Source : CADTM, Eric Toussaint, 05-11-2015

nterview du professeur Eric Toussaint, invité à Ljubljana par les syndicats slovènes pour y participer à une table ronde intitulée : « La dette publique : Qui doit à qui ? »

Par Mimi Podkrižnik, journaliste du quotidien slovène Delo.

Croyez-vous au projet européen ? Y croyez-vous encore ?

Très clairement : non. Le projet européen s’est transformé en une camisole de force pour les peuples. ll n’y a pas de marge de manoeuvre permettant à un gouvernement élu démocratiquement de mettre en œuvre des politiques au service de l’intérêt général et de respecter dans le même temps les règles européennes. En effet, les différents traités et l’architecture institutionnelle dans laquelle ils s’inscrivent – le Parlement européen, la Commission européenne, les gouvernements nationaux et la Banque centrale européenne – posent un cadre extrêmement hiérarchisé et contraignant qui laisse de moins en moins de place à l’exercice de l’autonomie, autrement dit à la démocratie et à la parole des citoyens. Nous venons d’en avoir l’illustration avec la Grèce. En janvier 2015, le peuple a porté au pouvoir un gouvernement sur la base d’un programme de rupture avec des politiques qui avaient complètement failli. Ce peuple a réaffirmé son rejet des politiques d’austérité lors du référendum du 5 juillet 2015. Or cela n’a fait qu’exacerber l’obstination des différentes institutions européennes d’empêcher que cette volonté populaire se concrétise. C’était même dit clairement. On a eu des déclarations de Jean-Claude Juncker affirmant qu’il n’y a pas de place pour le référendum. Selon les dirigeants européens, pour se prononcer sur des politiques européennes, la voie est toute tracée par la Comission et l’eurogroupe : il n’y a pas de moyens d’en sortir ou d’en dévier.

Pourquoi ? Sommes-nous vraiment dans un cercle vicieux ?

La construction même de l’Europe – c’est-à-dire l’adhésion à des traités et une conception très autocratique du fonctionnement des institutions – vise à restreindre le plus possible le fonctionnement démocratique. Par ailleurs, les grandes entreprises privées exercent un lobby extrêmement puissant sur la Commission et le Parlement pour les inciter à prendre des décisions favorisant leurs intérêts particuliers. À la tête de la BCE, on trouve Mario Draghi qui a été l’un des stratèges de Goldman Sachs pour toute l’Europe. C’est emblématique d’une situation qui voit les grandes entreprises privées européennes placer à des positions de pouvoir des personnes qui sont issues de leur milieu, ou diposer de l’entier soutien de chefs d’Etat et de hauts fonctionnaires pour faire adopter des mesures qui favorisent leurs intérêts. Un tel système s’apparente fortement à un système oligarchique où quelques uns imposent leurs décisions et définissent les politiques au service d’une petite minorité.

La gauche, elle aussi, est tombée dans le piège – on voit ce qui se passe en France avec la gauche traditionnelle, les socialistes de François Hollande, ou bien en Grèce avec la gauche radicale, la nouvelle gauche d’Alexis Tsipras.

Je distingue la gauche traditionnelle et la gauche radicale, parce que il est clair qu’on ne peut plus parler de la gauche pour François Hollande ou bien pour Tony Blair ou Jeroen Dijsselbloem. Ce dernier est membre du parti socialiste hollandais ce qui ne l’a pas empêché d’être l’un des plus actifs pour poser des obstacles sur le chemin du gouvernement grec issu des élections du 25 janvier 2015. On peut ranger ce type de parti socialiste du côté des forces conservatrices. Appelons-les « néolibérales » ou « social-libérales ». Dans ces partis, il y a toujours une gauche qui existe et qui essaye de s’exprimer : le Labour party a élu Jeremy Corbyn contre l’avis de Tony Blair et de Gordon Brown. Mais quelle sera la marge de manoeuvre de Jeremy Corbyn ? Attendons de voir ce qui va se passer avec le Labour Party. En tout, cas Corbyn a indiqué clairement que, s’il devenait Premier ministre, il reviendrait sur ce qui a été fait par Magaret Thatcher et Tony Blair. Il parle de renationaliser les chemins de fer et va donc plus loin que ce que Tsipras avait annoncé en janvier 2015… François Hollande, les socialistes hollandais, les socialistes allemands, tous ces partis socialistes ont voté en faveur de tous les traités européens avec l’autre grand groupe parlementaire de droite : le Parti populaire. La conclusion est claire : ces socialistes-là sont les architectes de tout ce à quoi nous sommes confrontés en ce moment. Un mouvement comme celui d’Alexis Tsipras ou Podemos en Espagne et d’autres initiatives qui peuvent y ressembler n’ont pas participé à la construction de cette architecture.

Pas encore …


Ils ne sont pas dans des lieux de pouvoir dans l’Union Européenne. Pourquoi sont-ils tombés dans la logique qu’on connaît en Grèce ? Parce qu’ils avaient l’illusion que les structures du pouvoir européen allaient leur donner une marge de manœuvre. Ils pensaient réellement que l’échec des politiques appliquées à la Grèce était évident, puisqu’il est reconnu par tant d’économistes très sérieux …

… par des prix Nobel …

Oui, ils pensaient qu’en échange de leur sens des responsabilités les dirigeants européens et les dirigeants des autres gouvernements nationaux allaient leur dire : d’accord, on va vous laisser mener votre expérience, réduire radicalement les mesures d’austerité et essayer de relancer l’activité économique de la Grèce. Et ils se sont trompés. Leur calcul était tout à fait erroné. Pour les dirigeants européens il était fondamental de démontrer à tous les peuples d’Europe qu’il n’y a pas de possibilité de sortir des rails de l’austérité, qu’il n’est pas possible de freiner la privatisation. Pour ces dirigeants européens – pour tous, que ce soit Matteo Renzi ou François Hollande, Wolfgang Schäuble ou Jeroen Dijsselbloem – il était essentiel d’empêcher la réussite de l’expérience de Syriza en Grèce. Parmi les plus furieusement décidés à faire échouer Tsipras il y avait bien sûr les premiers ministres Mariano Rajoy en Espagne et Coelho au Portugal. Car ils se disaient : si Tsipras réussit, Podemos viendra au pouvoir tôt au tard en Espagne. Et la même chose vaut pour le Portugal. Aucun gouverment des 28 autres pays de l’UE n’a réellement donné une chance au gouverment grec ; ni les institutions européennes ni un seul gouvernement. Or il est clair que Tsipras se disait : le gouvernement de Matteo Renzi et le gouvernement de François Hollande qui veulent eux-mêmes avoir un peu plus de marge en terme de déficit vont me soutenir. Et cela ne s’est pas produit.

Au vu des sondages de l’opinion publique, le tort causé à Syriza a affecté Podemos, dont la côte de popularité est tombée de 20% à 14 %…

L’objectif des dirigeants européens est de dire au peuple espagnol : « ne votez pas Podemos » et de dire à Podemos : « abondonnez votre volonté de changer réellement les choses. Vous voyez bien que Tsipras accepte de capituler. Même vous, si vous avez une chance de devenir membre d’un gouvernement, vous devrez accepter les règles. »

Vous distinguez en Europe les pays du centre des pays périphériques. La Slovénie fait partie de la périphérie, évidemment, comme la Grèce et le Portugal. Quand on en parle, on peut apercevoir un discours tout à fait différent. On traite le Portugal de bon élève, pour ce qui est de son programme et de son sauvetage par la troïka, tandis qu’on fustige la Grèce.

Comme on parle de bon éleve pour l’Irlande. Mais la situation réelle est extrêmement mauvaise au Portugal, en Irlande comme en Espagne. Il y a une apparence de réussite du point de vue des critères des dirigeants européens, parce que ces trois pays réussisent à rembourser leur dette sans demander la réduction de celle-ci. Mais tout cela est strictement lié à des taux d’intérêt qui sont provisoirement très faibles. Tous les pays européens, y compris la Slovénie, refinancent leur dette publique à un coût très bas pour le moment, mais il n’y a absolument aucune garantie que cela continuera. Au Portugal ou en Espagne, le taux de croissance est très faible ou bien il stagne, le taux de chômage est extrêmement élevé, la situation des banques portugaises, irlandaises, espagnoles est très mauvaise aussi ; il va falloir continuer à les recapitaliser. L’année passée, une des principales banque portugaise Banco Espírito Santo a fait faillite. En fait, les grands médias et le gouvernement européen octroient des satisfecits à certains gouvernements parce qu’il faut dire : « voilà, les Grecs sont des mauvais élèves et cela va mal pour eux. Les autres, ceux qui appliquent bien les réformes, se débrouillent ». Mais tout cela, c’est de la mystification. Le bilan réel est tout à fait différent.

On est entré dans la psychologie…

En Slovénie, vous êtes dans une situation un peu surréaliste. Si je ne me trompe pas, la majorité de la population slovène, le gouvernement slovène et les grands médias considèrent que vous êtes tellement proche du centre des grandes puissances – notamment de l’Autriche et de l’Allemagne – que vous vous en sortirez toujours. Que vous êtes peut-être dans la péripherie, mais avec un pied déjà dans le centre. Et certains pensent que vous êtes même carrément dans le centre. Or, on va voir si c’est durable. Votre dette publique est en train d’exploser à cause du sauvetage des banques et cela ne va pas s’améliorer à court terme. La Slovénie elle-même n’est pas à l’abri de difficultés dans les deux ou trois ans qui viennent. Et surtout, la grande différence entre la Slovénie, l’Allemagne et l’Autriche, c’est que vous n’êtes pas au centre du pouvoir européen. C’est Berlin, Paris, Londres et à un degré moindre Bruxelles et Amsterdam qui influencent la politique des dirigeants européens, ce n’est pas Ljubljana.

Quel regard portez-vous sur le rôle des médias ? On écrit différemment sur le Portugal ou sur la Grèce. Il y a beaucoup de manipulation, d’émotions aussi. On se perd dans le style et on oublie le fond – dans le style de Yanis Varoufakis, par exemple. On se préoccupe de son doigt, voire de ses vêtements.

Il est clair qu’on a stigmatisé la Grèce et la population grecque. Des commentateurs qui devraient être sérieux ont dit que la Grèce ne collectaient pas ses impôts depuis des siècles et qu’il s’agissait là d’un héritage de l’Empire ottoman. Il est clair qu’il y a de l’évasion fiscale en Grèce …

… et de la corruption. On est dans les Balkans… quand même.

Partout en Europe, il y a de la corruption. Partout. A la FIFA, dans tous les organismes … Mais on veut faire croire que c’est limité à quelques pays. Pour cacher la très grande corruption, on met l’accent sur un petit pays que l’on stigmatise. Ce que l’opinion publique slovène ne sait pas, c’est qu’un ministre de la défense grecque, qui vient d’ailleurs du Pasok [Akis Tsohatzopoulos], a été condamné en 2013 à 20 ans de prison ferme pour corruption. Il est en prison avec cinq membres de sa famille. Mais personne n’en parle. Or, combien de ministres en Europe sont en prison ? Je pense que certains ministres ou ex-ministres slovènes auraient leur place en prison, mais ils ne s’y trouvent pas, ils ne sont pas condamnés. En Grèce, il y a des procès pour corruption et des condamnations : il y a un procès en cours contre 69 Grecs impliqués dans une grosse affaire de corruption avec l’entreprise multinationale Siemens et il y aura des condamnations dans les mois qui viennent.
Oui, la Grèce a de graves problèmes en matière de corruption et de collecte d’impôts, mais le problème est largement répandu dans toute l’Europe. Dans toute l’Europe, les grandes entreprises et le pour cent le plus riche de la population européenne ont réussi à obtenir des cadeaux fiscaux. Les Etats pallient à ce manque de recettes fiscales par le recours à l’endettement public. A cela s’ajoute l’évasion fiscale, par exemple l’affaire de la Banque HSBC, ou encore l’affaire Luxleaks qui implique directement Juncker. N’oublions pas que Draghi était directement impliqué dans le scandale du maquillage des comptes publics grecs en 2001 et 2002… On a un grand problème en Europe comme aux Etats-Unis : c’est qu’on a de grandes entreprises, notament de très grandes banques qui se rendent systématiquement coupables de fraudes ou de corruptions. L’UE ne prend que des mesures extrêmement faibles à leur égard.

Personne ne se sent responsable ni coupable.

Les institutions européeennes, la Commission européenne, les gouvernements des principaux Etats pourraient prendre des mesures fortes pour empêcher l’évasion fiscale – qui est massive et qui porte surtout préjudice aux économies les plus faibles. Les riches des pays de la périphérie européenne placent leur argent dans les pays les plus sûrs, au Luxembourg, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, à la City de Londres. Les responsables européens ont parfaitement les moyens de prendre des mesures, mais ils ne souhaient pas le faire.

Est-il possible qu’un jour quelqu’un soit traduit devant la justice ?

Je ne suis pas optimiste, surtout pas à court terme. Je ne crois pas que ces personnages seront traduits devant la justice, ni qu’ils seront condamnés, alors que leur comportement mériterait que la justice s’en occupe activement. Ce qui peut se produire en positif c’est qu’on tire les leçons de ce qui s’est passé avec la Grèce et que les nouvelles forces démocratiques progressistes comprennent quelles doivent être plus fermes, plus que Tsipras ne l’a été, et donc disposées en tant que gouvernements démocratiquements élus à désobéir aux ordres de la Commission européenne et de la BCE, si – comme on l’a vu dans le cas de la Grèce – elles prennent des mesures injustes pour les économies de leurs pays.

La vague d’indignation dure déjà depuis un certain temps. Stéphane Hessel a appelé à l’indignation il y a quelque années de cela. On a vu naître le mouvement des Indignés en Espagne et la formation de Podemos, mais rien n’a encore abouti. On se sent un peu face à une impasse.

Ces formations sont propulsées par une partie de la population qui veut des réponses radicales. C’est pour cela que Jeremy Corbyn qui n’avait aucun influence institutionnelle sauf dans les syndicats a gagné dans le Labour, et c’est aussi pour cela que Bernie Sanders aux Etats-Unis, qui a très peu de moyens, rencontre un grand soutien de la base dans le parti démocrate alors qu’il est perçu comme un socialiste radical. Il y a vingt ans, ceux qui avaient le vent en poupe, c’étaient Tony Blair et Gordon Brown, Clinton ou Barack Obama… Maintenant ce sont Sanders, Corbyn, Podemos. Pourquoi ? Parce que cela correspond à une volonté d’une partie de la population qui a elle-même tiré comme conclusion qu’il faut des politiques qui traitent le mal à la racine. Dans certains cas, les nouvelles formations politiques comme Syriza ou Podemos sont parfois trop modérées. Même si elles disent qu’il faudrait des solutions radicales, et recueillent pour cela un soutien populaire, elles ont peur de les mettre en pratique. On a besoin d’un gouvernement progressiste qui n’a pas peur de désobéir. L’intérêt des propos que tenait Stéphane Hessel, c’est de dire aux gens : quand ceux qui ont le pouvoir appliquent des politiques foncièrement injustes, il y a un devoir de rébellion, de révolte, de désobéissance. Et il est important que cela vienne de quelqu’un qui a résisté au nazisme, parce que justement ce sont ces gens-là qui ont résisté en France en s’opposant au régime de Vichy, à la police française, et pas simplement aux nazis. Il fallait avoir du courage pour lutter contre la police de son propre pays et contre son propre gouvernement qui collaborait. Aujourd’hui, nous ne sommes pas, bien sûr dans la même situation ; l’Allemagne d’Angela Merkel et de Wolfgang Schäuble n’est pas l’Allemagne nazie. Il y a une énorme différence, mais indéniablement dans le contexte actuel, il n’y a plus suffisamment d’espace pour exercer les droits démocratiques, et donc il faut être prêt à désobéir et à se rebeller. J’espère que ces forces politiques vont le comprendre, sinon on va aller de déception en déception. Ce qui risque d’arriver, c’est l’extrême droite avec…

…Marine Le Pen en France…

ou Viktor Orbán en Hongrie. Le risque est grand que cette extrême droite finisse par trouver des figures charismatiques et qu’avec une désobéissance violente, dirigée contre les immigrés, elle puisse apparaître comme une alternative crédible pour les populations. Il y a un danger réel en Europe. Il n’est pas immédiat, ce n’est pas pour dans un an ou deux, mais le danger est quand même là.

Quel regard portez-vous sur le rôle des syndicats ? On voit bien que, dans le secteur privé, beaucoup d’usines ont fermé les portes. La classe ouvrière est en train de disparaître.

C’est un peu exagéré, mais il est clair qu’il y a un affaiblissement structurel des grands secteurs de salariés. Les concentrations de travailleurs salariés se réduisent certainement dans certains pays ou bien dans des régions entières de l’Europe. Le mouvement syndical a perdu de sa force dans toute une série de pays.

Le syndicalisme se perd, du moins en Slovénie, dans une certaine nostalgie, mais aussi – il faut le dire – dans la démagogie. Le monde est en pleine mutation, il faut que les syndicats aussi suivent la dynamique.

Je compte beaucoup sur la capacité du mouvement syndical de redéfinir une doctrine cohérente dans le nouveau contexte. Un des grands problèmes en Europe c’est qu’on a une Confédération européenne des syndicats avec, si je ne me trompe pas, près de 60 millions de membres. Mais cette Confédération a soutenu tous les traités européens, sauf le dernier, qu’elle a critiqué : le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance, le TSCG ou pacte budgétaire européen. Elle s’y est opposée, mais de manière extrêmement molle, sans mobilisation. Malgré cette réduction de grande concentration industrielle on a encore – avec la Confédération européenne des syndicats qui unit presque tous les syndicats – une puissance potentielle tout à fait considérable, mais ce n’est que potentiel. En pratique, elle a tout laissé faire, en croyant que l’Union européenne allait lui permettre comme direction syndicale de vivre tranquillement dans un soi-disant dialogue social. En réalité, les dirigeants européens n’avaient d’autre objectif que de précariser le travail et remettre en cause les conventions collectives. La confédération européenne des syndicats comprend très tardivement ce qui est en train de se passer et elle est incapable de réagir, parce qu’il y a un manque de fonctionnement démocratique dans cette énorme superstructure mais aussi et surtout un refus de la part de sa direction et de certains des grands syndicats qui en sont membres d’affronter les tenants de ces politiques de casse sociale.

Quel est le rôle des entreprises d’armes, vu la crise de la dette publique aussi bien que la crise migratoire ?

Les industries d’armement jouent sans conteste un rôle important : dans le cas grec, les fournisseurs d’armes à la Grèce sont principalement les entreprises allemandes, françaises et nord-américaines. Elles sont responsables de la corruption. Je viens de vous parler de la condamnation de ce ministre grec ; évidemment il s’est fait corrompre par des entreprises comme Rheinmetall en Allemagne, Thales en France et Lockheed Martin aux Etats-Unis. Il y a des affaires très précises et bien connues où l’on a eu connaissance de pots-de-vin d’un montant considérable pour corrompre des dirigeants politiques. Cela porte sur des centaines de millions d’euros. On note la préoccupation d’une série de pays européens de développer leur industrie d’armement – notamment la Pologne qui vient de réaliser une grande foire internationale de l’armement. Le flux important des réfugiés venant de Syrie est le produit de la politique de l’Europe et des Etats-Unis à l’égard du Moyen-Orient. Je pense à l’intervention militaire en 2003 en Iraq qui a destabilisé la région sans réellement apporter la démocratie, à l’intervention en Libye, enfin à la politique menée à l’égard de la Syrie. Tout cela a généré le renforcement d’Al-Qaïda en Lybie et dans la zone proche du Soudan et du Mali et a favorisé la création de Daesh. On a des fournisseurs d’armes qui approvisionnent les différentes parties en conflit et entretiennent ainsi les guerres. Comme à d’autres moments de l’histoire, il y a effectivement un lien entre la stratégie suivie par les fournisseurs d’armes et le type de politiques menées pour résoudre les problèmes dans d’autres régions du monde. De telles politiques ne correspondent pas à l’intérêt des peuples ; un de leurs effets les plus désastreux est de jeter sur les routes des centaines de milliers de personnes, notamment des enfants et des vieillards, réduits à venir demander l’asile à des Etats qui refusent ou réchignent à les accueillir.

Récemment, la maison d’édition slovène CF a mis dans le livre sur la dette publique intitulé Qui doit à qui ? une photographie de soldats allemands hissant le drapeau nazi sur l’Acropole d’Athènes en 1941. Qu’en pensez-vous ?

C’était un message très fort qu’a voulu faire passer la maison d’édition. Son intérêt est de faire réfléchir car il ne faut pas oublier l’histoire européenne. Il n’y a pas si longtemps, les troupes de Mussolini, suivies des nazis, ont occupé la Grèce. La Grèce a été l’un des pays européens les plus martyrisés, touchés et détruits pendant la Seconde Guerre mondiale, à côté de l’Union soviétique, de la Pologne et en partie aussi de la Yougoslavie. La Grèce est toujours en droit de demander des réparations de guerre à l’Allemagne. Je la soutiens dans cette perspective-là. Cette photo doit faire réfléchir. Ce n’est pas une caricature, on n’a pas mis en dessous d’un casque la tête de Wolfgang Schäuble ou d’Angela Merkel. Cette photo ne veut pas dire que Angela Merkel se comporte comme les nazis, mais elle doit être considérée comme un rappel de notre histoire.

Je pense qu’il faudrait changer de rhétorique dans les médias et ne plus parler du quatrième reich, par exemple. Trop de souvenirs empêchent d’atteindre nos objectifs ; il vaut mieux apaiser le discours.

Il est très clair que nous ne sommes pas dans une situation de domination totale, certes pas dans une domination militaire de la part de l’Allemagne sur le reste de l’Europe. Au contraire, beaucoup de gouvernements nationaux sont très contents qu’Angela Merkel et Wolfgang Schäuble apparaissent comme les méchants et les plus durs. Cela arrange quelque part Matteo Renzi ou François Hollande de pouvoir dire « Ce sont eux qui nous empêchent de faire des concessions. »
Le problème aujourd’hui en Europe ce n’est pas seulement l’Allemagne, c’est l’architecture européenne. Pour changer tout cela il devient évident – si l’on veut véritablement une Europe démocratique – qu’il faudra abroger toute une série de traités européens. Il faudrait initier au plus vite un processus constituant au niveau européen, un processus démocratique – se traduisant par l’élection d’une assemblée constituante européenne par les différents peuples d’Europe. Dans chaque pays de l’Union européenne, des processus nationaux seraient également lancés afin d’élaborer collectivement et démocratiquement un nouveau projet pour l’Europe. On pourrait ici s’inspirer de l’expérience de la France au XVIIIe siècle où les populations de toutes les contrées du pays avaient rédigé « des cahiers de doléances » exprimant leur ressenti, leurs attentes, leurs exigences… Il est plus que temps de faire un bilan de la construction européenne des soixante dernières années et qu’on dise : « Maintenant on reprend cette construction en la rendant réellement démocratique avec la participation des peuples. » Je crois que toute une série de traités européens ne permet pas cela. Il va donc falloir un grand bouleversement en Europe, un grand mouvement européen permettant de déboucher sur un tel changement. Quand est-ce que cela va avoir lieu ? Cela commencera par quelques pays qui vont désobéir, certains vont sortir de la zone euro, l’Europe va rentrer dans une crise plus grave qu’aujourd’hui. Mais cela peut prendre dix ans ou vingt ans. Le processus sera lent et long. La sortie de l’Ancien régime d’absolutisme royal a été le fruit d’une longue lutte.

Sera-t-il possible de le faire paisiblement, vu l’histoire et la crise ?

Je crois que la force des structures autoritaires européennes s’appuie sur la soumission et la docilité des peuples ainsi que de leurs représentants politiques. Leur force est notre obéissance résignée. A partir du moment où une indignation devient massive et se transforme en mobilisation, l’Europe sera forcée de changer et cela n’implique pas d’exercer la violence. Il doit être possible de le faire avec fermeté et détermination mais sans violence.

Est-il correct de parler de 1% de riches contre 99% de pauvres ?

Oui, c’est bien. C’est très schématique, bien sûr, mais cela correspond à la réalité. J’ai étudié cette problématique et les travaux de Thomas Piketty l’ont bien mise en lumière. Le un pour cent le plus riche aux Etats-Unis détient 50 pour cent du patrimoine national. Si vous y ajoutez les neuf pour cent en plus, vous n’obtenez pas beaucoup plus … Parler d’un pour cent permet de dire qu’on peut cibler des mesures sur un secteur minoritaire de la société et qu’on n’a pas besoin de toucher à la classe moyenne. On est repassé à un tel niveau de concentration de la richesse que la formule de un pour cent est beaucoup plus juste qu’il y a trente ans. Il y a trente ans il fallait parler de 10%.

Mais en comparaison avec la période avant la Première Guerre mondiale ou après ? Etait-ce la même chose ?

On est revenu, au niveau de concentration de la richesse, à la situation d’il y a cent ans. C’est ce que montre Piketty.

Source : CADTM, Eric Toussaint, 05-11-2015

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28 réponses à Eric Toussaint : L’exemple grec nous apprend-il quelque chose ?

Commentaires recommandés

Macarel Le 26 décembre 2015 à 10h47

Ce qui manque aussi c’est la prise en compte d’un élément fondamental : la Grande Crise du capitalisme contemporain. Capitalisme qui pour maintenir les taux de profits des actionnaires, est de plus en plus enclin à détruire ce que l’on appelle l’Etat Providence”.
Il n’est plus possible, ou moins facile, de coloniser des “peuples exotiques” comme au XIXième siècle, alors il faut “coloniser” ses propres peuples, en les ramenant à l’état antérieur à l’émergence de l’Etat Providence.
Le cas grec est exemplaire en ce domaine. Mais ce faisant le capitalisme, perd l’élément essentiel qui faisait qu’il “était accepté” par les peuples de la “métropole”, malgré toutes les tares qui sont les siennes par ailleurs.
Détruisant l’Etat Providence pour persévérer dans son “être” le capitalisme, détruit aussi la “gauche traditionnelle”, puisque le développement de l’Etat Providence était le principal fond de commerce de cette dernière. C’est pourquoi la crise capitaliste contemporaine, rend la gauche moribonde.
Car cette gauche s’est construite dans le sillage du mythe d’un progrès technologique, et d’une croissance sans fin, au service avant tout du capital.
Le fond du problème, c’est bien de sortir du capitalisme, d’un mode de développement qui nous mène dans une voie sans issue. Dans le système actuel, les dettes de tous types ne peuvent que croître, et ne seront jamais remboursées. Surtout, malheureusement, celle qui consiste en la destruction souvent irréversible de notre environnement planétaire.

« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »

Antonio Gramsci

  1. Nerouiev Le 26 décembre 2015 à 08h14
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    Texte intéressant mais pour moi il manque une grosse partie qui est le poids des États-Unis dans la structure européenne. La privatisation à tout prix, la haine de la Russie, le carcan du TAFTA, les guerres contre la Russie (Ukraine, Syrie), les dettes, etc. Est-ce bien la base de notre grand partage pour être plus fort que nos différences culturelles, linguistiques, de latitude et de longitude, de notre histoire? Qui peut dépeindre la beauté de l’objectif que nous construisons ? Personnellement je ne vois que que des murs les uns derrière les autres, à part l’opportunité d’aller manger des tapas en Espagne avec mes euros et sans mes papiers.


  2. gilles Le 26 décembre 2015 à 09h19
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    “’avec une désobéissance violente, dirigée contre les immigrés, elle puisse apparaître comme une alternative crédible pour les populations” La désobéissance violente aujourd’hui en Europe c’est les “antifas” et les immigrés de la vague actuelle. il faudrait voir les faits tel qu’ils sont!


  3. Outis Le 26 décembre 2015 à 10h18
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    « Dans toute l’Europe, les grandes entreprises et le pour cent le plus riche de la population européenne ont réussi à obtenir des cadeaux fiscaux. Les États pallient à ce manque de recettes fiscales par le recours à l’endettement public. »

    Et cet endettement public génère des intérêts au profit des grandes entreprises/banques et du pour cent le plus riche. Etc.

    Comment mettre fin à ce vice sans fin sinon par une réaction qui risque d’être
    très violente ?


  4. Gier 13. Le 26 décembre 2015 à 10h45
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    Au commencement était un désir d’établir la paix entre pays qui avaient pris l’habitude de se massacrer tous les 20/30 ans. C’est écrit dans le traité de Rome.
    Le moyen c’était d’ouvrir les frontières, selon l’idée que si on bosse ensemble, on n’aura pas envie de se mettre sur la gueule.
    C’est joli comme idée.
    Était sans doute aussi en jeux l’idée d’être plus puissant face au bloc de l’Est et des EU. L’affaire de Suez venait de démontrer qu’Anglais et Français n’étaient plus rien.
    Et puis l’aide Marshall devait bien s’accommoder d’un libéralisme le plus ouvert possible !
    Finalement, dans tout ça, le peuple ou plutôt les peuples européens passent au second plan.
    Pour ma part j’ai longtemps cru que la construction européenne était toute belle. Depuis, hormis les facilités qu’offre la monnaie unique et les frontières perméables quand je vais en Italie ou en Allemagne ou ailleurs pour mon travail ou les vacances, je ne vois pas bien quels avantages, en termes économiques, sociaux, environnementaux, de cohérence de la société, de justice sociale…. Il y a à rester dans une Europe gouvernée par des chefs d’entreprises plus ou moins corrompus.
    Mais, c’était prévu comme ça non ? C’était biaisé dès le départ cette affaire ! On l’a juste pas vu venir.


  5. Macarel Le 26 décembre 2015 à 10h47
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    Ce qui manque aussi c’est la prise en compte d’un élément fondamental : la Grande Crise du capitalisme contemporain. Capitalisme qui pour maintenir les taux de profits des actionnaires, est de plus en plus enclin à détruire ce que l’on appelle l’Etat Providence”.
    Il n’est plus possible, ou moins facile, de coloniser des “peuples exotiques” comme au XIXième siècle, alors il faut “coloniser” ses propres peuples, en les ramenant à l’état antérieur à l’émergence de l’Etat Providence.
    Le cas grec est exemplaire en ce domaine. Mais ce faisant le capitalisme, perd l’élément essentiel qui faisait qu’il “était accepté” par les peuples de la “métropole”, malgré toutes les tares qui sont les siennes par ailleurs.
    Détruisant l’Etat Providence pour persévérer dans son “être” le capitalisme, détruit aussi la “gauche traditionnelle”, puisque le développement de l’Etat Providence était le principal fond de commerce de cette dernière. C’est pourquoi la crise capitaliste contemporaine, rend la gauche moribonde.
    Car cette gauche s’est construite dans le sillage du mythe d’un progrès technologique, et d’une croissance sans fin, au service avant tout du capital.
    Le fond du problème, c’est bien de sortir du capitalisme, d’un mode de développement qui nous mène dans une voie sans issue. Dans le système actuel, les dettes de tous types ne peuvent que croître, et ne seront jamais remboursées. Surtout, malheureusement, celle qui consiste en la destruction souvent irréversible de notre environnement planétaire.

    « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres »

    Antonio Gramsci


    • Macarel Le 26 décembre 2015 à 11h07
      Afficher/Masquer

      Lire aussi :

      De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

      http://www.entrefilets.com/De_la_chute_de_l_Empire_a_la_surfusion_du_Systeme.html


    • Charles Le 26 décembre 2015 à 13h01
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      Macarel a raison. Nous atteignons le dénouement du vieil adage “Socialisme ou barbarie”. C’est ce qu’explique Wikirouge:
      “pas d’autre horizon en vue qu’une lutte des classes qui s’accentue plus ou moins vite, ou une fuite dans des barbaries guerrières” dans un texte très pédagogique trouvé ici: http://wp.me/p5oNrG-a4H


    • games Le 26 décembre 2015 à 19h29
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      Comment en sortir,ou plutôt s’en extraire!
      les peuples savent ce qu’ils veulent…
      Mais ils ne savent pas comment!
      Pour Marx la dictature du prolétarien permet à cette nuée d’apprendre l’Agora
      Pour le communisme de guerre .. c’est foutue!
      Pour le capitalisme de guerre… c’est de saison…


  6. Patrick Andre Le 26 décembre 2015 à 10h49
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    “Quand est-ce que cela va avoir lieu ? Cela commencera par quelques pays qui vont désobéir, certains vont sortir de la zone euro…”

    Non, cela n ’aura jamais lieu,car il faut impérativement sortir de L’UE (article 50),pour pouvoir sortir de la zone euro


    • HAY Le 27 décembre 2015 à 01h01
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      Quand est-ce que cela va avoir lieu ? Cela commencera par quelques pays qui vont désobéir, certains vont sortir de la zone euro…”

      Pour que cela ait lieu étend entendu qu’il faille impérativement sortir de L’UE (article 50),pour pouvoir sortir de la zone euro.
      Je ne vois pas d’autre solution que de sortir par effraction !!! Cela pet avoir lieu n’importe quand ! Il
      suffit qu’un ou deux pays qui pèsent (idéalement la France et La Grande Bretagne) DECIDENT DE DESOBEIR !!! (Car Je suis sûr que la force des structures autoritaires européennes s’appuie sur la soumission et la docilité des peuples ainsi que de leurs représentants politiques. Leur force est notre obéissance résignée. A PARTIR DU MOMENT OU UNE INDIGNATION DEVIENT MASSIVE ET SE TRANSFORME EN MOBILISATION, L’EUROPE SERA FORCEE DE CHANGER et cela n’implique pas d’exercer la violence. IL DOIT ETRE POSSIBLE DE LE FAIRE AVEC FERMETE ET DETERMINATION mais sans violence.


      • Patrick Andre Le 27 décembre 2015 à 12h59
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        Article 50

        Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.
        L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
        Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.
        Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.
        La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.
        Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.

        Si vous lisez bien l article 50,il n’y a pas d effraction à sortir de L’UE via cet article et unilatéralement, il suffit qu un parti politique l ’applique tel l UPR le propose sans détour dans son programme


    • Inox Le 27 décembre 2015 à 20h50
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      Et bien… Je ne serais pas aussi optimiste que vous. Moi ce que m’a appris la crise grècque, est qu’en fermant le “robinet argent”, en une semaine un peuple devient aussi docile qu’un gentil petit toutou. Et aucun parti politique ne peut lutter contre ça. L’Europe telle qu’on nous l’impose a encore de beaux jours devant elle. Et je suis sûr que les fameux 1% s’en frottent les mains avec un large sourire.


  7. petitjean Le 26 décembre 2015 à 12h35
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    Il est écrit :

    ” Il doit être possible de le faire avec fermeté et détermination mais sans violence”

    c’est une blague !

    à partir du moment où, tout est verrouillé, où il est impossible d’imposer un changement par son vote, que nous reste-t-il comme solution pour contraindre les oligarques ?

    cet article fait dans l’angélisme

    La force des oligarques est notre “obéissance résignée”

    en effet, on ne combat pas la dictature avec des mots et des bulletins de vote……….


    • wilmotte karim Le 27 décembre 2015 à 12h46
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      C’est pourtant un debut.


  8. Nerouev Le 26 décembre 2015 à 14h37
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    Vous en voulez de la privatisation, OK alors sortons du communisme européen et privatisons la France.


  9. Astatruc Le 26 décembre 2015 à 16h10
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    “L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.”

    La fabrique des imposteurs de Roland Gory

    https://www.youtube.com/watch?v=2FEtiA18lZU


  10. Renaud Le 26 décembre 2015 à 16h15
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    Dans ce genre d’entretien, dont certains éléments sont cependant intéressants, il n’est presque jamais question, entre autres, de la présence accrue en “Europe” des installations militaires américaines, OTAN, etc, et de ce que ça implique dans la perte complète de souveraineté et la vassalité des “Européens”. La présence des bases militaires américaines en Europe de l’Ouest pouvaient se comprendre avant 1989, année la chute du mur de Berlin, puis de l’Urss 1990-91, donc la disparition du communisme politique en Europe. Mais au contraire, depuis 1991, il y a 25 ans, les installations militaires américaines n’ont fait que se développer dans toute l’ “Europe” jusqu’aux portes de la Russie… et Asie Centrale…
    L’on constate que les États-Unis ont “besoin” à tout prix d’ “ennemis”. Tels sont les objectifs de ce complexe militaro-industriel américain et son “prolongement” “européen”. S’il n’y a plus d’ennemi, on l’invente. Daech ferait l’affaire avec le “relai européen”, à ce qu’il semble ? En effet, le budget américain de “défense” (contre qui?) est en constante augmentation depuis 25 ans, ce budget est plus important à lui tout seul que tous les autres budgets de défense de tous les autres pays dans le monde… C’est le complexe militaro-industriel américain qui maintient artificiellement debout l’économie et les finances chancelantes et toutes fausses des États-Unis et de l’ “Europe”.

    Mais d’ailleurs, je crois qu’on s’accroche à des concepts historiques qui, hélas pour notre lucidité et notre entendement, ne correspondent plus à la réalité déterminante. La réalité déterminante est transnationale et ses objectifs ont été et restent : centralistes et mondialistes. L’ampleur prise par l’interdépendance nous terrasse et nous ruine économiquement, socialement, et, largement aussi grave sinon plus, culturellement.

    Il se peut que L’ “Europe” de Bruxelles devienne un emballage qu’on jette à la poubelle après “réception” du “contenu. Cet emballage et son contenu sont délétères, dissolvent les nations et les cultures.

    Il faudra redoubler d’attention et de précautions de toutes sortes si l’on sort avec un minimum de lucidité (surtout nos enfants) de ce ravage de la mondialisation poussée à ces extrêmes.
    Voir :

    https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2015/06/21/la-grande-mue-de-letat-nation-a-un-etat-transnational-par-liliane-held-khawam/

    http://investir.ch/wp-content/uploads/2015/12/money-in-the-world.png

    Renaud


  11. Andrae Le 26 décembre 2015 à 18h11
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    Tsipras et Yanis ont toujours laisser entendre, avant et après l’éléction de Syriza, qu’ils n’étaient pas pour un Grexit et n’envisagaient pas une sortie de l’UE. Ce dernier point n’a d’ailleurs pas été discuté, ou du moins pas sérieusement en public ou dans les médias, à ma connaissance. Supposément, “un reflet de la volonté du peuple Grec.” (Perso, je n’en suis pas si sure..)

    Le programme Syriza était certes anti-austérité, et plutot de ‘gauche’ sans être, à mes yeux, de ‘gauche radicale’, label que les médias leur ont collé. Yanis, surtout, a dévelopé un discours type ‘réforme de l’UE’, et continue sur cette ligne aujourd’hui.

    De nombreux commentateurs ont souligné que cette prise de position était contradictoire, malheureuse (etc.), allant vers l’échec.

    Ce qui fut démontré, l’échec, pour la Grèce, était programmé. Peu importe si on juge Tsipras / Yanis comme traitre ou personne solide, honnête (Yanis, car il a démissioné), il me semble que Syriza, en regardant en arrière, n’aurait pas été toléré jusqu’aux éléctions, et ne les auraient jamais gagnées si anti-UE. Anti-UE, > marginalisés, démonisés, manipulés, et éliminés du champ politique, et pas par les Grecs….d’autres événements auraient surgit.

    En Grèce ceux qui questionnent l’appartenance à l’UE, ou pronent ouvertement pour une rupture, c’est la frange ‘folle’ politique, l’Aube Dorée, les Communistes (on peut détester l’un ou l’autre ou les deux); l’abîme gauche-droite empèche tout questionnement de ce qui est fondamental pour le pays. Un exemple stéréotypé mais qui trouve echo partout ailleurs en UE.

    Question: Quelles mesures auraient été prises contre la Grèce en cas de non-arrangement politique? Le mantra était, amha, ca passe ou ca casse …et la suite…?

    l’UE est par nature expansionniste, elle ne peut pas être autre, elle incarne ‘le bien, les valeurs démocratiques’ / la suprémacie des maîtres atlantistes / soumission aux USA / l’exploitation et la destruction de territoires périphériques / etc. Un départ ne peut être toléré (impérialisme), ce qui risque de finir dans un fracas terrible, meurtrier. Les USA sont largement responsables de la création de l’UE, dans un but de contrôle et domination, mais une guerre en Europe c’est bien si ce projet boiteux capote, ne fonctionne plus, ne donne plus satisfaction.


  12. Fox 23 Le 26 décembre 2015 à 19h05
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    Cet article laisse effectivement beaucoup de choses dans l’ombre, toutes liées entre elles.
    Ce n’est pas le 4è Reich ?
    Pas si sur. Les Allemands ont simplement eu l’intelligence de remplacer leurs autocars à chenilles par la maîtrise économique pour imposer leur diktat au reste de l’Europe dirigé par des veules.
    Que prévoyait Hitler ? L’agriculture pour la France, accessoirement bronze-cul de l’Europe du nord et l’industrie pour l’Allemagne. En est-on si loin ?

    Toutefois, si cette dernière se permet cette prise de pouvoir soft, c’est bien sur avec l’appui du grand Satan.
    Reprenez le nom des fleurons de l’industrie allemande et regardez à qui appartiennent réellement ces firmes ! Depuis la fin de la première guerre mondiale grossièrement, la finance US est au plus haut niveau dans ce pays et fait la pluie et le beau temps.

    Une douzaine de “capitaines” de la finance et de l’industrie US aurait du être pendus à Nuremberg à l’issue du célèbre procès pour être les principaux responsables du déclenchement de la seconde guerre mondiale.
    Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, indiquent le chemin à suivre, préparant la victoire des USA sur l’Europe par KO.


  13. Spectre Le 26 décembre 2015 à 23h46
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    Ce que l’exemple grec aura fini de mettre en évidence, c’est la nature néocoloniale des institutions europeénnes — prêtes à dépecer et tiers-mondiser un peuple tout entier sans sourciller, tout comme l’on fusillait jadis les soldats renégats pour l’exemple. Les interventions militaires directes étant coûteuses et voyantes, l’oligarchie a trouvé la parade pour asservir les peuples sans envoyer les chars ou des troufions sur place : l’outil rêvé, c’est la dette (ironiquement nommée “souveraine” …).

    L’exemple grec aura au moins eu pour mérite de dessiller, fût-ce partiellement, les gauches dites “radicales” qui partaient au combat avec un peu trop de légèreté, la fleur au fusil et la bouche pleine d’onction envers l’idole “Europe”. Voir le soldat Tsipras copieusement piétiné — faute d’avoir compris que l’on ne négocie pas au pistolet à bouchons contre les euro-intégristes — aura un peu fait bouger les lignes. À refuser de rompre avec la religion européiste, Podemos est d’ailleurs voué à finir dans la même lessiveuse libérale… si jamais ils parviennent au pouvoir. Je suis curieux de voir ce que va donner le “sommet internationaliste du plan B” : est-ce que le “non de gauche” va finir par devenir conséquent ? Va-t-il pleinement réaliser que l’on ne transforme pas de l’intérieur une prison volontairement conçue comme telle ?

    L’exemple grec aura également détruit la chimère fédéraliste. Il n’y a pas de solidarité européenne car il n’y a pas de peuple européen. Quiconque soutient le contraire est libre de demander par référendum aux Allemands s’ils sont prêts à transférer 10% de leur PIB à la “nation européenne” (lol), ou aux Français s’ils y mettraient 5, 6 ou 7%. On connaît d’avance la réponse.

    L’exemple grec démontre également de quel côté provient réellement la violence. Explosion du chômage et de la pauvreté, baisse de l’espérance de vie, hausse des suicides, prostitution forcée pour survivre, absence de chauffage l’hiver, effondrement du système de santé… Tout cela est mille fois plus violent que ce que pourrait faire le peuple en réponse.

    Quant à en finir avec tout cela “en douceur” (“Il doit être possible de le faire avec fermeté et détermination mais sans violence”) il ne faut pas se leurrer. L’oligarchie la plus puissante et la plus haineuse de l’histoire ne laissera pas sa poule aux oeufs d’or disparaître en souriant… Cela dit, les planètes s’aligneront peut-être pour une implosion naturelle de l’UEM lors de la prochaine crise financière (qui devrait arriver assez vite). Si ce n’est pas le cas, après tant d’années passées à violer la souveraineté des peuples, il ne faudra pas s’étonner qu’un jour le retour de flamme soit un peu brutal…


    • Furax Le 28 décembre 2015 à 11h55
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      En partie d’accord avec vousis en partie seulement.

      La Grèce a aussi sa part de responsabilité dans ce qui lui est arrivé. La dette grecque était pour l’essentiel déjà énorme avant le déclenchement de la crise de 2008/2009 à partir de laquelle le PIB grec s’est effondré.

      L’UE a certes forcé la Grèce à mener une politique catastrophique. Mais c’est la conséquence même d’une construction de l’UE qui est viciée depuis 1986 (acte unique) et 1992 (traité de Maastricht).

      Comme vous le relevez justement, les peuples européens ne veulent pas l’union fiscale-budgétaire qui est le complément indispensable d’une union monétaire. Les transferts entre Etats membres de l’UE sont 12 à 15 fois moindres, en proportion du PIB de l’UE, qu’aux USA alors mêmes que les écarts économiques entre Etats membres de l’UE sont beaucoup plus forts qu’entre les Etats fédérés des USA.

      Dès lors, la,logique eut été d’en sortir. Cétait la seule alternative car, comme le dit Sapir, mieux vaut une fin effroyable après laquelle on peut rebâtir qu’un effroi sans fin.


  14. Ilestmalheureuxletempsdescerises Le 26 décembre 2015 à 23h48
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    Dans ma jeunesse, quand j’étais embrigadé par l’européisme béat, je me souviens très bien à quelle point l’Union Européenne m’était étrangère, mais voyons l’Europe c’était pelle-mêle : la (PROMESSE) de la prospérité, de la croissance, de ce qui ferais de nous une nouvelle hyperpuissance devançant les E-U.A (USA, ndlr).

    Bien sur cette formidable épopée n’était en l’état actuelle pas parfaitement aboutit mais “y a ka” changer d’Europe et tout sera bien, tout simplement en faisant plus d’Europe.

    Et bien, pour la grande majorité des gens sortir de l’U.E et de l’euro (de facto) et le pire des outrages : il est plus facile de devenir raciste qu’anti-européiste. En effet :

    – sortir de l’euro = hérésie, fin du monde et krach mondiale
    – sortir de l’U.E = guerre mondiale (“ke nous appren lhistoir”)

    Je passe tous les lieux communs mais il est important de comprendre que, si je me fie à ce que je pensai dans mon enfance (cad, ce que pense le peuple), toute remise en cause de l’U.E (cad, sa sortie) est impossible. Ce qui implique que l’avenir de l’Europe est écrit : elle est foutue. Et personne n’y pourra rien. Jusqu’à ce qu’elle s’effondre (à long terme ?).

    Je pense que bcp sous-estime la force avec laquelle la propagande a agit sur les esprits. Dans les faits c’est l’U.E qui dirige et décide des lois (la démonstration est triviale) mais c’est le Flanc au “pouvoir” qui reçoit la colère de la populace, qui vote alors pour le Nain (et réciproquement).

    Et rien ne changera jamais. Parfois les masses pensent que quelque-chose (on a voté extrême, ndlr) va finalement changer : il se font syriser.

    Finalement, une fois qu’on a compris que c’est l’U.E qui dirige, on n’a pas à être étonné de ce qu’a fait Syriza : tout est évident et logique finalement. Je note que bcp d’experts télé n’avaient rien deviner sur Syriza (je suis déçu).

    J’ai personnellement vu un mélanchoniste dire que ça aller changer en Grèce. Je n’ai rien dit car c’est beaucoup trop compliqué pour la plupart des gens (et les raccourcis sont rapidement fait quand on critique l’U.E dans les règles de l’art) mais cette épisode m’a bien fait rire en tout cas. Finalement, ce monde n’est qu’une vaste blague, tant pis pour les chômeurs.


  15. theuric Le 27 décembre 2015 à 03h27
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    Ce libellé de Monsieur toussaint et tous les autres de même sorte, n’ont plus, pour moi, aucune espèce d’importance.
    Mais d’affirmer cela, il me faut m’en expliquer:
    Hormis @Macarel, peu sont ceux prenant en compte le fait essentiel du délitement accéléré de l’économie U.S..
    Mais plus rare encore sont ceux envisageant la même chose à une échelle internationale.
    D’ailleurs, encore hier, mes mêmes contradicteurs qui, l’instant auparavant, lors d’une conversation, disaient pire que pendre de ce qu’il se passe en France et l’européenne union, ne pouvaient accepter la simple idée qu’il puisse être possible que le système néolibéral actuel puisse disparaître d’un coup.
    Que les États-Unis-d’Amérique puissent se retrouver ruinés, je n’en avais pas fait mention, sachant que cette idée même serait automatiquement rejetée.
    Parce que penser que l’économie-monde puisse s’effondrer ne pourrait que se comprendre que comme la disparition inéluctable des U.S.A., ad minima en tant qu’empire.
    Mais il est aussi à remarquer que le texte auquel nous a renvoyé notre ami @Macarel ose, lui, aborder le problème que représenterait la disparition de l’empire U.S., mais non pas que ce seront toutes les économies du monde qui puissent en souffrir et, ce, à un point difficilement imaginable.
    Il me parais étrange de constater que ceux qui, avec justesse, pronostiquent la prochaine disparition du-dit empire ne posent pas le même regard sur le reste du monde et que ceux mettant en évidence les blocages mortifères et autodestructeurs de l’Union-Européenne ne puissent percevoir combien ces mêmes sortes de blocages s’égrainent aussi, tout autant, dans cet empire que dans tous les autre nations, sauf à de rares exceptions près, comme en Russie ou en Island.
    En vrai, ce texte que nous a présenté @Macarel met en lumière le processus international en cours même si il ne porte que sur les U.S.A., soit une désagrégation économique et, souvent aussi, politique et sociale, comme dans l’U.E., tellement rapide que cela génère un effet de surfusion ayant deux conséquences/
    -une aggravation rapide des désorganisations et déstabilisations de la plupart des pays, économiques et, également souvent, politique de la grande majorité des pays;
    -puis, surtout, d’une vitesse incroyablement rapide avec laquelle ces désorganisations et déstabilisations de toutes sortes, mais surtout économiques, s’exprimeront.
    Cela voulant dire que lorsque ce phénomène de surfusion cessera, l’économie mondiale pourrait fort bien s’arrêter en quelques semaines, voire quelques jours, suivant le degrés de décomposition de cette économie globalisée.
    C’est pourquoi je ne cesse d’affirmer que nous faisons face à une prochaine catastrophe économique mondiale, que celle-ci peut survenir n’importe quand et à grande vitesse et que l’Union-Européenne, l’empire U.S., l’O.T.A.N. et l’euro ne pourront y survire.


    • Andrae Le 27 décembre 2015 à 16h43
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      Qqs points en vrac sur votre post que j’ai apprécié.

      Le problème de manque de conscience provient de:

      a) c’est toujours chez l’autre que cela pète, va mal, etc. Ce qui est normal, car l’environnement dans lequel on vit (travail, voisins, paysage) doit être percu comme ‘relativement’ stable, sinon on ne participe plus.

      b) un manque de compréhension des circuits financiers et l’infrastructure banquaire, plus crucial, la dépendance sur l’énergie, la fragilité extrème des réseaux de production et d’échange (p. ex. nourriture!), et, en UE, le délitement complet du politique, propagande, mensonges, évitements, etc. qui sont eux-mêmes des symptomes d’une fin d’époque ou d’apocalypse..

      Un choc de surfusion est immédiat. Dans ce cas-là, ceux qui ‘survivent’ en tant qu’entité plus ou moins soudée, c’est à dire sont en dehors de la ‘bouteille’, sont les petits, les indépendants / isolés, et les préparés, qu’ils soient faibles ou forts (Allemagne), que la préparations soit planifiée ou inhérente à la culture. (> Dans le sens de votre post.)

      Mais! ce qu’on voit actuellement c’est plutot un triage ou des pays (Lybie, Syrie, Grèce pour parler Europe..) et, pour descendre au niveau individuel – il y a plusieurs niveaux intermédiaires – des musulmans ou autres / pauvres, bas de l’échelle / politiquement indésirables, etc. sont éliminés du circuit ‘normal’… Afin de préserver le gateau partagé par les ‘puissances’, OECD, ou figures dites néo-libérales (corporations, membres du Gvmt, etc.)

      Bien sur le désir d’exploiter persiste: hydrocarbures, autres ressources, esclavage, etc. mais ce n’est pas le but premier. Ce triage peut continuer longtemps, en se renforcant par sa propre mécanique interne, il faut toujours en faire plus.. Notamment controler la population sur son territoire.

      Ce n’est pas une crise du capitalisme, en premier lieu (en opposition avec le communisme p. ex.) mais une lutte sur bcp de plans différents pour l’utilisation de ressources et de controle des circuits importants, de dominer, coute que coute.


    • step2 Le 28 décembre 2015 à 10h47
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      oui et non, tant qu’il restera un gros fusil aux US, l’autodestruction de leur système économique n’enlèvera pas leur leadership. Il ne fera qu’accroitre par contre la pression qu’il exercera sur sa périphérie pour contrebalancer son effondrement central. A la manière d’un trou noir en astrophysique. Et je parie que l’asservissement intellectuel de nos dirigeants périphériques, qui pourtant on tout à perdre à rester dans l’orbite d’un tel objet, fera que la réaction pour ne pas finir dévorés ne viendra pas d’eux. Si elle vient des populations de ces satellites, elle sera tardive et maladroite vu l’anesthésie et l’assistanat intellectuel qui les caractérisent.


  16. Moshedayan Le 27 décembre 2015 à 11h37
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    Sans commentaire ce lien sur le statut des travailleurs détachés et la position des socialistes européens donc les Français à vérifier donc
    http://lucien-pons.over-blog.com/article-les-travailleurs-detaches-enchaines-a-la-demande-du-ps-jean-luc-melenchon-123505546.html
    et à mettre en parallèle ou comparatif avec la proposition de loi de Jacques Myard sur les travailleurs détachés (quand la droite semble “penser comme à gauche ?” ???)


  17. Furax Le 28 décembre 2015 à 11h42
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    Oui. Et lisez des bois complètes de ces personnages. La grande majorité d’entre eux venaient de la gauche. Ils sont passés à la collaboration par pacifisme.

    Tous ont été qualifiés d’extreme-droite après la libération par une gauche qui avait presque tout entière collaboré en 1940 mais qui, ayant principalement trouvé son salut dans la resistance communiste à partir du 22 juin 1941, s’est re légitimée en imposant le mensonge historique selon lequel la collaboration cela aurait été la droite et l’extrême-droite. Alors qu’en réalité, avant le 22 juin 1941, la resistance etait surtout représentée par la droite catholique, nationaliste, voire royaliste et antirépublicaine, et même par la droite raciste, pour la simple raison qu’eux étaient nationalistes et donc violemment anti-allemands.

    Le livre qui compte, sur le sujet, c’est bien sûr celui de Simon Epstein : un paradoxe français.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Un_paradoxe_français


  18. Téhèf Le 30 décembre 2015 à 09h21
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    Eric Toussaint très décevant et incohérent.

    Comment peut-il dire au début de l’article qu’il ne croit plus au projet européen, tout en concluant qu’il “faudrait initier au plus vite un processus constituant au niveau européen” ?

    Comment peut-il appeler à “l’élection d’une assemblée constituante européenne par les différents peuples d’Europe” alors que si nous sommes dans une situation aussi lamentable, c’est parce qu’on force ces peuples à fusionner entre eux alors qu’ils ont des intérêts fondamentalement divergents ?

    Il veut une “autre Europe” plus démocratique alors que ça implique nécessairement de vaincre la corruption à échelle européenne. Comment peut-il s’imaginer que c’est ce qui va se passer, alors qu’on a déjà tellement de mal à vaincre celle à échelle nationale ?

    Sans oublier l’antithèse “Europe démocratique” : demos = peuple, il ne peut y avoir de démocratie sans peuple ; comme il n’y a pas de peuple européen, on ne peut pas avoir une Europe “démocratique”…à moins qu’on fasse une croix sur les démocraties nationales pour passer à un stade fédéral de l’UE.


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