Le plus grand plan de renflouement de l’histoire est resté secret pendant deux ans !

Article repris du site Arrêts sur Images, que je remercie – n’hésitez pas à vous y abonner !

Combien d’argent public l’Etat fédéral américain a-t-il débloqué pour aider les banques opérant aux Etats-Unis ? On avait surtout retenu les 700 milliards de dollars (environ 500 milliards d’euros) d’aides du plan Paulson de 2008. L’agence de presse Bloomberg vient de révéler un plan de soutien d’une tout autre ampleur, resté jusqu’alors largement inconnu : entre 2007 et 2009, la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, a mis sur la table… onze fois plus, pour sauver les banques de la faillite. En toute opacité, et sans que le Parlement ne soit mis au courant. prets bancaires secrets-Bloomberg-28/11/11

Peu médiatisée en Europe, cette révélation pourrait nourrir le débat sur la faiblesse des pouvoirs accordés à la BCE, en comparaison de ceux dont dipose la Fed.

C’était le plus important plan de renflouement financier de l’histoire des banques. Et il a bien failli rester secret. Son montant ? 7 770 milliards de dollars (“7,77 trillion”, en anglais). Pour sauver les banques américaines, la Réserve fédérale (Fed) a accordé une dizaine de mesures diverses, dont des rachats de crédits, des garanties bancaires ou des reports de dates d’expirations de prêts. Mais aussi une bonne part de prêts à court terme, quasiment gratuits, consentis aux plus grands établissements financiers américains. Le dimanche 27 novembre au soir, le site de l’agence de presse financière américaine Bloomberg publiait sur son site une longue enquête sur les “prêts secrets de la Fed”. Relayée par le New York Times, ou reprise en intégralité par le Washington Postl’info n’a eu que très peu d’écho en France, où elle n’a guère été mentionnée que par les sites Atlantico et Slate. Ce sont des échanges entre @sinautes dans les forums qui nous ont alertés…

Pourtant, l’article de Bloomberg, également publié dans un magazine mensuel du groupe aux Etats-Unis, vaut largement le détour. Il détaille, ainsi, que les six plus grosses banques américaines ont reçu en quelques mois 460 milliards de dollars de prêts de la Réserve fédérale. Soit presque trois fois plus que les 160 milliards qui leur ont été versés par ailleurs par le plan Paulson, concocté par le gouvernement américain et validé (après un premier rejet), par le Parlement.

Mais alors que le plan Paulson était public, l’aide de la Fed, dont les “prêts d’urgence”, est restée secrète pendant plus de deux ans ! D’autant plus étonnant que les conditions consenties aux banques étaient particulièrement avantageuses pour les prêts à court terme : “Durant la crise, les prêts de la Fed étaient parmi les moins chers disponibles, le financement étant même possible pour un prix aussi bas que 0,01% en décembre 2008”, souligne Bloomberg.

L’information a été rendue publique à partir de décembre 2010. D’abord parce qu’une loi votée en juillet 2010 par le Congrès, visant à réguler le monde de la finance, oblige la Fed à divulguer ses opérations de soutien au bout de deux ans. Mais l’information diffusée est restée parcellaire, l’institution refusant de donner le détail des sommes versées à chaque banque. Il a fallu que Bloomberg, associée à Fox news, poursuive en justice la Fed et Clearing House, une association de lobbying des banques, pour obtenir la publication des comptes détaillés. Après deux ans de procédures judiciaires au nom du Freedom of information Act, qui ont mené jusqu’à la Cour suprême, les médias ont obtenu gain de cause : une masse de 29 346 pages de documents, recensant 21 000 mouvements financiers, leur a été livrée en trois fois, en décembre 2010, puis en mars et juillet 2011. Tous les prêts et autres facilités de paiement, parfois journaliers, accordés à toutes les banques pendant deux ans, détaillés un à un.
DEUX ANS DE PROCÈS

Le site de Bloomberg consacre un dossier complet à ces prêts, qu’elle a commencé à scruter de près dès le mois d’avril. En mai, l’agence avait déjà repéré les prêts à 0,01%, et en août elle avait fait ses comptes, estimant qu’au pic de la crise, la Fed avait consenti en même temps, pour la seule journée du 5 décembre 2008, “1,2 trillions de dollars”de prêts (1 200 milliards de dollars, soit environ 895 milliards d’euros) à divers établissement financiers. Des banques américaines, bien sûr, mais parmi les 30 plus importants emprunteurs, on dénombrait aussi des compagnies européennes, Royal Bank of Scotland, le Suisse UBS, ou la Société générale et la franco-belge Dexia…

L’article publié fin novembre par Bloomberg est donc une synthèse des diverses informations contenues dans les documents obtenus auprès de la Fed. Mais ils restent relativement flous. Il semble par exemple impossible de dire précisément combien d’argent sur les “7,77 trillions” évoqués a réellement été prêté aux banques.

Ce qui n’empêche pas aux Etats-Unis les critiques de s’indigner devant ces chiffres pharaoniques (la somme représente la moitié du PIB américain).

Avec son talent coutumier, Jon Stewart s’est saisi du sujet le 1er décembre dans son Daily Show sur Comedy Central.7 minutes de délire offusqué, avec comparatifs issus de Star Wars et sacrifice de chaton mignon…

Rappelant qu’aucun responsable de la crise financière n’a été jugé, Stewart intitule sa séquence : “Mais punaise, pourquoi Martha Stewart est-elle allée en prison ?”, en référence à une célébrissime présentatrice télé, spécialisée dans la bonne gestion de son intérieur, qui a été condamnée en 2004 à 5 mois de prison pour fraude boursière.

Il ironise fortement sur le fait que le plan Paulson (le Tarp en anglais, pour “Plan de liquidation des actifs douteux”) n’ait été que la face émergée de l’iceberg, et que presque personne n’ait été au courant, même si la Fed assure que tous les prêts ont été remboursés.

Bloomberg rappelle que plusieurs dirigeants de banques avaient déclaré publiquement que leur établissement était solide et ne craignait pas la crise, au moment même où ils bénéficiaient secrètement de l’aide de la Fed. L’article cite également plusieurs parlementaires, qui assurent qu’ils ne connaissaient pas les détails de ce plan de sauvetage très discret, qui avait lieu au moment même où ils négociaient le plan Paulson. Apparemment, même au Trésor américain, l’équivalent du ministère des Finances, seuls quelques rares initiés étaient mis au courant avec précision…
ALÉA MORAL

prets bancaires secrets-Washington Post-28/11/11 La justification de la Fed est classique. William B. English, directeur du département des affaires monétaires, a expliqué à Bloomberg que ce programme était nécessaire : “Soutenir la stabilité des marchés financiers pendant les périodes de tension extrême est une fonction essentielle des banques centrales. Ces prêts ont permis d’empêcher un effondrement du système financier et de maintenir l’afflux du crédit pour les familles et les entreprises américaines.” (traduction d’Atlantico). Certes. Mais pour Bloomberg, ces mesures ont permis aux banques de gagner de l’argent, en réinvestissant l’argent, prêté à bas coût, ou en le prêtant à d’autres créanciers, à des taux bien supérieurs. L’article estime le gain sur deux ans à environ 13 milliards de dollars pour 190 banques, et à 4,8 milliards pour les six plus grosses banques, soit un quart de leurs profits totaux.Le blog économique du New York Times juge que cette estimation est surévaluée, et préfère souligner que sans les prêts secrets, la plupart des banques se seraient effondrées.

Or, elles sont toujours là, accréditant un peu plus la thèse du “too big to fail”, qui désigne les établissements trop gros pour s’effondrer, les pouvoirs publics étant toujours prêts à mettre la main à la poche pour éviter qu’une grosse partie de l’épargne des citoyens ne s’évapore du jour au lendemain…

Sans aller jusqu’à épouser les thèses de Frédéric Lordon, qui estimait sur notre plateau que dans ce cas de figure, les banques devraient être nationalisées, Bloomberg estime que la situation est susceptible de créer ce que les économistes nomment un “aléa moral” : si les géants bancaires savent qu’ils seront toujours remis sur pied par l’Etat, ils prendront un maximum de risques, sans avoir à en subir le contrecoup, qui pourrait être fatal à une banque plus modeste. Une situation qui inquiète jusqu’au Congrès américain. Ces révélations de Bloomberg, en outre, ne vont certainement pas manquer de nourrir le débat sur la faiblesse des moyens dont dispose, en cas de crise, la BCE. Non seulement la Fed est armée d’un gros bazooka, mais on voit qu’elle l’utilise en secret.

Mise à jour – 15h45 : Comme signalé dans le forum de l’article, la Fed a répondu à Bloomberg, contestant notamment que le programme d’aides d’urgence ait été secret. Bloomberg y a répondu de façon détaillée, reprenant point par point les critiques de l’institution.

32 réponses à [Article] 7 700 milliards de dollars d’aides aux banques américaines…

  1. Helios Le 29 avril 2012 à 06h03
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    Ce qui est amusant (si on peut dire) c’est que des bénéfices fictifs (dûs à l’intervention de la FED), ont donné naissance à des salaires et bonus bien réels.
    C’est un peu la même chose en France, où il semble que la comptabilité des banques soit un peu bizarre, et le résultat qui en découle justifie des ponctions substantielles par le management.
     
     
     
     


  2. Fabrice Le 29 avril 2012 à 07h41
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    Ce qui est effrayant c’est que tout ce que l’on peut en déduire c’est qu’il n’y a plus d’autorité, ni de règle si même un gouvernement comme les Etats-Unis se met à truquer leurs actions.
     
    Comment expliquer à des citoyens qu’on leur retire leur logement parce que les banques ont augmentés de manière exponentielle leurs taux d’intérêt alors que dans le même temps elles bénéficiaient d’un prêt ridiculement par leur gouvernement et par extension financé par leur impôts.
     
    C’est clairement un appel à la la révolte, pour une fois je vais finir par croire les prévisions d’éclatement des USA évoqué par LEAP et que je mettais jusqu’à présent pour le  compte de leur antiaméricanisme. Je n’ose pas imaginer ce qui se trame dans le notre, bien que Olivier et d’autres nous aide à en discerner certains aspect.
     


  3. Galuel Le 29 avril 2012 à 08h17
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    Et à côté de ça le revenu minimal pour un Citoyen est inexistant ou dégressif ?!
    Et l’on se préoccuperait de “l’aléa moral” plutôt que de se préoccuper de donner leur part aux Citoyens Souverains ?
    Drôle de façon d’orienter le débat vers ce qui est évidemment incohérent dans sa construction même au lieu de se préoccuper de dédommager maintenant et pour les générations futures chaque citoyen souverain des inévitables “aléas moraux” liés à un système monétaire parfaitement illégitime !


  4. Marc Le 29 avril 2012 à 08h17
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    J’avais oublié cette histoire, ça date maintenant ! 
    Hallucinant la désinformation des médias français dans cette affaire : à l’époque de quoi parlait on de plus important ???!
    Il faut dire que cela soulève d’importants besoins de réformes, que personne ne veut assumer. On a sauvé le système financier, vu les sommes je n’en doute pas, mais quid de la démocratie et surtout les biais de concurrence… Les banques qui ont fait faillite en 2008 devraient porter plainte


  5. Galuel Le 29 avril 2012 à 08h57
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    “mais quid de la démocratie et surtout les biais de concurrence” ???
    Et le biais sur les DROITS DE L’HOMME, le biais sur l’EGALITE EN DROIT ? Qu’en est-il du BIAIS FONDAMENTAL ?
    C”est ahurisssant de voir à quel point les sujets de second ordre sont évoqués en total oubli du premier…


    • step Le 29 avril 2012 à 17h53
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      en voila des remarques qu’elles sont bonnes 🙂 Personnellement, ce n’est pas l’aléa moral qui me torture, c’est de voir 20% de la population américaine au chômage et la précarité qui s’étend.


  6. Marcailloux Le 29 avril 2012 à 08h58
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    Bonjour,
    Effarant, en effet que de tels flux financiers puissent être camouflés à la presse donc par conséquent au grand public.
    Mais je me pose une question à la quelle j’aimerais avoir un début de réponse: Comment une injection de liquidités de cet ordre n’entraine pas ipso-facto une chute sensible du dollar par rapport aux devises étrangères? Y a-t-il une subtilité qui m’échappe dans les grands principes des équilibres financiers?


    • Galuel Le 29 avril 2012 à 09h22
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      Tant que la “demande” en $ est forte, il n’y aucune raison que son prix relatif varie. Si l’argent ainsi créé ne circule pas, tant qu’il ne circule pas, ou tant qu’il circule hors d’atteinte d’une demande monétaire forte, il garde son pouvoir attractif et donc son pouvoir d’achat.
      Le dépréciement monétaire issu d’un tel schéma de ponzi, d’une pyramide, d’un centre asymétrique et illégitime, ne se fait pas instantanément, mais au fur et à mesure de son expansion, ce n’est qu’au moment où les derniers demandeurs sont pourvus, bien après les premiers, que, tout le monde étant monétisé du nouveau niveau de monnaie moyen ainsi déployé dans l’espace et dans le temps, que son “pouvoir d’achat” est totalement déprecié.
      Le principe des dominos suffit à saisir le phénomène : link to youtube.com
      Comme l’a démontré la <a href=”http://www.creationmonetaire.info/2011/06/theorie-relative-de-la-monnaie-20.html”> Théorie Relative de la Monnaie </a>, seules les monnaies à Dividende Universel sont cohérentes avec les Droits de l’Homme…


  7. toxymoron Le 29 avril 2012 à 10h10
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    …”même si la Fed assure que tous les prêts ont été remboursés”
    Selon cet article link to nakedcapitalism.com
    ce n’est pas du tout vrai.
    Sinon, la plupart des articles du site NakedCapitalism montrent le vrai visage du Capitalisme à la sauce américaine.


  8. Incognitototo Le 29 avril 2012 à 10h57
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    C’est fou ce que les “grands principes économiques et idéologiques” néo-conservateurs ont tout à coup paru secondaires… faut dire qu’il y avait urgence… et c’est loin d’être fini…

    Oui, le silence médiatique français est, pour le moins, étonnant…


    • TOUILEB Mouloud Le 29 avril 2012 à 12h09
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      Le silence des medias est criminel ! Des milliers de gens sont à la rue, dans l’angoisse des factures à régler, d’un logement à trouver, d’un emploi, de soins, … 

      OUI, il s’agit d’un crime à l’échelle planétaire !  


  9. DAN Le 29 avril 2012 à 11h52
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     Aux USA  comme en Europe , l’impunité des banques est comfirmée  Madoff est pratiquement le seul a avoir été condamné par la justice . Nous savons que nos banques ont trafiqué leur bilan avec des plus des values fictives …..la justice ne bouge pas , à part condamner des voleurs de poule et de châtier et de spolier le pauvre citoyen qui ne peut plus payer son logis . Les grands principe de la démocratie se révèlent aujourd’hui comme un vaste mensonge ….


  10. yoananda Le 29 avril 2012 à 13h18
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    On dit merci qui ?
    Je crois que Ron Paul n’y pas pour rien du tout dans l’affaire.
    7.77 Trillions ??? c’est Jovanovich qui va jubiler et se jeter sur l’information a bras raccourcis !
    Concernant ces fameux prêts, s’ils ont été remboursés, on s’en fiche un peu non ? Ce n’est pas des prêts qui ont été fait en une seule fois, ni sur du long terme.
    si je te prête 1, tu me le rends, je te le re-prête, tu me le rends, je te le reprête, etc… ca peut faire des sommes folles, mais au final, c’est toujours 1 que je prête !!!
    Donc, a mon avis, sans en savoir plus ce chiffre de 7.77 trillions, c’est surtout du sensationnalisme.
    Après je trouve qu’on n’y apprends pas grand chose. La FED aide en secret pour ne pas affoler les populations et amplifier la crise ? ben quoi … on s’attend a quoi de sa part ?
    La concentration bancaire ? ben quoi ? tout le monde le savait au début de la crise que les gros poissons allaient manger le petits. Non ?
    A franchement parler, qu’est-ce qui aurait pu être différent ? la FED n’avait aucun choix … ce sont les conséquences de choix datant de plusieurs décennies auparavant.
    Le vrai soucis c’est pourquoi rien n’a changé ? ben la encore … rien de nouveau. Les choses changeront “après” les gros problèmes. Comme d’habitude, c’est dans notre psychisme (faut croire).


  11. Goldfinger Le 29 avril 2012 à 13h36
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    “Il semble par exemple impossible de dire précisément combien d’argent sur les “7,77 trillions” évoqués a réellement été prêté aux banques.”

    “même si la Fed assure que tous les prêts ont été remboursés”    … en totalité ???  🙂
    Il est quand même plus que probable qu’une “petite” partie se soit quand même retrouvée dans l’économie réelle.
    Et je ne suis pas certain que tout cet argent ex nihilo soit effectivement stérilisé par les banques centrales … et la FED en particulier.

    Je me demande vraiment comment et surtout QUAND cela va MAL finir 🙁 car je ne peux plus m’empêcher de penser que cela ne peut que MAL se terminer).
    D’autant que comme ce blog le démontre, nous devons faire face à la conjonction de plusieurs crises (dont la moindre n’est pas la démographie) toutes liées entre elles.


    • yoananda Le 29 avril 2012 à 14h40
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      Dans la mesure ou nous continuons collectivement à faire l’inverse de ce qu’il faudrait, dans moins de 10 ans pour les plus optimistes.
      Si jamais au contraire nous réagissons mieux, alors 30 ans semble raisonnable, et ce sera beaucoup adouci. 
      Si nous faisons carrément ce qu’il faut (et je n’ai pas la prétention de dire que je sais ce qu’il faut faire, juste je pense qu’il existe des solutions) alors “ca ira bien”.
      Concrètement, je ne connais pas tous les pays, mais je pense qu’on ne va pas tous être mangés à la même sauce.  Pour la France, la direction prise est très mauvaise (peu importe qui sera élu, c’est déjà bouclé) … et donc, plus la direction est mauvaise, plus le temps sera “court”.
      Les pays du nord semblent mieux s’en tirer (mais je ne connais pas assez). Donc éventuellement, émigrez chez eux, s’ils vous acceptent. J’ai relativement confiance dans la Japon, après la claque qu’ils se sont pris et vu leur capacité de rebond collectif, je pense qu’il vont s’en sortir beaucoup mieux que nous.
      Les USA a mon avis prennent la mauvaise route.
      Ensuite, on peut regarder a l’intérieur même d’un pays. La situation ne sera pas la même partout. Les villes risquent d’être beaucoup plus touchées. Et même d’une ville à l’autre ce ne sera pas pareil selon la population, les potentiels économiques. Paris me semble être une des pire car elle ne tient qu’en siphonnant la richesse alentour, et les gens la bas planent complètement, ils ne vivent plus dans le monde réel. 
      Certaines zones rurales connaissent une nouvelle vie, semi résistant/maquisarde semi moderne/technologique. C’est la bas qu’on trouve les gens les plus avertis et actifs (et collaboratif). Donc moi je miserai plutôt dans ce genre de lieux.
      Bien sûr c’est une question très complexe, et très difficile a répondre. J’ai essayé d’y répondre au mieux.
      Le quand dépendra donc du “ou” et du “qui”. A mon humble avis. (le quand à déjà commencé pour les pays arabes je pense …)


      • Marcailloux Le 29 avril 2012 à 14h53
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        Merci à Galuel,
        je vais approfondir à partir des références indiquées.


      • Goldfinger Le 29 avril 2012 à 15h23
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        Merci pour la réponse.

        Personne n’a évidemment de boule de cristal (du moins qui fonctionne 🙂  )

        Dans 30 ans nous serons au pic démographique planétaire (ce qui n’est une menace que pour un paradigme basé sur une croissance infinie).
        10 ans n’est effectivement pas impossible à la vitesse où les choses évoluent (et où les mentalités n’évoluent pas [assez vite] !).
        Emeutes certainement et, oui, probablement urbaines. Révolution(s) probablement aussi. … Récupération ???

        Ce qui est terrible c’est que l’on ne peut même pas affirmer qu’il ne faudra pas se rabattre vers des solutions survivalistes alors que nous sommes au XXIème siècle !!! 🙁
        Accaparement des ressources vitales par les plus forts et/ou les plus malins.
        J’en viens parfois aussi à me demander – et c’est un point positif – si les bouées de sauvetage ne viendront pas de certains pays actuellement “émergents”. Même s’il s’agira peut-être d’une forme de revanche historico intellectuelle, cette aide ne sera pas à dédaigner si matériellement elle nous rapproche d’un monde meilleur.

        Nous ne somme peut-être pas sur la même longueur d’ondes mais elles sont en fait très proches. Ce qui me rassure sur ma santé mentale 😉
        Donc doublement merci pour la réponse.


      • step Le 30 avril 2012 à 08h52
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        Plusieurs bémols sur cette analyse que je partage partiellement (en particulier sur le besoin de développer du collaboratif local (des tuyaux larges et courts d’approvisionnements)).

        Les pays nordiques passeront à la moulinette (les pays bas y sont déjà jusqu’au cou, ils n’ont à ce jour plus de gouvernement (cause austérité)). Les autres (norvèges,suède) ont dopés leurs destockage de produits miniers/pétroliers et bénéficient à plein des effets de la bullle actuelle sur les matières premières (jusqu’à quand ? Une bulle ça se dégonfle toujours). Il faut bien voir que leur endettement /pib est d’environ 60/70% quand nous sommes à 85% environ. Il n’y a donc pas de différence fondamentale. Il faut bien voir aussi que leur modèle libéral de service public, même si il est peut être plus efficient, est aussi plus sensible à la conjecture. Par exemple, on hésite pas là bas à licencier des enseignants par exemple, ce qui est un pari d’économie plutôt à courte vue. Il n’y a pas de coordination forte, ni de vision stratégique à long terme, ce qui dans les moments de tension à venir risque de s’avérer plutôt une faiblesse. Il est d’ailleurs patent que ces pays s’orientent lors de chaque éléction vers des partis plutôt dirigistes, ce qui montre le stress social sur l’avenir, et le manque de confiance sur la solidité du système en cours.


        • yoananda Le 30 avril 2012 à 16h30
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          Merci Step, je suis tout prêt a la croire, n’étant pas spéclialiste, loin s’en faut de la question des pays du nord.
          Ca signifie donc que c’est encore pire que je ne le pensais.


          • step Le 01 mai 2012 à 17h38
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            oula mois non plus, il se trouve que je connais indirectement des gens qui y vivent et qu’a force de me les trimballer sous le nez comme des modèles à suivre j’ai fini par me renseigner un minimum. Ils ont un modèle sous bien des aspect intéressant mais plus en période de prospérité que de crise à mon goût.


  12. yoananda Le 29 avril 2012 à 17h04
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    Flash info : “nous les pipoconomistes soutenons hollande” … ont oubliés de dire qu’ils étaient tous fonctionnaires : link to institutdeslibertes.org
    l’article de Charles Gave vaut son pesant de cacahuète !!!
    A lire absolument, c’est un scandale. C’est une honte.


    • Alain Le 29 avril 2012 à 20h41
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      @yoananda,
       
      J’ai parcouru votre lien et il me parait que cet institut est politiquement orienté à droite. Aussi, rien de surprenant que l’orientation socialiste puisse les choquer.
       
      J’aime toujours la notion de LIBERTÉ que la droite essaye de s’approprier (comme dans libéralisme) alors que le vivre-ensemble nécessite des garde-fous et des règles. On le voit d’ailleurs avec la gabegie laissée par 30 ans de libéralisme financier : un chaos de dettes, une régression sociale et une destruction de l’écosystème.
       
      Que je sache, depuis 30 ans, la gauche a été au mieux minoritaire, au pire absente du pouvoir politique. Donc se gausser d’économistes “socialistes” parce qu’ils sont fonctionnaires, ne fera pas oublier les 7’700’000’000’000 dollars nécessaires pour éponger les c****ries des économistes libéraux, sans pour autant apporter une once de prospérité aux peuples.


      • step Le 30 avril 2012 à 09h03
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        il y a surtout que le fait qu’ils soient fonctionnaires ne les dispensent pas par “essence” de réflexions pertinentes….

        Question pertinence de toute façon nous ne sommes actuellement pas gavés de prospectives profondes et d’analyses judicieuses, que ce soit par la campagne en cours ou par les économistes “mainstream”. Dans le pire des cas, ils ont eux aussi une analyse faussée, c’est à dire qu’ils ne valent pas mieux que les autres !

        @Alain, yohananda à un côté libertarien survivaliste non négligeable, il a donc aussi ses forums de références. Qu’il soit à “droite” ne le discrédite pas plus que le fait que l’analyse de “pipoconomistes” soit de “gauche”. Si l’on en reste (pour l’un et pour l’autre) à du simple rejet droite/gauche, cela ne nous sauvera pas collectivement. Il y a dans le libertarisme, une exigeance de transparence qui me parait très pertinente, même si leur modèle sociétal me déplait fortement (la liberté comme seul objectif, est destructif de la démocratie, de la solidarité…). Penser le contraire c’est nier notre nature profonde de primate territorial et agressif.  


        • yoananda Le 30 avril 2012 à 16h37
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          ce que je critique c’est d’avoir dit “nous économistes” au lieu d’avoir dit “nous fonctionnaires” … et la il y a tromperie sur la marchandise. Bien sûr que ca ne les prives pas d’avoir raison, mais ils ont partie pris et ne sont pas du tout objectif.
          Je n’aurais rien dit si le panel était plus hétéroclite.
          Je ne pense pas avoir d’alignement particulier. Je lis la littérature de droite, de gauche, des extrèmes, survivaliste et continuiste aussi. Je ne rejette, au contraire, je trouve que chacun a un point de vue pertinent et j’essaye de voir comment concilier le tout.
          A la rigueur le seul point ou je pourrais avoir un parti pris c’est sur l’Euro et l’EURSS qui en découle. Mais même la, je ne suis pas totalement contre, je comprends leur projet Européen, juste qu’il n’est pas d’actualité selon moi.
          Ce qui débouche, j’ose le croire, sur un point de vue original et conciliant, même s’il est tranché et incisif aussi.


          • step Le 01 mai 2012 à 18h02
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            fonctionnaire n’est pas un métier mais un statut (un type de contrat de travail et un employeur (l’état)). Si tu te présente pour faire valoir tes compétences professionnelles, tu dira que tu es ébéniste ,fleuriste, ouvrier automobile, informaticien, cadre… L’information du CDD ou du CDI auprès de X ou Y viendra plus tard. Personnellement et en dehors de ce forum, je ne me présente jamais en tant que fonctionnaire. je suis informaticien.
            Il se trouve que les années qui ont précédé ont vu se construire un argumentaire “anti-fonctionnaire” par notre dirigeance politique afin de pouvoir les présenter au rayon des boucs émissaires lors de la tonte générale à venir (avec les émigrés, les chinois, les jeunes, les “assistés”…). Cela continue d’ailleurs nous serions aux dernières nouvelles des “privilégiés et des feignants” ou un truc du genre. C’est assez nouveau dans notre démocratie (assez mauvais signe aussi). C’est un peu comme si votre patron vous traitait lors d’une conférence de presse de parasites contre-productifs. (Il y a des optimisations à faire évidemment, mais il n’y a aucune volonté de les faire, ce serait contre-productif pour eux).
            J’ai donc modestement essayé de déminer ces éléments de langage car ils n’ont comme objectif (à mes yeux) que de “cliver” afin de conserver la maîtrise du pouvoir politique tout en suivant une politique nuisible aux deux parties. Que cela oriente ma vision du monde, certainement, je me suis engagé dans le service au public pour améliorer le bonheur collectif, pas pour servir de pinata. Je pense qu’il en est de même pour ces économistes fonctionnaires. Je ne doute pas que les “économistes soutenant X ou Y” ont aussi leurs petits intérêts personnels.


  13. Lo2 Le 29 avril 2012 à 17h27
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    Ca me rapelle l’esprit de Munich lancé par l’economiste Jacques  Généreux.Ce qui s’est passé est tout simplement criminel et donc contre l’intérêt des peuples. Nul doute que les conséquences seront desastreuses pour beaucoup de peuples dont les USA of course.Rien n’a été sauvé. Rien!


  14. Patrick Luder Le 29 avril 2012 à 20h36
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    Au premier abord, on pourrait penser que les ingénieurs financiers ont trouvé le moyen d’émettre de la monnaie non soutenue et sans la faire tomber. Mais les dettes accumulées sont bien réelles et ne pourront pas être remboursées avec la perspective d’une conjonction des futures grandes crises à venir. A la guerre comme à la guerre, il faudra redoubler d’effort en ayant tout perdu !


  15. Mano Le 30 avril 2012 à 09h01
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    Si j’ai bien compris, les 7,7 milliards de dollars représentent une “facilité de crédit” accordée aux banques, lesquelles n’auraient utilisé pour l’instant que 1,4 milliards, est-ce bien cela?


    • Amsterdamois Le 30 avril 2012 à 15h51
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      @ Mano
      p’tite erreur : 7 770 milliards [sept MILLE sept cent soixante dix milliards : 7 770 000 000 000]


  16. Mano Le 30 avril 2012 à 15h59
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    Exact, je me suis gouré dans les décimales, mais n’ai-je pas bien vu quelque part que sur les 7770 milliards seulement 1400 avaient été consommés?


  17. dot Le 02 mai 2012 à 09h06
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    Cette information est sur le site de Biosphère pour Demain “www.dakttari.org” depuis plusieurs mois, premier site en France à avoir fait mention de ces pratiques.


    • Mano Le 02 mai 2012 à 09h54
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      Euh non, ce n’est pas dans ce site que j’ai vu cette information (je n’ai pas pour habitude de fumer la moquette…) mais il me semble que c’est en suivant un lien fourni par OB que je ne retrouve plus maintenant (trop d’information tue etc…)


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