Ce billet fait suite à l’analyse des résultats de la Présidentielle ukrainienne 2014

L’Institut International de Sociologie de Kiev (Kyiv International Institute of Sociology – KIIS) réalise régulièrement des sondages en Ukraine. Il a lancé une très grande étude politique en vue de la présidentielle, réalisée du 8 au 13 mai 2014, sur un énorme échantillon représentatif de 6 200 Ukrainiens.

Je ne détaille pas la vision de la présidentielle : ils avaient bien réussi, annonçant 15 jours à l’avance la victoire au 1er tour de Petro Porochenko avec 53 % (contre 55 % en réalité, ce qui vu l’incertitude sur la pariticpation, est assez remarquable). Ils ont aussi bien prédit la participation :

politique ukraine

La réalité :

election présidentielle ukraine 2014 presidential

Ce qui est remarquable est qu’ils ont posé d’autres questions, qui sont très utiles.

En vue des élections législatives

Petro Porochenko a annoncé qu’il dissoudrait l’Assemblée dans l’année – ce qui est logique, le régime étant parlementaire.

La question a donc été posée sur les intentions de vote aux élections législatives – et là, contrairement à la Présidentielle (et à son effet “vote utile” déformant, comme nous l’avons vu) on obtient une photographie réelle de l’opinion :

politique ukraine

On a donc :

  • Porochenko : 27 %
  • Patrie (de Tymochenko) : 17 %
  • UDAR (de Klitschko, centre-droit) : 13 %
  • Parti des régions (russophone) : 9 %
  • Le parti civique (centre) : 7 %
  • Le parti radical de Lyashko : 7 %
  • Svoboda : 7 %
  • Le Parti communiste : 6 %
  • Secteur droit : 2 %

On a donc près de 10 % pour les 2 partis néonazis/fascistes, et donc 16 % pour les fascisants (avec les radicaux).

Sachant que bon nombre d’élus de Patrie seraient exclus du Front national.

On a donc facilement 25 % du corps électoral ukrainien qui vote pour des partis d’extrême droite ou carrément fascistes.

La gauche est presque inexistante là-bas…

Le régime électoral des législatives est un mix d’environ 50 % de proportionnelle nationale et de 50 % scrutin majoritaire uninominal à 1 tour par circonscription.

Ainsi, avec 27 %, Petro Porochenko pourrait être proche de la majorité. Et comme il est allié avec l’UDAR du boxeur Klitschko, ils auront presque certainement la majorité à eux deux. Ce qui serait une bonne nouvelle, car ils sont plutôt modérés.

Cependant, le poids des milices armées pourrait fortement compliquer la donne…

À suivre, donc…

Les résultats par région

L’étude sur les législatives est détaillée par région (en raison de la taille de l’échantillon) ce qui est remarquable.

Je vous rappelle les régions (“oblasts“) d’Ukraine :

regions d'ukraine oblasts

Voici donc les résultats du sondage de mai 2014 :

politique ukraine

Soit ceci pour les 4 premiers :

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Et pour ces 6 partis :

politique ukraine

On note que l’Est (ouvrier) vote en masse pour le Parti des régions et pour le Parti communiste, que Svoboda est enraciné à l’Ouest, que Porochenko est soutenu par les régions modérées du Nord et du Centre.

Voici des graphes sur les résultats des partis fascistes et fascisants :

politique ukraine

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Ces partis dépassent donc le quart des voix à l’Ouest – pour moins de 5 % à l’Est… (“Choisis ton camp, camarade…”)

politique ukraine

On retrouve la forte implantation de Svoboda à l’Ouest.

politique ukraine

Voici un zoom sur Svoboda et le Parti Communiste :

politique ukraine

Les 30 % du PCUK à l’Est (ouvrier) sont impressionnants…

Au final, on retrouve bien les différentes Ukraines constituant le pays…

Les 5 Ukraines

Pays éclaté, donc pays fragile : pour le préserver, il faut donc de la subtilité et du doigté – et pas des néonazis et l’armée…

Le choix d’alliance politco-économique

Voici les résultats du match Union européenne contre Union douanière (le marché commun autour de la Russie) :

politique ukraine

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Le résultat est très intéressant, car il souligne la problématique du respect de la minorité en Démocratie.

Au niveau national, le score est sans appel : 70 % / 30 % en faveur de l’UE.

Mais le problème est que “les 30 %” sont en fait largement majoritaires régionalement – entre 70 % et 90 % dans l’Est.

Et la question n’est pas seulement “politique”, elle a aussi des ramifications économiques très concrètes !

En effet, signer l’accord avec l’UE obligera probablement la Russie à mettre fin au libre-échange avec l’Ukraine (pour protéger son économie, et pas par bête “sanction enfantine”. Tout comme la France mettrait fin aux accords de Schengen avec l’Espagne si Madrid signait un accord de libre circulation des personnes avec l’Algérie…). Ce qui aura des conséquences négatives sur tout l’Est de l’Ukraine qui travaille beaucoup avec la Russie (et cela aura aussi des conséquences négatives sur la Russie, évidemment).

On mesure la difficulté “démocratique” : 70 % de la population peut- elle décider de sacrifier les intérêts des 30 % restants ? Et a fortiori s’ils sont concentrés en bordure du pays – ils risquent bien de comprendre que leur intérêt est de faire sécession…

Le statut de la langue russe

KIIS a demandé aux Ukrainiens comment il fallait traiter la langue russe (seule l’Ukrainien est langue officielle nationale) :

politique ukraine

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Je trouve le résultat très étonnant : 40 % des Ukrainiens (jusqu’à 70 % à l’Ouest !!!) estiment qu’il ne faut accorder aucune reconnaissance au russe (pourtant largement parlé à l’Est du pays !!!) – MÉME PAS un statut de langue officielle régionale, qui n’aurait pourtant AUCUNE conséquence pour les gens à l’Ouest !! Cela en dit long sur le respect et l’empathie envers leurs concitoyens…

L’insurrection armée à l’Est

Plus intéressant : comment est vue l’insurrection à l’Est ?

politique ukraine

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C’est quand même inouï :

politique ukraine

Près de 75 % des habitants de l’Est, pensent qu’à l’Est se produit un soulèvement populaire, MAIS près de 75 % des habitants de l’Ouest pensent qu’il s’agit d’une agression russe !!!

Pourtant, les habitants de l’Est sont quand même mieux placés que ceux vivant à 1 000 km pour savoir ce qui se passe à l’Est !!

On voit le poids de la propagande et des médias…

Il est aussi intéressant d’analyser le “comment réagir” ?

politique ukraine

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60 % des Ukrainiens pensent qu’il faut dans tous les cas continuer les opérations militaires – alors que 80 % des habitants de l’Est souhaitent la fin des hostilités et l’ouverture de négociations de paix (ce qui semble du bon sens élémentaire…)…

Conclusion

Comme nous nous approchons tranquillement de la fin de notre étude sur l’Ukraine (d’ici 2 à 3 semaines, même les bonnes choses ont une fin – nous avons bien analysé le problème et ses causes), voici une petite conclusion.

Il va falloir juger Porochenko sur pièces. Les premiers jours ne parlent pas ne sa faveur, mais la situation est très complexe, et cela peut être du billard à 3 bandes pour reprendre la main sur les nervis armés. Ou pas…

Des bruits contradictoires courent autour de ce qu’il fera au niveau de la signature de l’accord d’association avec l’UE – certains prétendent qu’il va signer très vite, d’autre qu’il aurait demandé un peu de temps. Cela sera pour moi un vrai test : prendra-t-il le temps d’essayer de négocier un minimum avec la Russie quant aux conséquences, ou s’essuiera-t-il les pieds dessus ?

La seconde hypothèse reste la plus probable, mais elle démontrera sa stature de nain politique. En réaction, la Russie prendra certainement des décisions commerciales contre l’Ukraine – car comme l’a dit José Manuel Barroso en février 2013 :

« Un pays ne peut à la fois être membre d’une union douanière et dans une zone avancée de libre-échange avec l’Union européenne »

Et là, les réactions de la population de l’Est de l’Ukraine sont imprévisibles face aux graves conséquences de ceci…

En parallèle, il faudra attendre les prochaines élections législatives – où Porochenko devrait obtenir une majorité avec l’UDAR de Klitschko. Mais il peut aussi tenter de négocier un gouvernement élargi avec Patrie voire Svoboda.

Il faudra voir aussi ses décisions quant à l’opération (anti ?) terroriste en cours.

Ses premières décisions envers les titulaires actuels des postes clés du gouvernement (Intérieur, Sécurité, Justice) et des fascistes du gouvernement seront éclairantes…

À suivre, donc – investiture de Petro Porochenko samedi 7 juin.

Ce billet fait partie d'une série sur la situation en Ukraine. Il vise à donner des regards différents de ceux diffusés en masse par les grands médias, afin d'élargir votre champ de réflexion. [Lire plus]. Notre souhait est de sortir des présentations binaires "gentils / méchants", afin de coller de plus près à une réalité complexe. Nous rappelons enfin que par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète (et donc pas le gouvernement russe non plus). Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits.

75 réponses à [Important] Point sur la politique ukrainienne (en mai 2014)

  1. casper Le 04 juin 2014 à 04h28
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    “Tout comme la France mettrait fin aux accords de Schengen avec l’Espagne si Madrid signait un accord de libre circulation des personnes avec l’Algérie”

    Votre exemple est tellement bien choisi. Sarko s’est fendu il y a pas 2 semaines d’une tribune dans le Point ou il dit exactement cela, c’est a dire exclure de Schengen les pays “passoire”. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il lance l’idée de renégocier ou répudier Schengen.

    Cela dit on pourra objecter qu’une telle position est cohérente avec les valeurs corporatisme/fascisme de l’UE: la circulation des marchandises et du pognon, c’est sacré ! La circulation des gens ? Euh… c’est moins sacré. Surtout si ils sont pas blancs.


    • V_Parlier Le 04 juin 2014 à 10h39
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      La circulation des gens moins sacrée que celle de tout le reste?
      Bof, çà, çà dépend de la sous couche de vernis politicien utilisée par la tendance virtuelle au pouvoir, et des besoins de consommateurs/producteurs dans les pays. Après on emballe çà par les intentions qu’on veut (“accueil” ou “protection”. Encore faut-il que la politique soit cohérente: Faire rentrer des gens et sortir des emplois, çà ne marche avec personne, mais si tout le monde est blanc).


  2. VladimirK Le 04 juin 2014 à 04h48
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    Il est tout de même surprenant que Klitschko soit encore député, et qu’il brigue un nouveau mandat.

    Il est financé par l’Ouest, c’est déjà un premier problème – bon d’accord, il est loin d’être seul dans ce cas là.

    Mais il est aussi un fraudeur avéré du fisc Ukrainien. Il est multi-millionaire, notamment grâce à des sociétés qu’il a en Allemagne, mais ne paie aucun impôt en Ukraine, alors qu’il en est un député.

    Cocasse non ? D’autant plus gênant, sachant que la constitution ukrainienne interdit toute activité rémunérée parallèle à celle de député (ce qui est logique pour éviter les conflits d’intérêt), mais en plus, il faut qu’il soit résidant fiscal Ukrainien depuis plus de 5 ans.

    Alors, je sais que c’est le cas de Poroshenko, Yatsenyuk, Timoshenko (qui n’a pas moins de 85 comptes bancaires repérés)… etc. à croire que la constitution ukrainienne, à part notre chère Hilary Clinton, tout le monde s’en fout !


    • Lutfalla Le 04 juin 2014 à 07h33
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      Bonjour,

      Concernant la césure linguistique, quelle est la différence entre l’ukrainien et le russe ?

      Est-ce proche comme l’italien et l’espagnol (même racines et structures grammaticales issues du latin) ou y a t-il autant de différence qu’entre l’Allemand et la Français ?

      Merci de m’éclairer.


      • V_Parlier Le 04 juin 2014 à 10h23
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        Ces langues sont en effet proches comme deux langues latines comparées l’une à l’autre. Peut-être même que la proximité est un peu plus flagrante entre le Russe et l’Ukrainien. Par écrit, celui qui parle l’une des deux langues peut comprendre 70% d’un texte rédigé dans un style simple dans l’autre langue, et se débrouiller avec un dictionnaire pour ce qui lui manque. Pour les non initiés, comment reconnaître si c’est de l’Ukrainien plutôt que du Russe: Dans leur alphabet il y a des “i” comme ceux de l’alphabet latin, en plus du “i” cyrillique (comme un “N à l’envers”) alors qu’en Russe moderne il n’y a pas ce “i” latin.


      • PL Le 04 juin 2014 à 14h13
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        Plutôt qu’espagnol et italien, il faudrait prendre comme exemple danois et norvégien: un ukrainien et un russe parlant chacun sa langue peuvent suivre une conversation en commun, alors qu’italien et espagnol auront du mal.
        Depuis 1991, une ukrainisation exclusive est menée dans le pays. L’ukrainien qui est enseigné dans les écoles, est celui de Lviv, mais il est je crois assez différent de l’ukrainien parlé dans les campagnes de kharkov ou kherson. De tout le pays, c’est celui qui est le plus proche du polonais.
        Sur la carte publiée, vous voyez apparaitre un autre phénomène: le surjik. Dans un pays bilingue, tout le monde devrait être bilingue et les deux langues ukrainien et russe devraient avoir le même statut, et être correctement assimilées à l’école. Mais ce n’est pas ce que les élites politiques ont décidé depuis 1991. Paradoxalement, beaucoup de linguistes vous diront que cette situation est une mauvaise chose, car le fait d’interdire le russe dans l’espace public, alors que l’ukrainien est très proche, et que le russe continu a être parlé à la maison dans beaucoup de régions, a pour conséquence le mélange des deux langues (surjik) et donc l’appauvrissement (perte de pureté) de l’ukrainien lui-même.
        De plus vous aurez noté qu’en plus d’une différentiation entre régions, il y a dans chaque région une différentiation forte entre villes et campagnes. Dans toutes les grandes villes sauf Lviv, le russe est prépondérant. Les gens éduqués ont pendant longtemps considéré la langue ukrainienne comme du patois de paysan, même si cette situation a disparu avec la nouvelle génération. Le russe bénéficie d’une longue tradition littéraire, qui a enrichi énormément la langue par rapport à la situation de l’ukrainien. De grands auteurs russophones sont ukrainiens, comme Gogol, Boulgakov, Babel, Pilniak, Ilf et Petrov.


        • VladimirK Le 04 juin 2014 à 14h26
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          Peut-être l’exemple de la Suisse (ou du Canada) est à considérer.

          Plusieurs langues officielles, et ça ne dérange pas les Ontariens ou les Britanno-Colombiens que le Québec parle français (et inversement) ou que le Nouveau Brunswick ait deux langues officielles. De même, la Suisse a survécu au fait qu’on parle Allemand dans certaines régions, français, italien ou romanche ailleurs… alors pourquoi pas en Ukraine ?


        • Nicolas Le 04 juin 2014 à 14h35
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          “un ukrainien et un russe parlant chacun sa langue peuvent suivre une conversation en commun”
          Euh non, je parle couramment russe, et quand j’entends de l’ukrainien je ne comprends que des bribes. Pareil pour tous les Russes à qui j’ai posé la question.
          Une comparaison plus correcte est estonien / finlandais: l’estonien comprends souvent bien le finlandais, mais pas le contraire. Pareil pour les Espagnols et Portugais. Les portugais comprennent très majoritairement l’espagnol, mais le contraire n’est pas vrai.


        • ANNA Le 04 juin 2014 à 14h36
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          J’ai aucun envie de froisser les ukrainiens, il faut arrêter une grande mystification, qu’on appelle la langue ukrainienne. Il n’y a pas de langue ukrainienne de point de vu linguistique. Il y a les DIALECTES ukrainiennes. Chaque dialecte, selon la région. Les ukrainiens des divers régions se comprennent parfois mal, d’où la nécessité de parler russe (langue unificatrice) ou trouver leur propre “esperanto”

          http://ru.wikipedia.org/wiki/%C4%E8%E0%EB%E5%EA%F2%FB_%F3%EA%F0%E0%E8%ED%F1%EA%EE%E3%EE_%FF%E7%FB%EA%E0


          • Nicolas Le 04 juin 2014 à 14h45
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            ” ou trouver leur propre “esperanto” ”
            L’objectif politique, semble-t-il, est justement de créer ce serbo-croate (langue inventée à partir de 1850 par les mouvements nationalistes) qui unifierait l’Ukraine comme Tito avait réussi a unifier les “Yougoslaves”.


          • Spipou Le 05 juin 2014 à 02h21
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            Il y a une langue ukrainienne : toute langue est un ensemble de dialectes, qui ont été fixés en une langue unifiée par décision soit de grammairiens, soit de linguistes soit de politiques soit des trois réunis…

            Pour prendre un exemple, le français est un ensemble de dialectes (de la langue d’oïl) dont un, le dialecte françois, est devenu prééminent parce que c’était la langue des seigneurs d’Ile de France, devenu roi de… France. Ensuite, il y a eu l’Edit de Villers-Coterêts, qui imposa l’usage de la langue vulgaire [c’est-à-dire le français au détriment de toutes les autres] à la place du latin dans les actes officiels et de justice. Puis… Enfin Malherbe arriva… Ainsi que Boileau. Puis l’école obligatoire avec les hussards noirs de la république, puis la télévision, qui ont fait que tous les dialectes de langue d’oïl sont morts ou moribonds, à l’exception du chtimi, et dans une moindre mesure, du gallo.

            Quant aux langues régionales, qui elles ne sont pas du français, je pense que seuls le breton, le corse et l’alsacien – peut-être le basque – résisteront. Mais elles aussi sont un ensemble de dialectes, unifiés en une langue académique par des militants et grammairiens bretons, occitanistes, etc. La seule branche de l’occitan qui reste vraiment vivante, le catalan, est un dialecte élevé au statut de langue, et qui est resté vivant grâce à une volonté politique.

            Deuxième exemple, l’italien, qui est en fait le dialecte florentin, celui de Dante. Les dialectes italiens (ainsi que les langues régionales : frioulan, français, occitan, albanais, catalan, grec…) sont restés très vivants du fait de l’unification tardive de l’Italie et d’une politique moins répressive que la politique française (ainsi que d’un taux d’illettrisme longtemps très élevé).

            Dernier exemple, la Norvège : le bokmål, issu de l’occupant danois et langue de la majorité de la population, cohabite avec la langue de l’ouest, le nynorsk (néonorvégien), langue créée artificiellement au XIXème siècle à partir d’une multitude de dialectes très différents les uns des autres, parlés dans les fjords de l’ouest.

            Mais le point important n’est pas là : même si le nynorsk est toujours source de polémiques enflammées en Norvège, même s’il est une construction artificielle, même si tous les norvégiens se comprennent quand ils le veulent bien, même si sa création a été une volonté d’affirmer la pureté norvégien par rapport à l’ancien dominateur danois, il serait aberrant que les norvégiens de l’ouest créent des groupes nazis pour exterminer les locuteurs du bokmål sous prétexte qu’ils sont des collaborateurs du Danemark !

            Une langue n’est jamais qu’un dialecte qui a acquis un statut. Après, tout dépend de l’usage politique qu’on veut bien en faire.


        • OlegM Le 04 juin 2014 à 15h47
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          1) L’Ukrainien est plus proche du Slovaque, Biélorusse ou même Polonais que du Russe. Le Russe est plus proche du Bulgare, voir Serbe. L’origine de cela réside dans la conversion à la chrétienté. Les Byzantins ont envoyé des prêtres qui parlaient les dialectes de la Bulgarie et de la Macédoine actuelles. Les peuples de Moscovie (à l’origine des tribus finno-hongrois) conquis après la conversion, apprenaient cette version ecclésiastique (Le Slavon) devenu le Russe après de différents mélanges.
          2) L’Ukrainien officiel (de référence),enseigné à l’école, est celui de Taras Shevtchenko – un grand poète de 19-me siècle. C’est le dialecte du Centre: Cherkassy-Poltava. Les ukrainiens de l’Ouest ont des dialectes avec des mots polonais et hongrois, voir allemands.
          3) Tout ukrainien parlant l’ukrainien parle le russe. En dehors de Crimée il n’y a pas de gens nés sur place qui ne connaissent pas l’Ukrainien. Il y en a qui n’aiment pas parler, mais il n’y en a pas qui ne connaissent pas.
          4) L’utilisation de l’ukrainien a bien progressé depuis l’indépendance. Elle n’est plus considérée comme une langue des paysans (ce qui était après des décennies de russification). Il suffit de passer dans les campus de Kiev. Il y a 20 ans on n’entendait que le Russe, ce n’est plus le cas.


          • PL Le 04 juin 2014 à 21h32
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            Merci d’être intervenu.
            Oui taras schevchenko bien sûr. Les premiers soviétiques se sont appuyés sur cette littérature dans les premiers temps d’ukrainisation. Mais j’avais cru comprendre que ces dernières années les normes de l’ouest avaient tendance à s’imposer de plus en plus, mais comme je ne suis pas linguiste je vais vous faire confiance.
            Concernant l’université, je pense qu’il y a plusieurs facteurs. La langue du quotidien est une chose. Mais aussi les (futures) élites ont toujours eu tendance à s’appuyer sur la langue la plus porteuse socialement. De manière un peu opportuniste quelque fois. Ca a pu être le polonais, le russe, maintenant l’ukrainien. C’est aussi visible à donetsk, où les 10-15% des gens qu’on qualifiera rapidement de “pro-ukraine” se rencontrent principalement parmi les gens qui ont fait des études supérieures. Il y a un caractère de classe très marqué. Enfin, les déplacements de population sont aussi un facteur important: la sociologie de kiev a beaucoup changé ces cinquante dernières années. Il y a une immigration très importante venant des régions de l’ouest et du centre, qui ont contribué à modifier la répartition linguistique de la ville. Les gens de l’est, ils émigrent surtout en russie.
            Etes-vous d’accord, ou est-ce-que je me trompe ?


          • Papagateau Le 04 juin 2014 à 21h57
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            A) je m’attendais à voir l’ukrainien comme la langue parlée autour de Kiev qui est le centre historique et GÉOGRAPHIQUE de l’Ukraine. Et bien non. La zone centrale de l’Ukraine parle “SURZHIK”.
            B) je m’attendais aussi à ce que l’ukrainien soit la langue qui couvre le plus de régions (Oblast) et bien non, il ne couvre que 4 régions à l’extrême ouest sur 26, soit 15% (opposé =85%).

            Question :
            Comment se fait-il qu’une langue, un dialecte qui n’est, ni la langue historique du centre du pays ou de la capitale, et qui n’est pas non plus la langue de 85% de la population peut être officiellement appelée “ukrainien” ? Comment n’y a-t-il eu aucune opposition médiatique ou universitaire à une telle absurdité ?
            Apparemment le fait est ancien. Date-il de la première “révolution orange” (premier coup d’état) ?

            Pour moi, la population n’a pas pu demander qu’une langue qui n’est pas centrale, et de seulement 14% de la population, soit nommée du nom du pays (et langue officielle, puis langue exclusive), Et que ce ne soit jamais remis en cause en 10 ans.
            Sauf si … Sauf si des millions de dollars américains ont été déversés PENDANT 10 ANS sur tout les médias et tout les universitaires médiatiques et politiques d’Ukraine.
            Si ça dure depuis 10 ans, ça peut faire une somme rondelette. A part ça , les étasuniens n’ont rien, ni contre le SURZHIK (la langue centrale de l’Ukraine), ni contre les Russes.


            • Spipou Le 05 juin 2014 à 03h24
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              Je pense que, comme le signale un commentaire plus haut, le surjik est un phénomène récent, datant tout au plus de l’alphabétisation des masses populaire.

              Mais l’ukrainien était – et est – largement parlé aussi à l’est que Kharkov.

              Le roman “les ruskoffs” de François Cavanna, un beau roman d’amour autobiographique, soit dit en passant, en fait foi.

              Et puis, il ne faut pas oublier qu’en France, où l’unification linguistique forcée, entre autres par les instituteurs de Jules Ferry et de Guizot, “les hussards noirs de la république”, on n’a qu’une très vague idée de ce que peut être la diversité linguistique d’un pays. Il suffit de franchir une frontière, les Alpes ou le Rhin, par exemple, pour voir à quel point les langues et dialectes régionaux peuvent être vivaces et nombreux.

              Ce qui a été naturel en Ukraine indépendante de l’Union Soviétique, c’est que l’ukrainien devienne langue officielle. Ce qui l’est moins, c’est que le russe n’ait pas eu de statut officiel avant… 2010, je crois ?


            • Spipou Le 05 juin 2014 à 03h36
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              Et puis la carte, même si elle est très intéressante, montre des situations majoritaires dans chaque région, elle ne peut pas montrer le cas particulier de chaque village, bourg ou agglomération, et encore moins les proportions de foyers parlant telle ou telle langue dans chaque commune ! Je trouve déjà admirable de disposer d’une telle carte, JAMAIS un travail pareil n’a été fait en France, qui a toujours interdit de mentionner la simple existence d’autres langues que le français de La Fontaine et de Molière (malgré la timide loi Deixonne de 1951).

              Entre parenthèse, je me demande ce que prévoient les gens de Pravy Sektor et de Svoboda pour la langue rusyn (ou ruthène, à l’extrême ouest). Je parierais ma chemise qu’ils n’en pensent pas du bien… Pas plus que du hongrois, du polonais, du roumain, du bulgare, du gagaouze (langue de la famille du turc, parlée en Moldavie et dans l’extrême sud de l’Ukraine) ou du rom (surtout du rom ! Les tziganes, c’est pas vraiment la tasse de thé des nazis, d’après ce qu’on sait…)


    • Andrea Le 04 juin 2014 à 13h20
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      Klitschko est maire de Kiev. Il a fait sa première campagne pour ce poste en 2005, c’est une vieille et longue ambition. Il a été député un bref moment…l’est-il toujours ou à nouveau? (Qu. sincère.)

      Voici un wiki sur UDAR qui détaille les multiples partis (noms, changements de nom, alliance dans un nouveau parti, etc. etc.) du “Block Klitschko.” en anglais. Etonnant.

      http://en.wikipedia.org/wiki/Ukrainian_Democratic_Alliance_for_Reform

      Voir le site des frères Klitschko, c’est édifiant. Angl./Allemand/Ukr/Russe

      http://www.klitschko.com/


  3. vanderperren Le 04 juin 2014 à 08h07
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    Pourquoi mettre la Ruthénie en bleu? Elle a sa spécificité propre et n’est en rien comparable à la Galicie.


  4. Judabrutus Le 04 juin 2014 à 08h12
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    À en juger par cette analyse pointue qui degage des clivages extrêmes d’opinions inscrits dans la matrice territoriale , une chose est d’ores et déjà acquise : nous sommes en présence d’au moins deux Ukraine (d’autres velléités identitaires semblent en gestation dans les regions frontalières sud et ouest) . Tous les marqueurs culturels et idéologiques sont réunis pour nourrir la division definitive, et c’est sans compter avec la formidable capacité d’apaisement des hordes de loups lâchées par un pouvoir kievien aux abois. Elles vont se charger d’eradiquer les dernières chances d’une improbable reconciliation.


  5. Nicolas Le 04 juin 2014 à 08h22
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    Bravo et merci encore une fois pour votre acharnement à rétablir la vérité face au déluge de propagande.
    Parmi les personnes tuées lors de la bataille de l’aéroport de Donetsk était Mikola (Nikolay) Leonov, champion du monde de kickboxing et rapeur.
    Voici sa chanson “les marionnettiste de Maïdan”
    https://www.youtube.com/watch?v=oRCC45mxiTM


  6. pantocrator Le 04 juin 2014 à 08h25
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    “Le groupe Marie Claire sort son premier numéro en Ukraine”

    après les photos d’hier de cette pauvre femme mutilée et mourante , cette vacuité de la presse me laisse pantois


  7. Nicolas Le 04 juin 2014 à 08h27
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    Base militaire kiévienne prise par les résistants cette nuit http://www.vesti.ru/doc.html?id=1650696
    Après un long combat, les soldats kiéviens se sont rendus et ont été rassemblés sur la place d’arme de la base.


  8. Nicolas Le 04 juin 2014 à 08h33
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    Nouveau bombardement de Semenovka aujourd’hui http://www.vesti.ru/doc.html?id=1651219&tid=105474
    Évidemment rien dans les sites français de propagande (“d’information”), les magouilles de Copé commises il y a 2 ans sont bien plus importantes et urgentes.


  9. Nicolas Le 04 juin 2014 à 08h42
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    Les troupes kiéviennes ont pris le contrôle de Krasniy Liman (en DNR) et ont massacré les blessés dans l’hôpital. http://www.vesti.ru/doc.html?id=1649697&tid=105474
    A contrario, les kiéviens capturés à la base militaire de Lugansk ont été relâchés.

    Donetsk arrive à court de médicament et de nourriture (selon le premier-ministre de la DNR). Catastrophe humanitaire programmée.


    • Marie Le 04 juin 2014 à 09h07
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      La Russie a demandé au gouvernement de Kiev de créer les couloirs humanitaires pour sortir les femmes et les enfants des villes où l’armée mène une opération, – refusé!
      La Russie a proposé de l’aide humanitaire aux régions de l’Est,-refusé!
      Si ce n’est pas du génocide, c’est quois cette opération???

      Et notre ministe “étranger aux affaires”, M. Fabius qui va à Kiev le 7 juin pour féliciter le chef de cet état qui tue ces citoyens? Révoltant!!!

      Même Obama commence à changer de ton, hier en Pologne, pour la première fois depuis le début du conflit en Ukraine, il a parlé de possibles reconsiliation avec la Russie.

      Visiblement, Fabius n’a pas encore reçu l’ordre des USA de changer sa vision de la politique envers la Russie!


      • BenDeko Le 04 juin 2014 à 11h13
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        Ce matin dans la presse russe “itar-tass”, il est écrit que l’ONU consent à accepter la résolution de la Russie pour “aide humanitaire” en échange d’une résolution visant à l’application “des sanction et l’utilisation de la force en Syrie”, conformément au chapitre 7 de la chartre de l’ONU.

        http://itar-tass.com/politika/1236212


        • V_Parlier Le 04 juin 2014 à 11h46
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          Acceptation d’une aide humanitaire contre l’approbation d’une attaque armée. Bref, c’est peut-être là qu’était le but des atlantistes: un chantage répugnant.


          • TZYACK Le 04 juin 2014 à 18h31
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            Et Obama, prix Nobel de la Paix, devenu le commanditaire d’assassinats par drones, va maintenant préter quelques milliards de $ aux pays limitrophes de la Russie pour augmenter leur stock d’armements.
            C’est bien une marionnette au service des seuls intérêts des complexes militaro-industriel et financier américains.


        • Nérouiev Le 04 juin 2014 à 12h05
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          C’est à peine croyable ! Autrement dit, il faut absolument respecter les quotas américains pour l’ensemble.


          • BenDeko Le 04 juin 2014 à 12h25
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            De plus, la situation en Syrie est l’anti-mirroir de la situation en Ukraine…


        • Nicolas Le 04 juin 2014 à 13h13
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          Churkin a déjà répondu (en gros) qu’il n’échangerait pas la Syrie contre l’Ukraine.
          Ce marchandage est franchement ignoble.
          Les zones de résistances arrivent à bout de nourriture, de médicaments, et les forces kiévienne ont apparemment pris l’apprivisionnement de l’eau courante pour cible.


  10. ANNA Le 04 juin 2014 à 08h54
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    Une carte française de la région, 18 siècle :

    http://savepic.org/5315154.png

    Il est intéressant de remarquer OU se trouve “l’Ukraine” a cet époque et quelle taille elle fait 🙂


    • Amsterdammer Le 04 juin 2014 à 18h27
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      Logique. Au départ, l’Ukraine, c’était simplement les confins de la Russie.

      Ukraina signifie “Marche, confins, région frontière”, en russe/ukrainien. C’est le même mot que l’on retrouve dans de multiples régions du monde slave, krajna en Pologne, krajina en Croatie, Serbie, Bosnie…


  11. Mat Le 04 juin 2014 à 09h08
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    Merci encore 🙂
    Génial ce billet, on a l’impression de comprendre ce qu’il se passe là-bas, incroyable non ?
    Ça paraît presque suspect… lol !


  12. gil Le 04 juin 2014 à 09h19
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    Bonjour,

    L’ukraine et Poutine sont évoqués pendant un meeting du bilderberg. Je ne sais pas ce que ça vaut mais d’après cette video, le groupe pourrait être en train de décider la guerre avec la Russie.

    http://wearechange.org/bilderberg-member-talks-to-protesters-about-war-with-russia/

    Cordialement


  13. frédéric Le 04 juin 2014 à 09h45
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    Heureusement que vous êtes là, Monsieur Berruyer. Cela doit être difficile de traiter certaines des informations. J’en ai personnellement l’estomac régulièrement noué et en fais des cauchemars, ce qui est bien peu de chose au regard de ce qui se passe dans l’est de l’ukraine (la femme au gilet rouge me hantera longtemps, mais la vie est ainsi faite qu’elle ne hantera pas les pseudo-journalistes de nos torchons nationaux).

    Vous pouvez être fier de vous, car vous participez activement à quelque chose de fondamental. De plus, cette crise semble se transformer en “crise de toute les crises” au fil des jours et des mois. Ses répercussions semblent s’étendre perpétuellement.

    Merci beaucoup pour votre travail.


  14. cording Le 04 juin 2014 à 10h48
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    Merci, Olivier pour ce travail d’informations sur la réalité ukrainienne qu’occultent nos médias occidentalistes.
    Cependant la représentation politique et parlementaire que donne cet institut de Kiev montre une ambiguïté sur Porochenko: a-t-il un parti derrière lui, qui est-il vraiment, que veut-il faire, que peut-il faire? N’est-il pas qu’une face plus présentable que les extrémistes au pouvoir à Kiev? Peut-il les neutraliser, eux et leurs bandes armées? Quel pouvoir réel a-t-il? Selon quelle constitution? Est-ce un régime présidentiel où le président impose ses vues avec un parti du président ou bien est-ce un régime parlementaire où le président serait une potiche ou devrait avec les forces composants sa majorité parlementaire? Des réponses dépend l’avenir de l’Ukraine, déjà bien sombre puisqu’au bord de la guerre civile selon Jacques Sapir.
    En tous cas les Ukrainiens ont changé de maitre : ils en ont choisi un nouveau plus implacable que le précédent à savoir le FMI plutôt que la Russie de Poutine qui, elle, savait faire des cadeaux à l’Ukraine en tant que pays ami et frère de la Russie par un tarif bien préférentiel sur le prix du gaz. D’ores et déjà la première tranche du prêt accordé à l’Ukraine a servi directement à payer les arriérés de la facture de gaz à Gazprom, et ce n’est pas fini; de plus la potion amère du FMI va appauvrir encore plus une population déjà bien pauvre.
    Le calvaire de l’Ukraine n’ est pas prêt de finir !


    • Andrea Le 04 juin 2014 à 16h03
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      Heh oui. Poroshenko a été *choisi*, s’est constitué candidat, et a été élu pcq:

      1) Il est oligarche (pas parmi les plus puissants)

      2) Il s’est affiché pro-Maidan, pro EU

      3) Il fait figure de ‘conciliateur’ (on ne peut pas dire ‘centriste’ car cela ne veut rien dire en politique Ukrainienne) et de ‘pragmatiste’ justement pcq’il n’a pas de ligne politique, mais a eu du succès en affaires pour le dire très doucement (criminel selon certains, mais ca c’est ‘normal’) – ce que son passé montre clairement.

      4) Pour le public, ou une partie, il est ‘neuf’, n’a pas été candidat avant, et n’est pas associé fortement à une formation ou une autre (mais voir 2.) C’est donc, en quelque sorte, un Nouveau Leader.

      Et c’est tout. Donc vos bonnes questions ne trouvent pas de réponse.

      L’Ukraine est à la dérive totale depuis longtemps. La crise économique 2008 a frappé fort et des radicalisations, troubles, etc. sont devenus ingérables (après une longue histoire de déclin, corruption, depuis le début, 91, etc.) et une spirale s’est installée.

      Yanukovitch, au fait, a été proposé et élu pour les mêmes raisons (grosso modo.) Pour maintenir le statut quo, oups! pa-ta-tra.

      (La je mets de coté les actions de comploteurs extérieurs, US, EU, etc. – c’est hyper important bien sur..)


  15. Alain Le 04 juin 2014 à 10h53
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    Bonjour,

    Hier soir, Une émission d’arte sur l’Ukraine.
    Lecteur assidu de ce blog je suis surpris par la vision très partiale des journalistes dans cette émission malgré des interview de l’ambassadeur russe.
    Un journaliste invité après l’émission qui fait un pamphlet a charge envers Poutine.
    Des analyses qui manquent souvent de profondeur.
    Surprenant de la part d’arte; une chaîne que je trouve très intéressante.
    D’autres personnes auraient elles vu cette émission pour avoir des avis contradictoires .


    • V_Parlier Le 04 juin 2014 à 11h55
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      Même si Arte n’est en général pas atlantiste ni néolibérale, cette chaîne a tout de même une certaine obsession anti-Kremlin récurrente, au delà de la simple critique justifiable. Ceci a probablement été le consensus nécessaire au maintien d’une chaîne franco-allemande…


      • Dominique Levrier Le 04 juin 2014 à 12h16
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        Bonjour. J’ai trouvé le reportage assez équilibré, alors que lé début laissait craindre le pire: jeune femme blonde, de Kiev, sanglotant “mais pourquoi on nous présente comme des fachos?”. Ce qui semble confirmer la désinformation subie par ceux qui ne captent pas les chaînes russes. Mais la parole est donnée à ceux de l’Est, leurs raisons : un aperçu, trop bref, du “style” de Svoboda. On voit aussi la parano à Kiev à propos d’une attaque russe. Bref, par rapport à ce qu’ils lisent partout, les téléspectateurs ont dû apprendre de quoi mettre en doute leurs certitudes. Les enjeux géopolitiques du côté russe ont été expliqués, ainsi que le rôle des U.S.

        De sorte que le “débriefing” qui suivait, par un journaliste allemand très anti-Poutine, était plutôt contreproductif, car il permettait de mettre en lumière la contradiction entre son discours et les images. A faire tourner, on peut le revoir sur Arte+7.


      • Manant Le 04 juin 2014 à 15h16
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        Pour comprendre, lire attentivement cette analyse : Arte, comme d’ailleurs la majorité des medias qui sont à l’avant-garde de la russophoebie, est nourrie d’une idéologie suprémaciste :
        http://www.dedefensa.org/article-notre_exceptionnalisme-supr_matisme_04_06_2014.html


    • Arnould Le 04 juin 2014 à 13h02
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      Alors je remets mon commentaire de l’article précédent: B(otul)HL est président du conseil de surveillance d’ARTE depuis 20 ans. Faut _absolument_ le savoir. Si je comprends bien cet article par exemple, il devrait être prolongé (remplacé???) bientôt. Je n’ai pas envie de chercher davantage.


    • José Le 04 juin 2014 à 13h51
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      Désolé, mais je ne vais pas faire part d’un avis contradictoire. J’ai aussi regardé cette émission d’ARTE chaîne que j’apprécie en dehors des infos et émissions d’actualité politique.
      Hier soir BANDERA y était présenté comme un patriote aux positionnements un peu spéciaux. Dans ce reportage, les néo-nazis sont cachés et on ne comprend pas bien ce qui se joue, mais c’est vrai qu’un peu du point de vue de l’est y est monté. Mention spéciale au secrétaire général de l’OTAN/ RASMUNSEN pour qui l’OTAN est une oeuvre de charité eti nous apporte la paix! Le discours de la journaliste d’ARTE et du journaliste allemand est bien dans le moule de tout ce qu’on entend habituellement.


    • ErJiEff Le 04 juin 2014 à 15h04
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      Pour ma part, absolument pas surpris : depuis des semaines, Arte aura tenu un rôle de vulgaire propagandiste en cette affaire :
      Pour s’en convaincre, il suffi d’entendre les amorces d’actualités ou de débats sur cette chaîne : tsar Poutine, agression Russe, forces “spéciales”,…

      Curieusement, le ton adopté concernant l’actualité Ukrainienne est une quasi parfaite symétrie avec celui qui a cours à propos de la Syrie : il suffit d’invertir dans chacun des discours les mots “autorités” et “rebelles” pour retrouver l’autre.

      Merci Arnould (un peu plus bas) pour l’aspect capital de l’indépendance d’Arte : cette propagande active si dérangeante en devient implacablement logique et incontournable, hélas !


  16. ANNA Le 04 juin 2014 à 11h02
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    Cédric Gras : « Il faut que les Russes osent dire : regardez comme nous sommes formidables »

    http://www.lecourrierderussie.com/2014/05/cedric-gras-russes-formidables/

    P.S. Présent en CEI depuis huit ans, Cédric Gras dirige aujourd’hui l’Alliance française de Donetsk, dans l’Est de l’Ukraine.


  17. BenDeko Le 04 juin 2014 à 11h19
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    Assez amusant, le 5 aout 2012, quand l’hymne nationale russe commence… à 27 sec

    https://www.youtube.com/watch?v=qhAKdyi10eM


  18. Goldfinger Le 04 juin 2014 à 12h48
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    Bonjour à toutes et tous,

    “Comme nous nous approchons tranquillement de la fin de notre étude sur l’Ukraine (d’ici 2 à 3 semaines, même les bonnes choses ont une fin – nous avons bien analysé le problème et ses causes) […] ”

    Oui très belle étude très fouillée: le problème et ses causes ont été très bien analysés. MERCI beaucoup !

    Reste à examiner attentivement la tournure que vont prendre les événements sur le terrain.
    L’Ukraine est donc devenue – au grand dam de la majorité de sa population – un nouveau point de tension éruptif de la géopolitique mondiale (un de plus).

    Et les autres crises abordées sur ce blog sont toujours bien présentes et atteindront leur point critique (bien) avant la fin de ce siècle.
    Nous en sommes actuellement plus spectateurs qu’acteurs mais de gré ou à la force des événements nous serons amenés à en devenir plus acteurs que spectateurs.

    Et un acteur bien informé en vaut deux ! 😉

    Comme on le dit communément: çà va passer ou çà va casser !
    (A suivre également).

    Très cordialement.


  19. cornet Le 04 juin 2014 à 13h00
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    http://www.youtube.com/watch?v=Y2D8J0e5Fms

    Vidéo interessante de Pierre Hillard


  20. Nicolas Le 04 juin 2014 à 13h17
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    J’ai pas comprendu pourquoi un certain nombre de mes com’ est supprimé. J’essaie de faire passer les infos concernant la guerre que je trouve en russe sur RT, Vesti et Lenta et qui ne sont pas toujours traduites, ou avec du retard. La prise d’un poste frontière par les résistants de Lougansk rapportée par Vesti me semble être un évènement important, vous l’avez supprimé 2 fois, je ne comprends pas pourquoi. Vesti n’a pas l’impartialité de RT, mais est quand même beaucoup plus proche de la réalité sur ce sujet que n’importe quel média mainstream occidental. Et contrairement à la plupart des merdias occidentaux, ils ont plusieurs journalistes dans les zones de combats.


    • ANNA Le 04 juin 2014 à 14h17
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      Nicolas, je pense que l’auteur de ce blog supprime a posteriori les commentaires, qu’il juge – hors sujet, ou info invérifiable, ou sujet déjà traité plusieurs foi, ou chat etc… Tous les commentaires se déroulent sur la même page, si on les laisse tous, cela deviendrait “illisible” et “noyé” dans le flux… Donc il ne faut pas penser que votre contribution est inutile, non, seulement il faut purifier parfois le fil de discussion.

      [ Modérateur – Merci ANNA de le rappeler. ]


  21. Andrea Le 04 juin 2014 à 13h24
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    L’antipathie de l’Ouest vers l’Est est bien sur ancrée dans l’histoire et la géographie.

    Mais sondage après sondage montre que tout ce concentre sur la langue, et donc la division Russe / Ukrainien. Malgré le fait que sur le terrain bien sur il n’y a pas de division claire: bcp sont bilingues, il n’y a pas de problème dans le quotidien (comme p. ex. en cas de forte immigration parlant une autre langue), etc.

    Selon moi ceci est du au fait qu’il n’y a pas d’autre marqueur fort disponible, comme des cultures très différentes (droit musulman vs. code Napoléon..), la religion ne fait pas l’affaire, l’ethnie au sens large non plus (mélange de peuples, tous blancs, se ressemblant..) Ajouter à cela une culture et un paysage politique extrèment faible (oligarches, corruption, etc.) qui n’offre donc pas d’alternatives crédibles, ou pas grand chose.

    On voit que même les soi-disants partis politiques sont des fiefs pour les oligarches et résultent d’arrangements entre eux (valse des étiquettes, des dirigeants, des alliances..) et sont pour une bonne partie calquée sur, ou issue de, cette division. “Parti des Régions” – c’est explicite. “Patrie” …et en retour les intentions de vote reflètent la même polarisation. Bon, il y a les communistes (c’est une option politique) à l’Est (presque uniquement.)

    Et cela se repercute de facon assez vide et triviale même sur les arrangements économiques. Bon, être membre de l’UE ou se tourner vers la Russie, cela compte – encore la même division – mais cela ne dit rien sur le système bancaire, le role de l’état, le droit de travailleurs, l’impot, etc. tous des sujets évacués.

    Selon moi, cette division EST-OUEST, pour faire court, a été entretenue par les oligarches (c’est eux qui dirigent le pays) car elle leur permet d’agir comme ils veulent par ailleurs – cela mobilise tout l’espace mental, allant même maintenant à la violence, le début d’une guerre civile?

    On verra si Poroshenko a une vision claire de cela et s’il arrive non seulement à “calmer les esprits” ou “stopper la violence” (c’est probablement allé trop loin) mais a re-centrer le débat et les actions politiques sur un autre terrain.

    Merci à Olivier pour son fantastique travail. Vous m’épargner des heures derrière l’écran…


  22. Philou Le 04 juin 2014 à 13h36
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    [[ Je vous ai envoyé hier une contribution sur le fil “Chronique d’un crime ordinaire” qui n’est pas passée : 1) soit parce que – emporté par l’indignation vis-à-vis des gens que je dénonçais – j’ai eu recours à des expressions inopportunes à leur encontre, 2) soit que vous ayez estimé que ma réaction était peu en rapport avec l’article, 3) soit, enfin, que vous teniez à refermer l’article après une avalanche de 144 commentaires. Quoi qu’il en soit, je me permets de vous proposer le texte suivant qui reprend une partie de ce que je disais, de manière édulcorée, et sur le fil d’un article d’analyse générale qui convient sans doute mieux. Si mon texte vous agrée, merci alors de supprimer cette introduction entre crochets ]]

    Remarquable effort de prospective immédiate et sur le moyen terme au travers de cette analyse d’Olivier Berruyer du sondage KIIS. Gageons que ce sondage ne soulèvera sans doute aucun écho dans la presse-Système et que – si jamais il en soulevait – personne n’y donnerait les aperçus d’Olivier. L’unanimisme anti-russe et pro-violence est de plus en plus révoltant…

    …ainsi, il y a quelques jours, Arte proposait un débat “après la présidentielle, la guerre civile en Ukraine” (émission “28 minutes”) :

    Je confesse mon effarement devant la réponse de Marie Mendras, chercheuse au CNRS, à la question du journaliste homme de “28mn ARTE” :

    “On va quand même jusqu’à l’écrasement militaire des séparatistes pro-russes de cette région ?
    – je crois qu’il (Porochenko) n’a pas le choix !
    – on ne peut pas régler pacifiquement cette situation, vous voulez dire ?
    – …c’est totalement impossible !”

    …et cette grande spécialiste de prétendre que les rebelles de l’Est sont dans leurs “derniers soubresauts, ça ne fait aucun doute” (ce qui rappelle les “last throes” de Dick Cheney parlant de la résistance grandissante en Irak dans les années 2003-2005).

    Les deux autres “spécialistes” étaient tout aussi ahurissants de certitudes et d’animosité anti-russe même si l’un (François Heisbourg) – à un moment – reprit sèchement l’autre (Antoine Arjakovsky) embarqué dans un délire Poutine = Staline (cf. pacte Molotov-Ribbentrop).

    Aucun contrepoids dans ce “débat” …à part ce journaliste, qui prenait des mines interloquées puis renonçait à moduler cet unanimisme affolant, après qu’on ait ri à sa tentative de rappeler au moins le point de vue opposé. Aucune concession même rhétorique, chez ces grands sachants ; pour eux, le seul fait d’évoquer des “fachistes” quasi-inexistants, c’est faire le jeu du “discours poutinien”.

    Je crois que ces 3 universitaires “je sais tout”, sont – de loin – plus influents et donc plus efficaces en terme de propagande belliciste qu’une C. Fourest, dont la confusion intellectuelle paraît quand même assez claire quand on la lit ou l’écoute.

    Il y aurait – là aussi, là encore – matière à démontage… travail de Sisyphe !

    Ces 3 savants connaissent-ils seulement l’étude remarquable qu’Olivier analyse ici ?


    • Carole G Le 04 juin 2014 à 19h15
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      @philou,
      l été passé, il était arrivé exactement la meme chose à propos de la Syrie, dans les grands médias ( et pas que…) ; une désinformation absolue: on allait droit à la guerre, la fleur au fusil; si les anglais et les américains n avaient pas reculé au dernier moment…il me semble que le tempo pro guerre s accélère, ou c est moi qui hallucine?


  23. Ghosties Le 04 juin 2014 à 14h25
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    Article à peine orienté du Monde, …écœurant.

    Moscou travaille à affaiblir durablement l’Ukraine :
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/04/moscou-travaille-a-affaiblir-durablement-l-ukraine_4431778_3214.html


  24. moderato si cantabile Le 04 juin 2014 à 14h33
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    En cette veille d’anniversaire de 6 juin, tellement ambiguë au vu des événements qui secouent l’Europe, je pense que cet article sur wiki est une lecture utile. C’est long et c’est assez complet, avec des liens. On y retrouve tout l’assemblage qui colle à…ce qu’il se passe aujourd’hui. Incroyable comment on peut escamoter les faits historiques.
    Pour ceux qui le peuvent (ou qui ont la possibilité au moins d’aller dans une bibliothèque) lisez aussi Vasili Grossman, grand écrivain et ayant une expérience personnelle de cette guerre. Il y a aussi Imre Kertesz, Anatoli Rybakhov…enfin, il y a de quoi se souvenir, si l’on veut.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Barbarossa


  25. tchoo Le 04 juin 2014 à 15h02
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    • cording Le 05 juin 2014 à 11h54
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      La Russie n’a aucun intérêt à intervenir directement dans le bourbier ukrainien cela ferait trop plaisir et le jeu de ses adversaires occidentalistes. Son intervention ne sera qu’indirecte et multiforme en direction des russophones qui ne veulent pas subir la tyrannie du pouvoir kievien en se révoltant, et en posant ses conditions pour une négociation de pacification de l’Ukraine.
      L’intérêt fondamental de la Russie est une Ukraine fédérale, pacifique et amie, en bons termes et bonnes relations économiques. Mais cela est-il encore possible?


  26. Nicolas Le 04 juin 2014 à 17h53
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    Très intéressant, enfin il me semble : Un film publié sur Youtube en Mai 2012 parle du déroulement de la guerre civile ukrainienne en 2015: les résistants qui s’oppose au gouvernement fasciste, partent de Lougansk, arrivent à Kiev, avec le gouvernement fasciste qui se replie à Lvov (dont l’aéroport est appelé aéroport Stepan Bandera) et en appelle à l’OTAN etc. Bon, il se sont gourré d’un an et n’ont pas prévu que la Crimée retournerait à la maison dès le début du conflit, mais on voit que les causes du conflits ne sont pas une surprise.
    L’article s’appelle “nous les avons prévenu”, et un des auteurs du film donne sa vision de l’Ukraine au vu des évènements récents
    http://lenta.ru/articles/2014/06/04/krivobokov/


  27. Nicolas Le 04 juin 2014 à 19h13
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    Selon le SBU, les Kosaques, et donc (?) Poutine sont impliqués dans l’enlèvements des “observateurs” de l’OSCE.
    Le SBU accuse également les Kosaques de fournir des armes aux résistants du Donbass.
    Intéressant. Ça peut être bidon, mais si c’est vrai ça équilibre un peu la guerre, par rapport aux mercenaires d’Academi etc du côté des troupes kiéviennes.
    a http://www.youtube.com/watch?v=zod2WIozW5k


  28. LA ROQUE Le 04 juin 2014 à 19h44
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    Je suis assez surpris des propos de Elkabbach après son entretien avec Poutine.
    Il est beaucoup plus mesuré, a t il compris que la réalité est bien plus complexe qu’elle en a l air.
    Ou est ce qu il a découvert le site de Olivier?


  29. Lamonette Le 04 juin 2014 à 20h02
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    Mes amis,

    Comme tous, j’attends l’interview…

    J’écoute Europe 1, je me frappe plein d’intervenants plus ou moins pertinents.

    Et puis ADLER… Ouf! Simple mais pas simpliste.

    Je redoute en revanche les post interview. Pas Madame GUIGOU, je peux me tromper mais cela fait des mois qu’elle demande du calme , y compris à l’OTAN.
    En revanche Monsieur Sac de riz sur l’épaule…j’avoue être prise d’une certaine angoisse: je suis capable de couper l’écoute sur une de ces envolées dites lyriques et délirantes…..

    Relayez moi.

    C’est important. Ils ont tous déjà écouté Poutine, contrairement à nous, contrairement à moi et je devine les premières critiques….sans même disposer d’un point d’appui pour répondre…


    • Charles Michael Le 04 juin 2014 à 20h44
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      Le spectacle, cette bizare parodie du réel, est de mon point de vue la caactéristique essentielle de notre “civilisation”.
      Ce qu’il y a de fascinant c’est de voir un discours répété et à force de répétition devenir à la fois fondement moral et impératif (catégorique ou presque), un dogme qu’il suffit d’affirmer pour être du coté du Bien, du Juste, du Vrai.
      Et les émetteurs douteux et Kouchner comme BHL en sont de reluisants exemples, sont eux-mêmes persuadés par leurs échaffaudages (ou axiomes Orwelliens) et surtout simplificateurs.
      C’est cela qu’on peut appeler le Système et il règne.

      la dernière de Obama en Pologne où il affirme (aujourd’hui vu dans TheGuardian), sincérement, en plus j’en suis persuadé, que le temps des grandes puissances impériales et des zones d’influence est fini en est une parfaite illustration.
      L’outrecuidance de n’importe quel sbire de Bruxelles, la légitimée posture virile de Rasmunsen boss de l’Otan, confirme l’implacable et inaltérable sentiment de représenter le Bien, une conviction sans faille, sans hésitation.
      A ce titre il y a donc les bons et les méchants, et ceux-ci sont définis non par leurs actes mais par leur adhésion ou non au Grand Ordre Mondial imaginé et mis en scène par la Sainte et Blanche Amérique des Etats Unis qui a sauvé pratiquement seule cette Europe faiblarde mais capable de rédemption.

      si elle apprend un peu mieux à obéïr, si elle devient donc parfaitement morale et normale.

      Ces gens sont dangereux, dans leur sentiment de supériorité, largement nourri de leur impunité.

      l’entartrage était une assez bonne stratégie, effets limités dans le temps


  30. moderato si cantabile Le 04 juin 2014 à 20h56
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    Quand on enttend cette petite propagandiste de carrière, Guigou, qui monte sur ses petits ergots en disant : Monsieur Poutine, NOUS n’acceptons plus….qui nous ? Qu’est-elle comme importance à côté du Président de la Russie ? Qu’est-ce que restera d’elle dans l’Histoire ? – elle est allée de fois au Maïdan mais tout comme Fabious, BHL et Kouchner elle n’a pas vu des nazis, c’était juste des gens de droite qui ont lutté comme ils ont pu.
    Ils sont insupportables, autant elle que Kouchner.


  31. Bertrand Le 04 juin 2014 à 21h51
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    Point de vue russe sur la situation, un texte long mais instructif : Ukraine, journée du 04.06.2014, Pourquoi il n’y a pas d’intervention militaire russe en Ukraine
    http://gaideclin.blogspot.fr/2014/06/ukraine-journee-du-04062014-pourquoi-il.html


  32. moderato si cantabile Le 04 juin 2014 à 22h24
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    vous pouvez le voir et aussi apprendre les “coulisses” de l’itw.
    En tout cas, Bouleau semble avoir été très impressionné. Que d’éloges, à ne pas y croire ses oreilles, après autant de vagues de diabolisation de Poutine.

    http://lci.tf1.fr/monde/europe/vladimir-poutine-sur-tf1-ce-qu-il-faut-retenir-de-l-interview-8430243.html


  33. LutterPourLaPaix Le 04 juin 2014 à 23h07
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    Moi ce qui m’a plu c’est quand il demande à Elkabach et à l’autre journaliste (pas retenu le nom) pourquoi ils sont si agressifs. Alors qu’un peu avant ils essayaient de savoir s’il avait des velléités expansionnistes. Lui-même est très posé en effet.

    Intéressant également quand il explique que les USA ont un budget militaire
    plus important que l’ensemble des pays de la planète réunis avec des bases partout et bien loin de leur frontières. Alors où est le vrai danger ? L’empire US est déjà là !


  34. Kiwixar Le 04 juin 2014 à 23h12
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    Merci pour le lien vers l’article, excellent.
    C’est le même sur Agoravox (wesson).

    La Russie roublarde : accord gaz avec la Chine, accord pétrole avec l’Iran, discussion avec le Qatar sur le gaz, accord Eurasie avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Utilisation du rouble. Mode de paiement propre.

    L’Europe : des poules qui caquettent avec 2 renards dans le poulailler, et qui risquent de se jeter sur le couteau (TAFTA) pour boucher le cloaque.

    On a sans doute passé le “peak Germany”, dont les produits techniques sont de plus en plus concurrencés par les produits chinois. Il suffit de voir combien de Docteurs en Mathématiques les Chinois produisent chaque année. Ils ne finissent pas tous à la City….

    Les Ukrainiens sont bien aveugles de parier leur avenir sur US/UE au lieu de parier sur l’Eurasie.


  35. moderato si cantabile Le 04 juin 2014 à 23h21
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    A ne pas rater l’article de Fedorovski, dans le Figaro et le comparer avec celui de Piotr Smolar, dans le Monde.
    Ce dernier…on dirait qu’il a la bave au clavier, quand il parle de l’itw de Poutine.

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/06/04/31002-20140604ARTFIG00160-vladimir-fedorovski-la-diabolisation-de-poutine-n-a-fait-que-le-renforcer.php

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/06/04/vladimir-poutine-met-en-cause-la-responsabilite-occidentale-dans-la-crise-ukrainienne_4432232_3214.html


    • LutterPourLaPaix Le 05 juin 2014 à 00h00
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      J’ai écouté l’interview de Poutine. Piotr Smolar tord l’interview dans tous les sens pour lui faire dire ce que Poutine n’a jamais dit. C’est énorme de malveillance et d’incitation à la haine ! Tout y est tiré par les cheveux au point de dire le contraire de ce qui apparaît dans l’interview. Mais bonne nouvelle il est hyper chiant à lire. Du coup, je pense que peu de gens se farcissent les commentaires de Piotr Smolar. Un seul conseil aux français : écoutez par vous-même et ne faîtes pas confiance aux journalistes qui s’acharnent à vous mettre la cervelle en bouillie. Piotr Smolar voudrait déclencher une guerre mondiale qu’il ne s’y prendrai pas autrement.


      • Goldfinger Le 05 juin 2014 à 02h07
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        Bonsoir,

        Difficile exercice que d’analyser l’interview accordé à TF1 par Vladimir Poutine.

        Personnellement je n’en retire pas beaucoup d’informations supplémentaires sauf qu’il est totalement cohérent et s’exprime de façon très lucide et même très en finesse (sauf son allusion machiste sur les discussions avec les femmes).

        A plusieurs reprises il m’a semblé qu’il s’amusait discrètement mais il est évidemment difficile d’en définir la (les) raison(s). Et ce n’est pas un crime face au ramassis manipulatoire débité (aussi) par les médias occidentaux et à la difficulté sinon l’impasse dans laquelle USA et UE se sont eux-mêmes empêtrés.

        Il a récupéré la Crimée qui était hautement stratégique pour son accès à la méditerranée via la mer noire. Mais je pense que pour lui le reste de l’Ukraine est plus marginal. Pour autant qu’elle n’entre pas dans l’OTAN.

        La base du problème reste la perte de l’hégémonie totale des USA sur l’intégralité du globe et son incapacité à accepter de redevenir un interlocuteur parmi d’autres. Ils sont malheureusement dans un déni de l’inéluctable. Et le déni ouvre la voie à des décisions irrationnelles.

        Si militairement ils sont encore la première puissance mondiale, il est clair qu’économiquement ils n’ont plus guère les moyens de le rester à terme. D’où probablement une volonté de collectivisation [sic] des moyens via l’OTAN tout en s’en réservant le commandement effectif.

        Côté russe, je pense qu’il y a une volonté de faire à nouveau exister la Russie dans un monde multipolaire. La liberté d’expression et une avancée vers un régime plus « démocratique » viendra ultérieurement avec ou sans Poutine (je ne donne pas non plus dans la Poutinmania).

        Finalement ce scoop TV nous aura changé des discours où Obama s’est désormais cantonné jouant de postures dignes de films de série B. Car il y a clairement un Obama 1er mandat et un Obama 2nd mandat. Nous sommes face à un acteur qui interprète deux rôles différents (le premier étant nettement plus sympathique que le second). Reste à savoir jusqu’où ceux qui le dirigent veulent aller dans une potentielle escalade alors qu’il y a bien d’autres crises qu’il faut s’atteler à résoudre URGEMMENT et COLLECTIVEMENT.

        Très cordialement.

        PS : note optimiste hors contexte, mais qui permettra de terminer par une bonne nouvelle potentielle : tant les USA que la Chine semblent maintenant enfin vouloir s’engager dans une réduction de leur émissions de CO2.


        • moderato si cantabile Le 05 juin 2014 à 14h15
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          Cher Goldfinger, pour prendre la réponse de Poutine à une question, plutôt orientée, pour “son allusion machiste sur les discussions avec les femmes”, il faut vraiment être plongé dans le “tableau” de “l’égalité homme=femme” tel qu’il est servi et déformé depuis longtemps…un peu partout dans ce qu’on appelle l’Occident européen.
          Sachez que, à peu près partout dans l’Orient Européen (je parle de celui de l’UE) la quasi totalité des gens est d’accord avec Poutine (sauf la “presse”).
          Ce que Poutine a voulu dire (à mon avis) c’est que un “homme” ne peut pas s’exprimer librement dans une “discussion” avec une “femme (fusse t’elle politique) parce qu’il serait obligé (de par son éducation) de ne pas lui répondre avec le même ton (ne pas pouvoir lui rendre la “monnaie de sa pièce, comme on dit).
          Il y en a encore des “endroits” dans le monde où les hommes et les femmes aspirent aux même droits, sans aspirer à se “confondre”, dans une “non-identité”.
          C’est pour ça que Poutine a rajouté que la “faiblesse” des femmes ça leur sert de qualité (d’avantage, plutôt).
          Et c’est ça que Guigou…n’a pas compris (ou fait semblant de ne pas comprendre).
          Quand un homme se fait insulter par une femme…soit il se tait et encaisse, soit il répond et se fait traiter de “macho”.
          Je pense que…sur ce terrain, les femmes qui se veulent “égalent”…ben elles devraient faire un choix :
          – soit elles se pensent en homme (à tout point de vue) et donc dialoguent en oubliant leur “sexe”
          – soit elles se comportent en tant que femmes pas vraiment identiques aux hommes


  36. Kiwixar Le 05 juin 2014 à 00h00
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    Un autre point très inquiétant, c’est les tentatives ukrainiennes d’utiliser du combustible US (Westinghouse) pour leurs centrales nucléaires, ce qui est très risqué.
    Si ça tourne mal, ils n’auront pas cette fois des centaines de milliers de soldats russes pour venir fabriquer un sarcophage.


  37. Tom-Meursault Le 10 juin 2014 à 12h19
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    Un énorme merci pour tous ces renseignements, qui permettent de voir autre chose que ce nous offrent les médias bourgeois, qui n’est rien d’autre que de la désinformation.

    Le KPU à 30% dans le Donbass ? Rien d’étonnant à cela, et nous ne puvons que nous en réjouir.


  38. Tom-Meursault Le 19 juin 2014 à 14h10
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    Je voulais savoir, Oliveier : dans quelle région dans les sondages placez-vous l’oblast de Vinnytsia ? J’ai de la famille dans cette région, et cela m’interpelle.

    Tom-Meursault


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