Très proche de l’exécutif américain actuel, ancien conseiller à la sécurité de la présidence des Etats-Unis, expert fort écouté du Center for Strategic and International Studies, membre du très influent Council on Foreign Relations, Zbigniew Brzezinski est loin d’être un personnage de second rang. Quelques années après le médiatique « Clash of civilisations » de Samuel P. Huntington, où développant le concept d’Occident cet auteur désignait les adversaires des Etats-Unis et l’importance du bloc islamo-confuséen, et où le paradigme de l’après Guerre Froide devenait le choc des civilisations, Brzezinski faisait paraître The grand chessboard. Cet ouvrage est un examen sérieux de géopolitique mondiale, et trace les objectifs stratégiques des Etats-Unis pour les prochaines décennies.

Dès l’introduction, nous sommes renseignés sur la portée de l’ouvrage ; il ne s’agit pas d’un énième travail de géostratégie présentant les forces, les interactions, les évolutions, les constantes du monde contemporain, mais bien d’une vision de géostratégie s’inscrivant dans une eschatologie terrifiante. Le but est clair : asseoir et renforcer le rôle dominant des Etats-Unis comme première puissance mondiale ; pour cela, nous dit Brzezinski, il faut à tout prix empêcher l’émergence d’une puissance sur le continent eurasien capable de rivaliser avec les Etats-Unis. En effet, nous dit-il, celui qui tiendrait ce continent serait le maître du monde ; Hitler et Staline, qui l’avaient compris, s’y sont d’ailleurs essayés dans le passé mais sans succès. Les Etats-Unis doivent veiller au respect légitime de la primauté américaine sur cette Eurasie, car ses objectifs sont « généreux ». Ainsi, dans cette logique implacable, défier l’Amérique serait agir contre « les intérêts fondamentaux de l’humanité ». Tout est dit.

Dans le premier chapitre, nous est brossé le tableau de l’évolution de la puissance américaine depuis 1898 (guerre contre l’Espagne) jusqu’à son état actuel de première puissance mondiale. Nous y voyons cette attitude anti-européenne constitutive de la création des Etats-Unis : cette Europe aux « privilèges archaïques et aux hiérarchies sociales rigides ». La première irruption des Etats-Unis dans la géopolitique européenne n’est pas abordée du point de vue de ses portées réelles, meurtrières (les quatorze points de Wilson portant en germe les conflits européens à venir), mais sous l’angle du formidable idéalisme américain allié à une puissance militaire, économique sans précédent qui font que ses principes sont pris en compte dans la recherche de solutions aux problèmes européens ; le nouvel acteur de l’arène internationale fait valoir sa vision du monde.

La fin de la Seconde Guerre Mondiale fait émerger un monde bipolaire, et le temps de la Guerre Froide voit se mettre en place des enjeux géopolitiques clairement définis : les Etats-Unis contre l’Eurasie (URSS), avec le monde comme enjeu. Avec l’effondrement et l’éclatement de l’Union Soviétique, les Etats-Unis deviennent, nous dit Brzezinski, « la première puissance globale de l’histoire ». Le parallèle avec Rome est vite amené, et nous apprenons que Rome (empire simplement régional) est même dépassée.

L’auteur établit ensuite la liste des empires ayant eu une aspiration à la domination mondiale ; il y en a eu trois : l’empire romain, la Chine impériale et l’empire mongol. Parmi ces trois, seul l’empire mongol approche la définition moderne de puissance mondiale, nous dit Brzezinski ; seul cet empire peut être comparé aux Etats-Unis d’aujourd’hui. Mais, après deux siècles d’existence (du XIIIème au XVème siècle), cet empire disparaissait sans laisser de traces ; ce qui devrait faire réfléchir d’avantage l’auteur.

L’Europe devient ensuite le foyer de la puissance globale et le lieu où se déroule les luttes pour l’acquérir, sans toutefois être dominé par un Etat en particulier. Brzezinski note que la France en premier lieu (jusqu’en 1815), puis la Grande-Bretagne (jusqu’en 1914) ont eu leur période de prééminence. Mais, aucun de ces empires n’a vraiment été global. Le fait que les Etats-Unis se soient élevés au rang de puissance globale est, lit-on, unique dans l’histoire. Ce pays a un appareil militaire qui est le seul à avoir un rayon d’action global.

Cette prééminence fait de l’ombre à la Russie et à la Chine ; néanmoins, le retard technologique de ces deux pays fait qu’ils n’ont pas de politique significative sur le plan mondial. Dans les quatre domaines clés (militaire, économique, technologique et culturel) les Etats-Unis sont dominants, et ceci lui confère la position de seule superpuissance globale.

Brzezinski développe ensuite ce « système global » propre aux Etats-Unis. La puissance globale des Etats-Unis viendrait d’une part du pluralisme de sa société et d’autre part de son système politique. Incidemment, nous apprenons que par le passé les Européens, dans leurs visées impériales, n’ont été que des « aventuriers ». Autre élément de ce système : les idéaux démocratiques sont aujourd’hui identifiés dans le monde comme issus de la tradition politique américaine ; les Etats-Unis sont devenus Le modèle incontournable. La doctrine américaine, « mélange actif » d’idéalisme et d’égoïsme, est le seul qui prévaut ; bien entendu ceci pour le plus grand profit de tous.

Mais cette suprématie américaine repose également, apprend t-on, sur un système élaboré d’alliances couvrant la planète. L’OTAN, l’APEC, le FMI, l’OMC, etc. (dans lesquels les Etats-Unis ont un rôle prépondérant, sinon directif) constituent un réseau mondial actif et incontournable dans la constitution et la conservation de la puissance globale américaine. Et les Etats-Unis se doivent de conserver cette position d’hégémonie globale sans précédent ; il y aurait comme une « mission » confiée à ce pays. Il lui faut impérativement prévenir toute émergence de rivaux, maintenir le statu quo ; ceci au nom du bien être de l’humanité, bien entendu.

De nouveau, dans le second chapitre, et avec la même logique utilisé par l’auteur dans l’introduction, on apprend que le maintien de la prééminence des Etats-Unis dans le monde va de pair avec la paix dans le monde. L’enjeu est l’Eurasie, nous dit Brzezinski ; C’est l’Eurasie qui est « l’échiquier », c’est là que se déroule le jeu pour la domination mondiale. Apparaît alors la phobie des Etats-Unis : une éventuelle unité politique de l’Eurasie. Et l’auteur d’établir l’univers des possibles, la recension des différents cas de figures qui feraient que les Etats-Unis seraient en position d’affaiblissement ; nous apprenons que l’hégémonie américaine est superficielle, et qu’elle ne passe pas par un contrôle direct sur le monde. C’est ce qui distinguerait l’Amérique des empires du passé. De plus, toujours dans les faiblesses du « géant », il y a le fait que le système de la démocratie « exclu toute mobilisation impériale » ; mais on peut en douter justement par ces moyens d’alliances et de coalitions très « incitatifs » mis en place. Nous sommes également surpris dans la vision que Brzezinski prête aux Américains face à leur statut de superpuissance mondiale sans rivale : ils ne considèreraient pas que ce statut leur confère des avantages particuliers. Les faits prouveraient plutôt autre chose.

Nous abordons plus loin les thèmes de la géostratégie et de la géopolitique. Sans surprise, nous apprenons que la géographie prédestine les priorités immédiates des pays ; nous le savions depuis au moins Napoléon. Halford J. Mackinder au début du siècle avait tracé déjà ce que nous avions vu plus haut développé par Brzezinski, à savoir que « qui gouverne l’Europe de l’Est domine le heartland, qui gouverne le heartland domine l’île-monde, et qui gouverne l’île-monde domine le monde » (le heartland étant le coeur continental). L’Amérique suit donc cette voie pour parvenir au maintien de son rang.

Suit une analyse des principaux acteurs et une reconnaissance appropriée du terrain. Les Etats eurasiens possédant une réelle dynamique géostratégique gênent les Etats-Unis, il s’agit donc pour ces derniers de formuler des politiques spécifiques pour contrebalancer cet état de fait. Ceci peut se faire par trois grands impératifs : « éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives ». Tout le programme des Etats-Unis est là. Pour la poursuite de son analyse, Brzezinski distingue les « acteurs géostratégiques » (France, Allemagne, Russie, Chine et Inde) des « pivots géopolitiques » (Ukraine, Azerbaïdjan, Corée, Turquie et Iran). Les premiers sont en mesure de modifier les relations internationales, « au risque d’affecter les intérêts de l’Amérique » ; les seconds ont une position géographique leur donnant « un rôle clé pour accéder à certaines régions ou leur permet de couper un acteur de premier plan des ressources qui lui sont nécessaires ».

La France et l’Allemagne sont deux acteurs géostratégiques clés qui, par « leur vision de l’Europe unie », (…) « projet ambitieux », (…) « s’efforcent de modifier le statu quo ». Ces acteurs sont l’objet « d’une attention toute particulière des Etats-Unis ». Cependant, on peut se poser la question de la « réelle volonté d’indépendance européenne » instiguée par ces deux pays.

La Russie, joueur de premier plan malgré l’affaiblissement de son Etat, n’a pas tranché quant à son attitude vis à vis des Etats-Unis : partenaire ou adversaire ? La Chine, puissance régionale importante, a des ambitions élevées : la Grande Chine. Le Japon, puissance internationale de premier ordre mais qui ne souhaite pas s’impliquer dans la politique continentale en Asie. Maintenir les relations avec le Japon est un impératif pour les Etats-Unis, ne serait-ce que pour maintenir la stabilité régionale. L’Inde, qui se définit comme un rival de la Chine, est le seul pôle de pouvoir régional en Asie du Sud ; cependant ce pays n’est pas gênant pour l’Amérique car il ne contrarie pas les intérêts américains en Eurasie. L’Ukraine, l’Azerbaïdjan : le sort de ces deux pays dicteront ce que sera ou ne sera pas la Russie à l’avenir. La Turquie, facteur de stabilité dans la Mer Noire, sert de contrepoids à la Russie dans le Caucase, d’antidote au fondamentalisme islamique, et de point d’ancrage au Sud pour l’OTAN. Brzezinski nous fait là un chantage à l’islamisme pour que la Turquie intègre l’Union Européenne : « l’Amérique va profiter de son influence en Europe pour soutenir l’admission éventuelle de la Turquie dans l’UE, et mettre un point d’honneur à la traiter comme un état européen » afin qu’Ankara ne glisse vers les intégristes islamiques.

Mais les motifs américains sont aussi plus prosaïques : les Etats-Unis soutiendront « avec force l’ambition qu’ont les Turcs de mettre en place un pipeline reliant Bakou à Ceyhan qui servirait de débouché à la majeure partie des ressources en énergie du bassin de la mer Caspienne ». L’Iran est, curieusement, un élément stabilisateur dans la redistribution du pouvoir en Asie Centrale ; il empêche la Russie de menacer les intérêts américains dans la région du golfe persique. « Il n’est pas dans l’intérêt des Etats-Unis de continuer à avoir des relations hostiles avec l’Iran », et ceci « malgré son sentiment religieux, à condition que celui-ci ne se traduise pas par un sentiment anti-occidental ». Mais les véritables raisons pointent quelques lignes plus bas, avec « la participation des Etats-Unis au financement de projets de pipelines entre l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ».

Vis à vis de l’Europe, les USA sont, dans les principes tout au moins, pour la construction européenne ; cependant, leur souhait est une Europe vassale. L’OTAN est non seulement le support essentiel de l’influence américaine mais aussi le cadre de sa présence militaire en Europe de l’Ouest. Pour autant, c’est un réel partenariat que souhaite l’Amérique ; on peut se demander toutefois, à l’aune de ces points de vues contradictoires (une Europe à la fois vassale et partenaire), quelle est la marge de manouvre laissée à l’Europe par les Etats-Unis, et dans quels domaines elle pourrait s’exercer.

La problématique géostratégique européenne sera, lit-on, directement influencée par l’attitude de la Russie et de sa propre problématique. Et pour faire face à toute éventualité, les Etats-Unis doivent empêcher la Russie de « recouvrer un jour le statut de deuxième puissance mondiale » ; à terme, ce pays posera un problème lors de son rétablissement comme « empire ». L’Asie centrale, zone inflammable, pourrait devenir le champs de violents affrontements entre Etats-nations. Le Golfe persique est une chasse gardée des Etats-Unis ; « la sécurité dans cette zone est du ressort de l’Amérique ». On comprend mieux les enjeux de la guerre menée contre l’Irak. Le défi du fondamentalisme islamique quant à lui « n’est guère stratégique » ; ce qui expliquerait l’attitude ambiguë des USA à l’égard de celui-ci.

L’Islam n’a pas d’ « Etat-phare » dirait Huntington. La Chine pour sa part évolue, mais l’incertitude demeure quant à sa démocratisation. Brzezinski note que dans le cas de l’émergence d’une « Grande Chine », le Japon resterait passif ; cette neutralité cause quelques craintes aux Etats-Unis. De plus, les Etats-Unis doivent se prémunir contre l’éventualité d’un développement de l’axe sino-japonais. L’Amérique doit faire des concessions à la Chine si elle veut traiter avec elle ; « il faut en payer le prix » nous dit l’auteur. Toujours dans cette zone, la mesure impérative de la stratégie US est « le maintien de la présence américaine en Corée du Sud » ; elle est d’« une importance capitale ». Une autre crainte américaine serait la naissance d’une grande coalition entre la Chine, la Russie et peut-être l’Iran ; une coalition anti-hégémonique, « unie par des rancunes complémentaires ». Enfin, pour maintenir la primauté américaine, la solution adoptée et recommandée est « l’intégration de tous ces Etats dans des ensembles multilatéraux, reliés entre eux, et sous l’égide des Etats-Unis ».

Le chapitre suivant aborde l’Europe, « tête de pont de la démocratie », où il faut entendre en fait, bien sûr, « tête de pont des Etats-Unis ». L’Union Européenne, union supranationale, dans le cas où elle réussirait deviendrait une puissance globale, apprend t-on ; ce qui veut dire qu’elle ne l’est pas aujourd’hui. La réussite de ce projet, permettrait à ces pays européens « de bénéficier d’un niveau de vie comparable à celui des Etats-Unis » ; mais est-ce vraiment la panacée, et a-t-on besoin de cette Europe-là pour y parvenir ? Par ailleurs, ce niveau de vie n’est-il pas déjà atteint ? Dans l’appréciation de cette idée de projet européen, on note toujours un « oui, mais » ; en effet, cette Europe est placée incidemment « sous l’égide américaine ». Nous pouvons à juste titre nous demander où est le réel « partenariat », « la réelle équité » tant vantée par l’auteur ?

Brzezinski nous fait un tableau sans concession de l’Union Européenne : les Etats européens dépendent des Etats-Unis pour leur sécurité ; une « Europe vraiment européenne n’existe pas » ; et poursuit-il, « sans détour, l’Europe de l’Ouest reste un protectorat américain ». Tous ceci est un soufflet à ceux qui pensent que l’Europe, grâce à l’Union, est la structure permettant une indépendance vis à vis des Etats-Unis. Comme la situation de l’Union européenne est floue, indécise, « les Etats-Unis ne doivent pas hésiter à prendre des initiatives décisives ».

« Le problème central pour l’Amérique est de bâtir une Europe fondée sur les relations franco-allemandes, viable, liée aux Etats-Unis et qui élargisse le système international de coopération démocratique dont dépend l’exercice de l’hégémonie globale de l’Amérique ». Ainsi, comme partout ailleurs, les USA se moquent de leurs « alliés » du moment ; seuls comptent les intérêts finaux américains. Observant la politique européenne et son évolution récente, Brzezinski nous dit que la lutte contre la montée « de l’extrémisme politique et du nationalisme étriqué » doit se faire par la constitution « d’une Europe plus vaste que la somme de ses parties – c’est à dire capable de s’assigner un rôle mondial dans la promotion de la démocratie et dans la défense des droits de l’homme ». Le procédé est toujours le même ; pour asseoir ses fins, il faut « diluer » les entités dans des ensembles plus vastes. De plus, dans le processus de construction « européenne », l’UEO apparaît de fait comme l’antichambre de l’OTAN. Il est trop tôt, nous dit Brzezinski, pour fixer catégoriquement les limites orientales de l’Europe. Cependant, pour ce qui est du connu, « l’objectif géostratégique central de l’Amérique en Europe est de consolider sa tête de pont sur le continent eurasien » ; ceci pour constituer un tremplin dans le but « d’instaurer en Eurasie un ordre international fondé sur la démocratie et la coopération », en fait sur la domination américaine.

Le rôle de l’Allemagne est celui du bon vassal, « bon citoyen de l’Europe, partisan déterminé des Etats-Unis » ; elle n’a jamais remis en cause « le rôle central des Etats-Unis dans la sécurité du continent ». C’est l’effondrement du bloc soviétique qui a fait que « pour l’Allemagne, la subordination à la France n’offrait aucun bénéfice particulier ». Elle a aujourd’hui un rôle entraînant ; « en entretenant des relations étroites avec la puissante Allemagne, ses voisins bénéficient de la protection rapprochée des Etats-Unis ». Avec le rapprochement germano-polonais, « l’Allemagne peut exercer son influence jusque dans les pays baltes, l’Ukraine, la Biélorussie ». La sphère d’influence allemande s’est déplacée vers l’Est, et « la réussite de ces initiatives confirme la position dominante de l’Allemagne en Europe centrale ». Sans l’élargissement de l’OTAN aux pays de l’Est, « l’Amérique essuierait une défaite d’une ampleur mondiale », note Brzezinski. Ainsi, la collaboration américano-germanique est-elle « nécessaire pour élargir l’Europe vers l’Est ». Par ailleurs, nous apprenons que « l’Europe ne se réalisera pas sous l’égide de Berlin » ; parions toutefois que, pour l’auteur, cela ne s’envisage bien plutôt « sous l’égide de Washington ».

Quant à la France, « puissance moyenne post-impériale », elle n’a pas les moyens de ses prétentions. Son rêve de grandeur pour une Europe sous conduite française correspondrait pour elle, nous dit l’auteur, à la « grandeur de la France ». Cependant, elle pourrait avoir des velléités pour traiter directement avec la Russie, et ainsi s’affranchir relativement des Etats-Unis ; nous voyons poindre là une légère inquiétude vis à vis de la France. Pour autant, la France est tout de même « un partenaire indispensable pour arrimer définitivement l’Allemagne à l’Europe ». N’étant pas assez forte pour faire obstacle aux objectifs géostratégiques américains en Europe, « la France avec ses particularismes et ses emportements peut être tolérée ». Quant au couple franco-allemand est primordial pour les intérêts américains ; une remise en cause de cette unité « marquerait un retour en arrière de l’Europe », et serait « une catastrophe pour la position américaine sur le continent ». Il est clair également que les Etats-Unis se servent de l’Allemagne (dominant économiquement en Europe) pour canaliser et « tenir » la France.

La chapitre suivant, intitulé « Le trou noir », traite de la Russie à l’aune des changements survenus depuis la fin de l’Union Soviétique et la naissance de la Communauté des Etats Indépendants. « Il est indispensable que l’Amérique contre toute tentative de restauration impériale au centre de l’Eurasie » qui ferait obstacle à ses objectifs géostratégiques premiers : « l’instauration d’un système euro-atlantique ». Après l’effondrement de l’Empire, qui a vu un vide politique (le « trou noir ») s’instaurer au cour même de l’Eurasie, et qui a ramené la Russie « au niveau d’une puissance régionale du tiers monde », Brzezinski constate que cet état a très peu d’espaces « géopolitiquement sûrs ».

Les frontières actuelles de la Russie ont reculé de plus de mille kilomètres vers le Nord après 1991, et les États qui l’entourent actuellement constituent une ceinture, un obstacle à son épanouissement, à son développement ; ceci tant vers l’Est que vers la Mer Noire et le Sud-Est de l’ancien Empire. L’auteur fournit une réponse américaine aux questions russes ; l’Amérique se préoccupe de savoir « ce qu’est la Russie, et ce que doivent être ses missions ainsi que son territoire légitime ». Mais la raison essentielle qui fait le regard critique, systématique américain vis à vis de la Russie est qu’elle a « une identité eurasienne », une « personnalité eurasienne », ce que les Etats-Unis n’ont pas par nature. Et si les Etats-Unis soutiennent l’Ukraine c’est que sans ce dernier, aucune restauration impériale n’est possible pour la Russie. C’est l’application de la technique du « roll back », celle du refoulement de la Russie vers l’Asie.

Plus loin, Brzezinski note que les Etats de l’ex-URSS, pour échapper aux nouvelles visées « impériales » russes, « ont cherché à tisser leurs propres réseaux de relations internationales, avec l’Ouest pour l’essentiel, mais aussi avec la Chine ou les pays musulmans au Sud ». La seule solution honorable pour la Russie, nous dit l’auteur, est « une direction partagée avec l’Amérique » ; ce pays « devrait se résoudre à jouer un rôle de tampon entre l’expansionnisme chinois et l’Ouest », à choisir l’Europe, alliée des Etats-Unis, pour faire face à d’éventuelles visées expansionnistes chinoises. Reste donc pour Moscou le « choix européen, seule perspective géostratégique réaliste » ; et, par choix « européen » ont peut entendre, en fait, choix « occidentalo-américain ». Pour les Etats-Unis, « la Russie paraît vouée à devenir un problème », et d’autant plus si d’aventure une alliance avec la Chine et l’Iran se concrétisait. C’est la raison pour laquelle les Etats-Unis doivent « éviter de détourner la Russie de son meilleur choix géopolitique » à savoir, l’Europe atlantiste. La Russie doit s’intégrer à l’Europe, en suivant un processus graduel, commençant par sa « participation au Conseil de l’Europe », à l’instar de la Turquie kémaliste qui « s’est engagée sur la voie de la modernisation, de l’européanisation et de la démocratisation » ; la deuxième étape de cet arrimage européen de la Russie serait la proposition d’une charte avec l’OTAN par l’Europe et l’Amérique. Enfin, ultime étape dans ce processus, l’intégration de la Russie dans l’Union Européenne. Cependant, précise l’auteur, le choix de l’Europe pour la Russie se fera plus facilement une fois l’Ukraine intégrée elle-même à l’OTAN et à l’Union Européenne.

Les « Balkans eurasiens » sont l’objet du chapitre suivant. Ces nouveaux « Balkans » sont constitués de neufs pays : le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie et l’Afghanistan. Les facteurs d’instabilité des ces « Balkans eurasiens » sont nombreux : de graves difficultés nationales, des frontières contestées des voisins ou des minorités ethniques, peu d’homogénéité nationale, des luttes territoriales, ethniques ou religieuses. Toutes les options peuvent donc être envisagées quant à l’avenir de cette région, nous dit Brzezinski.

Les voisins intéressés, nourrissant des visées politiques sur la région sont la Russie, la Turquie, l’Iran et la Chine. La Russie qui veut retrouver sa zone d’influence, renouer avec ses républiques d’hier, et dont les visées géopolitiques vont vers le Sud, en direction de l’Azerbaïdjan et du Kazakhstan. ; la Turquie qui se considère comme le leader potentiel d’une communauté turcophone aux frontières très floues ; l’Iran, dont le principal souci est le renouveau de l’islam en Asie centrale ; la Chine enfin, que les ressources énergétiques de la région attirent, et qui veut y avoir un accès direct hors contrôle de Moscou. Les motifs d’intérêts sont essentiellement économiques : « la région renferme une énorme concentration de réserve de gaz naturel, d’importantes ressources pétrolières, auxquelles viennent s’ajouter des gisements de minerais, notamment des mines d’or ». Mais il y a aussi des raisons plus profondes (et qu’il est curieux de voir soulever par un américain) des facteurs « relevant de l’histoire ».

D’autres pays ont leurs regards tournés vers cette région : le Pakistan qui veut exercer une influence politique en Afghanistan et profiter à terme de la construction de pipelines reliant l’Asie centrale à la Mer d’Oman. L’Inde qui, pour faire face aux projets du Pakistan et à la montée de l’influence chinoise, est favorable au développement de l’influence iranienne en Afghanistan, ainsi qu’à une présence russe plus importante dans ses anciennes républiques. Les Etats-Unis enfin, qui « agissent en coulisse », cherchent à ménager le pluralisme géopolitique, et tentent « d’empêcher la Russie d’avoir la suprématie ». La dynamique russe et les « ambitions anachroniques » de Moscou dans cette région sont « nuisibles à la stabilité de celle-ci ». Et nous apprenons que « les objectifs géostratégiques américains recouvrent en fait les intérêts économiques de l’Europe et de l’Extrême-Orient » ; nous sommes toujours dans cette logique « philanthropique » américaine. L’engagement des Etats-Unis dans cette région, nous dit Brzezinski, est considérée par les pays concernés comme « nécessaire à leur survie ». Les motifs généraux américains sont les pipelines et leurs tracés actuels ; le but des Etats-Unis étant de ne plus passer par des pipelines courant sur le territoire russe, non plus au Nord donc mais par le Sud et la médiane de cette région des Balkans eurasiens. « Si un pipeline traversait la Mer Caspienne pour atteindre l’Azerbaïdjan et, de là, rejoignait la Méditerranée en passant par la Turquie, tandis qu’un autre débouchait sur la Mer d’Oman en passant par l’Iran, aucune puissance unique ne détiendrait le monopole de l’accès à la région ». On comprend aisément à cette lumière les actions et les soutiens américains à tel ou tel pays ; on peut saisir ainsi la bienveillance des Etats-Unis pour les « étudiants en théologie », les Pachtouns de Kaboul, au détriment des Tadjiks d’Ahmed Shah Massoud concentrés dans les régions du Nord de l’Afghanistan.

Dans l’avenir, Brzezinski voit dans ses Balkans eurasiens une montée de l’islamisme, des conflits ethniques, un morcellement politique, et une guerre ouverte le long de la frontière méridionale de la Russie. Une zone donc qui fera sans doute parler d’elle bientôt.

Quelle doit être la politique américaine en extrême orient ? C’est l’objet du chapitre suivant. Pour être efficace, elle doit avoir un point d’ancrage dans cette région, nous dit l’auteur. Il est essentiel, poursuit-il, que les Etats-Unis aient d’étroites relations avec le Japon, et qu’ils établissent une coopération avec la Chine. Si l’extrême orient connaît aujourd’hui un dynamisme économique extraordinaire, il va néanmoins de pair avec une incertitude politique croissante. C’est « un volcan politique en sommeil » ; il ne possède pas de « structures de coopération multilatérale » comme l’Union européenne et l’OTAN, et ce malgré l’ASEAN. Cette région est devenue, selon l’Institut International d’Etudes Stratégiques, « le plus gros importateur d’armes, dépassant l’Europe et le Moyen-Orient ».

Il existe dans cette partie du monde de nombreux points de frictions : les relations entre la Chine et Taiwan ; les îles Paracels et Spratly, objets de multiples convoitises ; l’archipel Senkaku qui sont disputées par la Chine et le Japon ; la division de la Corée et l’instabilité inhérente à la Corée du Nord ; les îles Kouriles, sujets à controverses entre la Russie et le Japon ; enfin, des conflits territoriaux et / ou ethniques divers, le long de la frontière chinoise, également entre le japon et la Corée, enfin entre la Chine et l’Indonésie à propos des limites océaniques. La Chine est « la puissance militaire dominante de la région » ; et, dans l’absence d’équilibre entre les puissances, l’on a vu l’Australie et l’Indonésie se lancer dans une plus grande coopération militaire ; Singapour a également, avec ces deux pays, développé une coopérationen matière de sécurité. La probabilité de voir se réaliser ces conflits dépendront « de la présence et du comportement américains ».

Brzezinski vante la Chine du passé, « pays qui [ au XVIIème siècle ] dominait le monde en termes de productivité agricole, d’innovation industrielle et par son niveau de vie ». Puis, il compatit avec les « cent cinquante années d’humiliation qu’elle a subies » ; la Chine doit être « lavée de l’outrage causé à chaque chinois », et « les auteurs doivent être châtiés ». Parmi les auteurs, la Grande-Bretagne a été dépossédée de son Empire, la Russie a perdu son prestige et une partie de son territoire ; restent les Etats-Unis et le Japon qui sont le principal souci de la Chine aujourd’hui. Selon l’auteur, la Chine refuserait « une véritable alliance sino-russe à long terme, car elle aurait pour conséquence de renforcer l’alliance nippo-américaine » et car « cette alliance empêcherait la Chine d’accéder à des technologies modernes et à des capitaux, indispensables à son développement ».

Nous est brossé ensuite les différents cas de figure possibles. L’auteur fait état des prévisions prometteuses relatives à la Chine ; cependant, il doute de ses capacités à « maintenir pendant vingt ans ses taux de croissance spectaculaire ». Actuellement, nous dit-il, la croissance rapide de la Chine accentue la fracture sociale liée à la répartition des richesses ; ces inégalités ont un impact sur la stabilité du pays. Mais le rayonnement de la Chine « pourraient bien amener les riches chinois d’outre-mer à se reconnaître dans les aspirations de la Chine ». Autre cas de figure évoqué, l’éventualité d’un repli sur soi de la Chine.

Dans son espace régional, la Chine joue le Pakistan et la Birmanie contre l’Inde son « rival géopolitique ». L’objectif de Pékin serait « une plus grande influence stratégique sur l’Asie du Sud-Est », contrôler le détroit de Malacca et le goulet de Singapour. La Chine élabore « une sphère d’influence régionale » ceci en particulier vers ses voisins de l’Ouest qui cherchent un contre poids à l’influence russe. Brzezinski traite des relations américano-chinoise mais sans comprendre l’attitude de Pékin, et en jouant les naïfs : « (…) en raison de ce qu’ils sont et de leur simple présence, les Etats-Unis deviennent involontairement l’adversaire de la Chine au lieu d’être leur allié naturel ». Par ailleurs, les Chinois savent que « leur influence dans la région se trouverait automatiquement renforcée par la moindre attaque qui viendrait miner le prestige américain ». L’objectif central de la politique chinoise serait d’affaiblir l’Amérique pour que cette dernière ait besoin d’une Chine « dominant la région » et « mondialement puissante pour partenaire ».

Autre point d’extrême orient analysé par l’auteur : le Japon, dont les relations avec l’Amérique, nous dit-il, feraient dépendre l’avenir géopolitique de la Chine. Le paradoxe du Japon est qu’il « a beau être riche, dynamique et économiquement puissant, il n’en est pas moins un Etat isolé dans sa région et politiquement limité dans la mesure où il est tributaire d’un allié puissant qui s’avère être non seulement le garant de l’ordre mondial mais aussi son principal rival économique » : les Etats-Unis. Mais, « la seule véritable question politique pour le Japon consiste à savoir comment utiliser la protection des Etats-Unis afin de servir ses propres intérêts ». Le Japon est, apprend -t-on, un pays « qui ne se satisfait pas du statu quo mondial ». Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, note Brzezinski, on observe une redéfinition de la politique étrangère de ce pays. Cette redéfinition porte le Japon à « ménager la Chine plutôt que de laisser le soin aux Etats-Unis de la contenir directement ». Cependant « très peu [de japonais] se prononcent en faveur d’une grande entente entre le Japon et la Chine » car cela déstabiliserait la région, et provoquerait le désengagement des USA, subordonnant la Corée et Taiwan à la Chine, mettant « le Japon à la merci de cette dernière ».

Les Etats-Unis veilleront à ce que le Japon mette « en place une coopération véritablement internationale, mieux institutionnalisée » à l’instar du Canada, « Etat respecté pour l’utilisation constructive de ses richesses et de son pouvoir, et qui ne suscite ni craintes ni ressentiments ». Les objectifs globaux des USA étant de faire du Japon « le partenaire essentiel et privilégié de la construction d’un système » de coopération mondiale.

La partie n’est pas gagnée d’avance en extrême orient pour les Etats-Unis, concède Brzezinski, car « la création d’une tête de pont démocratique est loin d’être imminente (…) contrairement à ce qui s’est passé en Europe ». On note la prudence des Etats-Unis vis à vis de la Chine : « il est préférable de la traiter comme un acteur crucial sur l’échiquier mondial », et la faire participer au G7, lui donnant accordant ainsi du crédit et satisfaisant son orgueil. Les USA doivent également « se montrer conciliant sur certaines questions, tout en restant ferme sur d’autres », poursuit Brzezinski. Et revenant sur le problème de Taiwan, nous apprenons que « les Etats-Unis interviendraient pour défendre non pas l’indépendance de Taiwan, mais leurs propres intérêts géopolitiques dans la région Asie-Pacifique » ; voilà qui est clair. Pour ce qui concerne la Corée et le Japon, l’Amérique peut « jouer un rôle décisif en soutenant la réconciliation » ; la stabilité apportée faciliterait « le maintien de la présence des Etats-Unis en Extrême-Orient », et cette réconciliation « pourrait servir de base à une éventuelle réunification » de la Corée.

Dans sa conclusion, où rien de nouveau apparaît par rapport aux chapitres précédents, nous lisons quand même « qu’aucun problème d’importance ne saurait trouver d’issue contraire aux intérêts des Etats-Unis » puisque ces derniers jouent désormais le rôle d’arbitre en Eurasie, et qu’ils sont devenus « la nation indispensable de la planète ». Priorité est donc donnée à la gestion de l’émergence de nouvelles puissances mondiales « de façon à ce qu’elles ne mettent pas en péril la suprématie américaine ». Ainsi, quand Brzezinski prône la création d’un « accord de sécurité transeurasien prévoyant l’élargissement du Traité de l’Atlantique Nord », il ne fait que poursuivre la méthode qui consiste à lier les nations par des traités, des accords mondiaux, à les noyer dans des organismes multinationaux pour mieux les assujettir aux intérêts américains. Le rôle à venir des Etats-Unis sera un « rôle décisif », celui « de stabilisateur et d’arbitre en Eurasie ».

Toutefois, nous dit Brzezinski, les Etats-Unis ne sont pas seulement la première superpuissance globale, mais seront très probablement la dernière, ceci à cause de la diffusion de plus en plus généralisée du savoir et de la dispersion du pouvoir économique. Si les Etats-Unis ont pu exercer une prépondérance économique mondiale, ils le doivent à « la nature cosmopolite de [leur] société (…) qui [leur] a permis (…) d’asseoir plus facilement leur hégémonie (…) sans pour autant laisser transparaître [leur] caractère strictement national ». Il est peu probable qu’un autre pays puisse faire de même ; « pour simplifier, n’importe qui peut devenir Américain, mais seul un Chinois peut être Chinois ». Il transparaît dans ces propos une négation radicale de l’altérité. Les Etats-Unis ne veulent pas « l’autre », ils ne le conçoivent même pas ; ils ne connaissent que l’autre en tant que « même », un clone en quelque sorte ; piètre intelligence du monde, de la richesse, de la diversité de l’homme que ce rapport à l’autre, spécifiquement américain. Comme la puissance Américaine ne saurait durer sans fin (nous ne sommes pas arrivé avec le triomphe de l’Amérique et de ses « idéaux » à la fin de l’Histoire, pour reprendre les mots d’un illuminé nommé Francis Fukuyama), Brzezinski nous trace « l’après domination états-unienne ». Le legs de l’Amérique au monde, à l’histoire, doit être une démocratie planétairement triomphante, nous dit-il, et surtout, la création d’une « structure de coopération mondiale (les Nations Unies sont « archaïques ») (…) qui assumerait le pouvoir de « régent » mondial ». Voilà donc un testament établi pour la poursuite mondiale, et jusqu’à la fin des temps, du « rêve américain ». Mais chacun sait que les temps comme les rêves ont toujours une fin.

Si la recension des objectifs géostratégiques américains est établie, la formulation et la structure interne de l’ouvrage sont assez confuses puisque l’on retrouve souvent des éléments concernant un sujet deux ou trois chapitres plus loin. L’auteur manque un peu de rigueur dans son exposition. Plus généralement, si l’on comprend la logique de ce discours de la part d’un américain, on ne peut décemment acquiescer aux propos de Zbigniew Brzezinski . Dès lors que l’on n’est pas américain, on ne peut pas souscrire aux thèses énoncées dans ce livre ; ce serait sinon, pour prendre l’exemple d’un animal, comprendre les motivations de son prédateur, et accepter de se laisser dévorer par lui. Si certains constats de l’auteur sont justes et relèvent du bon sens, il n’en demeure pas moins qu’il faut combattre ces objectifs impériaux / impérialistes américains même si, comme le constatait Paul Valéry dans son Regard sur le monde actuel, « le rêve des Européens est d’être dirigé par une commission américaine », et malgré cette apathie qui caractérise malheureusement les Européens en général et les Français en particulier.

Philippe Raggi

Citations:

Quant à la Russie, malgré sa puissance nucléaire elle subit un recul catastrophique. Les États-Unis s’emploient à détacher de l’empire russe ce qu’on dénomme aujourd’hui à Moscou « l’étranger proche », c’est-à-dire les États qui autour de la Fédération de Russie constituaient l’Union soviétique.

A cet égard, l’effort américain porte vers trois régions clefs : l’Ukraine, essentielle avec ses cinquante-deux millions d’habi­tants et dont le renforcement de l’indépendance rejette la Russie à l’extrême est de l’Europe et la condamne à n’être plus, dans l’avenir, qu’une puissance régionale.

[…] L’indépendance de l’Ukraine modifie la nature même de l’État russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l’échiquier eurasien devient un pivot géopolitique. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie. Et quand bien même elle s’efforcerait de recouvrer un tel statut, le centre de gravité en serait alors déplacé, et cet empire pour l’essentiel asiatique serait voué à la faiblesse, entraîné dans des conflits permanents avec ses vassaux agités d’Asie centrale.

[…] Pour Moscou, en revanche, rétablir le contrôle sur l’Ukraine – un pays de cinquante-deux millions d’habitants doté de res­sources nombreuses et d’un accès à la mer Noire-, c’est s’assurer les moyens de redevenir un Etat impérial puissant, s’étendant sur l’Europe et l’Asie. La fin de l’indépendance ukrainienne aurait des conséquences immédiates pour l’Europe centrale. La Pologne deviendrait alors le pivot géopolitique sur la bordure orientale de l’Europe unie.

[…] Le sort de l’Azerbaïdjan et de l’Asie centrale, à l’égal de celui de l’Ukraine, dictera ce que sera ou ne sera pas la Russie à l’avenir.

[…]3. Indépendamment l’une de l’autre, la France et l’Alle­magne ne sont assez fortes ni pour construire l’Europe selon leurs vues propres, ni pour lever les ambiguïtés inhérentes à la définition des limites de l’Europe, cause de tensions avec la Russie. Cela exige une implication énergique et déterminée de l’Amérique pour aider à la définition de ces limites, en parti­culier avec les Allemands, et pour régler des problèmes sen­sibles, surtout pour la Russie, tels que le statut souhaitable dans le système européen des républiques baltes et de l’Ukraine. 

[…] Dans le meilleur des cas, les candidats de l’Europe centrale ne devraient pas intégrer l’Union européenne avant l’année 2002. Néanmoins, dès que l’adhésion à l’Union euro­péenne des trois nouveaux membres de l’OTAN sera effective, il sera temps pour les deux organisations de se pencher sur le cas des nouveaux aspirants : républiques baltes, Slovénie, Rou­manie, Bulgarie, Slovaquie et peut-être aussi Ukraine.

[…] 4. Au cours de la période suivante (soit de 2005 à 2010), l’Ukraine pourrait à son tour être en situation d’entamer des négociations en vue de rejoindre l’UE et I’otan. Cela exige des progrès dans les réformes et, à l’extérieur, une meilleure per­ception de son identité centro-européenne.

[…] Quant à l’émancipation de l’Ukraine, elle a privé la Russie de sa mission la plus symbolique, d’une vocation confinant au droit divin : son rôle de champion de l’identité panslave. 

[…] C’est la perte de l’Ukraine qui a soulevé les questions les plus épineuses. L’apparition d’un Etat ukrainien indépendant constitue une régression géopolitique radicale qui a contraint les Russes à s’interroger sur les fondements de leur identité politique et ethnique. En tirant leur révérence de manière abrupte, les Ukrainiens ont mis un terme à plus de trois cents ans d’histoire impériale. Ils ont dépossédé leurs voisins d’une économie à fort potentiel, riche de son industrie, de son agri­culture et d’une population de cinquante-deux millions d’ha­bitants, dont les origines, la civilisation et la tradition reli­gieuse étaient si proches de celles des Russes, que les liens impériaux ont toujours, pour ces derniers, relevé de l’évi­dence. Par ailleurs, l’indépendance ukrainienne a privé la Russie de sa position dominante sur la mer Noire, alors qu’Odessa servait traditionnellement de point de passage pour tous les échanges commerciaux russes avec le monde médi­terranéen et au-delà.

La perte du pivot géopolitique ukrainien réduit les choix géostratégiques de la Russie. Amputée de la Pologne et des Etats baltes, mais contrôlant l’Ukraine, elle pourrait encore tenir un empire eurasien dynamique, s’étendant, vers le sud et le sud-est, sur les domaines non slaves de l’ex-Union soviétique. Sans l’Ukraine et ses cinquante-deux millions de « frères slaves », toute tentative de restauration impériale commandée par Moscou est vouée à rencontrer la résistance prolongée de populations devenues très sourcilleuses sur la question de leur identité nationale et religieuse.

[…] Avant 1991, c’est depuis la mer Noire que se déployait la puissance navale russe en Méditerranée. Au milieu de la décennie, la Russie ne contrôle plus qu’une bande côtière réduite et elle n’a pas résolu sa controverse avec l’Ukraine, concernant l’usage des bases navales en Crimée pour ce qu’il reste de sa flotte. Sur ce pro­blème, deux aspects particuliers ont heurté la sensibilité russe : que l’Ukraine ait organisé, en mer Noire, des manœuvres navales et de débarquement conjointes avec I’otan et que, d’autre part, la Turquie affirme sa présence régionale.

[…] La question ukrainienne a agi comme un révélateur. Dès 1994, Washington accorde la priorité aux rela­tions américano-ukrainiennes. Sa détermination à soutenir l’in­dépendance du pays est généralement perçue à Moscou – y compris par les « modemisateurs » – comme une intrusion diri­gée contre les intérêts vitaux de la Russie, laquelle n’a jamais abandonné l’idée de recréer un espace commun. Et la « réin­tégration » de l’Ukraine reste, à ce jour, une position de principe qui recueille le consensus de la classe politique. Le refus russe d’entériner le statut d’indépendance de l’Ukraine, pour des rai­sons historiques et politiques, se heurte frontalement aux vues américaines, selon lesquelles la Russie ne peut être à la fois impériale et démocratique.

[…] La détermination de l’Ukraine à limiter l’intégration au domaine économique a invalidé tous les projets d’« union slave ». Cette notion, issue du courant slavophile et popularisée par le soutien que lui a apporté Alexandre Soljénitsyne, perd toute pertinence géopolitique, du moment que l’Ukraine refuse d’y adhérer. À moins de se contenter d’un face-à-face avec la Biélorussie, et peut-être avec les populations russes établies dans les régions nord du Kazakhstan, à condition de provoquer une partition du pays. Cette éventualité inquiétante a d’ailleurs contribué à accentuer la dynamique antirusse du nationalisme kazakh. Pour la Biélorussie, une union slave sans l’Ukraine se résume à une réincorporation dans les frontières russes. Cette perspective aiguise un violent ressentiment au sein de certains courants nationalistes.

[…] L’Ukraine constitue cependant l’enjeu essentiel. Le processus d’expansion de l’Union européenne et de l’Otan est en cours. À terme, l’Ukraine devra déterminer si elle souhaite rejoindre l’une ou l’autre de ces organisations. Pour renforcer son indé­pendance, il est vraisemblable qu’elle choisira d’adhérer aux deux institutions, dès qu’elles s’étendront jusqu’à ses frontières et à la condition que son évolution intérieure lui permette de répondre aux critères de candidature. Bien que l’échéance soit encore lointaine, l’Ouest pourrait dès à présent annoncer que la décennie 2005-2015 devrait permettre d’impulser ce processus. Ainsi, les Ukrainiens auraient la certitude que l’extension de l’Europe ne s’arrêtera pas à la frontière ukraino-polonaise. Dès à présent, l’Ouest peut renforcer ses liens de coopération et de sécurité avec Kiev. 

[…] La survie de l’Ukraine comme État indépendant suppose qu’elle s’arrime fermement à l’Europe centrale et s’émancipe de la région eurasienne. En toute logique, il lui revient de partager les liens que l’Europe centrale entre­tient avec l’Otan et l’Union européenne. L’attitude de la Russie sur ce sujet servira de révélateur : aura-t-elle choisi de devenir un acteur européen, ou, rejetant cette option, s’entêtera-t-elle à poursuivre une identité eurasienne et un destin solitaire, émaillé de conflits avec son proche voisin ?

La Russie ne peut pas être en Europe si l’Ukraine n’y est pas, alors que l’Ukraine peut y être sans la Russie. On ne doit jamais perdre de vue ce constat simple et crucial. Dans le cas où la Russie miserait son avenir sur l’Europe, l’intégration de l’Ukraine servirait ses intérêts. De ce point de vue, les relations entre l’Ukraine et l’Europe peuvent constituer la pierre de touche du destin de la Russie. Cela signifie que Moscou jouit encore d’un court répit avant l’heure des choix.

On doit souhaiter que les liens entre l’Europe élargie et la Russie dépassent le cadre des relations bilatérales et s’orientent vers une coopération plus organique dans tous les domaines. Ainsi, dans les vingt premières années du prochain siècle, on peut envisager son intégration progressive au sein d’une Europe qui non seulement embrasserait l’Ukraine, mais rayonnerait jus­qu’à l’Oural et au-delà. Des formes spécifiques d’association, un statut de membre associé, conçus pour faciliter la partici­pation russe aux structures européennes et atlantistes, prépare­raient l’inclusion future des trois pays caucasiens – la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan -, si désireux d’entretenir des relations avec l’Europe.

[…] Les États qui méritent tout le soutien possible de la part des États-Unis sont l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan et l’Ukraine, car ce sont tous les trois des pivots géopolitiques. En effet, le rôle de Kiev dans la région vient confirmer l’idée que l’Ukraine représente une menace pour l’évolution future de la Russie. 

[…] Les incertitudes quant à l’avenir de la Russie sont encore plus grandes et les perspectives d’évolution positive assez sombres. Aussi est-il impératif pour les États-Unis de créer un contexte géopolitique favorable à l’assimilation de la Russie dans un cadre plus large de coopération européenne. Cela encouragerait l’indépendance et l’autonomie de ses voisins nouvellement sou­verains. Cependant, même dans ces conditions, la viabilité de l’Ukraine ou de l’Ouzbékistan (sans parler du Kazakhstan, qui manque d’homogénéité ethnique) resterait incertaine, en parti­culier si les Américains devaient être absorbés par de nouvelles crises intérieures en Europe, par l’élargissement du fossé entre la Turquie et l’Europe ou par l’hostilité toujours plus intense entre leur pays et l’Iran. 

[…] Aussi le soutien économique et politique accordé aux Etats nouvellement indépendants fait-il partie d’une stratégie plus large concernant toute l’Eurasie. La consolidation d’une Ukraine souveraine, qui se redéfinirait entre-temps comme un Etat d’Europe centrale et s’engagerait dans un processus d’in­tégration plus étroit dans cette région, devient un élément cru­cial de cette politique.”

39 réponses à « Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski

Commentaires recommandés

Patrick Luder Le 09 juin 2014 à 06h29

Un livre qui ne tient compte ni de la limite des ressources ni des fragilités du système monétaire … une stratégie américaine aveugle et égoïste, conduisant une civilisation décadente à se comporter un prédateur pour essayer d’allonger un peu un rêve américain déjà passé aux oubliettes. Il n’y a aucun avenir pour ce genre de mentalité. L’humanité doit faire face à de multiples défis, qui ne pourront être relevés qu’avec un esprit constructif et responsable …

  1. prince2phore Le 09 juin 2014 à 03h39
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    il faut écouter les conférences plus récentes de brzezinski, ce livre date quand même un peu. Il est intéressant de voir comment le développement d’une opinion politique mondiale est devenu pour lui le plus grand danger pour la domination américaine.

    Content de vous voir populariser cet ouvrage malgré qui devrait être beaucoup plus largement connu des français tant il expose expliciter la stratégie américaine encore trop ignorée par les européens (les masses).


    • mbatchi Le 04 mai 2015 à 18h59
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      Bonjour, je voudrais savoir avec le retour de la Crimée a la Russie en mars 2014 es que poutine n as pas un peu atteint son objectif de restauré la grande russie? Epui c est sure que l ukraine est maintenant divisé entre la partie ouest et la novorossia cela ne complique t il pas le comportement hegemonique des usa et la vision de brizinski? merci pour votre reponse.


      • Michel Ickx Le 05 mai 2015 à 01h04
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        Bonjour prince2phore,

        Brzezinski prévoit, 13 ans à l’avance, un rattachement de l’Ukraine à l’Europe vassale et à l’Otan, et de fait la première révolution orange sera déclenchée dans les délais, mais elle échouera. Maidan par contre remettra les choses en ordre selon le calendrier. C’est bien ce qu’avoue Victoria Nuland en admettant que 5 milliards ont été investis pour préparer cet événement.

        Mais les choses et les stratégies évoluent et on admet que le grand Echiquier est un peu dépassé. Pour bien comprendre l’actualité il faut écouter la récente conférence de George Friedman dont la fin sous-titrée en Français est ici :

        https://www.youtube.com/watch?v=emCEfEYom4A

        Et l’analyse de Philippe Grasset ici :

        http://www.dedefensa.org/article-la_politique-syst_me_des_usa_en_ukraine_mise_nu_21_01_2015.html

        Il ne s’agit donc plus de mettre l’Ukraine en Europe ou dans l’Otan, mais de la déstabiliser en créant le chaos afin de contrôler la Russie à une distance plus prudente en disposant des missiles en Pologne, en Bulgarie et dans les Pays Baltes. Et surtout d’empêcher d’éventuelles visées de l’Allemagne sur, et avec l’Ukraine qui consisterait en une alliance dangereuse pour l’empire, la question étant : quelles sont les intentions réelles de Merkel ?


  2. Patrick Luder Le 09 juin 2014 à 06h29
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    Un livre qui ne tient compte ni de la limite des ressources ni des fragilités du système monétaire … une stratégie américaine aveugle et égoïste, conduisant une civilisation décadente à se comporter un prédateur pour essayer d’allonger un peu un rêve américain déjà passé aux oubliettes. Il n’y a aucun avenir pour ce genre de mentalité. L’humanité doit faire face à de multiples défis, qui ne pourront être relevés qu’avec un esprit constructif et responsable …


    • yt75 Le 09 juin 2014 à 12h11
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      Oui c’est de la géopolitique très “géographique” n’arrivant à raisonner qu’en jeux de pouvoirs et regroupements, quand la thermodynamique est en train de nous rattraper ce qui va probablement amener quelque chose de très différent, et pour des raisons quelque peu atrocement banales, après il y a aussi eu des empires avant la révolution industrielle, à voir ..
      La phase que décrit Brezinski en “chant du cygne”, peut-être.


    • azert56 Le 09 juin 2014 à 14h43
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      Absolument,
      très concrètement, la perspective écologique est le point aveugle de ces thèses très amusantes pour ceux qui, enfants, jouaient aux jeux de stratégie (Risk/tm/ Diplomacy/tm/). Il ne répond pas à la question :
      -A quel coût écologique se fera cette standardisation culturelle mondiale?
      Je crois même qu’il serait intéressant de considérer le problème sous l’angle suivant : la différenciation culturelle, au regard des territoires varié qui sont la raison d’être de cette dernière est économiquement justifiée le terme économique relevant pas seulement d’une acceptation purement quantitative du terme qui a cours en occident. A ce titre j’ai eu beaucoup de plaisir les livres de Levi Strauss (rien à voir avec la geopolitique mondiale!!) qui a toujours montré que le mythique des ethnies étudiées était intimement lié au géographique.
      Enfin pour enchaîner sur l’aspect existentiel de cette eschatologie Brezinskienne, je ne peux m’empêcher de penser pourquoi faire, quelle place, quel projet pour la personne humaine dans ce “défi” comme vous l’identifiez très justement, et que par contre si ce bouquin ne peut rien pour élaborer une problématique dans ce domaine, ceux de lévi strauss peuvent peut être être d’une intérêt certain pour un lecteur qui souhaiterait prendre un peu de distance.
      Il n’en reste pas moins évident que si je ne tente pas de penser cette conception du monde qui est proposée au niveau de quelque état qu’il soit (impérialiste ou non) ce dernier se chargera de m’en trouver une, de place, et là forcément ça coince.
      Y a du boulot!


  3. NatKaz Le 09 juin 2014 à 07h48
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    Merci pour cette synthèse qui permet de prendre de la hauteur et de mieux analyser les évènements historiques récents et plus anciens.
    L’impérialisme Américain n’est plus à démontrer. Mais comme tout empire, il est en train de se fissurer :

    1- Socialement avec l’accélération de l’inégale répartition des richesses, et le rétrécissement significatif de la classe moyenne vers la pauvreté, signant la fin de l’ “american dream” pour tout citoyen souhaitant grimper l’échelle sociale. Par ailleurs, chaque côté de la pyramide des âges est en train de peser sur l’hégémonie économique : l’absence de retraite décente pour un nombre croissant de baby boomers qui vont dépendre de l’aide d’état très limitée, et l’endettement à long terme effarant des étudiants pour se payer des études à la rentabilité douteuse : salaire d’embauche insuffisantà la sortie.

    2- Politiquement avec la main mise de plus en plus évidente du capital sur son système ; proportion des millionnaires et millardaires aux 2 chambres, et perversion de toute action idéologique pour servir les intérêts de quelques uns (scandale Dick Cheney et Haliburton ayant surfacturé massivement ses prestations en Irak).

    3- Les déviations fascisantes de plus en plus visibles (Patriote Act, affaire Snowden), qui affaiblissent l’image de rôle modele que les US pouvaient jouer face à la Russie après la 2e guerre mondiale.

    Maintenant, combien de décennie faudra-t-il pour voir l’effondrement de cet empire, et pour passer par combien de soubresauts et cahots avant de trouver un nouvel ordre mondial ?


  4. C Balogh Le 09 juin 2014 à 08h22
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    Bonjour, merci Olivier,
    à voir ce mec se prendre pour dieu, je ne m’étonne plus aujourd’hui qu’ils(les dieux ricains) ne décolèrent plus et font monter la pression en Ukraine:la Russie signe avec la Chine=gros danger, parce que bon on est dieu mais bon, on vit sur terre……
    Cela ne me rassure pas par ailleurs, je m’attends à tout de ces malades à l’expantionnite aigüe, de plus, ils ont leurs “croyants” un peu partout, Merkel, Hollande, totalement à genoux…….
    ça sent pas bon du tout!

    « la France avec ses particularismes et ses emportements peut être tolérée ». Donc, pour nous pour l’instant, juste on propose le Tafta?Et si on veut pas:déstabilisation, agitateurs, guerre civile…….
    Bon sang, si le TAFTA est signé, on est foutus!
    et s’il il l’est pas:on est foutus!
    Piégés!!
    Avec la complicité de notre président, de ses “collègues”……bref, avec la complicité du gouvernement Français.


  5. PA.Québec Le 09 juin 2014 à 08h45
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    le heartland étant le cour continental,

    J’imagine que c’est “cœur continental”.

    Souvent simplement “le cœur” d’ailleurs quand il est clair qu’on parle d’un pays, d’un continent : ” in North America’s heartland’ = “au cœur de l’Amérique du Nord”.


  6. Jean Louis Le 09 juin 2014 à 08h50
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    Les spéculations d’Huntington relevaient d’une compilation aussi foireuse que la fin de l’Histoire par Fukushima. Sa théorie étant que les civilisations vont remplacer les Etats !
    Le cursus de Zbigniew est d’une autre facture. Fondateur de la Trilatérale, avec son copain Rockfeller, ce qui n’est pas dit ici, il fut au conseil d’administration du CFR, relais de la Trilatérale. Le livre mentionné présente certes un intérêt malgré son grand âge (1997), mais Brzezinski a constamment déroulé une véritable férocité contre la Russie dès la fin de la guerre froide, et contre V. Poutine en particulier qui a eu l’audace de dire aux grands garçons des bords du Potomac que les manœuvres autour des frontières de la Russie étaient terminées. Et que la bannière étoilée veuille bien se replier et rentrer chez elle. S’en sont suivis une série d’articles très violents dans les grands media américains, et ça continue. Dans sa livraison de l’excellente revue Commentaire N° 122 été 2008, on lit un article de l’intéressé d’une rare violence contre Poutine sous le titre «Le choix de Poutine».
    Zbigniew est évidemment le conseiller très écouté de n’importe quelle administration américaine et son inspirateur. En fait le vrai patron, peu importe le président. Mais ce n’est pas nouveau.


    • Charles Michael Le 09 juin 2014 à 09h53
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      @ Jean Louis, merci pour la date de publication 1997

      Juste au moment de la crise financière qui de la Thaïlande s’étendra aux autres petits dragons asiatiques et par contagion à la Russie déclarée en cessation de paiement en 1998.

      J’étais dans cette zone Asie à l’époque et avait d’ailleurs prévu cette crise en Thaïlande sur mon seul critère de cout minimum du travail – la presse asiatique annonçait que le salaire minimum en Thaïlande allait passé de 3 à 6 $ jours pour soutenir le boom immobilier – à noter que dans ce pays la crise financière est devenue crise économique (merci les conseils du FMI) puis politique, qui perdure jusqu’à aujourd’hui.
      C’est aussi cette crise qui a acentué la stagnation naissante du modéle de développement japonais et que le Japon a quelques problèmes économiques.

      Le plans et recommandations du FMI n’ont pas été suivis (ou partiellement) par de nombreuses victimes de la crise, notament la Malaysie, l’Indonésie qui s’en sont mieux sorties et par la Russie qui a dévalué le rouble (genre par moité) et a vite retrouvé une croissance à 6 % jusqu’en 2005.


    • bluetonga Le 09 juin 2014 à 23h57
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      Franck Bullinge, sur espritcors@ire, est beaucoup moins sévère que vous en ce qui concerne Huntington. Il illustre son propos par les prédictions/spéculations de l’auteur du choc des civilisations sur l’avenir de l’Ukraine (lesquelles sont précisément en train de se réaliser).

      http://www.espritcorsaire.com/?ID=364/Franck_Bulinge/


  7. vanderperren Le 09 juin 2014 à 09h23
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    A noter cette remarque pertinente d’Emanuel Todd,qu’intituler son livre le grand échiquier alors que les russes ont dominé cette discipline relève de l’acte manqué, ce qui n’est pas étonnant pour un stratège en herbe d’origine polonaise, pétri de haine envers les russes (il paraît que lors de ses conférences universitaires, lorsqu’il parlait des russes, il était en nage tellement il s’énervait).

    Ps Emanuel Todd : aprés l’Empire disponible en pdf sur la toile


    • Wilde Jagd Le 09 juin 2014 à 11h07
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      Vous avez tout à fait raison d’évoquer Emmanuel Todd et son passionnant livre intitulé Après l’Empire.

      Espérons que Todd puisse bientôt nous en donner une édition mise à jour (refondue, plutôt) qui tienne compte de la crise financière de 2008 et de ses multiples conséquences.


    • Emmanuel Grenier Le 09 juin 2014 à 12h36
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      Le lien SVP ?


  8. ANNA Le 09 juin 2014 à 10h58
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    Hier, j’ai posté une vidéo sur les bombardements du Slaviansk par l’aviation ukrainienne d’un président “démocratique” fraichement élu… Encore une fois, voici cette vidéo :
    http://www.youtube.com/watch?v=iIl2X4rBhgU#t=18

    Aujourd’hui l’immonde “Le Monde” nous sort un article, en expliquant, je cite – “A Sloviansk, le pillonage de la ville par des séparatistes prorusses a provoqué dimanche 8 juin de nombreux incendies…”
    http://www.lemonde.fr/europe/video/2014/06/09/slaviansk-pilonnee-par-les-separatistes_4434475_3214.html
    Elle est pas belle la vie ?
    Les crimes du nouveau gouvernement ukrainien contre son propre peuple, le Monde met sur le dos des “séparatistes” ! Comme si les séparatistes avaient de l’aviation pour bombarder ses propres villes et ses propres positions.
    Mais comment peut on laisser passer des mensonges pareils ?


    • moderato si cantabile Le 09 juin 2014 à 11h14
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      Anna, le Monde a la même haine viscérale contre les russes que Zbigniev. Ils ont tenu une rubrique permanente “Roland Garos” comme info à la une et …pas un article sur la victoire de Sharapova, pas un mot. C’est pas que moi je ne voulais pas la victoire de la jeune roumaine, mais le sport ce n’est que du sport, elle a été battue, gloire à celle qui a vaincu.


  9. moderato si cantabile Le 09 juin 2014 à 11h03
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    « éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l’état de dépendance que justifie leur sécurité ; cultiver la docilité des sujets protégés ; empêcher les barbares de former des alliances offensives ».
    Cela a déjà été fait en Europe il y a 20 ans, dans l’UE je veux dire et bien sûr avec le grand concours de l’Allemagne.
    Tout de suite après la “chute du mur”, il y a eu un projet d’Union Balkanique, Bulgarie, Roumanie, Yougoslavie, je ne sais pas si la Hongrie aussi. Ces pays qui avaient des structures économiques et industrielles comparables et interdépendantes, pensaient qu’il leur serait plus facile de faire une transition économique du système centralisateur (communiste) vers un système libéral, qu’en entrant en concurrence avec l’Occident européen…c’était logique. Je pense que c’était aussi une des raisons de la guerre en Yougoslavie, empêcher cette alliance entre “barbares” qui aurait été un obstacle à l’avancée de l’OTAN vers “ses points stratégiques essentiels”.


  10. Mr. K Le 09 juin 2014 à 11h49
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    Bonjour,

    ANNA, votre post (10h58) sur les bombardements de Slaviansk par Kiev pourrait être vu comme hors sujet par rapport à cet article sur “le grand échiquier” de Zbigniew Brzezinski. (De plus, oui, nous baignons en France dans ce qu’il faut bien appeler une propagande de guerre.)

    On est en fait en plein dans le sujet puisque les visées géopolitiques exprimées dans ce livre passent par l’utilisation de ces zones de fractures, de tension décrites, pour déstabiliser les pays qui font de l’ombre aux USA (refusent de se plier…).

    Il faut bien favoriser, financer, développer des fous furieux, qu’ils soient néo-nazis (Ukraine) ou Islamistes extrémistes (wahhabisme d’origine Saoudienne) pour déstabiliser, détruire, morceler des pays gênants. Il faut bien des fous furieux pour accepter d’aller mourir au combat dans des pays étrangers…parfois forts lointains

    Il est remarquable que des néo-nazis Ukrainiens aient aussi été combattre en Tchétchénie avec les islamistes extrémistes : font-ils partie de la même “logistique”? Qui les finance?

    Le wahhabisme a été encouragé et propagé, depuis les années 80 en Afghanistan pour contrer les soviétiques, mais aussi en Tchétchénie notamment… déjà à l’époque en vue d’une déstabilisation future de l’URSS (tout ceci à l’initiative de … Zbigniew Brzezinski, déjà).

    La guerre Russe en Tchétchénie a été un combat à mort contre cette déstabilisation…

    On a retrouvé l’utilisation du terrorisme wahhabite aussi pour la déstabilisation de l’ex Yougoslavie, la Libye, la Syrie.

    On peut en prévoir aussi l’utilisation ou l’accentuation des actions futures au Pakistan (province du Baloutchistan), en Chine (avec les Ouïgours turcophones) dans la province du Xinjiang où il y a eu des attentats très récemment et aussi en Algérie.

    On présente les guerres au Vietnam, en Afghanistan, en Irak, en Libye comme des échecs américains. Cela n’est pas si sûr, si l’objectif principal était d’éviter l’émergence de puissances régionales alternatives au système américain… sans parler des profits gigantesques de l’industrie américaine de la guerre et “reconstruction” (voir le livre ou le film “la stratégie du choc” de Naomi Klein).

    Le film : http://www.youtube.com/watch?v=gl3H7nHEHNg

    Merci Olivier pour cet article fondamental pour commencer à comprendre ce qui motive vraiment les évènements actuels.

    Bien cordialement.


  11. Emmanuel Grenier Le 09 juin 2014 à 12h34
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    Ce qui est frappant, c’est qu’il n’y a pas un mot de l’Afrique, un continent qui est en train de décoller enfin (Ethiopie, AfSud) et qui devient donc stratégique pas seulement pour ses matières permières


    • Nérouiev Le 10 juin 2014 à 09h29
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      Effectivement très frappant. Ses ressources encore mal connues mais soupçonnées d’être importantes vont susciter la convoitise des pays riches mais pas que les USA.


  12. Amy Le 09 juin 2014 à 15h19
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    “The Grand Chessboard” est mon livre de chevet en ce moment. Il est effarant de constater combien son contenu est d’actualité et juste ! Si on suit ses prédictions, l’avenir ne semble pas non plus très rose pour n’importe quel pays, même les US quand on y pense… Nos libertés sont malheureusement bien en recul depuis une dizaine d’années.


  13. Nérouiev Le 09 juin 2014 à 19h02
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    Je pense que Brzezinski (c’est dur à écrire), s’il a fait une étude géopolitique mondiale en fonction de la politique américaine, est aujourd’hui complètement anachronique. Le vrai problème est l’adéquation des besoins énergétiques des pays développés aux réelles disponibilités et leur géographie de distribution sur la Terre à laquelle s’ajoute un problème démographique démentiel. La Russie est un des pays les mieux placés actuellement, et Russie + Kazakhstan encore mieux. De quoi énerver les Américains. Quant au modèle américain on peut toujours lui emprunter ce qui nous intéresse, ce que nous faisons et ce que font les Russes, tout en gardant notre camembert, nos 35 heures et notre patrimoine.


  14. Nanker Le 09 juin 2014 à 19h38
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    “Un livre qui ne tient compte ni de la limite des ressources ni des fragilités du système monétaire …”

    C’est tout à fait exact : Zbieg est à Obama/Clinton (la future présidente des USA) ce que Kissinger était à l’époque Nixon/Carter.

    Malheureusement dans son système Zbieg tenait comme acquise la notion d’un Dollar roi (la fameuse monnaie de réserve mondiale) et c’est précisément cet acquis que Russes et Chinois ont bien l’intention de faire voler en éclats.

    Ce qui leur permettrait de désarmer/ruiner l’Oncle Sam en quelques mois et sans tirer un coup de feu… Accessoirement il y en a une qui a sûrement déjà compris la manoeuvre c’est Merkel et je suis sûr qu’elle doit discrètement suggérer à ses banquiers de se préparer à sortir en partie de la zone Dollar et à s’intéresser à cette future zone Rouble/Yuan.
    http://www.zerohedge.com/news/2014-06-09/trend-increasingly-more-russian-companies-set-drop-dollar-switch-chinese-yuan

    Quant à Hollande, au lieu de suggérer à la BNP de préparer un mouvement identique, en bon bourgeois de Calais il va, la corde au cou, mendier une réduction de peine auprès du suzerain Obama.

    Quelle vision et quelle envergure!


  15. redrock Le 09 juin 2014 à 20h32
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    On peut lire ici:
    http://environnement.geopolitique.over-blog.fr/2014/03/analyse-de-la-politique-americaine-par-z-brezinski-l-imperialisme-americain-vu-de-l-interieur.html
    un texte ne comprenant que des citations du livre en version française relative à l’Europe, la Russie et l’Ukraine.
    Je ne pense pas que la vision de Brzezinski soit obsolète, en tout cas pas d’un point de vue US comme le montre d’ailleurs la crise d’Ukraine.
    L’analyse de ZB est assez répandue dans les diasporas des ex pays de l’Est aux USA.


  16. Serge Le 09 juin 2014 à 23h39
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    Encore un sujet que j’ai évoqué sur l’autre fil des victimes de la 2° guerre,merci…
    Que la vision géo-politique de Brzezinski ,comme vous le dites ,soit obsolète ,qu’elle se heurte à certaines contradictions,fortes oppositions …c’est possible .
    Il n’en demeure pas moins qu’elle devrait être connue de tous ,car elle éclaire sur les projets “stasuniens “dans ses grandes lignes .
    Ce personnage n’est pas un second couteau .
    .Même si tout n’est pas réalisable,on comprend mieux la persistance de l’attitude US vis à vis de l’Est ,la récurrence de certains faits ,sur une assez longue période .Celles-ci prouve au moins que tout n’est pas bidon .


  17. Dumuzid Le 10 juin 2014 à 00h37
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    L’empire mongol a tout de même influencé de manière considérable l’Histoire de la Russie (et donc, du bloc eurasiatique). Ce pays, morcelé en de nombreuses principautés qui s’opposaient au lieu de s’épauler, a beaucoup retiré de la domination mongole, en dépit de la cruelle rigueur des envahisseurs… Nous connaissons tous la formidable machine administrative qui leur avait permit d’être une puissance sans rivale, à son apogée… Ainsi, la Russie est devenu par la force des choses un pays au raisonnement bien plus oriental qu’occidental.

    Lors de certaines occasions, la Moscovie aurait pu secouer le joug envahisseur, mais ne l’avait pas fait. Bien après la décrépitude politique de la Horde d’Or, les khanats d’Astrakhan, Kazan et de Crimée ont subsisté.


  18. Louis Le 10 juin 2014 à 01h12
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    Effectivement il oublie un peu la dimension économique de la chose.

    Je regardais justement une vidéo du Sheikh Imran Hosein tout à l’heure, un érudit musulman dont la spécialité est un regard sur l’économie et la géopolitique actuelle à la lumière des textes du Coran, et il expliquait quelque chose de très simple, si demain le prix du pétrole devait s’envoler à cause d’un conflit au moyen orient, on pourrait assister à une mort du dollar et à une explosion de la violence aux États Unis ou les armes à feu circulent librement (voire une guerre civile).

    Une espèce de scénario du pire mais une idée néanmoins intéressante.

    Pour en revenir à The grand chessboard, j’imagine que chaque grand empire a eu ce genre de théoricien, ça pourrait être intéressant de voir si ces théoriciens du passé nous ont laissé des traces écrites, ce qui permettrait de voir par ou ils se sont trompés (mais bon là c’est plutôt ma curiosité qui parle).


  19. LutterPourLaPaix Le 10 juin 2014 à 01h57
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    Je pense que Zbigniew Brzezinski n’a rien inventé et s’inspire en partie de stratèges tels Bismarck, etc…qui ont marqué l’histoire des Balkans dès le XIX ème siècle. L’Ukraine a toujours été convoitée par l’Allemagne…Par la suite nous avons eu deux guerres mondiales…Cette vision géopolitique est donc forcément anachronique. La manière dont l’auteur énonce sa vision pour une domination planétaire est confuse ce qui démontre illico les limites de toute entreprise de ce genre (trop de paramètres sont à prendre en compte). Par ailleurs, il est curieux d’énoncer tous ses desseins géostratégiques dans un livre. Ne serait-ce pas plutôt un aveu d’impuissance ? Mais il est vrai que cette stratégie peut paraître nouvelle et inspirée aux décideurs US qui ne connaissent rien à l’histoire européenne…AH n’avait-il pas annoncé ses hallucinations au monde dans Mein Kampf ?

    Par ailleurs l’idée d’une possible domination mondiale par les US est tout simplement stupide. Le concept de mondialisation est avant tout une IDEOLOGIE donc forcément comme toute idéologie vouée à l’échec. Espérons qu’une grande masse de gens le comprendra avant qu’une nouvelle démonstration type guerre mondiale vienne une nouvelle fois nous le confirmer. Quant à la fameuse “exceptionnalité américaine”, très franchement je ne vois pas. La méthode Coué peut-être ?


    • Nérouiev Le 10 juin 2014 à 08h50
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      Je partage entièrement ce que vous avez écrit. Je rajouterais en insistant le point que j’ai écrit plus haut et qui concerne le vrai problème mondial, à savoir nos besoins démesurés en énergie si on continue de suivre le modèle américain. Il faut non seulement de l’énergie au sens direct mais beaucoup plus de façon indirecte et jamais présentée, celle pour fabriquer nos produits de consommation, sans oublier celle pour reconstituer en permanence le capital. Toute cette énergie devenue indispensable au moteur du capitalisme est tout simplement en déphasage avec les ressources et leurs implantations, mais aussi avec une démographie exponentielle. Nous arrivons tranquillement à croissance zéro et là, politiquement et économiquement on ne sait pas faire. Une décroissance entraînera obligatoirement un retour aux dictatures pour une distribution non équitable avec des écarts de plus en plus grands que l’on perçoit déjà dans les pays riches. On n’a toujours pas trouvé la solution pour une énergie inépuisable comme la fusion contrôlée.
      Sinon, la politique étasunienne annoncée n’est que la transcription de comment piller la planète pour le maintien du niveau de vie d’une nation reine du capitalisme et fière de sa victoire sur le communisme.


    • Pierre Henri Le 01 janvier 2015 à 15h13
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      Peu importe de qui s’inspire Zbignie. Ce qui m’importe surtout, c’est de voir quel genre de psychopathes nous gouvernent et quel genre de plans ils échafaudent. Je suis convaincu que tuer 4 ou 5 milliards d’individus n’est qu’une statistique pour eux pour parvenir à leur fin et réduire la population à 2 milliards. Pire encore, comme ils sont fous à lier et ont entre leurs mains la plus puissante armée actuelle avec des armes terrifiantes, on peut se demander jusqu’où ils sont prêts à aller et s’ils ne vont pas programmer leur propre suicide en rasant tout plutôt que de voir leur “rêve” (notre cauchemar) échouer.
      Voir aussi les propos en 2011 d’un autre cinglé, Henri Kissinger :

      http://www.dailysquib.co.uk/world/3089-henry-kissinger-if-you-cant-hear-the-drums-of-war-you-must-be-deaf.html


  20. Un naïf Le 10 juin 2014 à 16h27
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    La Commission Trilatérale (parfois abrégée en Trilatérale) est une organisation privée qui fut créée en 1973 à l’initiative des principaux dirigeants du groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations, parmi lesquels David Rockefeller, Henry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. Regroupant 300 à 400 personnalités parmi les plus remarquées et influentes – hommes d’affaires, hommes politiques, décideurs, « intellectuels » – de l’Europe occidentale, de l’Amérique du Nord et de l’Asie Pacifique (États dont la plupart sont également membres de l’OCDE), son but est de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde, pôles de la Triade. À l’instar du groupe Bilderberg, il s’agit d’un groupe partisan de la doctrine mondialiste, auquel certains attribuent, au moins en partie, l’orchestration de la mondialisation économique.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_Trilat%C3%A9rale


  21. Michel Ickx Le 29 juillet 2014 à 17h01
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    Je tiens à féliciter Olivier Berruyer pour son courage. En effet dire aujourd’hui en Europe des choses vraies mais aussi politiquement incorrectes n’est pas fréquent.

    Je voudrias aussi souligner l’importance de lire “Le grand Echiquier” (publié en Français) et de le faire lire pour que ceux qui ne se sont pas encore réveillés prennent conscience de la réalité politique et de la pitoyable trahison de nos clercs “Européens”.

    Plus que la violence de nos maîtres néoconsevateurs et de l’Otan, c’est lhypocrisie et la propagande digne d’un Dr. Goebbels qui me dégoute.

    Ayant lu tous les commentaires précédents je suis surpris de ne pas voir des “Trolls” parmi ceux-ci. Serait- ce parce que ce site ainsi que son auditoire est trop bien docummenté?

    Il est encourageant de voire une telle participation éclairée car je constate que ces interventions lucides se multiplient également sur d’autres sites. Cela me donne de l’espoir:

    De même qur les créatifs culturels qui représentaient déjà plus de 25% de la population se sentaient isolés ignorant leur nombre du fait de leur diversité d’origine, de niveau social et d’éducation (je devrait dire désinformation éduquée,) nous sommes bien plus nombreux que nous ne le pensons à ne plus croire à la propagande des media.

    Cela n’augure rien de bon pour cette Europe mal née et de moins en moins cohérente. Et tant mieux.


  22. Pierre Henri Le 31 décembre 2014 à 09h07
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    Il y en a encore qui nient la théorie du complot ? Parce que ça en est un qui se fait au nez et à la barbe des peuples à qui on ne demande pas leur avis. C’est même plus qu’un complot, c’est une mise sous tutelle organisée et planifiée !


  23. Michel Ickx Le 31 décembre 2014 à 18h26
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    Pour ceux qui lisent l’anglais il est intéressant de lire les commentaires des lecteurs de la version anglaise du Grand Echiquier sur Amazon.com. Ils sont très critiques presqu’à l’unanimité pour l’auteur qualifié de psychopathe et de criminel.

    Ce n’est pas le cas pour la version française. Les commentateurs, avec peux d’exceptions, ne semblent pas excessivement préoccupés par les délires de pouvoir et le cynisme de l’auteur

    J’ai relevé par curiosité le nombre de fois où les mots démocratie, Ukraine et OTAN apparaissent.

    Le premier utilisé par Z. B. comme justification de la mission morale de cet état « pacifique?» qui n’a plus grand-chose d’une démocratie si on tient compte du Patriot act qui n’a pas été révoqué par Obama et qui est semblable aux lois d’exception instaurées par les Nazis à la suite de l’incendie du Reichtag.

    Le deuxième mot souligne l’importance de ce pays « pivot » et explique bien tout ce qui s’y passe actuellement.

    Le troisième pour m’aider à comprendre à quel point cette organisation à été présente, et avec quel poids, pour les choix européens qui nous ont été imposés depuis la chute du mur.

    Démocratie = 67, Ukraine = 83, OTAN = 112.

    L’auteur ne peut également s’empêcher de parler fréquemment des ressources énergétiques et autres que supposent, pour l’hégémonie, la vassalisation de ces nombreux pays essentiels et pivots. Il s’agit bien d’un pillage comme il a été commenté plus haut.


  24. Lamizantrope Le 08 juin 2015 à 16h01
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    Merci à l’auteur de cet article pour ce résumé en Français, Brzezinski est certainement un fin stratège tout au service des intérêts américains, toutefois il y a une chose qui me dérange dans ses analyses, c’est qu’il ne parle pas (semble t’il, je n’ai pas lu le bouquin) de la barrière des langues, si il y a une chose importante dans ce monde, c’est l’incompréhension des nations qui ne parlent pas le même langage.
    De ce point de vue, l’Ukraine devrait rester attachée à la Russie au moins dans sa partie Russophone. Cette divergence de langage entre Ukrainiens de l’est et de l’ouest a servi de levier aux dirigeants US pour créer une scission meurtrière dans le pays.
    L’intérêt de la Russie me semble t-il devrait être de médiatiser son point de vue dans les deux langues auprès de ses voisins en guerre.


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