Un gars lucide, ça fait du bien ! Un concentré de bon sens. Problème : les gars lucides, ils ne sont plus au pouvoir !!!

Titre original : « Nous nous saluons ainsi depuis plus de 14 ans » [NdT. j’ai choisi cet autre titre, un peu plus adapté à la gravité de la situation !]

Au plus fort de la crise ukrainienne, Gerhard Schröder a célébré son 70e anniversaire avec le président russe. Dans cette interview, il explique pourquoi nous devrions mieux écouter Vladimir Poutine.

Ça sent le cigare dans le couloir de Gerhard Schröder. L’ancien Chancelier reçoit dans son bureau à Hanovre. Dans une interview pour les journaux allemand « die Welt » et suisse « Sonntagsblick », il parle pour la première fois publiquement de son anniversaire avec Vladimir Poutine.

Welt am Sonntag : « le favori du Tsar » et « l’entreprise Schröder », « les fréquentations bizarres de Schröder », « l’impudente familiarité de Schröder », « déficit de caractère » – M. Schröder, quelle est votre réaction lorsque vous lisez ce genre de commentaires ?

Gerhard Schröder : Aucune. J’ai déjà vécu cela auparavant et c’est la raison pour laquelle cela ne me surprend pas. Pendant les discussions houleuses avec les États-Unis lors au sujet de la guerre en Irak, les mêmes journalistes n’avaient attaqué avec la même violence. S’ils avaient pu en décider, l’Allemagne aurait fait cause commune en Irak avec les Américains. J’avais raison à l’époque, et je suis d’avis qu’il est aujourd’hui juste de discuter avec le président russe.

WAS : Était-ce le geste correct aussi peu de temps après l’annexion de la Crimée par Vladimir Poutine ? Ou n’avez-vous tout simplement pas prêté attention au fait que vous étiez photographié ?

Schröder : Bien sûr que je me savais photographié. Mais je n’ai rien à cacher, et je ne vais pas non plus me contorsionner. Depuis que je connais Vladimir Poutine, soit plus de 14 ans, nous nous saluons de cette manière. Je ne vais pas changer cela dans une période difficile.

WAS : Sans ces images, les gros titres de la presse auraient été moins sévères.

Schröder : Toute personne qui tente d’exprimer une position différente à propos du problème ukrainien doit actuellement compter avec des commentaires durs, parfois injustes dans les médias allemands. On a même accusé l’ancien chancelier Helmut Schmidt de ne plus être intellectuellement à la hauteur. Quelle insolence ! Incidemment, ce faisant, les journalistes allemands écrivent au rebours de l’opinion d’une grande partie de leurs lecteurs.

WAS : Comment en est-on arrivé à cette fête d’anniversaire à St-Pétersbourg ?

Schröder : Je suis le président du comité d’actionnaires de la société de gazoduc Nord Stream, un joint-venture européen avec des actionnaires russes, français, allemands et hollandais. En automne, les actionnaires ont décidé d’organiser à l’occasion de mon 70e anniversaire une réception à Saint-Pétersbourg.

WAS : Pourquoi Poutine y a-t-il participé ?

Schröder : Il a été invité.

WAS : Mais vous êtes l’homme à l’honneur. N’avez-vous eu aucune influence sur la liste des invités ?

Schröder : Le président russe n’est pas « persona non grata ». Je suis heureux qu’il soit venu – aussi parce que je savais qu’il y avait la possibilité d’avoir un entretien.

WAS : Pensiez-vous parler de l’Ukraine à Poutine ?

Schröder : Oui. En ce qui concerne la libération des observateurs militaires de l’OSCE, cela a même conduit à un résultat positif. J’ai utilisé l’entretien avec le président Poutine pour le prier d’aider à la libération des otages.

WAS : L’entretien a-t-il eu lieu en tête-à-tête ?

Schröder : J’ai parlé avec lui en privé. Mais sur cette question, d’autres intervenants étaient là également. Pour l’un d’entre eux, M. Missfelder, cela a même été débattu publiquement.

WAS : Dans quel climat se sont déroulées ces discussions ?

Schröder : amical, mais aussi sérieux. Mais je ne révèle jamais les détails de discussions confidentielles. Je m’y tiendrai également dans ce cas.

WAS : Avez-vous informé à l’avance Angela Merkel de votre rencontre avec Poutine ?

Schröder : Non, ce n’est pas mon genre d’informer quiconque de mes rencontres à l’avance.

WAS : Pas même pas votre ami, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier ?

Schröder : Frank-Walter Steinmeier l’a dit lui-même publiquement il y a peu de temps : Quand j’assiste comme personne privée à un événement, je n’ai pas à demander l’autorisation à qui que ce soit au sein du gouvernement.

WAS : Vous discutez avec Steinmeier au sujet de cette crise ?

Schröder : Nous avons des échanges occasionnels. Mais nous n’avons pas parlé dans le cadre de ce voyage.

Monde dimanche : Vous êtes à la solde d’une entreprise, dont une partie est détenue par l’État russe. Comprenez-vous qu’on puisse le critiquer ?

Schröder : Non, parce que Nord Stream est une entreprise européenne dont le siège est en Suisse. Les actionnaires en sont Gazprom, les entreprises allemandes E.on et BASF-Wintershall, Gasunie des Pays-Bas et Gaz de France-Suez de France. Gazprom détient la majorité mais je suis absolument indépendant dans mes décisions.

WAS : Est-on encore un simple individu, si l’on a été Chancelier ?

Schröder : On est une personne privée mais je me considère toujours encore comme un homme politique. Il y a des choses qu’un ex-chancelier ne devrait pas faire comme critiquer le gouvernement allemand à l’étranger. On doit utiliser certaines situation pour parler de questions d’actualité, comme le sort des observateurs de L’OSCE. C’est ce que j’ai fait.

WAS : Quelle importance accordez-vous à votre place laissée dans l’Histoire ?

Schröder : Ce sera un jour le devoir d’historiens d’en juger. En général on ne devient un personnage historique que quand on est mort. Moi, je suis vivant.

WAS : Qu’est-ce que vous lie à la Russie?

Schröder : Le cœur de ma relation avec la Russie n’est pas mon amitié avec le Président, ni le fait que j’ai adopté deux enfants d’origine russe. Ma relation avec le pays et ses habitants a un arrière-plan historique. Nous autres, Allemands, avons été responsables de 25 millions de morts en ex-Union soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale. La réconciliation avec la Russie relève du miracle pour moi.

En Russie, il y a une grande sympathie pour l’Allemagne. J’ai toujours été fasciné de voir cela après les terribles événements de la Seconde Guerre mondiale. Et c’est un bien précieux, que nous ne devrions pas dilapider maintenant.

WAS : Comprenez-vous l’anxiété très concrète qui anime en ce moment les pays situés entre nous et la Russie ?

Schröder : Tous ceux qui connaissent l’histoire de l’occupation et de la répression par l’Union Soviétique comprennent qu’il y a des peurs d’origine historique en Europe de l’Est.

WAS : Après l’annexion de la Crimée, beaucoup de gens redoutent que la Russie ne s’approprie l’Ukraine orientale et rêve peut-être aux Pays baltes.

Schröder : L’idée que la Russie aurait un intérêt quelconque à intervenir dans des pays de l’OTAN n’a rien à voir avec la réalité.

WAS : Comment pouvez-vous le savoir ?

Schröder : Les pays d’Europe orientale sont membres de l’Union européenne et de l’OTAN depuis plus de dix ans. D’ailleurs, nous avons terminé le processus d’adhésion au cours de mon mandat de Chancelier, sans que la Russie ne s’y soit opposée.

La sécurité et la souveraineté de ces pays sont donc garantis. Nous devons respecter les sensibilités qui s’expriment dans ces pays. Mais de telles émotions sont mauvaises conseillères pour la politique réelle.

WAS : La Russie est-elle devenue plus démocratique au cours des dernières années, ou voyez-vous des reculs ?

Schröder : Après le chaos des années Eltsine, la Russie a regagné en stabilité avec le président Poutine. Une Russie stable est dans notre intérêt européen. Mais il y a sans aucun doute aussi des évolutions négatives. Je considère que les lois discriminatoires à l’égard des homosexuels sont une erreur.

WAS : Concernant l’évolution du conflit en Ukraine, la Russie de Poutine a répondu très autoritairement.

Schröder : Il y a eu des erreurs de chaque côté. La sécession de la Crimée est controversée du point de vue du droit international, mais c’est une réalité. La Crimée a décidé lors d’un référendum qu’elle voulait faire partie de la Russie. C’est un fait accompli.

WAS : Il y a eu un référendum fait à la va-vite, sans contrôle public ni observateurs internationaux, et la population a opté pour le détachement de l’Ukraine. Les Russes ont annexé la Crimée. Était-ce la bonne solution ?

Schröder : C’est la réalité.

WAS : Quelle est la principale raison de l’aggravation de la crise que nous constatons actuellement ?

Schröder : L’erreur fondamentale a été la politique d’association de l’UE. L’UE a ignoré que l’Ukraine est un pays profondément divisé culturellement. Depuis toujours les gens du sud et de l’est de l’Ukraine se sont orientés vers la Russie, et l’ouest plutôt vers l’UE. On aurait pu parler d’un accord d’association, mais en même temps en parler avec la Russie ! Le « tout ou rien » – soit l’association avec l’Union européenne soit l’union douanière avec la Russie – a été l’erreur initiale.

WAS : La première faute n’a-t-elle pas été d’avoir un président et un système corrompus en Ukraine ?

Schröder : C’est exact, mais le président déchu était arrivé au pouvoir par des élections libres.

WAS : D’après vous, comment ce gouvernement provisoire est-il arrivé au pouvoir ?

Schröder : Je ne connais pas le droit constitutionnel de l’Ukraine, c’est pourquoi je ne veux pas juger. Mais après l’entrée en fonction de ce nouveau gouvernement, de graves erreurs ont été commises. Quelle a été leur première décision? Abolir le russe comme langue officielle. De plus, la partie orientale du pays n’est pas représentée dans le gouvernement. Cela crée de la méfiance, de même que la participation d’un parti d’extrême droite au gouvernement. L’effet produit sur beaucoup de gens dans l’est et le sud du pays est compréhensible.

WAS : Comment Kiev peut-elle rétablir la confiance après tous ces conflits ?

Schröder : Avec une véritable fédéralisation du pays. Avec l’autonomie de ces régions. Je pense que le monopole du pouvoir de l’État ne peut être établi que par un État fédéral. En Suisse et en Allemagne, nous avons eu des expériences positives avec des systèmes fédéraux.

WAS : Croyez-vous que les régions en ébullition de l’est du pays vont participer à l’élection présidentielle du 25 mai, et qu’elles sont également prêtes à en accepter le résultat ?

Schröder : Il faut l’espérer. Et j’espère que le gouvernement central et les séparatistes vont cesser leurs activités militaires, sinon la tenue d’élections est difficilement imaginable. Il est de la responsabilité de la communauté internationale, de l’Occident et de la Russie, d’intervenir pour calmer les parties concernées.

WAS : Quelle est l’influence de Poutine sur les séparatistes ukrainiens ?

Schröder : L’idée que le Président ou le chef de gouvernement ou quelqu’un d’autre en Russie n’ai qu’à dire « Stop » pour que tout s’arrête, ne correspond certainement pas à la réalité.

WAS : Poutine vient d’appeler les forces séparatistes pro-russes à déplacer le référendum sur l’indépendance prévu dimanche. Qu’est-ce qui se cache derrière cet appel ?

Schröder : Il s’agit d’une contribution à une solution constructive et montre aussi que la Russie n’a aucun intérêt à une aggravation de la situation.

WAS : Pouvez-vous comprendre que le Premier ministre ukrainien Iatseniouk n’entende dans les paroles de Poutine que de l’« air chaud » ?

Schröder : Cette réaction a été on ne peut plus mal avisée, peut-être aussi à cause de la pression des forces nationalistes dans son gouvernement. Le gouvernement ukrainien devrait maintenant exploiter toutes les chances d’un règlement pacifique du conflit. S’ il ne le fait pas, c’est irresponsable. Il doit être prêt à un dialogue avec les forces ukrainiennes de l’Est et doit cesser les actions militaires. Si ce n’est pas le cas, l’UE doit faire pression sur le gouvernement de Kiev pour lui faire prendre cette voie. La clé de la solution pacifique ne réside pas seulement à Moscou mais aussi à Bruxelles, Washington et Berlin.

WAS : Etes-vous déçu par l’attitude de Merkel dans la crise ukrainienne ?

Schröder : l’Allemagne a une importance centrale pour la Russie. Nous sommes le partenaire le plus important de la Russie en Europe, non seulement économiquement mais aussi politiquement. Le rôle du gouvernement fédéral est donc très important. On devrait moins parler de sanctions en ce moment et plus des intérêts sécuritaires de la Russie. Une adhésion à l’OTAN de l’Ukraine n’est pas acceptable pour la Russie. Au lieu de cela, j’entends seulement que l’Occident doit isoler la Russie et Poutine.

WAS : Qui isole Poutine ? Mme. Merkel lui téléphone en permanence.

Schröder : Mais que peut-on attendre de quelqu’un qui est constamment menacé de sanctions ? Il s’agit aussi de donner à son interlocuteur le sentiment qu’on le prend au sérieux, lui et ses intérêts.

WAS : Comment devrions-nous parler à Poutine pour que quelque chose bouge ?

Schröder : Il est toujours utile, pas seulement dans un dialogue avec le président russe, de mener les discussions d’égal à égal. On devrait essayer de comprendre les arguments de son interlocuteur et ensuite de voir comment on peut arriver à une solution commune. Ce qui est sûr, c’est que les sanctions et l’isolement n’apportent rien.

WAS : Quelle serait votre solution?

Schröder : Une Ukraine fédérale, qui ne soit pas membre de l’OTAN. Une Russie qui accepterait sur cette base qu’un gouvernement ukrainien nouvellement élu soit légitime et indépendant et puisse lui-même déterminer son orientation politique.

WAS : Est-ce une bonne idée que Poutine maintienne la célébration de la fin de la Seconde Guerre mondiale avec un défilé militaire en Crimée ?

Schröder : Étant donné les terribles souffrances que l’Allemagne nazie a causées à l’Union soviétique, on devrait se retenir, comme Allemand, d’exprimer des critiques sur la manière dont la Russie commémore la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je pense qu’il est également juste que la France maintienne son invitation au président russe pour participer aux commémorations du Débarquement en Normandie.

WAS : Vous avez vous-même déjà assisté à un défilé en commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale à Moscou. Comment l’avez-vous vécu ?

Schröder : C’était le 9 mai 2005 à Moscou. Mes hôtes russes m’avaient placé en tant que Chancelier entre les représentants des anciens alliés, les présidents français et américain. Ensuite, le président Poutine a tenu un discours émouvant et déclaré que la Russie avait enterré la vieille aversion à l’Allemagne. Ensuite nous avons rencontré ensemble des vétérans russes.

Cela m’a beaucoup ému, c’est difficile à décrire. Ces hommes avaient tous 80 ans ou plus et m’ont témoigné beaucoup de gentillesse. J’ai visité avec Vladimir Poutine les gigantesques cimetières de St Pétersbourg. Il y a là des centaines de milliers de personnes qui ont été envoyées à la mort par l’Allemagne nazie. Quand je lis ensuite qu’il est le chef de la nouvelle droite en Europe, presque un nazi, j’ai trouvé cela absurde. Il a perdu son frère pendant la guerre.

WAS : Vous y avez perdu votre père !

Schröder : Son frère a perdu la vie pendant le blocus et la famine inhumains de Léningrad décidés par Hitler. Et actuellement, il constate qu’on le compare à un nazi déguisé. Ce n’est pas acceptable !

WAS : Comment jugez-vous le travail du ministre allemand des Affaires étrangères, M. Steinmeier ?

Schröder : Il essaie sérieusement de désamorcer le conflit. Il le fait parce que la politique de détente est un marqueur de la social-démocratie allemande. La politique en direction de l’est (Ostpolitik) est un de ses grands succès historiques. La réconciliation avec la Russie et la Pologne en est le cœur. C’est pourquoi je conseille de résister à la pression américaine pour plus de sanctions.- de manière durable.

WAS : Steinmeier peut-il faire cela ?

Schröder : je lui fais confiance.

WAS : Poutine est-il contraint d’adopter une ligne dure en Ukraine pour des raisons de politique intérieure ?

Schröder : Je ne le crois pas. Le président russe prend ses propres décisions. Et les dernières déclarations montrent aussi qu’il existe une volonté de trouver un accord.

WAS : Poutine est-il vexé de ne pas être pris au sérieux par l’Occident ?

Schröder : Les échanges sur pied d’égalité sont certainement quelque chose d’important dans la pensée politique de tous les Russes. Nous autres Européens devrions le reconnaître, , mais aussi les Américains.

WAS : Pour Poutine, la réaction de l’Ouest montre-t-elle qu’il n’est pas traité sur un pied d’égalité ?

Schröder : On ne devrait pas traiter la Russie de puissance régionale, comme l’a fait le président américain. Ce n’est pas faire preuve de bon sens. La Russie est l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. La Russie est importante dans toutes les questions internationales importantes. Nous sommes dépendants de cette coopération.

WAS : Une chose est certaine: Le développement économique de la Russie, l’éducation, les infrastructures – tout cela est très décevant.

Schröder : En matière de politique de l’éducation, je ne suis pas d’accord. Mais sur le plan économique, la Russie doit devenir plus indépendante des matières premières. C’est pourquoi le partenariat de modernisation avec la Russie n’est pas mort. . Il y a plus de 6 000 entreprises allemandes qui sont actives en Russie, dans notre pays et 300 000 emplois dépendent du commerce avec la Russie.

Cela devrait être pris en considération lorsque l’on discute de sanctions économiques. Il ne faut pas taire pour autant qu’il y a des lacunes importantes en Russie, comme la corruption et l’absence d’état de droit. Le Président russe le voit d’ailleurs de la même façon.

WAS : Comment réagissez-vous quand on vous traite « d’ami de la Russie » ?

Schröder : Comprendre signifie se mettre à la place de l’autre, appréhender ce qui le motive. Ceux qui ne le font pas ne sont pas capables de mener une politique rationnelle, et encore moins une politique étrangère rationnelle.

WAS : Qu’est-ce qu’une politique rationnelle ?

Schröder : Vous pouvez également appeler cela Realpolitik. Cela signifie qu’il faut tenir compte de la position des autres dans ses calculs. Pour comprendre pourquoi ils agissent de la façon dont ils agissent.

Monde dimanche : Vous avez parlé cette semaine avec l’ancien Chancelier Helmut Schmidt…

Schröder : Oui, j’étais à Hambourg. J’aime bien passer le voir. Je lui ai parlé de nos discussions à Saint-Pétersbourg.

WAS : A quel point vos idées sont-elles semblables ?

Schröder : Je ne le revendique pas pour défendre ma position. Mais à partir de ses déclarations publiques, vous pouvez voir que nous faisons une évaluation similaire de la situation.

WAS : Qu’appréciez-vous chez Poutine?

Schröder : Sa fiabilité. Quand il dit oui, c’est oui, quand il dit non, c’est non. C’était par exemple le cas pendant les discussions au sujet de la guerre d’Irak. J’ai fait de même.

WAS : Quelle influence avez-vous sur lui ?

Schröder : Nous parlons ouvertement l’un avec l’autre. Ce qu’il retient de ces conversations, c’est son affaire.

Traduction : www.les-crises.fr

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N.B. : la reprise par les médias français est amusante. L’information de l’amitié entre Poutine et Schröder est à donner, mais ici, on sent clairement le “il est de parti-pris, il est ami de Poutine !!!”.

C’est inouï, sachant qu’on parle de l’ancien chancelier d’Allemagne – comme si l’amitié lui ferait sacrifier les intérêts de son pays !

Connait-on les amis de Hollande ou Cameron ? Entent-on dire que Hollande est un ancien Young Leader de la “French American Foundation” – ce qui pourrait poser aussi des questions sur son indépendance d’esprit – pas moins que pour Schröder en tous cas…

Par ailleurs, gloser autant sur le bon accueil (et encore, je ne vois rien de très choquant ou rarissime…) qu’il a fait à Poutine en période de tension – ce qui est un petit geste pour les apaiser – on frise le délire ; ils veulent un conflit…

Cela rappelle “la semaine de la haine” de 1984…

Ce billet fait partie d'une série sur la situation en Ukraine. Il vise à donner des regards différents de ceux diffusés en masse par les grands médias, afin d'élargir votre champ de réflexion. [Lire plus]Cela ne signifie pas que nous adhérions forcément à ces regards - mais simplement que nous les jugeons intéressants (dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici). Notre souhait est de sortir des présentations binaires "gentils / méchants", afin de coller de plus près à une réalité complexe. Nous rappelons enfin que par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète (et donc pas le gouvernement russe non plus). Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits.

24 réponses à [Traduction] Ukraine : l’erreur fondamentale a été la politique d’association de l’UE, par Gerard Schröder

  1. casper Le 17 mai 2014 à 07h31
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    “Problème : les gars lucides, ils ne sont plus au pouvoir !!!”

    N’est ce pas justement parce qu’ils ne sont plus au pouvoir qu’ils sont lucides.


  2. romain Le 17 mai 2014 à 08h20
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    Il faudrait aussi parler des young leaders de la presse française..

    Pour ce qui est de ces retraités lumineux, on voit bien que quand les pressions s’atténuent au vu de la fin de leur carrière, ils redécouvrent comme par magie la clairvoyance et redeviennent raisonnables… Peu de chance que cela se passe avec les gens qui “comptent”…


  3. FL Le 17 mai 2014 à 09h08
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    Imaginez De Gaulle en young leader…bon… pour mémoire la politique russe de la France ça été aussi cela;
    http://www.charles-de-gaulle.org/pages/l-homme/dossiers-thematiques/de-gaulle-et-le-monde/de-gaulle-et-lrsquourss/analyses/la-conception-gaullienne-de-la-detente–1964-1968.php

    On ne peut être que d’accord avec Gerard Schröder sur le fait que de saines relations internationales repose avant tout sur le respect mutuel.
    Les Etats-unis ont une politique qui repose sur le mépris du reste du monde, indispensable à la justification de leur domination sans partage.


  4. bluetonga Le 17 mai 2014 à 10h39
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    Hier j’ai visionné une interview de Malcolm Frazer ex-premier ministre libéral d’Australie, interrogé par la journaliste de RT Oksana Boyko. C’était du même tonneau, en plus réjouissant, même :

    https://www.youtube.com/watch?v=HMQLclBCEB4

    A la dix-septième minute, exactement, Frazer dit :

    “Laissez-moi répondre de cette manière : depuis le tout début, les Etats-Unis se sont considérée comme une nation exceptionnelle, une nation qui est meilleure que toutes les autres, qui n’est jamais partie en guerre que pour défendre la liberté d’autres peuples (personnes). Eh bien, ce n’est pas tout à fait vrai si vous regardez l’histoire des États-Unis. L’Amérique se sent autorisée à enfreindre la loi internationale, pense que ce que fait l’Amérique est juste. Les règles sont faites pour les autres pays, des pays comme la Russie ou des pays comme l’Australie, mais quoi que fasse l’Amérique, c’est juste, parce que c’est l’Amérique qui le fait. C’est dans la mentalité américaine, dans leur ADN.”

    On peut difficilement être plus clair. Encore un vieux bonhomme qui a l’air d’être beaucoup plus franc, plus sage et plus visionnaire de ceux qui sont en place. Peut-être qu’en n’ayant plus rien à perdre on devient enfin honnête?

    Sinon, en ce qui concerne le journaliste qui interroge Schröder, on sent bien qu’il est agacé, comme un petit gosse à qui on explique que le père Noël, c’était du pipeau.


    • Chris Le 17 mai 2014 à 13h18
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      Merci pour le lien Fraser.
      A surfer d’un site à l’autre, je remarque une constante : la politique menée par les Gouvernements occidentaux se réclamant à voix haute (et criarde même) “démocratiques” est déniée à 95% par les commentaires de leurs propres citoyens (j’allais écrire “sujets” !). Un désaveu inquiétant pour la “démocratie” ! Peut-être est-ce la raison pour laquelle, nos médias vénéneux nous taxent de “populistes”, le mot qui tue… la pensée.
      Dans l’Antiquité grecque, il n’y avait qu’une seule démocratie : la démocratie directe.
      La démocratie dite représentative (celle que nous connaissons et qui donne ce résultat) était appelée oligarchie, d’ailleurs conçue comme l’ennemie traditionnelle de la démocratie.
      Ces définitions n’ont pas changé.
      Nos démocraties représentatives sont par nature oligarchiques.
      Je reviens à l’entretien avec Fraser : “pourquoi la presse et politiciens européens sont tellement remontés contre le président Poutine ?
      Réponse : Les Européens appliquent une politique à courte-vue et sont incapables de voir à plus grande échelle… Il est essentiel que l’UE, les USA, la Russie et aussi la Chine œuvrent ensemble à la paix dans le monde pour rétablir la CONFIANCE réciproque. Les USA poussent la Pologne et la Tchéquie dans la guerre froide.
      D’ailleurs à propos de la Pologne (très coopérative avec les USA dans le dossier ukrainien), je me demande depuis quelques semaines, si la catastrophe aérienne de Kälin/Smolensk en avril 2010 (la moitié du Gvt polonais tué !), n’est pas une partie du puzzle mis en place par nos bons amis américains.
      Depuis cet événement, la Pologne est résolument pro-américaine (bouclier anti-missile US prévu pour 2018) : les 3/4 des Polonais sont persuadés que l’accident fut attentat perpétré par le Kremlin.
      Or, l’histoire prouve tous les jours -avec le temps- que les auteurs sont rarement ceux montrés du doigt sur le moment…


    • Crapaud Rouge Le 17 mai 2014 à 14h20
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      Nous en sommes toujours là, le mythe américain n’a pas bougé d’un iota ! Vous évoquez le dollar, mais pour en arriver à reconnaître que les US sont la “1ère puissance mondiale garante de la paix et de la stabilité“…


    • DOZIER Le 17 mai 2014 à 20h06
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      @ bluetonga

      “Wladimir Poutine avait osé critiquer ce sentiment d’exceptionnalité dans l’article qu’il avait adressé au peuple américain via le New York Times en septembre 2013”

      Sur le fond on ne peut que lui donner raison mais diplomatiquement ce fut une erreur, les US l’on pris comme une déclaration de guerre (il ne coopère pas, il n’est pas dans notre camp).

      Quand j’écris “nous n’en sommes plus là” il faut lire “l’establishment US n’en est plus là” la démocratie, la justice, la paix, ce sont de grandes idées pour la façade.

      La réelle motivation de ceux qui sont aux manettes (je ne parle pas forcément des politiques qui ne sont là que pour relayer) c’est de maintenir le statut du dollar afin de permettre aux multinationales US de maximiser leurs profits et d’accroître la dette fédérale ad libitum.

      Pour cela, il est nécessaire de mettre au pas tous ceux susceptibles de remettre en question ce statut ou qui agissent en ce sens, soit en intervenant directement ou indirectement quand le “morceaux” est trop gros.


  5. Chris Le 17 mai 2014 à 11h44
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    Ouf, ça fait de bien de lire une analyse politique équilibrée, une analyse où l’on prend en compte l’avis et l’intérêt des peuples. Ça change agréablement des positions géostratégiques de préau.
    Si Schröder a encore une quelconque influence au sein de l’Union Européenne, nous sommes autorisés à penser que cette dernière pourrait enfin sortir du bac à sable américain, mais ça va être difficile avec les membres de la défunte Union soviétique qui nous tirent en arrière et une France UMPSFN hypnotisée par le piton américain.


  6. Hellebora Le 17 mai 2014 à 13h09
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    Article de Tony Brenton , ancien diplomate britannique et ex ambassadeur en Russie (2004-2008) : “Le développement des événements dans la crise en Ukraine indique un nouvel ordre mondial.
    Le mieux pour l’Ukraine, et pour l’Occident, serait 1 accord avec la Russie qui mettrait à l’écart les grands pouvoirs”

    http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/may/16/ukraine-crisis-signals-new-world-order-russia

    Tony Brenton s’appuie sur “the round-table negotiations promoted by the Germans (which) has the support of all the key governments” et pour lui tout n’est pas (encore) perdu : ” Things now look marginally more hopeful than they have since the ill-fated Geneva agreement of a month ago.(..) The west has had to learn some hard lessons to get to where we are now…”
    “We are no longer in a world where the west can simply enforce its view. Great power politics is back”

    Oui, mais qu’espérer quand on sait que ce sont “des nains” qui sont au pouvoir ?


    • Charles Michael Le 17 mai 2014 à 13h33
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      @ Hellebora

      j’avais commencé la traduction:

      Tony Brenton from Guardian 16 mai

      Le déroulement de la crise en Ukraine signale un nouvel ordre mondial
      Le meilleur résultat pour l’Ukraine, et pour l’Occident, serait un accord avec la Russie pour écarter les grandes puissances.
      Une sortie de la crise Ukrainienne pourrait être vaguement discernable. Les négociations promuent par les Allemands a le soutien de tous les gouvernements impliqués. Le but est d’avoir un cessez-le-feu, des discussions sur de futurs arrangements constitutionnels, et l’élection d’un nouveau président le 25 Mai. Il y a encore plein de façons que cela se passe mal, les Ukrainiens de l’Est ne sont pas encore impliqués et auront besoin de l’être, la polarisation continue avec chaque camp perdant graduellement le contrôle de leurs brutaux auxiliaires. Mais les choses paraissent marginalement plus porteuses d’espoir, depuis l’agrément raté de Genève d’il y a un mois.
      L’Occident a du avoir à apprendre quelques dures leçons pour aboutir au gâchis où nous sommes maintenant.
      Il est généralement convenu que l’UE (dans un style, splendidement décrit par un commentateur, d’ « de mégalomanie impotente ») a précipité les choses en vagabondant dans la part la plus sensible du pré-carré russe, sans se poser sérieusement la question de quelles seraient les réactions. Ceci n’était pas une erreur isolée, mais la culmination de 20 années où l’Occident n’a pas prit au sérieux la Russie, notablement avec la guerre au Kosovo et l’expansion de l’Otan. Quand la Russie a réagit (d’une manière légalement indéfendable, mais historiquement compréhensible) en annexant la Crimée et déstabilisant l’Ukraine, les vues occidentales ont alors virer à 180 degrés sur le besoin de contenir une Russie revancharde assoiffée de rebâtir l’Union Soviétique.

      l’aricle a disparu assez vite, la suite est aussi intéressante, encore un gros morceau à traduire ?


      • Charles Michael Le 17 mai 2014 à 14h46
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        suite et fin de la traduction de l’article du Guardian:

        En l’absence de toute volonté, parmi les publics de l’occident, de se battre pour l’indépendance de Simferopol, la seule arme disponible étaient les sanctions. Celles-ci permettaient aux leaders européens de proclamer qu’ils « faisaient quelque chose », mais en fait montrer leur réluctance à supporter de douloureux effets économiques à cause de l’Ukraine. Les sanctions sont aussi devenue une sorte de distinction patriotique pour les Russes ciblés par elles – sur les six utilisations de sanctions prises par l’Occident contre l’URSS ou la Russie depuis la seconde guerre mondiale aucune n’a marché.

        Heureusement il semblerait que nous nous éveillons à la réalité que nous avons à faire non pas à une Russie revancharde, mais froidement calculatrice- une Russie qui n’est ni proie ni mantes prédatrice. Ils ne veulent pas faire une guerre ni prendre le fardeau économique de rebatir l’est de l’Ukraine, mais ils ont une liste de demande minimum – neutralité de l’Ukraine, plus d’autonomie for les russo-phones- qu’il faudra accepter avant qu’ils se retirent.

        Devrions-nous accepter ces concessions ? Ukraine est un grand pays hétérogène où l’autonomie provincial serait raisonnable, et dans la confusion actuelle l’adhésion à l’Otan est certainement repoussée de quelques décades au moins. Néanmoins j’entends régulièrement deux arguments tout à fait forts sur pourquoi nous devrions ne devrions pas. En premier, c’est que si les Russes obtiennent ce qu’ils veulent cette fois, ils- et par extension d’autres- reviendront pour demander plus. Nous ne pouvons pas laisser l’annexation de l’Ukraine impunie. Deuxièmement, en quoi est-ce l’affaire de la Russie de dire à l’Ukraine comment elle doit se gouverner ? le Monde a changé depuis l’époque où les grandes puissances pouvaient dire aux petits états ce qu’ils doivent faire.

        J’ai bien peur que ma réponse à ces arguments devra être inconfortable. En fait dans un monde géré par les lois les agresseurs devraient être punis et les petits états ne seraient pas bousculés par les gros. Mais se Monde régit par les lois dans lequel nous nous imaginions vivre depuis 1991 à toujours été une illusion, et une illusion qui s’efface. C’était une illusion parce que les règles, comme définies admirablement dans la charte des Nations Unies, étaient en fait interprétées et appliquées par un Occident prédominant économiquement et militairement.

        Quand l’Occident sent le besoin d’une exception – Irak, Kosovo, Israel- les autres grognent mais suivent. Et l’illusion maintenant se dissipe parce que, bien sur, la predominance Occidentale est aussi en train de s’atténuer. Le voyage du président Obama en Asie a montré un cercle d’alliés de moins en moins convaincus par ses affirmations de son support dans leurs relations avec la Chine.. En Ukraine, peut-être la première vraie crise de ce nouvel ordre, nous avons affaire à une nouvelle Russie sùre d’elle, et il est frappant que les autre « grandissantes puissances », que nous aurions put espérer condamner une annexion illégale, sont rester prudemment silencieux.
        Pendant toute la crise les USA ont régulièrement accuse la Russie de se comporter à la façon du 19ème siècle. Ce qui a provoqué en réponse un maitre commentateur Russe que l’époque effectivement est arrivé de réapprendre l’art diplomatique de cette période. Il avait raison. Nous ne sommes plus dans un monde où l’Occident peut juste imposer ses vues. La politique des grandes puissances est de retour. Sans doute nous pourrions avoir une bataille, monter un affrontement avec Vladimir Putin, sur le droit de l’Ukraine à rejoindre l’Otan. Mais le résultat serait une partition de l’Ukraine, un tas de troubles économiques, et une Russie encore plus rancunière et destructive, et un ordre mondial encore plus affaibli. Les seuls vainqueurs seraient des états comme la Chine ou l’Iran. Comme Kissinger, le archi grand faiseurs d’accord avec les global-paria l’a noté : « nous ne pouvons pas abandonner la sécurité nationale en faveur de la vertu ».
        La meilleure solution pour l’Ukraine, et pour nous, serait un accord avec la Russie d’évacuer les grandes puissances, comme avec la Finlande durant la guerre froide, et donner au pays l’espace pour se transformer en un succès économique et politique, ce qui serait un exemple pour la Russie elle-même. Et j’en ai peur nous aurons à nous préparer pour d’autres transactions de ce type à l’avenir.


  7. Crapaud Rouge Le 17 mai 2014 à 13h19
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    Une “erreur” ? J’ai bien peur que pour l’US/UE il n’y ait pas la moindre erreur dans toute cette histoire. Pourquoi regretteraient-ils ce qui arrive, puisqu’ils sont bien partis pour mater l’Est à tout prix ? L’exemple de la Syrie, littéralement en ruine après 3 ans de bombardement, prouve que tout est possible : pourquoi ne feraient-ils pas la même chose ? S’ils détruisent l’industrie, c’est la Russie qui sera la grande perdante, et pour ce qui est du PIB et des dettes, des prêts arrangeront tout ça.


    • Nerouiev Le 17 mai 2014 à 15h13
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      ça craint pour l’Ukraine sûrement mais pas pour la Russie. Pour développer une économie il faut de l’énergie, des minerais et des clients. Il ne manque pas grand chose à la Russie surtout si on y rajoute le Kazakhstan. Les produits finis qu’ils achetaient, ils ont tous les moyens de les faire, voire de mieux les faire. les échanges actuels permettent à la Russie d’aller plus vite, à voir le bond qui s’est fait ces dix dernières années.


      • Crapaud Rouge Le 17 mai 2014 à 18h57
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        ça craint pour l’Ukraine sûrement mais pas pour la Russie” : allez savoir ! Ces fondus sont capables de tout, et ne connaissent que la bagarre. Pour l’instant ils n’ont envoyé que quelques chars dans l’Est, pas de quoi en faire une nouvelle Syrie, mais rien ne les retient d’escalader. A mon avis, les provinces de l’Est ont intérêt à faire scission au plus vite, parce qu’elles pourront ensuite demander l’aide de Moscou.


  8. Spipou Le 17 mai 2014 à 19h57
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    “la semaine de la haine” de 1984…

    Excusez mon ignorance ou mon amnésie ! C’était quoi, déjà ? Ou alors vous faites allusion au roman 1984 ?


    • Kiwixar Le 17 mai 2014 à 23h48
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      Oui le roman 1984.
      Surveillance généralisée, inversion du sens des mots, guerre perpetuelle, ennemi extérieur :
      “l’ennemi c’est l’Eurasia”….


  9. william Le 17 mai 2014 à 23h25
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    Bonsoir,

    de passage.
    Le titre de ce post est totalement exact. D’une totale vérité. Ce qui est plus grave, c’est le mot “erreur”. Tout à fait conscience qu’elle n’a pas été payé.

    Quel en sera le prix ?

    Ca c’est pas très bon.


  10. Hellebora Le 18 mai 2014 à 12h35
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    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/europe/221197939/apres-lukraine-peu-geographie-et-dhistoire-europeenn

    L”Europe des nations” serait dans l’impasse notamment à cause de son multiculturalisme , selon Yves Montenay – Le Cercle des Echos


  11. Hellebora Le 18 mai 2014 à 12h45
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    “Le gouvernement ukrainien devrait maintenant exploiter toutes les chances d’un règlement pacifique du conflit. S’ il ne le fait pas, c’est irresponsable. Il doit être prêt à un dialogue avec les forces ukrainiennes de l’Est et doit cesser les actions militaires. Si ce n’est pas le cas, l’UE doit faire pression sur le gouvernement de Kiev pour lui faire prendre cette voie. La clé de la solution pacifique ne réside pas seulement à Moscou mais aussi à Bruxelles, Washington et Berlin.”

    Hier, les troupes forcées de sortir de Slavyansk ont repris offensive, depuis plusieurs points. Les déclarations d’Alexandre Borodai dans l’après-midi de samedi ont certainement excité les membres du gvt de Kiev…
    – samedi, vers 23h, @GrahamWP_UK ·:” Loud blasts, repeated heavy gunfire and this is the worst shooting at night I’ve yet heard here in #Slavyansk”.
    – From the #Slavyansk trenches – the self-defence are poised as they recce for Ukrainian military – https://www.youtube.com/watch?v=gnK7WbUJevI

    http://inserbia.info/today/2014/05/fight-continues-in-slavyansk/
    http://rt.com/news/159668-slavyansk-reports-heavy-fighting/


  12. Jourdon Le 19 mai 2014 à 11h38
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    L’erreur fondamentale de Gerhard SCHRÖDER:
    après sa carrière d’homme politique,
    accepter d’être au conseil d’administration d’une société de gaz russe: poussant le projet d’un gazoduc en mer du Nord…
    afin de court-circuiter les gazoducs transitant par l’Ukraine: donc s’opposant à l’avenir européen!
    celui qui fut un Chancelier allemand dynamique n’a plus le droit de parler au nom de la politique européenne


  13. GUS Le 20 mai 2014 à 11h13
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    @Jourdon
    Sur le fond, et cela peut légitimement vous déplaire, G Schröder n’a jamais été un européen convaincu, c’est de notoriété publique. Toute son action montre qu’il a été le chancelier qui a accéléré le processus de renouveau de la souveraineté de l’Allemagne engagé après la réunification :
    – politique mercantiliste de désinflation compétitive engagée avec les réformes Hartz, au détriment des partenaires européens. Il est évident qu’un modèle dont l’objectif ultime est la constitution d’excédent commerciaux est par essence non coopératif. L’Allemagne a privilégié son rôle d’exportateur mondial. Bien/pas bien, ce n’est pas la question, le fait est que ce fut une décision purement allemande.
    – opposition à l’intervention US en Irak. que la France s’oppose à une décision américaine, c’est classique, mais ce fut la première fois que l’Allemagne a osé dire non de manière tranchée aux américains sur un sujet majeur. C’est une rupture par rapport à la situation qui prévalait depuis 1945.
    – Se faire recruter, une fois son mandat de chancelier terminé, par Gazprom, i.e. par le Kremlin. Quand on est un ancien chancelier allemand, cette décision n’est pas neutre, cela signifie clairement qu’il privilégie les relations avec la Russie, une “Ostpolitik” totalement en porte-à-faux avec l’occidentalisme porté par les USA, l’UE et notre Flanby national (décidément ce type est un véritable contre-sens historique)
    Au moins Schröder dit les choses franchement, Merkel est beaucoup plus ambiguë.


    • Jourdon Le 20 mai 2014 à 11h53
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      @GUS
      merci pour votre franchise
      votre présentation synthétique et symétrique dans sa forme permet de clarifier les choses, à mon tour donc de vous présenter la façon dont personnellement je « filtrerais » les choses – comme Conseiller, non comme Responsable, dans la situation actuelle – concernant la période ô combien délicate à négocier du point de vue de la transition européenne, politique, géopolitique, dans laquelle le Chancelier SCHRÖDER a été le Chancelier allemand :
      « 1) Politique mercantiliste de désinflation compétitive engagée avec les réformes Hartz, au détriment des partenaires européens. Il est évident qu’un modèle dont l’objectif ultime est la constitution d’excédent commerciaux est par essence non coopératif. L’Allemagne a privilégié son rôle d’exportateur mondial. Bien/pas bien, ce n’est pas la question, le fait est que ce fut une décision purement allemande. »
      Du point de vue de la gouvernance ou du gouvernement – concept cher au Président français V. GISCARD D’ESTAING, en étroite coopération avec le Chancelier allemand H. SCHMIDT – le Chancelier G. SCHRÖDER fut celui qui décida qu’il était temps que l’Allemagne agisse selon les principes historiques ancrés de l’Allemagne : social-démocratie, économie sociale de marché, libéralisme consulaire et droit consulaire (la source est les Chambres de Commerce régionales…] et il a eu raison.
      Une opinion répandue voudrait que les Français soient « latins, désorganisés, légers », et les Allemands « « rigoureux, limite-sévères, DISCIPLINES… » »…
      mais cela concerne peut-être l’économie,
      en fait pour qui connaît l’Histoire des Foires de Commerce allemandes, sait que les Allemands savent être chaleureux, enthousiastes, dynamiques et créatifs ((et pas que dans les régions du Sud de l’Allemagne…]) ; la réputation concerne plutôt la Politique… où les Français sont beaucoup plus sévères et attachés à leurs prérogatives… donc disciplinés par rapport à l’image collective qui pourrait être, éventuellement, donnée – et parfois nous coûte…
      V. GISCARD D’ESTAING qui préférait le Gouvernement au Pouvoir – « Démocratie française », 1976 – et s’est attaché à développer des relations personnelles avec ses Homologues en Europe, a beaucoup fait pour que l’on ait envie de discuter des sujets et par là même que les décisions avancent.
      Je ne reproche pas – naturellement … – à G. SCHRÖDER d’avoir renoué avec son sillon social propre.

      « Opposition à l’intervention US en Irak. que la France s’oppose à une décision américaine, c’est classique, mais ce fut la première fois que l’Allemagne a osé dire non de manière tranchée aux américains sur un sujet majeur. C’est une rupture par rapport à la situation qui prévalait depuis 1945. »
      Sur le plan géopolitique il a certainement montré du courage.
      Il faut reconnaître ce mérite à sa génération.
      Et ne pas oublier qu’un Chef d’Etat dans un des pays de l’UE – plus encore en France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Pologne – a l’obligation une fois élu d’embrasser la cause européenne et tâcher de la faire avancer.
      Mais depuis l’époque MITTERRAND-DELORS-GONZALES-KOHL, les Chefs d’Etat qui se sont succédés – notamment en France – ne semblent pas être des européens convaincus à titre personnel…

      « De manière générale, je ne vois pas comment on pourrait interdire à quelqu’un de parler, mais disons que votre plume va au-delà de votre pensée. »
      Non, tant que je n’aurai pas les moyens assurés par l’Etat français de parler à tout moment de tout sujet, projet, objet, concernant soit l’Europe soit la Politique européenne, je maintiendrai ma position, et trouverai scandaleux que Mr. SCHRÖDER ait le droit de parler de ce sujet et pas moi.
      D’une façon générale il me semble que Mr. G. SCHRÖDER pouvait pencher – à titre personnel, une fois la retraite prise… – soit vers la France, soit vers la Russie. Quoique ce choix peut vis-à-vis de l’UE ne pas paraître très « clair » car il faut aussi compter avec la Pologne…
      Mais simplement concernant un secteur aussi stratégique que l’énergie et en particulier le gaz, la décision prise d’utiliser ses relations afin de gagner de l’argent dans ce domaine de cette façon : va contre les intérêts bien compris de l’UE et est dangereuse pour l’UE.

      Enfin pour résumer je dirais sur certaines des lois HARTZ elles étaient nécessaires, réalistes, allaient dans le bon sens, et le Chancelier G. SCHRÖDER a eu du courage de les faire passer et appliquer… puis il y eut à mon sens un point de non-retour où tout ceci va trop loin et me paraît même quelque peu monstrueux.
      Concernant la situation de la France aujourd’hui : je ne ferais pas de commentaires…


      • olivier69 Le 21 mai 2014 à 04h25
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        Bonjour mr Jourdon,
        Vous dites pour le travail de Mr Schröder : “Enfin pour résumer je dirais sur certaines des lois HARTZ elles étaient nécessaires, réalistes, allaient dans le bon sens, et le Chancelier G. SCHRÖDER a eu du courage de les faire passer et appliquer…”.
        Comment ? Et la pauvreté, alors ? On la méprise ou on l’aime….
        http://www.nouvelle-europe.eu/l-allemagne-un-pays-o-les-pauvres-meurent-de-plus-en-plus-jeunes
        Vous faites donc la promotion pour l’application (relative) en France !
        Pourtant, vous dites que c’est au détriment des autres pays européens (modèle non coopératif) ? Alors mathématiquement, où sont vos limites (la dynamique) ?
        Bon, admettons que l’usage du mot “certaines” était l’élément le plus important dans l’idée….Mais alors secondaire, l’usage de “sillon social propre” ?
        sillon social, sillon social,..

        Finance et géopolitique :
        Je dirai surtout que l’Allemagne est coincée sur le plan financier car ses stocks d’or (base monétaire potentielle) ne sont pas chez elle (notamment en cas d’implosion du système monétaire actuel) et que les armes financières américaines ont pris la destination de Düsseldorf pour les retraites via la titrisation.
        Par contre, l’Allemagne est renforcée sur le plan géopolitique car elle est positionnée idéalement sur le front terrestre (comme pour la France, sa spécificité la ZEE en mer). Elle sera soit le point d’appui pour le marché transatlantique (la France est “le jambon” du sandwich), soit un pôle déterminant dans une construction de l’Eurasie (la France est “une demi-tranche de pain” du sandwich). L’Allemagne dispose donc d’un jeu à deux mains !
        Comment penser que l’Allemagne pouvait ou pourrait affronter économiquement seule le monde maritime ? Et même avec la Russie à l’époque ! Mr Schröder a une implication bien plus indirecte. Croyez-vous que les US auraient laissé faire ? Tant qu’à spéculer, peut-être même que les US ont spécialement ciblés les allemands (proie facile avec les surplus) pour la diffusion des armes financières par mesures de prévention ?
        Seule, la dictature des firmes dans le monde occidental (et non, un homme) construit ou détruit les partenariats historiques au détriment du “sillon social”…
        Un chef d’état qui “a l’obligation une fois élu d’embrasser la cause européenne et tâcher de la faire avancer.” ? Une cause ou bien plus ?

        Enfin, vous dites pour la personnalité de Mr Schröder : “la décision prise d’utiliser ses relations afin de gagner de l’argent dans ce domaine de cette façon : va contre les intérêts bien compris de l’UE et est dangereuse pour l’UE.”, d’une part, vous n’avez pas la certitude que que c’est lui seul qui a pris la décision. Et en quoi, les intérêts européens s’arrêteraient à la frontière russe ?
        Puisque ne croyez-vous pas justement, que l’argent se gagne souvent de cette façon (l’exemplarité US), aujourd’hui (et le pantalon a une jambe) ?
        Cdlt


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