(Billet du 11 octobre 2013)

Après le billet sur la situation des libraires, dernier billet de notre série, avec le dénouement final… 🙂

La réalité des conséquences de la loi

Nous avons analysé hier la loi anti-amazon (ou anti-Fnac). Revenons sur ses conséquences.

Elle va conduire à majorer de 5 % le prix des livres en ligne – pour soi-disant aider les libraires.

Financièrement le consommateur en ligne y perd 5 %. Mais qui y gagne ?

Eh bien Amazon, pardi !

Nous sommes en régime de prix unique, donc le prix va être fixé à un niveau plus haut.

Donc les députés viennent de racketter le consommateur pour donner (beaucoup) plus d’argent à Amazon !

Et pas qu’un peu…

Le marché de livres sur Internet doit tourner autour de 800 M€. On estime la part d’Amazon à 70 %, soit 500 M€ à la louche.

Nos députés viennent donc de voter une loi qui va

  • rincer le consommateur de 40 M€ (cela s’appelle une taxe normalement) – pour rien en échange ;
  • et apporter 25 M€ de plus de CA à Amazon, et donc 25 M€ de bénéfice en plus – quasi net d’impôt.

Car bien évidemment, il faut avoir un QI d’huître de député pour penser qu’en majorant un livre à 20 € de 1 €, les gens vont se ruer chez un libraire, ou même faire l’effort d’aller sur un de leur site en ligne, pour avoir le même prix et moins de services (ergonomie du site, conseils du site, rapidité, qualité des colis et de leur constitution, retour sous 30 jours…).

J’ai regardé : cette blague va personnellement me coûter 200 à 300 € par an, qui vont aller enrichir un site en ligne, sans rien en échange. Je ne trouve cela ni juste ni même efficace…

Les erreurs de la ministre

Je préfère dire erreurs que mensonges, mais bon, pour un ministre ça devrait être considéré comme identique… Et conneries, cela serait impoli.

Alors, que nous a-t-elle dit durant les débats sur la loi “anti-Amazon” (et “anti-FNAC”, donc), reprenant la propagande du syndicat des libraires ? [A lire ici]

Rien ne changera demain, si ce n’est que ceux qui vendent en ligne feront payer leur livre 22 euros au lieu de 20,90 euros, autrement dit au prix éditeur.” [Aurélie Filipetti, Assemblée Nationale, 3/10/2013]

Ah ben ouais, rien ne change donc… [Promis, je n’ai rien inventé, c’est tel quel dans le Journal Officiel]

D’ailleurs, en 2017, rien ne changera pour elle, si ce n’est qu’elle sera donc au chômage…

Ce ne sera donc pas pénalisant pour le consommateur puisque, de toute façon, dans son esprit, la loi de 1981 a toujours considéré que le respect du prix fixé par l’éditeur n’était pas une entrave au pouvoir d’achat du consommateur.” [Aurélie Filipetti, Assemblée Nationale, 3/10/2013]

Bah oui, cela n’est pas pénalisant, c’est juste plus cher !!! Et comme en France, l’argent est amené directement par les cigognes dans nos porte-monnaies, ce n’est pas grave… Et je vous laisse apprécier la bonne foi de l’argument avancé…

“La meilleure preuve en est que, dans les pays ne pratiquant pas le prix unique du livre, les livres ne sont pas moins chers qu’en France. C’est bien là tout l’effet bénéfique de la loi de 1981.” [Aurélie Filipetti, Assemblée Nationale, 3/10/2013]

Il y a là quelque chose qui devient à mes yeux proprement inacceptable : la négation de la réalité. Qu’on me dise que le consommateur doit payer plus cher pour soutenir les libraires, on peut débattre. Qu’on dise que cela n’a pas d’impact sur le consommateur, c’est inacceptable. Et cette pathologie est de plus en plus répandue : loi bancaire de séparation des activités qui ne sépare rien, référendum d’initiative populaire vanté par Hollande qui n’existera jamais, etc. Ou mieux : “loi anti-amazon” qui va augmenter ses profits de 20 ou 30 % (vous ne vous demandez pas pourquoi on ne les a pas entendu hurler ?) – vivement la “loi anti-blogueurs” dans ces conditions…

Il est évident que, les éditeurs ne faisant pas n’importe quoi (sous peine de ne plus avoir de client), le prix éditeur est forcement proche entre tous les pays -puisque que c’est le prix du “livre dans une librairie” : il faut créer le livre, imprimer le livre, transporter le livre dans la librairie, payer le loyer et le personnel de la librairie. Cela ne peut pas coûter 25 % de moins entre deux pays.

MAIS ça, c’est pour le prix “livre dans une librairie”. Mais Internet est arrivé, et on peut aussi avoir l’option “le livre livré à la maison”, qui est bien le nouveau prix du livre.

Alors Madame la Ministre, le prix du livre n’est pas moins cher à l’étranger ? Rendons-nous alors aux Etats-Unis par la magie d’Internet , chez Amazon.com, et comparons avec Amazon.fr pour le même livre (en convertissant en euros) :

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

N.B. : je précise pour les habitants du Ve arrondissement de Paris – qui regroupe presque tous les travailleurs du cabinet de la ministre de la Culture – qu’il existe en France ce qu’on appelle communément en termes techniques “des pauvres”. Et pour eux, payer 28,4 € pour avoir la vision d’Al Gore sur l’avenir de notre planète n’est guère envisageable – ce qui pose un léger bug démocratique… Idem pour l’économie :

prix du livre

Vous me direz que ce sont uniquement des traductions en français d’auteurs anglais, et que l’éditeur français doit payer la traduction (marginale mais bon…) ? Continuons alors avec des traductions américaines de livres français alors…

prix du livre

prix du livre

Vous me direz que ce sont finalement des nouveautés ou de grosses ventes ? Continuons…

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

prix du livre

Bon, alors “les livres ne sont pas moins chers [aux USA] qu’en France” ?

Mais ce n’est pas tout, elle continue :

“On le sait aujourd’hui, la gratuité des frais de port procède – il faut employer le mot – d’une stratégie de dumping, tout simplement. J’en veux pour preuve que dans les pays qui n’appliquent pas la loi sur le prix unique du livre, les opérateurs de vente en ligne ne pratiquent pas cette gratuité.” [Aurélie Filipetti, Assemblée Nationale, 3/10/2013]

Bien sûr… Que fait Amazon dans les pays sans prix unique ? C’est très compliqué à savoir – il faut aller sur leur site Internet, rendez-vous compte…

prix du livre

USA : gratuit au delà de 19 €

prix du livre

Canada : gratuit au delà de 18 €

prix du livre

Espagne : gratuit au delà de 19 €

prix du livre

Angleterre : gratuit tout le temps

Comment on a dit déjà ?  “Les opérateurs de vente en ligne ne pratiquent pas cette gratuité.”

Mais il est vrai qu’en général, les frais de port ne sont pas offert sans minimum, sauf en Angleterre.

En revanche, il est SCANDALEUX d’appeler cela du dumping.

Pourquoi ? Parce qu’on est en régime de prix unique ! Et quel est ce prix ? Celui de la vente dans une librairie, avec cette structure :

prix du livre

Bref, on paie la moitié du prix pour amener le livre dans une librairie au fin fond de la France, payer le libraire et la surface en centre ville qui vend peu de livres.

Et les économies d’échelle sont énormes !

On a vu qu’une grande librairie a déjà des charges inférieure de 5 points de CA à une petite librairie !

Le prix unique du livre a été mis en place quand la FNAC, grande surface culturelle, a annoncé qu’elle allait vendre les livres 20 % moins cher – alors qu’elle doit aussi payer de gros loyers et beaucoup de personnel.

Mais les vendeurs en ligne n’ont pas ces coûts ! Les 2 ou 3 entrepôts, les manutentionnaires et emballeurs ont un coût proportionnel bien inférieur ! On peut imaginer qu’ils n’auraient aucune difficulté à vendre les livres 30 % moins cher ! Et quand, comme Amazon, on ne paye pas d’impôt et qu’on n’est pas social, eh bien on arrive aux USA, en ratiboisant les distributeurs, à faire – 35 % ou 40 % en moyenne ! Mais le -30 % en ayant une attitude citoyenne semble jouable ! On agite l’attitude fiscale d’Amazon, alors que ce n’est pas ça qui le rend vraiment rentable – c’est qu’on lui demande de facturer des frais de ses librairies qui n’existent pas !

En fait, quand on regarde, les prix aux USA sont bas car Amazon applique une décote énorme sur le prix éditeur :

prix du livre

Mais en France, la loi INTERDIT à Amazon de baisser ses prix, et donc l’OBLIGE a faire un profit monstre, en facturant au client des frais qui ne la concerne pas ! Quand les libraires font moins de 1 % de résultat net, Amazon doit bien faire dans ces conditions 20 ou 30 % de résultat net ! Du coup, ils peuvent se permettre de baisser les prix de 5 % et d’offrir le port ! Car le port est déjà payé dans le prix éditeur – mais c’est celui pour livrer le livre au libraire ! Où madame la ministre a-t-elle vu qu’on fait du dumping quand on fait un profit monstrueux ? Profit que la loi va encore augmenter…

La ministre reprend juste tels quels les arguments des libraires, sans esprit critique :

 «Devoir payer des frais de port pour un livre sera, il est vrai, un peu dur pour le consommateur mais c’est vrai aussi pour tous les autres produits vendus en ligne,  y compris les CD ou les DVD vendus par Amazon. Les facturer aussi pour les livres n’est donc pas injuste, mais juste», a affirmé le Syndicat de la Librairie Française.

Ben si c’est injuste, on va le payer 2 fois ! Sans prix unique du livre, Amazon facturerait la livraison, mais vendrait le livre – 30 % ! Moi, je signe tout de suite…

Mais bon, la ministre ajoute :

“Ils le font en France et dans les pays où le prix unique du livre existe, uniquement pour pouvoir s’introduire sur le marché et accéder ainsi à une position dominante. Une fois que cet objectif aura été atteint et que le réseau de libraires indépendants aura été écrasé, ils augmenteront leurs tarifs sur la livraison.” [Aurélie Filipetti, Assemblée Nationale, 3/10/2013]

Réseau de libraires qui ne vend plus qu’un livre sur 5 mais bon…

Mais c’est évident : on vient de voir aux USA  à quel point ils montaient leurs prix… Pardi, le consommateur sur Internet, on peut le tondre, il ne risque pas de changer de site ou d’aller sur des comparateurs…

Belle vision de la concurrence. On attend toujours que Carrefour augmente ses prix maintenant qu’ils ont écrasé les petits commerçants…

Pour montrer enfin le manque d’esprit critique, je vous mets les arguments des libraires, vous comparerez avec les propos de la ministre :

 En cumulant la gratuité des frais de port, sans minimum d’achat, pour l’achat des livres sur son site, et un rabais systématique de 5%, Amazon finance, grâce à l’évasion fiscale qu’il pratique à grande échelle, une politique de « dumping » visant à étrangler ses concurrents, à contourner le prix unique du livre et à bâtir un monopole qui lui permettra dans quelques années d’imposer ses conditions aux éditeurs et de relever ses prix”

on mesure combien la gratuité des frais de port correspond à une stratégie de « dumping » qui s’appuie sur les économies réalisées grâce à l’évasion fiscale, d’une part, et sur une capitalisation boursière sans égale, d’autre part. C’est une position de domination absolue sur le marché de la distribution que recherche Amazon à travers cette stratégie. Cette stratégie a déjà fait des victimes : la chaîne Borders aux États-Unis, Virgin en France. […]

A l’exception de Fnac.com, challenger d’Amazon en France, aucun libraire ni aucune chaîne ne pratique la gratuité des frais de port dès le 1er euro, tout simplement parce que cette pratique est financièrement et économiquement intenable […]

Au final, ce sont les contribuables de France et d’ailleurs qui financent la gratuité des frais de port.  Ce que les clients d’Amazon gagnent en frais de port, ils le perdent en impôts ! […]

Au niveau international et à l’exception du Royaume-Uni, Amazon n’offre les frais de port sans minimum d’achat que dans les pays dans lesquels s’applique un prix unique du livre (France, Allemagne, Autriche, Espagne, Pays-Bas, Japon…). Dans des pays sans prix unique du livre (États-Unis, Canada, Suède, Finlande, Australie…), les frais de port pour les commandes de livres sont payants jusqu’à un certain montant d’achat (25$ aux États-Unis). [communiqué du 26/09/2013 du SLF]

Tout ceci est d’une rare malhonnêteté intellectuelle comme on l’a vu… Mais je préfère ça :

Néanmoins, les pratiques prédatrices d’Amazon freinent considérablement le développement de la vente en ligne dans les librairies et les chaînes de librairies. Les librairies étant parmi les commerces de détail les moins rentables[4], elles ne peuvent rivaliser avec les pratiques de dumping d’Amazon. A titre d’exemple, les frais de port représentent entre 15 % et 18 % du chiffre d’affaires réalisé sur Internet par les libraires indépendants alors même que ceux-ci n’offrent la gratuité des frais de port qu’à partir d’un montant minimal d’achat (de 25 à 35 € en règle générale). En cumulant ces coûts avec le rabais de 5%, c’est donc près d’un quart de la marge du libraire qui est amputée, ce qui est insupportable lorsque l’on sait que le résultat net moyen des librairies est aujourd’hui inférieur à 1%

Bref, il ne faut pas de concurrence sur le prix, sinon on va tuer les libraires, et c’est important d’avoir des libraires, parce que la vente en ligne, c’est pas bien pour la culture – et tant pis pour le consommateur. Mais par contre il faut aider les libraires à vendre en ligne, car les pauvres n’arrivent pas à vendre en ligne pas cher car ils ont des librairies pour ne pas vendre en ligne qui coûtent cher…

Enfin bon, j’arrête là…

Les questions qui se posent

En conclusion, le problème est complexe, et je suis partagé. Je ne peux me rendre aux seuls arguments des libéraux, apôtres de la concurrence totale et du consommateur empereur, mais pas plus totalement à ceux du lobby des commerçants de livres. Il me semble que, comme souvent, la vérité est un peu entre les deux.

Faut-il sauver les libraires ou le livre – qui souffre aussi, par exemple il n’y a plus de vraie encyclopédie papier désormais ? Et à quel coût, quand on voit que les livres pourraient être 30 % moins cher – soit 1,3 Md€ de pouvoir d’achat en plus ? L’Angleterre a supprimé sa loi sur le prix unique, ce qui a fait disparaître son réseau de libraires ; mais il s’y vend autant de livres qu’en France (423 millions d’exemplaires en 2012)…

Les vendeurs en ligne vont détruire de l’emploi en librairie, mais les consommateurs auront plus d ‘argent, et pourront le dépenser dans d’autres livres ou d’autres secteurs, créant des emplois.

Le mouvement est clair ; voici l’évolution 2003-2012 :

lieux achat du livre

Les libraires nous expliquent qu’eux ne peuvent pas offrir les frais de port, que de ce fait ils sont plus chers qu’Amazon, et que  la concurrence est donc déloyale, et qu’ il faut forcer Amazon à monter ses prix.

On rêve…

Les libraires  parlent de concurrence déloyale, alors qu’ils ne survivent que parce qu’une loi a tué la concurrence sur les prix dans le secteur – ce qui coûte 300 M€ à 900 M€ par an aux consommateurs..

Mais non, il n’y a pas de concurrence, car vous ne vendez pas la même chose. Acheter un livre en librairie ou le faire livrer, ce n’est pas la même chose – d’ailleurs c’est l’argument justifiant la loi Lang pour sauver les libraires. Non, dominos pizza n’est pas en concurrence avec l’Italien en bas de chez moi, ce n’est pas pareil, même s’il s’agit de manger des pizzas. Proposez une pizza Domino’s pour votre anniversaire de mariage, vous verrez si c’est pareil…

D’autant que 70 % des ventes d’Amazon sont des fonds de catalogue, qui partiraient au pilon sans les vendeurs en ligne. Et leurs sites poussent à la consommation, en proposant toujours des livres intéressants qu’on ne connaissait pas, bien plus qu’en librairie…

Donc je veux bien aider les libraires, mais il y a des limites. Et on ne va pas se mettre à financer des chaines logistiques pour livrer un livre à un libraire perdu à la campagne pour qu’il le renvoie au client par la Poste ! J’adore les libraires, mais il ne faut pas pousser – acheter un livre de Musso ou Marc Levy, ce n’est pas non plus le summum de la culture, il vaut mieux lire des blogs ou regarder un beau reportage d’investigation sur Arte…

Et je n’ai vu dans aucun rapport le % de Français qui vivent à plus d’une demi-heure d’une librairie, ce serait intéressant – car beaucoup de Français n’ont juste pas le choix – 11 libraires dans la Creuse…

Propositions alternatives

Après avoir étudié longuement le dossier, voici mes propositions – que je pense équilibrées.

1/ On garde la loi Lang, pour ne pas détruire le réseau des libraires en 3 ans. Mais il ne faut pas exagérer non plus ;

“La loi Lang de 1981 sur le prix unique du livre, dont M. le rapporteur a eu l’amabilité d’affirmer qu’elle était désormais inscrite dans notre patrimoine national; on pourrait même dire qu’elle est inscrite au patrimoine de l’humanité, puisqu’elle essaime dans beaucoup de pays dans le monde» [Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, jeudi 3 octobre 2013].

2/ on ne vote pas cette proposition de loi débile ;

3/ on crée une Autorité Indépendante de Soutien aux Libraires ;

4/ cette Autorité va lever une nouvelle taxe :

  • de 10 % du chiffre d’affaires des ventes de livres en ligne chez les gros vendeurs ;
  • de 5 % du chiffre d’affaires des ventes de livres en grande surfaces alimentaires.

Elle vise à compenser l’excès de bénéfice indu de ces structures. Cette taxe va rapporter environ 120 M€ par an ;

5/ cette autorité va gérer la distribution des sommes collectées sous forme de subventions aux 3 000 libraires français, avec des règles fixées par décret et claires. En donnant par exemple une somme fixe de 30 000 € par an à chacun, au titre de la subvention à “l’activité d’intérêt général de diffusion de culture”, modulée en fonction des frais et contraintes des zones. Ainsi, le consommateur ne paie pas plus cher, et on aide VRAIMENT les libraires à ne pas mourir – ce qui va être fait dans 5 ans sinon, même avec cette loi…

6/ on réfléchit à passer le rabais sur la loi Lang à – 10 % – ce serait encore  moins que les -15 % en Italie, où il  reste pourtant plein de libraires (2100 dont 1300 indépendants, plus qu’en France)… Ils pourront améliorer ainsi l’attractivité de leurs points de vente, et le consommateur y gagnerait un peu…

7/ on sauve la FNAC, pour qu’Amazon ne soit pas en monopole sur les livres, et ne fasse pas trop de pression sur les éditeurs dans 5 ans. Le souci est qu’à la FNAC, ils sont mauvais pour le moment sur la vente en ligne. Site minable (il suffit juste de COPIER Amazon les gars, on ne vous demande pas d’innover !), logistique mal foutue, vendeurs de qualité remplacés par des vendeurs de qualité bien inférieure, et surtout bras cassés à la confection des colis (purée, il ne faut pas 12 prix Nobel pour édicter des règles d’emballage correctes !!!). C’est le souci avec une FNAC qui est revendue en permanence (1985 à la GMF, 1993 à la CGE, 1994 PPR, volonté de revendre en 2009 sans succès, 2013 “spin-off” en la mettant en Bourse…), personne ne voulant investir à long terme (financiarisme quand tu nous tiens… Amazon ne se demande pas quand elle sera revendue..). Donc tant que je reçois des colis FNAC mal constitués (photo ci-dessous : 300 € de livres abîmés dans un seul carton mal ficelé) :

prix du livre

je n’appelle pas au Boycott d’Amazon en votre faveur, qui le mérite – désolé, il y a des limites, il faut changer de métier sinon… A chacun de choisir – mais il ne faut pas s’étonner de ça :

prix du livre

Mais FNAC.com a une importance stratégique majeure pour le secteur du livre… (Arnaud Montebourg, si tu m’entends…)

8/ on organise la transparence des CA des vendeurs en ligne pour suivre ce qu’il se passe sur ce marché ;

9/ on vote la proposition des écolos de la TVA à 19,6 % sur les formats de livres numériques propriétaires non ouverts (quand vous avez acheté un livre numérique, il est inacceptable qu’on puisse vous en couper l’accès un jour)

10/ on arrête d’accuser Amazon pour sa problématique fiscale. Oui, ce qu’elle fait n’est pas éthiquement responsable, mais c’est légal. Je suis toujours ulcéré quand on passe son temps à accuser une entreprise de faire des choix légaux qui lui rapportent de l’argent. Alors que le problème, ce sont les députés qui laissent perdurer cet état de fait. Non, le problème n’est pas Amazon ; le problème est “pourquoi  le Luxembourg, les Pays-Bas et l’Irlande ont des législations qui permettent ces pratiques d’évasion fiscale des voisins ? Pourquoi a-t-on aux frontières un micro-État où la TVA sur le livre est à 3 % ? Pourquoi n’a-t-on toujours pas modifié la règle sur le paiement de la TVA dans le pays d’achat ? Pourquoi fait-on un marché européen avec libre circulation des produits et des capitaux AVANT d’avoir homogénéisé la zone législativement ? Je rappelle que ce qu’il faut c’est : 1/ on homogénéise 2/ on fait le marché unique. Ça marche pour tout : 1/ on homogénéise 2/ on fait une monnaie unique. Etc. Sinon, on ne vient pas se plaindre que des malins en profitent pour vous plumer comme le dindon que vous êtes… Bref, on modifie les règles législatives entre États pour une concurrence équitable !

Vous en pensez quoi ?

P.S. n’hésitez pas à faire suivre ce billet 🙂

96 réponses à (ancien) Comment nos députés veulent nous racketter pour le compte d’Amazon…

  1. hordé christophe Le 11 octobre 2013 à 07h12
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    Biensur Amazon aura une marge supérieur mais cela permet au libraire de se battre avec les mêmes conditions commerciales. Le système Amazon c’est la disparition des points de vente physique et par conséquence la disparition de la diversité éditoriale. Les petites maisons d’édition ont besoin de libraires qualifiés qui défendent autre chose que les livres médiatisés. Et s’il n’y a plus ou très peu de points de vente physique, il n’y a plus d’exposition des livres.
    Sur l’argument pouvoir d’achat, ce n’est pas parce que le livre est moins cher que l’on lit plus. C’est la multiplication des libraires et des bibliothéques qui fait lire plus.
    Vous avez les mêmes arguments que les arguments contre la loi Lang. Cette loi a permis de maintenir un réseau de libraires que l’europe nous envie. En Angleterre ou au etaus Unis il n’y plus de réseaux de librairies. Il faut voir sur le long terme, c’est de la même façon pour le cinéma français qui continue à exister grâce à un système unique d’aide et de soutien.


    • Jibi Le 11 octobre 2013 à 10h12
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      La proposition d’Olivier d’une taxe sur la vente en ligne et grande surface alimentaire pour soutenir la librairie “physique” indépendante est intéressante.
      Mais dans le fond, je crois que les libraires apprécient aussi de vivre de leur activité (avec une concurrence organisée) plus que de subsides de l’Etat.


    • Jibi Le 11 octobre 2013 à 11h49
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      A vérifier, mais aux Etats-Unis où la part de marché d’Amazon est plus forte, il y a un paquet de très grandes villes qui n’ont plus aucune librairie indépendante (exemple San Francisco d’après ce que l’on m’a dit).


      • Guillaume Le 11 octobre 2013 à 15h15
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        Oui, tu devrais vraiment vérifier, de manière globale, le nombre de libraire indépendante (pas dans une chaine) augmente aux USA :
        http://features.blogs.fortune.cnn.com/2013/09/20/independent-bookstores-amazon/

        Ce qui a fait mal aux indépendants en USA, c’est les chaines, c’est a dire les équivalents de Cultura, Virgin, pas Amazon.


      • François Le 13 octobre 2013 à 13h58
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        C’est complètement faux pr SF.
        Par contre il y a effectivement beaucoup moins de librairies indépendantes dans ces grandes villes qu’à Paris mais c’est plus lié à la puissance des grands groupes de librairies qu’à Amazon. Et ce sont aujourd’hui ces grands groupes qui souffrent le plus de la concurrence d’Amazon.

        Et pr l’auteur de l’article, cette phrase “je précise pour les habitants du Ve arrondissement de Paris – qui regroupe presque tous les travailleurs du cabinet de la ministre de la Culture – qu’il existe en France ce qu’on appelle communément en termes techniques “des pauvres”” est juste pitoyable et détruit tte la crédibilité de cet article.


    • pwpw Le 13 octobre 2013 à 13h57
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      “Diversité éditoriale” ? Je vous engage à lire cet article, très éclairant sur le sujet : http://pierreschneider.typepad.com/blog/2013/10/amazon-vs-les-libraires.html


  2. Vénus-Etoile du Berger Le 11 octobre 2013 à 07h24
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    Bonjour,

    Pour ma part je commande la majorité (96%) de mes livres à Mollat, BORDEAUX par le biais de leur site.

    Mollat, BORDEAUX

    Mollat vous offre la livraison de votre commande au-delà d’un panier de 20 €, pour toute commande livrée en France métropolitaine.

    Les 4% dans une petite librairie.

    « La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert. » André Malraux.

    Cordialement.


  3. Galuel Le 11 octobre 2013 à 07h35
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    “D’ailleurs, en 2017, rien ne changera pour elle, si ce n’est qu’elle sera donc au chômage…” eh non, car elle est fonctionnaire, en disponibilité !

    Comme 95% des hommes politiques, parce que le peuple Français ne peut pas changer les lois qui encadrent les élus par initiative référendaire, car les lois qui encadrent les élus sont décidées par… les élus eux-mêmes. Cf l’élu, la loi, le patrimoine… http://www.creationmonetaire.info/2013/05/lelu-la-loi-le-patrimoine.html


    • Ankou Le 11 octobre 2013 à 10h24
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      Même origine sur la réduction (nécessaire) du nombre de députés et de sénateurs, et de toute cette strate entre le citoyen et le Président

      Ils ne vont pas s’autodétruirent, non?


      • step Le 14 octobre 2013 à 11h09
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        ou le non cumul des fonctions chez nos (trop) chers sénateurs.


  4. Christophe Le 11 octobre 2013 à 07h53
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    Je me fournis exclusivement à ma librairie de quartier. Mes libraires me recommandent régulièrement leurs coups de coeur et me préviennent quand mes commandes sont arrivées. Et quand j’y vais, une fois sur deux j’achète un livre que je découvre sur les rayons et que je n’aurais pas vu autrement.

    Si je peux être d’accord avec certains points, je suis convaincu que la loi sur le prix unique du livre permet aux petits éditeurs d’exister.
    Et c’est le coeur du problème : l’important n’est pas le prix, mais le maintien d’une offre importante. Sans quoi la loi des 20/80 finira par assécher la culture du livre.

    Enfin. D’accord pour augmenter les prix des ebooks en formats propriétaires !


    • Tatare Le 11 octobre 2013 à 08h49
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      ” l’important n’est pas le prix, mais le maintien d’une offre importante”

      On vient de voir que le niveau de l’offre en ligne est sans commune mesure avec ce que ne pourra jamais offrir un libraire.

      Avec la vente en ligne on a (avait) l’offre et le prix.

      Avec les libraires on a une offre limitée et un prix plus cher.

      Cette loi va prolonger un peu plus l’agonie d’un secteur qui nous était utile, mais qui a fait son temps.


      • fabrice Le 11 octobre 2013 à 09h15
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        Je dois avouer que c’est un peu la sensation qui m’a fait arrêter mon libraire, le jour où je lui demandé les poèmes de kipling illustrés par Hugo Pratt.

        Il a commencé à me dire qu’il ne connaissait pas l’éditeur avec qui il ne traitait pas (!???? la formulation m’est resté en mémoire) bilan 3 semaines pour avoir mon livre avec tout un laius sur les difficultés de le trouver mais que le résultat était intéressant (depuis je vois parfois des livres de l’éditeur dans sa vitrine) mais bon pendant le délai je le voyais sur amazon a un prix plus intéressant mais bon…

        Après j’ai de bons souvenirs dans cette librairie quand enfant j’allais avec ma mère commander chez lui les livres mais ma dernière madeleine m’est resté un peu sur l’estomac.


    • G L Le 11 octobre 2013 à 14h50
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      Dans la plus part des commerces une très grosse part du chiffre d’affaire correspond à un tout petit sous-ensemble des produits en vente.

      Les autres produits ne rapportent pas grand chose mais sont vendus pour éviter que les clients soit obligés de fréquenter des commerces qui vendent ces produits peu achetés (mais dont les clients ont parfois un besoin impératif.) Dans d’autres cas il s’agit de produits qui ne correspondent qu’à une habitude acquise ou à une fantaisie et les grandes surfaces s’efforcent de les en détourner…

      Amazon semble s’être bien adapté à la fois à la vente des bouquins à fort tirage et à celle des bouquins peu vendus mais il faudrait vérifier qu’il ne tend pas à se décharger sur d’autres du stockage et de l’expédition de ces livres moins rentables (l’idéal pour Amazon étant de toute façon le format électronique où le stockage et la vente ne coutent plus rien et la gestion d’un très grand nombre de titres pas grand chose…)


  5. Michel Martin Le 11 octobre 2013 à 09h00
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    “Mais FNAC.com a une importance stratégique majeure pour le secteur du livre… (Arnaud Montebourg, si tu m’entends…)”
    j’espère bien qu’il vous entende et vous propose un job dans son équipe de choc!


  6. Gemini Le 11 octobre 2013 à 09h29
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    Dans votre proposition, j’en aurais ajouté une dernière : enfin taxer correctement l’ensemble des multinationales, dont fait partie Amazon. Quitte à avoir une TVA à 19,6% sur les livres vendus en ligne également.

    De cette façon, au moins, le renchérissement du prix profitera à l’état plutôt qu’à la multinationale, qui elle, en plus de payer sa juste part de taxe, se verra contrainte de baisser ses marges pour rester dans la course.


  7. Magyare Le 11 octobre 2013 à 09h38
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    Bonjour,
    Il me semble pour ma part qu’il est dangereux de laisser à brève ou longue échéance disparaitre les librairies, je pense qu’elles doivent être là de tous temps.Si le e-commerce domine un jour pour ce qui est de l’accès au livre, il aura le pouvoir de n’offrir que sa sélection….
    Beaucoup de choses sont liées à ce fait:on peut avoir sans se déplacer.
    Ou, il y a unebonne librairie mais elle est à 52 km, ou, je fa


  8. Magyare Le 11 octobre 2013 à 09h56
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    je poursuis, ou, je fais plein de bornes, je veux rester posé, ou, je dois emmener les petiots et pas de place , etc….
    Parfois de bonnes raisons….
    Ce que je vois c’est qu’on nous demande une adhésion.J’en reviens pas!!!je ne vois pas en quoi nous sommes concernés par cette société A—–.
    J’adhère aux propositions d’Olivier.


  9. Deres Le 11 octobre 2013 à 10h04
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    Personnellement, je ne suis pas trop chaud pour créer une nouvelle Autorité indépendante de ce type car :
    – la direction sera nommée par relation avec les ministres ou sera des nababs indéboulonnables
    – elle collectera de l’argent pour le redistribuer avec des règles pouvant créer du favoritisme ou de la corruption
    – elle se servira au passage dans l’argent transmis avec malheureusement des frais de fonctionnement toujours grandissant dans le temps
    – dans 10 ans, on aura droit à un rapport de la cour des comptes sur les abus et l’inefficacité de cette autorité, mais il sera mis aussitôt dans la corbeille
    – au moindre souci des libraires, les politiques feront joujou avec les potards mis en place, les prélèvements allant toujours dans le sens de l’augmentation

    Au final, une telle autorité risque de créer plus d’emploi de semi-fonctionnaire en son sein que de libraire indépendant … Un mécanisme sans besoin, de créer une nouvelle cohorte d’agent semi-publique sans concurrence serait préférable.

    La modulation de la TVA serait peut être une possibilité en créant des seuils de chiffres d’affaire par exemple ou suivant les types d’ouvrage. On peut aussi exempter les petites librairies de certaines taxes ou charges si on veut les favoriser. Dans tous les cas, il faudrait empêcher Amazon de faire une optimisation fiscale aussi forte que maintenant car c’est un avantage indu par rapport a tous ses concurrents en ligne français.


  10. raloul Le 11 octobre 2013 à 10h20
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    Bonjour!

    Bravo Olivier pour tout ce travail d’analyse, de pesée des intérêts en présence totalement lucide, intelligente, fine et documentée. Les Français pourraient rêver d’être gouvernés par des gens de votre trempe et de votre compétence….

    Je souscris totalement aux mesures que vous préconisez, et j’insisterais encore sur le problème qui est posé par la situation de monopole qui risquerait de s’installer si la domination d’Amazon se confirme dans les années qui viennent. C’est un risque, car il ne faut pas oublier que le livre n’est pas une marchandise comme une autre; en exagérant un peu, je dirais qu’un monopole de facto donnerait un poids trop important à un seul acteur sur les livres qui sont effectivement diffusés, et aurait un pouvoir extrême d’orienter les choix des consommateurs et par ce truchement la psychée et l’intelligence collectives; j’exagère à dessein et peins le diable sur la muraille, mais c’est une forme de défense intellectuelle contre ces soi-disant géniales “suggestions” données par Amazon. Personnellement et sans vouloir en nier l’aspect ludique, j’y préfère largement la discussion, l’échange, la lecture d’articles, de blogs ou de livres qui donnent envie de lire d’autres livres, la flânerie dans des bibliothèques, des brocantes, etc…; la simple idée que mes lectures puissent être pré-choisies en amont par un algorithme, aussi complexe soit-il, suffit à m’interdire purement et simplement de recourir à Amazon. Il y a une sorte de déshumanisation rampante de l’activité culturelle par ce passage à la grande distribution sur internet – telle que proposée par Amazon pour le moment – qui pourrait être à mon avis une raison profonde des décisions irréfléchies, hâtives et stupides des députés français.

    Ceci dit, il y a aussi des raisons toutes simples et purement économiques de lutter contre une situation de monopole, encore faut-il avoir les outils nécéssaires à cette lutte.


  11. Lisztfr Le 11 octobre 2013 à 10h24
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    Dites-moi, c’est l’Europe de la concurrence libre et non faussée ? Bien, que va dire Bruxelles par rapport à toutes ces initiatives enfiévrées ?


  12. JB Le 11 octobre 2013 à 10h30
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    Moi j’aime bien le coup des frais de livraison payant dans les autres pays – mais gratuits à partir d’environ 20 euros, soit en moyenne 2 livres. Je serais curieux de savoir, dans ces pays combien de gens payent réellement des frais de ports…


  13. Totoguile Le 11 octobre 2013 à 10h34
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    Je propose une aide au logement pour les librairies. et éventuellement une réduction d’impôts sur le personnel…


    • step Le 14 octobre 2013 à 11h11
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      ah c ‘est pas possible les réductions d’impots. Le guichet qui les délivre est en panne sèche.


  14. Joanna Le 11 octobre 2013 à 10h38
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    Moi aussi j’ai été longtemps cliente de la fnac … enfin c’était avant avant hier …
    Ce que je trouve aussi génial chez Amazon c’est les commentaires clients assez souvent de qualité, riches et documentés. C’est un véritable plus qui m’a permis de faire plus d’une découverte utile.
    Il y a quelques années j’avais adressé le même commentaire aux 2 sites, nettement défavorable à l’article concerné. Amazon a publié mon commentaire tel quel … et pas la fnac.


  15. Casquette Le 11 octobre 2013 à 10h40
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    C’est une bonne idée la taxe sur le CA mais elle devrait aussi servir a développer la vente en ligne avec livraison à domicile , on pourrait envisager un vaste réseau de libraires de quartier membres d’un site comme malibrairie.com , qui ne fait justement pas de livraison à domicile (le client choisit son point de retrait) or comme le dit Olivier acheter une pizza sur place et par téléphone c’est pas pareil.
    Avec un site-réseau qui livre à domicile les commandes du client seraient redirigées vers le libraire le plus proche de chez lui , le frais de port serait subventionné par la taxe comme sont subventionnés les affranchissements pour la presse papier , pour les livres numériques il faudrait aussi penser à développer le secteur comme compte le faire Carrefour qui vient d’annoncer une liseuse
    …pourquoi pas une liseuse conçue et pensée par les libraires ?


    • Lisztfr Le 11 octobre 2013 à 11h10
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      Non ce n’est pas une bonne idée, d’ailleurs les libraires ne le méritent pas !

      On va créer une nouvelle sorte de PACS indue.

      – Les grandes surfaces on tué le petit commerce, on n’a pas fait grand chose. Si ce n’est monoprix c’est franprix. Il y a un monopole de Darty également très louche sur Paris.

      – Le cinéma, les petites salles sont mal en point.

      – Les Starbucks tuent les cafés, toutes les chaînes de magasins tuent le commerce indépendant ! Donc pourquoi s’occuper des librairies uniquement ?


      • G L Le 11 octobre 2013 à 16h05
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        “pourquoi s’occuper des librairies uniquement ?”

        La raison (ou le prétexte, selon le ministre ou député concerné) est que nous n’avons en général pas admis que les idées qu’il y a (parfois) dans les livres fassent l’objet d’un commerce.

        Quand les moines s’occupaient à copier et enluminer les livres, ils les vendaient une fortune mais c’est seulement le support qu’ils vendaient. Depuis que la notion de droits d’auteur s’est imposée il y a une forte ambiguïté sur ce qui est vendu et acheté: les auteurs reçoivent 10% et la TVA est faible pour aider à la promotion du savoir et de la culture.

        En réalité c’est pas sérieux et il n’y a pas vraiment de raison d’être inquiet : avec Internet ou une imprimante il est facile de faire circuler les idées, et avec une clé USB aussi!

        Je me suis amusé à mettre des centaines de livres pris sur http://www.gutemberg.org sur une carte mémoire grande comme 1/2 timbre poste: il reste énormément de place. Si on voulait vraiment diffuser la culture (et le français à l’étranger) ça ne couterait pas vraiment cher: mettre sur ce genre de support les milliers de livres en français de Gutenberg et autres sites du même genre.


        • John Deere Le 19 octobre 2013 à 02h38
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          Pour information, 10 % de droits d’auteur cela devient de plus en plus rare, désormais c’est plutôt 7 %.


  16. Jibi Le 11 octobre 2013 à 10h47
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    Olivier, concernant le terme de dumping, il n’est pas si exagéré lorsque l’on parle d’envoi gratuit sur des livres peu chers.
    Sur un titre à moins de dix euros, le port va mécaniquement absorber la marge brute d’Amazon, qui vendra bien à perte.


    • bquelen Le 13 octobre 2013 à 19h53
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      Amazon vend clairement à perte dans de nombreux pays, la marge que prend un éditeur est au alentour de 30% quand amazon vend un livre à -45% du prix éditeur et rajoute les frais de ports gratuits ca ne permet pas de faire un bénéfice.


  17. Ivan Le 11 octobre 2013 à 11h15
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    Très bonne démythification, bravo. Ces propositions de lois ne sont que la traduction du lobbying des grands éditeurs de la chaine de distribution du livre. Le “consommateur” est le cadet de leur soucis et la Culture leur paravent. Cependant, je ne vois pas ce que vous reprochez à fnac.com que j’utilise personnellement pour mes commandes. Je le trouve tout aussi ergonomique qu’Amazon et n’ai jamais eu de soucis de livraison, l’évasion fiscale en moins…


  18. perceval78 Le 11 octobre 2013 à 11h16
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    ben c’est simple on fait comme les russes , Amazon nous emmerde on va trouver un pretexte pour les interdire en France , ca doit pas etre tres compliqué . Face aux mechants il n’y a qu’une alternative (c’est le commissaire moulin qui l’explique a un gosse dans un de ses episodes) tu mets des cailloux dans ton sac et tu tapes plus fort qu’eux .

    Pretexte invocables :

    1) vous ne payez pas d’impots en france: exit (solution francaise)
    2) votre nom a un caractere pronographique : exit (solution DSK)
    3) vous avez tenté de corrompre des députés : exit (solution russe)
    4) vous espionnez les francais via la NSA : exit (solution gaullienne)
    5) vous etes Nord Americain : exit (solution melenchonesque)

    C’est simple ….


    • Tatare Le 11 octobre 2013 à 14h00
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      ” amazon nous emmerde on va trouver un prétexte pour les interdire en France ”
      ” face aux méchants il n’y a qu’une alternative ”

      euh… le commerce et l’industrie agissent dans le cadre de lois votées par nos parlements nationaux et européens, faudrait pas l’oublier.

      Nos députés votent des amendements rédigés par les lobbies sans même les relire, c’est facile de tout mettre sur le dos des méchants commerçants, ça évite peut-être de se poser les bonnes questions !


  19. cording Le 11 octobre 2013 à 11h25
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    Votre analyse est totalement partiale et est au service d’un futur monopole privé qui pratique scandaleusement l’optimisation-évasion fiscale. Vous réduisez le problème entre Fnac et Amazon.Le véritable objectif est la défense d’un réseau de librairie qui est une vraie peau de chagrin, donc les emplois de proximité. Mettre fin à la concurrence déloyale qu’exerce Amazon dans la mesure où il bénéficie de la réduction de 5% du prix des livres permise par la loi Lang et en plus il offre les frais de port à ses clients. Vous oubliez que le consommateur est d’abord un salarié qui, comme il est de plus en plus mal payé, cherchera comme vous le moins cher et le moins disant social et qu’en temps de crise c’est toujours le livre qui trinque le plus, baisse le plus dans les dépenses des consommateurs-salariés.
    Votre analyse s’inscrit bien dans le schéma idéologique dominant celui du néolibéralisme où c’est le plus fort qui gagne à tous les coups. Amazon est typique, à cet égard, une multinationale qui se moque des états et des nations, des salariés, une transnationale comme le disait l’économiste François Perroux mais d’abord étatsunienne.
    Je vous invite à méditer cette maxime de Lacordaire:
    -“Entre le fort et le faible,
    – entre le riche et le pauvre,
    – entre le maître et le serviteur,
    – c’est la liberté qui opprime,
    – c’est la loi qui affranchit”

    Bien que datant du 19è siècle cette citation est d’une brulante actualité face à l’idéologie dominante qui ne fait que créer que la misère.


    • cording Le 11 octobre 2013 à 12h46
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      La loi Lang a permis le sauvetage d’un réseau de librairie que j’ai plaisir à fréquenter partout où je me déplace en France. ou du moins un sauvetage partiel et temporaire depuis 30 ans. Quand Amazon sera an situation de monopole il imposera ses prix et tout vous coutera plus cher que maintenant.


      • G L Le 11 octobre 2013 à 16h52
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        Euh!

        Theoriquement une réponse non contestable necessiterait de savoir ce qui se serait passé s’il n’y avait pas pu y avoir de grande distribution et comme ça fait 50 ans c’est pas évident ! À l’époque et depuis de nombreux siècles beaucoup de gens pensaient que les prix augmentaient à cause des commerçants qu’ils soupçonnaient de s’entendre pour faire monter les prix et ne pas mettre en vente tout ce qu’ils avaient en stock…

        Dans le cas du livre il me semble que, vu l’évolution des techniques, les auteurs et les lecteurs arriveraient à court-circuiter Amazon, c’est nettement plus facile que pour les produits industriels ou même les produits fermiers.

        De toute façon la grande distribution se chargerait de concurrencer Amazon pour les livres à grande diffusion.

        Une question plus ou moins liée mais intéressante est celle des publications scientifiques de haut niveau où ça barde sérieux en ce moment (mais tout est en anglais et le marché est mondial par nature.)


    • cording Le 11 octobre 2013 à 12h59
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      Un petit calcul approximatif: si la loi Lang vous coûte 1000 euros par an c’est que vous achetez beaucoup de livres, à raison d’un prix moyen de 30 euros le livre vous payez 1,50 euro en plus donc 1000 : 1.5= 667 livres.
      Qu’en pensez-vous?


    • step Le 14 octobre 2013 à 11h20
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      maxime très mal comprise de lacordaire, qui parlait de loi divine, et non de loi humaine (le travail du dimanche, déjà).

      Je me permet, en général de la completer :

      Entre le fort et le faible,
      – entre le riche et le pauvre,
      – entre le maître et le serviteur,
      – c’est la liberté qui opprime,
      – c’est la loi qui affranchit”
      – et la loi complexe qui réasservit”.

      Hé oui depuis les multinationales que vous dénoncez parfois à raison ont inventé les experts fiscalistes et les avocats d’affaires, et aiment particulièrement les lois tortueuses.

      De plus je vois pas en quoi augmenter de 5% le prix du livre chez amazon va renflouer les caisses de l’état, problème bien plus grave que la survie du réseau de libraire. On ferait mieux de lui faire cracher son juste dû.


  20. cording Le 11 octobre 2013 à 11h41
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    Vous n’avez pas remarqué que depuis plus de 30 ans le libéralisme est l’idéologie dominante, et qu’il a donc fallu privatiser le plus de secteurs possibles on a aussi multiplié les autorités de régulation du “marché” dites indépendantes donc des bureaucraties c’est donc la preuve que le libéralisme ne va pas de soi. Sans une dose de socialisme comme le pensait, à juste titre, Maurice Allais. Les politiques, même ceux qui se disent socialistes ou sociaux-démocrates, ont capitulé par lâcheté ou connivence idéologique contre l’Etat et la Nation qui sont les seuls cadres protecteurs des hommes et femmes face à la violence de l’économie libérale. Après tous ces gens-là feignent de s’étonner de façon totalement hypocrite de la montée du FN! Qu’ils balaient devant leurs portes, se remettent en question!


    • step Le 14 octobre 2013 à 11h29
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      tout à fait vrai et la déculotté de la soit disant gauche socialiste ne fait que commencer.

      Une loi mal ficelée est une verge que l’on donne aux bénéficiaires du libéralisme pour se faire battre, ce ne serait pas la première fois. Pour remettre en question cet élément fondamental de nos dysfonctionnement économiques, je peux vous garantir que ce n’est pas à coups de lois de complaisance qu’on y arrivera.


  21. Delphin Le 11 octobre 2013 à 11h59
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    Bonjour,

    Ce magnifique poème de Prévert destiné aux enfants, oeuvre philosophique comme tout bon livre pour enfant qui se respecte.
    Il me semble adapté au cas qui titille Olivier Berruyer, dilemme dont nos vies sont jonchées : devoir choisir entre peste et choléra

    Des oiseaux par milliers volent vers les feux
    Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
    Par milliers aveuglés par milliers assommés
    Par milliers ils meurent.

    Le gardien ne peut supporter des choses pareilles
    Les oiseaux il les aime trop
    Alors il dit tant pis je m’en fous
    Et il éteint tout

    Au loin un cargo fait naufrage
    Un cargo venant des îles
    Un cargo chargé d’oiseaux
    Des milliers d’oiseaux des îles
    Des milliers d’oiseaux noyés.
    ———-
    – Hécatombe des librairies depuis le livre en grande surface. Amazon internet, cerise sur le gâteau. Baisse de l’offre culturelle aux non initiés, ceux qui ont le plus besoin du clin d’oeil affriolant de proximité.
    – Le monde de la librairie auparavant souvent académisme archaïque qui tient à distance le non initié, celui qui a le plus besoin.

    Ce que ne peuvent offrir, ni la grande surface, ni internet : le contact humain, s’il est chaleureux, cultivé, très documenté et teinté d’un certain charisme.

    Ce que recherchent les foules un peu déboussolées par l’abondance trompeuse : La confiance en des professionnels aptes à baliser le torrent de nouveautés et à s’intéresser réellement à l’acheteur.

    L’impératif du libraire : faire venir les gens. S’ils viennent et que les conditions ci-dessus sont réunies, ils achèteront.

    Possibilités éventuelles : Cafés (“philosophiques”) et salons de thé, restaurants librairies. Magasin jouets de qualité et librairie pour enfants. Salles de débats, d’expositions. Lieux de troc, livres d’occasion et librairie.
    Librairies ultraspécialisées, à vocation régionales, voire nationales, pour faire venir de loin (isolation écologique, autoconstruction très basse consommation, avec des démonstrations de spécialistes) – (librairies du droit, avec interventions de juristes et de spécialistes de la consommation) – (librairies, journaux engagéés philosophiquement “en pointe” sur dette, réchauffement, décroissance, technologie, mouvements sociaux)

    Le gros problème : emplois mal payés, car activité peu rémunératrice.
    ——–

    Le gardien de phare aime trop les oiseaux de Prévert est disponible en folio benjamin (Gallimard), avec les magnifique illustrations de Jacqueline Duhème.

    Il constitue, pour les enfants, une bonne introduction à l’implicite (ce qui n’est pas dit mais émerge après raisonnement inconscient du lecteur, ce qui en fait un presque co-écrivain, heureux acteur d’une connivence)

    Question aux 6/10 ans et plus : “Pourquoi les oiseaux meurent-ils” ?
    Réponse courante, fonction de la capacité à percevoir l’implicite : “Ils sont mangés par les poissons” (enfants centrés sur l’illustration et n’ayant pas conscience d’implicite et de son intérêt)

    Delphin (ex petit libraire pour enfants)


  22. Magyare Le 11 octobre 2013 à 12h07
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    Prendre le temps de nous dire que la loi, que….. ça, c’est vraiment se moquer de nous.y a des mecs, femmes, payés par nous qui se réunissent, qui votent une loi en faveur d’Amazone.
    Dîtes, la France, elle va si bien que vous ayez le luxe de perdre encore votre temps et notre argent,en marchandage?
    Vous voudriez pas nous concerter AUSSI pour le reste parce que là, franchement, “maurice, tu pousses le bouchon trop loin”!!
    Y a pas d’autres urgences?je dis ça, je dis rien, après tout, j’suis qu’une pauvre ignare qui connaît rien aux chiffres!!……………….
    C’est vrai faut s’occuper de la pauvre amazone, en premier!!!pourquoi?on sait pas mais apparemment, une priorité!Bon.
    Quand on pense qu’au final, on parle de livres, c’est dingue que ceux qui veulent en tirer profit aient l’air d’en avoir lu si peu.
    ;O)


  23. wellwell Le 11 octobre 2013 à 12h50
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    J’aime ma librairie (la RÉSERVE, à Mantes La Jolie. je fais environ 20 kms pour y aller (en groupant mes courses) et c’est chaque fois un vrai et grand bonheur ; une détente aussi : les livres n’y sont pas vendus au poids comme des légumes, chacun y a sa place, il y en a pour tous les goûts, tous les âges, tous les budgets. Si un livre commandé est écrit en trop petits caractères pour moi, je peux le laisser. Bref, ma librairie de coeur, c’est un haut lieu de convivialité, de culture, de passion, de conviction. Je trouve que la petite librairie, bien achalandée dans tous les domaines, est une cause à défendre sans modération.
    J’avoue que je n’ai pas le réflexe “commande en ligne” : ça me gonfle grave – et de la même façon que les répondeurs automatiques ; j’accepte sans discuter de perdre un certain temps de trajet pour ne pas m’y soumettre ou m’en priver s’il n’y a pas d’alternative !

    Ceci dit, merci de votre analyse, Olivier, très intéressante et plus sérieusement argumentée que mes petites préférences perso ! juste pour info, je précise que le livre remplace chez moi la télé. Je sais que ce n’est pas typique de l’époque mais : ‘c’est mon choix’ !


    • Bob Le 14 octobre 2013 à 14h59
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      [quote]
      juste pour info, je précise que le livre remplace chez moi la télé
      [/quote]

      Justement !
      Si les livres étaient vendus 30% moins cher, plus de gens agiraient comme vous (remplacer le tube cathodique par des pages). Or, si moins de gens regardent la TV –> moins de gens regardent France Télévision –> moins de recette publicitaires pour France TV –> moins d’argent pour l’Etat.

      Il faut donc faire en sorte que le livre devienne de plus en plus un produit de luxe (cher et difficile à se procurer).


  24. Alain34 Le 11 octobre 2013 à 13h02
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    Oui pour l’analyse et surtout merci ! On à là un vrai état du livre en France qui déboulonne quelques idées reçus et autre désinformations…

    Par contre, pour les propositions, je sais pas. pour moi, LE problème, le seul et qui est valable dans plein d’autre domaine, c’est la fiscalité en Europe.Tant que ce ne sera pas réglé et qu’il y aura des moyens pour ces énormes sociétés de ne pas payer les impôts correspondant à leur activité, la concurrence sera faussée et tout le reste ne sera qu’emplâtres sur jambe de bois.


  25. Magyare Le 11 octobre 2013 à 13h20
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    Oui, bien-sûr que c’est un problème.On le voit d’autant plus quand nos élus vont voter des bidules qui ne nous rapportent rien…..
    S’informer c’est un peu savoir de quoi ils sont capables, et donc, de les battre sur leur propre terrain…
    Il faut commencer à agir, m^me pour quelque chose qui nous paraît insignifiant.Pour ma part, nous sommes une civilisation qui transmet par écrit, non de manière orale.Il est dangereux de laisser les écrits aux mains d’inconnus…ou de quelconque toute puissance


  26. burgf Le 11 octobre 2013 à 13h22
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    Excellente dissection d’un processus aberrant et courtelinesque, Olivier!
    Malheureusement, ce genre d’aberration se retrouve dans pratiquement tous les domaines.
    Travaillant dans l’architecture, je peux vous assurer que ce genre de délires est omniprésent. Avec des dégats “à mesure”…
    Un exemple: une dernière étude fait état du désir de 75% de la population française pour vivre dans des “maisons de ville”, selon un sondage récent paru dans un batirama.com. Or dans la réglementation d’urbanisme, il n’existe tout simplement pas de cadre favorisant (ou imposant) ce type d’urbanisme, dont la trame réglementaire a été structurée dans les années 1960, privilégiant le “zoning” par secteurs d’activité, à orientation “néo-soviétique”.
    Donc exit les désirs des français. En compensation, vous aurez toutes les peines du monde a coller un Velux sur votre toit, et par la gràce des nouvelles réglementations AVAP, vous n’aurez mème plus le droit de modifier le profil de votre jardin- si vous en avez un. Par contre, un Vinci aura tous les passe-droit pour bousiller un centre ville ancien en y faisant admettre une opération d’immeuble collectif de 300 logements (de luxe!). Je vous vous parle là d’un fait réel – et ça ne passe pas… je n’y arrive plus.
    Il semblerait que nous soyons arrivés à la limite d’un système basé sur la “démocratie représentative” qui ne fonctionne clairement plus…
    Bien à vous


    • G L Le 11 octobre 2013 à 17h39
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      Il me semble que dans ce domaine la “démocratie représentative” n’a JAMAIS fonctionné.

      Personnellement ce qui m’a le plus frappé c’est la totale opposition entre le type d’habitation que les natifs de Hautes Provence souhaitaient construire et les habitations “dans le style du pays” qu’une règlementation faite pour les touristes et autres “parisiens” de passage leur impose. Résultat: maisons Phénix avec génoises en béton prémoulées et bâtiment agricoles couverts de de centaines de m² de tuiles romanes (pour ne rien dire des supermarchés dont la décoration obéit au même style version tarabiscotée.)

      Dans le cas cité je ne connais pas la solution (même s’il est vrai que la réglementation a évité de “défigurer” certains villages faire aimer le style des constructions anciennes qui sont très belles mais dures à vivre et couteuses à reproduire me semble problématique.)

      Dans la lutte contre Amazon on retrouve ce même désir de préserver le passé au profit d’une élite qui a les moyens culturels et financiers d’en jouir (mais n’est pas forcément clairvoyante à propos des moyens mis en oeuvre.)


  27. Jean-Luc Le 11 octobre 2013 à 13h22
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    La question des frais de port reste une des questions capitales pour tout e-commerçant aujourd’hui. C’est, d’après mon expérience, l’un des problèmes les plus discutés et débattus qui ne fait pas l’unanimité.
    Les offrir (aller et retour) a permis de développer les sites de ventes de chaussures, par exemple.
    Au final, seuls les plus gros peuvent se permettre de les offrir, les petits e-commerçants n’ayant pas les moyens.

    La concurrence existe, quel que soit le secteur d’activité, la librairie n’est pas seule concernée. Mais ce n’est à mon sens pas sur les frais de port que repose l’essentiel des problèmes qui sont bien plus complexes que cela et votre billet d’hier qui présente le discours d’une député EELV (je crois) le pointe assez bien.
    En focalisant sur les seuls frais de port, on évite de trop réfléchir au développement de la société dans son ensemble, au poids de plus en plus important du net dans l’économie, à l’Europe …

    Le net se développe et avec lui tous les commerce et services possibles et imaginables. Les vendeurs de lunettes du net veulent casser les prix et le monopole des opticiens physiques. Les loueurs de voitures du net veulent prendre la place des loueurs physiques. Les agences de voyages du net prennent des parts de marché …

    Bref, tout cela pose de nombreuses questions : quels emplois pour demain, quel urbanisme face à des commerces virtuels plus nombreux et au développement des espaces de stockage (physiques et données), comment garder la vitalité des centres-villes, choix de l’offre culturelle mais aussi alimentaire …


  28. G. Le 11 octobre 2013 à 13h51
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    Bon billet! Je soutiens ce qui est dit à 100%.

    On est face à un réflexe de “résistance au changement”. On prétexte des risques irrationnels et non prouvés (disparation de la diversité culturelle, etc.) pour empêcher les gens d’avoir accès à la culture de manière abordable.

    Des livres plus chers, ce sont des gens qui liront potentiellement moins, surtout en temps de crise et d’austérité!

    Voyez la réalité en face: la profession de libraire doit évoluer ou disparaitre, point barre. Vous voyez souvent des rémouleurs frapper à votre porte? Non? C’est étonnant! Augmentons les prix de tous les couteaux neufs vendus en France, pour protéger nos rémouleurs! Super raisonnement…

    Certains libraires pourront survivre s’ils deviennent des vendeurs de “luxe”, proposant un “conseil” que les gens aisés seront prêts à payer. Si les pauvres n’ont pas les moyens de payer, pourquoi leur IMPOSER de le faire comme le fait le gouvernement avec cette loi???


  29. Popeye Le 11 octobre 2013 à 14h45
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    Merci pour cette excellente analyse avec cette série d’articles.


  30. titus Garfield Le 11 octobre 2013 à 15h09
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    Cher mr Berruyer,
    je prefere faire vivre six employés de librairie(2 librairies indépendantes) dans ma petite ville de province qu’un smicard champenois sur une plateforme logistique…..
    de plus j’ai des contacts amicaux avec ces libraires ………..


    • Jibi Le 11 octobre 2013 à 17h07
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      J’ai envie de dire que si vous voulez toucher un plus gros pourcentage, vous pouvez aussi auto éditer votre livre, l’auto-diffuser, l’auto-distribuer etc.
      Mais vous travaillerez beaucoup plus, et cela marchera sans doute moins, et il y a aussi des aspects très rébarbatifs! (Et si ça marche, il vous faudra plus qu’un 60m2 à Levallois! 😉 )


    • Uston Le 12 octobre 2013 à 01h05
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      Je partage l’analyse d’Olivier Berruyer étant moi même lecteur ( + de 40 livres par an ), les 2/3 achetés chez Amazon. et le 1/3 restant dans une grande librairie ” La Galerne ” à 40 km de chez moi. La distance de cette librairie fait, que je passe principalement mes commandes chez Amazon
      Je vous invite à lire cet article sur le blog de Serge Roukine : Mon expérience d’éditeur avec Amazon et les libraires français
      -> http://www.sergeroukine.com/livres


  31. Michel Le 11 octobre 2013 à 15h30
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    Ok. De toute façon, je n’achète plus à Amazon.
    Je visite leur site, mais je n’achète rien. Donc en plus, ça leur coûte. Peu, mais quand même.


  32. BG Le 11 octobre 2013 à 15h34
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    La loi française et le prix unique du livre a d’autres effets :
    http://www.cnetfrance.fr/news/kindle-matchbook-une-copie-numerique-de-vos-livres-papier-pour-moins-de-3-39793726.htm

    Par ailleurs, dans cette affaire, la plupart des acteurs parlent et agissent comme si le livre numérique n’existait pas.
    Le jour où un pack livre numérique / papier existe, je prends.


  33. G L Le 11 octobre 2013 à 16h10
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    Ça c’est du dumping !

    “Le Projet Gutenberg offre plus de 36.000 livres électroniques gratuits à télécharger sur votre PC, Kindle, Android, iOS ou tout autre périphérique mobile. Choisissez entre les formats ePub, Kindle, HTML et texte simple”

    http://www.gutenberg.org/wiki/FR_Principal


  34. Jean Terex Le 11 octobre 2013 à 16h44
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    Bonjour,

    Je ne saisi pas votre point de vue :

    Vous dites que Amazon en facturant les ouvrages le même prix qu’un libraire fait des bénéfices supplémentaires en ne payant pas la partie diffuseur/distributeur.
    Mais si Amazon vous livre gratuitement il n’en reste pas moins vrai que le prix de livraison que la Poste (ou autre) facture à Amazon est bien supérieur au 20% et si Amazon vous facture la livraison alors le prix en librairie est bien plus intéressant pour l’acheteur final.


    • Jean Terex Le 11 octobre 2013 à 17h17
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      Votre réponse n’est pas plus claire que votre article.
      Le prix du livre Amazon sera 20%(plus cher) que celui en librairie, et alors?
      Le prix du livre est trop cher car les distributeurs/éditeurs sont en position dominante par rapport au producteur (les AUTEURS)


      • olivier69 Le 11 octobre 2013 à 23h35
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        Bonsoir jean,
        je pense que mr Berruyer ne nie pas ! Relisez ces propos. Il est courageux de débattre sur le fait que le progrès doit être accepté (à la vue du nombre de contradicteurs) et cela semble gêner. Mais les critiques sont toujours constructives et je pense que nous nous impliquons tous courageusement. Cela mérite la gratitude de la réciprocité des idées adverses. Sans débat, pas de dialectique !
        Evidemment que l’on pense tous que l’auteur (dont lui-même) doit être récompensé de son travail de création. Mais les solutions sont souvent grotesques pour pallier à la problématique.


  35. gergaud jp Le 11 octobre 2013 à 16h46
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    Mais que l’état s’occupe de citoyenneté, de choses de la république, de loi de cité, ce cohesion social, de justice, etc…et qu’il laisse faire ce marché. Il n’y connait rien et son équilibre est ingérable directement(réaction en chaine: je sauve ou subventionne un secteur au détriment d’un autre qui en impact un autre etc… etc….)
    Je suis professionnel d’un vieux metier détronné par la voiture il y a 100 ans et suis bien content malgré tout du progres de la voiture en arretant de voir mon nombril. Si les libraires n’ont plus de boulot, il en changeront pour un autre dont les gens auront besoin, simplement. Sinon, c’est l’immobilisme, le pré-carré, la rente, le monopole.


  36. jducac Le 11 octobre 2013 à 16h54
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    Merci Olivier pour cet excellent travail qui met en évidence où peut conduire le lobbying lorsqu’il s’exerce sur des parlementaires et des gouvernements incapables d’appréhender les questions économiques en prenant en compte l’intérêt du plus grand nombre, c’est-à-dire du pays.

    Ces gens là ne voient pas qu’en faisant ainsi, ils rendent la vie en France plus coûteuse que dans d’autres pays. Cela se répercute forcément dans le coût du travail de ceux qui ont la charge de produire pour exporter, afin que nous puissions importer ce qui nous manque.

    Des livres plus chers qu’ailleurs, des services publics et une éducation nationale plus coûteux qu’ailleurs etc… cela rend forcément nos exportations plus chères qu’ailleurs, nous empêchant de faire des marges suffisantes pour investir ce qui conduit au chômage, à l’endettement et au déclassement d’un pays pour une longue période.

    La librairie est une activité de service et l’on sait que le coût horaire des activités de service en France est de 20% supérieur à celui de l’Allemagne. Ça n’est pas avec une opération comme celle là que l’on va faire baisser le coût de la vie en France, d’autant qu’on a déjà versé des subventions pour qu’Amazon déploie ses activités sur notre territoire.


  37. Jean Terex Le 11 octobre 2013 à 17h11
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    reBonjour,

    Après relecture de votre article je m’aperçois que vous êtes tout autant hors sujet que nos députés.

    Le monde ne tourne que par le travail des personnes qui le peuple.
    Hors votre article ne fait jamais mention d’une réforme législative concernant la protection du producteur (en l’occurrence les auteurs).
    La spoliation dont ils sont victimes pour des profits commerciaux et des entités à qui ils doivent obligatoirement céder une grande partie de leurs droits et pour des durées dépassant largement l’espérance de vie est le problème majeur et prioritaire du dossier de l’édition.


  38. bellini Le 11 octobre 2013 à 18h27
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    “On attend toujours que Carrefour augmente ses prix maintenant qu’ils ont écrasé les petits commerçants…” C’est fait depuis longtemps. Vous croyez vraiment que Carrefour est en concurrence avec Leclerc? “Le capitalisme a toujours été monopolistique” disait Braudel. Il y a plus de “marché” et des prix plus bas sur le marché de Bergerac que dans les Leclerc Carrefour …d’alentour


  39. Benjamin Franklin Le 11 octobre 2013 à 18h45
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    Là, Olivier, je suis perplexe…

    Tu dis “Je ne peux me rendre aux seuls arguments des libéraux, apôtres de la concurrence totale et du consommateur empereur, mais pas plus totalement à ceux du lobby des commerçants de livres.” Après avoir dit il y a deux jours que le contrôle des prix avait sauvé les libraires, et que c’était une bonne chose…

    Tous les arguments que tu donnes sont précisément les arguments des libéraux :
    -la loi Lang coûte aux consommateurs
    -Amazon (et toutes les autres boutiques internet) tire la majeur partie de sa compétitivité de l’élimination des intermédiaires, bien plus que du truandage fiscal
    -les consommateurs trouveraient d’excellents usages aux économies qu’ils feraient sur le prix des livres
    -la disparition des librairies n’aurait aucun impact sur la quantité de livres vendus, exemple anglais à l’appui
    -on attend toujours que les “monopoles” atteints par les gros distributeurs les incitent à augmenter leurs prix, exemple de Carrefour…
    -la Fnac perd des parts de marché parce qu’ils sont… mauvais, tout simplement
    etc, etc.

    Les propositions que tu fais visent en fait, bien plus qu’à faire “survivre” les libraires, à… adoucir et ralentir leur effondrement inéluctable.

    * La loi Lang ne sert plus à rien et ne défend plus personne. Les librairies très spécialisées avec une taille suffisante, sont finalement les seules librairies qui survivront à Amazon et la Fnac, tout simplement parce que ce sont les seules qui proposent au consommateur un service que ne peut pas offrir la Fnac ou Amazon, à savoir toutes les références dans un domaine précis réunies au même endroit, avec des vendeurs experts du domaine. Elles n’ont absolument pas besoin du prix unique pour survivre. Cf l’exemple italien d’ailleurs : une loi moins contraignante, et plus de libraires…

    * Une Autorité Indépendante de Soutien aux Librairies, ce sera une usine à gaz de plus, avec une ribambelles de fromages à la clé pour les potes de politiques. Ca n’empêchera pas la mort des librairies généralistes

    * Si on corrige le problème fiscal d’Amazon, la source de financement des subventions aux libraires va disparaître. Certes, il y aura plus de rentrées de TVA. La TVA est-elle supposée maintenir sous perfusion des activités obsolètes ?

    * Franchement, sauver la Fnac… Je ne m’inquiète pas pour le monopole d’Amazon. C’est quoi, les investissements nécessaires pour pénétrer le marché de la vente de livres en ligne ? Un réseau logistique solide, et un site internet bien foutu. Le site internet, c’est un détail, comme tu dis il suffit de repomper celui d’Amazon. Le réseau logistique, une entreprise de vente par correspondance quelconque est capable d’en disposer rapidement. Les 3 Suisses ou la Redoute pourraient facilement décider de vendre des livres par correspondance aussi. D’ailleurs Amazon s’essaie à la vente de vêtements par correspondance, c’est bien la preuve que ces métiers sont assez interchangeables !

    Là où je suis tout à fait d’accord, c’est l’usine à gaz fiscale française. Une correction très bête de la TVA, à savoir la payer dans le pays de production du bien et non dans celui de livraison (ce qui est parfaitement logique, on paie les services étatiques du pays qui a généré le bien, pas de celui qui le reçoit), suffirait à corriger les distorsions fiscales.
    J’ai bien peur que vouloir ajouter un nouvel impôt exceptionnel sur les vendeurs en ligne, plus une subvention aux libraires, ne soit qu’une couche de complexité de plus…


    • olivier69 Le 12 octobre 2013 à 00h02
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      Bonsoir franklin,
      Mon avis :
      Un vrai libéral est conscient que la maîtrise des prix est possible. Il conteste son utilisation abusive d’une part et sa permanence d’autre part. La singularité ne doit pas être la généralité ! Tout est dans la mesure. Les effondrements inéluctables sont-ils libéraux ? Ce n’est pas une histoire d’accepter un monopole mais de conception du progrès ! Le progrès est-il possible seulement avec le monopole ? D’ailleurs, ne croyez-vous pas que les concurrents vont se gêner pour faire la même chose, c’est évident justement ! C’est principalement l’usine a gaz et la faible part revenant aux créateurs qui sont contestés …


  40. Ankou Le 11 octobre 2013 à 18h59
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    Désolé, mais à lire certains commentaires, je me demandais, comme Olivier, si lesdites personnes concernées avaient bien lu d’une part et assimilé d’autre part le texte. Je pensais à des réponses instinctives.

    Je leur conseille de le relire 🙂

    Lire à mon avis a au moins un objectif, c’est de comprendre ce qu’on lit et d’apprendre. Ou je n’ai pas bien compris.

    Olivier, cette étude a été transmise à qui de droit? merci de nous faire part de la réponse éventuelle.


  41. Fred Le 11 octobre 2013 à 19h05
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    Bonjour,
    je suis libraire et souhaite nuancer vos propos qui selon moi sont composés de plusieurs raccourcis.
    OK sur l’idiotie de cette loi qui va uniquement renforcer les marges d’Amazon.
    Je crois par contre que vous lisez mal le découpage du prix d’un livre.
    Vous dites “on paie la moitié du prix pour amener le livre dans une librairie au fin fond de la France”.
    Non, vous ne payez rien, c’est le libraire qui prend sur ses 35% pour ça et ça coute globalement de 3 à 6 points à celui-ci.
    Vous dites :”Car le port est déjà payé dans le prix éditeur – mais c’est celui pour livrer le livre au libraire ! ”
    Heureusement que le coût du transport entrant (unitairement) n’est pas celui d’un livre en transport sortant, sinon effectivement il ne resterait rien pour payer salaire etc…


  42. jave Le 11 octobre 2013 à 19h42
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    Vous en pensez quoi ?

    Bravo pour cette série instructive et stimulante. Merci pour le suspense Hitchcockien – quelle angoisse de découvrir le point de vue de l’auteur à la fin du scénario ! Chapeau aussi pour la solution proposée, ça ressemble à un compromis intelligent. J’aurais seulement une toute petite modification à apporter à votre proposition. Au lieu de verser les 30 000 € au titre de la subvention à “l’activité d’intérêt général de diffusion de culture”, on devrait les verser au titre de la “rente acquise suite à l’automation”…


  43. Bernard Grapperon Le 12 octobre 2013 à 00h14
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    [ Modérateur – Article trop long. ]


  44. Lisztfr Le 12 octobre 2013 à 00h19
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    J’ai de plus en plus un sentiment d’abrutissement…

    La crise dure, tout le monde se répète et on ne s’en sort pas. J’ai lu tous les livres…

    CSOJ, toujours la même émission neutre et sans rapport, parce qu’il n’y plus rien à dire comme dans le reste de l’actualité, et radio France est devenue inécoutable. Ils n’ont pas le ton juste !


  45. Patrick Luder Le 12 octobre 2013 à 02h59
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    Ouaaah, 30’000 € qui tombent tout seul …
    ben c’est simple, je vais me faire libraire,
    m^me si je ne vends rien ;o)


  46. Vénus-Etoile du Berger Le 12 octobre 2013 à 08h43
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    1) ok
    2)ok
    3)ok

    4) ko
    4/ cette Autorité va lever une nouvelle taxe :

    de 10 % du chiffre d’affaires des ventes de livres en ligne chez les gros vendeurs ;
    de 5 % du chiffre d’affaires des ventes de livres en grande surfaces alimentaires.

    Je mettrais plutôt
    de 15% du chiffre d’affaires des ventes de livres en grande surfaces alimentaires

    5) ok
    6) ok
    7) ko
    ok pour sauver la fnac
    Mais ko pour copier le site amazon
    Car copier du passable cela donne du médiocre
    Ce n’est quand même pas difficile de faire un site fonctionnel.

    8) ok
    9) kooo-oook

    10) vous avez oublié la Suisse


  47. Resistance Le 12 octobre 2013 à 08h59
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    Bonjour Olivier,

    Fervent lecteur de votre blog depuis 2 ans, c’est la première fois que j’interviens.
    Votre billet est très bien fait comme souvent. Toutefois, un point m’a fait bondir : création d’une autorité publique et d’une taxe.

    Pour sauver les libraires, je ne pense pas que créer une nouvelle administration avec des fonctionnaires “tamponne-papier-sert-à-rien” dont les frais de fonctionnement absorberont au fil du temps 10% puis 20% puis 30% du produit de la taxe, soit une bonne solution.

    Je partage entièrement votre point de vue sur le fait qu’on ne peut blâmer Amazon d’utiliser tous les mécanismes d’optimisation fiscale mis à sa disposition. Le problème est au niveau de notre législation trop faible et complexe. Nous avons besoin d’un Etat fort mais avec des règles simples donc facilement compréhensible et contrôlable.

    Par contre, nous devons reconnaître qu’Amazon est un succès entrepreneurial. C’est la voix pour sauver nos libraires. Dernière chaque librairie, petite ou grande, il y a un chef d’entreprise. Son succès ne peut dépendre que de lui même dans un environnement donné. Le chef d’entreprise doit développer sa valeur ajoutée (accueil, agencement, choix, services, etc…(***)) et avoir des coûts efficients (1 euro dépensé doit générer plus d’un euro de valeur ajoutée). Gémir et se plaindre ne mène à rien si ce n’est à la faillite.
    [(***) un bon exemple la librairie Raconte-Moi la Terre à Lyon derrière la place Bellecour qui combine librairie thématique, restaurant, bar et wifi. C’est une petite entreprise qui concurrence Amazon et Starbucks à la fois ! ]

    S’agissant des coûts, notre Etat Mammouth constitue une sacré contrainte. Au lieu de pondre sans cesse des lois pour tenter de régler le moindre problème, l’Etat ferait bien de se concentrer en premier lieu sur sa fonction régalienne première : des lois simples, justes et des contrôles efficaces de l’application de ces lois.

    Pour revenir à notre entrepreneur libraire, il ne peut que constater que même avec un fort lobby, les coûts indirects liés à l’inefficience de notre Etat vont perdurer pendant longtemps. Pourtant, il doit sortir un résultat d’exploitation positif tous les mois pour assurer la survie de son entreprise et donc de son emploi et de son revenu.

    Une solution possible est de développer ses encaissements en espèces au détriment des chèques et cartes bleues. Ainsi une partie de son chiffres d’affaires pourra devenir invisible. Il peut même accorder une ristourne d’un euro pour paiement en espèces. En effet, cela lui évite les frais bancaires sur les paiements par carte bleue et les traitements administratifs des paiements par chèque. Ces propos pourront peut être choquer. Ils me paraissent évidents. Si l’Etat est inefficace, chacun doit continuer à vivre du mieux qu’il peut en s’adaptant à ce contexte externe difficile.

    J’ai vécu quatre ans en Italie. Là bas, le petit commerce reste fort développé et relativement florissant. La place de la grande distribution y est moins importante qu’en France. Une des raisons possibles, fruit de mon observation, est lié à l’économie souterraine non déclarée. Je n’ai jamais vu autant circuler de billets de 100€, 200€ et 500€ que lors de mes quatre années vécues en Italie. Il faut dire que si nous devons composer avec un Etat dispendieux et confiscatoire depuis plus de trente ans, les italiens subissent cette situation depuis plus de 60 ans. Ils ont donc une longueur d’avance sur nous dans la manière de s’adapter face à une telle situation.

    Là bas, 90% de mes dépenses étaient réglées en espèces (y compris loyer, électricité, eau et gaz). Les italiens fuient les banques et leurs frais, encore plus élevés que chez nous, comme la peste. Depuis que je suis revenu en France, j’ai gardé un peu de cette habitude et règle environ 50% de mes dépenses en espèces. Tous mes achats chez les petits commerçants sont réglés en espèces. Ensuite ils en font ce qu’ils en veulent mais c’est ma façon de les soutenir. C’est aussi un moyen d’éviter une traçabilité de mes comportements d’achat par ma chère banque.

    Pour revenir aux libraires contre Amazon, les deux sont complémentaires en fait. J’achète chez les deux. Chez les libraires, je flane et je découvre. C’est d’ailleurs là que j’ai découvert votre ouvrage “Stop tirons les leçons de la crise” et par là votre blog. Chez Amazon, j’achète un titre précis que je pourrais avoir en 48h parce que souvent on m’oppose des délais de deux à trois semaines dans des librairies (y compris chez la Fnac Bellecour à Lyon !).

    Un autre exemple de résistance contre le système : outre, le fait de régler mes dépenses en espèces chez les commerçants, je ne fréquente plus les supermarchés qu’une fois par mois voire moins. La grande distribution a des méthodes détestables vis-à-vis de ces fournisseurs et de ces salariés. Elle cause grand tort à notre industrie nationale bien plus que les Allemands et les Chinois. En plus, elle nous vend souvent des produits alimentaires de mauvaise qualité, certes qui semblent pas chers de prime abord mais qui sont surtout à forte marge pour eux. Je recommande l’ouvrage “Les Coulisses de la grande distribution” de Christian Jacquiau.

    En résumé, pour s’en sortir dans cet environnement déclinant et de mauvaise gestion, la meilleure solution est encore les comportements et choix individuels de chacun. Tant qu’il nous reste la liberté de nous informer, de s’exprimer et d’agir, le meilleur reste possible.


    • Ankou Le 12 octobre 2013 à 10h27
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      Première fois, mais écrite de main de Maître!

      Même si certaines de vos positions ne correspondent pas à ma vision de l’Homme et de sa place dans le Monde


  48. Leolelor Le 12 octobre 2013 à 11h47
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    Si les frais de port gratuits constituent du dumping, avec cette logique, les libraires devraient faire payer leur loyer en plus du prix public…
    J’ai croisé beaucoup de personnes, plutôt littéraires, dont le métier rêvé était d’être libraire. Par conséquent, il est probable que beaucoup de petit libraires fassent partie de cette catégorie et aient des lacunes en gestion, d’où une partie de la moindre rentabilité observée de ces commerces.

    Je reste malgré tout pour la sauvegarde des libraires et me force à attendre un rare passage en ville pour acheter les nouveautés, plutôt que de commander en ligne et être livré presque immédiatement…

    A noter aussi que le marché de l’occasion se développe aussi en ligne au détriment des bouquinistes (Gibert, + Ebay & Priceminister), et du neuf.


  49. tchoo Le 12 octobre 2013 à 19h26
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    J’en pense la même chose que vous:
    -mauvaise appréciation du problème, erreur de cible
    d’où mauvaise solution qui croyant s’attaquer à un problème tape à coté parce la cible n’est pas là

    c’est pas les pratiquants de l’optimisation fiscales qui sont fautifs même si ils sont en cause, c’est le fait que cela est rendu possible.
    Faillite ou connivence du politique qui soit à renoncer à influer sur la vie, soit c’est laissé compromettre pour tout un tas de raisons


  50. Proponome Le 12 octobre 2013 à 23h55
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    Il est regrettable de faire un bilan aussi évidemment négatif de la loi Lang et de l’actuelle, pour ensuite proposer le même type d’ineptie que l’on nous sert depuis p^lus de 30 ans en France, qui consiste à protéger les constructeurs de carrioles contre les méfaits de l’évolution, à protéger le maréchal ferrant et j’en passe…

    Les librairies sont frappées d’une obsolescence évidente dans la mesure où un service équivalent peut être rendu à un cout nettement inférieur : on doit laisser aux clients le soin de défendre ou non une activité par leur comportements personnels, pas par idéologie.

    Vous réalisez un travail intéressant, mais vous n’avez pas encore franchi le pas naturel auquel vos analyses devraient vous conduire : essayez de vous détacher de tous les dogmes propres à la France et à ses socio-pratiquants idéalistes qui vous ont probablement emmailloté et vous y verrez plus clair.



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