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8.juin.20118.6.2011 // Les Crises

0340 Exposition des banques à l’étranger (2/2)

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Nous terminerons aujourd’hui notre étude de l’exposition à l’étranger des banques. Passons aux banques américaines :

Exposition des banques américaines à l'étranger

On observe que les banques américaines ont réussi l’exploit de tripler leur exposition en 2006 et 2007, soit 2 000 Md$ de plus.

Depuis la Crise, les montants sont restés stables. Elles détiennent dans leurs comptes 3000 Md$ de crédits divers à l’étranger.

Les banques américaines ont surtout prêté au Royaume-Uni, au Japon, aux Centres offshores (surtout les Iles Caïmans, Hong-Kong et Singapour), et à la France – qui représentent la moitié de leur exposition.

Exposition des banques américaines à l'étranger

La frénésie d’investissement dans l’économie financiarisée de l’Angleterre est frappante…

L’exposition aux pays à risque actuels (PIGS = Portugal, Irlande, Grèce, eSpagne) est d’environ 110 Md$ :

  • 50 Md$ sur l’Irlande et sur l’Espagne
  • 5 Md$ sur la Grèce et sur le Portugal

Passons aux banques japonaises :

Exposition des banques japonaises à l'étranger

On observe que les banques japonaises ont suivi le mouvement de forte hausse de leurs crédits à l’étranger.

La Crise n’a pas fait cesser ce mouvement de hausse. Elles détiennent dans leurs comptes 2 500 Md$ de crédits divers à l’étranger.

Les banques japonaises ont surtout prêté aux États-Unis (bons du trésor en l’espèce), aux Centres offshores (surtout les Iles Caïmans, Hong-Kong, Singapour…) et au Royaume-Uni – qui représentent la moitié de leur exposition.

Exposition des banques japonaises à l'étranger

Le soutien des banques japonaises aux États-Unis est remarquable – nous verrons qu’elles ont absorbé une partie importante des bons du trésor ayant servi à éponger les déficits monstrueux… Cela correspond en fait à une monétisation de la dette américaine par la Banque Centrale du Japon, qui complète celle de la Fed.

L’exposition aux pays à risque actuels (PIGS = Portugal, Irlande, Grèce, eSpagne) est d’environ 45 Md$ :

  • 20 Md$ sur l’Irlande et sur l’Espagne
  • 2 Md$ sur la Grèce et sur le Portugal

Nous conclurons en faisant une synthèse sur l’exposition cumulée de l’ensemble des banques européennes :

Exposition des banques européennes à l'étranger

On observe que globalement, les banques européennes ont suivi le mouvement de forte hausse de leurs crédits à l’étranger en 2006-2007, avant d’entamer un net recul avec la Crise. Le niveau reste toutefois supérieur de 50 % au niveau de 2005.

Les banques européennes ont surtout prêté aux États-Unis, au Royaume-Uni, à l’Allemagne, aux Centres offshores (surtout les Iles Caïmans, Hong-Kong, Singapour, Jersey…) et à la France – qui représentent la moitié de leur exposition.

Exposition des banques européennes à l'étranger

Le désinvestissement sur les États-Unis et l’Angleterre a été massif : – 2 5000 Md$ en 2 ans…

L’exposition aux pays à risque actuels (PIGS = Portugal, Irlande, Grèce, eSpagne) est d’environ 1 340 Md$ :

  • 630 Md$ sur l’Espagne
  • 380 Md$ sur l’Irlande
  • 200 Md$ sur le Portugal
  • 130 Md$ sur sur la Grèce

… sommes qui laissent songeur…

Nous terminerons par une analyse de l’exposition de l’ensemble des banques mondiales aux seules dettes publiques étrangères (n’est pas comptée l’exposition des banques grecques à la dette publqiue dette par exemple – mais cela peut être logique, les banques étant finalement garanties par l’État…) :

Exposition des banques mondiales sur les dettes publiques

On observe que les banques mondiales n’ont pratiquement pas cessé d’augmenter leur exposition aux dettes publiques, qui a doublé depuis 2005.

Elles détiennent surtout de la dette publique des États-Unis, de l’Allemagne, du Japon, de l’Italie, de la France et du Royaume-Uni – qui représentent la moitié de leur exposition.

Exposition des banques mondiales sur les dettes publiques

Les banques mondiales ont ainsi financé au total (et donc après compensation entre elles) plus de 400 Md$ de Treasuries. Dans le silence, elles se sont fortement désengagées de la dette publique italienne…

Concluons en zoomant sur l’exposition aux seules dettes publiques des PIGS :

Exposition des banques mondiales sur les dettes publiques des pigs

Exposition des banques mondiales sur les dettes publiques des pigs

On observe que, bien entendu, depuis la crise de 2010, les banques mondiales se débarrassent des obligations publiques à risque, qui se retrouvent rachetées de fait par les banques centrales ou les États – merci pour les banques…

Le phénomène est massif sur la Grèce – les banques ne semblent pas croire que la Grèce ne fera pas défaut…

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