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9.août.20159.8.2015 // Les Crises

Qui comprend l’économie ?, par Romain Treffel

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Romain Treffel est l’auteur des « 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire » (éditions Sonorilon), un recueil de vulgarisation économique dont vous trouverez un extrait ci-dessous, après l’article. Il pose un regard décalé sur l’économie, la science reine de notre temps, où se mêlent en fait, dans sa manière de voir, l’histoire, la philosophie, la sociologie, la psychologie… et beaucoup de bon sens.

Qui comprend l’économie ?

Croissance structurelle ? Désinflation compétitive ? Opérations principales de refinancement ? Anticipations rationnelles ? adaptatives ? Merci Wikipedia ! Quoique… L’économie regorge de concepts à la sonorité technique dont le sens se fixe dans l’esprit comme le sable sur les doigts. De manière croissante, elle use et abuse des mathématiques, à faire pâlir de jalousie la Kabbale. Discipline reine de notre temps, elle est donc paradoxalement fort peu démocratique. Elle a passé la grande majorité des citoyens par-dessus bord, n’étant dès lors plus accessible qu’à une bienheureuse minorité initiée dans de prestigieuses institutions. De surcroît, les privilégiés appartenant à cette minorité croient comprendre, ou feignent souvent de comprendre plus qu’ils ne comprennent réellement, ainsi que l’avance Jacques Sapir en fustigeant « le HEC »[1]. Celui-ci ferait de l’économie la tête dans le guidon, en en appliquant les concepts conventionnels avec toute l’assurance, tout le confort moral et métaphysique de l’orthodoxie. Si lui non plus, lui qui nous éblouit par sa virtuosité théorique et sa souplesse économétrique, ne comprend pas vraiment, alors qui reste-t-il ? Probablement pas grand monde…

Le discours économique : une forteresse symbolique

Dans les démocraties occidentales, indéniablement, le destin collectif est mené à l’aune d’un savoir et de critères dont la population n’a pas (ou plus) la pleine maîtrise. A la télévision, à la radio, dans les journaux, sur Internet, les hommes politiques comme les journalistes dissertent sur des questions économiques à l’aide de concepts et de références invariablement puisés dans le même fonds, un puits ésotérique auquel la parole s’abreuve pour transmuter le langage en un autre langage, et bâtir, certes inconsciemment, une forteresse symbolique séparant les adeptes des exclus. L’adepte brandit le concept économique tel un brevet d’intelligence, mais il s’en sert aussi comme d’une échelle, pour se hisser au-dessus du sens commun, après quoi, parvenu à sa cime embrumée, il donne un grand et fier coup dans l’échelle.

La distance culturelle ainsi instaurée prive non seulement l’exclu de toute capacité critique à l’égard du discours de l’adepte. Elle permet surtout à celui-ci de s’épargner la rigueur du raisonnement et la concrétude des faits, pour se consacrer tout entier au seul charme de sa rhétorique. L’altitude conceptuelle qui le sépare de son public n’est pas tellement différente de celle qui séparait naguère l’homme qui comprenait le latin de celui qui ne le comprenait pas. Les citoyens n’ont étonnamment pas reçu pendant leurs parcours scolaires, comme ils pourraient s’y attendre, le socle des connaissances nécessaires à une participation plus éclairée au débat public. De l’école primaire au lycée, nul cours du tronc commun ne leur donne pleinement les moyens de dissiper la brume qui entoure les notions économiques, si bien qu’ils se font de la matière une humble conception ; ils la mettent sur un piédestal, celui de l’intelligence et de la technique, de la science et de l’expertise.

Économie = science et politique = économie, donc politique = science

Dans son costume faisant fonction de blouse blanche, l’économiste passe en effet pour un expert dont la légitimité repose sur un savoir scientifique spécialisé. Sanctionnée par un diplôme et raffermie par une expérience professionnelle (idéalement dans une banque), sa compétence lui confère une position d’autorité et enveloppe son discours d’un halo magique protecteur. Tout l’arsenal symbolique voué à asseoir sa vocation de scientifique réussit ainsi à occulter l’absence de consensus sur la scientificité revendiquée de l’économie – y compris, et surtout, au sein même de la profession. Or, si le débat agite aussi les premiers concernés, c’est bien que la question est pertinente, et sa réponse cruciale du point de vue de l’intérêt collectif.

Effectivement, dénier à l’économie la qualité de science, c’est retirer aux critères principaux de la décision politique leur caution d’objectivité ; c’est affirmer l’existence, derrière toute option économique, d’un choix politique forcément subjectif, en tant qu’émanation d’une philosophie sous-jacente. Autrement dit, comprendre la véritable nature de l’économie, cela serait comprendre, pour le citoyen, qu’il ne faut pas se laisser impressionner par les artifices de la discipline, qu’il ne faut pas tolérer cette confiscation du débat public ; que l’arbitrage politique est en dernière instance incontournable, avec ses gagnants et ses perdants. L’économie a certainement des choses intéressantes à dire, mais il n’est pas acceptable dans une démocratie qu’elle les dise en entretenant la confusion de la science et de l’opinion. Elle apporte pour sûr un éclairage original sur des thèmes où l’ambiguïté peut condamner à l’indécidabilité, mais cet éclairage n’est ni le seul, ni forcément le bon voire le meilleur.

Une science, l’économie ?

Il existe à la vérité de bonnes raisons de ne pas ranger l’économie parmi les sciences. Evoquons-les brièvement sans entrer dans les controverses liées à la définition de la science. Il est tout d’abord possible de raisonner par l’absurde : si l’économie était bien une science, à l’instar des mathématiques ou de la physique, elle ne se tromperait pas si systématiquement dans ses prédictions (notamment à propos des crises) ; elle ne produirait pas de nouveaux résultats sans jamais invalider les précédents ; elle ne s’appuierait pas sur des « expériences » qui ne peuvent être reproduites en raison ne serait-ce que de la variation, dans le temps et dans l’espace, des préférences des individus ; elle ne laisserait pas s’épanouir la concurrence de différentes écoles défendant des lois contradictoires, voire incompatibles ; si l’économie était bien une science, enfin, probablement porterait-elle moins de soin à se présenter comme telle.

Dans l’autre sens, maintenant, la revendication de la discipline s’appuie sur un argument principal : ses méthodes sont inspirées de celles des mathématiques et de la physique, ce qui en fait bien des méthodes scientifiques on ne peut plus fiables. Ainsi, calculer, dresser des hypothèses et des équations, récolter, tel un expérimentateur, de grandes quantités de données statistiques et les passer à la moullinette d’un algorithme, tout cela serait faire œuvre de science. L’économiste peut bien se prendre pour un physicien en imitant sa démarche et en recyclant ses lois, il demeure cependant que son objet d’étude n’est pas le même. Ce qui résiste à son ambition, c’est l’homme. Un atome, un métal, une planète, ça n’est pas tantôt rationnel, tantôt irrationnel (jusqu’à preuve du contraire), ça n’est pas mû par la passion, ça ne crée pas, ça n’est pas euphorique ou désespéré. Ce qui résiste à l’économie, c’est donc quelque chose comme l’âme, si tant est que cela existe.

De la discipline délestée de ses résultats contestables – ceux qu’elle peut défendre sans contestation grâce au statut dont elle jouit – d’elle il resterait alors certainement du bon et de l’utile, mais rien que ne puisse pas comprendre le citoyen. Pour le pamphlétaire libéral Frédéric Bastiat, l’apport fondamental de l’économie est de mettre en évidence « ce qui ne se voit pas ». Certes, mais le problème est qu’on peut tout mettre derrière l’invisible, surtout l’inexistant.

Extrait des 50 anecdotes pour surprendre son auditoire :

Le hasard derrière le succès cinématographique

La relation entre le coût d’un film et le revenu généré est hautement imprévisible comparée à celle d’autres types d’investissements. Telle est la conclusion de l’étude de l’économiste américain Arthur de Vany, publiée dans Hollywood Economics : How Extreme Uncertainty Shapes the Film Industry (2003). Le professeur de l’université de Californie y montre qu’une grande partie de ce que l’on attribue aux compétences n’est en réalité qu’une interprétation a posteriori. Il affirme que c’est le film qui fait l’acteur – et non l’inverse – et qu’une bonne dose de chance fait le film. Ainsi, dans la majorité des cas, le succès d’un film dépend d’un effet de contagion, une forme plus générale de « bouche à oreille ». Les producteurs souhaitent plus que tout pouvoir minimiser le risque de leur investissement – c’est pour cette raison qu’ils misent sur des acteurs « bankable » et les rémunèrent grassement – mais ils n’y parviennent tout simplement pas. Le seul et unique moyen d’estimer la demande pour un film est de le mettre sur le marché et d’attendre la réaction du public.

Si rien ne garantit donc le succès d’une production cinématographique, l’industrie hollywoodienne n’est pas complètement chaotique – sa dynamique répond plutôt à la définition d’un chaos mathématique. La plupart des films (environ 80 %) suivent la même trajectoire économique : ils voient leur fréquentation décroître fortement à partir de la troisième ou quatrième semaine, ce qui se traduit par un profit proche ou inférieur à zéro. Peu de films passent ce cap et génèrent un profit. Parmi ceux-ci, seuls quelques-uns deviennent des blockbusters. Or, ces rares films sont les plus importants pour la dynamique économique du secteur. Ainsi, l’industrie hollywoodienne semble suivre une loi de Pareto : une infime minorité de films est à l’origine de la grande majorité des profits. Par exemple, un producteur réalise en moyenne 40 % du profit de sa carrière toute entière grâce à un seul film ! D’un point de vue historique, cette situation résulte pour partie de la législation Antitrust américaine qui a obligé, dans les années 1950, les sociétés de production à se séparer de l’activité d’exploitation des salles de cinéma, alors que celle-ci leur permettait, dans une certaine mesure, de maîtriser le risque financier en optimisant l’affectation des salles en fonction des premiers scores d’affluence.

Notes
[1] Les trous noirs de la science économique, Jacques Sapir.

Source : Romain Treffel, extrait de son livre 50 anecdotes économiques pour surprendre son auditoire.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

L // 09.08.2015 à 11h41

Les économistes se comportent souvent en moutons. Il ont à peu près tous la même analyse des événements (comme les journalistes finalement). On peut chercher les causes de ce constat (formations identiques, même milieu social d’origine, peur de s’éloigner des sentiers battus et craintes d’être jugé par ses pairs…).

Un autre facteur vient perturber le débat public: lorsqu’un économiste est invité dans les médias, on le présente uniquement sous son étiquette de chercheur indépendant (CNRS, université, école de commerce, agence gouvernementale). Mais bien souvent, ces économistes cumulent cette fonction dans le public avec une activité de conseil pour des banques/assurances/fonds d’investissement (que ce soit pour des missions ponctuelles ou pour un emploi à part entière).
Et cette seconde fonction représente souvent la majeur partie de leur revenue.
Ce conflit d’intérêt biaise le débat. Imagine t’on organiser un débat sur les OGM en invitant un chercheur de Monsanto ? Pire, en ne précisant même pas que ce chercheur travail pour Monsanto!

Et pour ce qui est de savoir si l’économie est une science, par certains aspects oui, mais par beaucoup d’autres non. Par exemple, un économiste qui se plante systématiquement dans ses analyse (traité de Maastricht qui devait apporter 5% de croissance, fiabilité de l’euro, etc) continuera à être invité dans les médias. Alors qu’un scientifique qui ferait de même finirait par être mis au placard et discrédité aux yeux de ses confrères.
Les économiste bénéficient d’une totale impunité vis-à-vis de la vérité. Pour peu que l’économiste s’exprime avec aplomb dans un langage suffisamment jargonneux, il peut se permettre de dire n’importe quoi, ça passe. C’est une sacrée différence avec les sciences exactes !.

47 réactions et commentaires

  • Crapaud Rouge // 09.08.2015 à 10h12

    L’altitude conceptuelle qui le sépare de son public n’est pas tellement différente de celle qui séparait naguère l’homme qui comprenait le latin de celui qui ne le comprenait pas.” : c’est exactement ça, avec des “experts” qui en savent autant sur l’économie que les médecins de Molière sur la médecine. Et ceux qui comprennent vraiment, je pense en particulier à Keynes et son bancor pour réguler les échanges monétaires internationaux, sont expédiés en enfer.

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    • Pierre Bacara // 11.08.2015 à 15h52

      A ce sujet, je suggère Les trous noirs de la science économique de Jacques Sapir (je n’ai pas fini de le lire, je le sirote une fois de temps en temps et ensuite je prends le temps de digérer ce qu’ai avalé).

      Voici comment je réécrirais le début de son analyse de la théorie de l’équilibre général (traduction : théorie dominante de la science économique) : la science économique fonctionne un peu comme les maths. Chaque théorème s’appuie soit sur un autre théorème soit sur un axiome. Il s’agit donc là d’un mode de pensée récursif qui, en maths, fonctionne puisque les axiomes de base sont assumés comme arbitraires mais validés par le bon sens.

      Ex. : “les nombres existent”. Personne ne peut prouver l’existence des nombres, mais leur nécessité est à ce point évidente que l’on peut décider que les nombres existent, même sans être capable de le prouver, et ce sans pour autant risquer de dire une grosse ânerie, parce que le concept de nombre est intuitivement évident. Exemple : si l’on distribue quinze bonbons à deux enfants de quatre ans en en donnant dix au premier et cinq seulement au second, on créera une situation dans laquelle le concept de nombre viendra spontanément à l’esprit des deux enfants – surtout à celui qui a les quatre bonbons.

      Donc, en math, les axiomes sont sains (ici, le “donc” n’est pas à prendre au sens mathématique du terme, mais dans son sens intuitif ;-).

      Pour en revenir aux Trous noirs, J. Sapir y fait le tri entre axiomes et théorèmes, mais dans le domaine de la “science ” économique cette fois. Petit à petit, par élimination, il finit par débusquer les axiomes eux-mêmes, c’est-à-dire ce sur quoi toute la pyramide s’appuie ; et s’aperçoit que personne n’a jamais cherché à justifier ces axiomes !

      Pour prendre l’exemple le plus simple, il prouve, en remontant étape par étape jusqu’à la source, que la “main invisible” [1] d’Adam Smith est utilisée comme axiome. Or, qui a tenté de rendre évident que ce sur ce point, A. Smith avait raison ? Personne. Donc c’est l’ensemble de la pyramide (ou de l’arborescence axiomes/théorèmes, comme on voudra) qui pose problème puisque les axiomes sont acceptés sans réfléchir.

      C’est gênant, n’est-ce pas ?

      Donc : Les trous noirs de la science économique, de Jacques Sapir.

      [1] Quand je parle de la “main invisible”, je ne critique pas Adam Smith lui-même. Par exemple, son idée de “main invisible” relève d’un certain bon sens et d’une lucidité presque visionnaire dans sa simplicité. Ce que je critique, c’est le fait que la “science” économique orthodoxe ait métamorphosé la “main invisible”, qui pour Adam Smith n’était qu’une piste investigative, une stimulante hypothèse d’école, en un Commandement biblique (ce que prouve Sapir).

      Il y a deux Adam Smith : il y a l’homme Adam Smith – un homme brillant (selon moi), et il y a le dieu Adam Smith – un dieu totalitaire que l’homme Adam Smith eût certainement renié.

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  • Paddy // 09.08.2015 à 10h17

    Personne n’ira donner des leçons de plomberie à un plombier ni des leçons d’électricité à un électricien. Rares sont ceux qui connaissent leur maladie aussi bien que leur médecin.

    Mais dès qu’il s’agit d’économie… tout le monde sait. On ne compte plus les experts de comptoir qui, du café du commerce au bar des sports, savent que pour lutter contre l’inflation, il n’y a qu’à bloquer les prix, et pour lutter contre le chômage, interdire les licenciements. Ils ont leur avis sur tout, de l’euro jusqu’à la Grèce.

    Demandez simplement à votre entourage de vous expliquer ce qu’est un déficit, et vous serez affligé. Je n’ai pas rencontré une personne sur 10 capable de donner une réponse intelligente, y compris dans les milieux dont c’est censé être le métier.

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    • Bardamu // 09.08.2015 à 14h03

      @Paddy. Il n’est pas question de donner des cours d’économie à des économistes mais de démystifier le discours. Comprendre que dire “Assouplir le marché du travail = création d’emploi” est un raisonnement plus politique que purement économique. Tout concept économique n’est pas non plus d’une complexité telle que seuls de brillants esprits peuvent eux seuls les maitriser.
      Je n’ai pas besoin de maitriser la dynamique des fluides pour comprendre que si mon robinet fuit il ne faut pas refaire l’intégralité de ma plomberie malgré ce que me raconte mon plombier de chez Caïman-Brothers.
      Je vous recommande très chaudement de visionner les vidéos des conférences Déconnomiques d’Aix 2015 qui amha complètent parfaitement cet article :
      http://deconnomistes.org/p-media-2015/

      Celles qui concernent particulièrement l’économie :
      – Agnès Labrousse / René Teboul (othodoxe/hétérodoxe ; démystifier ou démythifier l’économie).
      – Christian Cauvin (le Capitalisme)

      Et d’autres sur des sujets plus généraux :
      – Pablo Servigne (L’effondrement qui vient )

      La liste des vidéos est mise à jour au gré j’imagine du montage, consultez le site régulièrement

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  • BEYER Michel // 09.08.2015 à 10h44

    Voila un article qui démystifie s’il en était besoin, l’économie comme science exacte. L’économie telle qu’on nous la présente à longueurs de pages média, ou de longueurs d’antenne, comme vérité absolue, n’est que la présentation qu’en font les politiques. Le capitalisme régnant en maître sur nos vies, la présentation qui domine est celle des thuriféraires du capitalisme.
    Je suis communiste. Vais-je pour autant me fier à l’économie présentée par les “Boccara” et autres économistes du PCF? NON!!! A leurs analyses “marxistes”, je leur préfère sans hésitation celles de Jacques Sapir, et quelques-uns des éconoclastes( pas tous). J’aime bien aussi Frédéric Lordon, même si parfois je ne partage pas tout.
    Je suis un béotien en économie. Je sais pour avoir aimé les mathématiques que 1+1=2 (facile). Mais parfois, en écoutant certains économistes bardés de diplômes, j’ai l’impression d’en connaître autant qu’eux.
    En fait, pour moi aussi, mon choix d’économie est politique. Les analyses de Jacques Sapir correspondent à ma vision de mes orientations politiques.

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    • Pierre Bacara // 11.08.2015 à 16h52

      A propos de communisme et de libéralisme :

      un (vrai) communiste est quelqu’un qui pense ou agit en fonction d’idées altruistes contenues dans une théorie dont il sait qu’elle ne fonctionne pas.

      un libéral est quelqu’un qui pense ou agit en fonction d’idées qu’il prétend altruistes et qui sont contenues dans une théorie dont il ignore si elle fonctionne ou si elle ne fonctionne pas.

      Lequel des deux est le plus fou ?

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  • Il Jambono // 09.08.2015 à 10h58

    Quelle insulte pour toutes les “autres sciences”. Ici science ne rime qu’avec math, physique et autre, dites sciences dures. Que faites-vous de la sociologie, ethnologie ? Bref, l’économie orthodoxe est une science sociale qui ne se reconnaît pas comme tel, qui se veut science dure, d’où une mathématisation à l’extrême notamment. C’est un véritable échec car l’humain n’est pas une équation.

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  • olivier imbert // 09.08.2015 à 11h02

    surtout si à propos de certains concepts on ajoute les variations de contextes chez les classiques et néo classiques qui sont déjà ancien par rapport à standard…prenons capital fixe, constant, variable et circulant, prenons aussi valeur utile ou d’usage ou la thésaurisation par rapport accumulation ou immobilisation et liquidité ou encore élasticité et multiplicateur et comme la pensée objective est systémique ou faites de corrélations en effet régulièrement ils faut faire le point ce n’est pas une raison pour se soumettre à une clarté journalistique ou pour tracter de manière soi disant pédagogique.

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    • Nosto Dramus // 09.08.2015 à 11h50

      Quand langage hermétique rime avec ostracisation, il ne faut pas s’étonner d’entendre le bruit des canons.

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  • L // 09.08.2015 à 11h41

    Les économistes se comportent souvent en moutons. Il ont à peu près tous la même analyse des événements (comme les journalistes finalement). On peut chercher les causes de ce constat (formations identiques, même milieu social d’origine, peur de s’éloigner des sentiers battus et craintes d’être jugé par ses pairs…).

    Un autre facteur vient perturber le débat public: lorsqu’un économiste est invité dans les médias, on le présente uniquement sous son étiquette de chercheur indépendant (CNRS, université, école de commerce, agence gouvernementale). Mais bien souvent, ces économistes cumulent cette fonction dans le public avec une activité de conseil pour des banques/assurances/fonds d’investissement (que ce soit pour des missions ponctuelles ou pour un emploi à part entière).
    Et cette seconde fonction représente souvent la majeur partie de leur revenue.
    Ce conflit d’intérêt biaise le débat. Imagine t’on organiser un débat sur les OGM en invitant un chercheur de Monsanto ? Pire, en ne précisant même pas que ce chercheur travail pour Monsanto!

    Et pour ce qui est de savoir si l’économie est une science, par certains aspects oui, mais par beaucoup d’autres non. Par exemple, un économiste qui se plante systématiquement dans ses analyse (traité de Maastricht qui devait apporter 5% de croissance, fiabilité de l’euro, etc) continuera à être invité dans les médias. Alors qu’un scientifique qui ferait de même finirait par être mis au placard et discrédité aux yeux de ses confrères.
    Les économiste bénéficient d’une totale impunité vis-à-vis de la vérité. Pour peu que l’économiste s’exprime avec aplomb dans un langage suffisamment jargonneux, il peut se permettre de dire n’importe quoi, ça passe. C’est une sacrée différence avec les sciences exactes !.

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  • georges glise // 09.08.2015 à 11h43

    on peut aussi lire les ouvrages de jacques généreux, et picketty aussi.

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    • Valentin // 09.08.2015 à 18h46

      Ajoutons aussi, le regretté Bernard MARRIS et aussi René PASSET

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  • Grégory // 09.08.2015 à 12h30

    La partie sur le film s’applique également aux livres, bd, jeux, etc. Regardez votre DVDtheques, quelle part de films connus vs films inconnus ? Voilà, le gros du marché est constitué des titres à succès.

    A mon avis ici l’argument est un peu faible, les choses qui peuvent faire le succès d’un film ne sont quand même pas totalement chaotiques, même si la plupart se constate sur l’objet fini. On ne peut pas faire de bouche à oreille sur n’importe quoi.

    Par contre j’avais vu une experience sur ce qui fait le succès d’un single audio et là le hasard était prouvé. Une seule liste de 1000 titres, balancées à plusieurs groupes test avec nombreux auditeurs, et à chaque fois les votes se focalisaient sur quelques titres… mais pas les mêmes d’un groupe à l’autre, bien que ceux si soient échantillonnés sur les mêmes principes.

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    Alerter
    • Alae // 09.08.2015 à 13h42

      “les choses qui peuvent faire le succès d’un film ne sont quand même pas totalement chaotiques,”

      Totalement chaotiques, non, mais hautement imprévisibles oui. A cause de cet élément de hasard, les studios se sont rabattus sur des formules archi-éprouvées, des créneaux balisés, des franchises de type Alien 1,2,3,4, (plus aujourd’hui la suite, plus le rejeton Prometheus et ses suites prévues, une vraie saga), et des stars. Et c’est comme ça que, pour tenter de maîtriser l’élément d’incertitude, ils sont devenus de moins en moins aventureux et de plus en plus populistes et médiocres.
      Le casse-tête est le même pour les stars de cinéma. Rien ne permet de prévoir qui va en devenir une. Cela n’a apparemment aucun rapport avec le physique, le talent ou un quelconque autre paramètre contrôlable. Garson Kanin, qui avait travaillé pour Samuel Goldwyn, l’expliquait déjà dans un bouquin publié dans les années 60 : certains acteurs, si beaux et/ou excellents comédiens soient-ils ou elles, ne seront jamais que des acteurs alors que d’autres, sans que rien ne le justifie, deviennent des stars.
      Une star ne se fabrique pas, c’est le caprice du public qui la fait. Témoin, aux States, Kim Kardashian : pas de talent, pas de physique hors-normes, pas d’intelligence particulière, même pas de travail d’actrice, rien. Juste une intervenante dans une série de télé-réalité et à l’arrivée, une méga-star…

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  • David D // 09.08.2015 à 12h57

    Une science au sens strict se propose d’étudier objectivement quelque chose qui lui reste extérieur, étranger, on peut parler de sciences naturelles et de sciences physiques.
    Le droit et l’économie développent des stratégies, des procédés d’action sur la réalité, ce ne sont pas des sciences, mais des arts, ce qui n’exclut pas pour partie un contenu scientifique.
    La séparation entre sciences et arts n’est pas nouvelle.
    L’art, ce n’est pas seulement les beaux-arts ou le travail d’un artisan, l’art c’est aussi le droit, l’économie.
    Dans les sciences appliquées, on met la connaissance scientifique au service d’un art.

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    Alerter
  • luc // 09.08.2015 à 13h10

    la politique, si elle avait pour but d’assurer le bien être de sa population, elle aurait comme priorité absolue que chaque citoyen ait un toit et de quoi manger

    l’économie serait alors un hobby pour ceux que ça intéresserait, elle serait moins dangereuse qu’aujourd’hui

    mais… “la propriété privée a été inventée par des voleurs”…

    bref

    mais la comparaison avec la science est plutôt naïve je trouve, car elle suppose que la science actuelle détient des vérités et des certitudes, or ce n’est pas le cas, il faudrait se mettre à la page…

    il faut absolument avoir une vision critique de l’éducation, pas seulement envers les cours d’économie ou d’histoire, mais aussi envers ceux de science

    car je trouve pathétique d’écrire :

    “Un atome, un métal, une planète, ça n’est pas tantôt rationnel, tantôt irrationnel (jusqu’à preuve du contraire)”

    il y a ce qu’on appelle le principe d’incertitude pourtant, le théorème de l’indétermination, qui stipule qu’on ne peut avoir d’information théorique absolument certaine sur un quelconque objet d’étude

    donc la rationalité, c’est subjectif……

    il y a des problèmes majeurs dans la science et de nombreux scientifiques critiquent ce qu’on appelle “le modèle standart” en physique, qui pourtant est enseigné en tant que référence fondamentale

    l’incompatibilité entre les visions de l’infiniment grand et l’infiniment petit montre que quelque chose ne tourne pas rond, dans l’infiniment grand, l’espace serait vide, alors que dans l’infiniment petit, l’énergie est partout…

    il semble bien que la vision qu’on nous propose avec force de l’infiniment grand est truffé d’erreurs, malheureusement c’est celui qu’on applique à notre échelle

    alors que les études sur l’infiniment petit, et la mécanique quantique, permettent de comprendre certains phénomènes que la science actuelle balaye d’un revers de main, je pense en particulier à l’effet placebo, un exemple qui montre le paradoxe et le ridicule de la situation : les scientifiques reconnaissent que l’effet placebo fonctionne et favorise la guérison, mais aucun thérapeute issu de fac de medecine ne l’utilise… car ce n’est pas “scientifique…

    c’est un hold up de la série des lumières, du 16ème siècle etc… mais il existe des sciences plus anciennes qui tombent dans l’oubli dans nos sociétés…

    kepler, qui a établi les bases de l’astrophysique, était un astrologue demandé dans les grandes cours royales d’europe, il faisait payer cher ses consultations et prédictions…

    Newton a étudié l’alchimie pendant 20 ans je crois…

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    Alerter
    • TomTom // 09.08.2015 à 13h38

      Que de certitudes pour servir de base à un mauvais relativisme !

      La science possède des certitudes… pour l’instant ! Peut être que dans quelques temps, on en rira, mais dans l’immédiat, il y a des choses qui fonctionnent… jusqu’à preuve du contraire. Il faut remettre les choses dans leur contexte, et les repositionner dans le temps. La science évolue, c’est sûr, mais ça ne veut pas dire qu’on est éternellement condamné à l’ignorance jusqu’à la révélation finale.

      Il faut resituer les choses dans leur contexte. L’astrologie et l’astronomie étaient la même chose à l’époque de Kepler : une science qui remonte à la nuit des temps qui avait une vocation sociale et économique (déjà) et qui se baisait sur l’expérience pour affermir des modèles prédictifs. Il y a ensuite eu scission entre l’astrologie d’Elizabeth Tessier, et l’astronomie, puis l’astrophysique.
      Pareil avec l’alchimie : à son époque, il s’agissait d’une science, avec son axiomatique, ses chercheurs, ses expériences, ses publications et ses débats. Newton en était, c’est normal, c’est ce qui se pratiquait à son époque. La scission avec la chimie “moderne” est arrivée un peu plus tard que lui.

      Pour finir, le principe d’indétermination est une “information théorique certaine” qui se réfère aux incertitudes de deux mesures faites ensemble. Et d’ailleurs, ce même principe prévoit une certitude absolue sur les valeurs pour certaines variables. Ne lui faisons pas dire ce qu’il ne dit pas, et il ne dit certainement pas qu’on ne sait rien. N’est-ce pas fascinant de se dire que la mécanique quantique peut prédire jusqu’à notre niveau d’incertitude ?

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      • luc // 09.08.2015 à 18h40

        ce n’est pas parce qu’il y a certaines choses qui fonctionnent que l’on peut parler de science avec un grand S, ce que fait l’auteur, quand il critique l’économie qui ne vaudrait pas la science moderne

        la science présente des incohérences : l’espace d’einstein est vide, celui des quantiques est rempli d’énergie, il y a bien un problème non?

        il y a la science académique et universitaire, et elle a de nombreux détracteurs

        j’en veux pour preuve par exemple jean pierre petit, directeur de recherche au CNRS avant de voir sa carrière ruinée parce qu’il critiquait radicalement les fondements de la physique

        l’astrologie de kepler fait rire la plupart des scientifiques modernes ne t’en déplaise tomtom, tout comme l’alchimie de newton, seules restent la chimie et l’astronomie, qui ont beaucoup moins de sens selon moi

        quand à prédire notre niveau d’incertitude, c’est plutôt poétique, idéaliste, utopique

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        • Alfred // 10.08.2015 à 00h57

          @Luc si je peux me permettre,
          Ce qui peut faire dire que vous n’avez pas un grand bagage scientifique ce n’est pas que vous semblez maîtriser superficiellement certains concepts (je ne les maîtrise pas mieux que vous et nous ne sommes plus à une époque ou les leibniz ou autres sont possibles – les connaissances actuelles sont à la fois trop larges et trop profondes); c’est simplement que vos propos sont déstructurés et peu clairs. La démarche logique même si elle s’applique à une activité de plombier ou de réparateur de réveils a un cousinage avec la démarche scientifique (dans le sens ou elle est un des pré requis).
          Des tonnes de vocabulaire et de concepts “scientifiques” dans du gloubi goulba charge d’émotion n’ont rien à voir avec la science avec un grand S.
          De nombreuses lectures de vulgarisation scientifique vous ont certainement amené un grand nombre de connaissances mais aussi à perdre de vue votre niveau d’inconnaissance.

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      • Alain Rousseau // 09.08.2015 à 23h44

        Vous avez écrit “qui se baisait” au lieu de “qui se basait” (3ème ligne du 3ème paragraphe). Votre inconscient a parlé pour vous, petit canaillou !

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  • René Fabri // 09.08.2015 à 13h19

    L’argent et la richesse sont deux notions séparées. S’en rendre compte constitue une étape essentielle pour comprendre l’économie selon moi. Je ne sais pas si cela fait partie des anecdotes de ce livre. Par exemple, un film qui rapporte beaucoup d’argent n’est pas forcément un film précieux. C’est un film qui bénéficie d’une bonne publicité pour attirer les spectateurs une fois, mais un film riche est un film que les gens aiment revoir plusieurs fois. Or en économie, les évaluations sont faites principalement par la valorisation monétaire, au lieu de la valorisation intellectuelle.

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  • St3ph4n3 L. // 09.08.2015 à 13h29

    Remplacez “économie” par “astrologie”, adaptez le reste du texte lorsque nécessaire et vous aurez une idée assez précise de ce que la nouveauté de l’air du temps est : quelque chose d’ancien (où se mélangent souhait de comprendre et soif de pouvoir).

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  • adrien // 09.08.2015 à 14h51

    Œuvre utile de Romain Treffel pour démystifier l’économie que l’on nous vend comme une science, ce qui permet de séparer les sachants et les autres. Il est symptomatique que le Nobel de l’Économie soit décerné par une banque, celle de Suède.
    Les autres justement doivent se plonger dans la signification des termes comme dévaluation compétitive, effet levier, bail-in et out, ect ..pour comprendre les bobards médiatiques. Comme France 2 le 29 juin qui avertit qu’un grexit coutera au moins 600 euros par français …
    Les économistes dits hétérodoxes, sont très minoritaires dans le débat public. La raison est simple : cette matière est confisquée par les “orthodoxes” dans l’Enseignement, les rouages politiques (vu M.Macron ?) et médiatiques …

    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/RAIM/53196 (Police de la pensée économique à l’Université, juillet 2015)
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/leconomie-malade-de-ses-modeles (Gaël Giraud, juillet 2015)

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  • samuel // 09.08.2015 à 15h44

    ” Le discours économique : une forteresse symbolique ”

    Un peu comme les premières réclames du monde, lorsqu’ils nous annoncent souvent le meilleur des mondes pour nous endormir ( nouvel évangile de “l’homme” moderne ) mettant parfois en scène des enfants, comme quoi le futur c’est maintenant. Mais dans un monde rendu toujours plus faussement naturel, ou chacun devrait continuellement se conformer et gober tout ce qui sort de la bouche des premiers experts économiques. En fait les premiers écrits d’économistes sont souvent adaptés aux premiers besoins d’austérité et de pouvoir en plus de nos élites privées. Amusez-vous les enfants, mais ne rêvez pas trop longtemps quand même de développement durable, surtout à travers les plus grosses multinationales du globe. Car dans le futur qu’ils nous promettent, rien n’est vraiment gratuit. Imaginez un monde merveilleux, ou le dispositif les écoute, trie, parle, etc. Et pendant qu’ils grandiront ils ne se rendiront même plus compte de quoi la vie était faite avant le seul bourrage de crane des puissants de la terre, c’est l’économisme global.

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  • BEYER Michel // 09.08.2015 à 16h13

    Pendant le plus fort de la crise grecque, que n’a-t-on entendu de la part de certains “Dr Diafoirus”?
    Je me souviens d’une émission sur Arte “28 minutes”. D’éminents personnages nous annonçaient, à nous français, ce qu’allait nous coûter l’abandon de la dette grecque. 1000 euros, pour l’un, 700 euros pour une autre( déjà, voyez la différence!). Heureusement, un économiste éconoclaste était là: ” mais non! cela coûtera au maximum 15 euros dit-il”. Evidemment, les 2 autres dont on voyait qu’ils n’avaient pas bosser le sujet étaient interloqués. L’animatrice, la sémillante Elisabeth Quin, a préféré changé de problème.

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    • BEYER Michel // 09.08.2015 à 17h32

      même rectificatif….lire “économiste atterré”, au lieu d”éconoclaste”….toutes mes excuses!!!

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  • yann // 09.08.2015 à 17h10

    La science ce n’est pas l’usage des mathématiques, mais l’attachement à la recherche de la vérité. L’on peut créer des modèles mathématiques complexes s’ils ne s’appuient pas sur des données réelles, et mesurables, sur une expérimentation, ils n’ont aucune valeur scientifique. Un scientifique l’est parce qu’il recherche la vérité à travers la mesure du réel, quelle que soit la méthode employée. Jamais un scientifique digne de ce nom mesurant l’échec de ses théories n’affirmerait que la réalité à tort. Non, une scientifique modifie sa théorie en fonction de ce que donnent ses expérimentations. C’est ce qui différentie la métaphysique de la pensée positive comme l’a si bien exprimé à son époque Auguste Comte.

    Or les économistes, particulièrement les dominants de l’école libérale si prompte à donner des leçons de science ont-ils cette exigence de recherche de la vérité ? La réponse est non. Ils appliquent inlassablement des mesures dont partout l’on voit l’échec, mais n’en tirent aucune leçon quant à leurs modèles. Ce qui est drôle c’est que lorsque les astrophysiciens découvrent que leurs modèles ne représentent pas toute la réalité mesurée par exemple l’expansion de l’univers qui s’accélère ce qui est inexplicable à l’heure actuelle, les scientifiques sont excités à l’idée de découvrir en quoi ils ont tort. J’ai même envie de dire que les scientifiques adorent quand leurs théories sont mises en défaut, parce qu’ils doivent découvrir ce qui se cache derrière cette incompréhension quitte à jeter à la poubelle les vieilles théories. Ce qui me frappe chez les économistes c’est une absence totale de curiosité scientifique. Eux préfèrent s’accrocher à la théorie et ignorer les faits qui les contredisent. C’est en ce sens que l’économie actuelle n’a rien de scientifique, ce n’est qu’une machine de rhétorique visant à défendre discrètement des intérêts bien implantés dans les hautes sphères du pouvoir. Cela n’a rien à voir avec de la science.

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    • Macarel // 09.08.2015 à 18h55

      C’est en ce sens que l’économie actuelle n’a rien de scientifique, ce n’est qu’une machine de rhétorique visant à défendre discrètement des intérêts bien implantés dans les hautes sphères du pouvoir. Cela n’a rien à voir avec de la science.

      Entièrement d’accord, cela relève plus du dogme et de la religion. Et dans ce que la religion a de moins sympathique, lorsqu’elle se met à instaurer des tribunaux de la Sainte Inquisition.

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      • Pierre Bacara // 11.08.2015 à 16h10

        […]l’économie actuelle n’a rien de scientifique, ce n’est qu’une machine de rhétorique visant à défendre [….] des intérêts bien implantés dans les hautes sphères du pouvoir. Cela n’a rien à voir avec de la science“.

        A propos du capitalisme libéral, il porte en lui un “bug fondamental”, un oxymore dans sa nature même : le capitalisme libéral (ou plus globalement le libéralisme des “Lumières”) considère que tout autre système que lui-même est irrecevable. Comment un tel système peut-il s’auto-baptiser “libéral” ?

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    • samuel // 09.08.2015 à 19h00

      “J’ai même envie de dire que les scientifiques adorent quand leurs théories sont mises en défaut, parce qu’ils doivent découvrir ce qui se cache derrière cette incompréhension quitte à jeter à la poubelle les vieilles théories. ”

      Je ne sais si c’est vraiment le cas pour l’ensemble des scientifiques, surtout lorsque de nos jours beaucoup d’hommes ne fonctionnent que selon les seules lois physiques observables, c’est pourquoi il n’y a pas que les économistes qui contribuent à un plus grand blocage des mentalités. Cependant vous avez raison, des scientifiques ont encore un esprit de recherche, d’ouverture d’esprit, hélas ils n’ont pas encore trouvés cela dans les éprouvettes, c’est aussi en ce sens que plusieurs d’entre eux ne se montrent pas encore prêts à faire le grand saut dans l’inconnu, vu que les théories trop avancées sur la “physique” pourraient trop bousculer et remettre en question leur propre paradigme de pensée plus cartésien. Comment remettre l’économie à sa place, lorsque nous préférons surtout dire aux hommes de vivre principalement au raz des paquerettes ou au niveau de l’estomac. Personnellement j’en croise très peu dans les académies recherchant à jeter à la poubelle les vieilles théories pesantes dont ils sont souvent les premiers à défendre en tête, comme sans doute avec les plus hautes sphères plus intéressées par l’argent et le pouvoir sur les consciences, une autre forme de dogme en réalité. De plus si un jour nous devions changer de paradigme quelle serait la place de nos scientifiques ou de nos élites dans l’esprit des hommes, si par exemple les hommes devaient trop jouer avec le feu de la science, oui je me demande si les scientifiques ont tous un esprit de vérité.

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    • Escoe // 11.08.2015 à 11h11

      Moi aussi je suis allé aux écoles et je peux faire comme Tirole: mettre n’importe quelle connerie sous forme matricielle et intimider le populo en glosant sur les valeurs propres et les vecteurs propres. Tout ça rendant “scientifique” la nécessité de supprimer le droit du travail.
      Mais demandez donc à Tirole de calculer “ab initio” le prix de la tonne de ciment. Il en est incapable parce qu’il ne dispose pas et ne disposera jamais d’une théorie de la valeur qui serait en fait une théorie de la politique. Ca, Marx l’avait compris.
      Moi au moins je dispose de la théorie qui me permet de calculer le spectre de l’atome d’hydrogène avec un papier et un crayon. Ca s’appelle la mécanique quantique et c’est dans toutes les bonnes librairies.

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  • leorock // 09.08.2015 à 17h43

    Quand remettrons nous l’économie a sa vraie place, c’est a dire au service de la société et non le contraire. Quand avons nous perdu le contrôle. Pourquoi nos élus ont laissés faire. Qui sont les responsables? Les banquiers, les économistes, nos élus, oui, peut être. Mais dans un soucie de vérité, je pense, que pour trouver les responsables il suffit simplement de regarder dans un miroir…

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    • Macarel // 09.08.2015 à 18h57

      Nous sommes tous coupables, comme disait un intervenant l’autre jour…

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  • Macarel // 09.08.2015 à 18h51

    Je vais être catégorique, mais tant pis…

    Pour moi l’économie est une pseudo-science, ce n’est pas parce que l’on manipule des équations, et des chiffres que l’on accède au statut de science. Ce qui compte ce sont les hypothèses de base sur lesquelles se construit un corpus scientifique, les concepts qui en constituent le socle.
    Or, l”homo oeconomicus”, est une pure invention des shamanes de la pseudo-science économique, dans la réalité l’ “homo oeconomicus” n’existe pas, baser une science sur quelque chose qui n’existe pas, c’est mal parti.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_%C5%93conomicus

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  • Macarel // 09.08.2015 à 19h04

    Vous avez du pognon à ne plus savoir qu’en faire, comme certaines banques, vous financez des business schools un peu partout. Ces business schools forment de nouveaux prêtres de votre religion économique. Ces prêtres iront appliquer vos dogmes à travers le monde, évangéliser des mécréants. C’est comme cela que la religion néo-libérale s’est répandue de par le monde. Cela ne tient en aucun cas à la qualité soit disant scientifique du crédo sur lequel elle est fondée.

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  • Guerrien // 09.08.2015 à 19h09

    Tout cela est un peu trop facile … A ma connaissance, sur ce site, on fait – à juste titre – de l’économie. Quand on préconise le Grexit, la critique de l’austérité, etc., ou quand évoque ou fait parler des économistes comme Allais, Stiglitz, Sapir, etc. Qu’on aime ou pas, quand on avance un argument ayant trait à l’économie, on a un modèle, même sommaire, de l’économie. Autant l’expliciter, le défendre, le jsutifier, etc. que de critiquer l’ “économie” en soi. Qui n’est en fait que de la paresse …

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    • samuel // 09.08.2015 à 21h12

      Je comprends votre point de vue. Mais lorsque les hommes en finissent par parler le même langage de nos médias, de nos experts, n’est-ce pas une autre forme de paresse. N’aurait-il pas été plus préférable que les hommes n’idéalisent pas de trop l’économie comme une sagesse, surtout lorsque le premier langage du monde demande aux masses de fonctionner plus machinalement selon les divers modèles mis en avant. Vous savez il arrive un moment ou les gens s’apercoivent bien ou les premiers livres d’économistes nous conduisent, et cela au nom même de la liberté, de la raison. Tous ces économistes libéraux et autres de renom, que les hommes ont tous finis par prendre pour des étoiles, des maîtres à penser, ou des prix nobel de complaisance, sont-ils seulement toujours de bon conseil à suivre, si par exemple la terre devait se remettre à trembler avec plus de robotique en tête ? N’avez-vous jamais été frappé de relire les mêmes choses récurrentes venant de la part d’auteurs libéraux ou pas, comme lorsque chaque grande école de pensée se renvoie constamment la balle dans la cour de récréation. Cherchons plutôt à comprendre pourquoi les hommes et les peuples en finissent par ne plus vouloir suivre le même langage de nos élites.

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  • Valentin // 09.08.2015 à 19h19

    Ce n’est peut-être pas tout à fait le propos, mais j’aime beaucoup la vidéo jointe, car bien que parlant de création monétaire et de dettes, l’idée générale de ROBINETS et BAIGNOIRES me plait beaucoup, car illustration simple à comprendre.

    Le problème décrit ainsi conduit à la solution,sans enfumage.

    Peut-on généraliser cette vision? Pour ma part ma réponse est affirmative, car le paradigme sousjacent est la notion de système compréhensible par tout un chacun qui n’a pas d’allergies avec les robinets et les baignoires.

    Humour et simplicité:-))

    https://www.youtube.com/watch?v=Y2D8J0e5Fms

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  • Zasttava // 09.08.2015 à 19h23

    Merci pour ce billet !

    Cela rejoint ma lecture de cet été qui est le passionnant livre de David Graeber, “Dette : 5000 ans d’histoire”.
    Son approche de l’économie dans l’histoire est tout simplement géniale. Graeber n’est pas économiste, et c’est pour ça que j’adore et recommande son ouvrage !

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    • Escoe // 11.08.2015 à 11h15

      “Cela rejoint ma lecture de cet été qui est le passionnant livre de David Graeber, “Dette : 5000 ans d’histoire”.”

      Excellent ouvrage. Chapitre passionnant sur les origine musulmanes (arabes ?) du libéralisme.

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  • FifiBrind_acier // 09.08.2015 à 20h11

    Vous aimerez moins Graeber quand vous découvrirez que votre épargne, c’est de la dette, et qu’en effaçant les dettes…, vous serez ruiné.

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    • Léa // 10.08.2015 à 23h30

      je crois que c’est en répendant des “conneries” comme ça que les économistes se discréditent et c’est ainsi qu’on a dérapé grave !.

      Revenons au départ : le paysan qui épargne une partie de la vente de sa récolte et essayez de lui expliquer que c’est de la dette.

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  • Collignon // 09.08.2015 à 21h38

    J’avais trouvé cette formule qui avait donné lieu à un tract, distribué à l’occasion d’une manifestation syndicale, à Bruxelles, dans les années 80 :

    “L’ECONOMIE EST UNE SCIENCE A L’USAGE DES RICHES
    ET UNE MORALE A L’USAGE DES PAUVRES”

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  • Serge // 10.08.2015 à 04h41

    Je le savais déjà,mais ça fait plaisir de le lire comme ça .
    L’économie utilise des connaissances scientifiques,mais cela ne veut pas dire qu’elle constitue en elle même ,une science complète .Car elle embrasse des phénomènes complexes ,bien plus complexes que la physique .
    La physique plus modestement ,s’en tient à des domaines de connaissance plus limités ,d’où son étonnante efficacité.
    La science physique a débuté en Europe ,quand Képler et Galilée ont postulé que Dieu avait écrit les lois naturelles dans le langage des mathématiques .Et comme l’homme pouvait comprendre les mathématiques,il pouvait donc connaître les lois crées par Dieu .C’était leur conviction .
    Aujourd’hui ,on se passe en général de l’idée de Dieu,mais pas de celle qu’il existe des LOIS naturelles .Ainsi le pré-supposé de ces précurseurs reste toujours sous-jacent ,même s’il est de façon feinte,désormais ignoré.
    Faraday comparait le savant à quelqu’un soulevant un peu le coin d’un tapis ,pour voir les secrets de Dieu cachés derrière.
    Car le plus étonnant,c’est précisément qu’il y ait des lois naturelles,des régularités reproductibles dans la nature.Même si elles sont incomplètes ,provisoires (c’est à dire perfectibles) ,ou même seulement valables qu’à certaines échelles .
    Car ça marche ,on arrive à arrimer un “truc” sur une comète avec une précision incroyable .
    Et si on viole les lois de la physique,ça ne marche pas .
    On s’est tellement habitué à cela qu’on en oublie que ce devrait être les miracles ,ou la fantaisie incompréhensible des dieux capricieux qui devraient nous sembler naturelle !

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  • Esope // 10.08.2015 à 09h07

    Les sciences “dures”, mathématiques, physique, astronomie, chimie, acoustique, informatique, etc., manipulent des données objectives. Elles s’efforcent de n’utiliser que des données chiffrables par rapport à des étalons indiscutables. Au départ, le mètre étalon, la durée de rotation terrestre, l’accélération de la gravité. Ensuite d’autres mesures (la température, l’énergie, etc.) mais qui pouvaient s’y relier de façon logique et systématiquement reproductible.
    Même la biologie, la météorologie et d’autres sciences qui ne travaillent pas “dans le dur” s’efforcent d’être objectives et de s’appuyer au maximum sur ces étalons fondamentaux indépendants de toutes les manipulations.
    Parce qu’elle utilise des chiffres, l’économie prétend être une science. Toutes ses données chiffrées ne représentent en fait que des estimations conventionnelles et fluctuantes, qui ne résultent que de consensus entre manipulateurs intéressés, et de l’utilisation d’étalons mouvants convenus en petit comité (les cotations). Tout y est subjectif dès le départ des raisonnements. L’économie est une fantasmagorie. Ce n’est pas une science.

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  • Rigal // 13.08.2015 à 01h52

    Je ne saurais trop recommander la lecture de la “Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles” de mon regretté Bernard Maris. Didactique, pédagogique, percutante et pleine d’humour. C’est du Keynes revisité par Desproges.

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