Suite de la traduction de l’article du Spegel sur la naissance de l’euro.

Le Chancelier allemand Helmut Kohl et le Premier ministre italien Romano Prodi

 

Des astuces et de la chance

Ciampi et Prodi réussirent relativement bien par rapport à leurs prédécesseurs. En s’appuyant sur des réformes et des coupes budgétaires, ils parvinrent à réduire la contraction de nouveaux emprunts et à faire baisser l’inflation. Mais le pays était confronté à des problèmes plus importants, et le gouvernement en avait entièrement conscience. Les Italiens avaient d’ailleurs par deux fois proposé de reporter le lancement de l’euro, en 1997. Mais les allemands rejetèrent cette idée. C’était “un sujet tabou”, se souvient Bitterlich, l’ancien conseiller de Kohl, soulignant que les allemands avaient placé tous leurs espoirs dans Ciampi. “Tout le monde avait le sentiment qu’il était le garant de l’Italie, d’une certaine manière, et qu’il allait arranger les choses.”

Il est également évident que Kohl était bien décidé à achever l’union monétaire avant les élections législatives de 1998. Sa réélection était menacée et son adversaire, le social-démocrate Schröder, était un eurosceptique notoire.

Au final, les italiens respectèrent rigoureusement le critère de Maastricht grâce à une combinaison de tours de passe-passe et de concours de circonstances. Le pays bénéficiait de taux d’intérêts historiquement bas et Ciampi se révéla être un fin illusionniste de la finance. Il introduit par exemple une “taxe pour l’Europe” et mit en place un habile artifice comptable consistant à vendre les réserves nationales d’or à la banque centrale et à instaurer une taxe sur les bénéfices. Le déficit budgétaire s’en retrouva ainsi réduit. Et bien que les statisticiens de l’UE n’aient en fin de compte jamais reconnu cette supercherie, elle constitue un symbole du problème fondamental Italien : le budget n’était pas structurellement équilibré, il avait simplement bénéficié de trucages.

Ceci n’échappa pas aux fonctionnaires de la Chancellerie. Dans une note datée du 19 janvier 1998, Bitterlich soulignait le fait que la réduction du déficit ne reposait essentiellement que sur la taxe pour l’Europe et sur les taux d’intérêts sur les marchés qui avaient chuté de façon considérable par rapport aux taux des autres pays. Quelques semaines plus tard, des représentants du gouvernement hollandais contactèrent la Chancellerie et sollicitèrent une “rencontre secrète”. Le secrétaire général du premier ministre hollandais ainsi qu’un secrétaire d’état du ministre des finances souhaitaient faire pression sur Rome. “En l’absence de mesures supplémentaires de la part de l’Italie afin d’apporter une preuve crédible de la pérennité de son rééquilibrage budgétaire, l’acceptation de l’Italie dans la zone euro n’est à l’heure actuelle pas envisageable.”

La dette croissante de l’Allemagne

Kohl, craignant pour son plus grand projet depuis la réunification de l’Allemagne, exprima son refus. Il déclara aux représentants hollandais que Paris l’avait averti que la France se retirerait de l’accord si l’Italie était exclue.

Les allemands n’étaient pas en position de négocier. Lorsqu’il s’agissait de discipline budgétaire, l’Allemagne avait tendance à adopter une attitude autoritaire par rapport au reste de l’Europe, bien que ses propres chiffres budgétaires ne fussent en rien exemplaires. Le niveau de dette souveraine du pays était légèrement au-dessus du seuil critique des 60 pour cent. Pire encore, contrairement à presque tous les autres pays désirant faire partie de la première phase de l’union monétaire, la dette totale de l’Allemagne ne diminuait pas, comme l’exigeait le traité, mais avait plutôt tendance à augmenter.

La Chancellerie était bien consciente du problème. “Contrairement à la Belgique et à l’Italie, le niveau d’endettement a augmenté depuis 1994”, écrivaient-ils dans une note du 24 mars 1998 adressée à Kohl et au chef de cabinet Friedrich Bohl. Les conséquences étaient fâcheuses. La note poursuit : “Selon nous, le cas de l’Allemagne présente une difficulté juridique, puisque le traité de Maastricht ne prévoit de dérogation que si le niveau d’endettement diminue”.

Kohl et Waigel firent valoir des circonstances atténuantes. Sans la réunification allemande, affirmaient-ils, le taux d’endettement n’aurait été que de 45 pour cent. La commission Européenne ainsi que les pays partenaires firent “preuve de compréhension” face à cet argument, notaient les fonctionnaires avec soulagement.

Cette situation compliqua tout de même la tache de l’Allemagne qui ne pouvait ainsi pas s’ériger en juge, d’autant plus qu’il n’existait aucune preuve formelle que l’Italie avait enfreint les règles. Au printemps 1998, l’Office Statistique de l’Union Européenne certifia que les italiens avaient respecté le critère de déficit budgétaire du traité de Maastricht. Cela voulait dire qu’il n’y avait “désormais plus aucune raison de refuser à l’Italie l’adhésion à l’euro”, se souvient Waigel. Regling, l’ancien haut représentant de Waigel déclare aujourd’hui : une fois passé cette obstacle, les italiens disposaient “d’une sorte de légitimité à pouvoir faire partie d’emblée de l’euro”.

L’Italie tourne le dos à la rigueur

La plupart savaient que les chiffres étaient maquillés, et qu’ils ne représentaient guère une réelle réduction de l’endettement. Mais personne n’osa en tirer les conséquences. Kohl se fia de Ciampi lorsque, se voulant rassurant, ce dernier affirmait que les italiens continueraient à avancer dans le “cammino virtuoso” (“le chemin de la vertu”), sur lequel ils s’étaient embarqués, et qu’ils ne “relâcheraient pas leurs efforts pour assainir leurs finances”. Le gouvernement à Rome prévoyait que le niveau d’endettement passerait en dessous des 60 pour cent du PIB avant 2010.

Il n’en fut rien. Pas plus tard qu’en avril 1998 — c’est à dire avant même de décider officiellement quels seraient les pays qui feraient partie de l’euro — des indices de plus en plus nombreux laissaient croire que les partenaires de la coalition de Prodi, les néo-communistes, n’attendaient qu’une chose : revenir à leurs vieilles habitudes. Le 3 avril, l’ambassade allemande à Rome avertit que ce risque ne “devait pas être ignoré”.

Trois mois plus tard, alors que l’Italie avait garanti sa place au sein de l’euro, le problème éclata au grand jour. Le 10 juillet 1998, l’ambassadeur Kastrup fit part aux fonctionnaires à Bonn de ses inquiétudes à l’égard de l’Italie sombrant dans la “paralysie” et “l’impuissance” et du gouvernement se relâchant complètement après avoir fourni des efforts prodigieux pour répondre au critère de Maastricht.

Les choses en restèrent là. Au début du mois d’août, le ministre des finances italien reconnaissait que le déficit budgétaire au premier semestre avait été supérieur à celui de l’année précédente sur la même période — période qui fut décisive au moment de se prononcer sur l’acceptation de l’Italie dans l’euro.

Stephan Freiherr von Stenglin, l’attaché financier à l’ambassade allemande à Rome, n’avait pas encore perdu tout espoir dans la volonté de Rome de réduire ses dépenses. Il écrivait: “Si l’Italie ne parvenait pas à atteindre ses objectifs de cette année en matière de déficits, cela porterait grandement atteinte à la crédibilité de son plan d’assainissement budgétaire”. A la chancellerie, un grand point d’exclamation figurait dans la marge à côté de cette phrase.

Un Retournement Qualitatif

Au même moment, la phase la plus intense de la campagne pour les élections générales allemandes avait débutée. Le débat entre Kohl et son rival Schröder portait sur la politique intérieure et non sur l’euro.

Il en fut ainsi jusqu’à l’après-élection, en dépit de la quantité de messages que Stenglin, l’attaché aux finances, adressa à Bonn. Le 1er octobre, il soumit une analyse tranchante de la politique fiscale italienne, qu’il camoufla en l’intitulant de manière anodine “Le gouvernement italien approuve le budget préliminaire de l’année 1999.” Stenglin, qui avait été muté à Rome après son mandat à la Bundesbank, constata que l’Italie était en train d’évoluer dans une très mauvaise direction. Il fit savoir à Bonn que la proposition budgétaire du gouvernement Italien constituait “un retournement qualitatif de sa politique budgétaire”.

D’après Stenglin, le budget présentait des chiffres en matière de réduction du déficit parmi les plus faibles depuis le début du processus d’assainissement au début des années 1990. Les recettes fiscales additionnelles n’allaient plus seulement être utilisées à des fins de réduction du déficit, notait-il, mais également pour financer de nouvelles dépenses, en particulier pour des politiques sociales.

Quand Prodi fut remplacé peu après par l’ancien communiste Massimo l’Alema, la situation se détériora encore davantage. D’Alema proposait de financer un programme Européen de relance économique à travers un système d’euro-bonds, sans répercuter les dépenses correspondantes dans les déficits nationaux.

En Allemagne, la nouvelle coalition gouvernementale SPD-Verts, menée par Schröder, rejeta la proposition. En attendant, la nouvelle approche avait fait des émules à Rome, comme cela figurait dans un câble transmis par Stenglin à Bonn, le 18 Novembre. Il soulignait que les membres du gouvernement italien appelaient à étendre le plan d’assainissement, à interpréter le pacte de stabilité de manière plus souple et à libérer l’Italie “du carcan du traité de Maastricht”.

Le tourbillon de la crise

Quelques semaines avant le lancement de la monnaie unique européenne, l’examen de la situation effectué par Stenglin prit une tournure tragique lorsqu’il écrivit: “La question se pose de savoir si un pays présentant un taux d’endettement extrêmement élevé ne risque pas d’hypothéquer les efforts d’assainissement entrepris jusqu’ici, et porter ainsi atteinte non seulement à lui-même, mais également à l’union monétaire”. Il s’agissait d’une déclaration prémonitoire. A l’automne 2011, tandis que le pays était entraîné dans le tourbillon de la crise, le taux d’endettement avait à nouveau dépassé les 120 pour cent du PIB.

Kurt Biedenkopf, un membre du parti de centre-droite Union Démocratique Chrétienne (CDU), avait prédit le dilemme dans lequel se trouve aujourd’hui l’union monétaire bien avant l’introduction de l’euro. A l’époque, Biedenkopf était gouverneur de la Saxe, état de l’est du pays — et fut le seul gouverneur allemand à avoir voté contre l’union monétaire au Bundesrat, l’organe législatif représentant les états allemands. “L’Europe n’était pas prête pour un changement aussi radical”, affirme-t-il aujourd’hui, en soulignant le fait que les pays présentaient de trop grandes disparités en matière de performances économiques. “La plupart des hommes politiques en Allemagne pensaient que l’euro fonctionnerait, même en l’absence d’institutions communes ou de transferts financiers. C’était faire preuve de naïveté.”

Pendant ce temps-là, les dirigeants européens tentent de corriger les défauts hérités de la phase de construction de l’euro. La rigueur et des mesures de réforme sont mises en place dans une grande partie de l’Europe, et tous les pays sont favorables à l’idée de responsabilité commune en ce qui concerne l’euro. Néanmoins, la nouvelle configuration de l’euro ne diffère guère de l’ancienne.

Lors de la conception initiale de l’euro, le gouvernement à Bonn pensait qu’il suffirait d’imposer par un accord des critères stricts en matière d’endettement et qu’on pouvait compter sur les pays membres pour mettre en œuvre de manière responsable les réformes structurelles adéquates. Aujourd’hui, le nouveau pacte budgétaire a pour but de montrer aux états membres comment gérer leur budget de manière durable et de renforcer la volonté de mettre en place des réformes. En d’autres termes, la méthode initiale, incapable de résister aux premières mises à l’épreuve, n’a été que très légèrement modifiée. Il n’existe toujours pas d’organisme central capable d’imposer par la force la discipline nécessaire.

Pas de solution en vue

Les documents datant de la phase de construction de l’union monétaire ont montré que cette structure ne peut pas fonctionner. Le message transmis par ces documents est que l’opportunisme politique triomphe toujours. Une union monétaire représente bien plus qu’un simple transfert de milliards d’euros d’un côté à l’autre. Il s’agit également d’une communauté de destins. Une monnaie commune a besoin de politiques communes, et en fin de compte d’institutions communes.

L’euro en est aujourd’hui à sa 14ème année, et après deux années de crises consécutives, on se rend compte peu à peu à Berlin et dans les autres capitales que les choses ne peuvent continuer ainsi. Les efforts de réformes entrepris ne mènent nulle part et les politiciens commencent désormais à raisonner dans des termes plus larges alors qu’ils font face à la crise. Le nouveau pacte budgétaire n’apporte pas encore de solution rapide et par conséquent, alors que les anciens tabous sont peu à peu brisés, les politiciens européens sont amenés à élaborer de nouvelles idées.

Alors que les pays du sud et la France en sont réduits à freiner leur endettement comme l’exige le modèle allemand, le gouvernement allemand ne voit désormais plus d’inconvénient à mettre en place un gouvernement économique au sein de la zone euro, une idée à l’origine française, contre laquelle l’Allemagne s’était jadis fermement opposée. Le ministre des finances Wolfgang Schäuble envisage pour sa part de renforcer le rôle du commissaire européen de l’UE pour en faire une sorte de ministre des finances européennes qui contrôlerait le budget des membres de l’euro-zone et qui aurait également le pouvoir d’intervenir si nécessaire.

Toutes ces mesures reviennent en fin de compte à obtenir de chacun des pays qu’ils renoncent peu à peu à leur souveraineté pour permettre en échange au gouvernement central de Bruxelles de disposer d’un pouvoir renforcé.

Si les membres de l’union monétaire parviennent rapidement à corriger les erreurs commises avant de monter dans le train de l’euro, le projet du siècle peut encore aboutir. Mais plus on tardera à mettre en œuvre les réformes nécessaires, plus coûteux sera le voyage.

Par Sven Böll, Christian Reiermann, Michael Sauga and Klaus Wiegrefe

Source : Spiegel (VO)

20 réponses à [Traduction exclusive] Opération auto-tromperie : les malformations congénitales de l’Euro (2/2)

  1. burgf Le 22 septembre 2013 à 04h16
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    “Toutes ces mesures reviennent en fin de compte à obtenir de chacun des pays qu’ils renoncent peu à peu à leur souveraineté pour permettre en échange au gouvernement central de Bruxelles de disposer d’un pouvoir renforcé.”
    Tout est dit…


  2. TC Le 22 septembre 2013 à 10h51
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    Il est bien évident aujourd’hui de constater que l’Euro aura été le cheval de Troie du fédéralisme, sinon il aurait été impensable de pouvoir contraindre en l’espèce, les dirigeants des Etats à abandonner le peu de souveraineté qu’il restait aux nations. Vu de cet angle, j’aurais plutôt titré l’article “L’Euro, l’enfant indésiré ou le stratagème fédéraliste”.


  3. BA Le 22 septembre 2013 à 11h29
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    Italie : la dette publique atteindra 132,9 % du PIB en 2013.

    Chaque année, l’Italie doit payer 85 milliards d’euros pour les intérêts de sa dette publique.

    Lisez cet article :

    L’Italie s’enfonce dans la récession.

    A rebours de la plupart de ses partenaires européens qui amorcent une reprise, Rome s’enfonce dans la crise. Vendredi 20 septembre, le gouvernement d’Enrico Letta a dû reconnaître que la récession serait pire que prévu. Selon ses nouvelles prévisions, la chute du produit intérieur brut (PIB) sera de 1,7 % cette année, et non de 1,3 % comme anticipé en avril. La dette frisera les 133 % du PIB fin 2013, tandis que le déficit atteindra 3,1 %.

    La promesse de M. Letta de respecter l’objectif, si cher à Bruxelles, d’un déficit sous la barre des 3 % du PIB, ne sera donc pas tenue. Le président du conseil a pourtant assuré le contraire, en s'”engageant” fermement. M. Letta veut jouer les bons élèves auprès de la Commission. Mais il tente aussi de restaurer l’image de son pays auprès des investisseurs internationaux. Le successeur de Mario Monti sait que l’Italie, en panne de croissance, fragilisée par une instabilité politique entretenue depuis des mois par Silvio Berlusconi, est dans le viseur des marchés.

    Le spread, la prime de risque associée à la dette italienne, grimpe. Et les Italiens se sont vexés que le coût de l’emprunt à dix ans du pays ait récemment dépassé celui de l’Espagne. Tous savent que, si les taux dérapent trop, le pays ne parviendra plus à payer les intérêts de son énorme dette.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/09/21/l-italie-s-enfonce-dans-la-recession_3482208_3234.html


  4. Lionel Le 22 septembre 2013 à 11h52
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    On a là la quintessence de la “pensée” politique moderne :

    nous construisons un Meccano foireux (pour montrer à nos électeurs que nous travaillons quand même un peu) et ensuite nous croisons les doigts en espérant que le temps fera son oeuvre et transformera un bourrin boiteux en cheval de course.

    L’Euro ne sera jamais devenu un cheval de course… et il va finir bientôt dans les l’abattoirs de la réalité économique.


  5. Casquette Le 22 septembre 2013 à 12h13
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    Dans ces conditions on comprend le ras le bol des Allemands et leur rejet des euro bonds, déjà proposé par un pays qui n’a pas respecté ses engagements.
    Quand Sarko et Hollande ont débarqué avec l’idée ils ont dû se dire que les “cigales du Sud” les auraient pas deux fois…
    Mais ils ont encore besoin d’eux , nous sommes toujours leurs principaux clients , du moins pour l’instant.
    La fin de l’euro ou de l’UE ne viendra peut être pas des PIGS finalement , mais des Etats-Unis et de la Chine , avec qui l’Allemagne vient encore une fois de consolider ses relations commerciales ,au détriment de l’industrie photovoltaïque européenne.


  6. Jo Le 22 septembre 2013 à 12h33
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    Au regard du socle tronqué budgetaire de l’Europe des banksters..composée d une armee mexicaine non elue.., parions que l’Allemagne larguera ce pandemonium comme une vieille chaussette..imminemment après avoir razzié l’industrie de l’Europe du sud et sauvé ses banques exposées.


  7. Lisztfr Le 22 septembre 2013 à 13h32
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    Ce qui m’interroge ce sont les motivations inavouées de la formation de la zone euro.

    C’est une entreprise politique, il faudrait analyser les rapports avec l’OTAN et les USA, dans la perspective de ce qu’on appelle le “grand jeu”.

    Ce n’est pas la première fois qu’on a rêvé d’unifier l’Europe, comme la tour de Babel, le mythe d’une humanité primitive, qui s’unirait par delà les diversités fortuites. Est-ce que l’empire n’est pas la forme ultime du mouvement politique comme tel, parce que idéologique, et transnational. L’horizon national est toujours trop étroit, l’expansion militaire ou économique, idéologique, le rayonnement de la France, l’art même, sont une illusion nécessaire relevant d’un fantasme de progrès universel. D’où la forme de l’union européenne initiale conçue d’emblée comme embryon d’empire.


    • caroline porteu Le 22 septembre 2013 à 13h59
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      Je crois que le commentaire que je viens de poster en dessous est une réponse à votre question .
      Pour les richesses énergétiques du bassin Méditerranéen , le lien de l’article sur la grèce est celui ci
      C’était une stratégie , conçue sur des mensonges , revêtant des couleurs humanistes et démocratiques qui ont bien trompé le monde

      Mais c’est bien d’une domination totale par les USA dont il s’agit , la dernière étape en étant bien l’Union Transatlantique qui fait de l’Europe et de sa zone euro , le 51 ème Etat des Etats Unis d’amérique , sans qu’aucun citoyen Européen n’ait eu voix au chapitre .

      http://www.wikistrike.com/article-la-grece-est-le-plus-riche-des-pays-europeens-du-fait-de-ses-gisements-petroliers-et-gaziers-mais-q-107348043.html


    • raloul Le 23 septembre 2013 à 08h38
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      Bonjour!

      L’union européenne est une construction souhaitée par l’empire américain, il n’y a que peu de doutes à ce sujet, même si ce n’est jamais abordé dans les médias grand public sous cet angle. Ecoutez ce qu’Asselineau dit à ce sujet, ou Marie-France Garaud, cherchez leurs références, regardez pour qui travaillait Jean Monnet, par exemple.

      L’OTAN est intervenue en Europe de l’ouest également, et de façon beaucoup plus importante que ce que l’on imagine a priori. “Les armées secrètes de l’otan, réseaux stay behind, gladio et terrorisme en europe de l’ouest” de Daniele Ganser, est un bon ouvrage pour commencer à décrypter l’histoire européenne de 1945 à aujourd’hui, et mesurer l’imposture que représentent nos institutions soi-disant démocratiques…


  8. caroline porteu Le 22 septembre 2013 à 13h53
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    Olivier ,
    Merci
    Je remets ici ce que j’ai posté sur la première partie , qui concerne justement cette baisse des taux Italiens :

    Pour l’Italie , un rapport réalisé par Gustavo Piga en collaboration avec le Council of Foreign relations et l’International Securities Market association (ISMA) démontrera en 2001 le montage Italien qui a permis de maquiller les comptes publics : swaps de taux réalisé par JP Morgan alors que le Directeur du Trésor était un certain Mario Draghi avec des taux d’intérêts négatifs .
    Voir le lien ci-dessous pour la description du montage :

    http://www.melvineenaction.com/Opinions/draghi-un-bankster-a-la-tete-dune-bad-banque.html

    Et ensuite on s’étonne que l’euro ruine les pays . En mettant des mafieux à la tête des Institutions Européennes , on ne risque pas de voir prendre en compte l’intérêt général .

    La première chose à faire est bien de faire que la justice s’exerce devant ces corruptions multiples et de mon point de vue le premier défaut de la zone euro est celui de n’être plus qu’une république totalement bananière dans laquelle les intérêts privés sont toujours servis au détriment de l’intérêt général . Et çà du fait des hommes qui la dirigent .

    L’Euro était un plan un plan tout à fait conçu et préparé pour avoir une zone d’influence totalement contrôlée par les actionnaires de la FED et par le financier , avec des hommes politiques suffisamment corrompus ou vendus pour avoir laissé faire . Plan dont nous sommes en train de voir la phase finale avec l’Union Transatlantique , pacte que Barroso a refusé de communiquer au public et sur lequel le PS a refusé tout débat démocratique (pour mémoire).

    L’objectif étant de se faire un allié forcé d’une part et de pouvoir mettre la main sur un certain nombre de richesses du bassin Mediterranéen , en particulier énergétiques .. Tous les pays Européens du pourtour méditerranéen devaient donc rentrer dans la zone euro pour pouvoir être totalement sous contrôle .

    Pour les richesses grecques par exemple : voir ici ..
    “Trop c’est trop j’accuse sur wikistrike . ”

    Et la privatisation des services publiques énergétiques grecs (DEFPA) est désormais bouclée à prix bradés , ce qui était l’un des objectifs .

    Pour Chypre la problématique est rigoureusement identique .. si ce n’est qu’un petit grain de sable vient de se montrer dans ce superbe plan . Le dernier prêt chypriote a été réalisé par la Russie (le 12 Septembre dernier) sans doute avec l’aide d’un certain DSK .. dont les mauvaises langues prétendent qu’il a quelques comptes à régler avec le FMI , Wall Street et la Troika .

    Rien de bon ne peut sortir d’une zone construite sur des objectifs inavoués et mensongers .. Donc pour reconstruire , il faut commencer par détruire et refaire les fondations .


    • toutouadi Le 22 septembre 2013 à 16h16
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      “Plan dont nous sommes en train de voir la phase finale avec l’Union Transatlantique , pacte que Barroso a refusé de communiquer au public et sur lequel le PS a refusé tout débat démocratique (pour mémoire).”

      Cela ressemble furieusement à l’AMI (accord multilateral d’investissement) http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_multilat%C3%A9ral_sur_l'investissement

      Attack et Susan George avaient fait à l’époque un travail vraiment remarquable afin de dénoncer cette ignominie !!


  9. G L Le 22 septembre 2013 à 16h15
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    Ce qui me frappe le plus dans la magouille concernant les finances de l’Italie décrite dans l’article c’est que l’unification de l’Europe est en train de reproduire à une plus large échelle ce qui s’est produit lors de l’unification de l’Italie (que les italiens appelent Risogimento.) C’est les industriels du nord qui ont retiré les bénéfices de l’opération, les italiens du sud qui ne sont pas partis travailler dans le nord et n’ont pas émigré à l’étranger ont vu leurs régions s’appauvrir par rapport au nord. Que la corruption et les mafias y règnent sont autant le résultat que la cause de ce retard à la fois politique et économique.

    Si l’Europe telle qu’ont la conçoit à Bruxelles se réalise on assistera à la même domination par un petit nombre de régions riches de régions dont le retard économique va s’accroître en même temps que le pouvoir politique va s’y dissoudre dans la dépendance, l’émigration, la corruption et l’extrémisme de droite…

    La France, toute centrée qu’elle est sur l’action de son Président de la République (qui concentre tous les pouvoirs mais ne décide plus de grand chose) ne serait pas épargnée. Sarkozy n’était encore qu’une pâle copie de Berlusconi mais nous disposons probablement de quelques candidats qui seraient capapables d’arriver à sa hauteur 😮


  10. Macarel Le 22 septembre 2013 à 22h21
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    Allemagne-France

    Merkel est reconduite haut la main à la tête du pays.

    Hollande côte de popularité 23%

    Vaut mieux diriger l’Allemagne par les temps qui courent que la France…


  11. Macarel Le 22 septembre 2013 à 22h41
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    Outre atlantique l’opposition entre fédéralistes et anti-fédéralistes a fini par aboutir, après des années de conflit larvé, à la guerre de sécession. Même aux Etats-Unis, nation jeune et parlant la même langue, la fédération ne s’est pas faite sans conflit armé. Aux USA c’étaient déjà les sudistes contre les nordistes, plus industrialisés.
    Ce serait un comble que le projet européen, vendu comme garant de la paix en Europe, ne finissent par déboucher sur une guerre de sécession d’un nouveau type.
    Comparaison n’est pas raison, mais l’histoire a prouvé que les “belles idées” finissent trop souvent par faire couler le sang…
    L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions!
    Alors pour sauver la paix en Europe, il faudrait peut-être mieux se résoudre à ne pas sauver l’euro!!!


    • G L Le 22 septembre 2013 à 23h31
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      C’est vraiment embêtant mais j’ai bien peur que parmi les 197 états reconus par les Nations Unies il n’y en n’ait qu’un tout petit nombre qui n’aient pas eu besoin d’une ou plusieurs guerres pour réaliser leur unité nationale.

      De ce point de vue on pourrait estimer que c’est la paix en Europe qui dure depuis 1945 – autrement dit la guerre qui n’a pas pu avoir lieu entre les deux blocs que séparait le rideau de fer à cause de la puissance destructrice des armes nucléaires accumulées par les deux parties – qui est la cause fondamentale de la désunion de l’Union Européenne (comme d’ailleurs de celle de la CEI.)

      🙂 En juin 1992, l’équipe de football de la CEI fut remplacée officiellement par l’équipe de Russie et il ne semble pas qu’il ait jamais était question d’une équipe de football de l’UE…


  12. BA Le 23 septembre 2013 à 17h41
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    Lundi 23 septembre 2013 :

    Ackermann : de nombreuses banques de la zone euro restent sous-capitalisées.

    Josef Ackermann, ancien président de l’assureur Zurich Insurance, a estimé lundi que les mécanismes de transmission monétaire étaient toujours “bouchés” et que de nombreuses banques de la zone euro restaient sous-capitalisées.

    “De nombreuses banques sont toujours largement sous-capitalisées”, malgré les nouvelles normes de Bâle III sur les fonds propres qui doivent progressivement entrer en vigueur d’ici 2019, a souligné M. Ackermann, selon le texte de son discours prononcé à l’EPFL de Zurich.

    Malgré la création d’une union bancaire dans la zone euro, “les mécanismes de transmission monétaires restent bouchés” et l’octroi de crédits dans les Etats périphériques de l’union monétaire européenne sont en recul, a averti l’ex-membre du conseil de surveillance du conglomérat allemand Siemens.

    M. Ackermann a également pointé du doigt le manque d’avancées sur la réduction des déficits structurels dans les pays du sud de l’Europe.

    “Il manque en quelque sorte un ‘plan Marshall’ pour la reconstruction, qui ouvrirait à ces pays des perspectives d’avenir”, a-t-il ajouté.

    “Il serait cependant faux d’attendre la convalescence et la croissance durable uniquement grâce aux mesures étatiques et régulatoires. Les établissements financiers doivent également apporter leur contribution”, a souligné Josef Ackermann.


  13. BA Le 24 septembre 2013 à 09h45
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    Mardi 24 septembre 2013 :

    Spécial élections en Allemagne : “Il faut reconnaître que l’euro n’est techniquement plus viable”

    Markus Kerber a porté plusieurs recours devant la Cour constitutionnelle allemande contre les mesures de sauvetage de l’euro. Pour l’heure sans succès. Mais l’institution doit encore rendre son jugement sur le programme d’achat d’obligations publiques de la BCE. En attendant, ce professeur de finances publiques à l’Université technique de Berlin explique pourquoi des transferts massifs entre les pays de l’Europe du Nord et ceux de l’Europe du Sud sont à ses yeux, comme à ceux de beaucoup d’Allemands, impossibles.

    LE POINT : Quelle serait donc la bonne solution, selon vous ?

    MARKUS KERBER : Il faudrait reconnaître que l’euro n’est techniquement plus viable car les économies de la zone euro sont trop hétérogènes. La meilleure des solutions est ensuite d’opter pour une voie évolutive. L’euro n’est pas seulement la monnaie européenne mais une monnaie unique. On l’a imposée d’un jour à l’autre à des taux de parité éternels. On devrait réorganiser la zone euro en deux zones. La première garderait l’euro comme moyen de paiement unique en l’adaptant à la compétitivité et à la politique monétaire nécessaire dans ces pays, c’est-à-dire en le dévaluant. D’un autre côté, les pays en excédent commercial important – c’est-à-dire l’Allemagne, le Luxembourg, l’Autriche, les Pays Bas et la Finlande – pourraient avoir une deuxième monnaie comme moyen de paiement légal, que j’ai baptisée “guldenmark” dans mon livre (Mehr Wettbewerb wagen, Édition Lucius & Lucius, Stuttgart, 2012) C’est la seule solution viable adaptée aux deux camps qui existaient en Europe sans “break up” total de la zone euro.

    http://www.lepoint.fr/economie/special-elections-en-allemagne-il-faut-reconnaitre-que-l-euro-n-est-techniquement-plus-viable-21-09-2013-1733741_28.php


  14. BA Le 25 septembre 2013 à 09h51
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    Vendredi 20 septembre 2013 :

    L’Union Européenne prépare une nouvelle méthode de calcul du déficit qui bénéficiera à l’Espagne … et aussi aux autres Etats européens du sud.

    C’est ça qui est rigolo : puisque la situation dans les Etats européens du sud est de pire en pire, il suffit de changer la méthode de calcul !

    Après l’instauration de cette nouvelle méthode de calcul, comme par magie, la situation de ces Etats apparaîtra en nette amélioration !

    L’Union Européenne, c’est un village Potemkine : beau en apparence, pourri en réalité.

    “Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées.” (Winston Churchill)

    Lisez cet article :

    La méthode actuelle de calcul de l’exécutif de l’Union Européenne a pour conséquence qu’une grande partie du déficit dans les pays en crise comme l’Espagne est considérée comme structurelle plutôt que conjoncturelle. Cela conduit à rendre nécessaire de plus grands efforts d’ajustement pour ces Etats. Par exemple, avec la méthode actuelle, le niveau du chômage structurel en Espagne, même lorsque l’économie fonctionne à son plein potentiel, serait de 23%, tel que l’a calculé le Wall Street Journal. En revanche, la nouvelle méthode de calcul permettra de réduire l’estimation du chômage structurel et avec elle le déficit structurel, ce qui nécessitera moins d’efforts d’ajustement.

    http://www.elconfidencial.com/economia/2013-09-20/la-ue-prepara-un-nuevo-calculo-del-deficit-que-beneficiaria-a-espana_30941/


  15. BA Le 26 septembre 2013 à 11h53
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    Jeudi 26 septembre 2013 :

    Zone euro : le recul des crédits au secteur privé s’amplifie en août.

    Le recul de l’octroi de crédits au secteur privé en zone euro s’est encore accru en août avec une baisse de 2% en glissement annuel, après un repli de 1,9% en juillet et de 1,6% en juin, a annoncé jeudi la Banque centrale européenne (BCE).

    Cette amplification est à chercher du côté des crédits aux entreprises non-financières, dont la baisse a atteint 3,8% sur un an en août, après 3,7% en juillet.

    Les prêts aux ménages sont restés stables par rapport à juillet mais leur croissance demeure très ténue (+0,1%).

    L’octroi de crédits à la consommation a continué de s’enfoncer, au même rythme qu’en juillet (-2,6%), tandis que les prêts immobiliers n’ont que faiblement progressé (+0,7%) sur un an.

    “Les crédits au secteur privé sont restés déprimés, confirmant que les conditions de crédit ne se sont pas améliorées malgré les signes de reprise de l’économie réelle en zone euro”, commentait Annalisa Piazza, analyste du courtier Newedge.

    Bon.

    D’accord.

    Le recul des crédits au secteur privé s’amplifie en août, DONC la Banque Centrale Européenne va encore devoir prêter 1000 milliards d’euros aux banques européennes.

    C’est nul, ça n’a aucune efficacité, ça ne sert pas du tout l’économie réelle, mais la BCE ne sait pas faire autre chose.

    En Europe, le naufrage de l’économie réelle continue.


  16. BA Le 28 septembre 2013 à 21h04
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    Le 28 avril 2013, Enrico Letta devient premier ministre de l’Italie : il forme un gouvernement d’union nationale avec le parti de droite “Peuple de la Liberté” (5 ministres), le parti de gauche “Parti Démocrate” (10 ministres), le parti du centre “Choix citoyen” (2 ministres).

    Cinq mois plus tard, le gouvernement d’union nationale explose.

    L’Italie se retrouve à nouveau sans gouvernement.

    Rappel : la dette publique de l’Italie atteindra 2080 milliards d’euros, soit 132,9 % du PIB en 2013.

    Chaque année, l’Italie doit payer 85 milliards d’euros pour les intérêts de sa dette publique.

    Samedi 28 septembre 2013 :

    Les cinq ministres du parti du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi ont démissionné à sa demande du gouvernement que dirige Enrico Letta. L’annonce a été faite samedi soir par le vice-président du Conseil et dirigeant de PDL Angelino Alfano.

    Silvio Berlusconi avait indiqué samedi après-midi avoir demandé aux ministres PDL d’envisager une démission immédiate. Il juge qu’Enrico Letta a enfreint le “pacte de coalition” unissant le Parti démocrate (centre gauche, dont Letta est issu) et Peuple de la liberté.

    Le Cavaliere lui reproche notamment d’avoir réclamé un vote de confiance au Parlement, qu’il qualifie d’ultimatum “inadmissible et inacceptable”. Il le critique aussi pour avoir gelé dans l’intervalle toutes les décisions du gouvernement.

    Cette nouvelle crise survient cinq mois à peine après la naissance au forceps d’un gouvernement de large entente. Elle est le produit de la possible éviction de Berlusconi du Sénat à la suite de sa condamnation définitive le 1er août à quatre ans de prison pour fraude fiscale dans une affaire impliquant son empire médiatique Mediaset.

    A l’issue du conseil des ministres, Enrico Letta a annoncé que toute décision sur les mesures budgétaires était suspendue en l’attente du vote de confiance.

    Avec la chute du cabinet Letta, le président Giorgio Napolitano devrait choisir entre des élections législatives anticipées ou la recherche d’une autre coalition.

    http://www.romandie.com/news/n/Nouvelle_crise_demission_des_ministres_du_parti_de_Berlusconi59280920131953.asp


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