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7.novembre.20157.11.2015 // Les Crises

Les va-t-en guerre irresponsables d’octobre, par Daniel Lazare

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Source : Daniel Lazare, Consortiumnews.com, le 16/10/2015

Exclusif : Dans les hautes sphères de Washington, avec ses guerriers de salon réclamant une confrontation avec la Russie à cause de la Syrie, les possibilités d’un conflit échappant à tout contrôle augmentent de jour en jour. Dans quelques années, les historiens seront ébahis de constater l’incapacité à trouver un compromis, à coopérer et à désamorcer la situation, comme le décrit Daniel Lazare.

Par Daniel Lazare

Des rapports relatant que des avions de guerre américains et russes ont volé à moins de 10 ou 20 milles les uns des autres – seulement quelques secondes à ces vitesses supersoniques – illustrent combien la situation militaire est devenue dangereuse en Syrie. De même sont dangereux les appels d’al-Nosra, affilié syrien d’al-Qaïda, aux djihadistes du Caucase, pour qu’ils tuent des Russes en représailles de chaque mort syrienne.

Comme le conflit continue de s’intensifier, le danger de voir l’incendie s’étendre encore augmente d’autant plus. Dans quelques années, les historiens considérant les événements des “Canons d’Octobre 2015” pourraient les voir comme quelque chose de cet ordre :

Comme le krach de 2008, le conflit militaire qui s’est embrasé hors de tout contrôle dans le Moyen-Orient à la fin de 2015 a été l’un de ces événements qui sont compréhensibles avec le recul, alors qu’ils sont une surprise totale au moment où ils se produisent. La crise a commencé plusieurs années auparavant, lorsque des manifestations du printemps arabe en Syrie ont ouvert la possibilité d’une révolte généralisée menée par les Frères Musulmans et autres fondamentalistes. Mais lorsque le président Bashar al-Assad a pris des mesures pour réprimer cette révolte, les États-Unis l’ont accusé de bloquer les aspirations démocratiques légitimes de son peuple et ont exigé qu’il démissionne.

Le roi Salman d’Arabie Saoudite et son entourage arrivent pour saluer le président Barack Obama et la Première Dame Michelle Obama à l’aéroport international King Khalid à Riyad en Arabie saoudite, le 27 janvier 2015. (Photo officielle de la Maison Blanche par Pete Souza)

Il fallait s’y attendre, depuis que les États-Unis ont soutenu un “changement de régime” en Tunisie et en Égypte – ainsi qu’en Libye, où les avions de l’OTAN fournirent aux rebelles l’aide décisive dont ils avaient besoin pour renverser le dictateur de longue date Mouammar al-Kadhafi. Mais le problème en Syrie était que si le gouvernement d’Assad était assurément répressif, l’opposition armée était encore pire. Au nom de la démocratie, le gouvernement étatsunien s’est retrouvé à faire parvenir des armes et des fonds non seulement aux Frères Musulmans, mais également à toute une brochette d’extrémistes sunnites violents, ayant l’intention d’imposer une dictature écrasante à une population aux religions diverses.

Ayant de plus en plus peur d’un “croissant chiite” s’étirant du Liban au Yémen, les sunnites fondamentalistes d’Arabie Saoudite et d’autres richissimes États pétroliers arabes sont également intervenus, inondant les rebelles avec “des centaines de millions de dollars et des dizaines de milliers de tonnes d’armes militaires,” comme l’a dit plus tard le vice-président Joe Biden, dans un effort pour promouvoir “une guerre par procuration entre sunnites et chiites” visant à renverser le gouvernement d’Assad prétendument dominé par les chiites.

Les conséquences ont été de faire grimper le sectarisme à des hauteurs stratosphériques. En mars 2011, les Saoudiens et les Émirats Arabes Unis ont envoyé des troupes au Bahreïn pour protéger la famille royale sunnite contre les protestations de la part de 70% de la majorité chiite du royaume insulaire. Quatre ans plus tard, les Saoudiens, avec huit autres États arabes sunnites, ont déclaré la guerre contre les rebelles chiites houthi au Yémen, lançant des raids aériens nocturnes et plus tard une invasion terrestre qui, avec l’appui technique des Américains, a tué plus de 2300 civils et provoqué des millions de sans-abri.

La péninsule arabique était encerclée par les incendies allumés au fur et à mesure que les sunnites affrontaient leurs rivaux chiites dans un nombre croissant de lieux. Les Saoudiens, dépendant d’un courant religieux wahhabite sunnite, ont porté la responsabilité première de cette débâcle. Mais les États-Unis ont attisé les flammes en fournissant un soutien militaire à ses alliés de Riyad dans un effort pour contrôler l’Iran, que Washington continuait à considérer comme l’ennemi numéro un au Moyen-Orient.

Au milieu de cette violence, l’intervention russe, commencée le 30 septembre 2015, a eu l’effet d’une bombe. L’initiative a été condamnée par l’OTAN, mais a reçu un large soutien de la critique qui se plaignait depuis longtemps que tout en attaquant l’organisation terroriste connue comme Al-Qaïda dans une demi-douzaine d’autres pays, les États-Unis étaient restés silencieux alors que l’aide coulait jusqu’à Al-Nosra, la filiale d’Al-Qaïda en Syrie, et même l’État Islamique, un groupe dissident dont le penchant pour la violence était encore plus extrême.

Même le New York Times connu pour ses œillères a observé qu’ISIS (également identifié comme ISIL, État islamique, et Daesh) a continué à obtenir le soutien de “donateurs privés, principalement au Qatar, au Koweït et en Arabie saoudite”. Puis, cinq ans après, l’actuelle secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a accusé dans une note diplomatique secrète les Saoudiens privés de “constituer la plus importante source de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde entier”, il est alors apparu que le royaume était encore en train de procurer des fonds à des groupes terroristes, y compris à l’État Islamique.

Une coalition pleine de trous

Ainsi, non seulement la coalition anti-État Islamique américaine était pleine de trous, mais ses efforts pour soutenir les rebelles « modérés » contre l’État islamique se sont révélés factices, car il était depuis longtemps évident que les différentes factions coopéraient sur le champ de bataille et partageaient les armes. Comme l’a souligné un expert : “Le problème est ce nombre kaléidoscopique de groupes d’opposition qui sont constamment en train de passer des accords les uns avec les autres. Tout le monde a été associé à Al-Qaïda à un moment donné.”

Par conséquent, la décision de la Russie de lutter contre tous les rebelles syriens – ISIS, Al-Qaïda et “l’Armée Syrienne Libre” de la même façon – a rencontré des applaudissements dans de nombreux milieux mais pas dans les couloirs du pouvoir de Washington. Un Barack Obama humilié n’avait pas d’autre choix que d’arrêter un très moqué programme de 500 millions de dollars destiné à l’entraînement de rebelles devant lutter contre l’État islamique, et qui avait généré seulement quelques dizaines de combattants rapidement capturés ou tués par Al-Nosra.

Le président Obama aurait dû à ce moment se retirer complètement ou même choisir de se joindre aux forces russes contre les fondamentalistes. Mais la pression d’Israël, de l’Arabie Saoudite et la présence dans son propre pays, en ce qui concerne la politique étrangère, d’un groupe puissant de plus en plus belliqueux, a rendu tout ceci rien moins qu’impossible.

Avec Steve Kroft du programme d’information de CBS “60 Minutes” raillant Obama à cause de sa « faiblesse » en Syrie – « Il remet en question votre leadership, Monsieur le Président. Il est en train de remettre en question votre leadership », a déclaré Kroft en parlant du président russe Vladimir Poutine – Obama bientôt au placard. [Pour plus d’informations sur l’intervention extraordinaire de Kroft, voir “Asticoter Obama pour plus de guerres.” De Consortiumnews.com]

En peu de temps, les rebelles ont joui d’une abondance exceptionnelle d’aide militaire américaine, comprenant des missiles filoguidés de haute technologie, des armes légères et des munitions larguées par des avions-cargos américains. “En nous bombardant, la Russie bombarde les treize pays « amis de la Syrie »”, jubile un commandant rebelle, parlant des États-Unis et des aux autres nations qui avaient appelé au renversement d’Assad en 2011. Une guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie a commencé à prendre forme.

Bien que la Maison Blanche ait rechigné à fournir les rebelles avec des systèmes de défense anti-aérienne portatifs, la pression a augmenté de la part des politiciens et des experts néoconservateurs. Un éditorial envoyé à CNN par le sénateur John McCain, président de la commission sénatoriale des services armés et restant une voix des plus influentes sur les questions de sécurité nationale, écrit le 13 octobre 2015, a été particulièrement glaçant. Il a appelé Obama à infliger une sévère leçon à la Russie et à Poutine sans se soucier des conséquences :

“Il y a ici une occasion … d’imposer à un adversaire qui veut saper les États-Unis partout un coût significatif. C’est une occasion d’affaiblir un dirigeant anti-américain qui nous verra toujours comme un ennemi. … Nous ne pouvons craindre d’affronter la Russie en Syrie, comme s’y attend Poutine. Son intervention a fait grimper les coûts et les risques d’une plus grande implication des États-Unis en Syrie, mais ceci n’a pas rendu caduques les mesures que nous devons prendre. En fait, il les a rendues plus impératives.

“Nous devons agir maintenant pour défendre les populations civiles et nos partenaires de l’opposition en Syrie. Comme le général David Petraeus et d’autres l’ont préconisé, nous devons établir des enclaves en Syrie où les civils et l’opposition modérée au dirigeant syrien Bashar al-Assad et à l’État Islamique peuvent trouver une plus grande sécurité. Ces enclaves doivent être protégées avec une plus grande puissance aérienne américaine et coalisée et probablement par des troupes étrangères au sol. Nous ne devrions pas exclure que les forces américaines puissent jouer un rôle limité dans ce contingent terrestre. Si al-Assad continue de bombarder les civils en Syrie, nous devons détruire la capacité de son armée de l’air à être en mesure de le faire.

“Nous devons confirmer notre politique de façon à contrer les ambitions de Poutine et à modifier son comportement. Si la Russie attaque nos partenaires de l’opposition, nous devons imposer des coûts plus élevés aux intérêts de la Russie – par exemple, en frappant des dirigeants syriens importants ou des cibles militaires. Mais nous ne devrions pas limiter notre réponse à la Syrie. Nous devons accroître la pression sur la Russie ailleurs. Nous devons fournir des armes défensives et d’aide connexe aux forces ukrainiennes afin qu’elles puissent prendre un plus grand ascendant sur les forces russes. … Et si Poutine continue à frapper les civils syriens et nos partenaires de l’opposition, nous devrions rendre les sanctions ciblées envers la Russie encore plus agressives. Les bas coûts de l’énergie donnent des coups de boutoir à l’économie et à la monnaie russe. Nous devrions augmenter la douleur.”

Hausse de la tension Arabie Saoudite-Iran

C’était la logique de l’escalade continuelle. Un journaliste novice aurait pu remarquer que les tensions augmentaient en même temps entre l’Arabie Saoudite et l’Iran. Le conflit entre les deux États remonte à la révolution iranienne de 1979, qui a enflammé l’imagination des militants musulmans à travers le monde et menacé de démasquer les saoudiens comme des corrompus et des soutiens complaisants au statuquo.

Mais plus les saoudiens cherchaient à redorer leur crédibilité musulmane en recrutant des milliers de moudjahidines pour combattre les “infidèles” soviétiques en Afghanistan et en dépensant des dizaines de milliards de dollars pour diffuser leur vision ultraconservatrice de l’Islam, plus la rivalité entre sunnites et chiites s’intensifiait.

“Le moment n’est pas si loin au Moyen-Orient, Richard, où ce sera littéralement ‘que Dieu aide les chiites’.” a déclaré le prince saoudien Bandar ben Sultan à Sir Richard Dearlove, directeur des services secrets britanniques, ou MI6, avant le 11 Septembre. “Plus d’un milliard de sunnites en ont tout simplement assez d’eux.”

Le prince Saud al-Faisal, ancien ministre pendant longtemps, a fait remarquer au secrétaire d’état américain John Kerry que “Daesh est notre réponse a votre soutient au Da’wa”, le parti islamiste chiite que l’invasion américaine a aidé à installer en Irak.

Daesh était méchant quand il menaçait la monarchie saoudienne, mais quelque peu moins lorsqu’il guerroyait contre le chiisme. Mais 2015 a marqué un tournant. Une fois qu’ils ont commencé à bombarder les rebelles Houthi au Yémen – un instrument des Iraniens, aux yeux des Saoudiens – les Saoudiens ont encouragé le clergé wahhabite à dénoncer leur ennemi de l’autre côté du détroit d’Ormuz en des termes de plus en plus acides. Un jour après le déclenchement de la guerre, par exemple, la chaîne d’information d’État a accordé du temps d’antenne à un mollah radical nommé Saad ben Atiq al-Ati qui a déclaré que le Yémen était destiné à être “purement monothéiste”, qu’il “ne pouvait pas être pollué ni par les Houthis, ni par les Iraniens”, et que “nous nettoyons le pays de ces rats”.

Les officiels iraniens ont répondu en accusant les Saoudiens de “suivre les pas du sioniste Israël” et en prédisant que “la maison saoudienne tomberait bientôt”. Mais le ton est devenu encore plus agressif après la bousculade du 24 septembre à La Mecque, ayant tué 1453 personnes, dont un tiers d’iraniens.

Parmi les plaintes comme quoi la police saoudienne a été grossière et indifférente, refusant aux pèlerins, même âgés, de quitter le lieu malgré la température extrême, l’Ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien, a appelé l’Arabie Saoudite à présenter des excuses au “monde musulman” pour avoir permis que survienne ce désastre, tout en promettant une “réaction sévère et dure” si le royaume ne renvoyait pas rapidement les corps de ceux qui avaient été tués.

Certains autres dirigeants iraniens ont été encore plus incendiaires. Au lieu du langage diplomatique, le président Hassan Rouhani a averti que l’Iran pourrait utiliser “le langage de l’autorité” dans ses relations avec les Saoudiens. Mohammad Ali Jafari, commandant des Gardiens de la Révolution Islamique, a promis de “faire répondre la dynastie saoudienne des crimes qu’elle a commis”, ajoutant :

“Le monde musulman est fatigué des trahisons et de l’ignorance des Saoudiens… incluant le massacre du peuple du Yémen, les déplacements des populations pauvres de Syrie, la répression au Bahreïn, les massacres ethniques en Irak, la création de tensions ethniques et le soutien au terrorisme. Les Saoudiens devraient être balayés par la colère des musulmans.”

Mohsen Rezaei, le prédécesseur de Jafari à la tête des Gardiens de la Révolution Islamique, a prévenu Riyahd : “Ne jouez pas avec le feu, parce que le feu vous brûlera … ne suivez pas l’exemple de Saddam [Hussein], qui n’avait plus d’issue de secours lors de la guerre Iran-Irak.”

Cela équivaut à une déclaration de guerre. Jafari est allé jusqu’à comparer les Saoudiens à Abu Lahab, qui, selon la tradition musulmane, était un oncle du prophète Mahomet qui s’était élevé contre la cause musulmane. C’est l’équivalent d’un pape qualifiant de “Judas”, ou même de “Satan”, le chef de l’Église orthodoxe russe.

Comment ce jeu se terminera-t-il ?

La direction que prend cette histoire semble bien trop claire. Une possibilité est un affrontement entre l’Arabie Saoudite et les forces iraniennes dans le détroit d’Ormuz, une voie d’acheminement vitale du pétrole, une répétition par certains aspects de la guerre Iran-Irak des années 80, mais avec des F-15 chasseurs-bombardiers entre les mains des Saoudiens et, du côté iranien, des missiles Shabab 3.

Certes, il y a des faits qui ont tendance à calmer le jeu. Avec un déficit budgétaire de 20% en raison d’une chute vertigineuse des prix du pétrole, Riyad est sous une pression croissante. En septembre 2015, un prince saoudien aîné a écrit deux lettres condamnant la guerre au Yémen et appelant le roi Salman, un jusqu’au-boutiste aux liens étroits avec les oulémas wahhabites, à se retirer. Les rumeurs d’une révolution de palais se répandent.

Un État normal pourrait en conséquence rentrer ses griffes. Mais l’Arabie Saoudite est une des entités politiques les plus bizarres de l’histoire, une kleptocratie géante régie par de très riches “pompes à fric”, comme les capitalistes rentiers furent surnommés.

En conséquence, son comportement en devient de plus en plus imprévisible, c’est pourquoi il est impossible d’exclure la possibilité d’une certaine sorte de provocation militaire envers l’Iran. Depuis des années les États-Unis ont encouragé les États du Golfe à “recycler” leurs profits pétroliers en armes de dernière technologie. Les Arabes ont suivi le conseil américain à la lettre, et maintenant la région est proche de l’explosion.

Source : Daniel Lazare, Consortiumnews.com, le 16/10/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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BEYER Michel // 07.11.2015 à 10h50

Surtout si on est plus là pour vérifier!!! J’ai connu les bombardements de la 2ième Guerre mondiale, je vous assure que cela “pétait”….Et que nous avions peur. Surtout que les bombardiers américains étaient aussi habiles à bombarder les populations que l’armée allemande.
Le 9 juin 44, 3 jours après le débarquement: 283 morts dans ma ville( à ma connaissance aucun allemand)…ça pétait et qu’est-ce qu’on prenait du plaisir!!!

24 réactions et commentaires

  • Julie // 07.11.2015 à 09h46

    Quand les pauvres se font bombarder, cela n’intéresse personne. Images des destructions dans la ville de Saada au Yémen
    http://www.theguardian.com/global-development/gallery/2015/oct/13/yemen-war-shattered-medieval-city-of-saada-in-pictures

      +18

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  • bourdeaux // 07.11.2015 à 09h46

    Excellent article…et inquiétant.

      +14

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  • Julie // 07.11.2015 à 09h48

    Alors que les médias français (le Canard de cette semaine par exemple) acceptent enfin les chiffres qui indiquent que les djihadistes étrangers en Syrie seraient 35000 (excusez du peu, personne ne les a vu entrer), dont 20% de francophones, on peut se demander en quoi l’envoi de 800 militaires colombiens au Yémen est justifié. Remplacez “coalition internationale” par brigades mercenaires, c’est plus proche de la réalité.
    http://colombiareports.com/the-arabian-dream-colombians-taking-part-in-yemen-war/

      +13

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  • Demoralisateur // 07.11.2015 à 10h29

    Des fois, je me demande si il ne vaudrait pas mieux que ça pète un bon coup histoire de pouvoir jouer carte sur table.

      +7

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    • BEYER Michel // 07.11.2015 à 10h50

      Surtout si on est plus là pour vérifier!!! J’ai connu les bombardements de la 2ième Guerre mondiale, je vous assure que cela “pétait”….Et que nous avions peur. Surtout que les bombardiers américains étaient aussi habiles à bombarder les populations que l’armée allemande.
      Le 9 juin 44, 3 jours après le débarquement: 283 morts dans ma ville( à ma connaissance aucun allemand)…ça pétait et qu’est-ce qu’on prenait du plaisir!!!

        +39

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  • bats0 // 07.11.2015 à 10h32

    Qu’est-ce que les prétendus hauts dirigeants politiques ne feraient-ils pas pour défendre les intérêts des “puissants” (financièrement parlant) sur cette planète ?
    Juste pour justifier leur légitimité d’élu avec l’appui financier des ces mêmes “puissants” (quels sont les sources des fonds financiers qui permettent aux présidentiables de faire leur campagne électorale ? je ne suis pas sûr que sans ces fonds, le présidentiable élu est accès à ce poste.)
    Mais comme disait Einstein : “Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue.”

    Merci Olivier pour votre persévérance…

      +13

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  • RABATEL // 07.11.2015 à 10h54

    Comment ce jeu se terminera-t-il ?

    Quelques déclarations de cette semaine peuvent nous donner une idée.

    “Nous appelons tous les musulmans et les Arabes à soutenir l’Intifada palestinienne afin de protéger au moins le sacré de la religion » Seyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah

    « Vers une attaque Israélo-arabe conjointe contre l’Iran ? »

    «Les Iraniens ne tendront pas la main aux Etats-Unis » Le Guide suprême iranien.

    http://www.apocalypseannoncée.fr

      +1

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  • Crapaud Rouge // 07.11.2015 à 12h27

    Les livraisons en veux-tu en voilà de missiles anti-chars est très inquiétante, parce qu’elles gênent l’armée régulière dans sa reconquête territoriale, ce qui réduit l’intérêt de la stratégie des Russes qui veulent rendre Assad maître chez lui. Les Russes ne pouvant plus reculer, et les Américains étant obligés d’avancer, il y aura forcément escalade.

      +12

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    • Survenant // 07.11.2015 à 14h06

      Les russes peuvent tout à fait reculer. Leurs mobiles sont économiques et d’accroissement de prestige et d’influence. Ils ont fait preuve de pragmatisme et de souplesse d’esprit en Crimée. Tout le contraire des occidentaux qui sont dirigèes par une poignée de rois nègres au service d’une oligarchie fondamentaliste esclavagiste, suicidaire et psychopathe.

      L’éradication de cette oligarchie passe par l’éclatement des États-unies en plusieurs micro états. La disparition de la religion de la surface de la terre. Une baisse drastique de la population pour la porter de 50 à 500 millions d’humain, voir moins. Une distribution de la richesse. Un démocratie citoyenne directe par une armée citoyenne… bref ça prend Colossus https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_Cerveau_d%27acier

        +1

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      • Crapaud Rouge // 07.11.2015 à 15h47

        Les russes peuvent tout à fait reculer.” : vous êtes d’un avis exactement contraire au mien, il faut donc que je m’explique. La Russie a établi sa propre coalition composée de l’Irak, l’Iran, la Chine, le Hezbollah et la Syrie elle-même : reculer serait fiche en l’air une orientation géostratégique menée de longue date contre l’empire US. C’est impensable, ses alliés ne lui feraient plus confiance alors qu’elle en a besoin pour lutter (sincèrement) contre les islamistes qui la menacent.

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        • Survenant // 07.11.2015 à 20h45

          Vous avez raison, mais dire qu’ils ne reculeraient pas n’est pas exacte. Les replis stratégiques font partie de toute bonnes tactiques de guerre. Pour le moment pour les russes en Syrie, on parle de frappes aériennes, de consultants sur le terrain, d’armement, d’équipement. Enfin bref rien de très engageant du style Vietnam ou Afghanistan.

            +1

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      • stephp // 07.11.2015 à 17h25

        “Une baisse drastique de la population pour la porter de 50 à 500 millions d’humain, voir moins”

        C’est bien le projet de l’oligarchie ça ! J’ose croire qu’il s’agit là d’une tentative d’humour au 2nd degré.

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        • Survenant // 07.11.2015 à 20h58

          Le projet de l’oligarchie : votre droit à la vie dépend du frique que vous avez.

          Le projet de la planète : exterminer l’espéce qui dètruit tout les écosystèmes.

          Le projet humain, adapter la population à ce que peut soutenir la Terre, soit pas grand monde, mais basé sur le développement des individus.

          Les trois projet vont dans le même sens. Si on ne fait rien, on mourra comme tout organisme asexuè qui se reproduit de façon exponentielle… on l’a dans le baba. Les riches se donnent tout de même le droit de penser, alors, à défaut d’avoir l’intelligence et le développement humain, ils évaluent eux-mêmes à cause de leur frique qu’ils méritent de vivre… on l’a encore dans le baba. Le développement humain, permet de changer la dynamique misérables et exclavagistes des humains et d’atteindre enfin le vrai bonheur par la maturité des individus.
          ils s’autoproclament les élus

            +1

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      • Vanklaus // 07.11.2015 à 22h35

        le conflit syrien a fait surgir les plans et les scénarios concoctés par les américains contre la Russie pour une dislocation sur des bases religieuses et ethniques https://www.youtube.com/watch?v=JCu7bnZZ1Fw .
        comme la dis Poutine :« il faut frapper les terroristes avant qu’ils arrivent chez nous» , donc l’engagement aérien russe en Syrie n’était pas une option mais une nécessite vitale .

          +7

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  • CESTMOI // 07.11.2015 à 14h17

    L’auteur emploi le futur “passé historique” car demain est déjà un évènement passé, comme pour signifier l’inexorable déclin de notre temps, de notre époque.
    Puisqu’il s’agit d’une guerre par procuration entre grands de ce monde, appuyer sur pause dans ce mouvement planétaire : pour observer la turquie et israel par où tout peut arriver… et dont la pomme de discorde (entre autres) pourrait être les frères musulmans.
    Bon dimanche!

      +1

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  • stephp // 07.11.2015 à 17h19

    U.S. Congresswoman: CIA Must Stop Illegal, Counterproductive War to Overthrow Assad

    https://www.youtube.com/watch?v=IHkher6ceaA

      +2

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  • Crapaud Rouge // 07.11.2015 à 18h28

    Dedefensa ainsi que Sputnik parlent des “50 agents américains des forces spéciales” qu’Obama va envoyer en Syrie. (http://fr.sputniknews.com/international/20151107/1019360070/syrie-strategie-usa-erreur.html) C’est un nombre ridiculement petit, et l’on ne voit pas ce que ces “forces spéciales” pourraient faire de décisif. Mais comme le racontait je ne sais plus qui, cette faiblesse apparente, dont les Américains ne semblent pas craindre le ridicule, participe de la diversion. Ils agissent beaucoup plus efficacement en aidant les extrémistes et en livrant des armes.

      +4

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    • Lavau // 12.11.2015 à 21h27

      @ Crapaud Rouge. Il peut s’agir de fournir une couverture diplomatico-médiatique aux bien plus que cinquante agents militaires spéciaux qui sont déjà en Syrie.

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  • Pampita // 07.11.2015 à 21h18

    Dangereuse escalade, aucun des deux camps ne veut reculer : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/11/moyen-orient-l-escalade.html

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  • Jaime Horta // 07.11.2015 à 21h37

    Le terme de “terrorisme” m’apparait totalement galvaudé en forme de cache-sexe. Pendant la guerre froide on appelait ça “guérilla”, à savoir des guerres plus ou moins civiles ou s’affrontait l’URSS et les USA de façon interposée et qui font l’âge d’or des trafiquants d’armes en tout genre.

    Je remarque également la formidable tolérance des sites comme Facebook ou Youtube, qui depuis des années tolèrent la propagande djihadistes à destination de la jeunesse occidentale et de forme plus délétère la jeunesse européenne, en ne traquant exclusivement que les dits “islamophobes” à tord ou à raison.

    J’y vois là des techniques de guerre psychologique et de démoralisation, qui affaiblissent en particulier la zone Europe, mais qui n’est pas prêt de surprendre les russes puisque pendant des décennies ils ont été les maitres de ce type de propagande en faisant tomber des pays sans combattre.

      +2

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  • Ced // 07.11.2015 à 22h28

    Bonsoir,

    Je présume que vous connaissez tous cette histoire :
    “Le Général Wesley Clark, lors d’une entrevue donnée en 2007, dévoile l’agenda géopolitique des États-Unis: invasion de l’Irak, de la Lybie, du Liban, de la Somalie, du Soudan, de la Syrie et de l’Iran…….”.

    Quelles sont/étaient les relations entre ces pays et la Russie ?

    Merci

      +3

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  • atanguy // 07.11.2015 à 23h41

    Je suppose que vous savez qu’il y a des négociations en cours entre Russie,USA,Iran et Arabie concernant la Syrie – Rien ne sert de souffler sur le feu…

      +1

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  • Max // 08.11.2015 à 10h16

    On est effectivement en Syrie dans une guerre par procuration, qui regroupe de multiples niveaux.
    Celle qui se joue sur le sol syrien n’en a qu’un aspect.
    La destruction en vol de l’airbus russe au dessus du Sinaï en est un autre aspect.
    Il est a noté que les islamistes n’ont jamais fait exploser un avion des USA/UE malgré des mois d’activités aériennes au dessus de la Syrie mais pour la Russie, il n’a fallut que quelques semaines de bombardement, si il se confirme que c’est une bombe a l’origine du crash.
    A mon avis, la prudence de la Russie s’explique par les conclusions qui risquent de s’imposer.
    Petit à petit c’est toute l’Afrique qui commence à saigner pendant que le flot migratoire submerge l’UE et les USA.
    Dans une partie ou la défaite des USA/UE est certaine sur le terme, l’inquiétude est que l’OTAN ne devienne de plus en plus violente.
    Patrick Buchanan dans l’un de ses livres :Will America survive to 2025 SUICIDE OF A SUPER POWER, est très pessimiste, ce pessimisme peut conduire l’empire USA, potentiellement le plus dangereux de tout les temps, à prendre des risques, de plus en plus de risques.

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  • anne jordan // 08.11.2015 à 15h25

    ‘”A mon avis, la prudence de la Russie s’explique par les conclusions qui risquent de s’imposer.”
    vous mettez le doigt sur le plus grave ; je m’attends à des révélations plus inquiétantes que jamais sur cet ” accident ” .
    vivent LES CRISES !

      +4

    Alerter
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