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18.mai.202318.5.2023 // Les Crises

Budget faramineux du Pentagone : la course aux armements hypersoniques

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Pourquoi le budget du Pentagone est-il si élevé ? Le 13 mars, l’administration Biden a dévoilé sa demande de budget militaire de 842 milliards de dollars pour 2024, la plus importante (en dollars d’aujourd’hui) depuis les pics des guerres d’Afghanistan et d’Irak. Et encore, c’est avant que les faucons du Congrès ne mettent la main dessus. L’année dernière, ils ont ajouté 35 milliards de dollars à la demande de l’administration et, cette année, leur ajout risque d’être au moins aussi important. Étant donné que les forces américaines ne sont même pas officiellement en guerre à l’heure actuelle (si l’on ne compte pas celles qui sont engagées dans des opérations antiterroristes en Afrique et ailleurs), qu’est-ce qui explique tant de dépenses militaires ?

Source : Tom Dispatch, Michael Klare
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La réponse donnée par les hauts fonctionnaires du Pentagone et reprise par les médias dominants de Washington est que ce pays est confronté à un risque croissant de guerre avec la Russie ou la Chine (ou les deux à la fois) et que la leçon à tirer du conflit en cours en Ukraine est la nécessité de stocker un grand nombre de bombes, de missiles et d’autres munitions. « Le Pentagone, qui jongle avec la Russie et la Chine, cherche des milliards pour des armes à longue portée » était un titre typique du Washington Post à propos de cette demande de budget pour 2024. Les chefs militaires se concentrent massivement sur un éventuel conflit futur avec l’une ou l’autre de ces puissances, voire les deux, et sont convaincus qu’il faut dépenser beaucoup plus d’argent maintenant pour se préparer à une telle issue, ce qui signifie acheter des chars, des navires et des avions supplémentaires, ainsi que toutes les bombes, les obus et les missiles qu’ils transportent.

Un simple coup d’œil aux documents d’information relatifs à ce futur budget confirme cette évaluation. Bon nombre des milliards de dollars qui y sont ajoutés sont destinés à acheter exactement les équipements que l’on s’attendrait à utiliser dans une guerre avec ces puissances à la fin des années 2020 ou dans les années 2030. Outre les frais de personnel et les dépenses de fonctionnement, la plus grande partie du budget proposé – 170 milliards de dollars, soit 20 % – est affectée à l’achat de ce type de matériel.

Mais si les préparatifs pour de telles guerres dans un avenir proche représentent une part importante de cette augmentation, une part surprenante – 145 milliards de dollars, soit 17 % – est destinée à d’éventuels conflits dans les années 2040 et 2050. Estimant que notre « concurrence stratégique » avec la Chine va probablement se poursuivre pendant des décennies et qu’un conflit avec ce pays pourrait éclater à tout moment sur cette trajectoire future, le Pentagone demande la plus grande allocation jamais accordée à ce que l’on appelle la « recherche, le développement, les essais et l’évaluation » (RDT&E), c’est-à-dire le processus de conversion des dernières découvertes scientifiques en armes de guerre.

Pour mettre les choses en perspective, ces 145 milliards de dollars représentent plus que ce que tout autre pays, à l’exception de la Chine, consacre à la défense dans son ensemble, et constituent environ la moitié du budget militaire total de la Chine. À quoi sert donc cette somme faramineuse, qui ne représente elle-même qu’une part modeste du budget militaire de ce pays ?

Une partie d’entre eux, en particulier la partie « T&E », est destinée à des améliorations futuristes de systèmes d’armes existants. Par exemple, le bombardier B-52 – qui, à 70 ans, est le plus ancien modèle encore en service – est en train d’être modernisé pour pouvoir transporter des armes expérimentales AGM-183A Air-Launched Rapid Response Weapons [ARRW, armes de réponse rapide lancées par air, NdT], ou des missiles hypersoniques avancés. Mais une grande partie de cette somme, en particulier la partie « R&D », est destinée à développer des armes qui ne seront peut-être pas utilisées sur le champ de bataille avant des décennies, voire jamais. Les dépenses consacrées à ces systèmes ne se chiffrent encore qu’en millions ou en petits milliards, mais elles atteindront certainement des dizaines ou des centaines de milliards de dollars dans les années à venir, garantissant ainsi que les budgets futurs du Pentagone atteindront des milliers de milliards.

L’armement des technologies émergentes

Si le Pentagone se concentre davantage sur le développement d’armes futures, c’est parce qu’il part du principe que la Chine et la Russie resteront des adversaires majeurs pendant des décennies et que les guerres futures avec ces pays, ou d’autres grandes puissances, pourraient être largement décidées par la maîtrise de l’intelligence artificielle (IA) ainsi que d’autres technologies émergentes. Il s’agit notamment de la robotique, de l’hypersonique (projectiles qui volent à plus de cinq fois la vitesse du son) et de l’informatique quantique. Comme l’indique la demande de budget du Pentagone pour 2024 :

« Un éventail de plus en plus large de technologies en évolution rapide et d’applications innovantes de technologies existantes complique la capacité du département [de la Défense] à conserver un avantage en matière de crédibilité au combat et de dissuasion. Les nouvelles capacités telles que les armes spatiales, les armes hypersoniques, les charges utiles et les vecteurs nouveaux et émergents… créent un potentiel accru… pour des changements dans la perception de la dissuasion de la puissance militaire des États-Unis. »

Les hauts fonctionnaires insistent sur le fait que, pour s’assurer que le pays puisse dominer les forces chinoises et/ou russes dans toutes les situations imaginables, Washington doit investir massivement dans les technologies de pointe susceptibles de dominer les futurs champs de bataille. En conséquence, 17,8 milliards de dollars de ce budget RDT&E de 145 milliards de dollars seront directement consacrés au développement de la science et de la technologie dans le domaine militaire. Ces fonds, explique le Pentagone, seront utilisés pour accélérer la militarisation de l’intelligence artificielle et la croissance d’autres technologies émergentes, en particulier la robotique, les systèmes d’armes autonomes (ou sans pilote) et les missiles hypersoniques.

L’intelligence artificielle (IA) présente un intérêt particulier pour le ministère de la Défense, compte tenu de son large éventail d’utilisations militaires potentielles, notamment l’identification et l’évaluation des cibles, l’amélioration des systèmes de navigation et de ciblage des armes, et la prise de décision assistée par ordinateur sur le champ de bataille. Bien qu’il n’y ait pas de chiffre total pour la recherche et le développement de l’IA proposé dans la version non classifiée du budget 2024, certains programmes individuels sont mis en évidence. L’un d’entre eux est le système de commandement et de contrôle interarmées tous domaines (JADC2), une matrice de capteurs, d’ordinateurs et de dispositifs de communication dotés d’IA et destinés à collecter et à traiter des données sur les mouvements de l’ennemi et à transmettre ces informations à la vitesse de l’éclair aux forces de combat dans tous les « domaines » (air, mer, terre et espace). Avec un budget de 1,3 milliard de dollars, JADC2 n’est peut-être pas « le plus gros chiffre du budget », a déclaré le sous-secrétaire à la Défense Michael J. McCord, mais il constitue « un concept d’organisation très central de la manière dont nous essayons de relier les informations entre elles. »

L’IA est également essentielle au développement – et oui, les acronymes ne manquent pas dans les documents du Pentagone : des systèmes d’armes autonomes, ou des véhicules aériens sans pilote (UAV), des véhicules terrestres sans pilote (UGV) et des navires de surface sans pilote (USV). Ces engins – que leurs détracteurs qualifient beaucoup plus crûment de « robots tueurs » – combinent généralement une plate-forme mobile quelconque (avion, char ou navire), un « mécanisme de mise à mort » embarqué (canon ou missile) et la capacité d’identifier et d’attaquer des cibles avec un minimum de supervision humaine. Convaincus que le champ de bataille futur sera de plus en plus meurtrier, les responsables du Pentagone cherchent à remplacer le plus grand nombre possible de plates-formes avec équipage (navires, avions et artillerie) par des drones, des UGV et des USV avancés.

La demande de budget pour 2024 n’inclut pas de montant total pour la recherche sur les futurs systèmes d’armes sans pilote, mais on peut compter sur une chose : il s’agira de plusieurs milliards de dollars. Le budget indique que 2,2 milliards de dollars sont demandés pour les premiers achats de véhicules aériens sans pilote MQ-4 et MQ-25, et ces chiffres ne manqueront pas d’augmenter au fur et à mesure que les systèmes robotiques expérimentaux passeront à la production à grande échelle. Un montant supplémentaire de 200 millions de dollars a été demandé pour la conception d’un grand USV, essentiellement une frégate ou un destroyer sans équipage. Une fois que des prototypes de ce type auront été construits et testés, la marine prévoit d’en commander des dizaines, voire des centaines, créant instantanément un marché de plus de 100 milliards de dollars pour une force navale dépourvue de l’équipage humain habituel.

L’hypersonique est un autre domaine qui retient toute l’attention du Pentagone, car ces projectiles voleront si vite et manœuvreront avec une telle habileté (tout en frôlant la couche extérieure de l’atmosphère) qu’il devrait être pratiquement impossible de les suivre et de les intercepter. La Chine et la Russie possèdent déjà des armes rudimentaires de ce type, et la Russie aurait tiré certains de ses missiles hypersoniques Kinzhal sur l’Ukraine au cours des derniers mois.

Comme le Pentagone l’a indiqué dans sa demande de budget :

« Les systèmes hypersoniques augmentent notre capacité à mettre en danger des cibles éloignées, réduisent considérablement le temps nécessaire pour frapper une cible et leur manœuvrabilité augmente la capacité de survie et l’imprévisibilité. Le ministère accélérera la mise en œuvre de la capacité de transformation permise par les systèmes d’armes de frappe hypersoniques basés sur l’air, la terre et la mer, afin de relever les défis de notre future domination du domaine du champ de bataille. »

Par ailleurs 14 % de la demande de RDT&E, soit environ 2,5 milliards de dollars, sont destinés à la recherche dans des domaines encore plus expérimentaux tels que l’informatique quantique et la microélectronique avancée. « Les investissements scientifiques et technologiques du ministère s’appuient sur la recherche fondamentale à un stade précoce », explique le Pentagone. « Les retombées de cette recherche ne seront peut-être pas évidentes avant des années, mais elles sont essentielles pour garantir notre avantage technologique durable dans les décennies à venir ». Comme dans le cas de l’IA, des armes autonomes et de l’hypersonique, ces montants relativement faibles (selon les critères du Pentagone) augmenteront dans les années à venir, à mesure que les découvertes initiales seront appliquées à des systèmes d’armes fonctionnels et achetées en quantités de plus en plus importantes.

Exploiter les talents technologiques américains pour planifier la guerre à long terme

Une conséquence de cet investissement dans la RDT&E est presque trop évidente pour être mentionnée. Si vous pensez que le budget du Pentagone est actuellement très élevé, attendez un peu ! Les dépenses futures, au fur et à mesure que les concepts de laboratoire d’aujourd’hui seront transformés en systèmes de combat réels, risquent de dépasser l’imagination. Et ce n’est là qu’une des conséquences importantes d’une telle voie vers une supériorité militaire permanente. Pour s’assurer que les États-Unis continuent à dominer la recherche dans les technologies émergentes les plus applicables à l’armement futur, le Pentagone cherchera à exploiter une part toujours plus importante des ressources scientifiques et technologiques de ce pays pour des travaux à vocation militaire.

Cela signifie qu’il devra s’approprier une part de plus en plus importante du budget net de R&D du gouvernement, au détriment d’autres priorités nationales. En 2022, par exemple, le financement fédéral de la R&D non militaire (y compris la National Science Foundation, les National Institutes of Health et la National Oceanic and Atmospheric Administration) ne représentait qu’environ 33 % des dépenses de R&D. Si le budget militaire de 2024 est adopté, la part de la R&D dans le budget de l’État augmentera. Si le budget militaire de 2024 est adopté au niveau demandé (ou plus), ce chiffre pour les dépenses non militaires tombera à 31 %, une tendance qui ne fera que s’accentuer à l’avenir, car de plus en plus de ressources sont consacrées à la préparation de la guerre, laissant une part de plus en plus réduite du financement des contribuables pour la recherche sur des questions vitales telles que la prévention et le traitement du cancer, la réponse aux pandémies et l’adaptation au changement climatique.

Non moins inquiétant, de plus en plus de scientifiques et d’ingénieurs seront sans aucun doute encouragés – pour ne pas dire incités – à consacrer leur carrière à la recherche militaire plutôt qu’à travailler dans des domaines plus pacifiques. Alors que de nombreux scientifiques se battent pour obtenir des subventions afin de soutenir leurs travaux, le ministère de la Défense (DoD) offre des enveloppes d’argent à ceux qui choisissent d’étudier des sujets liés à l’armée. En règle générale, la demande pour 2024 comprend 347 millions de dollars pour ce que l’armée appelle désormais l’Initiative de recherche universitaire, dont la majeure partie servira à financer la formation « d’équipes de chercheurs dans toutes les disciplines et au-delà des frontières géographiques pour se concentrer sur les problèmes de sciences exactes spécifiques au DoD ». La Defense Advanced Projects Research Agency (DARPA), l’organisme de R&D du Pentagone, alloue 200 millions de dollars supplémentaires au Joint University Microelectronics Program, tandis que le Joint Hypersonics Transition Office du Pentagone fournit 100 millions de dollars au University Consortium for Applied Hypersonics. Avec autant d’argent injecté dans ces programmes et une part de plus en plus faible consacrée à d’autres domaines d’étude, il n’est pas surprenant que les scientifiques et les étudiants des grandes universités soient attirés par les réseaux de recherche du Pentagone.

En fait, le Pentagone cherche également à élargir sa réserve de talents en accordant des fonds supplémentaires aux universités et collèges historiquement noirs (HBCU). En janvier, par exemple, le secrétaire à la Défense Lloyd Austin a annoncé que l’université Howard de Washington, avait été choisie comme la première école de ce type à servir de centre de recherche affilié à une université par le ministère de la Défense, et qu’à ce titre elle participerait bientôt à des travaux sur les systèmes d’armes autonomes. Bien entendu, les scientifiques et les ingénieurs de cette école et d’autres HBCU qui n’ont pas eu accès à ce type de financement par le passé en auront grand besoin. Mais la question se pose également : pourquoi Howard ne recevrait-elle pas des montants similaires pour étudier des problèmes plus importants pour la communauté noire, tels que la drépanocytose et la pauvreté endémique ?

Course à l’armement sans fin contre sécurité réelle

En consacrant tous ces milliards de dollars à la recherche sur les armes de nouvelle génération, le Pentagone suit un raisonnement simple : dépenser maintenant pour assurer la supériorité militaire des États-Unis dans les années 2040, 2050 et au-delà. Mais aussi convaincant que puisse paraître ce concept – même avec toutes ces sommes colossales qui affluent – les choses fonctionnent rarement de manière aussi nette. Tout investissement majeur de ce type par un pays déclenchera inévitablement des contre-mesures de la part de ses rivaux, ce qui garantit que tout avantage technologique initial sera rapidement surmonté d’une manière ou d’une autre, alors même que la planète se transforme de plus en plus en un camp armé.

Le développement par le Pentagone de munitions à guidage de précision, par exemple, a donné aux forces américaines un énorme avantage militaire pendant les guerres du golfe Persique de 1991 et 2003, mais a également incité la Chine, l’Iran, la Russie et d’autres pays à commencer à développer des armes similaires, ce qui a rapidement réduit cet avantage. De même, la Chine et la Russie ont été les premières à déployer des armes hypersoniques prêtes au combat, mais en réponse, les États-Unis en déploieront un nombre bien plus important dans quelques années.

Les avancées chinoises et russes en matière de déploiement d’armes hypersoniques ont également conduit les États-Unis à investir dans le développement – oui, vous l’avez deviné ! – de l’hypersonique anti-hypersonique, lançant ainsi une nouvelle course aux armements sur la planète Terre, tout en augmentant le budget du Pentagone de plusieurs milliards supplémentaires. Compte tenu de tout cela, je suis sûr que vous ne serez pas surpris d’apprendre que la demande de budget du Pentagone pour 2024 comprend 209 millions de dollars pour le développement d’un intercepteur hypersonique, ce qui n’est que le premier versement de coûteux programmes de développement et d’acquisition dans les années à venir à Washington, Pékin et Moscou.

Si vous voulez parier sur quelque chose, voici un moyen sûr de le faire : la volonté du Pentagone de dominer le développement et le déploiement d’armements avancés ne conduira pas à la suprématie, mais à un nouveau cycle sans fin de courses aux armements de haute technologie qui, à leur tour, consommeront une part toujours plus importante des richesses et des talents scientifiques de ce pays, tout en apportant des améliorations négligeables à la sécurité nationale. Plutôt que de dépenser autant pour l’armement futur, nous devrions tous réfléchir à des mesures renforcées de contrôle des armements, à une coopération mondiale sur le climat et à des investissements plus importants dans la recherche et le développement non militaires.

Si seulement…

Copyright 2023 Michael T. Klare

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Michael T. Klare, un habitué de TomDispatch, est professeur émérite d’études sur la paix et la sécurité mondiale au Hampshire College et chercheur invité à l’Arms Control Association. Il est l’auteur de 15 livres, dont le dernier est All Hell Breaking Loose : The Pentagon’s Perspective on Climate Change. Il est l’un des fondateurs du Committee for a Sane US-China Policy.

Source : Tom Dispatch, Michael Klare, 16-04-2023

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Hiro Masamune // 18.05.2023 à 08h10

Les cons sont encore en train de jetter du pognon qu’ils ont pas pour résoudre des problèmes qu’ils feraient mieux d’éviter de se créer pour commencer.
On ne gagne pas des guerres en empilant les Wunderwaffens. On gagne les guerres en évitant de les faires. Oui c’est paradoxal … et ?

13 réactions et commentaires

  • Jean // 18.05.2023 à 07h07

    « Qu’est-ce qui explique tant de dépenses militaires ? »

    Big Bank + Big Tech + Big Media + Big Oil + Big Food + Big Pharma + Big Gun = Big Fake State

      +20

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  • Myrkur34 // 18.05.2023 à 08h10

    Ah les armes miracles… Quelles soient américaines, russes, ou nazies, elles ont soient toujours des petits défauts dans la réalité de la vraie guerre (ME 262 ou le Kinjal , eh oui il faut bien ralentir à un moment, à l’atterrissage ou à l’arrivée sur la cible) , ne sont pas si miraculeuses que çà comme les V1, V2 (aucun impact sur le cours de la guerre, juste des morts civils anglais et belges), ou sont carrément des arnaques monumentales pour faire rêver les benêts. Vous allez voir ce que vous allez voir, corne de bouc !

    « L’hypersonique anti-hypersonique » c’est digne d’un vieil épisode de South Park, vous savez celui ou le télé-évangéliste chrétien demande en direct des dons à ses fidèles pour acquérir des armes plus puissantes pour contrer celles du vaisseau Marklor. Cela a dû jouer sur le subconscient de certains décideurs américains d’aujourd’hui. Les vocations quand même, il suffit de si peu de choses..

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thernopiens_dans_l%27espace

      +5

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  • Hiro Masamune // 18.05.2023 à 08h10

    Les cons sont encore en train de jetter du pognon qu’ils ont pas pour résoudre des problèmes qu’ils feraient mieux d’éviter de se créer pour commencer.
    On ne gagne pas des guerres en empilant les Wunderwaffens. On gagne les guerres en évitant de les faires. Oui c’est paradoxal … et ?

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    • Jean // 18.05.2023 à 08h38

      @Hiro Masamune,

      Big Gun ne cherche pas à gagner les conflits qu’il crée et alimente mais uniquement à gagner de l’argent. Pour cela il suffit que la guerre ne se termine jamais et donc que personne ne gagne. Les US ont le meilleur service de renseignement au monde, il sont donc suffisamment informé pour savoir que la guerre d’Ukraine ne pouvait pas se conclure par une victoire militaire. L’objectif réel de ce cirque est plutôt d’isoler et d’affaiblir l’UE en la rendant dépendante de son énergie et de ses armes vendues à un cout prohibitif.

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      • Olivier // 18.05.2023 à 11h20

        « mais uniquement à gagner de l’argent. »

        Erreur d’analyse magistrale : ici l’argent est moyen, un gain collatéral, presque un bonus. C’est le pouvoir qui est en ligne de mire. Cette grille de lecture qui ne se focalise que sur l’aspect economique est une paire de lunette qui ne corrige pas la myopie mais la créée. Ils veulent la conduite du monde et décider de la destination. Faire des affaires en cours de route n’est qu’une compensation légitime pour leur efforts, un outil de pouvoir, un moyen de fabriquer le consentement. Ca ne date pas d’hier, les prémices se trouve déjà chez Montesquieu et son doux commerce, repris et développé ensuite par Bentham. Une grille de lecture doit voir sa fiabilité et sa resistance testée comme on le fait avec les matériaux aéronautique par exemple, sinon c’est le crash assuré. La question que nous devons nous poser est : ou veulent-il nous emmener, et pourquoi ?

          +7

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        • Jean // 18.05.2023 à 11h59

          @Olivier,

          L’argent est l’alpha et l’oméga pour ces gens là et qu’est-ce que l’argent si ne n’est la matérialisation du pouvoir ? Le pouvoir sans l’argent ne les intéresseraient pas et il n’y a pas d’argent sans pouvoir.

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          • Olivier // 18.05.2023 à 16h38

            Vous vous contredisez, vous confirmez que le pouvoir est bien la fin, l’argent n’étant qu’un moyen (matériel). Si demain le pouvoir se matérialise autrement et sur lequel l’argent n’a aucun pouvoir, l’argent se démonétisera très vite, c’est evident. L’alpha & l’omega est donc le pouvoir, CQFD.

            La suite de votre opinion n’est pas conforme à l’histoire : le pouvoir sans l’argent a existé. Quand l’argent avait une place moindre, le pouvoir était d’ordre militaire ou religieux. Le commerce comme moyen a été conceptualisé au 17e et 18e comme la solution pour pacifier les sociétés a la sortie des guerres de religions. La grande question a été de construire une société pluriel dans laquelle tout le monde n’avait pas la même conception du bien. Le paradigme de la vérité a été remplacé par le paradigme du commerce : la théorie libérale fut d’abord une théorie politique avant d’être une théorie économique (Michéa je crois : remplacer la guerre de l’homme contre l’homme par la guerre de l’homme contre la nature). Montesquieu avait perçut le danger : il écrivait que les particuliers ne seraient pas unis pour autant mais qu’il finiraient par faire trafic des vertus morales. La suite de l’histoire lui donne raison, c’est qu’une suite de massacres inouïs.

            Mais il y a un autre larron, déjà dans l’article : le progres technique qui s’autonomise et asservi la sphère économique. Un sujet (pas la place ici) qui fut central dans la pensée du 20e siècle et qui explique le présent. On est donc très loin de la caricature du golum et de son anneau.

              +4

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            • Pierrot // 27.05.2023 à 06h24

              Vous n’avez pas compris le propos de Jean. On ne parle pas de votre point de vue sur l’argent et le pouvoir ni de celui que d’autres ont pu avoir dans l’Histoire, mais de celui des gens dont il est question ici.

              Même s’ils disposaient d’autres moyens plus efficaces de matérialiser le pouvoir, ces gens continueraient de ne jurent que par l’argent. Car pour eux, c’est quasiment une religion. Pour eux, l’argent représente une fin en soi.

              (Quoi qu’il en soit, votre affirmation de ce qui se passerait dans une situation purement hypothétique — et qui n’est probablement pas près d’arriver — ne constitue pas une preuve que vous avez raison. Par ailleurs, le néolibéralisme et la politique des États-Unis n’ont plus grand chose à voir avec le libéralisme de Montesquieu, encore moins s’agissant de l’économie de l’industrie d’armement américaine.)

                +2

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      • Hiro Masamune // 18.05.2023 à 12h19

        Le jours ou Big gun se prend un Satan II … on est tous mort. Jeu à la con.
        Je suis peut ètre pas bien évolué par rapport au reste de l’éspèce mais je suis pas suicidaire.

          +9

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    • azuki // 22.05.2023 à 23h08

      Ceux qui jettent du pognon ne sont pas les cons, eux en gagnent des milliards et jettent l’argent des autres dans leur propres poches ! Nous sommes en pleine guerre des classes et des profiteurs de guerre. Aux USA comme en France, ces gens là ne servent aucun pays, ils font partie de la jet-set internationale et ne font que trahir et vampiriser leur pays. Nous ne somme plus en démocratie, nous sommes gouvernés par la Mafia des profiteurs de guerres et de catastrophe. Plus ça va mal et plus ils s’en foutent plein les fouilles et exultent d’être au sommet d’un monde qui s’écroule, leur satisfaction se mesure au nombre de gens qu’ils écrasent. Ce sont des psychopates dangereux qui ont leur place dans un asile ou sous la guillotine, il ne devraient en aucun cas diriger quoique ce soit ! Il vont assez probalement réussir cette fois ci à exterminer l’humanité. Leur chef-d’œuvre absolu : réduire a néant 8 milliards d’hommes.

        +3

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      • Grd-mère Michelle // 23.05.2023 à 12h44

        Oui, vous avez raison: si pas des psychopathes, ce sont en tout cas des imbéciles, et leur ignorance, qui cause leur bêtise(incapacité de contrôler ses instincts) « dirige » donc le monde.
        Mais le sentiment d’impuissance, que vous transmettez avec vos mots, les conforte!
        Alors que NOUS les engraissons par le fruit de notre labeur, nous pourrions tout aussi bien les empêcher de nuire si nous nous opposions en masse à leur compétition atavique et mortifère.
        Transmettre des informations sensées et fiables est le meilleur moyen de réduire l’ignorance, afin de déterminer des objectifs communs et de s’unir pour les imposer, les réaliser au mieux.
        Nécessité de déterminer, dans un premier temps, vers quoi nous voulons nous diriger, avancer, progresser: que serait, en somme, à ce stade, la voie du « progrès » de l’humanité?

          +1

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  • Bouddha Vert // 18.05.2023 à 22h59

    Les états unis auraient ils oublié qu’une nation équipée de l’arme nucléaire est un trublion sur leur échiquier (cf l’Iran et la Corée du nord) et ils voudraient chatouiller les moustaches nucléaires de l’ours et du dragon?
    Tout est dit…

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  • max // 19.05.2023 à 07h14

    Ce budget de la défense en spirale ascendante 2022 des USA est déjà en lui-même une aberration mais il y a pire en effet il n’est que le troisième poste.
    Le 2eme poste est tout simplement le paiement des intérêts de la dette et donc devant le budget de la Défense.
    Ce budget de la dette va être très bientôt le principal poste sans possibilité aucune de le faire baisser.
    Le budget de la dette en 2022 en augmentation constante représentait 909 milliards de $ et ce n’est qu’un début.
    D’ici Juin 2023 le plafond de la dette devrait être relevé mais qui va accepter d’en acheter encore plus après la saisie des avoir de la Russie ?

      +7

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