Influencés par Zelensky, les médias occidentaux exagèrent dangereusement – une fois de plus – la capacité de Kiev à vaincre.
Source : Responsible Statecraft, Stavroula Pabst
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
Encouragés par les avancées soutenues de l’Ukraine dans la guerre des drones, les médias occidentaux s’enflamment à l’idée que Kiev pourrait bien être en mesure de vaincre la Russie après plus de quatre ans de combats acharnés.
En mai, Time a salué l’industrie ukrainienne des drones, estimant qu’elle donnait à Kiev « les atouts nécessaires pour gagner sans l’aide des États-Unis. » Le mois dernier, CNN a qualifié les frappes de drones ukrainiens près de Moscou de « tournant probable » dans la guerre. Au début du mois, Defense One a même présenté le conflit comme une affaire réglée avec le titre « Comment l’Ukraine a remporté la première grande guerre des robots. »
Mais ce n’est pas la première fois que la presse met en avant les capacités militaires de l’Ukraine, malgré des revers répétés sur le champ de bataille. Comme le soulignent des experts à Responsible Statecraft (RS), une telle couverture renforce l’idée qu’une aide militaire supplémentaire peut encore aider l’Ukraine à reconquérir l’ensemble de son territoire, minimisant ainsi la nécessité d’une solution négociée.
Surestimer les atouts de l’Ukraine
Comme l’explique à RS Daniel Davis, expert militaire chez Defense Priorities, « les récits des médias occidentaux affirmant que l’Ukraine a « renversé la tendance » ne résistent pas à la réalité militaire élémentaire. »
« Les frappes tactiques ukrainiennes contre des raffineries et des centres d’approvisionnement russes – comme les récentes attaques contre [le distributeur russe] Wildberries près de Moscou et de Saint-Pétersbourg – font de l’audience à la télévision » a écrit Davis à RS, citant les récentes attaques de drones ukrainiens sur le territoire russe. « Elles ne compromettent pas la capacité fondamentale de Moscou à mener une guerre d’usure à long terme. »
Michael Desch, professeur de relations internationales à l’université de Notre Dame, explique à RS que les drones ne suffisent pas à eux seuls à assurer la victoire militaire de l’Ukraine. « Le mieux que l’Ukraine puisse faire [avec les drones], c’est de ralentir un peu les Russes » a-t-il déclaré.
« Il ne fait aucun doute que l’Ukraine a récemment intensifié ses opérations de frappes à moyenne et longue portée à l’aide de drones contre la Russie et qu’elle a causé certains dégâts » a-t-il ajouté. « Le problème avec la couverture médiatique [des médias dominants], c’est qu’elle ignore : a) que la Russie fait de même [et] b) que la Russie continue de réaliser des avancées constantes sur le terrain. »
Comme le souligne Desch, les forces russes continuent, bien que lentement, de progresser vers l’ouest, au coeur de l’est ukrainien. La Russie et l’Ukraine affirment toutes deux avoir pris le contrôle de villages situés sur les lignes de front.
Plus généralement, comme l’explique à RS Barry Posen, professeur de sciences politiques au MIT, « la presse met en avant tout ce qui ressemble à une bonne nouvelle pour l’Ukraine sur le champ de bataille. Et elle a tendance à minimiser les revers ukrainiens. »
Posen a cité l’offensive ukrainienne de Koursk en 2024 comme un exemple où les médias ont exagéré les perspectives de Kiev. « Il était clair que cette [offensive] constituait un détournement des maigres moyens de combat ukrainiens vers une mission qui ne pouvait aboutir à des résultats militaires significatifs. Et cela s’est très mal terminé pour l’Ukraine » a-t-il déclaré.
De la même manière, les médias ont exagéré l’importance de la contre-offensive infructueuse menée par l’Ukraine en 2023, au cours de laquelle Kiev a tenté de reprendre des territoires contrôlés par la Russie dans le sud et l’est de l’Ukraine. « Cela s’est transformé en un sacrifice effroyable de soldats sur des champs de mines et dans la steppe infestée de drones » a déclaré Almut Rochowanski, chercheuse non résidente au Quincy Institute. « L’Ukraine n’en a tiré aucun bénéfice, mais d’énormes ressources humaines et matérielles ont été dilapidées. »
Malgré des revers militaires répétés, de nombreux commentateurs pro-ukrainiens « restent totalement imperturbables » a déclaré Mark Episkopos, chercheur au sein du programme Eurasie du Quincy Institute.
« L’officier à la retraite de l’armée américaine, Ben Hodges, a prédit que l’armée russe s’effondrerait d’ici mars 2022, puis à nouveau d’ici la fin de l’année 2022, et que la Crimée serait reprise en 2023 » a déclaré Episkopos.
En effet, Hodges a fait une prédiction similaire la semaine dernière, déclarant au Sun que l’Ukraine s’efforçait une nouvelle fois d’isoler la Crimée. « Poutine sera confronté à un problème politique majeur lorsque la Crimée sera enfin de nouveau sous le contrôle de l’Ukraine » a déclaré Hodges. « Les choses évoluent dans la bonne direction pour l’Ukraine. »
La presse occidentale a également minimisé le fait que de nombreux Ukrainiens ne souhaitent plus se battre.
« Les articles en anglais consacrés à la résistance violente à la conscription [en Ukraine] sont éclipsés par les reportages affirmant que la Russie vacille » avait précédemment observé l’écrivain Branko Marcetic sur RS. « Certains articles, en ukrainien, traitant des crises de recrutement et démographiques que traverse le pays ne sont tout simplement jamais traduits en anglais. »
Prolonger la guerre
Mais cette couverture optimiste des perspectives de guerre de l’Ukraine aide les responsables politiques occidentaux à justifier l’octroi d’une aide militaire supplémentaire, prolongeant ainsi le conflit.
« Le narratif autour de cette guerre est imprégné de l’illusion selon laquelle la victoire est à portée de main si l’Occident en fait simplement un peu plus » a déclaré Episkopos à RS. « Comme si une ou deux nouvelles tranches d’aide et de nouvelles séries de sanctions allaient accomplir ce que 150 milliards de dollars d’aide militaire [à l’Ukraine] et le régime de sanctions le plus ambitieux au monde, avec plus de 25 000 restrictions [contre la Russie], n’ont pas pu réaliser » a-t-il ajouté, citant les efforts précédents pour venir en aide à l’Ukraine.
« La plupart des dirigeants occidentaux […] risquent de chuter politiquement [s’ils abandonnent l’effort de guerre ukrainien] » a-t-il souligné. « Par conséquent, la seule voie qui leur reste est de miser encore plus fort sur l’espace d’information alternatif qu’ils se sont créé, quel que soit sa divergence par rapport aux réalités de cette guerre. »
Mais selon les observateurs, cette stratégie consistant à « miser encore plus fort », plutôt que de privilégier la diplomatie, a un coût réel pour les Ukrainiens sur le terrain.
« En exagérant la position de Kiev, les médias occidentaux masquent une réalité sinistre : il n’existe aucune voie militaire viable menant à une victoire ukrainienne » a déclaré Davis. « Continuer à s’y accrocher avec arrogance ne fait que prolonger les destructions et les pertes humaines subies inutilement par Kiev. »
« L’Ukraine devra soit négocier les meilleures conditions de paix possibles, soit faire face à une défaite militaire totale » a averti Davis.
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Stavroula Pabst est journaliste pour Responsible Statecraft.
Les opinions exprimées par les auteurs sur Responsible Statecraft ne reflètent pas nécessairement celles du Quincy Institute ou de ses collaborateurs.
Source : Responsible Statecraft, Stavroula Pabst, 29-07-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
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Commentaire recommandé
Les peuples européens ne veulent pas de guerre. Quel citoyen raisonnable, c’est à dire pas intoxiqué par la propagande « russophobe », est prêt à aller se battre sur un front contre la Russie? Même les Ukrainiens essaient d’y échapper tant ils savent que c’est la mutilation ou la mort qui les attend, pour rien, car ils savent aussi que la défaite est inéluctable.
C’est pour cela que l’affirmation « « La plupart des dirigeants occidentaux […] risquent de chuter politiquement [s’ils abandonnent l’effort de guerre ukrainien] » est à mon avis complètement erronée. Bien au contraire on peut penser que l’alignement sur l’OTAN et « l’américanisme » aveugle seront de plus en plus un facteur de leur chute politique.J’ajoute par compassion pour le peuple Ukrainien, que le plus tôt (leur chute) serait le mieux…
9 réactions et commentaires
En pensant à toutes ces morts inutiles et injustes.. décidées d’en haut, ZELENSKY « devrait » organiser un référendum à majorité qualifiée (60 ou 70% ? pour l’approbation.. ou non) pour l’ouverture de négociations sur la fin de la guerre.
Mais pour faire la paix, il faut être deux, évidemment. Quand on entend toujours la même sémantique coté russe, que l’Ukraine est dirigé par des nazis..
Par contre, pour les méthodes de guerre les plus sales et staliniennes, la Russie les utilise sans vergogne.
+6
AlerterLes peuples européens ne veulent pas de guerre. Quel citoyen raisonnable, c’est à dire pas intoxiqué par la propagande « russophobe », est prêt à aller se battre sur un front contre la Russie? Même les Ukrainiens essaient d’y échapper tant ils savent que c’est la mutilation ou la mort qui les attend, pour rien, car ils savent aussi que la défaite est inéluctable.
C’est pour cela que l’affirmation « « La plupart des dirigeants occidentaux […] risquent de chuter politiquement [s’ils abandonnent l’effort de guerre ukrainien] » est à mon avis complètement erronée. Bien au contraire on peut penser que l’alignement sur l’OTAN et « l’américanisme » aveugle seront de plus en plus un facteur de leur chute politique.J’ajoute par compassion pour le peuple Ukrainien, que le plus tôt (leur chute) serait le mieux…
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Alerter>Les frappes tactiques ukrainiennes contre des raffineries et des centres d’approvisionnement russes – comme les récentes attaques contre [le distributeur russe] Wildberries près de Moscou et de Saint-Pétersbourg…
Des témoins affirment avoir vu des drones être lancés depuis des camions près de Moscou à 3 heures du matin. Deux sites proches de Moscou ont été identifiés comme lieux de lancement: région de Yasenevo et Khimki. Les camions ukrainiens ne peuvent pas arriver jusqu’à Moscou sans être repérés. Il s’agissait donc de camions russes? Qui lance-t-il des drones? Pourquoi les drones bombardent-ils les entrepôts de Wildberries mais pas ceux d’AZON? Il y a beaucoup de questions sans réponse. Silence des médias ou bien mensonge, mensonge et mensonge.
+1
AlerterZelensky et les responsables ukrainiens ont justifié ces attaques en disant qu’il s’agissait de faire sentir le poids de la guerre aux Russes ordinaires. Pourquoi Wildberries et pas ses concurrents? Il faut demander à Zelensky.
Les Russes s’autobombardent, c’est un rengaine dont on a l’habitude…
« Des témoins affirment avoir vu…. ». C’est un peu léger quand même. De plus, on a pu constater que les drones ukrainiens ont tout à fait la capacité d’atteindre des cibles lointaine en partant d’Ukraine, sans avoir besoin de camions pour les en rapprocher. Et pourquoi les Russes utiliseraient-ils des camions, s’ils s’autobombardaient? Ils peuvent le faire de n’importe où et beaucoup plus discrètement.
+2
AlerterChaque jour un nouveau message des médias pour envenimer la situation et pousser les bons peuples à accepter sinon désirer une intervention contre la Russie. Mensonge ou au moins exagération sur chaque fait annoncé. Le GPS de l’avion de Von Leyne détraqué par les Russes, impossible techniquement sur 1 seul avion. Les drones de Leipzig attribuer à une erreur russe alors que partout leurs opérateurs sont jugés très qualifié (le drone dans le SBU en est la preuve) et maintenant un drone forcément russe a faillit percuter l’avion de Zelinsky ! En fait un drone à seulement déclencher une alerte pour avoir franchi la frontière moldave.
Et la France ? l’inénarrable Barrot s’occupe de la nouvelle carte du monde tandis que des émissaires étasuniens sont à Moscou pour tenter d’arriver à une paix nécessaire…
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Alerterdes soit disant haut gradés français de plateau nous font un petit calcul mathématique simpliste :
au train où avancent les Russes, il leur faudrait 6 ans pour prendre l’Ukraine.
ils n’ont jamais vu une mêlée de rugby qui avance de quelques millimètre, avant que le bloc d’en face s’effondre brusquement
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AlerterMais oui il va y avoir un retournement: bientôt les femmes iront au front quand il n’y aura plus d’hommes. C’est encouragé par les sponsors européens, après tout IDF emploie aussi des femmes.
Et ensuite ce seront les adolescents, après tout l’Allemagne nazie a également mobilisé les adolescents pour la défense de Berlin.
Jusqu’au bout, allons-y gaiement, jusqu’au dernier ukrainien.
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AlerterSCC : vous oubliez les vieux !!
Dès lors qu’ils étaient valides, enfin qu’ils pouvaient tenir debout avec un fusil..
7,5 millions d’allemands morts durant la 2GM, presque 10% de la population
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AlerterOn se souvient de ces images dramatiques de gamins trisomiques passant des obus de mortier tôt dans la saison 2. Kvartal 95 prépare la saison 5 : Baboushka pilote de drones !
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