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21.avril.202621.4.2026 // Les Crises

Revue de presse du 21/04/2026

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Cette semaine, une revue de presse qui prend un peu de recul. Bonne lecture.

CHINE

« Le conflit économique avec les États-Unis constitue l’un des principaux risques extérieurs de la Chine »

"Derrière la recrudescence protectionniste et les interventions au Venezuela et en Iran, un seul objectif obsède Donald Trump. Affaiblir économiquement la Chine. Mais comment l’ex-empire du Milieu fait face à cela ? L’économiste Mylène Gaulard, maîtresse de conférences à l’Université Grenoble Alpes, spécialiste de la Chine, montre que Beijing s’adapte à la politique de Washington, même si la guerre en Iran pourrait davantage impacter l’économie chinoise avec une hausse du prix du baril de pétrole. Le protectionnisme de Donald Trump se situe dans le prolongement des politiques menées par les États-Unis depuis 2018, ce qui a laissé le temps à la Chine de s’adapter. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait effectivement alors déjà fortement augmenté les tarifs douaniers sur les produits chinois. Joe Biden les a ensuite maintenus, et même renforcés pour certains secteurs..."

Source : Stup.Media

DÉMOCRATIE

Rima Hassan et « la drogue » : fiasco médiatique, apothéose du journalisme policier

"Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police. Le 2 avril, Rima Hassan est une nouvelle fois entendue dans le cadre d’une procédure pour « apologie du terrorisme » à la suite de plaintes et/ou de signalements déposés par un député d’extrême droite, des associations pro-israéliennes et le ministre de l’Intérieur. Auditionnée librement lors des convocations précédentes – treize procédures ont toutes abouti à un classement sans suite –, la députée européenne est cette fois-ci placée en garde à vue pour un tweet effacé."

Source : Acrimed

Conspiracy Watch : une expertise biaisée au service de l’impérialisme américain

"Conspiracy Watch malmène les questions internationales et la géopolitique avec un art consommé du deux poids, deux mesures. Le site dirigé par Rudy Reichstadt est intarissable sur la désinformation et les ingérences — y compris imaginaires — émanant des pays dans le collimateur des États-Unis et occulte ou relativise leurs pendants occidentaux. Participant à une entreprise de nature propagandiste, les complotologues « de référence » s’acharnent sur le mouvement anti-impérialiste et ses acteurs. Leur biais les conduit parfois à diffuser eux-mêmes fausses informations et théories du complot. Également pro-israéliens, ils pratiquent copieusement l’amalgame infamant entre antisionisme et antisémitisme. Seuls Donald Trump et le génocide à Gaza (qu’ils nient) ont été en mesure de tempérer un peu leur défense de Washington et de Tel-Aviv."

Source : Blast

ENVIRONNEMENT

Cachemire : une mode qui fait des dégâts en Mongolie

"Il y a 30 ans, le cachemire était réservé aux vêtements très haut de gamme. Aujourd’hui, on peut s’offrir un pull tricoté avec la précieuse fibre à moins de 70 euros chez Uniqlo. Chez C&A, le pull à manches courtes 100 % cachemire est même vendu à 49,99 euros. Mais si le cachemire, réputé pour sa douceur et sa chaleur, se vend désormais partout, il provient essentiellement d’une toute petite zone du globe : la Mongolie-Intérieure, région autonome du nord de la Chine, et la Mongolie. Et qui dit plus de chèvres, dit besoin de plus de pâturages. En Mongolie, le nombre de caprins a été multiplié par plus de 5 en 30 ans, dépassant désormais les 27 millions de bêtes, selon les données de l’Office national des statistiques de Mongolie. De nombreuses études pointent un phénomène de surpâturage, d’autant que les chèvres affectent fortement les prairies : contrairement aux moutons, elles ne coupent pas juste les brins d’herbe quand elles broutent. Elles arrachent la totalité de la plante."

Source : Reporterre

EUROPE

Défaite d’Orbán : la Hongrie a-t-elle trouvé son Tony Blair ?

"Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le premier ministre hongrois Viktor Orbán est monté sur scène pour prononcer son premier discours de défaite en vingt ans. Son concurrent Peter Magyar, devant une foule imposante massée sur les rives du Danube, fort de sa super-majorité (136 sièges sur 199 et 52 % des voix, avec une participation record de 79,5 % des électeurs), a inscrit sa victoire dans le sillage des Révolutions de 1848 et 1956. Il a annoncé un « changement de régime », appelé des figures clés de l’État (qualifiées de « marionnettes ») à démissionner : le Président de la République, le président de la Cour suprême, le président de l’Office national d’audit de Hongrie, etc. Ce genre de déclarations, dont Magyar s’est fait une spécialité, résonnent à merveille dans un imaginaire historiquement épris de révoltes. L’étude de ses orientations programmatiques et de son entourage suggère pourtant une évolution beaucoup plus douce, en continuité avec le régime qu’Orbán et le Fidesz ont construit en seize années de pouvoir."

Source : Le Vent Se Lève

FRANCE

La loi « Yadan » et l’instrumentalisation des chiffres de l’antisémitisme

"Pour donner de la légitimité à une proposition de loi visant avant tout à empêcher la critique d’Israël et la dénonciation du génocide à Gaza, la députée Caroline Yadan s’appuie, entre autres, sur les chiffres de l’antisémitisme. Mais l’identité et la méthodologie des organisations qui en sont à l’origine montrent une instrumentalisation de cette réalité en faveur d’un positionnement pro-israélien. Une pétition contre cette proposition de loi sur le site de l’Assemblée nationale a déjà rassemblé plus de 700 000 signatures. En dépit de son intitulé, la proposition de loi « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », dite « Yadan », n’a rien à voir avec la lutte contre l’antisémitisme. Ses objectifs sont le renforcement de la législation – déjà contestable – sur l’apologie du terrorisme (article 1) et l’empêchement de la critique de l’État d’Israël (article 2)."

Source : Orient XXI

Perquisition à l’Élysée : la cité interdite

"Dans le cadre d’une information judiciaire, des enquêteurs se sont présentés pour une perquisition à l’Élysée mais se sont vus refuser l’accès en vertu de « l’inviolabilité des locaux rattachés à la présidence ». Cette péripétie pose la question de l’existence d’un tel principe, de son champ et de ses éventuelles limites. Le 2 octobre 2025, une information judiciaire a été ouverte pour des soupçons de favoritisme, de prise illégale d’intérêt, de corruption et de trafic d’influence concernant l’attribution systématique, entre 2002 et 2024, de l’organisation des cérémonies au Panthéon, sous l’égide du Centre des monuments nationaux, à la seule agence Shortcut Event. Ce n’est qu’en juillet 2025 que cette attribution systématique a pris fin, avec l’organisation de la cérémonie d’entrée au Panthéon de Robert Badinter, confiée à l’agence Auditoire."

Source : Le club des juristes

GÉOPOLITIQUE

Un pontificat en recomposition : bilan de la première année de Léon XIV entre repositionnement diplomatique, tensions transatlantiques et recentrage africain

"Un an après son élection, le pontificat de Léon XIV s’inscrit dans une phase de reconfiguration progressive de la diplomatie pontificale et, plus largement, du rôle du Saint-Siège dans les relations internationales contemporaines. Loin de constituer une rupture doctrinale ou institutionnelle majeure, cette première année apparaît plutôt comme un moment d’ajustement stratégique, caractérisé par une redéfinition des modes d’intervention du pape sur la scène internationale, par une recomposition des relations avec les grandes puissances – au premier rang desquelles les États-Unis – et par un déplacement assumé du centre de gravité ecclésial vers le Sud global. Dans cette perspective, le voyage africain du printemps 2026 ne peut être compris comme un simple déplacement pastoral : il constitue un moment de cristallisation de ces dynamiques, révélateur des tensions et des orientations d’un pontificat encore en ouverture."

Source : Iris

INEGALITES

L’Assemblée générale proclame la traite des esclaves africains « plus grave crime contre l’humanité », malgré des réserves sur le plan juridique

Lors du vote de l'Assemblée générale des Nations Unies du 25 mars 2026, la résolution qualifiant la traite transatlantique des esclaves africains de « plus grave crime contre l'humanité » a été adoptée par 123 voix pour. Le texte, porté par le Ghana, a recueilli 3 votes contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, incluant le Royaume-Uni et l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Les USA ont voté contre, refusant de reconnaître un droit légal à réparation pour des faits qui n'étaient pas illégaux au moment où ils ont été commis. L'UE et le Royaume-Uni se sont abstenus, craignant une hiérarchisation implicite des crimes contre l'humanité et une application rétroactive du droit international. La résolution, bien que non contraignante, invite les États à renforcer la lutte contre le racisme, à envisager des compensations pour les descendants des victimes et à restituer les biens culturels et spirituels pillés.

Source : ONU Infos

INTERNATIONAL

Vidéos sur YouTube, groupes sur Telegram... En Ukraine, la fuite des hommes en âge de combattre s'organise en ligne

"Depuis le début de la guerre en février 2022, plus de 30 000 hommes ont franchi illégalement la frontière entre l'Ukraine et la Roumanie. Sur YouTube, la cueillette de champignons semble être devenue la nouvelle passion d'Ukrainiens, avec une préférence pour les espèces trouvées sur le chemin de la Roumanie. De nombreuses vidéos aux titres énigmatiques circulent sur la plateforme, comme "Nous apprenons à cueillir des champignons en Roumanie", "J'ai décidé d'aller en Roumanie pour cueillir des champignons" ou encore "Comment récolter des champignons en Ukraine pour les vendre en Roumanie". D'autres racontent les aventures de randonneurs ukrainiens qui traversent la frontière roumaine sans s'en rendre compte : "En randonnée dans les Carpates... Nous nous sommes retrouvés par hasard en Roumanie" mais aussi "Comment j'ai quitté l'Ukraine par accident pour la Roumanie"..."

Source : France Info

MATIÈRES PREMIÈRES

« Le nucléaire est une industrie en déclin »

"Investir dans le nucléaire est à la fois douteux économiquement et contre-productif pour le climat, explique l’analyste Mycle Schneider. Les renouvelables, et en particulier le solaire, sont bien plus efficaces à court terme. Mycle Schneider est un expert international de l’énergie nucléaire. Il dirige l’équipe qui produit chaque année un rapport de référence sur l’état du nucléaire dans le monde, le WNISR (World Nuclear Industry Status Report). Dans cet entretien, il démonte l’idée que le nucléaire serait « en renaissance ». Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, la crise énergétique relance le débat sur la sortie des fossiles, Mycle Schneider souligne la vigueur de la révolution solaire : selon lui, elle dessine le monde d’après énergétique, dont la France est largement absente."

Source : Reporterre

RÉFLEXION

La macronie récidive et s’enfonce dans l’abyme

"Après « le travail rend libre », « la France aux Français » : Gabriel Attal est-il nostalgique des années 30 ? Invité sur le plateau de TF1 au lendemain d’élections municipales désastreuses pour son parti, l’éphémère Premier Ministre, les yeux cernés comme jamais, s’est livré à un exercice de communication robotique et, avouons-le, un poil pathétique. Entre deux éléments de langage appris par cœur, Attal déclare : « Il faut, très vite, que nous nous remettions à parler de la France, aux Français », en appuyant volontairement sur le mot « Français ». Alors, maladresse liée à un manque de culture politique ou référence délibérée à une expression nationaliste et antisémite des années 1930 ?"

Source : Contre Attaque

Une histoire mondiale de la race

"Comment la notion moderne de race s’est-elle construite ? C’est la question qu’explore, dans La racialisation du monde. De la modernité à nos jours, l’anthropologue et sociologue Régis Meyran, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet et coordinateur scientifique de la Plateforme internationale sur le racisme et l’antisémitisme. En réponse aux tenants de la hiérarchisation biologique et culturelle de la diversité des groupes humains, qui expliquaient le retard économique du sud de l’Italie en termes d’infériorité raciale, Antonio Gramsci écrivait, dans un cahier rédigé entre 1934 et 1935 : « Toutes ces questions sont absurdes si on veut en faire les éléments d’une science et d’une sociologie politiques. » Longtemps considérée comme une évidence « scientifique », aussi bien par les élites dirigeantes que par le grand public, la notion de race devient, au tournant de la modernité industrielle, une mythologie politique organisant les relations humaines au sein des États-nations et des empires coloniaux."

Source : En attendant Nadeau

SCIENCES

Je vous écris de Mésopotamie, il y a 4000 ans

"La plus ancienne correspondance privée de l’humanité raconte les mariages et les divorces, le commerce et la fraude fiscale, le métier d’éleveuse ou de tisseuse. Des voix de femmes imprimées dans l’argile depuis 4000 ans, qui livrent des récits troublants d’actualité. Elles s’appellaient Suhkana, Kunnaniya, Lamasha ou Hattitum, étaient épouses, veuves, éleveuses de bœufs, comptables ou dévotes, et vivaient en Mésopotamie… il y a 4000 ans. Les archéologues ont retrouvé des milliers de correspondances écrites sur des tablettes d’argile. À la lecture de ces textes, que ces femmes ont envoyés ou reçus, on est avec elles ému, en colère, fatigué, enthousiaste ou inquiet… Cécile Michel, historienne et archéologue, spécialiste de la Mésopotamie, a réuni la plus ancienne correspondance privée de l’humanité. Et a classé une partie de cette correspondance de telle sorte qu’on puisse cheminer aux côtés d’une trentaine de femmes, pour partager leur quotidien."

Source : Le journal du CNRS

VUES D’AILLEURS

Loi silenciaire

"Nous avons découvert, dans un papier du Monde sur le projet de loi Yadan, cette si sympathique loi destinée à accroître nos libertés, le verbe silencier. Nous avons d’abord cru à un nouveau verbe créé pour se passer d’une périphrase, comme impacter, pour « avoir un impact sur », ou tracter, pour « distribuer un tract ». Mais non, renseignement pris, il s’agit d’un verbe rare et littéraire pour « réduire au silence » présent dès le XIXe siècle, employé par exemple par Chateaubriand, selon le CNRTL : « Non que l’été soit maintenant moins doux qu’il était quand les hymnes mélancoliques du rossignol silenciaient la nuit ! » Nous y apprenons qu’il peut s’orthographier aussi silencer. Le conjugueur du Figaro nous en offre même la conjugaison complète, avec le savoureux subjonctif imparfait que je silenciasse. Le dictionnaire Littré est pris en défaut, il ne le connaît pas. Mais il connaît silenciaire : « Terme d’antiquité romaine. Officier qui faisait observer le silence aux esclaves. » Un mot qui entre en résonance avec notre note précédente, sur Spartacus. Un esclave, cela doit se taire. Silenciaire (aussi orthographié silentiaire) est un substantif, mais on le voit bien aussi en adjectif. On pense aussi au silencieux, ce dispositif vissé au bout d’un canon qui permet d’occire en silence."

Source : Langue Sauce piquante

ÉTATS-UNIS

L’agression contre l’Iran, accélérateur de la crise hégémonique nord-américaine

"Loin de réaffirmer la puissance étatsunienne, la guerre actuelle contre l’Iran met en lumière et accélère la transition vers un ordre post-hégémonique. Au fil des dernières semaines, nous avons suivi pas à pas le développement de la guerre en cours contre l’Iran. Alors que des négociations, à l’issue incertaine, s’ouvrent au Pakistan entre Washington et Téhéran, nous entendons proposer ici un bilan provisoire de nature stratégique. Il ne s’agit pas de reconstituer les différents moments de cette guerre mais d’évaluer leurs conséquences sur la structure de l’ordre international en pleine recomposition. Loin de confirmer la toute-puissance de Washington, le conflit avec l’Iran jette une lumière assez crue sur ses limites. Ce à quoi nous assistons, ce ne sont pas seulement des erreurs de conduite ou des décisions discutables, mais une crise plus profonde, qui combine épuisement militaire, désorientation stratégique et fragilité interne."

Source : Révolution Permantente

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