Sergueï Glaziev est un économiste russe, né à Zaporojié (Ukraine) en 1961. Il a commencé une carrière politique à partir de 1990, tantôt dans les cabinets ministériels, tantôt sur les bancs de la Douma, le parlement russe. Il est passé du camp ultra-libéral aux communistes. Allié de Vladimir Poutine qu’il conseille, il a été nommé coordinateur des agences travaillant à l’union douanière entre la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan. Barack Obama l’a placé dans la liste des sept premières personnes sous sanctions, en 2014.

On dispose donc ici de la vision d’un proche conseiller du gouvernement russe, ce qui permet de mieux cerner leur vision (N.B : pour Manuel Valls : comprendre ne veut pas dire approuver hein…)

Cet article, à prendre bien entendu avec recul, est en lien avec l’article suivant, vu que Glaziev accuse nos médias de nourrir la peur d’une menace russe infondée…

Source : Russia-Insider d’après Lenta, 29/03/2016

M. Glaziev, y a-t-il la moindre raison de s’attendre à la levée des sanctions américaines ?

Les sanctions constituent l’un des éléments de la guerre hybride que les États-Unis mènent contre nous. Ils le font, non pas parce qu’ils n’aiment pas «l’annexion» de la Crimée par la Russie , mais plutôt principalement en raison de la défense des seuls intérêts objectifs et subjectifs de l’oligarchie dirigeante américaine.

Les États-Unis sont en train de perdre leur hégémonie mondiale : ils fabriquent déjà moins de produits et exportent moins de technologies que la Chine. La Chine est également en train de rattraper l’Amérique pour le nombre de scientifiques et d’ingénieurs, et nombre de technologies innovantes chinoises sont en train de s’emparer des marchés mondiaux. Le taux de développement de la Chine est cinq fois supérieur à celui des États-Unis. Le système international des entités économiques récemment mis en place en Chine illustre bien le nouvel ordre économique mondial.

Les entités économiques qui dominent aux États-Unis, au seul service d’une oligarchie financière, ont complètement déstabilisé le système monétaire et financier américain, qui fait presque défaut deux fois par an. Les causes de la crise financière mondiale de 2008 n’ont en rien disparu et la bulle de la dette américaine – pyramides financières composées de dérivés et de dette nationale – ne cesse de croître davantage de jour en jour.

Selon la théorie des systèmes, ce processus ne peut pas continuer indéfiniment. L’oligarchie américaine est désespérée d’arriver à se débarrasser de son fardeau de la dette, et c’est la raison principale pour laquelle elle mène une guerre hybride, non seulement contre la Russie , mais contre l’Europe et le Moyen-Orient.

Comme il arrive toujours dans un ordre économique mondial en mutation, le pays qui est en train de perdre son leadership tente alors de déclencher une guerre mondiale pour le contrôle de la périphérie. Depuis que les Américains considèrent l’ancien espace soviétique comme étant leur périphérie financière et économique, ils tentent sans cesse d’en prendre le contrôle.

L’élite politique américain a été élevée selon des chimères de géopoliticiens du XIXième siècle. Les étudiants américains s’imprègnent encore dans les classes de sciences politiques des fondamentaux géopolitiques anglais et allemands de leur époque. La principale question qui revient sans cesse reste comment ruiner l’Empire Russe, et ils regardent encore le monde à travers les yeux des «faucons» du XIXième siècle, quand la Grande-Bretagne a tenté de sauver son hégémonie en déclenchant la Première Guerre mondiale, puis qu’elle a perdu son empire colonial après la seconde guerre mondiale.

Voilà ce qu’étudient toujours les géopoliticiens américains dans le Département d’État et la Maison Blanche , en continuant de regarder le monde à la fois à travers le prisme de la guerre froide, et des confrontations britanniques entre la Russie et l’Allemagne au XIXième siècle ; c’est donc maintenant le tour des États-Unis de vouloir déclencher une autre guerre mondiale.

La combinaison des problèmes objectifs de l’oligarchie financière américaine et de l’étrange état d’esprit des géopoliticiens américains fait peser la menace d’un conflit mondial. Cela n’a strictement rien à voir avec la Crimée. N’importe quel prétexte fera l’affaire.

Nous devons donc agir en fonction des contradictions qui amènent les États-Unis à toute attitude agressive à risque, avec le danger d’une guerre hybride avec le monde entier. Ils ont choisi la Russie comme étant leur objectif principal, et l’Ukraine, occupée par eux, comme étant leur principal moyen de destruction.

Pour survivre dans de telles conditions, arriver à maintenir notre souveraineté et développer notre économie, nous devons construire une large coalition antimilitaire, poursuivre notre stratégie de développement prioritaire, récupérer notre souveraineté financière et économique et continuer l’intégration eurasienne. Pour éviter la guerre, nous devons réaliser l’objectif du président Poutine d’une zone de développement commune de Lisbonne à Vladivostok. Il est très important de convaincre nos partenaires européens, ainsi que nos partenaires d’Extrême-Orient et dans le Sud, que nous avons besoin de coopérer, non pas par le chantage ou bien par des menaces, mais plutôt à travers des projets mutuellement bénéfiques, en combinant nos potentiels économiques tout en respectant la souveraineté de chaque État.

Peut-on améliorer les relations avec l’UE et comment ?

Une condition nécessaire pour coopérer avec l’Union européenne est qu’elle ait rétabli sa souveraineté. Le fait que des politiciens européens soient aller tenir des discours devant la foule de l’euromaïdan comprenant des nazis déchaînés a montré à quel point s’est dégradée la culture politique européenne. Les dirigeants de l’UE ne sont plus indépendants : ils sont devenus de simples marionnettes des États-Unis.

Ceci est dû à une spécificité de l’espace politique de l’UE : il est dominé par les médias américains. Ils ont ancré dans l’esprit du public tout un tas de chimères antirusses, les affolant avec une soi-disant menace russe. Leurs politiciens se retrouvent donc obligés de suivre la ligne médiatique fournie par Washington afin de pouvoir gagner des voix. Cela a conduit à la catastrophe que nous contemplons aujourd’hui à Bruxelles et dans tant d’autres villes européennes, qui se retrouvent tout d’un coup envahies par la peur que leurs gouvernements ne réussissent pas à assurer leur sécurité.

Malheureusement, la souveraineté de l’Europe ne peut être restaurée uniquement par une clarification de l’esprit du public. Ces problèmes ne sont pas apparus d’un seul coup : ils sont le résultat d’une classe politique européenne qui a abandonné tout intérêt national. L’Europe se retrouve confrontée à une période de transition très difficile, au cours de laquelle elle ne peut pas encore devenir un partenaire, mais sera simplement l’ombre de Washington.

Les Européens ont perdu leur boussole. Ils vivent dans une mosaïque, un monde fragmentaire, qui a perdu de vue le système global de relations. Mais la vie va les forcer à revenir à la réalité, et je crois que les traditions démocratiques européennes et l’humanisme européen vont jouer un rôle important dans le retour du bon sens.”

Source : Russia-Insider d’après Lenta, 29/03/2016

Traduction librement adaptée par Didier Arnaud pour www.les-crises.fr, librement reproductible en indiquant la source.

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73 réponses à La classe politique européenne a abandonné tout intérêt national, par Sergueï Glaziev

Commentaires recommandés

Kiwixar Le 08 avril 2016 à 04h02

“récupérer notre souveraineté financière”

Ca implique une nationalisation de la Banque Centrale, qui est “indépendante” (des citoyens, donc dépendante des cartels bancaires) car créée sur le modèle occidental pendant l’ère de grand pillage des années Eltsine. La Russie procède par étapes, et ils ont commencé par le lancement de la carte de paiement russe (“Mir”) leur permettant d’être indépendant de Visa/Mastercard. Il y a aussi la discussion en cours d’un système de paiement international alternatif avec la Chine, permettant d’être indépendant de Swift. Sans compter l’or, que Russie et Chine amassent.

Pendant ce temps-là, les pays de l’UE sont pieds et poings liés, comme des petits esclaves : les moyens de paiement par carte sont aux mains des cartels bancaires (chantage en cas de “problème” des banques : si les Etats ne les sauvent pas, les paiements s’arrêtent, c’est la famine), et les opérations Visa/Mastercard sont faites aux Etats-Unis (fin de Visa-Europe). Dès l’abolition de l’argent liquide, l’intégralité de l’économie européenne (y compris la bouffe) pourra être interrompue, d’un clic, à Washington.

  1. Kiwixar Le 08 avril 2016 à 03h51
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    “Les Européens ont perdu leur boussole.”

    Glaziev se trompe peut-être en estimant que les dirigeants européens suivent la ligne anti-russe de Washington pour des raisons électorales (le chômage et la précarité sont plus importants que ce que font des pays lointains, la Crimée), ou que la classe politique européenne obéit à Washington pour faire la guerre à la Russie, sans volonté propre : le casse-tête énergétique européen est aussi critique (voire plus) que le problème énergétique américain. L’Allemagne a 200 ans de réserves de charbon, mais tous les autres pays européens, rien, nada. Le Royaume-Uni importe du gaz depuis 2012 (au même moment où ils ont décidé de s’attaquer à la Syrie), la France n’a rien et importe de l’uranium (autant pour “le nucléaire c’est l’indépendance énergétique”), et n’a même pas les moyens de sécuriser ses approvisionnements (il lui faut des Antonov loués aux Russes!).

    C’est la fin des haricots… Les politiciens européens savent que -5% d’énergie par an, c’est -5% de PIB par an, et la population dans la rue (ça commence avec #NuitDebout), et la clique politique éjectée sans dommage (chômage) ou avec dommages (lampadaires). La guerre permet de se débarrasser des gueux (au front).


    • Bruno Le 08 avril 2016 à 08h11
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      100% d’accord avec les gueux au front.

      Desesperes par les crises economiques et l’endettement, en toute logique, le capitalisme aurait du declancher une gigantesque guerre il y a une trentaine d’annee. Pour tout detruire (hommes et materiels) et recommencer. Mais il y a l’arme atomique.

      On voit bien que les “gueguerres” au Moyen-Orient permettent de securiser les approvisionnements en ressources naturelles. Mais avec leurs quelques centaines de milliers de morts et quelques pays “a faible valeur ajoute” rases, elles ne suffisent pas a regler les problemes en profondeur. Bien sur l’industrie de l’armement se gave un peu. Bien sur Halliburton va reconstruire deux ou trois ponts. Cela n’est aucunement a la hauteur des milliere de milliars de dete.

      Non ce qu’il faut, c’est un vrai “reset”. Un reset dans les pays developpes. Comment y parvenir sans faire tout sauter et en faisant se massacrer entre eux les autres (europeens et russes par exemple)? C’est le probleme aujourd’hui…


      • DUGUESCLIN Le 08 avril 2016 à 08h45
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        Il est vrai que la guerre nucléaire peut aussi être dissuasive pour les Soros, Monsanto et compagnie, car, ils pourraient eux aussi exploser, mais surtout leurs banques remplies de dollars papiers, qui se mettraient à brûler comme un feu de joie. Incinération de première classe avec cendre éparpillées. Même si les banksters s’abritent dans des bunkers, il pourrait ne rien leur rester. La question est comment détruire les autres sans être soi-même détruit nouvelle question pour les oligarques compte tenu des moyens de guerre d’aujourd’hui.


        • Kiwixar Le 08 avril 2016 à 09h15
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          L’hémisphère sud, mon ami !
          Soros & co ne croient qu’au physique (métal) qui est de la monnaie… le papier ce n’est pas de la monnaie, c’est du crédit (des promesses)… 😀


          • Pierre Le 08 avril 2016 à 15h46
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            A noter qu’en cas d’hiver nucléaire, même si le conflit est limité à l’hémisphère nord, le sud serait quand même touché, du fait de la baisse d’énergie provenant du soleil sur la surface globale de la Terre (cf les différentes explosion du Krakatoa https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Krakatoa). N’oublions pas également les modèles météorologiques de 1986 après Tchernobyl qui ont montrés que l’hémisphère sud avait été touché par la contamination radioactive dans l’atmosphère.


  2. Kiwixar Le 08 avril 2016 à 04h02
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    “récupérer notre souveraineté financière”

    Ca implique une nationalisation de la Banque Centrale, qui est “indépendante” (des citoyens, donc dépendante des cartels bancaires) car créée sur le modèle occidental pendant l’ère de grand pillage des années Eltsine. La Russie procède par étapes, et ils ont commencé par le lancement de la carte de paiement russe (“Mir”) leur permettant d’être indépendant de Visa/Mastercard. Il y a aussi la discussion en cours d’un système de paiement international alternatif avec la Chine, permettant d’être indépendant de Swift. Sans compter l’or, que Russie et Chine amassent.

    Pendant ce temps-là, les pays de l’UE sont pieds et poings liés, comme des petits esclaves : les moyens de paiement par carte sont aux mains des cartels bancaires (chantage en cas de “problème” des banques : si les Etats ne les sauvent pas, les paiements s’arrêtent, c’est la famine), et les opérations Visa/Mastercard sont faites aux Etats-Unis (fin de Visa-Europe). Dès l’abolition de l’argent liquide, l’intégralité de l’économie européenne (y compris la bouffe) pourra être interrompue, d’un clic, à Washington.


  3. DUGUESCLIN Le 08 avril 2016 à 06h53
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    Vision de Glaziev qui, sur bien des points, nous rappelle celle de De Gaulle.
    Lequel n’a pas eu “Maïdan” mais “mai 68” Cohen Bendit en tête qui faisait le sémaphore de service avec un porte voix, juché sur un podium improvisé.
    La méthode des révolutions de couleurs a déjà de l’ancienneté.
    Il ne fait pas bon d’être souverainisme dans les pays d’Europe.
    Mais franchement accepterions-nous en tant que peuple de déclarer la guerre à la Russie? De mettre encore une fois à feu et à sang l’Europe pour sacrifier les sans dents et assurer aux maîtres du monde de conserver leur pouvoir?
    Posons la question: “Etes-vous d’accord pour déclarer une guerre nucléaire à la Russie en soutien des américains”?
    Pour le moment c’est plutôt par des moyens sournois que les maîtres du monde veulent conserver leur hégémonie. D’autant pus que la Russie contourne avec intelligence les pièges tendus par les atlantistes pour la pousser à la guerre et la faire apparaître comme agresseur.


    • stephp Le 08 avril 2016 à 10h16
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      “Mais franchement accepterions-nous en tant que peuple de déclarer la guerre à la Russie?”

      On ne vous demandera pas votre avis, comme il y a un peu plus de 100 ans.


      • DUGUESCLIN Le 08 avril 2016 à 20h26
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        Il est très probable que les officiers français feraient pression sur le gouvernement pour refuser fermement un engagement contre la Russie. Mais pas seulement les généraux, beaucoup d’hommes politiques. De même en Allemagne en Italie et en Espagne. Le royaume Uni je ne sais pas.???
        Les temps ont changé avec l’arme nucléaire, de grandes manifestations anti-guerre se formeraient spontanément. Il ne s’agit de ma part que d’une intuition, mais je pense qu’elle est fondée. Passer à l’acte est une autre paire de manches.
        De plus l’arme nucléaire française reste encore active mais uniquement dans un but défensif. Même un président mou hésiterait. Surtout que nos fusées seraient interceptées avant d’atteindre leur but. Je suis convaincu que nous ne ferons pas une guerre ouverte à la Russie. La Russie n’a aucune velléité de guerre, et respecte les souverainetés mais elle se défendra en cas d’agression. Déclarer la guerre à la Russie est inconcevable, même pour les otanistes européens..


        • NERUDA Le 08 avril 2016 à 23h44
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          Je partage tout à fait votre analyse Duguesclin.
          Mais la “guerre” pacifique que nous devons mener nous, c’est celle de l’information !!
          Plus possible d’entendre ces saloperies genre Pujadas/Leenhardt sur des chaines publiques, financées par nos impôts, ah mais j’avais oublié ….aussi par la Pub des grandes sociétés multinationales, qui … je te tiens, tu me tiens …. !!
          Idem sur France 5 avec le journaleux Calvi. Idem sur France Inter avec l’anti Russe Salamé, anti Poutine, qui sévit aussi sur France 2 !! Les nouveaux chiens de garde ne doivent pas nous imposer leur bave journalistique, odieuse de mensonges, et dictatoriale !
          Dès les 1ers jours de Charlie et du Bataclan, nous savions, enfin certains (!), à quelle sauce sécuritaire pour faire taire la vérité, nous allions être mangés.
          Je viens de terminer l’excellent livre de Michel Collon “Je suis ou je ne suis pas Charlie ?”, tout y est, tout est dit !!
          Eveiller les consciences et rétablir des vérités, ce que j’essaie de faire tous les jours, voilà notre modeste en apparence, mais primordiale mission.
          Salutations


    • Puka Runa Le 08 avril 2016 à 10h53
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      D’accord sur votre interprétation de Mai 68 ! Je me demande s’il y a eu des analyses historiques hétérodoxes sur cette pseudo-révolution annonciatrice du consumérisme de masse.


      • Durand Le 08 avril 2016 à 14h09
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        Un peu rapide quand-même, cette interprétation de Maî 68…

        Sur Maî 68…

        http://www.comite-valmy.org/spip.php?article497


      • thmos Le 08 avril 2016 à 14h34
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        Clouscard présenté ici par Michel Pagani ,qui rappelle que mai 68, version étudiante VS le mai 68 de la CGT a triomphé, soit ce 1% (déjà!) d’étudiants gauchistes qui aura la peau via le consumérisme forcené des gaullistes et des cocos – accessoirement l’immense majorité des français – et l’Empire de se débarrasser des deux obstacles majeurs pour la prise du village gaulois
        https://www.youtube.com/watch?v=VY384vYIA1o
        ces fameux “rouge bruns” tant détestés seraient la héritiers de cette majorité, n’en déplaisent à l’Empire


      • gracques Le 08 avril 2016 à 22h20
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        N’importe quoi, 68 c’est d’abord les grèves ! Et Grenelle.
        Ne pas confondre le ‘libe’ de l’époque et le torchon actuel qui comme les autres médias reecrivent l’histoire à l’aune de ce que des bourges étudiants devenus patrons de presse ou communicants ont vécus.


    • Durand Le 08 avril 2016 à 13h20
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      Dugesclin,

      De Gaulle n’aurait jamais dit :

      «Une condition nécessaire pour coopérer avec l’Union européenne est qu’elle ait rétabli sa souveraineté. Le fait que des politiciens européens soient aller tenir des discours devant la foule de l’euromaïdan comprenant des nazis déchaînés a montré à quel point s’est dégradée la culture politique européenne. Les dirigeants de l’UE ne sont plus indépendants : ils sont devenus de simples marionnettes des États-Unis.»

      -parce qu’il savait qu’il n’y aurait jamais de souverainete européenne,

      -parce qu’il ne peut exister de peuple européen du fait de l’origine historique différente de chacune des nations européennes,

      -parce qu’il nous avait averti que les europeistes deviendraient “de simple marionnettes des États Unis”.

      La France est,par exemple, une construction historique unique au monde et de cette construction est issue notre identité ( ce que nous sommes, même si nous l’avons oublié…) unique également, qui nous a mis en danger de disparaître chaque fois que nous avons été dirigés par l’étranger.
      Je pense que le malaise français n’est qu’une crise identitaire.


      • Manant Le 08 avril 2016 à 17h08
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        De Gaulle aurait dit, à propos d’une construction européenne, à l’image de l’unification progressive des régions françaises dans le cadre de l’État national : “On ne fait pas une omelette avec des œufs durs”.


    • Durand Le 08 avril 2016 à 14h00
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      Dans sa conclusion,”Pour survivre dans de telles conditions…” etc…, l’auteur parle encore de maintenir une souveraineté qui n’existe pas, de développer une économie alors que nous ne possédons plus de souverainete monétaire et que Bruxelles a hérité par traité de notre souveraineté économique…

      “nous devons construire une large coalition antimilitaire” !!! La gôche de 1936 désarmait la France au nom du pacifisme, elle aussi !…

      “une zone de développement commune de Lisbonne à Vladivostok”
      Avec les néonazi des pays baltes,de l’Ukraine et de Pologne ?!!!…

      “Il est très important de convaincre nos partenaires européens”
      Vas-y, Serguei, commence par faire le tour des 28 capitales européennes pour mettre tout le monde d’accord…Et passe-moi un coup de fil quand ce sera fait !…
      Surtout si l’on considère ses derniers mots : «en respectant la souveraineté de chaque État.»

      “ainsi que nos partenaires d’Extrême-Orient et dans le Sud, que nous avons besoin de coopérer”… On s’est préoccupé de leurs besoins, aux pays du sud, jusqu’à maintenant ? Avec les APE, sans doute…!
      Bonne nuit, Serguei !


      • Chris Le 08 avril 2016 à 14h20
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        Les accords bilatéraux entre pays, vous ne connaissez pas ?
        C’est pourtant comme ça que fonctionnent 85% des nations !


        • Durand Le 08 avril 2016 à 14h40
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          Chris,
          Si ça s’adresse à moi,… oui, je connais, mais vous oubliez de préciser que si 85% des pays du monde font des accords bilatéraux c’est qu’ils sont des pays souverains, ce qui n’est plus notre cas…


          • Sén@teur Le 10 avril 2016 à 19h37
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            Il n y a certainement pas 85% de pays indépendants à travers le monde…
            Ils ne sont qu’une poignée, les plus importants étant la Russie et la Chine puis viennent Corée du Nord, Cuba, Iran bref tous les pays diabolisés par l’Empire…


      • Durand Le 08 avril 2016 à 15h01
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        Pour ceux qui veulent savoir ce que sont les APE (accord de partenariat economique) que nous proposons pour l’instant aux pays du Sud, au nom de l’UE…
        http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/ape-interview-de-guy-marius-sagna

        Nous aurons l’air fins, si demain nous leur disons que “nous avons BESOIN de coopérer”…!!!


      • Perséphone Le 08 avril 2016 à 15h52
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        Attention à votre affirmation concernant le fait que le Front populaire aurait diminué les dépenses militaires en 1936, c’est une vision erronée. Je cite wikipedia : “Conscient des menaces sur la paix, le gouvernement de Front populaire entame le réarmement de la France et tente de rattraper le retard provoqué par la politique de réduction des dépenses publiques, y compris en matière militaire, réalisée par Pierre Laval en 1935.”

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Front_populaire_%28France%29#Politique_.C3.A9trang.C3.A8re

        Petit détail supplémentaire, trop peu connu : le ministre de la guerre en 1934, un certain Philippe Pétain, fait partie de ceux qui ont le plus contribué à diminuer les crédits de l’armement dans l’entre-deux-guerre.


        • Durand Le 08 avril 2016 à 16h52
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          Je n’ai pas cité le FP mais le pacifisme de bon aloi qui sévissait au sein de la gauche francaise de cette époque.

          Quant à Pétain, nul autre que lui n’a plus quémandé de budgets pour la Défense dans l’entre deux guerre, si ce ne sont de Gaulle et Maurras…
          Même lorsqu’il était ministre de la guerre, il n’a fait que subir les coupes budgétaires décidées par le parlement.
          Le gouvernement s’est affolé lorsque Hitler a pris le pouvoir,… mais un peu tard, d’autant que le pacifisme avait toujours le vent en poupe, surtout à gauche…


          • Perséphone Le 08 avril 2016 à 18h53
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            Ah pardon, en général quand on évoque dans une même phrase la gauche et 1936 on parle du Front Populaire.

            Je maintiens, vous avez bien écrit “désarmait”ce qui est donc inexact, vous en convenez. Prôner le pacifisme (qui n’est jamais que désirer la paix) n’a donc pas empêché la “gôche” de maintenir un budget d’armement conséquent !

            Vous avez des sources pour ce que vous avancez sur Pétain, autre que des déclarations d’intention ?


            • Durand Le 08 avril 2016 à 20h53
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              “Pétain n’avait cependant pas manqué non plus de regretter que les politiques ne tiennent pas compte des demandes de crédit émanant de l’armée. Depuis plusieurs années, il annonçait comme perdue d’avance une nouvelle guerre contre l’Allemagne, si la France n’effectuait pas le même effort de réarmement militaire et moral que son voisin et si certains politiques continuaient d’alimenter l’antimilitarisme.”

              https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Philippe_P%C3%A9tain#L.27entre-deux-guerres


          • Perséphone Le 08 avril 2016 à 19h04
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            Et je dois dire que votre discours qui présente Pétain comme une victime des coupes budgétaires du Parlement de 1934 est assez cocasse (un maréchal avec son prestige et son réseau à l’époque se serait vu refuser du budget ?) et ne résiste pas aux faits, rappelés ici par H. Guillemin à partir de 21min 21 sec : https://www.youtube.com/watch?v=F8a9JpVVGyM&nohtml5=False


            • Perséphone Le 08 avril 2016 à 23h40
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              La partie que vous citez ne concernent pas son action au ministère de la Guerre, elle ressemble beaucoup aux justifications prononcées après la défaite pour s’en dégager de toute responsabilité et incriminer le Front Populaire. D’ailleurs cette affirmation n’est pas du tout sourcée !


        • Astatruc Le 09 avril 2016 à 10h27
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          wikipédia ne peut être la seule référence, bien souvent les infos y sont tronquées.


        • moz Le 10 avril 2016 à 09h27
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          Pierre Laval (socialiste) donc c’est bien la gauche qui a désarmé


  4. patrickluder Le 08 avril 2016 à 08h11
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    Un point de vue certes différent de la ligne des médias, mais une vision nullement neutre. Je ne vois pas ce que ce genre d’article apporte, ni vision objective, ni analyse, ni proposition … la seule réaction que cet article suscite est du genre: “oooh les vilains Américains en déclin, oooh les pauvres Européens sans cervelle” !


    • Louis JULIA Le 08 avril 2016 à 08h27
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      Dans le concert de messages russophobes et poutiniphobes, ce genre de point de vue est indispensable, car il ne provient pas d’un journaliste stipendié, mais d’un acteur important placé au coeur de l’élaboration du système financier alternatif que construisent la Russie et d’autres pays. C’est un avis d’autant plus précieux que vous ne le trouverez dans aucun de nos média, ce qui constitue justement la preuve de sa pertinence.


    • Alae Le 08 avril 2016 à 11h35
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      “Je ne vois pas ce que ce genre d’article apporte, ni vision objective, ni analyse, ni proposition.”
      L’espace eurasien de Lisbonne à Vladivostok, ce n’est pas une proposition ?
      A mettre en relation avec le projet chinois “One Belt, One Road” pour en comprendre la magnitude et les formidables perspectives.
      De quoi réaliser à quel point l’atlantisme est obsolète.


      • Durand Le 08 avril 2016 à 14h34
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        Alae,
        Et si l’on commençait à bâtir un projet français avant de s’occuper des intérêts des Russes et des Chinois ?
        Après et seulement après, nous pourrions voir s’il est de notre intérêt de coopérer au projet russo-chinois, et dans quelle mesure…
        Pour la France, telle qu’elle est en train d’achever son existence au sein de l’UE, ce projet n’est qu’une chimère de plus qui nous détourne de la priorité essentielle :
        – exister d’abord par nous-mêmes !


        • Alae Le 08 avril 2016 à 15h28
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          Durand, ayez l’amabilité de relire l’article, SVP. Glaziev ne dit pas autre chose que vous.
          Je cite, “nous devons réaliser l’objectif du président Poutine d’une zone de développement commune de Lisbonne à Vladivostok. Il est très important de convaincre nos partenaires européens, ainsi que nos partenaires d’Extrême-Orient et dans le Sud, que nous avons besoin de coopérer, non pas par le chantage ou bien par des menaces, mais plutôt à travers des projets mutuellement bénéfiques, en combinant nos potentiels économiques tout en respectant la souveraineté de chaque État.


          • Durand Le 08 avril 2016 à 21h07
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            Alae

            Oui, mais comment parvenir à décider qui que ce soit alors que la diplomatie de Bruxelles est paralysée par les intérêts divergents des 28 diplomaties nationales et vice-versa, sans parler de l’article 42 du TUE qui soumet l’ensemble aux intérêts américains ?
            La particularité de l’UE est précisément de ne plus rien pouvoir décider !

            Les conditions de la réalisation de se projet n’existent pas et ne pourront jamais exister.
            La réalisation de se projet nécessiterait la fin de l’UE et dans ce cas, chaque nation fera ce qu’elle voudra en fonction de ses intérêts propres et il n’est pas écrit que toutes aient envie de coopérer à un même projet, celui-là ou un autre et toutes en même temps…

            Un pays libre, c’est un pays à qui l’on ne peut dire “nous DEVONS réaliser l’objectif du président Poutine”…


          • Durand Le 08 avril 2016 à 21h09
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            C’est pour cette raison que j’ai qualifié ce projet de chimère, dans l’état actuel des choses mais également pour ce qu’elles seront Quand l’UE disparaîtra.

            On dirait qu’il y a tellement longtemps que la France n’est plus un pays libre que l’on ne parvient plus à imaginer qu’elle puisse l’être, ni qu’elles en seraient les conséquences…
            Une des premières conséquences serait que nos diplomates pourraient enfin montrer leur savoir-faire après une longue période de chômage technique…

            De même, il semble presque impossible d’imaginer une Europe qui ne soit QUE géographique, d’où cette frénésie générale à vouloir absolument un autre grand projet politique européen pour remplacer celui-ci…
            L’UE, ça ne vous a pas suffi pour comprendre qu’il est impossible de s’entendre sur tout avec tous ?!!!

            La coopération suppose des petits pas prudents et du temps pour voir ce qu’elle produit… On est très loin des grands projets continentaux…


  5. Homère d'Allore Le 08 avril 2016 à 08h48
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    Glaziev écrit que la Grande-Bretagne a provoqué la Première Guerre mondiale pour garder son hégémonie.

    C’est historiquement très discutable.

    Deux théories s’affrontent, l’une donnant la responsabilité quasi complète à l’Etat -Major allemand (Fromkin), l’autre à un enchaînement de réactions entre les protagonistes (Clark).
    Mais aucune des deux écoles historiques ne pointe le Royaume-Uni comme l’instigateur du conflit, étant même le dernier à rentrer en lice en raison de la violation de la neutralité belge.

    Cette inexactitude (voulue de la part d’une personne renseignée telle que Glaziev) va desservir le propos, pourtant intéressant de l’auteur. Il se présente ainsi comme un anti anglo-saxon primaire voulant faire endosser tous les malheurs du monde à Londres et Washington.

    Il y en a suffisamment dont la cause se trouve bien là sans avoir besoin d’en rajouter.


    • bozi lamouche Le 08 avril 2016 à 10h07
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      les causes !es vraies causes ETC…j’ai lu tant de vraies causes sur la première ( et même seconde )
      guerre mondiale….le charbon, les banquiers de wall street, vu d’excellent reportage ( les moissons de fer) etc….ce serait intéressant un jour d’avoir un dossier qui traiterait de l’éventuelle vraie de vraie raison….


      • triari Le 08 avril 2016 à 16h51
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        Un conflit d’une telle ampleur ne peut pas éclater juste pour une seule et unique raison, il faut que beaucoup de monde la veuille, la guerre, pour qu’elle éclate…et tout le monde n’a pas forcément les mêmes besoins et les mêmes objectifs.


    • Michel Le 08 avril 2016 à 11h13
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      Est-ce vraiment une inexactitude?
      De tous temps a tous endroits les intérêts cachés ont déclenchés des conflits.
      Est il sot de concevoir que le royaume uni était en pleine deconfiture et voulait déstabiliser ses principaux cocurent?


    • Furax Le 08 avril 2016 à 11h55
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      En l’espèce, si la Grande-Bretagne était restée neutre, d’une part sa crédibilité internationale aurait été reuinée parce qu’elle n’aurait pas honoré ses alliances ni sa garantie de la neutralité de la Belgique. D’autre part, l’Allemagne aurait vraisemblablement gagné la guerre. Or depuis quelques siècles déjà, l’axe cardinal de la politique étrangère britannique, c’était : pas de puissance hégémonique sur le continent et équilibre européen.


      • toto Le 08 avril 2016 à 12h20
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        Chronologiquement, la mobilisation russe était déjà engagée quand la GB a pris sa décision… puisqu’elle a eu lieu après l’entrée des troupes all. en Belgique, laquelle a eu lieu après la mobilisation all, qui a eu lieu après celle des russes…


      • Perekop Le 08 avril 2016 à 13h23
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        Bien cher Olivier, votre supposition sur la Russie est, pardonnez-moi, tout à fait insensée. JAMAIS la Russie n’aurait déclaré la moindre guerre si elle avait pu l’éviter. Le tsar Nicolas II, pacifiste convaincu et profondément croyant, n’a pris la décision d’entrer en guerre que pour honorer la parole donnée à ses alliés serbes et français. Sans doute l’un des derniers dirigeants de son époque à avoir encore ce genre de scrupule. Hélas pour la Russie, qui avait le vent en poupe sur le plan agricole et industriel (cf les célèbres statistiques de 1913), mais était très mal préparée à une guerre, ce dont le tsar était parfaitement conscient.
        Il est d’ailleurs établi qu’il a tout tenté jusqu’à la dernière minute pour sauver la paix, en intervenant avec insistance auprès de son cousin le Kaiser.


      • Perekop Le 08 avril 2016 à 13h27
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        (Je continue, rappelée à l’ordre sur le nombre de caractères !)
        A rappeler aussi ce fait totalement oublié : en 1898, Nicolas II lança un appel universel au désarmement et à la paix mondiale. La Grande-Bretagne et l’Allemagne ricanèrent, voulant bien qu’on parle de paix, mais s’opposant totalement à toute idée de désarmement. En 1899, c’est encore Nicolas II qui prit l’initiative de la conférence internationale de La Haye et promut la création de la Cour permanente d’arbitrage, aujourd’hui Cour internationale de Justice (CIJ).
        C’est-y pas beau et moderne, tout ça ? Et dire que c’est ce pacifiste que les révolutionnaires ont réussi à faire passer pour un “buveur de sang du peuple”… Mais ce n’est pas le sujet, je sais.


        • Renaud 2 Le 08 avril 2016 à 15h55
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          Ce n’est pas hors sujet (on peut faire le parallèle entre Nicolas II et Poutine, victimes d’une même haine occidentale anti-russe), vous donnez des arguments concrets par rapport à la phrase d’Olivier : “Quand on ne veut vraiment pas de la guerre, il n’y a pas la guerre en général…”. Aucun peuple ne veut la guerre. Qui voudrait risquer de se faire tuer par son voisin ? Ce sont bien entendu les élites, protégées des conséquences, et qui bénéficient des retombées financières, qui sont les instigatrices, et pour cela usent et abusent de la propagande. Pour eux, une guerre vaut bien mieux qu’une révolution. Nos ancêtres n’étaient pas plus bêtes que nous, c’est par la force et la propagande qu’on les a envoyés au front. Le témoignage de Glaziev est intéressant, il nous rappelle que l’on subit une propagande similaire à celle d’avant guerre mondiale.


        • christian gedeon Le 08 avril 2016 à 16h22
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          Si si c’est on ne peut plus le sujet… et un jour,il apparaîtra sérieusement aux yeux du monde que les bolcheviks en chef ont été dans une très large mesure des créatures de l’empire allemand,qui a continué son agression contre le peuple russe par d’autres moyens,à la grande satisfaction des puissances industrielles et financières “occidentales ” qui voyaient avec inquiétude la Sainte Russie devenir un géant industriel depuis les dernières années du XIX ième siècle…..bien sûr,les historiens le savent…mais il y a encore des tabous. Et des verrous,et des poux! Quelle arnaque!


    • Renaud 2 Le 08 avril 2016 à 12h31
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      A ce sujet, voir le récent livre de Jacques Pauwels “1914-1918 : la grande guerre des classes”. ” L’historien démontre ici que les grandes puissances mondiales voulaient depuis longtemps cette guerre pour s’approprier colonies et autres richesses et écraser les idées révolutionnaires qui gagnaient de plus en plus l’Europe.” On rejoint assez les paroles de Kiwixar : “La guerre permet de se débarrasser des gueux (au front).”


      • Homère d'Allore Le 08 avril 2016 à 14h14
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        Le livre de Pauwels est, en effet, très convainquant.

        Mais, dans le cas du Royaume-Uni, la surpopulation relative des gueux, pour reprendre aussi l’expression de Kiwixar, était déjà envoyée dans les colonies, particulièrement en Australie.

        Il n’y avait pas de nécessité à la réduire via une saignée telle que celle de la Première Guerre mondiale même si L’Etat-Major britannique ne fut pas économe de ses troupes, y compris dans les dernières heures du conflit, comme justement rappelé par Jacques Pauwels.

        Là aussi, on ne peut parler de déclenchement de la Grande Guerre pour l’intérêt du capitalisme anglais.
        Le seul capitalisme qui avait intérêt à cette guerre était l’allemand. Et comme L’Etat-Major de Moltke le jeune voulait appliquer le Plan Schlieffen avant que la Russie ne soit prête, c’est quand-même plus de ce côté qu’il faut chercher les responsabilités directes.


        • Pierre Le 08 avril 2016 à 15h02
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          Je pense qu’aucun des belligérants n’imaginait un conflit aussi long et coûteux en vies humaines.


        • alex Le 08 avril 2016 à 18h06
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          Non, quel intérêt pouvait elle avoir? C’est elle qui avait le dynamisme et l’avenir, un besoin de temps pour consolider un état assez jeune et tout à perdre avec un conflit.
          L’opinion publique était déjà importante (elle l’a toujours été), faire porter la responsabilité d’un conflit à un tiers a été le vrai enjeu des années qui précédaient le déclenchement. Le mécanisme fatal a été amorcé bien avant, traduisant en envie de faire pression, de dominer un concurrent économique redoutable qui s’ouvrait de belles perspectives continentales. Le monopole maritime était en passe d’être réduit.

          Il a raison, ce conseiller, les mécanismes sont les même, les erreurs aussi, je trouve d’ailleurs que les épisodes qui nous connaissons nous donnent un éclairage singulier sur cette époque, ils nous permettent de bien mettre en place les comportements d’alors dans la chronologie, les invraisemblances apparentes, les latences ou les silences diplomatiques. L’Autriche est tombé dans un piège destiné à l’Allemagne.

          Il fallut avant que l’Angleterre s’assure du contrôle ou de la complicité des élites françaises qui avaient bcp à perdre, peu à gagner d’un conflit direct. L’infanterie “socialiste” française au service du capital anglais. Émile Flourens ne cessait de dénoncer cette manoeuvre diplomatique anglaise bien avant le conflit.


    • Manant Le 08 avril 2016 à 17h18
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      Vous devriez peut-être remettre en question les versions officielles (écrites par les vainqueurs). L’Allemagne n’avait aucun intérêt à entrer en guerre. Elle était une puissance économique déjà présente sur tous les continents, y compris au Japon, et faisait de l’ombre à l’Angleterre. En collaboration avec la Turquie, elle projetait de lier par chemin de fer Berlin et Bagdad sur le Golfe persique, menaçant la route des Indes. Sa marine commençait également à inquiéter Londres. Glaziev se fonde sûrement sur des cahiers de correspondance entre les ambassadeurs européens à Vienne, Berlin, Londres et Moscou (cahiers gris et cahiers jaunes qui laissent apparaître beaucoup de contradictions, l’un contenant des documents que le second ne contient pas ). Ce serait trop long à expliquer.


      • Furax Le 09 avril 2016 à 07h48
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        C’est faux. L’Allemagne a pris l’initiative de déclarer la guerre. Et si elle l’a fait en 1914, outre les circonstances, c’est parce qu’elle faisait le calcul rationnel que, même si c’était risqué, il fallait tenter le coup à ce moment parce que le rapport de forced ne pouvait évoluer qu’à son détriment.

        La Russie était la grande puissance émergente. Elle connaissait une très forte croissance économique (normal vu sa population et ses gigantesques ressources naturelles) et son armée se modernisait à grande vitesse.

        Coup de maître de l’Allemagne qui a été chercher Lénine en Suisse pour le ramener achever de couler la Russie. La Russie ne s’en est jamais remise. Le bolchevisme a tué la dynamique de modernisation économique que connaissait la Russie tsariste. L’économie russe s’est enfermée dans une logique de rente des matières premières et l’Allemagne reste la 1ère puissance industrielle.


    • olivier69 Le 09 avril 2016 à 02h17
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      La France mais surtout l’Allemagne (principalement), victimes de mauvais coups à grande échelle, que cela ne m’étonnerai pas. Il suffit de voir la polémique (Apparemment, même si il faut être deux pour se battre, et comme ce qui a été fait, est fait ?) sur la première. Moi, j’y vois une troisième thèse plus ancienne……

      Géolocalisation du conflit afin de définir les domaines respectifs et de prédéfinir leur ordre nouveau. Une entité politique et territoriale se hargera de la relation (religieusement) entre blocs. Les us préfèreront sacrifier l’Allemagne (dangereuse, les toxics, puis la diète fi, trop d’excédents co). Et la Russie préférera la France à ce jeu là (puisque l’OTAN menaçante), même si…. Le long terme, c’est donc potentiellement maintenant, d’où votre…..

      Dommage collatéraux : Pas d’attaques préliminaires frontales entre US et Russie et/ou, Chine…..?. Le Japon serait inévitablement sacrifié en terme de risques à courir….


  6. toff de aix Le 08 avril 2016 à 09h12
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    Nous ne méritons vraiment pas les russes, et leur bienveillance, vu comme nous nous comportons. Enfin je dis “nous” mais je devrais parler de nos dirigeants plutôt, et ca les russes l’ont bien compris. Dieu merci.

    L’espèce humaine est au bord du précipice, mais ça fait toujours du bien de voir que quelque part, certains dirigeants compensent la stupidité d’autres en gardant leur clarté mentale, et en tenant le cap. Ça nous permettra peut-être de ne pas tous brûler dans le feu de joie atomique…


    • Pierre Le 08 avril 2016 à 15h13
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      ” Nous ne méritons vraiment pas les russes, et leur bienveillance, vu comme nous nous comportons.” Mais cher ami, les russes n’ont pas vraiment le choix. Vous pensez sérieusement qu’ils peuvent se permettre un conflit frontal avec l’OTAN ? Ils essaient de sauver leurs meubles, et également de proposer une autre voie face à l’empire gangrené et décadent qui se repaît avec rapacité des ressources du monde. Leur sagacité permet de limiter les dégâts, mais si nous, en tant que Français, voulons nous en sortir, il va nous falloir nous remuer le fondement, et pronto ! Et c’est valable pour le reste du monde.


  7. Dagobah Le 08 avril 2016 à 11h40
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    “Le problème n’est pas la désobéissance civile, le problème est l’obéissance civile”.

    Howard Zinn


  8. triari Le 08 avril 2016 à 11h46
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    (Mais la vie va les forcer à revenir à la réalité)

    Présage lourd de sens : la paupérisation va encourager le retour des “extrémistes” (Hé ! C’est le nom que donnent les pro-UE aux eurosceptiques)…le problème c’est que parfois, dans le lot, vous avez de vrais extrémistes (même tels que nous l’entendons, nous) : c’est ça le “bienfait” de l’amalgame journalistique qui consiste à mettre dans le même panier tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux …


  9. Furax Le 08 avril 2016 à 11h52
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    D’accord avec Homère. C’est dommage que cet article intéressant comporte quelques grossiers mensonges historiques au service d’une propagande caricaturale. On peut reprocher beaucoup de choses à la Grande-Bretagne :
    – nous français, avec la guerre 2ème guerre de cent ans, de 1688 à 1815, le sabotage de la position internationale de la France dans l’entre deux-guerres et l’entente avec les nazis sur le dos de la France jusqu’à Munich, voire jusqu’à ce que Churchill remplace cette pourriture de Chamberlain),
    – les russes avec la guerre de Crimée et le grand jeu visant à encercler la Russie, puis la politique des appeasers visant à s’entendre avec l’Allemagne nazie pour la lancer dans une croisade antisoviétique.

    Mais le déclenchement de la 1ère guerre mondiale n’est pas de l’initiative de la Grande-Bretagne.

    Sur le fond, c’est en effet une question de pouvoir plus que d’économie. Les impérialistes et néocons américains estiment de l’intérêt vital de leur pays de maintenir l’Europe sous leur dépendance. Et pour cela, il faut que l’Europe soit menacée par un voisin puissant. C’est pour cela qu’ils ont saboté toutes les opportunités d’intégration de la Russie dans le système européen après la chute de l’URSS. Je me souviens alors d’un débat entre Séguin et Minc. Séguin était pour l’intégration de la Russie, Minc contre.


    • Scytales Le 08 avril 2016 à 13h24
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      “C’est dommage que cet article intéressant comporte quelques grossiers mensonges historiques au service d’une propagande caricaturale.”

      Il ne s’agit pas forcément de mensonges, mais d’opinions. Ce n’est pas parce que quelqu’un ne pense pas comme vous qu’il ment.

      PS : je suis de l’opinion que la 1er guerre mondiale n’a pas été provoquée par la Grande-Bretagne.


    • Furax Le 08 avril 2016 à 18h41
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      En l’occurrence, soyons précis : les gens appellent “opinion” ce qu’ils pensent. Sauf que l’important n’est pas ce qu’ils pensent mais si c’est vrai ou faux. Il y a des gens dont l’opinion est toujours que le monde a été créé il y a un peu moins de 6000 ans ou que la terre est plate. Une ignorance ne vaut pas un savoir, quand bien même l’ignorant est sincère.

      Et par ailleurs, je ne pense pas que, vu son CV, M Glazev soit à ce point ignorant. C’est donc un mensonge propagandiste. On peut être très critique des USA et des manoeuvres des néocons sans pour autant gober les mensonges et manipulations que certains représentants russes profèrent eux aussi, même si c’est beaucoup moins fréquent que les mensonges de ‘l’empire du bien”.


  10. JacquesJacques Le 08 avril 2016 à 13h08
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    Nous échangeons sur le thème d’une possible guerre… Les dirigeants américains veulent maintenir leur emprise commerciale et militaire avant tout pour protéger leur mainmise financière en extrême difficulté : ils ont provoqué un guêpier de tensions qui est un pseudo piège : ils intimident, désinforment et veulent faire durer le plus longtemps possible leur pression sur l’Europe qui se défait, ils n’iront pas au conflit si quelques dirigeants européens décident réellement de la défaire…. Nul doute qu’il y aura un moment très critique…. et la question de fond est : auront-nous de vrais chefs d’Etats à la barre dans ces moments qui prendront en compte leurs opinions publiques ?


  11. Pierre Le 08 avril 2016 à 17h22
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    Glaziev – le Kremlin- essaye de trouver des partenaires européens pour changer l’orientation de l’UE : donc il insiste sur le “suivisme” pro-américain d ‘ ” Euromaïdan”, et il atténue la pleine responsabilité de l’UE depuis ses 3 dernières années dans la tension avec la Russie. D’accord avec kiwixar sur le problème de fond : l’énergie. Quant au réarmement européen, je ne souhaite qu’une chose : que l’Armée slovaque reçoive le meilleur équipement possible (y compris des Français) pour assurer son indépendance, quitter l’OTAN et s’allie s’il le faut avec la Russie pour “tuer dans l’oeuf” toute tentative d’agression “occidentaliste – otanienne” contre l’Est slave et l’Eurasie. En cela, je crois que de Gaulle sera fort content de cet héritage tchécoslovaque !?!!


    • Pierres Le 08 avril 2016 à 17h40
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      Nous signons avec le même nom, ce qui peut prêter à confusion. N’estimant pas avoir un droit prépondérant, je signerai désormais Pierres.


      • Pierre Le 08 avril 2016 à 18h25
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        Si vous le souhaitez je peux signer en slovaque : Piotr désormais


        • Pierres Le 08 avril 2016 à 20h21
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          Il semblerait que nous ayons également un pierre (sans majuscule) qui écrivait d’un pays de l’est également (à moins que c’était également vous ? Mais je ne crois pas). Mais comme il n’est pas très disert sur ce blog, ça ne devrait pas être gênant. En ce qui me concerne, je vais rajouter une petite photo de n’importe quoi, cela résoudra le problème 🙂


  12. Louis Robert Le 08 avril 2016 à 18h19
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    “La classe politique européenne”? — Depuis longtemps dévorée et engloutie par le Minotaure impérial jusqu’au dernier Européen.

    Attendez seulement d’en voir la confirmation dans le PTCI/TTIP/TAFTA, un de ces jours… quand il sera trop tard.


  13. anne jordan Le 08 avril 2016 à 19h50
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    A propos de l’ex ” Empire soviétique ” voici qulques photos impressionnantes de la Lituanie , à la frontière biélorusse :

    http://www.slate.fr/grand-format/photo-jasper-bastian-lituanie-festival-circulations

    faites vous librement une opinion !


  14. lon Le 08 avril 2016 à 21h33
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    La classe politique européenne ?……veuillez laisser un message après le bip


  15. Tartempion Le 09 avril 2016 à 11h51
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    [Re: les gueux au front, etc.] A mon humble avis, faut pas trop espérer des échelons supérieurs des armées, comme l’indique le commentaire évoqué dans cet article intitulé “L’armée britannique “pourrait déclencher une mutinerie sous Corbyn’, dit un général de haut rang en activité”.
    http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/british-army-could-stage-mutiny-under-corbyn-says-senior-serving-general-10509742.html

    Bizarrement, aucun tapage médiatique autour de cette déclaration effarante. Que n’entendrait-on pas si des propos pareils étaient tenus, disons, au Nicaragua ou… en Russie!

    Quant à la France, sait-on combien d’officiers généraux (ou d’ailleurs de commandants de SNLE) sont passés par des programmes de conditionnement, pardon, de formation style Young Leaders?


  16. Krystyna Hawrot Le 09 avril 2016 à 21h49
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    Je suis encore plus pessimiste sur l’avenir de l’Europe après la lecture du texte de Glaziev comme après la lecture de nos commentaires… Glaviez n’est pas sans ignorer que la démission des élites européennes n’est pas qu’une affaires médiatique – les élites SONT l’oligarchie financiarisée dont le maintient au pouvoir dépend de la fuite en avant guerrière… Dans le cas de l’Europe de l’Est, c’est encore pire – les pseudos élites ne sont que des mafias fabriquées il y a 25 ans par les fondations américaines par la corruption des élites post communistes et post dissidentes. Ces gens n’ont absolument aucune légitimité – ils ne se maintiennent que par des élections fraudées (voir les protestations en Roumanie et Bulgarie et Pologne il y a quelques années), par l’achat des signatures pour les listes et par 20% du corps électoral votant. Et bien sur par la peur des populations de perdre ce qui lui reste, l’appartement et le boulot quand ils en ont… Selon les analyses du Mouvement de la Justice Sociale en Pologne, 70% des Polonais ne possèdent aucune économie en banque et 60% ne part jamais en vacances…
    http://rss.org.pl/wp-content/uploads/2014/01/ksiazka-5.indd_.pdf


  17. Krystyna Hawrot Le 09 avril 2016 à 22h02
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    Sur les raisons de la première guerre mondiale, je conseille de relire un petit livre qui l’explique très bien “l’impérialisme, stade suprême du capitalisme” de Lénine. Je l’ai relu récemment et cela fait froid dans le dos – Lénine explique très bien que c’est l’ultrafinanciarisation de l’économie capitaliste qui mène au nécessaire partage du monde, à la concurrence impérialiste et donc à la guerre. Ecrit en 1913. Un ouvrage bourré de statistique sur l’économie du monde… et dont on a un peu gommé la partie traitant de la financiarisation. Sur la Russie, il démontre que l’économie russe était vraiment encore beaucoup émergeante puisque les 3/4 des investissements étaient aux mains de l’oligarchie occidentales, française et anglaise notamment.


    • christian gedeon Le 11 avril 2016 à 12h03
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      Si c’est Lénine qui l’a dit…ou devrais dire Von Lenin…agent impérial de la destruction de la Russie,comme ses comparses? Tous reçus et protégés par le Kaiser pendant la première guerre mondiale? Ah…faut pas le dire…ben,c’est couillon,j’le dis quand même! Quand je pense qu’il y en a encore pour citer Lénine…. un peu comme si on citait….! Vive la Sainte Russie!


  18. christian gedeon Le 11 avril 2016 à 11h58
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    M. Glaziev est tous comptes faits assez gentil…parce qu’il met l’abandon du sentiment national sur le dos de la seule classe politique..(ce qui n’est pas tout à fait vrai d’ailleurs,en France,Chevènement,Seguin,De Villiers etc..)et M. Glaziev n’est pas assez méchant pour dire que cet abandon est aussi ,oh combien,celui du “peuple “…le mot nation revient un peu “à la mode en ce moment ” . mais faut il rappeler aux bons esprits à quel point il a été honni,y compris dans les urnes, depuis quarante ans? Hoho,les gens ont la mémoire courte,semble-t-il…combien de neo anti européens étaient encore il y a cinq ou six ans en train d’ânonner la doxa européiste,hein? L’hypocrisie atteint des sommets inégalés depuis quelque temps…


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