Source : La Tribune, Romaric Godin, 31/03/2016

Le taux de chômage au sens national est stable à 6,2 % en mars en Allemagne. (Crédits : © Thomas Peter / Reuters)

Le taux de chômage au sens national est stable à 6,2 % en mars en Allemagne. (Crédits : © Thomas Peter / Reuters)

Le nombre de demandeurs d’emplois a reculé de 87.000 personnes sur un an en mars, en données brutes. Le taux de chômage allemand est le plus bas de l’UE. Quels sont les ressorts qui expliquent cette performance ?

L’emploi allemand demeure le plus vigoureux d’Europe. En mars 2016, le nombre de chômeurs en données brutes et selon la définition de l’agence fédérale de l’Emploi (BA) a reculé de 86.614 personnes à 2,84 millions de demandeurs d’emplois. C’est un recul de 3 % par rapport à mars 2015. En données corrigées des variations saisonnières, le nombre de chômeurs est stable, ce qui met fin à une baisse de cinq mois. Le taux de chômage au sens national est resté stable à 6,2 %, mais au sens de l’Organisation internationale du Travail (OIT), il demeurait en février le plus faible de l’Union européenne avec 4,3 % de la population active.

Malgré les apparences du chiffre brut, le mois de mars n’a donc pas été un grand cru pour l’emploi allemand. Mais il n’en demeure pas moins que le marché du travail allemand reste celui qui a connu l’amélioration la plus spectaculaire de ces dix dernières années. Voici dix ans, en février 2006, le taux de chômage allemand était à 10,5 % au sens de l’OIT, il était même monté à 11,2 % à l’été 2005. La décru est donc spectaculaire. D’autant plus que, la population active a, parallèlement, stagné.

L’effet conjoncturel limité

A l’heure où la France s’interroge sur le fonctionnement de son marché du travail, il n’est pas inutile de rappeler quels ont été les moteurs de cette baisse du chômage outre-Rhin. On peut identifier trois éléments. Le premier est conjoncturel. La croissance allemande s’est montrée depuis 2005 plus vigoureuse en moyenne que celle de la zone euro, à l’exception de 2009. Cette croissance a été un pourvoyeur important d’emplois, notamment dans la construction et l’industrie. Mais, cet effet conjoncturel devient de plus en plus faible. « Depuis la grande récession de 2008 et 2009, les évolutions de la conjoncture et de l’emploi semblent être de plus en plus découplées », souligne la BA dans son bulletin mensuel de ce jeudi 31 mars. Une étude publiée en 2014 estimait que l’impact conjoncturel a été divisé par deux par rapport aux années 1990 et 1970. Ainsi, la force industrielle de l’Allemagne n’est pas le vrai moteur de l’emploi. En un an, en janvier 2016, l’industrie manufacturière a certes créé 89.400 emplois, mais ce n’est que 12,2 % du total des créations.

Le vieillissement de la population

Le deuxième élément expliquant la baisse du chômage allemand est donc structurel. Il s’explique d’abord par une évolution sectorielle liée au vieillissement de la population. Les besoins dans les secteurs des services à la personne, des aides aux personnes âgées et de la santé sont de forts pourvoyeurs d’emploi outre-Rhin. Sur un an, en janvier 2016, pas moins de 207.300 emplois ont été créés dans ces secteurs, soit 28,4 % des emplois créés. Les besoins continuent à être immenses dans ce domaine. Selon les prévisions de l’office fédéral des statistiques, Destatis, la population de plus de 65 ans devrait croître entre 2013 et 2020 de 1,5 million de personnes, puis, entre 2020 et 2030, de 3,5 millions de personnes. Cet élément est structurel, il s’accompagne du reste d’une tension sur le marché du travail du fait de la structure démographique qui soutient le marché du travail. Les sorties massives du marché du travail ont créé un appel d’air qu’il alimente précisément par les besoins qu’il crée. Ce phénomène est naturellement plus lent dans des pays à la démographie plus dynamique et à la protection sociale (publique ou privée) moins développée.

La faiblesse de la productivité dans les services

Un autre moteur des créations d’emplois outre-Rhin réside dans la faiblesse de la productivité du secteur des services. C’est un des apports des « réformes Schröder », mais surtout de la forte modération salariale qui les a accompagnées. Disposant d’une main d’œuvre bon marché et « flexible » en temps, les entreprises des services ont préféré embaucher que d’augmenter leur productivité. Entre 2005 et 2015, la productivité par tête de l’ensemble de l’économie allemande a progressé de 4,8 %. Mais tous les secteurs des services affichent une croissance de la productivité plus faible. Dans le commerce de détail, elle a progressé de 2,3 %, mais dans les services aux entreprises, elle a reculé de 15 % !

Même si la phase de modération salariale est terminée depuis 2013, cette situation de faible productivité perdure. Du coup, ce secteur a créé beaucoup d’emplois sur la période et encore 78.300 entre janvier 2015 et janvier 2016, soit quasi autant que l’industrie. Cette baisse de la productivité liée à une forte modération salariale a été le fer de lance de l’amélioration de la compétitivité allemande dans les années 2005-2010. Avec une conséquence néanmoins au niveau européen. En améliorant par la modération salariale des fournisseurs de services des entreprises la compétitivité externe de ses exportateurs, l’Allemagne a réduit celle de ses “partenaires” de l’union monétaire. Ce qui a conduit à la formation de bulles au sein de l’union monétaire qui ont débouché sur la crise de 2010 et sur une “adaptation” violente qui a créé un fort chômage dans certains pays. Dans une certaine mesure, l’Allemagne a donc « exporté » son chômage vers ces pays. Autre conséquence : la faible productivité dans ces secteurs pourrait conduire à une perte de compétitivité hors coût et à des difficultés d’embauches à terme compte tenu de l’évolution démographique.

Rééquilibrage de l’économie

Enfin, le rééquilibrage en cours de l’économie allemande autour de la consommation des ménages dope l’emploi dans les secteurs du commerce de détail et de l’hôtellerie-restauration. Ce jeudi 31 mars, on a appris la forte hausse de 5,4 % des ventes au détail en février sur un an, une hausse se concentrant précisément sur ces deux secteurs. S’il y a un aspect conjoncturel dans cette progression, on remarque que la fin de la modération salariale depuis 2013 et le quasi plein-emploi permet d’envisager cette forte consommation comme un nouveau « pilier » de l’économie allemande. Logiquement, le secteur de l’hôtellerie-restauration recrute donc aussi beaucoup : 50.000 personnes sur un an en janvier 2016.

Partage accru du temps de travail

Outre la conjoncture et les éléments sectoriels, le dernier élément d’explication de la croissance de l’emploi en Allemagne est le partage du temps de travail. Selon les statistiques publiées par l’institut de recherche de la BA, l’IAB,en mars dernier, le volume d’heures travaillées a progressé en Allemagne de 6,3 % entre 2005 et 2015, mais le nombre de salariés a progressé de 10,8 %. On a donc divisé l’activité pour créer davantage d’emplois. Le nombre d’heures travaillées en moyenne par chaque salarié, en prenant en compte les travaux secondaires, les heures supplémentaires et les arrêts maladies a ainsi, sur cette même période reculer de 2,3 % à 1.303,9 heures annuelles en 2015, soit 30,99 heures par semaine. En incluant tous les actifs, ce nombre d’heures travaillés recule même de 2,9 %.

Une baisse du chômage basée sur les emplois à temps partiel

Le « miracle allemand » de l’emploi est donc celui d’une division accrue du temps de travail. Les salariés travaillent davantage, mais moins longtemps. Le développement des minijobs est un exemple souvent cité pour illustrer ce phénomène, mais l’introduction du salaire minimum fédéral le 1er janvier 2015 a réduit son attrait et le nombre de personne sous ce régime décroît. En revanche, les emplois créés sont encore très majoritairement des emplois à temps partiels. En janvier 2016, 731.000 emplois avaient été créés sur un an et 414.000 d’entre eux, soit 57 % du total étaient des emplois à temps partiel. La tendance est, du reste, très favorable à ces emplois partiels : ils ont progressé entre janvier 2015 et janvier 2016 de 5,2 % contre une hausse de seulement 1,5 % pour les emplois à temps plein.

La baisse du chômage outre-Rhin est surtout fondée sur des emplois à temps partiel. Entre 2005 et 2015, selon l’IAB, le nombre salariés travaillant à temps partiel a progressé de 2,9 millions, tandis que le nombre de salariés travaillant à temps plein est en hausse d’un peu moins d’un million, soit trois fois moins ! Leur proportion sur le total des salariés est passée de 34,3 % à 38,3 %. On constate, du reste, que si le volume d’heures travaillées par des salariés à temps plein a reculé de 0,35 % en dix temps, tandis que le volume d’heures travaillées par des salariés à temps partiel a cru de 10,1 %. Bref, l’essentiel de l’activité nouvelle a été réalisée par des emplois à temps partiel. En Allemagne, les réformes et la flexibilité du marché du travail n’ont donc pas permis de réduire la dualité de ce marché, elle l’a au contraire accrue et ceci ne va pas sans poser de problèmes : plus de 3 millions de salariés souhaiteraient aujourd’hui travailler davantage, selon Destatis. En moyenne, un salarié à temps partiel travaille 19 heures outre-Rhin.

Quelle évolution dans les mois à venir ?

Malgré ces éléments structurels, la situation du marché du travail allemand pourrait se stabiliser, voire ensuite se dégrader tout en restant à un niveau de chômage très faible. Le sous-indice emploi de l’enquête IFO a montré une détérioration ces derniers mois. La situation actuelle de l’industrie allemande n’est pas claire, mais le ralentissement des pays émergents pourrait l’amener à créer moins d’emplois. La hausse des salaires devrait se poursuivre et inciter les chefs d’entreprise à jouer davantage sur les gains de productivité et moins sur les embauches. Enfin, comme le souligne le bulletin mensuel de la BA, l’entrée progressive sur le marché du travail des réfugiés arrivés en 2015 en Allemagne devrait « être progressivement de plus en plus visible. » En mars, on a compté outre-Rhin 54.000 étrangers non-européens au chômage, une hausse de 78,9 % sur un an… La BA assure cependant que les effets à terme de cette immigration pourraient être positifs sur un marché du travail où l’on identifie de plus en plus de manque de main d’œuvre.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 31/03/2016

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15 réponses à Allemagne : les moteurs de la baisse du chômage, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

natoistan Le 08 avril 2016 à 03h55

A noter que les couts de l’alimentation,de l’immobilier(pays de locataires) et de nombreux services sont bien moins chers qu’en France.Il y a deux classes de travailleurs:les super qualifiés(rares donc très bien payés)et les travailleurs pauvres.Il y a de moins en moins de classe moyenne et plus de femmes ne travaillent pas volontairement ou pas car les structures de garderie et pré scolaires sont moins développées.Les investissements dans les infrastructures font défaut(tout tombe en ruine).
Le pays est beaucoup plus syndicalisé ce qui peut sembler paradoxal mais on cherche toujours à trouver un accord win win quand c’est possible(pour les bons jobs et l’industrie)avant la grève.A noter que la pseudo réforme du marché du travail a été réalisée quand aucun autre pays ne s’y mettait elle serait donc contre productive ailleurs en ce moment car entrainant une chute de la consommation et encore plus de déflation.Donc messieurs Macron et autres néo libéraux..inutile.

  1. natoistan Le 08 avril 2016 à 03h55
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    A noter que les couts de l’alimentation,de l’immobilier(pays de locataires) et de nombreux services sont bien moins chers qu’en France.Il y a deux classes de travailleurs:les super qualifiés(rares donc très bien payés)et les travailleurs pauvres.Il y a de moins en moins de classe moyenne et plus de femmes ne travaillent pas volontairement ou pas car les structures de garderie et pré scolaires sont moins développées.Les investissements dans les infrastructures font défaut(tout tombe en ruine).
    Le pays est beaucoup plus syndicalisé ce qui peut sembler paradoxal mais on cherche toujours à trouver un accord win win quand c’est possible(pour les bons jobs et l’industrie)avant la grève.A noter que la pseudo réforme du marché du travail a été réalisée quand aucun autre pays ne s’y mettait elle serait donc contre productive ailleurs en ce moment car entrainant une chute de la consommation et encore plus de déflation.Donc messieurs Macron et autres néo libéraux..inutile.


  2. Phil Le 08 avril 2016 à 08h20
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    Comparatif des pyramides des ages entre la France et l’Allemagne :

    http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/wp-content/uploads/2012/09/G1_Blog27-09.jpg


  3. yann Le 08 avril 2016 à 10h04
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    La véritable explication de la situation en Allemagne est son excédent commerciale liée à l’euro. L’allemagne exporte sa crise de la demande intérieure à travers ses excédents. En fait c’est l’explosion du chômage en France en Italie et dans le reste de l’Europe qui permet une meilleure situation économique en Allemagne. Sans l’euro et l’excédent commercial l’Allemagne aurait un taux de chômage très élevé et une récession permanente. Cette situation ne pourra pas durée les autres pays ne pourront pas supporter ce pillage éternellement. L’Allemagne n’est pas un modèle tous le monde ne peut pas avoir d’excédents en même temps. En faisant faire faillite à ses clients l’Allemagne va voir le retour de bâton de son modèle économique mercantiliste et agressif.


    • dervan Le 08 avril 2016 à 10h30
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      Si en fait!!!! les autres pays européens de niveau de vie comparable à l’ Allemagne vont très bien supporter la razzia allemande : après tout la loi travail en France ou en Italie n’ est ce pas quelque part une réponse par le bas à la politique salariale allemande entre autre?
      Par ailleurs, une chose m’ étonne : l’ article de Godin fait référence à une moindre productivité depuis 2005 dans les services aux entreprises. Or si vous avez lu le rapport Pisani sur l’ avenir de la France, il met en avant l’ idée que si l’ industrie allemande est plus compétitive que l’ industrie française, ce n’ est pas tant par les gains de productivité industriels que par les gains de productivité dans les services aux entreprises!!! Bon alors qui croire????


      • yann Le 08 avril 2016 à 10h51
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        En imitant l’Allemagne il vont remettre en question le modèle allemand. Puisque ces pays vont réduire leurs importations en cassant leur demande intérieure. C’est le cercle vicieux que dénonçait Keynes dans les années 30 et qui a nourri la grande dépression. Chaque pays essayant de tirer sa croissance grace aux excédents vis-à-is de son voisin. Quand les excédents allemands commenceront à reculer à cause de la contraction de la demande en Italie et en France, elle redonnera un nouveau tour de vis aux salariés.

        Du reste l’immigration actuelle en allemagne est une réponse à la légère augmentation des salaires. En effet le presque plein emploi en Allemagne pousse les salaires à la hausse. L’engoument soudain du patronat allemand pour l’immigration vise non pas à relancer la demande intérieure comme le stipule cette article mais bien à ralentir la hausse des salaires voir à les faire diminuer.


        • Annouchka Le 08 avril 2016 à 15h57
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          Au lieu de faire venir des travailleurs immigrés extra-européens, pourquoi le patronat allemand ne favorise-t-il pas la mobilité vers l’Allemagne des salariés européens au chômage.

          C’est un point que je n’arrive pas à comprendre.


      • Furax Le 08 avril 2016 à 11h29
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        Il ne faut pas se tromper de diagnostic. Ce qu’explique très justement cet article, c’est que ce n’est pas le cadre juridique qui est la cause du fait que les performances économiques allemandes soient relativement meilleures que celles des autres pays européens.

        La précarité et la souplesse juridique accrues de la loi El Khomry ou de ce que nous annoncent les candidats à la primaire LR ne changeront quasiment rien à la compétitivité de l’offre économique française.

        L’Allemagne a surtout comprimé ses coûts pour évincer ses concurrents via un rapport qualité-prix plus favorable : baisse des salaires, baisse des allocations publiques (et donc des charges sur les entreprises).

        Quant au sujet industrie-service, il faut savoir que dans les consommations intermédiaires nécessaires à la fabrication d’un bien industriel, il y a énormément de services. Ce n’est pas pour rien que les services représentent une très forte majorité de nos PIB. Ce n’est pas pour rien que le secteur du frêt routier est sinistré. Le travail détaché y a fait baisser les prix via les salaires des travailleurs de l’est. Et qui sont les principaux affrêteurs ? Les grands industriels qui livrent leurs clients et distributeurs.


      • LS Le 08 avril 2016 à 11h38
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        @dervan : pour répondre vite à votre question :
        Tout dépend de la manière de définir l’indicateur “mesurant” la productivité : PIB / tête ou PIB / masse salariale.
        Vous pouvez avoir le cas où le premier indicateur stagne voire régresse alors que le second augmente. Les entreprises sont alors incitées à substituer le capital par le travail. Selon Keynes, ce n’est pas tenable dans la durée, sauf planche à billet illimité.


  4. Wilemo Le 08 avril 2016 à 13h14
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    Pour reprendre un com’ précédent, les rapports sont multiples, et souvent contradictoires. Mais d’aucun , pas plus que cet article, ne signale cet “impensé” : pourquoi, dans une U.E. censée être fraternelle, faut-il constamment que l’on compare des modèles autrement que pour améliorer la fraternité (i.e. la redistribution entre membres) ?
    La problématique n’est pas tel ou tel modèle, mais la concurrence exacerbée que cela entraîne. Perso, je ne veux pas me battre contre mes voisins. Ce n’est pas l’Europe qu’on m’a vendu dans les années 90.


    • patrick Le 09 avril 2016 à 13h36
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      ce n’est pas l”Europe” qu’on nous a vendu mais c’est l”UE” qui se construit.
      la pièce maîtresse étant l’euro qui ne permet aux différents pays d’adapter le niveau de leurs monnaies.
      avec des monnaies indépendantes, ce problème de différence de compétitivité serait règlé par des dévaluations.


  5. Chris Le 08 avril 2016 à 14h07
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    “pourquoi, dans une U.E. censée être fraternelle”
    Vous rêvez, mon cher.
    L’UE c’est la guerre… économique qui s’est substituée aux conflits militaires.
    Relisez le traité de Lisbonne pour vous en convaincre. C’est écrit en toutes lettres.
    Quant à la vente vertueuse de l’UE des années 1990, pure charlatanisme politique. Philippe Seguin nous avait pourtant bien mis en garde.
    https://www.youtube.com/watch?v=mTaPLQtFHsY
    La version longue est plus intéressante, car il développe ce que nous connaissons aujourd’hui.


    • globule rouge Le 09 avril 2016 à 01h18
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      Le discours de Mendes France du 18 janvier 1957, a aussi pas mal d’elements prémonitoires quand on le compare a notre situation actuelle.


  6. nobody Le 08 avril 2016 à 17h21
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    Quelques chiffres tirés du livre de Mélenchon, “Le hareng de Bismarck” (brûlot anti-allemand):

    Un océan de pauvreté : 16% de la population vit sous le seuil de pauvreté

    La paie au rabais : 20% des salariés (7 millions ) sont des travailleurs pauvres gagnant 450€/mois (minijobs)

    Précarité : 25% des contrats sont des CDD (13% en France). L’interim a cru de 100% en 10 ans (20% pour les CDD)

    Salaire moyen en baisse de 4.2% en 10 ans. La part de la richesse produite répartie en salaire a fondu de 9% de PIB en 10 ans (à comparer à une baisse de 10% en 30 ans pour la France).
    Le SMIC allemand ne s’applique pas dans toutes les branches (je viens d’aller faire un tour sur leur site Pôle Emploi (Jobbörse), et j’y ai trouvé une quantité de « minijobs » dans les offres (avec précision qu’il n’y avait pas d’obligation de Sécu. pour ces postes)).

    Le chômage effacé à la gomme : 1.5 million de personnes rayées des liste dans les années 2000. Un chômeur de 58 ans sur 2 n’était pas compté dans les statistiques officielles en 2011. Les chômeurs doivent accepter n’importe quel job ( y compris des minijobs), voire des travaux d’intérêt général payés 1€ de l’heure.


    • patrick Le 09 avril 2016 à 13h40
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      salariés pauvres : les allemands s’en fichent , la plupart sont des immigrés
      Statut précaires , CDD ? : même chose
      Salaire moyen en baisse ? : aucune importance , la moyenne baisse à cause des salaires des immigrés ( voir plus haut ).
      SMIC allemand ? : voir ci-dessus
      etc …

      à partir du moment où on peut exploiter les travailleurs étrangers, il n’y a pas de problème.


  7. clauzip12 Le 13 avril 2016 à 12h23
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    Il faudra bien un jour comparer ,non sur des chiffres globaux mais sur des analyses de détail.
    Un salarié ce n’est pas un chiffre,c’est un .temps de travail,un revenu,des services sociaux complémentaires.
    Les néo-libéraux présentent toujours l’Allemagne comme la référence européenne.
    La pauvreté augmente en Allemagne,qui en parle?


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