17 octobre 2014 – Plusieurs éléments très concrets montrent que la diplomatie russe est entrée dans une nouvelle époque. Il n’y a plus de “relations privilégiées” avec les USA, selon l’idée de la Guerre froide que les deux grandes puissances nucléaires devaient coopérer pour assurer une certaine stabilité de leurs relations et, partant, des relations internationales, idée reprise en filigrane lors de l’épisode dit du reset des relations Russie-USA, au début de 2009.

La Russie avait averti à de multiples reprises depuis le commencement de la crise ukrainienne, à mesure de la mise en évidence du comportement des différents acteurs de la crise, qu’elle serait conduite à devoir envisager une nouvelle attitude, complètement différente du point de vue structurel, qui prendrait en compte l’hostilité agressive manifestée par les USA (et le bloc BAO) à son encontre, à mesure que se confirmait cette hostilité. Personne, au sein du bloc BAO, n’a entendu la Russie, pour la raison d’ailleurs assez simple que personne n’écoutait puisque tout le monde était (et reste) accaparé par la narrative qui décrit la situation pour le compte exclusif du bloc BAO. La Russie est un pays sérieux, qui ne parle pas pour ne rien dire et qui, en matière diplomatique, entend dire précisément et substantiellement ce qu’elle pense et ce qu’elle fait. En conséquence, la Russie est passée à l’acte.

La fin d’une époque

Il s’agit de la confirmation de ce qu’écrivait Fédor Loukianov le 2 octobre 2014 dans The Moscow Times (voir notre texte du 16 octobre 2014). Nous reprenons l’extrait cité de l’article de Loukianov, qui décrit parfaitement la fin d’une époque :

«Les évènements actuels peuvent peuvent être comparés à un ceux d’un autre point de rupture de l’histoire de la Russie, 1917 — le point où l’Empire Russe disparut pour toujours et où l’état qui lui succéda devint un paria international. Frappée par des sanctions qui fondamentalement avait changé son statut dans le monde, la Russie Soviétique plaçait ses espoirs dans la souveraineté absolue, ou la création d’une économie fermée et auto-suffisante. Je ne suggère en aucune façon que la Russie d’après l’affaire de Crimée soit analogue au pays qui est sorti des flammes de la révolution de 1917. Je dis qu’une fois que les autorités gouvernant un pays ont été déclarées indignes par les autorités étrangères, elles ne peuvent plus jamais réparer les dégâts causés dans leurs relations avec elles… […]

»Après la fin de la Guerre Froide, le dialogue de la Russie avec l’Ouest pris comme un tout, mais particulièrement avec l’Europe, était basé sur l’hypothèse que la Russie allait finalement devenir une partie d’une “société occidentale” étendue, bien que les deux côtés aient eu des idées différentes sur la façon d’arriver à ce résultat et sur le rôle final qu’y aurait eu Moscou. Cependant ils retenaient l’idée d’un “partenariat stratégique”, une association demandant sinon de la confiance mutuelle sincère, au moins un silence commun sur les points persistants de suspicion. L’application des sanctions a mis fin à tout cela…

»Aujourd’hui, le système politique tout entier de la Russie est incarné par un seul homme. Les tentatives occidentales pour faire pression sur lui ont abouti à de très prévisibles mesures de représailles tant au niveau personnel qu’au niveau du gouvernement. Et à la différence des anciens présidents d’Irak et de Serbie, le Président Poutine a à sa disposition de très impressionnants outils économiques et politiques pour donner force à ses propres moyens de représailles dissuasives. En fait, les sanctions de l’Occident cherchent à évincer la personne même qui à elle seule détermine le cours de la politique russe. Pour Poutine, la question n’est pas seulement de gagner ou de perdre une position tactique dans un jeu. Est en jeu sa propre survie politique, et par extension, le futur paysage politique de la Russie. Avec de tels enjeux, comment attendre de lui des concessions importantes, surtout en sachant qu’il ne pourra jamais restaurer ses relations avec l’Ouest ? ...»

Trois événements décrivent la nouvelle époque

Nous distinguons trois éléments, trois événements apparus ces trois derniers jours qui fixent effectivement la nouvelle ligne de la Russie. Il y a désormais une “ligne rouge”, comme aiment à dire les “communicants” de Washington et du bloc BAO, entre la Russie et le bloc, mais plus spécifiquement entre la Russie et les USA. On a pu en distinguer le tracé ces trois derniers jours, au gré des trois événements en question.

Il est probable qu’avec l’Europe, la Russie peut travailler à chercher des arrangements moins stricts que cette “ligne rouge” qui concerne essentiellement les USA. Mais cela devra être payé, pour les Européens, par un éloignement des USA à mesure. Emettre cette restriction, c’est mettre en évidence le caractère extrêmement incertain de l’hypothèse. (Notre sentiment est sans aucun doute qu’il faudrait des bouleversements en Europe, au niveau des gouvernements des États-membres, pour s’orienter vers de telles conditions qui pourraient rétablir de bonnes relations avec la Russie, au prix d’une certaine distance mise avec les USA. Il s’agirait, par exemple, de changements radicaux de directions, comme l’arrivée de partis “eurosceptiques” à la tête des exécutifs.)

Nous détaillons ces trois événements intervenus dans la politique et la diplomate russes, dans l’ordre chronologique plus que selon un jugement de leur ordre d’importance. Il s’agit ici d’identifier les éléments constitutifs de la nouvelle ligne suivie par la Russie.

La colère de Medvedev

Le premier de ces événements est survenu le 15 octobre 2014, du fait du Premier ministre russe Medvedev lors d’une interview à la chaîne de télévision CNBC. Le choix du moyen de communication lui-même est marquant : CNBC est une chaîne US d’audience nationale. On en déduit évidemment que l’intervention de Medvedev a été faite pour avoir le maximum de retentissement.

Cette intervention est particulièrement dure, dite dans des termes particulièrement crus. Cela est d’autant plus remarquable que Medvedev est un homme jugé en général comme “libéral” dans le sens moderniste du terme, c’est-à-dire un modéré plutôt de la tendance occidentaliste de Moscou, autant qu’un homme calme et mesuré. Qu’importe, Medvedev ne mâche pas ses mots. Il affirme purement et simplement que le président Obama doit être “mentalement dérangé” pour avoir placé, dans son discours de l’ONU, parmi les “menaces contre l’humanité”, la Russie en deuxième position derrière le virus Ebola et avant ISIS/EI/Daesh… Cet extraordinaire classement qui relève du plus pur “esprit neocon” sinon d’une dialectique-guignol comme on en fabrique à Kiev, avec le sens des responsabilités à mesure, semble avoir été ressentie à Moscou comme une insupportable insulte faite à la Russie. La réaction de Medvedev est, elle aussi, à mesure.

Obama est-il dérangé (dans sa tête) ?

L’intervention de Medvedev, évidemment présentée sur le site de la CNBC le 14 octobre 2014, est présentée par Russia Today le 15 octobre 2014 dans ces termes :

«Le premier ministre russe a suggéré que les accusations de Barack Obama contre la Russie étaient dues à une aberration mentale. Il ajoute que cette rhétorique l’attriste : “Je suis vraiment choqué par le fait que le président Obama, alors qu’il parlait depuis le podium des Nations Unies et qu’il faisait la liste des menaces et des défis que l’Humanité doit affronter actuellement, ait pu placer Ebola en premier, la Fédération de Russie en second et l’Etat Islamique en troisième place seulement. Cela se passe de commentaire, c’est une sorte d’aberration de l’esprit”, a déclaré Dimitri Medvedev durant une interview avec la chaîne de télévision CNBC.

Cet homme politique, parmi les plus haut placés en Russie, a fait remarquer que son pays ne cherchait pas l’isolement, mais désirait au contraire une coopération mutuelle et profitable avec les nations étrangères. “Bien sûr, cela inclut nos partenaires des États-Unis, mais pour cela, il convient de calmer la situation” a dit Medvedev. Toutefois, le premier ministre a aussi indiqué que les sanctions occidentales avaient infligé des dommages considérables à la coopération entre la Russie et les États-Unis, et que sans annulation de cette politique il ne pouvait y avoir de retour à de bonnes relations de partenariat.»

Le danger de la confrontation suprême

Il y a ensuite l’avertissement discret mais bien réel de Poutine lui-même, qui constitue le deuxième événement de la tendance générale qu’on analyse ici. Le président russe a glissé en fin de sa longue interview au journal serbe Politika (à l’occasion de sa visite en Serbie) quelques mots qui constituent ce qui devrait sans aucun doute être considéré, – si l’on porte quelque attention à ce qui se dit, surtout dans le chef du président d’une puissance comme la Russie, – comme un avertissement sur les dangers d’une confrontation nucléaire au plus haut niveau, particulièrement pour les deux principales puissances nucléaires.

Là aussi, la chose est présentée dans des termes assez fermes puisqu’elle décrit le contexte d’une tentative de “faire chanter” la Russie. Il s’agit bien entendu des relations de la Russie et des USA, dans le cadre de la crise ukrainienne et des relations brutalement détériorées entre les deux puissances. A notre connaissance, c’est la première fois que Poutine évoque, en des termes aussi précis quoique très courtement et d’une façon implicite, la responsabilité marquant les relations entre les deux puissances nucléaires, et le risque suprême si cette responsabilité n’est pas assumée d’une façon satisfaisante, – nous allions écrire “d’une façon responsable“… (Le texte complet de l’interview est notamment publié par Russia Today le 16 octobre 2014.)

On ne fait pas chanter la Russie

Nous présentons ces quelques mots qui concluent l’interview dans le contexte général où ils sont dits, en réponse à la dernière question portant sur les relations de la Russie avec l’Ukraine et avec les USA (“Quel est le futur des relations entre la Russie et l’Ukraine ? Les Etats-Unis et la Russie pourront-ils rétablir un partenariat stratégique après tous ces événements, ou reconstruiront-ils leurs relations d’une manière différente ?”) et le passage que nous choisissons, qui termine l’interview, concerne effectivement et spécifiquement les relations entre la Russie et les USA… (Nous soulignons en gras le passage sur l’avertissement de Poutine).

“En ce qui concerne les liens entre Russie et US, notre but a toujours été de construire un partenariat ouvert avec les Etats-Unis. En réponse, cependant, nous constatons des réserves diverses et des tentatives d’intervention dans nos affaires domestiques. Tout ce qui est arrivé depuis le début de l’année est encore plus perturbant. Washington a soutenu activement les protestations de Maïdan, et lorsque les supôts de Kiev ont monté les unes contre l’autre des régions de l’Ukraine par un nationalisme enragé et plongé le pays dans la guerre civile, Washington a accusé la Russie d’avoir provoqué la crise”.

» Maintenant le Président Barack Obama dans son discours à l’Assemblée Générale de l’ONU a cité “l’agression russe en Europe” comme étant une des trois menaces majeures auxquelles l’humanité avait à faire face aujourd’hui, à côté du Virus mortel Ebola et de l’État Islamique. Avec les sanctions contre des secteurs entiers de notre économie, cette approche ne peut être appelée autrement qu’hostile. Les États-Unis sont allés aussi loin que de suspendre notre coopération dans l’exploration spatiale et l’énergie nucléaire. Ils ont aussi suspendu l’activité de la Commission Présidentielle Bilatérale Russie-États-Unis créé en 2009, qui comportait 21 groupes de travail consacrés, entre autres, au combat contre le terrorisme et le trafic de drogue.

»“En même temps, ceci n’est pas la première dégradation des relations entre nos pays. Nous espérons que nos partenaires réaliseront la futilité de tentatives de faire chanter la Russie et se rappelleront quelles conséquences la discorde entre des puissances nucléaires majeures pourrait apporter à la stabilité stratégique. Pour notre part, nous sommes prêts à développer une coopération constructive basée sur les principes d’égalité et le respect véritable des intérêts de l’autre.”

Le bloc BAO et son problème pathologique

Divers autres sujets ont été abordés dans cette interview, autour des thèmes de la crise ukrainienne et des relations avec le bloc BAO. Il a été question des sanctions, sur le fond général du jugement de Poutine qu’il est particulièrement difficile de comprendre pourquoi elles ont été décidées, en fonction de leur chronologie et des événements en Ukraine, et selon l’appréciation du même Poutine qu’il est complètement absurde de prétendre “isoler la Russie” comme il est dit en général pour commenter les sanctions, par divers personnels politiques du bloc BAO, dont notamment le POTUS washingtonien… Bref, à la question concernant l’“objectif ultime” des sanctions décidées par l’UE et les USA, Poutine répond que cette question «doit être posée à l’UE et aux USA, dont le raisonnement à cet égard est particulièrement difficile à comprendre…».

Quoique dit d’une façon moins tranchante, ce jugement renvoie, pour l’humeur et l’esprit, à ce qu’on a dit plus haut de l’intervention de Medvedev. Il montre d’une façon assez précise que la direction politique russe, avec toutes ses nuances, partage le même jugement sur le comportement du bloc BAO, en le situant au niveau quasi-pathologique d’un dérangement des capacités mentales.

D’une façon générale, l’“avertissement” de Poutine n’a pas été mis en exergue par les commentaires russes, suivant en cela la politique diplomatique russe qui est clairement de manifester avec discrétion une fermeté de fer concernant cette nouvelle ligne. Ainsi, RT, dans son commentaire sur l’interview de Poutine, titre sur l’observation où la tentative d’isoler la Russie est appréciée comme “un but illusoire et absurde”. La phrase sur la “stabilité stratégique”, elle, est citée dans l’avant-dernier paragraphe, sans commentaire particulier (RT, le 16 octobre 2014).

L’héroïsme milanais des FEMEN

D’une façon générale également, la réaction des médias du bloc BAO traite très accessoirement l’avertissement de Poutine, toujours selon cette attitude d’extrême légèreté et de complet mépris pour la position et les activités diplomatiques de la Russie. Ainsi, le Guardian, qui enterre le texte de l’interview dans un commentaire sur les relations de la Russie avec la Serbie, donnait la vedette dans ce domaine, le jour de la parution de l’interview, à ce qui semblait ainsi apparaître comme la grande nouvelle du jour : une manifestation de deux FEMEN à Milan, en marge de la conférence de l’ASEM où l’on reçoit les plus grands (de Poutine à Merkel, de Hollande à Porochenko). Les deux FEMEN avaient à l’esprit d’accueillir avec la vigueur qui convient “un tueur” couvert du “sang des Ukrainiens”. Elles étaient en mini-jupe rouge, sans rien au-dessus bien entendu puisqu’il s’agit d’être héroïque et de ne rien craindre de la violence et de l’injustice du monde ; à propos, le rouge entendait symboliser le fameux “sang des Ukrainiens” et “le tueur”, lui, n’est autre que le président russe. (Voir le Guardian du 16 octobre 2014.)

On observera avec intérêt avec quelle extraordinaire facilité les institutions les plus sérieuses et les plus professionnelles selon leur propre classement, – dito, le Guardian, – peuvent sombrer dans le ridicule et l’extrême futilité lorsque la passion idéologique et sociétale les emporte et leur dicte la narrative à suivre. Quant aux FEMEN, si besoin était la messe est dite, pour décrire ce petit groupe fastueusement financé par les habituelles sources de fric, Soros en tête, pour réduire la politique au degré du zéro absolu et conchier tout ce qui peut exister de structuré dans ce pauvre monde. Le Système fonctionne.

On notera tout de même que, sur l’internet, ZeroHedge.com a bien compris l’importance de l’intervention de Poutine (le 16 octobre 2014). Tyler Durden interprète clairement la déclaration lorsqu’il titre : « Putin Warns Of “Nuclear Power Consequences” If Attempts To Blackmail Russia Don’t Stop». Le texte est très court et cite pour l’essentiel une dépêche de Bloomberg.News, qui présente également la phrase de Poutine comme un avertissement sérieux. Durden le termine par cette seule ligne de commentaire qui reprend l’idée : «Opportune timing with markets weak for some nuclear sabre rattling…»

Kerry tout sourire

Le troisième élément que nous voulons mettre en évidence ponctue la rencontre Lavrov-Kerry qui s’est faite le 16 octobre à Paris, dans une bonne atmosphère puisque le secrétaire d’État, abandonnant sa dialectique type-Nuland, s’est montré tout sourire avec son “ami Sergei” pour tenter d’obtenir la coopération des Russes dans la lutte contre ISIS/EI/Daesh. Il s’agissait donc de demander à la “deuxième menace contre l’humanité” d’aider les USA, qui règlent ce qui est bon et ce qui est mauvais pour l’humanité, à lutter cotre la “troisième menace contre l’humanité” dont on sait qu’elle a été constituée, formée, financée, armée, par les USA eux-mêmes avec les amis habituels (Arabie, Qatar & compagnie). Tout cela est très logique et plein du sens des responsabilités.

Après la rencontre, les deux ministres ont fait des déclarations séparées. Russia Today en rapporte la substance le 16 octobre 2014 au soir. Comme on le voit, Kerry ne manque pas de rappeler que les deux puissances, – USA et Russie, – “ont des responsabilités communes importantes”. Il était en effet très important et particulièrement sage, de la part des USA, de rappeler la chose à la face du monde entier et singulièrement à l’ami Sergei. Une pratique aussi constante et en aussi parfaite inconscience de l’inversion, au rythme des narrative, ne laisse guère le temps de reprendre son souffle…

«Néanmoins, Kerry a souligné mercredi l’importance de la coopération dans un large éventail de questions, y compris la lutte contre le terrorisme, en disant que« nous avons ensemble de grandes responsabilités. »« Dans nos discussions d’aujourd’hui, j’ai suggéré au ministre des Affaires étrangères Lavrov que nous intensifions la coopération d’intelligence à l’égard ISIL et d’autres questions de contre-terrorisme relatifs à cette région, et nous nous sommes entendus sur des solutions. Nous avons également convenu d’examiner si la Russie pourrait faire davantage pour soutenir les forces de sécurité irakiennes et FM a en effet reconnu leur volonté de les aider pour ce qui concerne les armes, l’armement … ils le font maintenant, et ils en ont déjà fourni certains, tout autant qu’ils prodiguent formation et conseils », a déclaré Kerry.

»Dans une déclaration distincte afin de résumer leur réunion, Lavrov a déclaré que “nous pouvons mieux coopérer ensemble” et en particulier dans les questions relatives à “la lutte contre le terrorisme, qui est devenue la principale menace pour l’ensemble du Moyen-Orient”. Cependant, la FM russe n’a pas précisé les modalités de cette coopération … »

Bras d’honneur de Lavrov

L’on fut assez prompt, après cette rencontre qui nous annonçait que les monstrueux et barbares tueurs russes étaient après tout extrêmement fréquentables et assez utiles, à conclure que les USA et la Russie, sur injonction souriante des premiers, avaient décidé d’échanger leurs renseignements sur ISIS/EI/Daesh. C’est-à-dire, traduisons, que les Russes acceptaient de fournir aux USA leurs renseignements à ce propos. Il n’en est rien, ont précisé les Russes, – mais vraiment rien du tout.

L’on revient au texte de RT, dont l’essentiel se trouve dans l’annonce du démenti, par le ministre russe des affaires étrangères, de toute coopération de la Russie avec les USA. La Russie explique ainsi que ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais simplement la force des choses telles qu’elles sont … Fidèles à leur volonté de concevoir une politique extérieure selon les engagements, les structures et les principes, les Russes font observer par la bouche de Lavrov : 1) qu’il n’existe aucune résolution de l’ONU organisant une coalition contre ISIS/EI/Daesh, et donc aucun cadre légal international pouvant justifier cette coopération ; et 2) qu’une structure existe entre les USA et la Russie, pour organiser la coopération opérationnelle contre le terrorisme, mais que les USA l’ont eux-mêmes, unilatéralement, mise en sommeil, comme part des sanctions et autres décidées à l’encontre de la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne interprétée selon la narrative qui dicte la marche du monde à Washington… Donc, pas de coopération au niveau du transfert de renseignements.

“La Russie a réfuté les allégations médiatiques selon lesquelles Washington et Moscou étaient tombés d’accord sur un partage du renseignement sur les les terroristes de l’État islamique. Les comptes rendus des journaux faisaient suite aux conversations de ce mercredi entre le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov et le secrétaire d’État US John Kerry.

À l’issue de l’échange de Paris, les deux parties ont tenu des conférences de presse séparées. Les comptes rendus suggéraient que les deux personnalités officielles étaient convenues du partage entre leurs deux pays du renseignement sur les militants de l’État islamique en Syrie et Iraq, et de la participation de la Russie à l’entraînement et au conseil des forces de sécurité irakiennes. Vendredi, le ministre des Affaires étrangères de Russie a fait une déclaration selon laquelle « ces propos émanaient du Secrétaire US John Kerry ». Lavrov a souligné que la Russie avait toujours combattu le terrorisme et porté assistance aux autres pays face à la menace terroriste, et continuerait d’apporter son aide à la Syrie, l’Iraq, et d’autres pays de la région pour renforcer leurs capacités de combat dans la guerre contre les extrémistes.

Néanmoins, le ministre ajoutait que la Russie « ne s’impliquerait dans aucune “coalition” instaurée en contournant le Conseil de Sécurité des Nations unies, et en violation du droit international ». L’attention de John Kerry était également attirée sur le fait que dans le cadre de la Commission présidentielle bilatérale entre Russie et USA, il y avait un groupe de travail chargé du contre-terrorisme dont la finalité était d’améliorer la communication et la coopération entre les deux gouvernements au sujet des menaces teroristes. Mais cet échange d’informations mutuellement bénéfique a été suspendu en 2014 par les USA, a rappelé le ministre.”

Avis de rupture

Il est manifeste que ce dernier élément est le plus significatif de ce tournant de la diplomatie russe, autant que de son tournant stratégique et de son tournant conceptuel. La réaction de Lavrov est une sorte de fin de non-recevoir, un avis de rupture non plus seulement dialectique, mais opérationnel. Il constitue une conclusion nette de la séquence qui dit que nous sommes passés d’une ère de coopération structurelle, et d’une certaine complaisance de la part des Russes, – il faut cela pour “coopérer” avec les USA, – à une ère de repli sur les intérêts nationaux avec une éventualité de coopération avec les USA mais selon les normes internationales et en jugeant sur pièces ce que vaut cette coopération.

Le plus original dans cet épisode, – cela n’étonnera personne, – c’est évidemment l’attitude des USA. Il est assuré que les échos de presse selon lesquels les Russes passeraient des renseignements aux USA sont venus d’“officiels” US, c’est-à-dire de la bureaucratie du département d’État. Cela signifie que le département d’État, comme l’administration entière, comme Washington, comme le Système dirons-nous pour faire bref, attendent sans le moindre doute que la Russie coopérera effectivement en fidèle “partenaire” des USA. Il n’est plus question d’Ukraine, d’“agression russe”, d’annexion expansionniste de la Crimée, de sanctions, de rien de tout cela. Tout redevient normal et a Russie tiendra le rôle auquel les USA veulent bien la convier. Il s’agit, à côté de l’affectivité qui triomphe dans la politique du bloc BAO, de l’inculpabilité et de l’indéfectabilité de la psychologie américaniste en mode-turbo, passés au tamis de la doctrine de l’exceptionnalisme… Effectivement, comment peut-on imaginer de refuser ce privilège extraordinaire de voir les USA vous offrir de “coopérer“ en leur passant les renseignements dont vous disposez ?

Hagel et la sagesse de l’OTAN

D’ailleurs, voici une confidence : au fond les USA s’en foutent puisqu’en réalité, seuls eux-mêmes les intéressent… Au même moment où Kerry entreprenait Lavrov et faisait dire par ses fidèles dans la presse-Système que les Russes allaient passer à la casserole du privilège de la coopération, le gentil Hagel, le secrétaire à la défense, l’homme dont on attendait qu’il mît un peu de sagesse et de mesure dans cet incommensurable bordel qu’est, notamment, la politique étrangère US, s’employait lui aussi à en mettre sa dose, de bordel, en agitant le spectre d’une agression russe contre les forces de l’OTAN. La chose n’est pas passée inaperçue du côté russe, et le gentil Hagel lui-même a été désigné à la vindicte de la nouvelle politique de sécurité nationale de la Russie… (Itar-Tass, le 16 octobre 2014) :

«Russian presidential press-secretary Dmitry Peskov has dismissed US Defense Secretary Chuck Hagel’s rhetoric to the effect Russia was on NATO’s doorstep as unprofessional and alarmist. “We can only regret that rather emotional, alarmist and unprofessional statements are being made,” Peskov told TASS. “Surely, they by no means reflect the real state of affairs.” The realities can easily be seen if one takes NATO maps of 1991 and 2012, he said. “Then nobody will feel in the mood of making any statements, emotional or whatever,” he remarked.

»Speaking at the Association of the US Army’s annual conference on Wednesday Hagel called upon the military to be prepared “to deal with Russia” which, he argued, was “on NATO’s doorstep.” “The demands on the (US) Army will grow more diverse and complicated. Threats from terrorists and insurgents will remain with us for a long time, but we must also deal with a revisionist Russia – with its modern and capable army – on NATO’s doorstep,” he claimed.»

Le coup de la red line

Mais lorsque nous disons que nous sommes passés de l’ère de la coopération à “une ère de repli sur les intérêts nationaux avec une éventualité de coopération mais selon les normes internationales et en jugeant sur pièces ce que vaut cette coopération”, – est-ce bien sûr ? On peut accepter ce jugement si on le tient comme transitoire et intermédiaire. Il indique surtout la rupture des liens du “partenariat stratégique“ de facto entre la Russie et le bloc BAO, principalement les USA, mais il ne limite pas la positon russe à ce seul événement. D’ores et déjà, la Chine attend la Russie, et les pays du BRICS également … Ce “repli sur les intérêts nationaux” introduit en réalité, pour la Russie, une ouverture féconde et extrêmement rapide vers l’Est et le Sud, vers tout-ce-qui-n’est-pas-le-bloc-BAO, par conséquent un réaménagement de fond en comble des relations internationales.

Qui cela étonnera-t-il ? On devine depuis quelques temps que ce réaménagement est inévitable, au rythme de l’aggravation de la crise du bloc BAO, et des exigences et prétentions paradoxales qui accompagnent la chute de cette entité. On sait toutes ces choses et l’on se doute bien que l’on en reparlera plus qu’à leur tour. En attendant, le constat qu’il faut faire est que les Russes, qui sont des gens d’ordre et de rangement d’une part, qui entendent d’autre part gouverner leur propre destinée selon les principes fondamentaux des grandes structurations du monde et non selon les caprices de l’interprétation de communication des événements internes de Washington déclinés au rythme de l’exceptionnalisme US, les Russes donc ont tracé leur “red line” et ont signifié à leurs “partenaires” américanistes que, désormais, ils ne la franchiraient plus. Sans doute les “partenaires” américanistes ne se sont-ils aperçus de rien, ce qui n’a pas beaucoup d’importance puisqu’ils n’ont jamais vraiment tenu compte de la situation internationale et de l’avis et décisions des autres pour développer leur politique extérieure et leur politique de sécurité nationale.

Source : P Grasset.

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62 réponses à [Reprise] Notes sur la “ligne rouge” des Russes

  1. Philippe Le 18 octobre 2014 à 04h13
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    Si je devais retenir qu’une phrase, je retiendrai “Problème pathologique”
    Bon courage à Poutine, Lavrov et Medvedev, je ne sais pas si la psychiatrie faisait parti de leur cursus.


    • pierre9459 Le 18 octobre 2014 à 10h59
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      En effet, la pathologie Otaniste ne fait plus aucun doute mais elle ne date pas des évènements récents, loin s’en faut.
      Nous avons les germes de ce mal dans la construction même des Etats Unis d’Amérique : on ne créé pas un peuple de bric et de broc comme cela a été fait ! Depuis le début de la création des USA, force est de constater que ce ne sont pas les meilleurs des hommes (à quelques rares exceptions) qui ont eu en mains la destinée de ce pays.
      Dès lors, il a pu s’installer là bas cette gangrène mentale dont nous constatons hélas que chaque jour qui passe en aggrave la nuisance.
      Ces gens là ne s’arrêteront pas: ils sont …malades et même s’ils avaient le monde entier contre eux, ils iraient au bout de leur folie.
      Maintenant, nous constatons hélas dans nos sociétés que la maladie a posé pas mal de jalons dans nos propres rangs.
      Le traitement, forcément va être très douloureux mais NOUS N’AVONS PAS LE CHOIX ET NOUS DEVRONS EN PASSER PAR LÀ …


    • hugo Le 18 octobre 2014 à 11h23
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      Ma phrase préférée est:

      “Il s’agissait donc de demander à “la deuxième menace contre l’hummanité” d’aider les USA qui règlent ce qui est bon et ce qui est mauvais pour l’hummanité, à luter contre “la troisième menace contre l’hummanité””

      Génial!


    • PIPO Le 18 octobre 2014 à 12h32
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      http://www.futurquantique.org/2010/08/10/portrait-robot-du-psychopathe/

      A mon avis plutôt 3 à 5%, notre société à tendance à les cultiver.
      chercher au tour de vous et n’oubliez pas qu”ils ont un masque de “normalité”.

      Si vous avez encore des doutes,
      continuez de chercher à comprendre, et bonne chance.

      Si vous n’en avez plus, sachez qui’ ils n’ont aucun moyen de se remettre en question, qu’ils iront au crash en nous emmenant avec eux.

      Notre salut viendra de notre capacité à nous connaitre et à les reconnaitre.


      • PIPO Le 18 octobre 2014 à 13h36
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        http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-manipulation-de-l-opinion-156182

        “Hommes de l’ombre” ou “Sombres hommes”

        “En raison de l’influence dont elles jouissent sur leurs opinions publiques, les autorités institutionnelles sont clairement une cible, consentante ou non, d’intérêts cachés ou discrets, hommes de l’ombre, lobbies, etc. : « À partir du moment où l’on peut influencer des dirigeants – qu’ils en aient conscience ou non et qu’ils acceptent ou non de coopérer –, automatiquement on influence aussi le groupe qu’ils tiennent sous leur emprise. » Il est donc essentiel de cerner les personnalités qui ont autorité sur le groupe ciblé et, si possible, de les inclure dans des structures informelles destinées à les utiliser dans le sens voulu, soit qu’elles en partagent les convictions, soit qu’elles en retirent un intérêt quelconque, soit encore que cette appartenance leur paraisse indispensable à leur carrière ou à leur vanité.”

        Conclusion:
        “Conscience sociale” ou “Conscience” tous simplement.

        “Quelques années avant sa mort en mars 1995, il reconnut, non sans nostalgie, devant le journaliste Stuart Ewen : « C’était avant que les gens n’acquièrent une conscience sociale ». Depuis plusieurs années, cette conscience sociale déplorée par Bernays devient, lentement mais sûrement, une conscience politique qui pourrait bien permettre un jour à la France de recouvrer son indépendance et aux Français leur liberté. “


      • Horzabky Le 18 octobre 2014 à 22h06
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        link to futurquantique.org

        Mais c’est BHL ! Tout y est. Y compris les menaces, par exemple envers Eric Zemmour, au cours d’un débat, quand celui-ci avait mis en évidence une contre-vérité manifeste dans le livre de BHL sur la guerre de Libye. Et l’absence de regrets ou de remords, notamment sur la Libye.

        Des psychopathes il y en a toujours eu et il y en aura toujours, ce qui est lamentable c’est que nos deux derniers présidents (et pas seulement eux) en aient fait leur conseiller de l’ombre, révélant ainsi leur incapacité à juger les hommes. Et donc leur inaptitude à la fonction présidentielle.


    • martin Le 18 octobre 2014 à 22h28
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      Les responsables américains parlent aujourd’hui sur le même ton qu’ils employaient hier avec les gouvernements irakien ou serbe. Ce qu’ils semblent ne pas vouloir (pouvoir?) comprendre, c’est que la Russie n’est pas faible, ni moralement ni stratégiquement. En particulier, il est patent que la non-guerre en Syrie leur a asséné la preuve qu’ils ne peuvent pas frapper impunément à l’intérieur de la zône d’influence russe sans s’exposer à de très lourdes pertes. Rien n’y fait, ces crétins continuent à se pavaner dans leurs habit troués de maîtres du monde, en menaçant et flattant leurs partenaires alternativement, selon les besoins du moment. Malheureusement, à celui qui ne veut pas comprendre qu’on ne craint pas ses menaces et qu’on refuse ses visqueuses avances, il faut toujours finir par donner un bon coup de pied là ou je pense. Les russes l’ont déjà fait deux ou trois fois, poliment, sans humilier, la prochaine sera beaucoup plus dure et à la face du monde, cette fois.


  2. traduction Le 18 octobre 2014 à 05h11
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    paragraphe 1

    Les évènements actuels peuvent peuvent être comparés à un ceux d’un autre point de rupture de l’histoire de la Russie, 1917 — le point où l’Empire Russe disparut pour toujours et où l’état qui lui succéda devint un paria international. Frappée par des sanctions qui fondamentalement avait changé son statut dans le monde, la Russie Soviétique plaçait ses espoirs dans la souveraineté absolue, ou la création d’une économie fermée et auto-suffisante. Je ne suggère en aucune façon que la Russie d’après l’affaire de Crimée soit analogue au pays qui est sorti des flammes de la révolution de 1917. Je dis qu’une fois que les autorités gouvernant un pays ont été déclarées indignes par les autorités étrangères, elles ne peuvent plus jamais réparer les dégâts causés dans leurs relations avec elles…


  3. traduction Le 18 octobre 2014 à 05h28
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    paragraphe 2

    Après la fin de la Guerre Froide, le dialogue de la Russie avec l’Ouest pris comme un tout, mais particulièrement avec l’Europe, était basé sur l’hypothèse que la Russie allait finalement devenir une partie d’une “société occidentale” étendue, bien que les deux côtés aient eu des idées différentes sur la façon d’arriver à ce résultat et sur le rôle final qu’y aurait eu Moscou. Cependant ils retenaient l’idée d’un “partenariat stratégique”, une association demandant sinon de la confiance mutuelle sincère, au moins un silence commun sur les points persistants de suspicion. L’application des sanctions a mis fin à tout cela…


  4. Serge Le 18 octobre 2014 à 05h41
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    ” Sans doute les “partenaires” américanistes ne se sont-ils aperçus de rien, ce qui n’a pas beaucoup d’importance puisqu’ils n’ont jamais vraiment tenu compte de la situation internationale et de l’avis et décisions des autres pour développer leur politique extérieure et leur politique de sécurité nationale.”
    —————————————-
    C’est ça le pire !


  5. traduction Le 18 octobre 2014 à 05h50
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    paragraphe 3

    Aujourd’hui, le système politique tout entier de la Russie est incarné par un seul homme. Les tentatives occidentales pour faire pression sur lui ont abouti à de très prévisibles mesures de représailles tant au niveau personnel qu’au niveau du gouvernement. Et à la différence des anciens présidents d’Irak et de Serbie, le Président Poutine a à sa disposition de très impressionnants outils économiques et politiques pour donner force à ses propres moyens de représailles dissuasives. En fait, les sanctions de l’Occident cherchent à évincer la personne même qui à elle seule détermine le cours de la politique russe. Pour Poutine, la question n’est pas seulement de gagner ou de perdre une position tactique dans un jeu. Est en jeu sa propre survie politique, et pa


    • Van Le 18 octobre 2014 à 14h33
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      si la position de la Russie etait la volonté d’un seul homme les usa l’aurai regelé son affaire depuis longtemps mais le problème cest que cest une large majorité de la classe politique qui fustige la politique américaine .

      sur la réaction des russe au discours d’Obama , medvedev na que deux options :
      – soit il considéré ces propos comme les affabulation d’un esprit déranger
      – soit il le prend au mots et considère sérieusement ces parole comme menace et déclaration de guerre et Riposte avec letat d’alerte et l’armée .

      donc obama devrai s’estimer heureux qu’il n’y ait que sa sanité d’espris qui soit remise en question .


  6. Kellhus Le 18 octobre 2014 à 07h29
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    Petite remarque au passage: il faudra dire à Philippe Grasset que “Tyler Durden” n’est pas l’auteur du blog Zero Hedge mais qu’il s’agit du pseudo utilisé par le groupe d’éditorialistes qui animent le site (et qui sont visiblement fans de Fight Club…)


  7. Pedro Le 18 octobre 2014 à 07h53
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    Merci encore pour cette information capitale.
    L’exceptionnalisme et l’insupportable arrogance US font véritablement penser à une pathologie mentale, d’autant plus terrifiante qu’aucun média dit sérieux ne cherche ni à comprendre et encore moins à informer l’opinion de la position russe.


  8. SD Nocontent Le 18 octobre 2014 à 08h04
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    La Russie jusqu’à maintenant a essayée de maintenir un dialogue constructif malgré la situation de fermeture diplomatique dans laquelle l’US l’EU l’ont enfermées. Les Russes viennent de s’apercevoir qu’avec la déclaration d’Obamalade, que tout ce qu’ils avaient essayés de construire n’aboutiraient à rien et que l’US, l’EU prenaient ça pour de la faiblesse, ils sont vexés et leur diplomatie va s’en trouver modifiée
    La Russie n’est absolument pas isolée, je considère la réaction des USA comme un aveu d’impuissance à empêcher leur domination unilatérale sur le monde de se déliter .
    Ils ne savent pas quoi faire pour empêcher ça , les révolutions Oranges dans le cas Russie Chine ne marcheront pas, la situation Ukrainienne est figée, la seul réponse qui leurs viennent à l’esprit (un gros ennemi suivi d’une escalade militaire, toujours les affaires faut bien faire fonctionner le machin militaro-industriel ) .
    Le début de leur aventurisme Ukrainien a commencé la fin de leur domination du monde et a précipité le début d’un monde multipolaire.
    Voilà ou mène la suffisance.


  9. romain Le 18 octobre 2014 à 08h37
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    Plus ca va et plus Obama me fait penser a JFK: tous 2 sont arrives a la présidence US en tant que progressistes, ayant un respect des peuples étrangers (non ingérence US) et désireux de paix après un lamentable échec militaire des US (guerre de Coree pour JFK et 2nd guerre d’Irak pour Obama).

    Au final les ingérences US pour destabiliser les pays d’Amérique du Sud et centrale par la CIA ont été nombreuses sous le mandat de JFK, il a amplifie le déploiement de troupes au vietnam et a tenu des discours belliqueux envers les russes.
    Idem pour Obama: destabilisation du Venezuela, de l’Ukraine et de Hong Kong (pour ne citer que ces 3 pays), debut de guerre en Syrie (mais heureusement il a pris peur et s’est retire) et bientôt une nouvelle guerre en Ukraine ou des millers de ‘conseillers militaires’ sont deja presents (ca rappelle furieusement la 1ere phase de la guerre du Vietnam ou les US aidait le gouvernement fantoche du Sud vietnam), et enfin discours agressif envers les russes.

    Le poids du complexe militaro-industriel est décidément trop fort aux US (ainsi qu’en europe bien sur) et les presidents US ne peuvent lutter contre celui-ci. Esperont qu’Obama ne finisse pas comme JFK …


    • jules Le 18 octobre 2014 à 16h59
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      Obama vs. JFK :

      1. La guerre de Corée, c’était Truman.
      2. La 1re intervention américaine au Vietnam, celle de 1955 (au cul des Français, la guerre d’Indochine), Eisenhower.
      3. La 2de, celle de 1964 (« la guerre »), Lyndon Johnson…

      Non ?

      JFK, c’était le canular de la baie des Cochons.


      • romain Le 18 octobre 2014 à 17h56
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        @ Jules

        points 1
        bin oui, tout comme la 2nd guerre d’Irak était celle de GW Bush (je ne pense pas avoir fait d’erreur la)
        points 2 et 3
        la guerre du vietnam s’est intensifiée sous JFK … ce qui a conduit a l’envoi de troupes au nord par Johnson par la suite (mais ca reste discutable je suis d’accord)


  10. Perrin Le 18 octobre 2014 à 08h56
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    Je suis admiratif de la sagesse supérieure dont fait preuve l’équipe russe: Poutine, Medvedev, Lavrov. C’en est presque incompréhensible humainement, tellement nous ne sommes plus habitués à rencontrer des dirigeants aussi capables.
    C’est en même temps rassurant pour nous pauvres hères gouvernés par des incultes, car j’ai personnellement bien cru qu’à fin août on était reparti comme en 14.


  11. arthur78 Le 18 octobre 2014 à 09h10
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    Interessant de voir au passage que l’occident s’appuyait sur 4 “liberaux” pour dialoguer avec la Russie : Medvedev (le plus proche du pouvoir) Khodorkovski ( les 50 milliards de loukos) Navalny et kasparov le champion d’echec. En l’espace d’une semaine il n’y en a plus qu’un qui soutient les theses occidentales en crimée à savoir kasparov, c’est ce que j’appelle une tres mauvaise pour le bloc BAO.

    Vous pouvez les suivre sur twitter ici
    =
    https://twitter.com/mbk_center
    =
    https://twitter.com/Navalny_En
    =
    https://twitter.com/Kasparov63
    =
    https://twitter.com/MedvedevRussiaE
    =


  12. arthur78 Le 18 octobre 2014 à 09h20
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    premiere video, un porte parole du pentagon est passé sur le grill par les journalistes lors d’une conference de presse.thème : l’OTAN se rapproche de la Russie, donc fatalement , la Russie se rapproche de l’OTAN …
    =
    https://www.youtube.com/watch?v=LexhW8SCM2c
    =
    deuxieme video : ca me rappelle certaines reunions pourries
    =
    https://www.youtube.com/watch?v=E4Su_Nk-CFc
    =
    PS: Hollande avait l’air d’adresser un regard très méchant à Poutine …


    • Léa Le 18 octobre 2014 à 09h54
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      C’est surtout la tronche de Merkel. Elle a vieilli de dix ans.

      Et aussi sur cette photo, où elle semble menaçante, montrant Poutine du doigt.. ( c’est pas poli ).

      La Merkel est atteinte de schizophrénie

      http://www.lepoint.fr/monde/ukraine-rencontre-poutine-porochenko-en-marge-d-un-sommet-euro-asiatique-17-10-2014-1873299_24.php#


      • Bilbo Le 19 octobre 2014 à 00h11
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        Si on regarde bien, elle ne montre pas Poutine mais semble lui indiquer une direction … si je ne m’abuse 😉 …


    • Bilbo Le 19 octobre 2014 à 00h19
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      Dans les 1ères images Hollande regarde Poutine en souriant.
      Par la suite son regard n’est pas méchant mais plutôt sérieux et regarde celui qui parle (en l’occurence Matteo Renzi) et non Poutine 😉 …


  13. Suzanne Le 18 octobre 2014 à 09h56
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    «The Russian PM has suggested that Obama’s charges against Russia were caused by a “brain aberration” and added that such rhetoric saddened him. “I am very upset by the fact that President Obama, while speaking from the United Nations’ podium and listing the threats and challenges humanity is currently facing, put Ebola in first place, the Russian Federation second and the Islamic State organization was only in the third place. I don’t even want to comment on this, this is some sort of aberration in the brain,” Dmitry Medvedev said in an interview with CNBC television.”

    Le premier ministre russe a suggéré que les accusations de Barack Obama contre la Russie étaient dues à une aberration mentale. Il ajoute que cette rhétorique l’attriste : “Je suis vraiment choqué par le fait que le président Obama, alors qu’il parlait depuis le podium des Nations Unies et qu’il faisait la liste des menaces et des défis que l’humanité doit affronter actuellement, ait pu placer Ebola en premier, la Fédération de Russie en second et l’Etat Islamique en troisième place seulement. Cela se passe de commentaire, c’est une sorte d’aberration de l’esprit”, a déclaré Dimitri Medvedev durant une interview avec la chaîne de télévision CNBC.


  14. Suzanne Le 18 octobre 2014 à 10h06
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    Suite (c’est dans l’ordre du texte) :

    “The top Russian official stressed that his country was not isolating itself from the rest of the world, but sought mutually beneficial cooperation with foreign nations. “We want to communicate with all civilized peoples on friendly grounds. Of course, this includes our partners from the United States of America, but for this the situation must be leveled,” Medvedev said. However, the Russian PM also noted that the Western sanctions have inflicted considerable damage to Russia’s cooperation with the US, and without cancellation of this policy there can be no return to partnership…»

    Homme politique le plus haut placé en Russie, il a fait remarquer que son pays ne cherchait pas l’isolement, mais désirait au contraire une coopération mutuelle et profitable avec les nations étrangères. “Bien sûr, cela inclut nos partenaires des Etats-Unis [but for this the situation must be leveled (prière proposer traducque, merci !)]” a dit Medvedev. Toutefois, le premier ministre a aussi indiqué que les sanctions occidentales avaient infligé des dommages considérables à la coopération entre la Russie et les Etats-Unis, et que sans annulation de cette politique il ne pouvait y avoir de retour à de bonnes relations partenariales.


  15. Suzanne Le 18 octobre 2014 à 10h25
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    Heum zut j’ai oublié le début de l’article, désolée !! je le fais dans le prochain message…

    Pour l’instant, suite de ce que j’ai posté tout à l’heure :

    («What do you think the future holds for Russian-Ukrainian relations? Will the United States and Russia re-establish a strategic partnership after all that has happened, or will they build their relations in a different way?») Le passage que nous choisissons, qui termine l’interview concerne effectivement et spécifiquement les relations entre la Russie et les USA… (Nous soulignons en gras le passage sur l’“avertissement” de Poutine.)
    « As for Russian-US ties, our aim has always been to build open partnership relations with the United States. In return, however, we have seen various reservations and attempts to interfere in our domestic affairs. Everything that has happened since the beginning of this year is even more disturbing. Washington actively supported the Maidan protests, and when its Kiev henchmen antagonized a large part of Ukraine through rabid nationalism and plunged the country into a civil war, it blamed Russia for provoking the crisis.

    “Quel est le futur des relations entre la Russie et l’Ukraine? Les Etats-Unis et la Russie pourront-ils rétablir un partenariat stratégique après tous ces événements, ou reconstruiront-ils leurs relations d’une manière différente?” le passage que nous choisissons, qui termine l’interview, concerne effectivement et spécifiquement les relations entre la Russie et les USA… (Nous soulignons en gras le passage sur l’avertissement de Poutine).

    “En ce qui concerne les liens entre Russie et US, notre but a toujours été de construire un partenariat ouvert avec les Etats-Unis. En réponse, cependant, nous constatons des réserves diverses et des tentatives d’intervention dans nos affaires domestiques. Tout ce qui est arrivé depuis le début de l’année est encore plus perturbant. Washington a soutenu activement les protestations de Maïdan, et lorsque les [henchmen…?] de Kiev ont monté les unes contre l’autre des régions de l’Ukraine par un nationalisme enragé et plongé le pays dans la guerre civile, Washington a accusé la Russie d’avoir provoqué la crise”.


  16. Suzanne Le 18 octobre 2014 à 10h39
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    Début de l’article, “la fin d’une époque” :

    «Current events could be compared to another of Russia’s breaking points, 1917 — the point at which the Russian Empire was gone forever and its successor state became an international pariah. Hit by sanctions that fundamentally changed its status in the international system, Soviet Russia was placing its bets on autarchy, or creating a closed and self-sufficient economy. I am in no way suggesting that post-Crimea Russia is analogous to the country that emerged from the flames of the 1917 revolution. I am saying that once the ruling authorities in a country have been deemed unfit by foreign partners, they can never fully repair relations with them… […]

    On peut comparer la situation actuelle à 1917, point de rupture en Russie. Moment où l’empire russe a disparu définitivement et où l’état qui lui a succédé a été considéré internationalement comme un paria. Frappée par des sanctions qui ont changé fondamentalement son statut dans le système international, la Russie soviétique s’est tournée vers l’autarcie, en créant une économie fermée et auto-suffisante. En aucun cas je ne suis en train de dire que la Russie post-Crimée est la même que celle qui a émergé des flammes de la révolution de 1917. Je dis seulement que lorsque les autorités suprêmes d’un pays ont été considérées comme ineptes par leurs partenaires étrangers, elles ne peuvent pas réparer complètement leurs relations avec eux…”

    »Following the end of the Cold War, Russia’s dialogue with the West as a whole, but especially with Europe, was based on the assumption that Russia would eventually become part of an extended “Western society,” although both sides had different ideas of how that would happen and Moscow’s ultimate role in it. However, they retained the idea of a “strategic partnership,” a relationship that required if not sincere mutual trust, then at least mutual silence to mask lingering suspicions. The application of sanctions has ended all that…

    Après la fin de la Guerre Froide, le dialogue entre Occident et Russie, de manière générale mais spécialement avec l’Europe, était fondé sur l’affirmation que la Russie deviendrait bientôt un élément de la société occidentale étendue, bien que les deux parties aient des idées différentes de la manière dont cela pourrait arriver et sur le rôle final de Moscou. Cependant, on a retenu l’idée d’un “partenariat stratégique”, une relation qui exigeait, sinon une confiance sincère et mutuelle, en tout cas au moins un silence mutuel sur les soupçons nourris par les uns et les autres. L’application des sanctions a détruit tout cela…

    »Today, a single man personifies the entire Russian political system. Western attempts to apply pressure against him have produced very predictable retaliatory measures at both the personal and government levels. And unlike the former presidents of Iraq and Serbia, President Putin has very imposing political and economic tools at his disposal to enact his own retaliatory deterrence measures. In effect, Western sanctions are attempting to oust the very person who alone determines Russia’s political course. For Putin, the question is not simply one of winning or losing a tactical position in a game. At stake is his own political survival and, by extension, Russia’s future political landscape. With the stakes that high, why would anyone expect him to make serious concessions, especially knowing that he can never restore relations with the West?…»


  17. Milsabor Le 18 octobre 2014 à 10h58
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    « Il n’est plus question d’Ukraine, d’“agression russe”, d’annexion expansionniste de la Crimée, de sanctions, de rien de tout cela. Tout redevient normal et a Russie tiendra le rôle auquel les USA veulent bien la convier. »
    Ce que Philippe Grasset décrit là c’est le mécanisme de déni et de clivage de la réalité caractéristique d’un fonctionnement psychotique au sens propre. Ce mécanisme fait disparaitre la contradiction et la culpabilité, mais au prix de la rupture avec la réalité et avec le sens de la limite. C’est ce que Philippe Grasset désigne du terme « d’hyper-puissance-autodestruction ».


  18. Suzanne Le 18 octobre 2014 à 10h58
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    Mon dernier commentaire-traducque est en attente de modération. J’attends qu’il soit passé pour continuer. A plus tard.


  19. arthur78 Le 18 octobre 2014 à 11h00
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  20. Cassandre Le 18 octobre 2014 à 11h45
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    “PS: Hollande avait l’air d’adresser un regard très méchant à Poutine …”…
    C’est qu’il fait peur Flanby….

    Regarderez plutôt le positionnement de ses mains sous la table qui n’en est pas moins un message destiné aux autres initiés.

    Racler le vernis et vous aurez la qualité du bois


    • Bilbo Le 19 octobre 2014 à 00h22
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      PS : il regarde juste Matteo Renzi qui est en train de s’exprimer et non Poutine 😉 …


  21. Yvanoo Le 18 octobre 2014 à 13h40
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    ETYMOLOGIE DU MOT APOCALYPSE : Provient du verbe grec καλύπτω, kalúptô (« cacher »), précédé du préfixe de privation ἀπό ápó. Littéralement donc « [chose] dé-cachée », et donc par extension, « [chose] dévoilée aux hommes », « retrait du voile qui cachait la chose », « le voile est levé ». [1]

    Soyons simples et concis : le gouvernement US, donc une grande partie du monde, est aux ordres de la mafia. Tout simplement…
    Par raisonnement analogique, quiconque a fréquenté ou s’est intéressé de près aux sociétés mafieuses ne peut qu’arriver à ce constat .
    Importance de la symbologie, fonctionnement parasitaire, modus operandi, etc : tout est très similaire, mais à une autre échelle.
    Pour la toute première fois, par son seul génie collectif trans-générationnel, l’Humanité est sur le point de prendre conscience de sa propre condition, de dé-couvrir la réalité.
    Normal que l’Organisation multi-millénaire panique et tente par tous les moyens d’inverser le cours de l’Histoire. La transparence, la circulation des informations, le genre de site que vous êtes en train de lire en ce moment-même, est la seule arme nécessaire pour mettre fin au cauchemar de notre espèce.


  22. Frontalier Le 18 octobre 2014 à 14h41
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    La menace de madame Nuland est devenue un fait, des officiels hongrois n’ont plus le droit de venir aux Etats-Unis selon le journal allemand Spiegel:

    http://www.spiegel.de/politik/ausland/ungarn-usa-verhaengen-einreiseverbot-gegen-offizielle-wegen-korruption-a-997870.html


  23. bm607 Le 18 octobre 2014 à 15h20
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    »Now President Barack Obama in his speech at the UN General Assembly named the “Russian aggression in Europe” as one of the three major threats facing humanity today alongside with the deadly Ebola virus and the Islamic State. Together with the sanctions against entire sectors of our economy, this approach can be called nothing but hostile. The United States went so far as to declare the suspension of our cooperation in space exploration and nuclear energy. They also suspended the activity of the Russia-US Bilateral Presidential Commission established in 2009, which comprised 21 working groups dedicated, among other things, to combating terrorism and drug trafficking.

    »At the same time, this is not the first downturn in relations between our countries. We hope that our partners will realize the futility of attempts to blackmail Russia and remember what consequences discord between major nuclear powers could bring for strategic stability. For our part, we are ready to develop constructive cooperation based on the principles of equality and genuine respect for each others’ interests.»
    ————————————————————————————————-
    Maintenant le Président Barack Obama dans son discours à l’Assemblée Générale de l’ONU a cité “l’agression russe en Europe” comme étant une des trois menaces majeures auxquelles l’humanité avait à faire face aujourd’hui, à côté du Virus mortel Ebola et de l’État Islamique. Avec les sanctions contre des secteurs entiers de notre économie, cette approche ne peut être appelée autrement qu’hostile. Les États-Unis sont allés aussi loin que de suspendre notre coopération dans l’exploration spatiale et l’énergie nucléaire. Ils ont aussi suspendu l’activité de la Commission Présidentielle Bilatérale Russie-États-Unis créé en 2009, qui comportait 21 groupes de travail consacrés, entre autres, au combat contre le terrorisme et le trafic de drogue.
    “En même temps, ceci n’est pas la première dégradation des relations entre nos pays. Nous espérons que nos partenaires réaliseront la futilité de tentatives de faire chanter la Russie et se rappelleront quelles conséquences la discorde entre des puissances nucléaires majeures pourrait apporter à la stabilité stratégique. Pour notre part, nous sommes prêts à développer une coopération constructive basée sur les principes d’égalité et le respect véritable des intérêts de l’autre.”


    • anne jordan Le 19 octobre 2014 à 00h12
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      ha ! petit détail !
      Obama n’a donc pas classé les 3 fléaux , simplement il les a énumérés ?
      il n’ y a donc pas lieu de parler de ” deuxième ” ou de troisième ” menace ….


      • bm607 Le 19 octobre 2014 à 11h42
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        Pas dans cette partie de texte.
        “…one of the three major threats facing humanity today alongside with the deadly Ebola virus and the Islamic State..” ne donne pas de hiérarchisation.
        Le classement des fléaux se trouve dans le texte reprenant les paroles de Medvedev.

        On peut reprendre le texte original d’Obama que nous avions traduit sur le billet du 3/10 : http://www.les-crises.fr/discours-du-president-obama-a-lassemblee-generale-des-nations-unies/ dans lequel il ne me semble pas qu’il y ait véritablement un classement, juste un ordre dans l’énoncé.


  24. dvd Le 18 octobre 2014 à 15h44
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    “Ils ont aussi suspendu l’activité de la Commission Présidentielle Bilatérale Russie-États-Unis créé en 2009, qui comportait 21 groupes de travail consacrés, entre autres, au combat contre le terrorisme et le trafic de drogue.”

    Ça m’interpelle sur la vision forcément manichéenne que va engendrer cette scission sur tous ces thèmes… N’était-ce pas là le but ?

    Pardon pour ma complotite aigüe, mais après avoir vu “CIA Guerres Secrètes” (ARTE docu) il y a qq années, je ne sous-estime plus le cynisme et le réalisme états-uniens.


  25. Bertrand Le 18 octobre 2014 à 16h37
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    Pendant ce temps, sur le terrain c’est le “requiem pour un cessez-le-feu”. Sur la dernière vidéo, des énormes explosions sur Donetsk qui pourraient bien être des missiles tactiques “Toshka-U” : http://gaideclin.blogspot.fr/2014/10/ukrainenovorossia-sitrep-des-combats-du.html


  26. yoananda Le 18 octobre 2014 à 16h44
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    Et au final, c’est quoi la ligne rouge ? je veux dire concrètement … quel est la ligne à ne pas dépasser et il se passe quoi si on la dépasse ?


    • Veuve Rouge Le 18 octobre 2014 à 18h24
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      C’est la version diplomatique du poker.
      1- On ne te dit pas précisément où se trouve la ligne; simplement qu’elle existe.
      2- Ce n’est que lorsque tu l’as franchie que tu constates les conséquences. Mais c’est trop tard !


  27. Nerouiev Le 18 octobre 2014 à 17h31
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    On dirait que Medvediev laisse grandement la porte ouverte à l’Europe si elle le voulait ; peut-être pour cette fameuse Europe de Lisbonne à Vladivostok. Il fait aussi nettement ressortir l’irréalisme du discours d’Obama et par là les fausses promesses pour l’avenir de l’Europe.
    Afin d’élargir l’analyse, ne pourrait-on pas regarder autrement le discours d’Obama. C’est tellement exagéré qu’il faut le lire autrement, comme celui d’un otage qui n’a pas d’autre moyen de s’exprimer qu’en disant ce que Washington lui dicte mais en poussant jusqu’à l’absurde pour qu’on comprenne qu’il est otage et en danger. C’est un peu ce que veut dire Medvediev en le traitant de dérangé, ce n’est pas son cerveau normal, c’est un autre homme.


  28. Bruno Le 18 octobre 2014 à 19h56
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    Voila en tout cas ce qu’il en coute de ne pas faire allegence au maitre-americain-qui-decide-de-qui-est-gentil-et-qui-est-mechant-sur-la-planete :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/10/18/hongrie-des-proches-de-viktor-orban-dans-le-viseur-de-washington_4508581_3214.html

    Le deux poids, deux mesures, applique dans toute sa grandeur…


    • anne jordan Le 19 octobre 2014 à 00h16
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      ben dites donc , mon bon Monsieur, si tous ceux qui sont ” soupçonnés ” de corruption ne peuvent plus aller aux USA….


  29. Jacques Le 18 octobre 2014 à 21h49
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    Le billet de J. Sapir de ce jour nous donne le contexte économique de ce retournement des rapports internationaux http://russeurope.hypotheses.org/2924 . C’est d’abord l’arrêt de l’économie européenne dû à la politique d’austérité qui impose à la Russie de chercher des partenaires plus dynamiques. Les sanctions et les grossièretés à la tribune des Nations-Unies n’ont fait qu’accélérer la prise de conscience des milieux dirigeants russes. Quant aux dirigeants occidentaux, ils n’ont pas encore pris conscience que les rives de l’Atlantique nord ne concentrent plus l’essentiel de l’industrie comme il y a cinquante ans.


  30. gnatos Le 18 octobre 2014 à 23h44
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    Attention aux manœuvres de diversion médiatique(ebola n’y suffisant pas ) .Obama donne le change à ses néocons en agressant Poutine qui en profite pour galvaniser son peuple .
    En réalité ,tout se passe Kobané dont il faut détourner notre attention : cette ville tombée ,c’est le Kurdistan syrien qui disparait au grand plaisir d’Erdogan .
    Gros problème ensuite pour Bachar ,pour les russes , pour l’Iran pour le Liban avec l’effet domino qui s’ensuivra.On risque de retrouver en Syrie pour le coup russes et iraniens appelés au secours par Assad ,comme l’a fait l’Irak auprès de la coalition….
    Coté Ukraine,son fardeau économique pour l’Europe cet hiver et en 2015 ,en pleine récession,cela va jouer pour Poutine et la prochaine révolution colorée se fera cette fois contre Porochenko et contre l’Europe.
    Donc la ligne rouge pour psychopathes,j’y crois pas trop sauf si tout ce beau monde veut se suicider car en cas de conflit nucléaire,les bunkers ne suffiraient pas a Moscou- Washington- New York- Bruxelles ou Tel Aviv et les survivants auraient affaire aux émeutiers ,aux bandes armées,aux barbares qu’ils ont crées……


  31. Marypop Le 19 octobre 2014 à 00h50
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    http://www.facebook.com/photo.php?fbid=1562008780689135

    – Vladimir Vladimirovitch, donnez-nous du gaz…
    – Nous n’aidons pas les fascistes.
    – Euh… le swastika… est un symbole du soleil…
    – Bien, réchauffez-vous donc avec !


  32. Franck Le 19 octobre 2014 à 15h51
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    «Nevertheless, Kerry stressed on Wednesday the importance of cooperation in a wide range of issues, including counter-terrorism, saying that “we have major responsibilities together.” “In our discussions today I suggested Foreign Minister Lavrov that we intensify intelligence cooperation in respect ISIL and other counter-terrorism issues of the region and we agreed to do so. We also agreed to explore whether Russia could do more to support Iraqi security forces and FM indeed acknowledged their preparedness to help with respect to arms, weapons…they are doing that now and they already have provided some, and with also potentially training and advising aspects,” Kerry said.

    «Néanmoins, Kerry a souligné mercredi l’importance de la coopération dans un large éventail de questions, y compris la lutte contre le terrorisme, en disant que« nous avons ensemble de grandes responsabilités. »« Dans nos discussions d’aujourd’hui, j’ai suggéré au ministre des Affaires étrangères Lavrov que nous intensifions la coopération d’intelligence à l’égard ISIL et d’autres questions de contre-terrorisme relatifs à cette région, et nous nous sommes entendus sur des solutions. Nous avons également convenu d’examiner si la Russie pourrait faire davantage pour soutenir les forces de sécurité irakiennes et FM a en effet reconnu leur volonté de les aider pour ce qui concerne les armes, l’armement … ils le font maintenant, et ils en ont déjà fourni certains, tout autant qu’ils prodiguent formation et conseils », a déclaré Kerry.

    »In a separate statement that summed up their meeting, Lavrov said that “we can cooperate better together” especially in issues concerning “the fight against terrorism, which has now become the main threat to the whole Mideast.” However, the Russian FM did not specify the details of such cooperation…»

    »Dans une déclaration distincte afin de résumer leur réunion, Lavrov a déclaré que “nous pouvons mieux coopérer ensemble” et en particulier dans les questions relatives à “la lutte contre le terrorisme, qui est devenue la principale menace pour l’ensemble du Moyen-Orient”. Cependant, la FM russe n’a pas précisé les modalités de cette coopération … »


  33. Alexandria Le 20 octobre 2014 à 02h00
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    «Russia has refuted media reports that Washington and Moscow have agreed to share intelligence on Islamic State terrorists. The news reports followed Wednesday talks between Russian Foreign Minister Sergey Lavrov and US Secretary of State John Kerry.

    »Following the Paris talks, the counterparts held separate media conferences. Reports suggested that the two officials agreed that their countries would share intelligence on Islamic State militants in Syria and Iraq, and Russia’s participation in training and advising Iraqi security forces. On Friday, Russia’s foreign ministry issued a statement saying that “such issues were raised by US Secretary John Kerry.” Lavrov stressed that Russia has been consistently fighting terrorism and providing assistance to other countries in the face of the terrorist threat, and will continue its aid to Syria, Iraq, and other countries in the region to strengthen their combat capabilities in the fight against the extremists.

    »However, the ministry’s statement added that Russia “will not be involved in any ‘coalitions’ set up in bypass of the UN Security Council and in violation of international law.” Kerry’s attention was also drawn to the fact that within the framework of the Russia-US Bilateral Presidential Commission, there was a counter-terror group which was aimed at improving the communication and cooperation between the two governments regarding terror threats. But the mutually beneficial exchange of information was suspended in 2014 by the US, the ministry reminded.»

    La Russie a réfuté les allégations médiatiques selon lesquelles Washington et Moscou étaient tombés d’accord sur un partage du renseignement sur les les terroristes de l’État islamique. Les comptes rendus des journaux faisaient suite aux conversations de ce mercredi entre le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov et le secrétaire d’État US John Kerry.
    À l’issue de l’échange de Paris, les deux parties ont tenu des conférences de presse séparées. Les comptes rendus suggéraient que les deux personnalités officielles étaient convenues du partage entre leurs deux pays du renseignement sur les militants de l’État islamique en Syrie et Iraq, et de la participation de la Russie à l’entraînement et au conseil des forces de sécurité irakiennes. Vendredi, le ministre des Affaires étrangères de Russie a fait une déclaration selon laquelle « ces propos émanaient du Secrétaire US John Kerry ». Lavrov a souligné que la Russie avait toujours combattu le terrorisme et porté assistance aux autres pays face à la menace terroriste, et continuerait d’apporter son aide à la Syrie, l’Iraq, et d’autres pays de la région pour renforcer leurs capacités de combat dans la guerre contre les extrémistes.
    Néanmoins, le ministre ajoutait que la Russie « ne s’impliquerait dans aucune “coalition” instaurée en contournant le Conseil de Sécurité des Nations unies, et en violation du droit international ». L’attention de John Kerry était également attirée sur le fait que dans le cadre de la Commission présidentielle bilatérale entre Russie et USA, il y avait un groupe de travail chargé du contre-terrorisme dont la finalité était d’améliorer la communication et la coopération entre les deux gouvernements au sujet des menaces teroristes. Mais cet échange d’informations mutuellement bénéfique a été suspendu en 2014 par les USA, a rappelé le ministre.

    Il reste deux paragraphes non traduits. Je verrai demain matin où ça en est…


  34. Ouaille Le 20 octobre 2014 à 03h57
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    MH17 : c’est de plus en plus compliqué !

    Donc en gros ce sont bien les rebelles mais avec un des missiles volés aux Ukrainiens puis réparés, disent les allemands.

    http://mashable.com/2014/10/19/pro-russian-rebels-ukraine-mh17/

    N’importe quoi sans suite ou début d’une offensive médiatique structurée ? A suivre.


  35. Bertrand Le 20 octobre 2014 à 18h48
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    Tir de Missiles ukrainiens sur une usine chimique à Donetsk, aujourd’hui http://gaideclin.blogspot.fr/2014/10/ukraine-kiev-tire-des-missiles.html


  36. purefrancophone Le 20 octobre 2014 à 23h25
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    Merci pour ces vidéos .
    Un tournant dans ce conflit avec cette rupture volontaire du cessez le feu de la part de Kiev !!!
    La Russie va probablement prendre des mesures de sanctions importantes .
    Et dire que les Allemands osent accuser les pro-Russes d’avoir volés des missiles pour abattre le vol MH17 !!!!!!
    La guerre va s’étendre au delà de l’Ukraine avec des menteurs comme ceux là !!!


  37. Alexandria Le 21 octobre 2014 à 15h55
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    (Suite et fin… et pardon pour le délai.)
    «Russian presidential press-secretary Dmitry Peskov has dismissed US Defense Secretary Chuck Hagel’s rhetoric to the effect Russia was on NATO’s doorstep as unprofessional and alarmist. “We can only regret that rather emotional, alarmist and unprofessional statements are being made,” Peskov told TASS. “Surely, they by no means reflect the real state of affairs.” The realities can easily be seen if one takes NATO maps of 1991 and 2012, he said. “Then nobody will feel in the mood of making any statements, emotional or whatever,” he remarked.

    »Speaking at the Association of the US Army’s annual conference on Wednesday Hagel called upon the military to be prepared “to deal with Russia” which, he argued, was “on NATO’s doorstep.” “The demands on the (US) Army will grow more diverse and complicated. Threats from terrorists and insurgents will remain with us for a long time, but we must also deal with a revisionist Russia – with its modern and capable army – on NATO’s doorstep,” he claimed.»

    « Dmitry Preskov, attaché de presse de la Présidence russe, a rejeté la rhétorique de Chuck Hagel, secrétaire à la Défense des USA, selon laquelle la Russie était sous les remparts de l’OTAN, comme non professionnelle et alarmiste. “Nous ne pouvons que regretter le caractère essentiellement émotionnel, alarmiste et non professionnel des déclarations faites”, dit Preskov à TASS. “Il est sûr qu’elles ne reflètent en aucune manière la réalité de la situation. La réalité apparaît aisément à qui compare les cartes de l’Otan de 1991 et 2012”, dit-il. “Par conséquent, personne ne peut se sentir d’humeur à faire quelque déclaration que ce soit, émotionnelle ou autre”, note-t-il.

    « Prenant la parole mercredi lors de la conférence annuelle de l’Association de l’Armée US, Hagel a appelé l’armée à se préparer à “négocier avec la Russie” qui est, selon ses dires, “aux portes de l’Otan”. “Les exigences vis-à-vis de l’armée (US) vont croître en diversité et en complexité. Les menaces émanant de terroristes et de rebelles vont s’installer parmi nous pour longtemps, mais nous devons aussi négocier avec une Russie révisionniste – avec son armée, moderne et compétente – installée aux portes de l’OTAN”, a-t-il déclaré. »


  38. Georges Babas Le 22 octobre 2014 à 05h20
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    En fait, M. Medvedev, le premier ministre russe, est surtout catalogué en Russie comme un clown. Cette caractéristique est bien et bel appliquée par les deux bandes: les pro-putin (les chauvinistes, adeptes de la “voie russe”, du paternalisme russe au niveau de la planète, etc.) et par les anti-putin (les pro-occidentaux, l’intelligentsia, etc. qui sont, soit dit en passant, en minorité absolue en ce moment). Personne ne le tient par un personnage sérieux, ainsi, on pourrait omettre toute mention de ce pauvre type.

    Cordialement,
    George


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