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17.juillet.201417.7.2014 // Les Crises

8013 La situation des librairies

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Après le billet sur le projet de loi, dernier billet d’analyse de notre série, avant le dénouement final… 🙂

Analysons aujourd’hui la situation des libraires.

Les librairies françaises

Nous avons vu dans ce billet qu’il y avait en France environ 25 000 points de vente de livres, dont 15 000 avaient une activité régulière de vente de livres.

Sur ce nombre, il ne restait en 2012 que 3 000 librairies, qui sont spécialisées dans l’activité de distribution de livres (sont donc exclues les grandes surfaces culturelles et alimentaires, les maisons de la presse, la vente à distance…). Sur ce nombre, on compte environ 800 à 900 librairies indépendantes non diversifiées.

Les librairies disposaient en 2012 de 16 000 références actives en moyenne.

Elles représentent environ 20 % des ventes de livres, dans un contexte d’érosion de leur activité et de pertes de parts de marché.

lieux achat du livre

lieux achat du livre

Les 1 000 premiers détaillants (qualifiés de “1er niveau” – libraires et GSS) représentent 60 à 75 % du chiffre d’affaires des éditeurs.

Rappel de la chaîne du livre

Nous avons également vu l’économie du prix du livre :

prix du livre

De par la loi sur le prix unique, le fonctionnement est celui-ci :

  1. l’éditeur fixe le prix de vente de son livre par le libraire (par exemple 20 €) ;
  2. il négocie ensuite avec lui le prix auquel il lui vend son livre (par exemple 13 €), ce qui revient à négocier la marge commerciale, c’est-à-dire le rabais accordé sur le prix de vente final (ici 35 %, pour le libraire).

Le libraire doit donc payer ses frais avec cette marge commerciale.

Résultats financiers du panel

Xerfi a réalisé une étude très intéressante sur les librairies indépendantes pour le Syndicat de la Librairie Française, qui sert de base à l’analyse.

Xerfi a analysé les résultat globaux de la branche des 800 librairies, ainsi que les résultats détaillés d’un panel représentatif de 260 librairies présentes entre 2005 et 2012 (on a donc les résultats moyen d’un libraire ayant au moins 8 ans).

Pour analyse plus fine, Xerfi a scindé le panel entre les petites librairies (P), les moyennes (M) et les grandes (G) :

situation économique  des librairies

Le chiffre d’affaires

Voici l’évolution du CA :

situation économique  des librairies

situation économique  des librairies

situation économique des librairies

On constate que le panel a vu son activité se contracter de 1,5 % en moyenne, et que les petites librairies ont mordu la poussière avec une baisse de 4 % (donc près de -6 % en termes réels…). Elles sont en grave crise, 2012 ayant été la 5e année de suite de baisse d’activité.

Depuis 2005 (base 100 de CA), l’évolution a été la suivante :

situation économique des librairies

Seules les grandes librairies ont progressé sur la période.

Voici le détail suivant les secteurs :

situation économique des librairies

On retrouve bien la nette progression des ventes sur Internet, et la chute d’activité dramatique des petits libraires.

Voici l’évolution annuelle moyenne des ventes entre 2006 et 2012 :

situation économique des librairies

À -4 % par, la situation ne peut perdurer très longtemps…

La marge commerciale

Voici l’évolution de la marge commerciale – dont de la part accordée par les éditeurs :

situation économique  des librairies

On note que la marge moyenne a contenance à croître, et se situe entre 33,5 et 34,5 %.

On constate de façon inattendue que ce sont les petites librairies qui ont la plus forte marge. On s’attend à ce qu’elles aient évidemment les plus gros besoins, mais on constate que les éditeurs jouent le jeu, et les soutiennent malgré leur faible pouvoir de négociation pour qu’elles ne disparaissent pas.

Il y a aussi un effet de composition différente du type d’ouvrages vendus, avec des marges différentes – les plus grandes vendant plus d’ouvrages scolaires ou aux collectivités.

Les charges externes : loyers et le transport

Les libraires ont deux types principaux de charges externes : les loyers et les frais de transport. On regroupe le tout dans le poste Autres Achats et Charges Externes :

situation économique des librairies

Rappelons que les librairies font en moyenne 146 m², contre 154 m² en 2008 – dont 75 % sont réservés à la vente de livres.

On voit que l’effet taille est manifeste : les grandes librairies ont toujours 3 points de CA de charges en moins, ce qui fait environ 10 % de la marge commerciale !

On note aussi l’évolution défavorable : les loyers sont de plus en plus chers, ainsi que le transport (hausse des tarifs des transporteurs, augmentation de taux de retour de 22 % en 2004 à 26 % en 2012 – à la charge des libraires).

Rappelons que plusieurs pays voisins ont un tarif Livres, qui diminue fortement le coût d’expédition – La Poste ayant supprimé les avantages du secteur depuis une quinzaine d’années :

situation économique  des librairies

(Source : Rapport Gaymard sur le livre, 2009)

Les charges internes : salaires

Outre l’achat des livres, les frais de personnel sont le premier poste de charge des libraires :

situation économique des librairies

Rappelons que les librairies comptent 3 employés en moyenne, contre 3,9 personnes en 2008.

On voit que les frais sont ici plus faibles chez les petites librairies. Mais c’est en fait en trompe l’œil, car le dirigeant, parfois seul dans la boutique, n’est pas toujours salarié, ou le salaire peut servir de variable d’ajustement pour équilibrer l’exercice… La situation est encore pire pour l’ensemble des petites librairies de la branche (et pas seulement du panel, où elles ont plus de 8 ans) : 14,8 % contre 17,5 pour les grandes et moyennes librairies.

Les résultats

On a au final pour l’EBE (= CA – charges – frais de personnel, avant les amortissements) :

situation économique des librairies

On note que les petites et moyennes librairies sont dans une situation critique – les petites ayant en plus joué sur le salaire du dirigeant…

Le résultat courant avant impôt (RCAI = EBE – amortissements – opérations financières [= intérêts versés]) :

situation économique des librairies

Le RCAI a été divisé par 3 pour les petites et moyennes librairies, et par 2 pour les grandes !

Le résultat net hors éléments exceptionnels (RNHE = RCAI – Impôt sur les sociétés) :

situation économique des librairies

Là encore, la réalité est pire que ce panel ne montre ; à l’échelle de la branche, le taux de RCAI des petites librairies est négatif (-0,4%) – et ce, bien que de nombreux dirigeants de ces petites librairies aient baissé leur rémunération pour limiter leurs pertes…

Le résultat net y compris éléments exceptionnels (RN = RNHE + éléments exceptionnels [= vente d’actifs, abandons de créances]) :

situation économique  des librairies

Les éléments exceptionnels ont un peu amélioré la situation des P et M, mais ces mesures ne peuvent être pérennes…

Résultats financiers de la branche des libraires

Si on analyse cette fois la branche entière, on a les résultats synthétiques suivants :

situation économique  des librairies

Le plus important est le taux de résultat net hors éléments exceptionnels des petites librairies, qui atteint l’incroyable niveau de -0,6 %, ce qui veut dire qu’en moyenne, l’activité est totalement déficitaire malgré les gros efforts et sacrifices des dirigeants de ces petites structures…

situation économique  des librairies

On note bien que tout se joue en fait dans la ligne “Loyer + Transport”, où les libraires perdent 5 points de marge sur ce poste par rapport aux grandes librairies – et doivent faire de gros efforts sur les rémunérations pour limiter ensuite les pertes.

Si on prend toutes les entreprises de la branche, on arrive à un résultat net de 0,6 %, qui est haut la main le plus faible des commerces de détail :

situation économique des librairies

Comme on achète souvent des lunettes pour lire, à quand une taxe sur les opticiens pour financer les libraires ? 🙂

Nous proposerons dans le prochain billet des solutions plus sérieuses que celle-là – et que celle du gouvernement…

La situation est en effet très sérieuse pour les petites librairies, qui ne pourront résister longtemps, plombées principalement par leur taille trop réduite qui ne leur permet pas de faire des économies d’échelle suffisantes…

Source : étude Xerfi 2013

Sources plus anciennes : étude Xerfi 2010, étude 2004, étude Librairies dans le monde

P.S. un coup de gueule pour finir. Xerfi a fait un travail très utile, en compilant les résultats obtenus via les greffes des tribunaux de commerce – où le dépôt des comptes est obligatoire et les comptes publics depuis des décennies, sous peine d’amende. On voit tout l’intérêt que cela représente quand on utilise ces données, pour analyser un secteur, le comprendre, et donc prendre les bonnes décisions.

Sauf que Jean-Marc a annoncé tout crânement dans sa politique de simplification administrative qu’il allait supprimer cette atroce contrainte pesant sur les TPE (bah oui, mettre le compte dans une enveloppe timbrée et la poster, quelle galère ! Mieux vaut perdre de l’information statistique publique précieuse, surtout en temps de crise).

“Dès aujourd’hui, nous décidons la suppression de l’obligation de rendre publics les comptes pour 1,4 million de TPE, une charge inutile”.[Jean-Marc Ayrault, 17/04/2013, La Tribune] [NB cela permet surtout à une entreprise de savoir si son client ne va pas faire faillite avant de la payer, l’entraînant avec lui – mais il ne doit pas pouvoir comprendre ces étranges notions…)

Donc Xerfi ne pourra probablement pas remettre cette étude à jour dans 2 ou 4 ans.

Chapeau l’artiste !

18 réactions et commentaires

  • CImballi // 11.10.2013 à 03h58

    Quand on regarde l’avant dernier graphique, avec les cercles, on comprend facilement pourquoi Amazon peut conquérir le marché du livre aussi facilement. Sa structure lui permet de faire beaucoup d’économies sur le loyer et le transport, deux postes qui représentent une grande part des charges des librairies classiques.
    C’est évidemment facile à voir après coup, c’est dommage que les personnes qui nous gouvernent n’arrivent pas à anticiper ce type de problèmes.

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    • Deres // 11.10.2013 à 09h39

      C’est le sens du progrès que l’on a déjà vu dans de nombreux domaines au cours de l’histoire. L’amélioration des technologies et en particulier des transport désenclave les zones et crée de la concurrence sur une plus grande distance en détruisant des monopoles locaux. Les effets d’échelle s’adaptent alors à la taille de la zone.

      Pour les librairies, internet permet à des acteurs de desservir tous le monde et donc de profiter d’effets d’échelle importants. Seuls les acteurs locaux proposant un service différent et n’étant pas en concurrence frontale avec ces nouveaux acteurs globaux pourront survivre. Pour moi, le souci est qu’il faut surtout éviter qu’Amazon établisse un monopole de fait au niveau internet. Car dans ce cas là, l’avantage du consommateur à court terme disparaîtra à long terme quand Amazon n’aura plus de concurrents que ce soit locaux ou globaux.

      Le monopole est la meilleure situation pour une entreprise et la pire pour le consommateur. C’est pour cela que les libéraux préfère généralement le privé au public de manière parfois dogmatique. Mais une entreprise en monopole a un comportement tout à fait similaire à une administration sans contrôle. Ce qu’il faut, ce sont des entreprises en concurrence OU des administrations sous contrôle. L’expérience a prouvé que ce qui marchait le mieux avec les coûts les plus faibles et le meilleur service rendu était des entreprises privés dont la concurrence était garantie par des administrations sous contrôle. On en est souvent loin en France quand on voit la quantité de monopole privé de fait et la prise en compte des remarques entre autre de la cour des comptes …

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      • perceval78 // 17.07.2014 à 02h19

        excusez moi @Deres mais je pense qu’il faut attendre d’avoir un peu de recul historique pour savoir si vos assertions sont justes.

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        • Franck // 17.07.2014 à 11h36

          Concernant Amazon, il faut rajouter qu’ils s’octroient les termes de paiement qu’ils veulent (plus de 120 jours), qu’il décident de la remise (50% quand une librairie de moyenne taille obtient en moyenne 35%) et qu’ils font payer à l’éditeur les frais de livraison…
          ce n’est pas juste un super business model, c’est aussi une machine à briser la concurrence (et je ne parle pas des conditions de travail).

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  • Patrick Luder // 11.10.2013 à 04h31

    La grande arnaque c’est l’éditeur qui la tiens et plutôt trois fois qu’une.
    De quel droit, dans le monde de 2013, l’éditeur à encore de droit de fixer les prix ?
    De quel droit, dans ce contexte, l’éditeur peut-il vendre moins cher à Amazone qu’à un libraire ?
    La concurrence déloyale est déjà là, c’est une concurrence déloyale réglée et non libre !!!
    Il ne faut pas oublier non plus que le distributeur-diffuseur se fait 20% de prix du livre,
    et quand l’éditeur se fait distributeur, c’est 40% du prix du livre qui lui revient …

    La montée de l’achat en ligne est une question de mode et de choix de vie,
    faire ses choix et ses courses assis dans son fauteuil ou être sur place pour voir-toucher-parler
    même 20% de différence de prix ne changerait pas grand chose, voir rien du tout …

    L’E-book aussi est une question de mode et de choix
    la montée en puissance de l’e-book n’a rien à voir avec le prix.

    Voulez-vous vivre par écran interposé, avec le moins de perte de temps possible ?
    Voulez-vous vivre en live, sentir-toucher-regarder-échanger-parler ?
    =>>> là sont les questions essentielles, là sont les choix de société,
    et c’est encore une fois le con-sommat-eur qui fera la différence …

    °°° et aucune loi, telle qu’elle soit, ne modifiera ces comportements ! °°°

    NON mais l’Etat n’a t’il pas d’autres priorités que de jouer à la dînette,
    avec des différences si miniminimes et complètement déplacées ???

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    • horde // 17.07.2014 à 09h48

      “De quel droit, dans le monde de 2013, l’éditeur à encore de droit de fixer les prix ?”
      Mais comme tout industriel qui a un coût de fabrication, qui voulez vous pour fixer un prix : le vendeur ? Amazon par exemple qui avec sa position dominante fixe les conditions de remise, donc à terme c’est l’augmentation du prix du livre. L’éditeur n’étant plus maître de sa marge est obligé de compenser par une augmentation des prix. ( C’est le cas en Angleterre par exemple )
      Heureusement en France il y a un prix unique du livre ( la loi lang de 1982) ce qui a permis de préserver le réseau de la librairie. internet n’existait pas à cette époque, aujourd’hui c’est un véritable tsunami avec la fin programmé de la libraire de proximité et à terme la disparition des petites maisons d’édition. En effet comment voulez vous vendre des livres sans les exposer, sans des libraires qui les défendent.
      L’internet c’est la révolution dans la distribution, et aussi à terme la disparition totale du commerce indépendant. Monopole et multinationales seront les grands gagnants.

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  • Tulane // 11.10.2013 à 09h43

    Deux précisions:
    1) Pour un particulier le coût d’expédition par la poste est celui d’une lettre et non pas d’un colissimo
    soit 1€85 pour 250g et 3€15 pour 500g.
    2) Le site Priceminister, entre autres, propose d’occasion en vente entre particuliers la plus part des bouquins existant dans le commerce, même très récents, avec une décote qui va de 50 à 90%,
    mais je ne sais pas ce que ça représente en volume de transactions..

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  • toto // 11.10.2013 à 13h04

    Coquille
    “où les perdent libraires perdent 5 points de marge”

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  • G L // 11.10.2013 à 13h19

    Le livre, livres…

    Je pense qu’une part non négligeable des problèmes des libraires vient de ce que ce qu’ils vendent est en train de changer. Les adaptations qui seraient souhaitables sont forcément difficiles, elles le seraient quel que soit le système économique en vigueur …et elles n’ont aucune chance d’être résolues par une loi Anti-Amazon pour laquelle aider les libraires n’est qu’un prétexte.

    Je ne suis pas spécialiste, seulement lecteur (de livres ayant des provenances très diverse puisque ça va de livres acquis il y a une centaine d’années par mes grands-parents instituteurs de village à des fichiers électroniques téléchargés gratuitement ou pas – souvent sur des sites du Quebec – lus sur une liseuse ou une tablette en passant par ceux que je peux emprunter dans les deux bibliothèques municipales proches de chez moi ou – au pif – du millier de bouquins de tous genre et formats qui sont sur mes étagères, souvent achetés chez des libraires plus ou moins “petits” mais aussi dans des FNAC, sur Amazon – France et USA – dans des brocantes ou chez Emmaüs.)

    Même si on néglige
    – la photocopie
    – les cas où les “livres” restent sous forme de fichiers (dont ceux piratés sur Internet)
    – les cas où il est imprimé à la demande (j’ai saisi, mis en page avec Tex, imprimé sur une imprimante laser rapide et assemblé une bonne centaine d’exemplaires d’un livre de lecture pour une école primaire)
    Il faudrait tenir compte de ce que:
    – Il y a (quoi qu’on en dise) de plus en plus de gens capables d’écrire et/ou qui osent le faire
    – il est désormais possible à un auteur d’assurer la saisie de ce qu’il écrit et le diffuser sous une forme lisible auprès des éventuels éditeurs/diffuseurs
    – il existe des méthodes d’impression et de reliure (si j’ose dire) beaucoup moins coûteuses qu’avant
    – Internet permet de trouver bien plus aisément qu’avant des livres peu lus ou anciens
    – Internet permet de lire des extraits de ce qu’on hésite à acheter alors que les bouquins sont sous cellophane dans la plupart des rayons (la cellophane tue à petit feu autant de libraires que l’expédition soit-disant gratuite)

    … toutes ces raisons font que quand on parle de livres on ne parle plus de la même chose et que l’inquiétude des libraires ressemble comme deux gouttes à celle des marchands de journaux et de la presse en général.

    L’enquête idéale partirait des livres que les gens ont chez eux et nous dirait où quand et à quel prix ils ont été achetés et qui les a lus…

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    • AADP // 05.03.2015 à 18h01

      Je suis libraire, papetier et marchand de presse. La part de marge dégagée par chacune de ces trois activités est respectivement de 50%, 30% et 20%, ceci pour dire que la librairie est dominante dans mon commerce.

      Je partage partiellement ce que vous dites sur l’analogie entre les marchands de presse et les libraires.
      Il est vrai que ces deux secteurs d’activité sont soumis à une évolution de leurs produits de base.
      Cela nécessiterait d’ailleurs une remise en question des définitions de ce que sont ces produits.

      En revanche, je vois une importante différence entre les modèles économiques des entreprises leader de ces deux secteurs d’activité. Plus de 30% des revenus des éditeurs de presse sont liés à la publicité ce qui n’est pas le cas des éditeurs de livres.
      La conséquence est importante : les éditeurs de livres tentent de soutenir leur réseau de distribution alors que ceux de la presse concurrencent le leur par tous les moyens possibles, quitte à ce que celui-ci s’effondre. Il en résulte de très nombreuses fermetures (1000 en 2014) et un transfert progressif mais rapide de la distribution de la presse vers la grande distribution (dont le poids a augmenté en 2014 de 3.8% alors que celui du réseau traditionnel baissait de 2%).
      Il y a là matière à réfléchir.

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  • Grégory // 11.10.2013 à 15h40

    Une remarque sur le découpage de prix de vente d’un livre: en théorie il est juste mais on ne comprend rien à ce split si on n’a pas en tête il n’est vrai que quand les ventes 1) remboursent les avances à l’auteur et 2) qu’il n’y a pas d’invendu. Sinon en pratique l’éditeur qui doit financer tous les livres qui ne sont pas vendus, et qui doit en plus payer le pilonnage ne touche en fait pas un sous. Alors que le reste touche effectivement sa partie – sauf très souvent l’auteur qui lui ne touche souvent aucune avance (en particuliers les essais, les romans d’inconnus…). Comme très très peu de livres remboursent leurs avances (quand il y en a) la part de l’éditeur est bien moindre en pratique (et encore heureux parce que sinon ce serait fou qu’ils touchent plus que les auteurs qui y passent bien plus de temps).

    Par ailleurs il me semble que la part du libraire est plutôt de 30% sur le prix net avec bien sûr des cas particuliers. En pratique l’éditeur touche en général 45% qu’il redistribue entre auteur et imprimeur.

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  • step // 14.10.2013 à 10h46

    “Donc Xerfi ne pourra probablement pas remettre cette étude à jour dans 2 ou 4 ans.

    Chapeau l’artiste !”

    Quand on ne veut pas être déclaré malade, on casse le thermomètre.

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  • VladimirK // 17.07.2014 à 03h27

    Que l’obligation d’envoyer le compte soit remplacée par un format électronique, je comprendrais, mais annuler complètement… en même temps, je dis ça, je vis dans un pays où les déclarations d’impôts font 2×40 pages

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  • Bob // 17.07.2014 à 09h12

    Concernant le retour à l’éditeur et le pilonnage, j’ai quelques questions :
    – Est-ce que le libraire fait une perte sur le livre lorsqu’il retourne un ouvrage à l’éditeur (je ne parle pas des frais de stockage) ?
    – Est-ce que les petits libraires / grands libraires / sites internet ont le même taux de retour à l’éditeur ?

    Si ce n’est pas le cas, on peut comprendre que si un éditeur sait qu’il n’aura jamais aucun retour de la part d’Amazon (qui a un énorme entrepôt et qui conserve tout), il peut lui faire une remise plus intéressante qu’à un petit libraire qui va régulièrement faire des retours d’invendus afin de pouvoir faire une rotation dans sa (petite) boutique.

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    • AADP // 05.03.2015 à 18h18

      La relation entre le libraire et l’éditeur est un deal qui repose sur deux approches opposées et complémentaires.
      D’une part le l’éditeur a besoin des rayons et vitrines du libraire pour faire découvrir ses nouveautés aux consommateurs (l’acheteur n’est qu’une fois sur deux le lecteur).
      D’autre part le libraire à besoin d’approvisionner auprès de l’éditeur les livres qui lui sont commandés par ses clients.
      Il en résulte des choix de la part du libraire sur la base des informations transmises par l’éditeur avant sortie des nouveautés.
      La différence entre les librairies, outre la capacité des libraires eux-mêmes, repose sur la qualité de ces informations. Les plus gros reçoivent la visite de représentants d’éditeurs bien informés sur leur offre et susceptibles d’efforts commerciaux. Les moyens reçoivent la visite de représentants de distributeurs travaillant pour de multiples éditeurs dont ils ne connaissent pas les produits et agissent en “placeurs” d’opérations commerciales. Les plus petits ne voient personne. De la qualité du libraire, de celle des représentants qu’il reçoit et, de la qualité des relations qui s’installent (fréquemment basée sur le C.A. mais pas toujours) dépend le niveau de service que peut ressentir le client.

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      Alerter
  • Trololo // 17.07.2014 à 10h04

    Il manque un élément important à votre article c’est le mode de diffusion éditeurs/libraires.
    Pour faire simple l’éditeur envoie d’office les livres au libraire qui les paie et se fait rembourser au moment des retours. C’est le libraire qui fait l’avance à l’éditeur avec un système de vente/dépôt (et non dépôt vente).
    Il y a des librairies qui marchent très bien, notamment en province. Elles se servent des atouts du point de vente physique avec signatures d’auteur, soirées à thèmes, etc…La librairie où une personne revêche passe la journée derrière son comptoir a vécu c’est sûr.

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  • thierry bruno // 17.07.2014 à 20h58

    Merci beaucoup pour ces articles très intéressants sur l’édition et les libraires.
    Je suis un gros lecteur et j’aime aller acheter mes livres en librairie mais pour cela, encore faut-il bénéficier de librairies dignes de ce nom. Actuellement, j’habite Paris ; il y a peu j’étais en Province, en Bretagne puis dans le Nord-Est. En Bretagne, la ville où je vivais avait des librairies “vivantes” grâce à des libraires imaginatifs. La librairie généraliste avait d’excellentes vendeuses qui, lorsque vous leur demandiez un livre “pointu” – c’est-à-dire un auteur mort depuis plus de vingt ans – ne vous regardaient avec un air morne et savait vous guider ou répondre. Une librairie spécialisée dans la BD dont le propriétaire était un type qui se décarcassait pour faire tourner sa boutique. Et un bouquiniste dont la boutique était une caverne d’Ali Baba, un foutoir merveilleux qui menaçait de s’écrouler sur vous, empoussiéré comme ça n’est pas possible, mais quand vous lui demandiez un bouquin de derrière les fagots, il réfléchissait, répondait “oui, je l’ai mais laissez-moi une petite heure pour le trouver” ; et le tour était joué. Tout ça pour dire qu’avec des libraires comme ça, j’étais prêt à payer un peu plus mon livre pour le plaisir de la rencontre, et de fouiner au milieu des bouquins, et qu’Amazon ne me servait à rien. Dans le Nord-Est, tout à fait le contraire : une librairie généraliste avec des vendeuses qui n’y connaissaient rien et un “antiquaire” du livre ancien qui, certes, avait des livres très intéressants mais à des prix prohibitifs. Je n’ai jamais autant acheté sur Amazon que lorsque j’habitais cette ville. Et maintenant, à Paris, que dire sinon que l’offre est pléthorique, qu’il y a de vrais libraires passionnés, et que les recherches chez les bouquinistes – sur les quais notamment- sont l’occasion de découvrir des pépites à des prix tout petits. Mon vrai problème est que je ne sais plus où ranger mes livres.
    Donc, ce qui peut aussi permettre de combattre Amazon, c’est la qualité de l’offre des libraires. Encore faut-il qu’ils ne soient pas écraser de taxes mais aussi peut-être qu’il existe encore des lecteurs passionnés ayant le goût de la littérature. Quand je constate que Guillaume Musso est en tête des ventes, je suis un peu perplexe.

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  • PIERRE // 18.07.2014 à 07h13

    Bonjour Olivier, encore félicitations pour votre travail d’analyse sérieux & pertinent.
    Une petite question: comment définissez-vous le résultat net?
    Merci d’avance et bonne journée.

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