Par Lev Golinkine. Source : Foreign Policy, le 08/10/2015

Une menace extrémiste armée pourrait déchirer l’Ukraine avant l’arrivée de la neige à Kiev.


Le fait que la plupart des révolutions en Europe orientale commencent en hiver, de la Russie en 1905 au Maïdan ukrainien en 2013, n’est pas le fait du hasard. Lorsque le froid s’installe, les promesses creuses d’un gouvernement apparaissent comme telles. Dans les jours à venir, selon les prévisionnistes, les températures en Ukraine vont chuter jusqu’au gel. Quand le président Petro Porochenko regarde le thermomètre, il peut se faire du souci.

Les Ukrainiens ne décolèrent pas a cause de la chute du niveau de vie et de l’échec du gouvernement à purger le pays de l’oligarchie et de la corruption, autant de mécontentements qui sont à l’origine de la révolte du Maïdan 2013-2014. Il ne s’agit pas là de la propagande du Kremlin. Un article du Washington Post du mois d’août parlait du “sentiment selon lequel la vague de protestations de l’année précédente n’a rien amené d’autre qu’une recrudescence de la misère”. Un rapport récent du Conseil de l’Atlantique mentionne que “si le gouvernement ukrainien n’assure pas de suivi via un programme de réformes ambitieuses, le soutien de l’opinion pour les réformes s’évanouira, tandis que l’insatisfaction augmentera, menaçant la stabilité politique et l’avenir du pays.” Même George Soros, fervent soutien de Kiev, a écrit ce mois-ci que “l’insatisfaction de la population en général va en augmentant, à la fois en raison de la lenteur des réformes et du déclin continu du niveau de vie.”

Si l’Ukraine était un pays stable, la désillusion grandissante de l’opinion se manifesterait par le renversement du parti au pouvoir lors des prochaines élections ou peut-être par un référendum de défiance envers l’administration. Mais l’Ukraine – tout juste sortie d’une révolution suivie de 19 mois de guerre – est loin d’être stabilisée. Ses citoyens ont plus confiance en leurs armes qu’en leur gouvernement. Si l’Ukrainien moyen ne peut gagner assez pour nourrir et chauffer sa famille pendant le rigoureux hiver ukrainien, il va le reprocher à Kiev (et à l’Ouest) et exprimer son mécontentement non dans les sondages, mais dans la rue.

Le président russe Vladimir Poutine n’est pas le seul que l’échec du gouvernement Porochenko enchanterait. L’Ukraine possède une frange d’extrême droite très active, composée de mouvements ultranationalistes, d’organisations mêlant programmes politiques radicaux (avec des accents homophobes et racistes) et de groupes paramilitaires aux effectifs considérables. Certains de ces groupes, comme Svoboda, ont débuté en tant que partis d’extrême droite, à la marge du monde politique ukrainien avant Maïdan. D’autres, comme Pravy Sektor [“Secteur Droit”, NdT], ont émergé à partir de groupes paramilitaires de combattants urbains qui ont fusionné lors du soulèvement. A mesure que la guerre contre les séparatistes soutenus par la Russie prenait de l’ampleur, ces organisations ont formé des bataillons de volontaires qui se sont montrés d’une importance primordiale pour contenir les séparatistes.

A l’instar de beaucoup de choses en Ukraine, les effectifs de l’extrême-droite, tout comme l’étendue du contrôle de Kiev sur ces bataillons, restent bien incertains. En juillet, Dmytro Yarosh, de Pravy Sektor, a pu rassembler 5000 membres pour une parade à Kiev, quoiqu’il soit difficile de savoir combien parmi eux étaient des combattants ou de simples militants. De même, le bataillon Azov, auquel le Congrès américain a refusé tout entraînement et toute fourniture d’armes, reste en théorie sous le contrôle de Kiev lorsqu’il s’agit de combattre les séparatistes ; ce qu’il en sera lorsque le bataillon Azov devra se mesurer à Kiev, reste une question sans réponse.

Une chose est claire : ces groupes sont capables de répandre massivement chaos et carnage, comme nous en avons eu la preuve le 31 août, lorsque des voyous de Svoboda équipés de grenades ont tué quatre gardes nationaux ukrainiens et en ont blessé 138 autres juste en face du parlement ukrainien à Kiev. Cet attentat est loin d’être le premier par lequel l’extrême droite a menacé Kiev ou répandu le sang. Le 11 juillet, Pravy Sektor a été impliqué dans une fusillade meurtrière avec la police dans la ville de Mukacheve, dans l’ouest du pays ; des membres de plusieurs bataillons ont menacé de faire un coup d’État lorsque les combats dans l’Est auront pris fin.

Jusqu’à présent, plus ou moins, l’extrême-droite et Kiev ont eu un ennemi commun, les séparatistes soutenus par la Russie dans l’Est ukrainien. Mais à mesure que la violence dans cette région décroît en intensité, les ultranationalistes – et cela inclut les bataillons lourdement armés qui leur sont affiliés – tournent leur attention vers l’intérieur du pays.

Au cours des derniers mois, ces groupes ont accentué considérablement la pression sur Porochenko, qualifiant son gouvernement « d’occupation interne » et ont appelé, selon la terminologie de Pravy Sektor, à la « phase suivante » de la révolution.

Kiev et l’extrême droite sont dans l’impasse. Porochenko n’a pas le pouvoir de dissoudre les ultranationalistes (la réaction gouvernementale au bain de sang du 31 août s’est limitée à une poignée d’arrestations), mais les factions d’extrême droite n’ont pas davantage les moyens de se tourner ouvertement contre Kiev. Pour cela, il leur faudrait des manifestations de rues quotidiennes. Il leur faut un autre Maïdan.

Voilà la raison pour laquelle deux récits se font face aujourd’hui en Ukraine – par le biais d’éditoriaux, des médias sociaux et de conférences de presse. Porochenko exhorte ses compatriotes à garder leur calme et diriger leur regard vers l’avenir. L’extrême droite, de son côté, exploite la frustration et la colère issues des restrictions économiques et appelle les gens à descendre dans la rue.

En septembre, la patronne du FMI, Christine Lagarde, a conclu sa visite à Kiev en dressant des louanges aux réformes “époustouflantes” menées par Kiev, et en pressant Porochenko ainsi que le Premier ministre Arseni Iatsenyouk de garder ce cap. D’un point de vue très général, Lagarde a raison : le travail accompli par Kiev est remarquable, compte tenu du passif d’un pays criblé de dettes, paralysé par la corruption, et ravagé par une guerre dévastatrice avec les rebelles soutenus par les Russes. Le fait même que l’Ukraine n’ait pas encore implosé est à porter au crédit du peuple ukrainien comme de l’aide occidentale.

Mais l’ukrainien moyen peut difficilement s’offrir le luxe de considérer les choses d’un œil détaché. Les tarifs des services publics ont atteint des niveaux stratosphériques, tout comme les produits et services de consommation courante, et le taux de chômage. Les régions orientales sont au cœur d’une crise humanitaire, avec plus d’un million et demi de réfugiés intérieurs, devant leur survie à la bonne grâce de volontaires et d’aides sporadiques de la part de Kiev, dont les finances sont déjà soumises à forte pression. Un sondage de juillet indique seulement 3% de satisfaits du rythme de changement, et Iatsenyouk, responsable de la mise en œuvre des réformes du FMI, ne peut se prévaloir que de 11% de satisfaits.

Chaque semaine nous rapproche de l’hiver, rendant les mesures d’austérité comme la réduction des services sociaux et la hausse des tarifs des services publics, encore plus douloureuses. Dans l’intervalle, l’appel de l’extrême droite se fera de plus en plus entendre. La façon dont certains des grands partis politiques ukrainiens ont adopté des éléments de langage ultranationalistes, tout en se distançant de Porochenko, en est sans doute le meilleur indicateur. Début septembre, Oleh Lyashko, le leadeur du Parti Radical qui s’est officiellement séparé de la coalition de Porochenko, dénonçait le président comme le plus grand criminel en Ukraine. Yulia Tymoshenko, la rivale de Porochenko est allée encore plus loin, déclarant à The Independent que les réformes les plus impopulaires de l’administration étaient sur le point de déclencher “une révolte incontrôlée qui pourrait balayer l’Ukraine en tant que pays.”

C’est exactement ce dont l’extrême droite a besoin. Des groupes comme Svoboda fonctionnent mieux lorsqu’ils peuvent se mélanger à des foules, se présentant comme des guerriers contre la corruption et l’injustice ; lorsqu’une foule est rassemblée, tout mouvement imprudent de la part du gouvernement sera perçu comme un mouvement contre “le peuple”. Les foules de manifestants sont le carburant de l’extrême-droite, et une fois en place, le pays ne manquera pas d’explosifs.

Selon le scénario le plus optimiste, une révolte d’extrême droite déstabiliserait énormément l’Ukraine ; Porochenko serait incapable de continuer à mettre en œuvre les réformes du FMI s’il était occupé à mater une insurrection armée en plein Kiev. Au pire, cela déclencherait une succession d’évènements qui transformeraient rapidement le pays en un État fracturé, un État failli de 45 millions d’habitants au milieu de l’Europe.

Afin de donner les meilleures chances de survie à une Ukraine démocratique, Washington doit minimiser les risques que des citoyens se révoltent quand l’hiver arrivera. Des déclarations de solidarité ne sont pas suffisantes. Il y a besoin de nourriture, vêtements, médicaments – des secours tangibles, visibles, et immédiats, le tout estampillé “de la part de Kiev et des États-Unis” – afin d’assurer que le peuple d’Ukraine continue de croire en un avenir positif avec l’Occident.

L’idée n’est pas neuve. Au cours de la guerre froide, le Département d’État en a fait un art. Du pont aérien de Berlin en 1948 aux émissions radiophoniques en langue russe de la Voix de l’Amérique émises à travers l’Union Soviétique dans les années 80, les États-Unis ont une longue expérience dans l’analyse de situation sur le terrain, dans la prévision des besoins de la population, et dans l’art de gagner les cœurs, les esprits et les estomacs.

La politique américaine à l’égard de l’Ukraine a largement négligé ce type d’aide. C’est une honte. Washington en profite pour minimiser ce que les Nations Unies décrivent comme un désastre humanitaire imminent, tout en combattant les radicaux d’extrême droite qui déstabilisent le pouvoir. Il s’agit d’une occasion qu’il faudrait saisir, car si la colère gagne, le peuple affamé descendra dans les rues de Kiev, et le résultat sera très probablement déplaisant, à la fois pour les Ukrainiens et pour les intérêts américains dans la région. En attendant, la température continue de chuter.

Image credit: SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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17 réponses à L’hiver arrive. Tout comme l’extrême droite ukrainienne, par Lev Golinkine

Commentaires recommandés

DUGUESCLIN Le 09 novembre 2015 à 05h55

Malheureusement pour l’Ukraine, le seul moyen pour les américano-kiévistes d’éviter un nouveau Maïdan est d’envoyer les fous enragés contre le peuple du Donbass.
Ce qui permet de les éloigner de Kiev en continuant à accuser la Russie de tous les maux.
Le seul moyen d’avoir un semblant de paix est d’éradiquer ces groupes extrémistes et d’inviter les américains à retourner chez eux.
Mais combien de morts, encore, faudra-t-il pour arriver à un consensus?
La complicité criminelle consternante des européistes doit être dénoncée haut et fort et jugée pour haute trahison envers les intérêts des peuples européens.

  1. DUGUESCLIN Le 09 novembre 2015 à 05h55
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    Malheureusement pour l’Ukraine, le seul moyen pour les américano-kiévistes d’éviter un nouveau Maïdan est d’envoyer les fous enragés contre le peuple du Donbass.
    Ce qui permet de les éloigner de Kiev en continuant à accuser la Russie de tous les maux.
    Le seul moyen d’avoir un semblant de paix est d’éradiquer ces groupes extrémistes et d’inviter les américains à retourner chez eux.
    Mais combien de morts, encore, faudra-t-il pour arriver à un consensus?
    La complicité criminelle consternante des européistes doit être dénoncée haut et fort et jugée pour haute trahison envers les intérêts des peuples européens.


  2. Kiwixar Le 09 novembre 2015 à 08h42
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    “Les États-Unis ont une longue expérience dans l’analyse de situation sur le terrain, dans la prévision des besoins de la population, et dans l’art de gagner les cœurs, les esprits et les estomacs.”

    Ca me fait penser à cette presque-plaisanterie (amère) lue sur zerohedge : “J’espère que les Etats-Unis envahiront les Etats-Unis, afin de gagner les coeurs et les esprits (win the hearts and minds) de la population locale en construisant des écoles, des ponts et des hôpitaux”….


  3. Franck Le 09 novembre 2015 à 10h14
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    Je vous prédis qu’avant la fin de l’année, au plus tard en mars prochain, il n’y aura plus de nazis ni d’américains ou d’occidentaux complotistes en Ukraine, et que les USA comme le Canada devront faire face à cette diaspora très encombrante, face au refus des pays baltes et des Balkans d’accueillir ces oiseaux de malheur… Je pense même que la Géorgie et la Moldavie fermeront leurs frontières pour l’occasion 😉


  4. cording Le 09 novembre 2015 à 11h01
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    Les nationalistes ukrainiens comme tous les nationalistes seront les fossoyeurs de la fragile unité ukrainienne. S’ils persistent nous assisterons à une partition bien plus prononcé de l’Ukraine qui pourrait aller de Kharkov à Odessa, c’est-à-dire presque partout où les russes ou russophones sont largement majoritaires. Vive Novorossiya !


    • voronine Le 09 novembre 2015 à 18h43
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      L’UKR est un pays artificiel , une entité géographique , pas une nation . On peut la comparer avec la Belgique, pays multiethnique , créé après le congrès de Vienne pour contenir la France . Tous les pays multiethniques sont fragiles, il n’est pas nécessaire que les nationalistes poussent très fort pour provoquer l’éclatement, on le voit aujourd’hui en ECOSSE, en CATALOGNE ,dans tout le MOYEN ORIENT , en Afrique etc… Les crises que traversent ces régions proviennent essentiellement de l’action d’acteurs étrangers ( toujours les memes) qui pour la satisfaction d’intérêts privés, des multinationales, arment , financent, organisent ces mouvements séparatistes et ces agitateurs .Bon an, mal an, en UKR , pendant des siècles, ukrainiens, cosaques, polonais, russes, et meme allemands et hongrois ont vécu dans une paix et une prospérité relatives . Cette situation ne devait pas etre suffisamment lucrative pour les intérêts européens et US .


      • Lithan Le 09 novembre 2015 à 19h16
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        Et n’oublions pas cette pauvre petite Yougoslavie, qui a été démantelée pour les même raisons que tant d’autres Etats : trop insoumise, trop indépendante, trop belle probablement…


        • jean maurel Le 09 novembre 2015 à 20h09
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          La Yougoslavie s’est démantelée toute seule.


          • Alfred Le 09 novembre 2015 à 21h39
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            Certes elle a sauté dans le vide. Mais il semble quand même bien que certains lui ont “aimablement” ouvert la fenêtre… (US, Allemagne pour ne citer qu’eux)


            • Krystyna Hawrot Le 10 novembre 2015 à 00h07
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              Et des politiciens croates arrivés avec des passeports américains autour de Franjo Tudjman… Cela dit, Milosevic ce n’était pas une lumière. Ce type a déshonoré la Serbie en sautant à pieds joints dans les pires pièges tendus par l’Occident. Dès qu’un peuple est déshonoré par une guerre civile, c’est très difficile de récupérer la pente: les gens sont pétris de culpabilité et de rancune, ils veulent oublier leur histoire et leur identité et c’est sur cela que le système impérialiste mortifère prospère.

              Je travaille avec la gauche serbe depuis quelques années et je vois très bien ce qui l’accable. Tous les projets que nous proposons; les actions, la participation à des mouvements servent à rappeler aux Serbes qu’ils ont eu une belle et glorieuse histoire, qu’ils n’ont pas à avoir honte de la Yougoslavie et que justement Milosevic c’est une tragique erreur, une folie, qu’il faut comprendre comment cela est venu et passer à autre chose. Justement; ce qui est bien est que les Serbes passent à autre chose: ils ne regardent plus l’UE mais réfléchissent à une nouvelle-ancienne Fédération des Balkans..;

              un site pour info
              http://www.marks21.info/


            • jean maurel Le 10 novembre 2015 à 18h18
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              Excusez moi, mais vous etes a coté de la plaque : les usa et l’allemagne ont suivi le mouvement.


            • jean maurel Le 10 novembre 2015 à 18h26
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              Milosevic, il a bon dos…..La vérité, c’est qu’il s’est appuyé sur le nationalisme grand serbe pour prendre le pouvoir et s’y maintenir.
              Une nouvelle confederation/federation balkanique, pourquoi pas? A condition de ne pas renouveller les memes erreurs.


  5. champoiseau Le 09 novembre 2015 à 12h26
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    Le maîdan de l’ukraine n’a jamais été un soulèvement spontané du peuple. Il a été totalement créé par les usa-ue qui maintenant viennent pleurnicher parce qu’il n’y a pas assez de réformes. Ils n’en ont rien à faire. Ils ont placé leurs pions et attendent que la situation pourrisse pour à nouveau pousser au crime et à la destruction. La Lagarde ,vous le pensez, vient visiter l’Ukraine pour voir les “réformes” ont été appliquées? Non, elle vient voir si le “moribond” bouge encore et demander d’appliquer les ukases du fmi pour accélérer la décomposition de ce pays et cela sur ordre des usa, tapis dans l’ombre. Ils sont déjà au gouvernement de Kiev et attendent le moment où le Por o chocolat sera éjecté. Mais il aura mis assez d’argent de côté. A moins qu’un drone le trouve sur son passage.?


  6. Astatruc Le 09 novembre 2015 à 14h30
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    L’Ukraine, un laboratoire Brezinskièsque?
    Une expérience pour affûter, vérifier les possibiltés de manipulation générale?
    Une expérience pour avoir des renseignements sur la capacité, volonté, des peuples à réagir?Sur ce qu’ils sont capables d’encaisser sans rien dire?(remarquer, pour 2005, on a carrément super bien encaissé, je trouve….)
    Une expérience sur sol européen(à bien distinguer de l’UE), c’est ce qui, pour ma part, change bcp de choses, ça se rapproche…
    Une petite touche de tragédie grecque, et…….


  7. Jaime Horta Le 09 novembre 2015 à 18h45
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    Un nouveau Maidan n’est possible qu’avec de puissants soutiens extérieurs et une solide logistique bien organisée permettant des turn-over efficaces lui permettant de tenir la distance autant de temps qu’il le faut.

    Aussi important que puissent être le nombre d’Ukrainiens qui voient tout leurs espoirs déçus, je crains que ce ne soit plus aujourd’hui à l’ordre du jour.


  8. grand-père Le 09 novembre 2015 à 19h42
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    Croire que l’hiver pourrait provoque une contre révolution j’en doute comme Jaime Horta ; en effet si on est logique avec le triptyque Maidan ( colère du peuple + gros bras de Svoboda + organisation et financement US) on constate que deux conditions seulement sont remplies.


  9. Caliban Le 09 novembre 2015 à 20h44
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    Je ne comprends pas comment on peut en bonne logique aligner ces deux phrases :

    “le travail accompli par Kiev est remarquable, […]”

    “Les tarifs des services publics ont atteint des niveaux stratosphériques, tout comme les produits et services de consommation courante, et le taux de chômage.”

    A moins de considérer la population pour quantité négligeable ?


    • Louis JULIA Le 10 novembre 2015 à 10h29
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      @ Caliban :Ces deux phrases ne sont pas alignées : la première est la constatation d’un certain travail effectué en Ukraine par le gouvernement (en particulier contre la corruption, mais malheureusement pas dans tous les secteurs corrompus). Travail dont la meilleure preuve est la cabale organisée contre le procureur général Chokine, qui gêne beaucoup de monde.
      La seconde appartient à un autreregistre, un autre paragraphe, et elle commence par “Mais”..C’est donc une restriction par rapport aux louanges qui précèdent.


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