, est décidément un journaliste sérieux: travailleur et sans parti pris pour les parasites et leurs serviteurs. C’est si rare, il faut l’applaudir.
    Je recommande aussi ses articles sur le Portugal, que je connais mieux et qui sont aussi informatifs. Le dernier que j’ai mis de côté:
    Portugal: les défis du nouveau gouvernement d’Antonio Costa
    http://wp.me/p5oNrG-gIf


    • anne jordan Le 03 décembre 2015 à 23h09
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      http://www.democratie-socialisme.fr/spip.php?article3733

      sur le Portugal , aussi .
      A propos de la Grèce :
      pas de réactions au sujet des 3 milliards filés au gouvernement turc ?
      ils doivent dégueuler leur moussaka , nos amis héllènes , non ?
      Au sujet de l’U.E , je vous conseille de regarder ” Ocupied “* qui passe sur Arte .
      Je craignais une immonde série de propagande anti russe , pro écolo ,etc ..
      Ce n’est pas du tout aussi manichéen : ce soir , on a vu un commissaire européen , nommé Pierre( ! ) , joué par Hyppolite Girardot
      qui répond au Premier Ministre norvégien , que son référendum sur la production de pétrole ne changera rien , que la Chancelière a déjà décidé que , etc … plus des attentats , des mensonges politiques , etc …
      Etonnant , non ?

      * d’après un scénario de Jo Nesbö , excellent auteur de polars .


  3. Pascalcs Le 03 décembre 2015 à 05h25
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    La dette américaine s’est alourdie de 700 milliards de dollars au seul mois de novembre 2015….Et on tape sur les Grecs….


    • Kiwixar Le 03 décembre 2015 à 06h17
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      La dette US est dans leur propre monnaie. La FED (privée) peut créer des dollars (“ceci vaut x trilliards”) et les fournir au Trésor US (public) qui peut alors payer ses créanciers (coupons et obligations à maturité : “je vous dois x trilliards”). On voit l’intérêt pour la FED/BCE d’investir (corruption) pour avoir des politiciens qui feront des budgets déficitaires, forçant les Etats à emprunter.

      En plus de ce privilège exorbitant de création monétaire, la FED (privée) a un deuxième privilège exorbitant : le choix des taux d’intérêts que le Trésor devra payer sur cette création ex nihilo. Ce choix du taux d’intérêt serait intéressant à étudier : en fonction de l’inflation/déflation (version officielle), ou bien en fonction du maximum de pression fiscale que le Trésor peut mettre sur le contribuable sans qu’il y ait de révolution, permettant une mise en servage progressive des populations, en attendant les chaînes : la disparition de l’argent liquide?


      • Pascalcs Le 03 décembre 2015 à 07h01
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        Absolument. Ma remarque première tenait à mettre en perspective la gestion du gouvernement grec souvent décriée par son laxisme en comparaison avec la très serieuse administration américaine. La boussole de nos élites. Et je ne parle bien entendu que de l’accroissement de la seule dette fédérale dans mon intervention.


      • Eric83 Le 03 décembre 2015 à 11h01
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        Bonjour Kiwixar, ci-joint un lien vers le meilleur site que je connaisse pour comprendre le système financier qui dirige le monde, au 1er rang duquel nous trouvons les banques centrales, BCE, BOJ, BOE… et en haut de la pyramide, la Fed.

        http://brunobertez.com/2015/12/01/a-propos-de-la-future-hausse-des-taux-comprendre-le-nouveau-systeme-financier/


        • Kiwixar Le 03 décembre 2015 à 20h45
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          Merci, je vais potasser ça. Le sujet des “banques centrales indépendantes” (du citoyen, donc dépendantes de quelques mains privées, les 0.00001%) est crucial pour la compréhension de qui tire les ficelles et profite de toutes ces guerres. Peut-être plus important que les hydrocarbures ou les religions. Pas étonnant que la première grande boucherie (1914-1918) arrive juste après la création de la FED (1913).

          Pour le moment, la Russie a toujours une banque centrale “indépendante” de type occidental, c’est peut-être la ligne rouge à ne pas franchir (casus belli).


  4. Judith Le 03 décembre 2015 à 08h05
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    la conso s’est effondrée en Grèce ? sans blague? les nababs grecs munis de leur retraite à 200 euros, ou les salariés trop payés à 500 euros, ne sont pas suffisamment citoyens! c’est une honte!
    à moins que..il y ait une bonne raison..

    Sandwich grec

    le “Quotidien des Rédacteurs” daté du 23 novembre, évoque cette “pandémie alors typique”, s’agissant de la généralisation en Grèce du travail… non-payé.
    qu’est-ce qui fait que 1,2 million de travailleurs lesquels ne sont pas rémunérés par leurs patrons, continuent-ils pourtant à offrir leur travail tous les jours? Car le travail non rémunéré, est devenu la nouvelle norme, comme il incarne probablement la rupture alors la plus profonde vis-à-vis du monde, tel que nous le connaissions depuis bien de décennies: la main-d’œuvre ainsi disposée par un employé, reçoit un salaire en retour”.
    Il faut dire aussi que non seulement il n’y a aucune révolte face au chômage, pis encore, on trouve normal de ne pas être payé lorsqu’on travaille.” “Le chiffre semble irréaliste: les travailleurs non rémunérés sont de l’ordre d’un million (1.000.000), selon le ministère du Travail, ou de 1.200.000, d’après l’Institut du travail de la Confédération des Travailleurs Grecs (GSEE). Ainsi, les deux tiers parmi ceux qui ont encore un emploi dans le secteur privé, subissent un retard de paiement de leur salaire. Deux patrons sur trois pratiquent ainsi ce ‘non paiement’ sur le dos de leurs salariés. En Grèce, être payé avec un retard d’un mois n’est plus considéré comme un vrai report, le temps de retard moyen constaté quant au non versement des salaires avoisine actuellement les cinq mois, et dans certains cas, les patrons n’ont pas rémunéré leurs salariés depuis plus de deux ans.”
    “Ce ‘phénomène’ ne concerne plus uniquement le secteur privé, mais il se propage souvent au sein des entreprises du secteur public au sens large, et autant, dans les entreprises appartenant, ou œuvrant, pour le compte des collectivités territoriales.
    il y une autre catégorie de travailleurs non rémunérés, celle des employés dits ‘en période d’essai’, ils sont traités comme étant… jetables par les employeurs, car ils sont immédiatement remplacés après la période d’essai, sans recevoir la moindre indemnité”.
    “Ces travailleurs sont les esclaves modernes… supportant stoïquement leur condition, et participant pour l’essentiel du ‘sauvetage’ de leurs entreprises, déjà, pour éviter comme ils le pensent, la perte définitive de leurs postes d’emplois. Et alors, ils ‘subventionner’ ainsi leurs entreprises… au plus grand profit du capital”.
    lire la suite ici
    http://www.greekcrisis.fr/2015/11/Fr0479.html#deb


    • Tof Le 03 décembre 2015 à 09h26
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      Pour avoir vécu une situation un peu similaire au sein d’une tpe française, je confirme la complexité des choix qui se présente à ces travailleurs.
      1- le premier mois c’est un salaire qui n’est pas honoré faute de fonds et souvent consécutivement à une diminution de l’activité ou une augmentation des charges de l’entreprise ou les deux.les salariés sont alors pris au piège d’un système pervers qui ne prend fin qu’au dépôt de bilan officiel de la société.
      Qui d’entre nous démissionnerait alors qu’on lui doit un salaire et que le marché du travail est bloqué ?
      2-un semblant de dialogue s’installe entre l’employeur et les salariés, ça râle ça menace ca promet mais ça continue à travailler ,dans là mesure où travail il y a, conscient que c’est le seul moyen de se voir payer le futur et l’arriéré et de protéger le job.
      3- les mois passent, la situation financière se dégrade tant côté salariés que société, on vie d’entraide et de petites magouilles on se sent presque honteux de revendiquer des salaires équivalent aux périodes de forte activité on connais l issu mais on s’y refuse, le chômage , l’inconnu et l’isolement font peur plus encore que les journées passées au sein de l’entreprise avec des collègues de travail devenu une deuxième famille dans l’adversité .
      4-on y est ce qu’il fallait faire à été fait la société sauf miracle dépose le bilan et dans le meilleur des cas c’est parti pour des mois de galère à justifier de qui doit quoi à qui au liquidateur.
      Dans notre cas le fngs a pris le relais mais en Grèce le fngs???


      • Wilmotte Karim Le 03 décembre 2015 à 23h18
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        Au risque de dire une bêtise mais… la grève n’est-elle pas une solution?
        De toute façon, vous n’êtes pas payé, donc rien à perdre.


    • Viriato Le 03 décembre 2015 à 14h51
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      On y vient aussi en France. Et peu de gens l’auront vu arriver. Depuis quelques années, on met insidieusement dans la tête de nos jeunes qu’il est possible de travailler sans être payé : stages scolaires, stages en entreprise, stages de formation etc. Combien d’entreprises emploient aujourd’hui des stagiaires qu’elles ne payent pas ? Essayez donc de dire à nos jeunes “tout travail mérite salaire”. D’ailleurs l’expression est démodée. Signe des temps !
      A titre de comparaison, j’ai eu l’occasion il y a 35 ans de défendre un adolescent qui avait travaillé deux mois en été et n’avait pas été rémunéré sous prétexte que son “employeur” l’avait formé. L’employeur-voyou a été immédiatement et fortement condamné. Aujourd’hui, je vois autour de moi d’innombrables gamins qui enchaînent des stages en entreprise, parfois très longs, uniquement dans l’espoir de décrocher un contrat en alternance. Ces enfant travaillent mais ne touchent pas le moindre centime de la part d’employeurs totalement indignes. Allez ensuite leur faire la morale et leur expliquer qu’il ne faut pas profiter des aides sociales !
      Notre société est mûre pour tous les excès.


    • Krystyna Hawrot Le 03 décembre 2015 à 15h27
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      On peut aussi dire qu’avec 1 million de stagiaires dont des dizaines de milliers de bac plus 5 le travail gratuit est aussi fort répandu en France depuis des années…


      • Nico 13 Le 03 décembre 2015 à 17h12
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        Mais de toute façon, c’était obligé que notre société exclue de plus en plus de personnes sur le marché du travail.
        On a de moins en moins besoin de l’être humain pour produire et, à contrario, la population continue d’augmenter au global.

        Les pays qui se vantent d’un faible taux de chômage sont ceux qui ont mis en place des contrats ultra précaires et/ou qui faussent leurs stats.
        Il n’y a aucun secret.

        Les dirigeants sont tellement possédés par l’idéologie du travail et de la croissance qu’ils sont prêts à tout pour mentir et se maintenir au pouvoir.
        Regardez aux USA comme on nous annonce fièrement un taux de chômage de 5 %.
        Bah oui, mais comment ça se fait qu’il soit aussi bas alors que le taux d’emploi est lui aussi à son plus bas niveau ?

        Pour revenir à la situation de la Grèce, c’était obligé que l’économie se contracte.
        Jamais ils ne pourront rembourser et ce n’est certainement pas en ajoutant de la dette à la dette à chaque fois qu’ils s’en sortiront.
        Mais vu que certains se gavent d’intérêts, bah ça continue.

        En parlant de la Grèce, il y a un autre pays dont la situation pourrait bien explosée.
        Il s’agit de la Finlande.
        La dette n’a fait qu’augmenter ces 4 dernières années et le gouvernement actuel veut mettre en place des réformes “structurelles”.
        Problème, le peuple ne veut pas.


  5. Patrick Luder Le 03 décembre 2015 à 08h21
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    “la recapitalisation des banques qui aura lieu dans les semaines à venir”

    Réfléchir à tout problème économique par de l’endettement supplémentaire est une hérésie. La recapitalisation des banques grecques ne changera pas l’économie du pays. Le pays doit compter en premier lieu sur son économie intérieure (avec le tourisme), remettre l’économie souterraine à jour et refaire circuler les liquidités disponibles.


    • yann Le 03 décembre 2015 à 11h04
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      Vous avez raison sauf que pour cela il faut qu’ils remettent en cause de libre-échange et l’euro. Ce sont malheureusement les deux piliers fondamentaux des classes sociales dominantes comme sur le reste du continent. La crise grecque c’est la crise de la mondialisation qui frappe plus durement les pays les plus faibles mais qui produit partout chômage, précarité et déséquilibres commerciaux. Tant que les politiciens grecques ou autres continueront à favoriser ces politiques ils n’y aura aucune solution et la crise s’aggravera jusqu’à ce que nous soyons tous morts comme disait Keynes. Il faut faire tomber les tabous libéraux hérité des années 70-80 si l’on veut résoudre ces crises.


  6. Alain Le 03 décembre 2015 à 09h23
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    Et en plus l’UE veut leur mettre sur le dos l’accueil et l’hébergement de tous les réfugiés venant de Turquie sous peine de les exclure de Shengen ! Avec des amis comme l’UE, plus besoin d’ennemis ! Quand comprendront-ils qu’ils sont condamnés à perpette et que leur salut ne peut venir que d’une évasion !


    • jules Le 03 décembre 2015 à 10h40
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      Une évasion où ? Sur la planète Mars ?


      • Perekop Le 03 décembre 2015 à 13h54
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        Une évasion vers la Russie et les diverses organisations créées récemment (Shanghaï, Banque des BRICS, etc), il n’y a aucune autre alternative. Paralyser définitivement la Grèce en l’inondant de migrants, histoire de lui créer encore de nouveaux et très graves problèmes, ça fait probablement “partie du plan” de ces fameux grands organisateurs de l’ombre et autres Etats profonds dont l’existence est désormais indéniable.
        Pauvres Grecs, ils ont bel et bien été trahis comme rarement peuple l’aura été.


        • Krystyna Hawrot Le 03 décembre 2015 à 15h35
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          Et pour cela, Tsipras hélas n’a pas le courage nécessaire pour commencer à travailler avec l’Organisation de Shanghai. Il est un gestionnaire de la misère.Hier je suis allée voir les courts métrages grecs “Voyage en Grèce en temps de crise” avec le magnifique spectacle de poèmes d’Anastasia Politi, une artiste qui avait été fondatrice de Syriza à Paris, avant la crise.

          Les films sont très très forts… le frigo vide, les suicides, la perte du logement… un père de famille qui se fait homme de main de Aube Dorée juste pouvoir donner à manger à ses enfants… les hommes touchés dans leur identité, les femmes qui continuent d’espérer, de croire, de se battre, les jeunes qui se battent dans la rue contre la police…

          Un panorama très sombre. Malgré le fait que le présentateur du débat, journaliste à l’Humanité dimanche, défendait le bilan de Tsipras, comme quoi il y avait quelques filets sociaux qui font que c’est moins pire qu’en 2012… les Français présents dans la salle étaient dubitatif. Indubitablement on attend autre chose d’un parti communiste que la gestion de la misère générée par le capitalisme et l’impérialisme de l’UE. On sentait dans le débat qu’on s’interroge aussi sur la France. Si même les partis d’extrême gauche ont renoncé à changer le système, comment ne pas être désespéré?

          http://www.humanite.fr/voyage-en-grece-par-temps-de-crise-au-cinema-le-st-andre-des-arts-591295


      • K Le 03 décembre 2015 à 20h15
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        Non pas une évasion vers Mars ni vers la Russie mais une évasion vers la liberté. C’est à dire ne se soumettre à aucun pouvoir supranational et entretenir de bonnes relations diplomatiques avec tous les pays qui ne menacent pas.
        C’est comme lorsque l’on propose que la France quitte l’OTAN, on trouve toujours un contradicteur qui s’inquiète de savoir si, en conséquence, la France va s’adosser à la Russie. Comme si la France était obligée de choisir avec son patron. La France peut être son propre patron, la Grèce également.
        Si après l’évasion l’UE essaye de mettre la tête du fugitif sous l’eau, nous trouverons des alliés de circonstance pour tenir le rapport de force.


    • Eric83 Le 03 décembre 2015 à 11h16
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      Je crois que si nos gouvernants voulaient faire imploser l’UE et ouvrir des conflits – pas seulement diplomatiques – entre membre de l’UE, ils ne s’y prendraient pas autrement.

      Le peuple Grec est exsangue et en plus, l’UE charge la Grèce d’une mission qu’elle n’a ni les moyens humains ni les moyens financiers de remplir en étant la terre de premier accueil des réfugiés, exilés, migrants…

      Les digues sont en train de lâcher du fait de l’incapacité et de l’inconséquence de nos gouvernants et une fois de plus, ce sont les peuples – au premier rang, le peuple Grec – qui vont en payer l’addition…et l’addition sera très, très élevée.

      Comme le dit C. Sannat, préparez-vous, il est déjà trop tard !


    • Joséphine Le 03 décembre 2015 à 13h31
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      Et j’irais plus loin: l’UE exige des grecs ce qu’elle leur empêche de faire par ailleurs: financer l’accueil des réfugiés. Avec quels moyens la Grêce est telle en capacité de faire face aux flux de migrants?


  7. Ardéchoix Le 03 décembre 2015 à 11h11
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    La mécanique du système financier européen se grippe à cause de la Graisse ?
    Une solution la boite à outils . Désolé


  8. Pierre Davoust Le 03 décembre 2015 à 14h07
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    Il y a au moins quelque chose qui marche bien en Grèce, c’est la prostitution… Enfin, pas qu’en Grèce, comme avatar de la pauvreté et du fonctionnement criminel du capitalisme…
    Peut-être y aurait-il urgence en l’état ?


    • Furax Le 03 décembre 2015 à 14h57
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      Pouvez-vous nous expliquer le lien de causalité entre le fonctionnement selon vous criminel du capitalisme et la crise en Grèce ?

      La fraude aux comptes de Goldman Sachs dont personne n’était dupe (ni le gouvernement grec, ni l’Allemagne, ni la France, ni la Commission européenne, ni le peuple grec qui savait très bien l’ampleur de l’économie souterraine et de la fraude fiscale) ? Mais ce maquillage des comptes n’a pas créé le problème. Il a juste repoussé l’échéance d’éclatement de la crise.


  9. Tof Le 03 décembre 2015 à 14h24
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    Et je vous parle pas des tpe et autres artisans et auto entrepreneurs dont nous faisons partie mon épouse et moi même (décidément c’est le jour je balance ma vie ).
    Alors les artisans, voleurs,pleins aux as, du black plein les poches, des grosses bagnoles sur le compte des clients, hummm!!!
    Pas tout à fait en fait,une couverture sociale de merde mais obligatoire, des heures de boulot que le Medef rêve de pouvoir appliquer à tous les salariés de France , salaire en fonction des rentrées financières (mieux vaut être prévoyant ), gestionnaires et commercial à mi temps (12h par jour ) congés selon les chantiers (faut faire rentrer la tune pour payer les salaires, les impôts et autres charges diverses et variées )
    Des soucis que même dans tes pires cauchemars tu peux pas imaginer, des clients qui payent quand ça les arranges, des banquiers solidaires mais dans tes rêves et la meilleure pour la fin si tu te plante ta droit à tes yeux pour pleurer si t’es créanciers les ont pas demandés en caution.
    Sinon c’est sympa faut essayer.


    • Furax Le 03 décembre 2015 à 20h09
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      Un rappel salutaire de la part d’un de ceux qui font tourner la baraque, qui portent plus de risques que les autres, et auxquels des inconscients reprochent que leur situation ne soit pas aussi bonne qu’ils le souhaiteraient.

      Dans de telles conditions, il ne faut pas s’etonner qu les patrons de TPE/PME renâclent autant à embaucher en CDI.

      Apres tout, l?esclavage a été aboli. Il ne peut pas plus y avoir d’employeurs esclaves obligés de fournir travail et salaires à une population que d’employés esclaves d leur employeur.

      Merci pour votre témoignage en forme de rappel, Tof.


  10. sortezles Le 03 décembre 2015 à 14h59
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    Cette démonstration parait correspondre à un retour à la situation d’avant la loi de 1973 pour la France.
    Mais qu’en est-il pour tous les autres pays qui ont confié la production de leur monnaie aux banques privées ?
    Ces états ont-ils tous eu des présidents, ministres issus des banques Rotschild, Rockfeller, Goldman Sacks, Leihman … ?


  11. theuric Le 03 décembre 2015 à 15h42
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    Les problèmes de la Grèce, les problèmes des grecs sont à placer dans leur contexte et, ici, celui-ci n’est ni national, ni européen mais bien mondial.
    En fait, ces apprentis sorciers sont en train de détruire l’économie globalisée ou, plutôt, ils en accélèrent le processus.
    Laissons les croire que cette faillite universelle qui vient serait de leur seule faute, ça leur apprendra à considérer les gens, pas seulement grecs, comme moins que de la bidoche.
    Personnellement, j’aime bien les preuves et les signes indirectes, il suffit d’avoir été faire ses courses cet été, surtout après la défaite de Monsieur Tsipras, pour voir les magasins se vider.
    Ils se sont vidés encore plus après le 13 novembre.
    Au jour où les déséquilibres entre les productions monétaires et l’économie réelle s’accroissent de façon vertigineuse, franchement, comment penser que le système puisse perdurer encore longtemps?
    Combien d’entre-nous ne s’est-il pas dit, à l’époque, que ce qu’il s’était passé en Grèce serait la goute d’eau qui, enfin, ferait déborder ce vase délétère?
    Alors, pourquoi cela n’est-il pas survenu et ne survient pas encore?
    Par un effet de surfusion, ces dégradations économiques se font à une vitesse telle, voyez comment le commerce international et le prix des matières premières reculent, que les déséquilibres n’ont pas le temps de s’exprimer.
    Mais cela veut dire une chose: quand les-dits déséquilibres s’exprimeront, soit lorsque la faillite généralisé surviendra, ce sera plus qu’un tsunami monétaire, ce sera plus rapide et destructeur que la déferlante d’un raz-de-marée volcanique, ça risquerait fort de balayer en quelques jours toute l’économie mondialisée, la virtuelle, certes, comme tout autant la réelle.
    Parce que le pire dans tout cela, c’est qu’en plus de faire de la misère des peuples l’aune de ses décisions, cette avide ploutocratie se mène elle-même à sa propre annihilation, se mène elle-même à son futur néant.
    Mais en attendant les gens souffrent de leurs impérities, pour ne pas dire de leurs cruelles sottises.


  12. caroline Porteu Le 03 décembre 2015 à 18h19
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    Merci pour cette synthèse .
    Oui , la loi de 1973 reprise par l’article 123 du Traité de Lisbonne a été le début d’un modèle qui ne peut que conduire à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la Grèce aujourd’hui , et c’est effectivement totalement politique .

    Les pays qui n’ont pas fait cette erreur comme la Chine, ont des programmes d’ajustement qui sont un véritable travail d’orfévrerie , via des stérilisations monétaires ou des assouplissements des coefficients de réserve si nécessaire .

    Le modèle de la dette est un modèle qui ne peut que conduire à la mise en esclavage des peuples qui le subissent .

    Avez vous entendu parler de cette très intéressante proposition qui a lieu en Russie ?:

    Début août de cette année, le projet orthodoxe de création d’argent sans intérêt a reçu un soutien de première importance supplémentaire. Après avoir rencontré Vsevolod Chaplin, pope orthodoxe supérieur chapeautant le projet, Sergei Katyrin, patron de la Chambre du Commerce et de l’Industrie russe, a annoncé, « La Chambre du Commerce et de l’Industrie apporte son soutien à la création du système financier orthodoxe … et, associée aux commissions compétentes de la chambre, est prête à laisser sa tribune pour les discussions approfondies et professionnelles sur ces questions. » La proposition vise à réduire la dépendance de la Russie au système bancaire occidental, condition requise essentielle pour la sécurité économique nationale.

    À la manière des modèles bancaires islamiques qui bannissent l’usure, le système financier orthodoxe n’admettrait pas de droit à des intérêts sur les prêts. Participants au système d’actions à risques, profits et pertes, comportement spéculatif, seraient interdits, ainsi que l’investissement dans le jeu, la drogue et les autres business qui ne respectent pas les valeurs chrétiennes orthodoxes. Il y aurait une nouvelle banque de crédit ou organisme à faible risque qui contrôlerait toutes les transactions, et des fonds d’investissement ou des compagnies où se fourniraient les investisseurs et les médiateurs du financement de projets. Cela permettrait d’éviter explicitement les opérations avec des actifs financiers à risque. D’après le coordinateur orthodoxe du système financier, la priorité serait d’assurer le financement du secteur de l’économie réelle.

    En début des années 1880, sous le tsar Alexandre III et son ministre des Finances Nicolas Bunge, la Russie mit sur pied la Banque Foncière des paysans, afin d’accorder des prêts sans intérêt aux paysans affranchis. Ceux-ci reçurent des terres après avoir été libérés du servage en 1861 par Alexandre II. La Banque Foncière a investi dans la modernisation de l’agriculture russe, les agriculteurs ne payant qu’un petit supplément pour les frais du crédit. Le résultat fut une hausse si spectaculaire de la production de blé et d’autres céréales russes, que la Russie devint la « corbeille à pain » du monde jusqu’au déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Sa production dépassa d’environ 25% celles réunies des USA, d’Argentine et du Canada.

    L’article original sur ces propositions a été écrit par Engdahl
    http://journal-neo.org/2015/11/22/russia-debates-unorthodox-orthodox-financial-alternative/


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