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Extrait de la présentation et du débat Europe 1 :

“Et ce qui est aussi frappant, dans la préparation de l’entretien, c’est que, autant ils ont été très regardants sur le nombre de minutes, le fait qu’ils ne voulaient pas que les réponses soient coupées – Poutine est très exigeant là-dessus, il ne veut qu’aucune réponse soit coupée, il ne veut aucun montage, il ne veut pas qu’on travestisse ses propos -, en revanche, quand on lui a dit “nous journalistes français, habitués à dire ‘Pour les thèmes, voilà comment on imagine les choses’…”, on nous a dit “Pas de problème pour les thèmes, apprenez vos dossiers, parce que lui, il les connait, donc pas la peine de nous donner les questions à l’avance, de toute façon, il saura y répondre. Ca aussi, ça nous a beaucoup étonné, par rapport à ce qu’on pouvait attendre de lui, à ce qu’on pouvait imaginer.” [Fabien Namias, Directeur général d’Europe 1]

“L’imagination” est un peu succincte en l’espèce : Poutine, depuis qu’il est président, a répondu à plus de 800 questions direct à la télévision aux questions des Russes (Emission Ligne directe)…

Bon, après, c’est vrai qu’ils ont respecté la lettre de la consigne – il n’y a pas eu de coupes à l’intérieur des propos de Poutine – mais quand à l’esprit de la consigne… J’imagine que Poutine ne pensait pas qu’on supprimerait tous ses propos sur la Crimée quand même…

Sinon, voici le débat Europe 1 en entier, avec des perles :

Edit : Les extraits amusants :

À 1:06 :25

Guigou – Mais il faut d’abord qu’il y ait un dialogue direct entre M. Poutine et M. Porotchenko [sic], si ça peut se faire dans les deux jours qui viennent, ça ce serait formidable.  […]

Elkabbach – Je vais simplement poser à Élizabeth Guigou et à Bernard Kouchner la question suivante : il a dit, il reconnaît le vote du peuple, des Ukrainiens, le 25 mai…

Kouchner (?) – Encore heureux, oui ! […]

Elkabbach – …ce mai 25, il reconnaît le vote des Ukrainiens. Il reconnaît M. Porochenko qui était depuis longtemps […]

Guigou (à 1 :09 :30) – Non, mais, ce que je ne comprends pas c’est pourquoi vous venez de nous dire, Jean-Pierre Elkabbach, qu’il [Poutine] vous a dit sur ses bonnes volontés, etc. Pourquoi il ne l’a pas dit dans l’interview ?

Elkabbach – mais il l’a dit dans l’interview ! Peut-être que vous ne l’avez pas entendu ?

Guigou – Il a dit…

Elkabbach – Il a dit Po…

Guigou – Non…

Elkabbach – Il reçoit, il reconnaît Porochenko… Il veut voir Porochenko. Il veut reconnaître la souveraineté à condition, et là on vous rejoint, l’indépendance de l’Ukraine et sa neutralité entre l’Est et l’Ouest, comme un pont entre l’Est et l’Ouest…

Guigou – Il n’a pas dit cela exactement, vous interprétez.

Extrait coupé pertinent (il n’y a dans l’entretien diffusé qu’une seule autre brèeve mention à Porochenko qui doit engager le dialogue) :

[Question (Bouleau) — Le nouveau président ukrainien a été élu le 25 mai par un vote démocratique. Considérez-vous M. Porochenko comme un président légitime ?

Vladimir Poutine — Je vous ai déjà dit et le répète : nous respecterons le choix du peuple ukrainien et nous coopérerons avec les autorités ukrainiennes. Question (Bouleau)

– En d’autres termes, si vous le rencontrez le 6 juin sur les plages de Normandie, et si le président Hollande contribue à rendre possible cette rencontre, vous lui serrerez la main ? Lui parlerez-vous ?

Vladimir Poutine – Vous savez, je n’ai pas l’intention d’éviter quiconque. Le président Hollande m’a gentiment invité à participer à cette commémoration en tant que représentant de la Russie, même si l’événement commémoré fut tragique. C’est avec joie que j’ai accepté son invitation et je suis reconnaissant au Président de m’avoir invité. Il y aura d’autres invités, et je n’en éviterai aucun. Je suis prêt à parler avec chacun d’eux.

Question (Elkabbach) – Mais allez-vous rencontrer M. Porochenko ? Vous avez dit que vous ne travailleriez avec lui qu’à la condition qu’il ne soumette pas totalement à l’influence américaine.

Vladimir Poutine — Je n’ai pas dit qu’il ne doit pas céder à l’influence américaine. Il est libre d’accepter l’influence qu’il désire. Les Ukrainiens l’ont élu et il est libre d’adopter une politique qui lui est propre. S’il choisit d’accepter la forte influence d’un pays tiers, libre à lui.Mais je ne le ferais pas… ]

À 1:02:32 des 1:21:36 de l’émission d’Europe 1 :

Kouchner – Au fond, et j’ai toujours pensé qu’il ne voulait pas aller plus loin d’ailleurs, il voulait prendre la Crimée – on n’a pas dit le mot Crimée dans tout cette affaire, n’est-ce pas ?

Elkabbach (interrompant) – On a posé la question.

Kouchner – Oui, ben.

Elkabbach – On a posé la question. Il est peut-être que… Il est possible que le montage ne l’ait pas gardé, mais il disait : “La Crimée, on ne l’a pas annexée, elle est à nous. Elle est à la Russie historiquement”. Avec tout le rappel historique, etc. Mais dans ce que vous avez… Je peux dire moi un mot ?

Kouchner – Je finis ma phrase. Il voulait la Crimée, il l’a obtenue et vous le confirmez, Jean-Pierre Elkabbach. Bon. Le reste était amusement de la galerie, malheureusement très coûteux. Les morts ne l’intéressent pas beaucoup. » [Note : Surtout l’absence de morts en Crimée sans doute…]

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