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10.mars.202610.3.2026 // Les Crises

Revue de presse du 10/03/2026

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Ce qui revient souvent dans cette revue de presse, en faits ou en creux, c’est le deux poids deux mesures. Rien ici côté pétrole, mais nous vous invitons à regarder les graphiques historiques à 10 ans euro/dollar – prix du pétrole – prix des carburants – TICPE (pour celle-ci, pas de chiffres après 2022), pour vous faire votre opinion sur l’évolution du prix à la pompe (en attendant qu’Élucid nous propose peut-être une analyse fine de tout cela ?! Olivier, si tu m’entends..!). Bonne lecture.

DÉMOCRATIE

Ce que révèle l'affaire Epstein (2019/2026)

"La publication de nouvelles archives judiciaires sur Jeffrey Epstein ravive l’ampleur d’un crime et met en lumière la trame de pouvoir, de protections et de connivences qui l’a rendu possible. Une mécanique analysée par Le Monde diplomatique en 2019 dans cet article sur le déséquilibre structurel du système judiciaire américain : pouvoir discrétionnaire des procureurs, centralité de la négociation (« plea bargaining ») entre accusation et défense pour établir le niveau d’une sanction que le juge validera dans la plupart des cas, circulation entre parquet et grands cabinets privés. Dans cette architecture, la sévérité pénale varie selon la position sociale de l’accusé, selon ses moyens d’opposer aux procureurs des avocats talentueux et des enquêteurs susceptibles de l’innocenter. Dans nombre de pays, Jeffrey Epstein se serait retrouvé derrière les barreaux dès 2007, quand son implication dans un système de trafic de mineures fut mise au jour. Pas aux États-Unis. D’arrangements en connivences, l’homme d’affaires new-yorkais n’a alors écopé que d’une peine dérisoire. Son cas révèle les failles d’une justice pénale américaine souvent encline à la clémence envers les puissants.

Source : Le Monde Diplomatique

EUROPE

Alerte sur les prix en zone euro, qui risquent de grimper après une remontée en février

"L'inflation dans la zone euro risque de donner de nouvelles sueurs froides à la BCE : après être tombée à 1,7% sur un an en début d'année, l'inflation est remontée à 1,9% sur un an le mois dernier, juste en dessous des 2% visés par Francfort. Elle pourrait franchir allégrement ce niveau en mars, la guerre sans précédent lancée par les USA et Israël contre l'Iran menace de perturber l'approvisionnement européen en hydrocarbures, a provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz et risque de gonfler les prix dans la zone euro. Selon M. Colijn (chef économiste de la banque ING), "si le conflit durait "quelques semaines", l'inflation pourrait grimper autour de 2,5%. Et en cas de conflit plus long, les conséquences plongeraient l'inflation dans une phase d'incertitude comme la zone euro n'en a pas connue depuis plusieurs années"."

Source : AFP/Boursorama

Les Émirats arabes unis évitent d’être blâmés pour les atrocités de la guerre au Soudan dans le texte du Parlement européen

"Les Émirats arabes unis se sont lancés cette semaine dans une campagne de lobbying à Strasbourg alors que le Parlement européen se préparait à voter une résolution condamnant les atrocités en cours dans la guerre civile soudanaise. La délégation émiratie a rencontré des députés européens clés pour insister sur le fait que les Émirats arabes unis jouent un rôle constructif au Soudan, malgré les accusations selon lesquelles Abou Dhabi soutient activement les Forces de soutien rapide (RSF), une milice notoire impliquée dans des massacres ethniques et des violences sexuelles. Les législateurs du Parlement ont finalement adopté jeudi après-midi une résolution dénonçant la guerre civile dévastatrice au Soudan, mais sans mentionner l’ingérence présumée des Émirats arabes unis dans le conflit."

Source : L’observatoire de l’Europe

FRANCE

France-Israël : les liaisons dangereuses

"Le 18 février dernier, la France s’associait à 84 autres pays pour condamner la colonisation israélienne progressant à marche forcée en Cisjordanie. Cette énième prise de position résonne comme un cruel aveu d’impuissance. En effet, depuis le 7 octobre 2023, le gouvernement refuse toute sanction susceptible de donner corps à ces condamnations, affaiblissant durablement la crédibilité française sur la scène internationale. Une question également domestique : si l’exécutif s’inquiète régulièrement d’une importation du conflit israélo-palestinien en France, ses actes et ses discours tendent à en faire une question nationale. Avec des conséquences potentiellement catastrophiques. Depuis le début de la guerre à Gaza et en Cisjordanie, la position du gouvernement français, et donc de la France, perd en lisibilité : son soutien du bout des lèvres au droit international semble chaque jour démenti par une défense quasi-systématique des positions israéliennes."

Source : Le Vent Se Lève

Entre votes, silences et blocages : cartographie des positions parlementaires sur la Palestine

"Des prises de parole aux votes, en passant par les propositions de lois ou résolutions, la question palestinienne s’est régulièrement retrouvée au cœur des débats parlementaires depuis 2023. Plus qu’ailleurs, ce sont dans les deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que se révèlent les clivages politiques sur le Proche-Orient. Le 4 mai 2023, la journée parlementaire du groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) s’ouvrait sur leur proposition de résolution « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ». Avec l’appui des voix écologistes et insoumises, les parlementaires communistes et ultramarins ne recueillaient que 71 voix contre 199. Le texte initié par le député Jean-Paul Lecoq (PCF) portait trois revendications : la reconnaissance par la France du régime d’apartheid imposé par l’État israélien, l’arrêt de la criminalisation du mouvement Boycott, Désinvestissement Sanctions (BDS), et la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, votée une décennie plus tôt par les deux chambres du parlement français."

Source : Yaani

Sur Franceinfo : Brigitte Boucher et les irresponsables

"Si l'ouvrage "Les irresponsables" de l'historien Johann Chapoutot, qui retrace l'avènement d'Hitler porté au pouvoir par des ""médias réactionnaires et des élites traditionnelles"", était un film, certain.es présentateur.ices de franceinfo pourraient-ils prétendre à la tête d'affiche ? "La marche pour Quentin Deranque s'est bien passée", annonce tranquillement Brigitte Boucher, la présentatrice de "La politique s'éclaire" sur franceinfo, le dimanche 22 février, lendemain de l'événement. Il est 9 h 30 et elle accueille en plateau la porte-parole du groupe Écologistes, Léa Balage El Mariky, pour l'interview politique de la matinée. Et commence donc fort, avec cette affirmation : ""la marche pour Quentin Deranque s'est bien passée, on l'a vu sur ces images"". Les images en question : un sujet d'une minute qui commence par montrer une dizaine d'hommes dans le cortège effectuant des saluts nazis, qualifiés ainsi par la voix off."

Source : Arrêt Sur Images

Surpopulation carcérale et conditions de détention : le Comité pour la prévention de la torture hausse le ton

"Le 22 janvier 2026, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de l’Europe rendait son rapport relatif à sa 8e visite périodique de la France. Un rapport dans lequel il hausse le ton vis-à-vis de la surpopulation carcérale et des conditions de détention subies par les personnes détenues, allant jusqu’à assimiler les prisons françaises à des « entrepôts humains ». Quelques jours après une nouvelle condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour les traitements infligés à une personne détenue à la maison d’arrêt de Strasbourg, le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants (CPT) a publié le 22 janvier 2026 un rapport issu de sa 8e visite périodique de la France. Celle-ci s’est déroulée du 23 septembre au 4 octobre 2024 et s’est concentrée, s’agissant du milieu carcéral, sur les établissements pénitentiaires de Fleury-Mérogis, Fresnes, Marseille-Baumettes et Villefranche-sur-Saône, ainsi que sur l’établissement pour mineurs de Marseille-La Valentine."

Source : Observatoire International des Prisons

GÉOPOLITIQUE

Agression militaire en Iran : à force de frapper le droit, c’est la paix même qu’on tue

"« L’opération en cours en Iran alimente l’idée qu’un droit international dérogatoire est désormais pleinement consacré — celui des puissants, des forts et des fous. » « Le droit en lui-même est impuissant ; par nature, règne la force. Le problème de l'art de gouverner, c'est d’associer la force et le droit afin qu'au moyen de la force, ce soit le droit qui règne. Et c'est un problème difficile si l'on songe à l'égoïsme illimité qui loge dans presque chaque poitrine humaine » (Arthur Schopenhauer, Parerga et Paralipomena, II, §127). Ce matin, Israël et les États-Unis ont à nouveau frappé. L’Iran, encore. Au-delà du fracas des armes et des considérations stratégiques, c’est un principe cardinal du droit international que leurs coups ont une fois de plus atteint. Parachevant une œuvre de mépris entamée depuis de nombreuses années, cette énième entorse signe l’avènement d’une conception libertarienne du droit international."

Source : Blast

INTERNATIONAL

Cuba affirme avoir repoussé une tentative d’« infiltration » par la mer d’un groupe armé venant des Etats-Unis

" Un « affrontement » a eu lieu dans les eaux territoriales de l’île, faisant quatre morts et six blessés. Lors de l’incident, qui s’est produit dans un contexte de forte tension entre Cuba et les Etats-Unis, le commandant du navire cubain a également été blessé. Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci. Cuba a dénoncé, mercredi 25 février dans la soirée, une tentative d’infiltration à des « fins terroristes », après avoir abattu dans la journée, aux abords de l’île, quatre occupants d’une vedette immatriculée en Floride et transportant, selon La Havane, des Cubains résidant aux États-Unis. « Il a été établi que la vedette rapide neutralisée, immatriculée en Floride sous le numéro FL7726SH, transportait dix personnes armées qui, selon les déclarations préliminaires des détenus, avaient l’intention de procéder à une infiltration à des fins terroristes », a fait savoir le ministère de l’intérieur cubain dans un communiqué. « Des fusils d’assaut, des armes de poing, des engins explosifs de fabrication artisanale (cocktails Molotov), des gilets pare-balles, des lunettes télescopiques et des uniformes de camouflage ont été saisis »."

Source : Le Monde

Le ministère indien de la Défense donne son feu vert à l’achat de 114 Rafale de plus pour 30 milliards d’euros

"Le ministère indien de la Défense ne pouvait pas démentir les fausses informations publiées à l’issue de l’opération Sindoor d’une manière plus éclatante. En effet, ce 12 février, conformément aux recommandations faites par l’Indian Air Force [IAF] en septembre dernier, son Conseil d’acquisition [DAC] a approuvé la commande de 114 avions Rafale supplémentaires pour 30 milliards d’euros, dans le cadre d’un accord intergouvernemental. Pour rappel, l’Inde avait jusqu’à présent l’intention de lancer un appel d’offres pour se procurer 114 nouveaux avions de combat, dans le cadre du programme MRFA [Multi Role Fighter Aircraft], avec des transferts industriels et technologiques à la clé pour répondre aux exigences de la politique « Make in India » et à celle de l’initiative « Aatmani Bhar Bharat » [« Inde autosuffisante »]. Outre le Rafale, le F-21 [une déclinaison du F-16 Viper] de Lockheed-Martin, le Gripen E/F de Saab, le F-15EX Eagle II de Boeing, l’EF2000/Typhoon du consortium européen Eurofighter, le MiG-35 et le Su-35 étaient sur les rangs."

Source : Opex 360

RÉFLEXION

Politiques de la minute de silence

"En attendant les suites de l’enquête, qui établira qui a fait quoi dans cette violente histoire, on peut d’ores-et-déjà s’inquiéter de tout ce qui, précisément sans attendre les suite de l’enquête, se met en branle avec un zèle et une précipitation sordides : l’incrimination de toute une organisation, et au-delà de tout l’antifascisme, et au-delà de toute la gauche. On peut aussi relever avec effroi une réaction présidentielle qui ressemble à beaucoup d’égards à celle qui avait suivi la mise à mort de Nahel Merzouk par un agent de police, mais à un détail près : la jeune victime restait dans le discours présidentiel « un adolescent », sans nom ni prénom, tandis que le militant violent d’une secte monarchiste, suprémaciste et antisémite est appelé par son nom – et même mieux que cela : par son prénom (« Quentin »), comme on évoque un proche, un ami, un membre de la famille. Ces mots-là aussi, les noms propres, sont importants. Leur présence ou absence dit beaucoup. Certains silences, aussi, disent beaucoup. Et certaines minutes de silence."

Source : Les Mots Sont Importants

« Le ramadan devient un contre-rythme, une sobriété choisie »

"Il y a un moment dans l’année que j’attends avec impatience, et ce n’est ni une fête ni des vacances. C’est le ramadan. Il s’agit d’un mois béni, où les musulmans observent le jeûne de l’aube au coucher du soleil. Ce mois de ramadan, je ne le vois pas comme un mois de privation, plutôt comme un mois de retour aux sources. C’est un peu la nourriture du cœur dont on a besoin dans notre société. Une société où l’on nous pousse à consommer tout, partout, tout le temps. Les écrans, le bruit, la foule, les achats compulsifs, le binge watching [visionnage compulsif], la malbouffe, la violence. Bref, tous ces éléments qui constituent la société consumériste d’aujourd’hui, qui nous rendent malades, et nous donnent le mal de la vie. Dans ce tourbillon d’infos et de stimuli dans lequel mon esprit se perd, le ramadan est une pause." Rania Daki, 23 ans, est cofondatrice de La jeunesse populaire et du média Diasporas. Elle se bat pour inscrire la justice sociale au cœur du combat environnemental.

Source : Reporterre

SOCIETÉ

Manger sans viande est-il bon pour la santé ? Un débat récurrent dans l’histoire de la diététique.

"Dans la longue histoire du végétarisme, trois arguments principaux ont été avancés pour justifier le refus – ou le rejet – de la viande. Le plus ancien est d’ordre éthique ; on le retrouve chez certains néo-pythagoriciens de l’Antiquité tardive, qui stigmatisent la violence faite à l’animal lorsqu’on le met à mort pour le consommer. L’argument le plus récent – il date du XXe siècle – est de nature environnementale et pointe les impacts très négatifs de l’élevage intensif, en termes de rejet de gaz à effet de serre ou de prélèvement des eaux. Mais, on l’oublie souvent, l’une des motivations de ceux qui se privent totalement de viande peut être le souci de leur santé. Entretenue par les crises sanitaires à répétition qui touchent le secteur de la production animale depuis le déclenchement de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, surnommée communément « maladie de la vache folle ») à la fin des années 1990, puis ravivée par la mise en évidence des effets cancérogènes d’une consommation soutenue de viande rouge, une méfiance certaine envers la viande s’est installée dans notre paysage."

Source : The Conversation

Comment faire face à l’addiction aux écrans ?

"À Séoul, 61 % des accidents de la route impliquent un·e piéton·ne en train d’utiliser son smartphone, si bien que la Ville installe désormais des panneaux lumineux au sol devant certains feux afin que les passant·es soient averti·es du rouge et du vert sans avoir à relever la tête. En France en 2022, 30,4 % des personnes âgées de 18 à 24 ans déclarent avoir passé au moins 6 heures par jour devant un écran, hors raisons professionnelles ou éducatives (Inserm-Drees). Ce qui nous scandalisait il y a quelques années s’est banalisé : combien sommes-nous à déverrouiller notre téléphone par reconnaissance faciale ? Les effets délétères des écrans sont sus, mesurés, de plus en plus diffusés. En témoignent les rapports qui se multiplient, aux titres évocateurs : « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu”, remis au Président de la République en 2024, ou encore : “Votre attention, s’il vous plaît !”, réalisé par le Conseil de l’intelligence artificielle et du numérique (ex Conseil national du numérique) en 2022. Pourtant, dans les faits, on observe peu de changements. On se dit esclaves de nos téléphones, et puis on passe à autre chose. Pourquoi cette résignation vis-à-vis d’un sujet si central, et comment faire mieux ?"

Source : Frustration magazine

ÉCONOMIE

Marx va avoir raison (IA et lutte des classes)

"On croyait qu’il s’était trompé. Marx va avoir raison. Pas tout à fait comme il pensait dans le détail, mais dans l’idée générale quand même. L’idée générale : le développement des forces productives engendre une modification des rapports de production qui les accompagnent, jusqu’au point d’une mise en contradiction insoluble dans le cadre du mode de production en place. Annonce d’une crise terminale totalement endogène puisque le capitalisme produit lui-même les tensions internes, qu’il rattrape un temps à coup de remaniements historiques, mais qu’il finit, passé un certain seuil, par ne plus pouvoir accommoder. Dans le long terme, le capitalisme creuse sa propre tombe — on appelle ça « la dialectique »."

Source : La Pompe à Phynance (Frédéric Lordon)

Agences de notation | Neutraliser

"La dette, toujours la dette. Elle serait trop élevée, insoutenable, menaçante. On nous répète qu’il n’y a pas d’alternative : il faut la réduire, vite, sous peine de catastrophe. La France serait « en faillite ». La Belgique pourrait « finir comme la Grèce ». Ces refrains, loin d’être nouveaux, accompagnent depuis des décennies – et même des siècles – le discours dominant du capitalisme. Au Nord comme au Sud, la dette sert de prétexte, d’alibi, d’arme politique pour justifier l’austérité et servir les intérêts des puissances économiques et financières. Dans ce « système-dette », les agences de notation occupent une place importante. Chaque dégradation de note fait la une des médias et intensifie la pression sur les gouvernements. Récemment encore, l’État fédéral et les trois Régions (wallonne, bruxelloise et flamande) ont vu leur note abaissée, déclenchant leur lot de discours alarmistes. Comprendre ce que sont réellement ces agences est donc essentiel. Loin d’être neutres, elles sont un rouage du système capitaliste et un instrument au service des marchés financiers. Si leur influence est bien réelle, elles ne sont pas toutes-puissantes, et il est possible de les neutraliser."

Source : CADTM

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