Parce que ce n’est pas parce qu’on parle de la Turquie qu’on va se priver d’un peu de russophobie, hein…

Source : Céline Lussato, à lire en intégralité sur le nouvelobs 02-11-2015

Avec sa majorité retrouvée au Parlement, Erdogan va pouvoir mener la réforme constitutionnelle mettant en place un régime présidentiel, qui effraie tous les défenseurs des libertés en Turquie. Le politologue Cengiz Aktar explique pourquoi.

Un drapeau turc géant est déployé dans une rue d’Istanbul par des supporters de l’AKP, le parti conservateur du président Recep Tayyip Erdogan. L’AKP avait perdu lors des législatives de juin dernier le contrôle total qu’il exerçait depuis 13 ans sur le Parlement. (AFP PHOTO / OZAN KOSE)

 

Arrivé en tête des élections législatives du 1er novembre en Turquie, le parti islamo-conservateur AKP dispose de nouveau de la majorité au Parlement. Un résultat qui devrait laisser les mains libres au président Recep Tayyip Erdogan pour mettre en place le régime présidentiel qu’il appelle de ses voeux, à l’issue d’une réforme constitutionnelle.

Ce changement effraie tous les défenseurs des libertés en Turquie. Le politologue Cengiz Aktar, professeur à l’université de Bahçesehir et directeur du département des relations avec l’Union européenne à Istanbul, explique pourquoi. Interview.

On évoque des fraudes lors du scrutin d’hier. Qu’en pensez-vous ? Ce scrutin est-il entaché ?

– Nous n’avons pas encore de rapport d’organismes indépendants qui donne des éléments concrets sur ce que tout le monde soupçonnaient dès hier soir. Mais même les dirigeants des partis ne croient pas à ce résultat. La question n’est pas de savoir s’il n’est “pas impossible” qu’il y ait eu des fraudes mais plutôt de souligner qu’il est fort probable qu’il y en ait eu. Ce ne serait pas la première fois. On entretient l’idée que les élections en Turquie sont libres mais c’est faux : le rapport de l’OSCE sur le dernier scrutin soulignait déjà des cas de fraudes. Et hier, on n’a pas arrêté d’en parler dans tout le pays.

Diriez-vous comme la plupart des commentateurs que la stratégie de la terreur menée par Erdogan depuis plusieurs mois a gagné ?

– Il y a cela bien sûr. Mais c’est aussi la victoire d’une stratégie clientéliste. La Turquie s’est enfoncée petit à petit dans un régime clientéliste depuis 13 ans. C’est un secret de polichinelle. Et cela fonctionne. Les gens préfèrent garder leurs petits avantages, voire croire aux promesses qui leur font miroiter qu’ils vont s’accroître. Exception faite du sud-est, où la crainte de la violence à ramené dans le giron de l’AKP une partie des électeurs qui lui avaient tourné le dos. Mais pas la totalité. L’AKP n’a pas récupéré tout son électorat dans la région à majorité kurde, le parti n’a pas atteint le score qu’avait obtenu Erdogan à la dernière présidentielle.

[…]

Avec sa nouvelle majorité, Erdogan va pouvoir mettre en route la réforme constitutionnelle qu’il ambitionne depuis la dernière présidentielle ?

– Il lui sera difficile d’obtenir les 367 voix nécessaires pour une réforme constitutionnelle par voie uniquement parlementaire. Mais il lui faut seulement 330 voix pour une réforme constitutionnelle via un référendum, et il obtiendra très facilement les quelques voix qui lui manquent pour emprunter ce chemin. Il récupérera très facilement ses voix au MHP. On s’achemine vers un système à la Poutine : un régime exécutif très fort sans aucun autre contrepoids ni frein.

Propos recueillis par Céline Lussato, lundi 2 novembre 2015

Source : Céline Lussato, à lire sur le nouvelobs 02-11-2015

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35 réponses à TURQUIE. “On s’achemine vers un système à la Poutine” par Céline Lussato

Commentaires recommandés

Bigtof Le 08 novembre 2015 à 01h04

Un système présidentiel très fort sans aucun contrepoids ? Damned, on croirait la France !!

  1. Bigtof Le 08 novembre 2015 à 01h04
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    Un système présidentiel très fort sans aucun contrepoids ? Damned, on croirait la France !!


    • Caliban Le 08 novembre 2015 à 01h29
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      A ceci près que le Président a le soutien de sa population. Il est a combien dans les sondages le chamalo après son kawa chez Lucette ?


  2. groucho Le 08 novembre 2015 à 01h12
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    C’est quoi, au juste, un “système à la Poutine” ?
    Quelqu’un pourrait m’expliquer ça ?


    • Sébastien Le 08 novembre 2015 à 02h15
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      J’allais écrire exactement le même commentaire!
      Décidément, le NouvelObs se surpasse de jour en jour…


    • Kiwixar Le 08 novembre 2015 à 02h57
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      C’était juste histoire de dénigrer à nouveau Poutine, quelque soit le sujet. Une sorte d’anti-culte de la personnalité de l’adversaire, digne de l’UERSS. Prochaine étape, l’érection d’un mur entre l’Otanie et l’Eurasia, afin d’éviter que les habitants ne fuient le “paradis de l’Otanie”, encore pire que l’URSS (ils avaient le logement et l’éducation gratuite, et l’emploi garanti).

      Vraiment, les pigeons de l’Histoire, ce sont les Tchèques, Slovaques, Hongrois, Polonais, toujours du mauvais coté du mur, et avec l’oeil de Moscou/Bruxelles, les chars (d’acier ou financiers), et des migrants qu’ils n’ont pas demandé ni besoin.


      • Vltava-Moskova18 Le 08 novembre 2015 à 14h32
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        Bonjour Kiwixar!

        On ne peut pas dire que Milos Zeman le Président tchèque et Robert Fico le 1er Ministre slovaque soient à la solde de Bruxelles et de l’OTAN.Ces 2 là font de la résistance,il faut le reconnaître honnêtement.Tous deux tiennent à entretenir des bonnes relations avec la Russie.Tout comme V.Putin Milos Zeman a son franc parlé.Il a déclaré haut et fort de ce qu’il pensait du conflit en Ukraine et des sanctions contre la Russie.Il avait même interdit l’entrée du château de Prague au diplomate américain.Bref il ne s’est pas fait que des amis.
        Etant régulièrement à Prague depuis 1991,on peut constater,que les ukrainiens,les russes peuvent parler leur langue sans être bastonnés.
        La République tient à son indépendance et ne souhaite pas de base de l’OTAN sur son territoire.Ou plus d’armée d’occupation sur son territoire.
        Je pense que les peuples tchèque et slovaque n’ont pas les mêmes ressentiments à l’égard de la Russie que les polonais et malgré un certain passé.


    • languedoc30 Le 08 novembre 2015 à 10h05
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      Un système à la Poutine, c’est un système qui ne se courbe pas devant l’Empire comme un vassal, qui défend les intérêts de son pays et de ses compatriotes. J’estime que l’on fait beaucoup d’honneur à Erdogan.


      • Vltava-Moskova18 Le 08 novembre 2015 à 14h42
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        Languedoc.
        Vladimir Putin en tant que Président ,il doit consulter la haute assemblée,avant de se lancer en guerre.En France le Président il peut décider à lui tout seul.On a vu les résultats avec NS et FH.
        Les américains traitaient de Gaulle de fasciste de droite.Pour les américains être un démocrate,c’est cèder à leurs diktats,de courber l’échine.
        Pour eux un dictateur,c’est?celui qui défend farouchement l’indépendance de son pays et ses intérêts.
        Comparer V.Putin et Erdogan,c’est pousser le bouchon un peu loin.Un est musulman non laïc et l’autre est orthodoxe.


        • Vanklaus Le 08 novembre 2015 à 19h20
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          ” Comparer V.Putin et Erdogan,c’est pousser le bouchon un peu loin.Un est musulman non laïc ”
          erdogan est issu des frères musulman organisation terroristes interdite même en Égypte ( pays d’origine de cette organisation ) .
          sur les élections turque il est évident qu’il ya eu une fraude a grande échelle , dans un pays multi ethnique et multiconfessionnel avec une crise politique majeur , il est statistiquement impossible qu’un partis islamiste puisse avoir la moitié du parlement .https://www.youtube.com/watch?v=QF3IbqICSuM


          • Gibbs Le 10 novembre 2015 à 06h34
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            Il y a la l’idéologie mais surtout la réalité économique. Et sur le plan économique, le parti de Erdogan on fait bonne figure ces dix dernière années et je dirais c’ est ce qui fait principalement leur succès.

            Pour votre information les frères musulmans ont été interdit en Egypte après un coups d’état de l’armée. Morsi avait était élu démocratiquement. Le fait qu’ il soit interdit dans une dictature militaire n’as rien de délégitimant.

            Après il est marrant de constater l’attitude des commentateurs en générale des qu’il s’agit d un pays musulmans, Amérique latine, ou de l ex URSS. On retrouve toujours ce coté donneur de leçons


            • Vanklaus Le 10 novembre 2015 à 20h23
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              l’Égypte aussi a eu ses décennies de croissance en contre parti d’un alignement politique pour les intérêt américains dans la région et aujourd’hui ce pays mendie pour nourrir sa population donc je ne pense pas dans ces circonstances que les dirigeants égyptien de l’époque restent ” de bonnes figures ” pour leur peuple .
              je ne crois pas plus a leur chiffre de croissance que dans leur élections et combien même si c’était le cas la croissance turque repose en grande partie sur le tourisme et l’exportation et les aides de pays étrangers , elle est donc instable et pas a labri d’un effondrement brutal .
              quant a votre légitimation politique et démocratique d’un groupe terroriste qui pratique l’assassinat et la haute trahison d’état des qu’il arrive au pouvoir , je laisse aux lecteurs le soin de juger .


      • Bobleymar Le 09 novembre 2015 à 20h48
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        C’est toujours plus simple de ne pas courber l’échine devant l’Empire quant on est soi-même à la tête d’un empire… D’autres, voyant l’hypocrisie d’un empire se jette corps et âme dans celui d’en face. Est-ce mieux?


    • tasco Le 08 novembre 2015 à 12h31
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      C’est un système dans lequel le pouvoir a le pouvoir et s’en sert pour défendre les intérêts de son pays. Un système horrible pour les internationalistes constituant une bonne parties des médias etc.


      • groucho Le 08 novembre 2015 à 13h12
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        Les médias ne sont pas internationalistes. Ils sont pour le remplacement des nations par un grand marché. Ça n’a rien à voir !


  3. Caliban Le 08 novembre 2015 à 01h22
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    Difficile de comprendre pourquoi notre allié turc qui avait si bonne presse auparavant, au point qu’il était question de l’intégrer dans l’UE, est désormais décrit comme une dictature.

    • Qu’est-ce qui a fait tourner le vent dans les rédactions des journaux ?
    • Qu’est-ce qui fait que cette pseudo-dictature a de moins en moins la faveur des médias ? (soit dit en passant, on est un peu moins regardant avec les régimes qui coupent des mains, rachètent la Place Vendôme ou se paient des Rafales).

    Si cela continue comme ça, on verra un jour Pujadas annoncer que le régime Turc aide les barbus d’EI contre les Kurdes et lui fournit même du gaz sarin … et peut-être même Jean-Pierre Pernaud s’apitoyer sur le sort des centaines de milliers de réfugiés qui “envahissent” nos chers petits villages du fait de la guerre civile syrienne, sponsorisée conjointement par les Etats-unis, les sunnites … et la France.

    Messieurs les journalistes, ressaisissez-vous svp ! Parlez-nous de la pluie et du beau temps, car même s’il vous arrive de vous tromper sur ce sujet aussi, au moins vous le faite de bonne foi.


  4. Alexandre Legrand Le 08 novembre 2015 à 03h19
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    C’est extra-ordinaire ce revirement de point de vue sur la Turquie .
    Les questions sont très très orientées et les réponses toutes faites dans un objectif unique de dénigrement.
    Pour rappel :
    Taux de participation aux élections 87%
    Nombre de parti : 23
    Voies recueillies par l’Akp 49,6%

    Des associations privées et indépendantes sont accrédités pour assister au vote et être présent devant les urnes et au dépouillement
    L’agence d’information CIHAN dispose des résultats des dépouillements avant même les chaînes Tv d’états car elle dispose de personnels présent dans chaque point de décomptage
    Le score médiocre de l’opposition est à rechercher dans leur politiques et leurs bilans et non dans une prétendue fraude électorale
    Un peu d’objectivité ne ferait pas de mal à la dictature qui est en train de se mettre en place en Europe et surtout en France


    • SysATI Le 08 novembre 2015 à 20h23
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      Je confirme….

      Selon l’organisation Oy ve Ötesi (vote et après) regroupant plus de 50.000 citoyens/controleurs, il y aurait eu quelques 10.000 voies frauduleuses/erreurs sur un total de plusieurs 10aines de millions. Donc, non il n’y a pas eu de fraudes n’en déplaise à certains…

      Et si le futur sultan à réussi à berner tous ces gens la en plus des autres partis politiques présents, il mérite bien d’être élu….

      Il reste que 50% du pays seraient certainement RAVIS d’avoir Poutine comme président au lieu de cet Iznogood malfaisant…


  5. Serge Le 08 novembre 2015 à 03h19
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    Ben moi,je n’ai rien contre un “régime présidentiel” .Je suis même “bonapartiste gaulliste” ,c’est dire!
    Tout dépend qui est le président en fait .
    Et Erdogan n’est pas Poutine ,ni sur le fond,ni sur la forme .
    ça c’est bien de la petite propagande gôgôche viel-obs ,que de brandir de tel slogans amalgames réducteurs ,pour empêcher de penser .
    On nous dit par ex que tout va mal en France ,parce qu’il y a trop de V° république .Alors que moi je pense exactement le contraire :c’est parce qu’il y en a de moins en moins ,parce que nous sommes revenus au niveau du système des partis combinards affairistes et clientélistes ,où l’alternance politique n’est qu’illusoire .


    • Laurent Le 08 novembre 2015 à 03h43
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      Ben, disons que le problème intrinsèque à votre position est que le Président s’auto-proclame. Du coup ça peut être n’importe qui, et en règle générale un salopard mégalo… Vous préférez probablement un Pinochet ? Pas de soucis avec les partis, il n y en avait qu’un!!


      • Serge Le 08 novembre 2015 à 04h28
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        Pourquoi ?
        Pas du tout !
        Perso,je suis pour un chef d’état élu par le plébiscite populaire .
        Je suis pour la prééminence du pouvoir exécutif sur les assemblées parlementaires .
        Je suis pour les référendums sur les sujets importants .Etc …Et vous avez le droit de ne pas être d’accord avec moi .


  6. Boyington Le 08 novembre 2015 à 05h40
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    Poutine n’est en rien un religieux très conservateur. Il y a des cours de religions et de morales laïques dans les écoles russes (6 ou 7 choix possibles), ce n’est pas du tout le cas en Turquie où les orthodoxes ont toutes les difficultés à former des prêtres…


    • Alexandre Legrand Le 08 novembre 2015 à 06h49
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      D’où tenez vous cette information ? Avez-vous des preuves ? Le droit des minorités religieuses est beaucoup plus étendu en Turquie que dans beaucoup de pays dit EUROPEEN. L’état turque est laïque à tel point que les cours de religion étaient encore interdit jusqu’en 2005
      C’est suite à une réforme du système éducatif su assouplissement a été apporté
      Jusque cette date l’éducation religieuse était une affaire privé souvent assuré par les imams de quartier ou prêtres si vous préférez
      Les hortodoxes auraient le plus grand mal à former des prêtres ? De quelle type de difficultés s’agit t il ? Il y a des monastères et une école de formation à Istanbul sur la grande ILE dont la population est principalement d’origine Helvete
      La population de croyance hortodoxe est en général de niveau social supérieur et financièrement aisée.
      Leurs enfants vont dans des écoles privées réputés de grande qualité Il y en a plusieurs à Istanbul,İzmir etc…


      • arkantz Le 08 novembre 2015 à 18h20
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        Alexandre Legrand, vous avez une vision idéalisée de la Turquie. Avec 6 siècles d’Empire ottoman dans les gènes, je ne pense pas que les minorités soient bien traitées en Turquie, ni que dans l’esprit de certains Turcs être Arménien soit par exemple un honneur mais plutôt une infamie. Hrant Dink en est la preuve.


      • Boyington Le 10 novembre 2015 à 05h05
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        Les preuves de quoi ? De la multiplicité des cours de religion/morale laïque en Russie ? Facile.

        http://www.xn--pourunecolelibre-hqb.com/2013/01/la-russie-rend-obligatoire.html

        La difficulté de formation des prêtres et patriarches orthodoxes en Turquie ? Le séminaire orthodoxe de Halki… L’institut de théologie orthodoxe de Halki est un établissement d’enseignement supérieur destiné à la formation théologique du clergé orthodoxe situé sur l’île d’Heybeli (Halki) dans la mer de Marmara, près de la ville d’Istanbul, en Turquie.

        Il dépend du Patriarcat œcuménique de Constantinople.

        Le patriarcat souhaite le rouvrir afin d’assurer sa pérennité (les accords avec le gouvernement turc prévoyant que seuls des citoyens turcs ayant été formés en Turquie peuvent être nommés Patriarches), mais s’est vu rejeter cette demande. Cette réouverture, réclamée par plusieurs personnalités et États à travers le monde, s’inscrit parmi les nombreux points en discussion autour de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

        Quant au cours de religion en Turquie, vous avez manqué le bout sur les halévis ? « Le renforcement récent des cours de religion ****sunnite*** à l’école ».

        http://www.lefigaro.fr/international/2013/10/13/01003-20131013ARTFIG00133-la-turquie-face-a-la-fronde-de-la-minorite-alevie.php


  7. Old Ohm Le 08 novembre 2015 à 05h59
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    Au final, Cengiz Aktar s’inquiète du fait que Tayyip Erdoğan puisse modifier la constitution turque en ayant recours au référendum. Joli aveu.
    Je crois que l’on tient le Robert Schuman “made in Turkey”.


  8. Noureiev Le 08 novembre 2015 à 06h18
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    Le Nouvl Obs reste fidèle aux consignes d’il y a dix ans de faire passer Poutine pour un tyran, comme s’il n’y avait que des tyrans et des élus. Et les lecteurs se laissent prendre à cette simplification et avalent, avalent et avalent encore à s’en convaincre. Bref, un élu peut, ou non être l’image de son peuple et le représenter comme Poutine qui n’a fait que monter dans les sondages, au point que l’opposition qu’est le Parti Communiste travaille de bon coeur avec son Président. Et puis il y a les traîtres qui ne font que baisser parce qu”ils ne sont pas le peuple, ne l’écoutent pas et ne veulent pas l’écouter. Nous verrons pour Erdogan si la Turquie se stabilise ou reste toujours le cul entre deux chaises.


  9. DUGUESCLIN Le 08 novembre 2015 à 06h51
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    Dommage que les “défenseurs de la liberté” ne s’inquiètent pas aussi en France. Prendre en exemple le “régime présidentiel” de la Russie pour parler de la Turquie met, encore une fois, en évidence la mauvaise foi russophobe. Il n’est pas utile d’expliquer ce qu’est le système à la Poutine, tout le monde le sait. l’affirmation est contenue dans le sous-entendu.
    En résumé un président qui est soutenu par plus de 85 % des peuples de sa fédération est un système à la Poutine. En France un président désavoué par 85 % de sa population est un système à quoi? Appelons le un système à la française.
    En Turquie il serait donc plus juste de parler d’un acheminement vers un système à la française, qui est celui d’obtenir les pleins pouvoirs avec une minorité de 15 %. Ce qui est clairement l’inverse en Russie.
    Alors je me permet de refaire le titre: “La Turquie est en train de s’acheminer vers un système à la française, réussir à gouverner avec une minorité” contre la majorité du peuple. Et imposer des lois dont le peuple ne veut pas.
    C’est la démocratie à la française.


  10. Alexandre Legrand Le 08 novembre 2015 à 07h08
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    Je viens de trouver ce graphique qui historise les résultats des éléctions et l’évolution de la vie politique de 1977 à ce jour
    Pour ceux qui prétendent encore que lAKP a une politique ANTI kurde vous remarquerez que les partis politiques pro kurde ont eu droit de cité principalement après 2002 suite aux décisions prises par l’AKP http://www.jamesinturkey.com/roundups/turkish-political-road-map/


  11. Pierre Le 08 novembre 2015 à 11h57
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    Eh oui, j’ai capté sur le web la chronique de votre journaliste A. Duamel et maintenant je lis Mme Lussato… A l’est, les “Orientaux” sont tous attirés par les tyrans – ce brave Montesquieu génial pour l’étude du droit et de l’esprit des Lois, a malheureusement bien véhiculé avec d’autres Occidentaux les clichés sur cet Orient proche et lointain = une steppe de despotes. Que faire ? Nous sommes les Orientaux “incurables” et les Hongrois, et les Slovaques, et les Russes et pourquoi pas les Turcs… Mais que faire face à ce raisonnement sans nuance… Hongrie, Slovaquie et Russie de l’Ouest c’est quand même l’Europe – l’arc Alpin pour la Slovaquie et Poutine : quel rapport avec la Turquie ? (voir les nombreux conflits turco-russes sur fond culturel). Les Français feraient bien de réviser… Et ma question en retour : De Gaulle n’a-t-il pas instauré un exécutif fort au point que votre Parlement n’est plus que, la plupart du temps, une chambre de validation ? Tous ces raisonnements mèneront qu’à l’incompréhension, la tension et des dérives tant à l’Ouest qu’à l’Est (Charlemagne, Napoléon et Hitler ont eu à des degrés des prétentions “civilisatrices” sur cette Europe de l’Est…) Bref, en France je chercherai d’autres amis comme Sapir, Jacques Myard…


  12. Emmanuel de Monestier Le 08 novembre 2015 à 13h46
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    On a bien compris le message: “Erdogan est pas gentil, il est méchant comme Poutine.” Toujours une analyse très fine des médias français.


  13. Denis Griesmar Le 08 novembre 2015 à 20h14
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    En-dehors même de la dérive à la française, c’est la “démocratie représentative” qui ne fonctionne plus, à l’ère d’Internet. La question n’est plus celle de la prééminence de l’exécutif sur le législatif, ou l’inverse, mais de savoir si les “élites” politiques écoutent le peuple. D’où l’urgence d’introduire des mécanismes de rééquilibrage, comme le (véritable) référendum d’initiative populaire, à la suisse.


  14. Tonton Poupou Le 09 novembre 2015 à 10h51
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    Grosspropaganda Frankreich 2.
    And the winner is …………..
    La grille des programmes de France 2, mardi soir 3 novembre, constituait un véritable modèle de propagande à grosses ficelles. Au cours d’une de ces soirées thématiques dont Arte, typiquement, raffole, les pires abominations des totalitarismes communiste et nazi étaient mises en scène sur la télévision d’état du régime de Paris. Des documents qui se sont succédé au cours de cette soirée brillaient surtout par leur manque de rigueur historique. Mais passons…….. on est habitué depuis le temps et ces documents font plutôt bailler d’ennuis qu’autres choses………… Mais ce n’est pas là le problème.
    C’était la “séquence” qui posait question ! N’est ce pas ? On se demande bien évidemment quelle est la logique narrative qui a conduit à placer un documentaire sur le Président de la Fédération de Russie en plein milieu de cette soirée entre les “crimes du dictateur rouge” et les crimes des Nazis. En quoi Vladimir Poutine a-t-il sa place entre Staline et les SS ? Bien entendu, France 2 se défend d’avoir eu une “mauvaise” attention, soulignant qu’il s’agissait simplement d’une suite logique de documentaires sur des “personnalités fortes”. On appréciera l’usage de ce qualificatif, plutôt élogieux, vis-à-vis de Staline et des SS… N’est ce pas ?


  15. Alain Le 09 novembre 2015 à 11h00
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    Si on parle de clientélisme, on est plus proche du voisin grec que du voisin russe


  16. Polipheme Le 09 novembre 2015 à 22h00
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    Bravo pour ce débat inhabituellement de haut niveau, et qui apporte autant d’informations que l’interview auquel il répond. Ayant découvert Prague la très belle et la belle Vltava il y ahuit jours, j’apprécie de lire chez Vltava-Moltova que les tchèques ne sont pas si hostiles à la Russie, une idée qui n’effleure plus le moindre français de droite ou de gauche, abreuvés du lait russophobe depuis leur plus jeune âge. Il est étonnant que W Poutine, largement condamné pour délit de sale gueule, devienne une référence de la bonne gestion politique, mais personnellement je suis d’accord avec cette idée. Il faut dire que face à des pitres comme Obama, Hollande ou Merkel, il n’a pas à forcer son talent.


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