Intéressant article d’Acrimed de 2008…

La récente « affaire Philippe Val et consorts », dont Siné a été la cible1 « Quand Philippe Val, Charlie Hebdo et BHL maltraitent la liberté d’expression… Acrimed soutient Siné ». , est la conséquence, voire la conclusion, de seize années d’involution, d’un hebdomadaire, Charlie Hebdo2 Sur cette histoire, lire aussi la tribune de Stéphane Mazurier publiée sur le publiée sur le site de Télérama, le 24 juillet 2008, sous le titre “L’honneur perdu de Charlie Hebdo . Du hold-up sur un titre par Philippe Val au détournement de son orientation éditoriale avec le concours des plus jeunes : retour sur la normalisation de Charlie Hebdo.

Eté 1992. Charlie Hebdo, journal « mythique » des années 70, mort en décembre 1981 et enterré le 2 janvier 1982, chez Michel Polac sur TF1, renaît de ses cendres. A l’essentiel de l’équipe des anciens (Cavanna, Cabu, Gébé, Willem, Wolinski, Delfeil de Ton et Siné), s’ajoutent des nouveaux (Charb, Luz, Riss, Honoré, Bernar, Tignous, Plantu, Olivier Cyran, Oncle Bernard, etc.), des artistes du music-hall (Renaud et Patrick Font), et le chansonnier et ex-rédacteur en chef de La Grosse Bertha : Philippe Val. Le programme s’annonce alléchant. Un absent de marque toutefois : Georges Bernier, alias le Professeur Choron. Un signe.

Eté 2008. Le journal « mythique » des années 70 n’est plus que la pâle copie de ce qu’il était seize années plus tôt. Figure emblématique de l’hebdo, le dessinateur Gébé est mort, ainsi que Bernar et Pasquini. Des journalistes de talent ont pris la porte : au revoir Olivier Cyran, au revoir François Camé et Anne Kerloc’h, au revoir Michel Boujut, au revoir Mona Chollet… Un dessin de Lefred Thouron sur Patrick Font (en procès pour pédophilie) ne passe pas : Lefred quitte le navire (le dessin sera publié après son départ, avec un mot de Philippe Val). Renaud, un des principaux actionnaires, abandonne aussi l’hebdo. Patrick Font, condamné à une peine de prison, disparaît rapidement des photos de son ex-comparse, Philippe Val. Wolinski dessine pour Paris Match, Le Journal du Dimanche et les publicités St Yorre, Cabu donne ses meilleures caricatures au concurrent d’en face, le Canard Enchaîné et les jeunes (Jul, Charb, Tignous, etc.) font la queue pour griffonner pour la télévision, dans des émissions de bas de gamme.

Engraissée par les euros et les repas mondains, notabilisée par les soirées chez Ardisson et les cocktails avec BHL, glorifiée avec le procès des caricatures et la montée des marches à Cannes, l’équipe de Charlie Hebdo décide, à la quasi-unanimité, de renvoyer Siné pour propos prétendument antisémites3 Seuls Tignous et Willem ont signé la pétition de soutien à Siné. Michel Polac et Cavanna semblent également avoir été réticents à l’exclusion de Siné, mais se sont soumis, sans mettre leur démission dans la balance. .

On ne rigole plus à Charlie Hebdo. Avec son impertinence, l’équipe restante a aussi gommé de sa mémoire ses éclats de rire d’autrefois et les nôtres par la même occasion… Ainsi de cette brève parue dans son numéro 1, le 1er juillet 1992 : « Les premières mesures de la gauche au pouvoir en Israël : pour pallier la pénurie de calamars, le gouvernement lance une grande campagne de récupération des prépuces. » Une brève qui, selon le rédacteur en chef adjoint, Charb, avec lequel nous nous sommes entretenus par téléphone, « ne passerait plus aujourd’hui »4 L’entretien avec Charb a eu lieu le 22 août 2008. .

Pourquoi, et comment, un hebdomadaire satirique, mariant humour acide et critique sociétale, a-t-il subi une telle dérive ?

I. Le ver était déjà dans le fruit

Le processus de normalisation avait déjà commencé au sein de la Grosse Bertha, avant même la renaissance du titre Charlie Hebdo.

Les dessous de La Grosse

Hebdomadaire satirique et « bordélique », La Grosse Bertha est née au début de la guerre du Golfe, en janvier 1991. Quelques mois après le lancement, Philippe Val, tout droit venu de la scène, emprunte l’habit de rédacteur en chef. Et les querelles ne se font pas attendre :« On était partis avec “Un éclat de rire par page” et on se retrouvait sermonnés au nom du précepte : “Il faut des indignations.” »5 « Les dessous coquins de La Grosse », La Grosse Bertha, 29 août 1992, trouvé sur presselibre.net (mais le lien n’est plus accessible – août 2010) et reproduit sur le site Le Blog de Philippe V., éditorialiste martyr» Certains rédacteurs sont mis sur la touche. Et l’autoritarisme de Val en irrite (déjà) plus d’un. « Un jour, Godefroy [Jean-Cyrille Godefroy était le directeur de la publication] eut la surprise d’entendre de la bouche du rédacteur en chef : “Je te préviens, au prochain conflit entre nous, je te vire.” Un rédac’ chef virant le propriétaire du journal6 D’après Philippe Val, le titre a été trouvé par Gébé, mais a été déposé par Godefroy. , c’eût été une grande date de l’histoire de la presse. Du coup, Godefroy demanda à Philippe Val de rentrer dans le rang, pour que le journal retrouve son ambiance déconnante, sa joyeuse anarchie, l’excitation des bouclages où tout te monde dit son mot sur la couverture. » Val reste inflexible :« Refus outré. À notre grand désarroi, nous vîmes alors le doux Cabu faire bloc avec Val, ce génie méconnu, accusant Godefroy et quelques autres d’entraîner le journal “à droite”. Une accusation dont les lecteurs peuvent vérifier après coup la stupidité… Sidérés, ne comprenant pas grand-chose au conflit dont ils étaient pour la plupart éloignés, beaucoup de copains de la rédaction virent Cabu claquer la porte et appeler les masses à le suivre, avec un mauvais rictus qu’on ne lui connaissait pas. Quelques jours plus tard, l’opinion étonnée vit sortir du caveau le défunt Charlie Hebdo, un titre d’ailleurs piqué sans vergogne à son propriétaire, le professeur Choron. »7 Ibid.

La suite, on la connaît. Philippe Val, Cabu et les anciens, et avec le renfort de quelques jeunes talents, lancent Charlie Hebdo, deuxième époque. « Pour faire quel journal ? », s’interroge Val. « Eh bien nous avons fait un sondage représentatif de mille cons, pour solliciter leur avis, et on a fait le contraire.8 Charlie Hebdo, 1er juillet 1992. » Le contraire, vraiment ?

Quinze ans plus tard, Charb ne semble pas en être convaincu. Devant ses potes, lors du festival de Groland en septembre 2007, il affiche son désaccord : « Le truc qui est dur pour les gens de Charliec’est que Val est tellement atypique dans Charlie Hebdo… c’est lui le directeur et c’est lui qui ressemble le moins au journal quasiment (…)9 Merci au correspondant qui nous a signalé l’omission de cet adverbe qui, lisible sur la vidéo) nuance le sens de la phrase (Acrimed, 17 août 2009). Si j’étais directeur d’un journal et si j’avais les moyens de faire un journal, il n’y aurait pas Val dans le journal. En tout cas, ce qu’il exprime dans le journal, ça n’existerait pas . »10 « Charlie Hebdo se fait Hara-Kiri », montage de Pierre Carles, disponible en ligne sur le site du Plan B, 2008.

 

Extrait de « Charlie Hebdo se fait Hara-Kiri », montage de Pierre Carles, à voir sur le site Plan B.

Il affiche son désaccord… Mais il reste rue Turbigo. Contacté par Acrimed, il s’explique : « Dire que Charlie Hebdo est le journal parfait dans lequel je rêve de travailler est évidemment faux (…). Mais j’ai moins de liberté dans des journaux qui me sont plus proches politiquement que dans un journal dirigé par Val. » Nous voilà rassurés.

Les coulisses de Charlie

A peine paru en 1992, le journal écope d’un procès. Delfeil de Ton, aujourd’hui chroniqueur au Nouvel Observateur, membre de l’équipe du premier Charlie Hebdo, présent lors de la création du deuxième, fait état de souvenirs que nous ne pouvons pas vérifier, mais qui témoignent de l’opacité du contexte : « Bernier (alias Professeur Choron) proteste mais, en fait, il n’avait pas la propriété, le titre n’ayant jamais été déposé. Procès. Nous témoignons tous, sur le conseil de l’avocat Richard Malka, que Cavanna a inventé le titre. En réalité, bien malin celui qui pourrait dire qui l’a inventé. Tout le monde a tout de suite pensé à faire un « Charlie- Hebdo », en 70, quand « l’Hebdo hara-kiri » a été interdit 11 En réalité le journal a été interdit d’affichage. , puisque outre le mensuel « Hara-Kiri » on avait un autre mensuel qui s’appelait « Charlie », que j’avais d’ailleurs fondé. » (Le Nouvel Observateur, 14 août 2008) « L’astuce de Malka, poursuit Delfeil de Ton, c’était que, comme il n’y avait pas de propriété commerciale établie, il fallait jouer le droit d’auteur. Donc, tous ensemble, lettres au tribunal, comme un seul homme et tous fabulateurs : « C’est Cavanna qui a inventé le titre. » Voilà Cavanna proclamé auteur du titre par le tribunal. Conséquemment, il se retrouve également propriétaire de la valeur patrimoniale de « Charlie-Hebdo », de la marque « Charlie-Hebdo » comme disent les économistes. »

Et la conception de Charlie Hebdo nécessite un capital. Au début de 2 000 francs, « il est aujourd’hui de 240 euros, précise Le Monde12 “30 juillet 2008.” , chacune des 1 500 parts valant symboliquement 16 centimes. » Les actionnaires de départ sont Gébé, Val, Cabu, Bernard Maris et Renaud. Le départ de Renaud et la mort de Gébé ont réorganisé la répartition : 600 parts pour Val, 600 pour Cabu, 200 pour Maris et 100 pour Eric Portheault, le comptable. La situation est telle, qu’en 2006, « les Editions Rotative, éditrices de Charlie Hebdo, ont enregistré un résultat bénéficiaire de 968 501 euros. (…) [Et] 85% de cette somme ont été redistribués en dividendes. »13 “Ibid.” Ainsi, Val et Cabu ont chacun perçu 330 000 euros en 2006. Une broutille.

Comment en est-on arrivé là ? Delfeil de Ton replonge dans ses souvenirs14 “Le Nouvel Observateur, article cité.” : « Un jour, Cavanna, Val et moi, on se retrouve chez Malka. Pour Cavanna et moi, il était notre avocat à tous. En fait, il était l’avocat de Cabu et Val. Nous lui demandons de préparer des statuts à la manière de ce que nous pensions être ceux du Canard enchaîné : les sept (dont Cabu) fondateurs encore vivants de Hara-Kiri hebdo (notre premier titre), puis de Charlie Hebdo, plus Val, seraient propriétaires temporaires à parts égales. Chaque part reviendrait à un collaborateur du journal choisi par les survivants après chaque décès. (…) Les semaines succèdent aux semaines et rien ne vient. Je fais irruption chez Malka. Je lui demande où il en est de ces statuts pour une société. Il me sort un brouillon de charte. J’ai compris qu’on se foutait de nous. »15 Cette version des faits est contestée par Cabu et Val dans un long droit de réponse (publié, lui, à la différence de certains qui sont adressés à Charlie Hebdo) paru dans Le Nouvel Observateur du 4 septembre. Le texte de Val (et Cabu) est contestable sur plusieurs points sur lesquels nous ne reviendrons pas non plus. D’ailleurs, Delfeil de Ton maintient l’essentiel de sa version. Le ver était déjà dans le fruit. Et l’hégémonie du chef ne s’affaiblissait pas… « Comme, déjà, l’autoritarisme de Val m’était insupportable, sa morgue, sa prétention, à quoi s’ajoutait l’ennui qui régnait dans la salle de rédaction, j’ai foutu le camp sans phrase, après cinq mois de collaboration, me contentant un dimanche de bouclage de ne pas envoyer mon article. Le mardi je recevais par la poste, sans un mot d’accompagnement, un « pour solde de tous comptes ». C’était en mars 1993. »

Charlie Hebdo, hebdomadaire décalé, bête et méchant ? Non.Charlie Hebdo, parodie de satire, et réelle entreprise capitaliste.

II. Et le fruit a pourri le panier

Adaptations à l’air du temps et normalisation interne produisent leurs effets : Charlie se transforme en hebdomadaire recentré, consensuel, convenable, déontologique, respectable.

  • Recentré. Dans le Charlie Hebdo du 21 mai 1997, avant les élections législatives, un sondage interne au journal dévoilait : « A “Charlie“, 9 votent Vert, 7 PC, 4 s’abstiennent, 1 LO, 1 LCR et … 2 PS », et un personnage dessiné par Charb s’inquiétait déjà : « 2 PS ? Merde… Je pensais pas que la droite avait infiltré “Charlie“. »16 Cité par Le Plan B, juin 2007. Une inquiétude ironique largement confirmée depuis, puisqu’une brève du 18 avril 2007 signale que « sur 38 collaborateurs de Charlie Hebdo : 18 votent Royal, 9 votent Voynet, 3 votent Buffet, 3 votent Besancenot, 3 votent Bayrou, 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21 collaborateurs qui votent à « droite » et 16 à gauche. Charlie Hebdo, de droite ? Oui, si l’on en croit Philippe Val lui-même, puisque ce dernier, en juin 1998 écrivait que « la vraie droite aujourd’hui, c’est le PS. » Neuf ans plus tard, le 9 février 2007, il lâche chez Pascale Clark sur Canal+ (« en aparté ») : « Je voterai pour le candidat de gauche le mieux placé. » Le mieux placé ? Comprendre Ségolène Royal.
  • Consensuel. Sur les principales questions internationales,Charlie hebdo reproduit peu à peu les positions dominantes. Ainsi sur le Kosovo. Alors que dans les années 70, Cabu s’insurgeait« contre toutes les guerres » et collectionnait les procès intentés par l’armée, en 1999, il soutient, avec toute l’équipe de Charlie Hebdo, exception faite de Siné et Charb, l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans le n°361 de Charlie Hebdo (19 mai 1999), en lieu et place de la chronique de Charb, un texte de Riss (qui n’écrit pas d’ordinaire) reproche même aux pacifistes d’être des collabos ! De même sur le traité constitutionnel européen : si d’autres voix que celle de Philippe Val se font entendre, c’est lui qui conduit une campagne véhémente et caricaturale contre les partisans du « non » au référendum.
  • Convenable. La normalisation du journal s’accompagne donc d’une réorientation de la ligne éditoriale. Celle-ci prend pour cibles prioritaires l’islamisme et le mouvement de contestation de la mondialisation libérale, généreusement amalgamés. Cette dérive a été renforcée avec l’arrivée en force de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, toutes deux en lutte contre « l’islamo-gauchisme ». Des positions qui plaisent. Ajoutez à cela, le procès des caricatures de Mahomet, et pour tout soutien celui, sans risques, à des causes très populaires – Ingrid Betancourt, Florence Aubenas, Ayaan Hirsi Ali… Et vous ne tarderez pas à voir rappliquer les mondains, Bernard-Henri Lévy en tête. BHL adore les livres de Caroline et de Philippe, et c’est réciproque. Il est loin le temps où le philosophe des beaux quartiers, « l’Aimé Jacquet de la pensée », selon Val, était hebdomadairement croqué par Luz et raillé par Val.« Prononcer le nom de nos têtes pensantes – BHL, PPDA, Finkielkraut, Luc Ferry, Johnny Hallyday, Comte Sponville, Alain Minc… – dans un amphi d’université, écrivait alors le patron deCharlie Hebdo, aujourd’hui, provoque à tous les coups une hilarité libératrice. (…) Le film de BHL avec Alain Delon, promu par tous les médias, a fait un bide. Le livre de Bourdieu sur la domination masculine, promu par personne, fait un triomphe. Si ça ne vous rend pas joyeux au point d’éclater de rire, c’est que vous avez vraiment mauvais caractère. » (« Les BHL se rebiffent », Charlie Hebdo, 23 septembre 1998) Charlie Hebdo est devenu convenable.Libres aux journalistes de Charlie Hebdo et aux lecteurs d’approuver sans haut-le-cœur cette nouvelle « offre politique » et cette entrée par la petite porte dans la cour des « grands ». Mais force est de constater qu’il s’agit d’un détournement d’héritage qui n’a pas été sans conséquences.Ce glissement politique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la subversion vers l’orthodoxie, s’est fait progressivement, mais sûrement. On voit ainsi disparaître, dans le silence quasi-général, des signatures talentueuses (Cyran, Camé, Boujut,…) au profit de plumes conventionnelles et/ou médiatiquement plus « reluisantes » : le dessinateur Joan Sfar, l’ex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le sociologue médiatique Philippe Corcuff (lui même acculé à démissionner17 Mais qui prend soin de préciser : « Mon départ ne change rien à ma solidarité avec la rédaction en général et avec Philippe Val en particulier face aux insultes répétées et aux informations erronées [lesquelles ?] diffusées par PLPL » et qui, conformément à ce type d’engagement, s’est courageusement abstenu de défendre Siné, préférant travailler « du côté des tonnelles ombragées de notre mélancolie politique ». Lire sur son blog : « Périls sur l’antiracisme en France : du Proche Orient à “l’affaire Sinéé” » (pour les plus pressés, et les moins courageux, se rendre directement au post scriptum). , Renaud Dély venant deLibération, Philippe Lançon du même, Anne Jouan du Figaro, etc.
  • Respectable. Cette normalisation contribue à une notabilisation du journal que Philippe Val justifie comme un choix majeur en 2005 : « J’ai de la chance, explique le patron de Charlie Hebdo, car j’ai en quelque sorte “hérité” d’un titre légendaire que j’exploite. […]Son image est assez complexe et pas toujours porteuse. Son existence est légitime, mais son contenu pas toujours. C’est le paradoxe. […] » (Entretien accordé au magazine TOC en février 2005). Parmi les options destinées à dénouer ce paradoxe, celle-ci : « légitimer le titre aux yeux des gens qui constituent le milieu de l’information et avec qui j’entretiens des rapports cordiaux. » [C’est nous qui soulignons] Pour entretenir les « rapports cordiaux » avec les « gens » qui permettent de légitimer le titre, non seulement il faut émousser voire taire toute critique, mais surenchérir dans la dénonciation de la critique des médias. A quoi Philippe Val s’emploie dans ce même entretien, comme on peut le lire ici même sous le titre « Philippe Val, critique, stratège et … psychiatre », et dans l’ensemble de son œuvre18 Lire sur Acrimed : Philippe Val : « la critique radicale des médias alliée du grand capital »Philippe Val recycle son éditorial purificateur sur France InterPhilippe Val, épurateur chroniqueDroit de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de pressePhilippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias .Telle est la dure loi du « milieu de l’information » : les arrivistes doivent payer au prix fort leur arrivée.
  • Déontologique. Au prix fort… En effet l’évolution conjointe des positions politiques et du positionnement médiatique n’a pas été sans effet sur les pratiques journalistiques de l’hebdomadaire, et, au premier chef, de Philippe Val lui même : calomnies et mensonges (notamment sur Noam Chomsky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social européen), diffamations de membres de l’Observatoire français des médias, refus des droits de réponse, que nous avons plusieurs fois relevés ici-même19 Echantillon : « Philippe Val, propagateur de calomnies et docteur ès déontologies » suivi de « Philippe Val sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre Chomsky »« Elle court, elle court la rumeur », suivi de « Charlie Hebdo court après les rumeurs qu’il répand »
  • Pacifié. De telles pratiques journalistiques, la normalisation du journal et les prises de position de Val, auraient pu, auraient dû, susciter réaction et rébellion à Charlie Hebdo, et l’exclusion de Siné aurait peut-être permis à ceux qui pensaient tout bas, de sortir tout haut du rang. Il n’en a rien été. Même le rédacteur en chef adjoint du journal et (ex-)ami de Siné, Charb, est resté silencieux. Parce qu’il est celui qui semblait être le plus indomptable de tous, ses choix personnels, entre compromis et compromission, ont donc valeur d’exemple…

Charb a estimé, le 16 juillet 2008, que Siné avait porté – c’est un comble – « atteinte » aux « valeurs essentielles » de Charlie Hebdo. Et c’est pourtant le même Charb qui dans sa chronique « Charb n’aime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Personne n’a dit que Siné était antisémite (…) parce que ça n’a jamais été le sujet du débat. Aurait-on travaillé durant seize ans avec un antisémite ? Moi, non. » Si cela n’a jamais été le sujet du débat, alors pourquoi Philippe Val, dans son éditorial du même jour se pose la question et ressort une affaire vieille de 26 ans ? « Antisémite, Siné ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Mais au lendemain de l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, c’est lui-même qui déclarait sur la radio Carbone 14 : “Je suis antisémite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire dorénavant des croix gammées sur tous les murs… Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro palestinien. Qu’ils meurent.”20 Sur cette affaire, Siné, qui s’était excusé le plus sobrement possible, s’explique sur le site de Rue89,. » Le prétendu antisémitisme de Siné, a bien été le sujet du débat à Charlie Hebdo et le prétexte de son exclusion.

Dans la même chronique, Charb écrit : « Val aurait cessé de publier les chroniques de Siné parce qu’il critiquait la politique d’Israël dans les territoires occupés, (…) je serais parti du journal. »Cependant, dix ans auparavant, Siné a écrit une chronique sur le conflit israélo-palestinien, qui était passée à la trappe (n°319, 29 juillet 1998). Le libelliste a ensuite publié une version modifiée – plus courte et plus édulcorée – dans sa zone du 5 août 1998 (n°320). Charb n’avait pas démissionné pour autant. Compromis indispensable ?21 Son positionnement (stratégique ?) dans le renvoi de Siné, n’est-il pas dû alors au projet d’éditions qui anime l’équipe de Charlie ? La société d’éditions « Les Echappés », qui compte comme actionnaires principaux Riss, Luz, Catherine et Charb, et dans une moindre mesure Val et Cabu, aurait-elle pu voir le jour si Charb était allé au charbon et avait soutenu son « pote » Siné ? « Cela n’a rien à voir, répond-il, la maison d’éditions c’est un truc marginal par rapport à mon rôle dans Charlie Hebdo. »

De même, lorsqu’on rappelle à Charb ses positions sur les médias, celui-ci explique : « Je ne suis pas un spécialiste des médias (…). Quant au travail de Pierre Carles, l’affiche que j’ai faite pour son film [« Enfin Pris ? »], etc. Je ne renie rien et puis suivant ce que les uns et les autres sortent ou produisent … ça m’arrive de bien aimer leur boulot encore. Je n’ai pas changé de position là-dessus. Je n’ai pas l’impression que ce soit moi qui ai changé de position. C’est sûr qu’on ne me demande plus d’affiche pour Pierre Carles, mais enfin pourquoi pas ? »22 Peut-être fera-t-il celle du film « Charlie Hebdo se fait Hara Kiri », cité plus haut, dont il est le héros (involontaire) ? Pourtant, quand Val prend violemment à parti Serge Halimi en 2004, alors qu’il l’avait soutenu 7 ans plus tôt23 Voir quand Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias et le droit de réponse de Serge Halimi : Droit de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de presse. , Charb regarde ailleurs.

Avant, Charb n’aimait pas les gens, mais maintenant, il a accepté, avec la pacification très relative de Charlie Hebdo, de monter les marches du festival de Cannes en compagnie de BHL et de Joffrin, de pérorer chez Ardisson ou de dessiner pour Marc-Olivier Fogiel… et, finalement, de renvoyer Siné.

Epilogue

L’exclusion de Siné pourrait bien sonner le glas de Charlie Hebdo.

Siné s’est toujours rangé du côté des « damnés de la terre », des « insoumis » et des « dominés », et toujours contre « tous les curés » et « les connards » du monde entier. Prendre prétexte d’une phrase pour le virer de Charlie Hebdo est donc lourd de signification. Relisons-là (une dernière fois) : « [Jean Sarkozy]vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » Aurait-elle suscité tant de haine et tant de passion si Siné avait écrit : « [Jean Sarkozy] vient de déclarer vouloir se convertir à l’Islam avant d’épouser sa fiancée, musulmane, et héritière des puits de pétrole d’Arabie Saoudite. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! » ? Aurait-on vu les BHL, Adler, Bruckner, Badinter, Wiesel, Delanoë, Voynet et consorts prendre leur plume et signer dans Le Monde un texte contre Siné [1er août 2008..]] ? Non et non. Il n’était pas question de religion, mais simplement d’opportunisme. Les bien-pensants n’ont rien compris.

En 1981, Siné écrivait dans Charlie Hebdo, une phrase qui résume assez bien ses parti-pris : « J’aime le pognon mais pas les riches, j’aime la paix mais je suis prêt à tuer, (…) j’aime les juifs pas Israël, les arabes pas les émirs, les prolos pas le PC. » A près de 80 ans, celui qui avait fondé Siné Massacre pendant la guerre d’Algérie (dont la maquette inspira l’Hebdo Hara-Kiri, 7 années plus tard) et qui a créé L’Enragé en mai 68, s’apprête à sortir un nouveau journal. Son nom ? Siné Hebdo, naturellement.

Et Charlie Hebdo ? De Charlie Hebdo, il ne reste que le titre…

Post-scriptum (12 janvier 2015).

Charlie hebdo a continué, mais ce n’était plus le Charlie Hebdo des origines. Cet article, rédigé en 2008 suite au renvoi de Siné de Charlie Hebdo, reconstituait une histoire de l’hebdomadaire satirique depuis sa reparution en 1992. Depuis 2001, et surtout 2005, Charlie Hebdo, sous la direction de Philippe Val, avait connu une involution conformiste (et parfois pire) qu’il convenait de souligner. C’est ce que nous avons fait, en mettant en évidence, dans plusieurs articles, des pratiques journalistiques indignes. Après le départ de Philippe Val pour la direction de France Inter, nous avions cessé de le lire… et de le critiquer, comme l’aurait exigé la liberté d’expression dont nous avions fait preuve à son endroit. Après la tuerie, malgré la tuerie, Charlie Hebdo continue : tant mieux ! Nous ferons preuve à son égard de la même indépendance que celle qu’il revendique.

Source : Mathias Reymond, pour Acrimed,08/09/2008

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Notes   [ + ]

1. « Quand Philippe Val, Charlie Hebdo et BHL maltraitent la liberté d’expression… Acrimed soutient Siné ».
2. Sur cette histoire, lire aussi la tribune de Stéphane Mazurier publiée sur le publiée sur le site de Télérama, le 24 juillet 2008, sous le titre “L’honneur perdu de Charlie Hebdo
3. Seuls Tignous et Willem ont signé la pétition de soutien à Siné. Michel Polac et Cavanna semblent également avoir été réticents à l’exclusion de Siné, mais se sont soumis, sans mettre leur démission dans la balance.
4. L’entretien avec Charb a eu lieu le 22 août 2008.
5. « Les dessous coquins de La Grosse », La Grosse Bertha, 29 août 1992, trouvé sur presselibre.net (mais le lien n’est plus accessible – août 2010) et reproduit sur le site Le Blog de Philippe V., éditorialiste martyr»
6. D’après Philippe Val, le titre a été trouvé par Gébé, mais a été déposé par Godefroy.
7. Ibid.
8. Charlie Hebdo, 1er juillet 1992.
9. Merci au correspondant qui nous a signalé l’omission de cet adverbe qui, lisible sur la vidéo) nuance le sens de la phrase (Acrimed, 17 août 2009).
10. « Charlie Hebdo se fait Hara-Kiri », montage de Pierre Carles, disponible en ligne sur le site du Plan B, 2008.
11. En réalité le journal a été interdit d’affichage.
12. “30 juillet 2008.”
13. “Ibid.”
14. “Le Nouvel Observateur, article cité.”
15. Cette version des faits est contestée par Cabu et Val dans un long droit de réponse (publié, lui, à la différence de certains qui sont adressés à Charlie Hebdo) paru dans Le Nouvel Observateur du 4 septembre. Le texte de Val (et Cabu) est contestable sur plusieurs points sur lesquels nous ne reviendrons pas non plus. D’ailleurs, Delfeil de Ton maintient l’essentiel de sa version.
16. Cité par Le Plan B, juin 2007.
17. Mais qui prend soin de préciser : « Mon départ ne change rien à ma solidarité avec la rédaction en général et avec Philippe Val en particulier face aux insultes répétées et aux informations erronées [lesquelles ?] diffusées par PLPL » et qui, conformément à ce type d’engagement, s’est courageusement abstenu de défendre Siné, préférant travailler « du côté des tonnelles ombragées de notre mélancolie politique ». Lire sur son blog : « Périls sur l’antiracisme en France : du Proche Orient à “l’affaire Sinéé” » (pour les plus pressés, et les moins courageux, se rendre directement au post scriptum).
18. Lire sur Acrimed : Philippe Val : « la critique radicale des médias alliée du grand capital »Philippe Val recycle son éditorial purificateur sur France InterPhilippe Val, épurateur chroniqueDroit de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de pressePhilippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias
19. Echantillon : « Philippe Val, propagateur de calomnies et docteur ès déontologies » suivi de « Philippe Val sur France Inter : un récital de mensonges et de calomnies contre Chomsky »« Elle court, elle court la rumeur », suivi de « Charlie Hebdo court après les rumeurs qu’il répand »
20. Sur cette affaire, Siné, qui s’était excusé le plus sobrement possible, s’explique sur le site de Rue89,.
21. Son positionnement (stratégique ?) dans le renvoi de Siné, n’est-il pas dû alors au projet d’éditions qui anime l’équipe de Charlie ? La société d’éditions « Les Echappés », qui compte comme actionnaires principaux Riss, Luz, Catherine et Charb, et dans une moindre mesure Val et Cabu, aurait-elle pu voir le jour si Charb était allé au charbon et avait soutenu son « pote » Siné ? « Cela n’a rien à voir, répond-il, la maison d’éditions c’est un truc marginal par rapport à mon rôle dans Charlie Hebdo. »
22. Peut-être fera-t-il celle du film « Charlie Hebdo se fait Hara Kiri », cité plus haut, dont il est le héros (involontaire) ?
23. Voir quand Philippe Val se charge de l’épuration de l’Observatoire français des médias et le droit de réponse de Serge Halimi : Droit de réponse à Philippe Val, psychiatre, historien et patron de presse.

50 réponses à [Reprise] Une histoire de Charlie Hebdo, par Acrimed [2008]

Commentaires recommandés

Gaïa Le 27 janvier 2015 à 09h22

@ balt

Je pense au contraire qu’il est plus facile de rester dans le faux discours Charlie que de s’attaquer aux vrais problèmes de notre société à savoir l’inégalité, la discrimination, la marginalisation et les vieilles habitudes xénophobes inscrites dans notre culture qui ressortent avec violence quand il n’y a plus d’espoir.

  1. balt Le 27 janvier 2015 à 06h44
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    C’est probablement utile de désacraliser Charlie Hebdo vu la récupération officielle.Mais les trois posts me confirment dans ma sympathie pour Charlie et ceux qui sont disparus.Aujourd’hui il est bien plus facile de critiquer les gens de Charlie que de s’attaquer aux religions et a leurs dérives sectaires


    • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 08h17
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      Et si, avant de s’attaquer aux religions, on dénonçait le racisme et la discrimination?

      Il faut s’attaquer à l’origine du mal, pas qu’aux symptômes!


      • samuel Le 27 janvier 2015 à 21h26
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        Les racines du mal sont complexes.
        On peut faire par exemple un parallèle entre la terreur après la révolution et la terreur en Irak.
        Le point commun c’est l’universalisme radicale.
        Pendant la terreur on a écrit qu’il fallait éradiquer les vendéens (ennemis de la révolution et d’ailleurs par la suite on a éradiqué toute les langues autres que la langue de la république), aujourd’hui ce sont les mécréants (principalement Musulman).
        Est-ce que le racisme et la discrimination sont les seuls vecteurs d’un universalisme radicale?
        (bah dans l’histoire et dans le temps présent c’est assez présent, cela ne veut pas dire que ce sont des facteurs nuls)


      • balt Le 28 janvier 2015 à 11h35
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        Dénoncer le racisme et la discrimination?Mais ce sont des attitudes punies par la loi.Autant dénoncer le viol ou faire une grande manif pour avoir plus de justice dans le monde.Il suffit de faire respecter les lois,ce que ce pays ne fait plus.C’est uniquement cela qui est a la base des dérives.Les religieux doivent etre exemplaires,ils doivent etre les premiers a respecter les lois.Ceux qui ont tiré sur Charlie se croyaient au dessus des lois.Les journalistes tués se sont toujours soumis au verdict de la justice,voila la différence avec les autres(en plus d’etre plus cultivés,de s’intéresse aux arts et d’aimer la vie,exactement le contraire de ceux qui les ont tués)


        • samuel Le 28 janvier 2015 à 12h11
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          La culture n’est pas suffisante (bien des nazis l’étaient), cela ne veut pas dire qu’elle n’est pas utile.
          La loi c’est justement le problème si on met en premier une loi divine aux lois des hommes, alors on peut tuer en respectant la loi (et on a aussi pût tuer au nom de la république, car la Monarchie menaçait l’universalisme).
          Ce serait plutôt l’appropriation des lois l’élément le plus utile, par conséquent l’éducation populaire (c’est-à-dire l’éducation à la politique une fois majeur, dans le prolongement des JAC, des JOC ou du partie communiste, ce dernier ayant aussi une certaine religiosité)


    • Gaïa Le 27 janvier 2015 à 09h22
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      @ balt

      Je pense au contraire qu’il est plus facile de rester dans le faux discours Charlie que de s’attaquer aux vrais problèmes de notre société à savoir l’inégalité, la discrimination, la marginalisation et les vieilles habitudes xénophobes inscrites dans notre culture qui ressortent avec violence quand il n’y a plus d’espoir.


      • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 15h39
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        Hors-sujet…quoique

        j’espère que naissent d’autres formes de contestations que le djihadisme de daesh dans un proche futur, car la robotisation ne va cesser de toucher de plus en plus de métiers.

        Nombreux sont ceux qui croyaient les pourritures de politiciens lorsqu’ils prétendaient que les chinois ne pouvaient que bosser dans des usines, que l’innovation était l’apanage des occidentaux.

        Nombreux sont ceux qui croiront que la robotisation ne les privera pas de leurs emplois.
        Nos futures sociétés ne seront plus composées que de robot-rentiers, politicards, spin-doctors (pseudo-experts, journalistes et légistes, tous à la solde des robot-rentiers), même les chirurgiens seront, à terme, devenus des incapables et donc inutiles.
        Les mercenaires combattront le reste de la société, qualifiée de terroriste, car elle essaye de reprendre un peu de pouvoir sur sa propre vie.
        L’élite se pensera libre, alors qu’elle vivra dans des ghettos surveillés et entourés de barbelés, tout comme les élites brésiliennes de nos jours.

        Bonne chance à tous vos petit-enfants, même si je n’y crois pas.


      • balt Le 28 janvier 2015 à 15h29
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        Ok,le resserrement des écarts de salaires appaisera les gens.L’inégalité est normale,certains font plus d’efforts que d’autres,certains trichent plus que d’autres cela crée naturellement de l’inégalité.Quand a la xénophobie on la confond souvent avec le racisme:si je ne me trompe pas,la xénophobie c’est la peur des autres peuples,et vu ce qui se passe dans notre pays je la comprends.La xénophobie n’est en aucun cas la haine raciale.Si l’on accepte d’ouvrir son pays a tous ceux qui veulent y vivre,alors acceptons aussi d’ouvrir notre domicile a tous ceux qui le souhaitent,c’est la meme démarche,mais la,je sens que beaucoup vont se sentir moins généreux.


    • kèsse Le 27 janvier 2015 à 09h30
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      Je suis anarchiste et pour moi la religion est partout ! Y compris dans ce que vous venez de dire … et qui présuppose que les “dérives sectaires” soient réservées aux religions ou à ce que l’on déclare comme tel …

      Qq citations de Feyerabend:

      “Ce n’est pas la liberté de la pensée, qui m’inquiète, mais la liberté de la pensée dotée des pleins pouvoirs. Car le pouvoir, quelle que soit la manière dont il est appliqué, doit toujours être soigneusement surveillé!”

      “La réfutation est superbe en tant que règle pratique ; elle pue en tant que condition de rationalité scientifique…”

      “Je l’admire [Lessing] parce qu’il ne rejetait pas les rêves ni les contes de fées, mais qu’il les accueillait comme des instruments pour libérer l’humanité du joug des rationalistes plus déterminés.”

      “Si la science est admirée pour ses exploits, alors le mythe doit l’être avec une ferveur cent fois supérieure parce que ses exploits furent incomparablement plus grands. Les inventeurs du mythe ont fait naître une culture, alors que les scientifiques n’ont fait que la transformer, et pas toujours pour le mieux.”

      “Le premier devoir d’un enseignant est de prévenir son public que, tandis qu’il va raconter une histoire qu’il aime bien et qui sonne bien, ses auditeurs doivent se garder de s’y laisser pendre.”

      Après, je ne suis pas contre tout ordre, mais contre tout les ordres qui ne peuvent pas être remis en question.
      Je vois chez les européïstes un pouvoir religieux bien plus important en terme d’implication sur la vie des populations européennes que chez n’importe quel curé, imam ou rabbin … Nous sommes dans une cour de récréation, vous voulez taper sur le petit contre-fait … je vous arrête, n’est ce pas plutôt le prof que vous voudriez vous fader 😉


    • Michel Loncin Le 27 janvier 2015 à 12h32
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      Et si, au lieu de s’en prendre aux “religions” (DONC, aux “curés” et aux “imans”, on s’en prenait aux “religions laïques” (dont Charlie Hebdo, dans son genre soixante-huitard, est un parangon) … ?!!!


      • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 14h56
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        Tout à fait!

        Je me demandais d’ailleurs dernièrement à quoi rimait la laïcité française lorsqu’elle donne l’asile aux chrétiens irakiens et syriens INCOMMENSURABLEMENT plus facilement qu’à ceux qui croient en d’autres gourous.

        Cette même laïcité politisée est en train de transformer Charlie Hebdo en gourou.

        Notre pays prétend combattre les sectes et sectarismes, alors que le prosélytisme d’Etat est devenu la NORME. Les messages de ses médias et de ses politicards le démontrent de plus en plus.


        • DUGUESGLIN Le 27 janvier 2015 à 20h58
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          Oui c’est bien ce que je comprends.
          Charlie le nouveau gourou, la nouvelle religion.


          • Grossomodo Le 28 janvier 2015 à 09h43
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            Absurde : il n’y a pas de religion laïque .
            Le laïcisme ne défend pas de croire ou de ne pas croire mais donne un cadre à la religion des uns ou des autres .
            Libres aussi de croire ou de ne pas croire , et de se réunir dans des lieux de culte officiels .
            La foi est et doit rester dans la sphère privée .
            Et leurs clercs n’ont pas à imposer leurs conceptions morales ou religieuses à la société .
            La lutte a été assez longue et difficile pour avancer aujourd’hui de tels propos .
            Et je ne tiens pas du tout à ce que le catholicisme , par exemple , et les églises , qui ont toujours été une force réactionnaire , cf en matière de féminisme et de sexualité , voire nostalgique de l’ancien régime , remettent la main sur l’administration publique et imposent leurs morales aux populations .

            Que je sache il y a d’autres morales possibles que transcendantes, c’est à dire imposées par un dieu ,( dont le roi était le représentant en monarchie absolue ).
            Par exemple l’humanisme : tolérance et prise en charge des problèmes par une majorité ce qu’on appelle démocratie et République .
            Et ce n’est pas parce que ces deux concepts sont battus en brèche par des idéologies de tous horizons , politiques , financières ou économiques , qu’il faut abandonner l’espoir d’un vivre ensemble apaisé , débarrassés des fanatismes .
            Ceux-ci , l’histoire nous l’a démontré , présentent le risque extrême de nous faire régresser à des violences infinies et sans fin .
            Au contraire il faut se réveiller .
            Basta .


        • balt Le 28 janvier 2015 à 15h34
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          C’est uniquement de la récupération politique d’une classe politique aux abois.Cela n’enlève rien aux qualités des massacrés de CHARLIE.


      • Libriste Le 27 janvier 2015 à 18h27
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        Je préfère “fondamentalisme anti clérical” à “religion laïque”.


    • Chris Le 27 janvier 2015 à 15h11
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      Les religions sont ce que les hommes en font. C’est un comme un code civil, vous pouvez en tirer le meilleur… mais aussi le pire !


      • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 15h46
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        Malheureusement, la réalité est que l’Homme ne cesse de créer des églises pour tirer le meilleur profit des religions, et devenir leur gourou; l’instinct de survie DOMINE sur l’esprit.


    • DUGUESGLIN Le 27 janvier 2015 à 16h37
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      Ce ne sont pas les religions qu’il faut attaquer, mais l’usage de ce que les hommes en font.
      Les religions ne sont pas des idéologies. Elles ont une approche humaine différente car elles ouvrent à l’idée que l’homme à une autre dimension que celle d’un simple accident de la nature, faisant de lui un simple animal supérieur.
      Elles offrent, dans leur ensemble, la capacité d’un plus haut degré de conscience dans une dimension plus subtile que purement animale sans pour autant exclure cette dimension.
      On peut ne pas adhérer à une religion, il n’y a pas d’obligation. Celui qui en a une, mérite autant de respect que n’importe quel théoricien idéologue, si cela l’aide à progresser dans la qualité de l’être.
      Mais certains assoiffés de pouvoir ont transformé des religions en idéologies auxquelles se sont opposés d’autres idéologies. C’est le combat des idéologies. La religion n’est ou ne devrait pas être concernée. Idéologie matérialiste opposée à l’idéologie spirituelle.
      Ceux qui s’emparent d’une religion pour la transformer en idéologie sont le plus souvent en totale opposition avec la religion dont ils se revendiquent.
      Les idéologies, nazi, soviétique, fasciste, oligarchique, ont fait des dégâts énormes, ils sont le fait de ceux ceux qui veulent dominer le monde, tant au nom des droits de l’homme que d’une religion.
      Les gens assoiffées de pouvoir se prennent pour des dieux.
      A tout prendre, il vaut mieux choisir un dieu qui est celui de la paix et de l’amour plutôt que ces faux dieux.
      La finalité d’une religion est l’élévation spirituelle, de par sa nature même, elle est un rempart aux idéologies et aux fanatismes. Si sa finalité est d’un autre ordre que celui de la vie spirituelle, alors, il faut l’abandonner. Mais on ne peut jeter le bébé avec l’eau du bain.


      • Caramba! Le 27 janvier 2015 à 18h40
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        Bonjour
        DUGUESGLIN Le 27 janvier 2015 à 16h37

        La fraternité est-elle une religion?

        Je ne le pense pas;

        Pourtant elle contient beaucoup de ce que vous décrivez;


        • DUGUESGLIN Le 27 janvier 2015 à 20h43
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          Oui tout à fait, l’un n’empêche pas l’autre. La religion est un véhicule, un support, mais elle n’est pas la finalité. La religion, c’est le doigt qui montre la lune, mais si on ne regarde que le doigt on ne voit pas la lune.
          La fraternité motivée et favorisée a le rôle d’une religion. mais il n’y a pas que la fraternité il y a aussi une prise de conscience, d’une autre dimension qui n’est pas limitée, à celle du corps et de l’émotion. Celle de l’Esprit, le 3eme pied du tabouret qui lui permet d’être debout.


    • E-Gwen Le 27 janvier 2015 à 17h03
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      Bonjour,

      Ah tiens, un commentaire avec lequel je suis entièrement d’accord, et que je m’apprêtais à écrire.

      Merci balt, pour cette réflexion.

      Les moralistes de tout bois ressortent de la forêt, et gare aux branches qui dépassent.

      C’est tellement plus facile à s’attaquer à des dessinateurs qu’à des écervelés violents.

      Bonne continuation.

      E-Gwen.


      • franckmilan Le 28 janvier 2015 à 22h19
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        écervelés violents ?? vous parlez de qui ??
        …2 000 000 d’irakiens en 20 ans…(juste pour ce pays…)…
        oui vous vous en moquez je sais : nous on a des cervelles hein ?!!!


        • E-Gwen Le 29 janvier 2015 à 21h39
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          Euh, le sujet, c’est Charlie Hedbo, si vous n’avez pas saisi, et les attentats qui ont eu lieu au siège du journal au début du mois de janvier 2015.

          Il faut que je vous fasse un dessin ?

          Si vous ne voyez pas de qui je veux parler en l’occurrence, je ne peux rien pour vous, désolé.

          Réduire ce que je viens de dire en prenant en exemple un autre pays dans le monde, c’est utiliser, en rhétorique, un sophisme. Cela n’a d’effet que sur ceux qui ont peu de jugement.

          Et supposer que je cautionne notre géopolitique pro-américaine, c’est faire preuve de peu d’argumentation pour me contrer. On appelle cela un procès d’intention.
          Et clairement, vous êtes hors-sujet.
          Mais ce n’est pas grave.

          Bien à vous.

          E-Gwen.


    • Bhhell Le 27 janvier 2015 à 18h34
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      Quelles religions sectaires? C’est retour vers le futur ou je vis dans une breche temporelle? Parce que moi je ne vois plus que des ersatz de religions, des ectoplasmes de religions, ajustées aux nécessités de la démocratie moderne, ou instrumentaliséeś, comme l’islam, par l’occident. Par contre je vois le stade ultime de la marchandise qui elle a tout recouvert ou absorbé. En elle je vois un nouveau religieux, marchand, avec des croisades propres contres des contrées non ajustées aux credo du marché et qu’on purifie avec des frappes aériennes propres, ou des purges économiques. Mais Charlie doit faire croire pour exister que les conservateurs ont toujours la main et que le capitalisme est réactionnaire, puritain, pour ne pas avouer qu’il est le valet du système libéral. Il ne fait pas bon admettre que ses idées libertaires sont enfin réalisées dans une société libérale, surtout pour un journal soit disant anti système. La pulsion libertaire, mais quelle audace, quelle menace pour le capitalisme soit disant exécré par Charlie! Trêve de plaisanterie, la dérision généralisée et institutionnalisée, subventionnée, est partie intégrante du capitalisme, qui vit non pas de l’ordre et de la hiérarchie, mais bien du chaos.


  2. Lyonnais Le 27 janvier 2015 à 07h08
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    Mois aussi j’ai arrêté de lire Charlie Hebdo au moment de l’affaire Siné et je n’ai pas l’intention de le racheter lorsqu’il paraîtra de nouveau…
    Mais je ne trouve pas que ce soit judicieux de ressortir ces polémiques en ce moment en dehors de leur contexte car cela me rappelle un procédé bien connu des staliniens qui consiste à ressortir de vieilles querelles pour condamner quelqu’un (cf les procédés utilisés par Staline qui rappelait contre Trotsky dans les années 20 les polémiques que celui-ci avait eu avec Lénine entre 1900 et 1914 !).
    Bref cela va bientôt amener certain (si ce n’est déjà fait) à arriver à la conclusion suivante : ils l’ont bien cherché !


    • kèsse Le 27 janvier 2015 à 08h18
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      Pas d’accord, ils n’ont rien cherché du tout qu’à se faire un peu de pognon … des arrivistes sans talent … J’aimais les non-sens violent du professeur Choron, j’aimais le radicalisme méchant et bienveillant de Siné … Mais la bande de bras cassé au commande de Charlie me mettait mal à l’aise … C’est bien simple, les rares fois où je l’achetais, lire ce torchon me filait la nausée … Et pourtant, j’y revenais parfois, comme si c’était moi qui avait changé et pas eux, et que j’aurais voulu me rappeler, recomprendre … résultat : La nausée !
      Les gorges chaudes sur la liberté d’expression ces derniers temps m’ont fait pitié … abolir ainsi toute pensée, tout regard critique, car l’émotion prévaut … ça aussi, ça file la nausée! C’était comme rouvrir le cerceuil du journal et craché dedans … cerceuil qui fut scellé il y a bien des années, ce que cet article d’acrimed rappelle ! … Maintenant, les morts, tout ça, c’est moche … D’autant que ces jeunes terroristes fanatiques ont été buté un paillasson d’intello … Misère!


    • achriline Le 27 janvier 2015 à 12h37
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      Lyonnais
      Tout de suite les grands mots Staline, Lénine, Trotsky (loi de Goldwin ?), il n’est pas question de condamner quelqu’un mais de rétablir des vérités. Pour des gens comme moi qui ne suivaient pas les péripéties de ce journal il est important de rappeler ces faits, car ce ne sont que des faits et non une polémique, afin d’avoir une vision objective de cette histoire.
      Au nom de quoi la mort de plusieurs collaborateurs de CH effacerait comme d’un coup de baguette magique le côté obscur de son histoire ? D’autant que le principal, et même seul responsable actif, de tout ça a continué sa sale besogne à France Inter et continuera à n’en pas douter partout où il passera (ou partout où on le fera passer).
      Quant à votre conclusion, les gens qui ont pensé ça n’ont certainement attendu cet article pour le faire et vous le dîtes vous-même “si ce n’est déjà fait”.


      • Lyonnais Le 27 janvier 2015 à 13h06
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        J’ai simplement voulu dire que je n’avais pas attendu le 7 janvier 2005 pour manifester mon désaccord avec la rédaction de CH et Val en particulier.
        Maintenant, je méprise profondément ceux qui n’avaient jamais ouvert ce journal et qui viennent cracher dessus maintenant.


  3. Plim Le 27 janvier 2015 à 09h24
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    Merci pour cet article fort instructif où l’on voit la collusion de la rédaction de Charlie Hebdo avec les cercles de pouvoir (et c’est toujours d’actualité avec Jeannette Bougrab par exemple).
    Assassiner des gens pour leur opinion, c’est évidemment inacceptable, mais faire de Charlie Hebdo le symbole de la liberté d’expression, c’est un foutage de gueule…
    Je ne suis pas Charlie, mais je suis pour la liberté d’expression.


  4. reneegate Le 27 janvier 2015 à 12h48
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    L’important est hors évènement Charlie. La main mise sur les médias d’une idéologie atlantiste, belliciste et conflictuelle est grave. Attention “le ver est dans le fruit”, dans une moindre mesure cà été le cas pour Libé, Le monde etc…. Et c’est fou de voir certains s’accrocher à leurs habitudes de lectures militantes pubères. Pierre Carle fait un travail essentiel.


  5. Mélissa Le 27 janvier 2015 à 13h02
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    Classons une fois pour toutes ces apprentis anarchistes de salons parisiens dans la même catégorie de profiteurs que l’ensemble de la classe médiatico-politique,jamais très éloignée de la gamelle,elle non plus…
    Que l’on pense “bien fait!”,”dommage!” ou “les pauvres!”,ne changera rien au faits qui ont engendré cet acte terroriste.

    Point de vue décalé…
    EXTRAIT:

    «Pourquoi attaquer la France, pourquoi Hollande ?
    (…) Il y a enfin une dernière chose que je dois mentionner : pourquoi Paris ? Pourquoi la France ? S’il y a une chose qu’on a réussi à faire comprendre dans cette émission, c’est que les actions terroristes visent des objectifs stratégiques. Et dans le cas actuel, celui de la France, on peut se demander, pourquoi cibler Hollande ? Pourquoi cibler la France ? Dans les dernières semaines, Hollande, certes un président affaibli, avec peu de soutien populaire, a fait quelque chose de très important : il a rompu les rangs et résisté aux pressions de Londres et Washington. Il a fait quelque chose qu’Angela Merkel devrait faire maintenant : il a dit : « Nous devons cesser ces provocations contre la Russie. Nous devons cesser de pousser la logique d’une guerre généralisée. Arrêtons les sanctions et essayons de travailler de nouveau sur une base coopérative avec la Russie. »
    Cela fut un revers qui a provoqué une forte colère de la part de Washington et ses vassaux en Europe. Ainsi, et c’est également ce que j’ai pu entendre de gens très bien informés, proches du gouvernement américain et qui savent ce qu’il se passe, l’attaque contre Charlie Hebdo est un coup de semonce pour le Président français Hollande, le sommant de renoncer à ses efforts pour empêcher la poussée vers la guerre.»

    http://www.politique-actu.com/actualite/terrorisme-charlie-hebdo-pages/1231936/


  6. Patrick Luder Le 27 janvier 2015 à 14h10
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    Bon on fait quoi là ???

    Pourquoi remuer ciel et terre pour une feuille de chou qui ne publie que des obscénités gratuites et méchantes? C’est comme les bouquins de cul, c’est pas interdit mais seulement destiné à une certaine frange de personnes en pleine déviance => aucun intérêt …


    • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 16h01
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      “Bon on fait quoi là ???”

      Si je savais dessiner, je ferai une caricature de sarkozy, tête dans le sable, quémandant un boulot à un émir du Qatar tout en se faisant mettre par l’oncle sam, avec hollande juste à côté, faisant de même tout en disant qu’il ne veut pas.


  7. DUGUESGLIN Le 27 janvier 2015 à 16h44
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    Il ne faut pas s’y tromper, le charlisme est une religion de substitution, mais c’est du vulgaire picrate de bas niveau qui n’a pas la qualité d’un grand vin ni de message de paix et d’amour à offrir.


    • Olivier M Le 27 janvier 2015 à 17h35
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      “le charlisme est une religion de substitution, mais c’est du vulgaire picrate de bas niveau”

      Le charlisme, ou une abréviation de charlatanisme.

      Le charlisme, la neo-religion des moutons aveugles?


  8. coinfinger Le 27 janvier 2015 à 18h02
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    J’ajoute que selon mes convictions matérialistes , le corps est avant l’esprit et le conditionne ,on ne fais pas n’importe quoi avec son corps . Il demande au contraire une culture , au sens strict du terme ,et celle ci est Naturelle dans un sens mais difficile dans un autre en ce que depuis maintenant 5000 ans au moins tout est fait pour que l’on accéde pas à sa connaissance , ou simplement son ressenti , en particulier pour celles qui portent l’espéce : les femmes .
    Ce qui empéche d’aboutir à ce que l’on pourrait appeler le schéma corporel . Le bon tonus , ce que les Grecs appelaient dans l’Antiquité l’eutonus , et autres appellations .
    Et par là d’avoir les bonnes idées . Il ne faut pas perdre de vue que contrairement à nous ces Grecs dans leurs philosophies , ne séparaient pas le corps , de l’esprit , l’éducation , consistait pour un quart au moins en gymnase , qui n’avait rien à voir avec notre gymnastique , et méme notre sport , purement mécanique .
    De ce point de vue , tout avilissement ( du corps) est une régression , de l’Homme , en tant qu’espéce . C’est à dire que nous devons inclure parmi les inclinations de notre corps : la sociabilité . C’est aussi ce que Darwin a dit , en montrant dans son deuxiéme livre ( celui aprés la struggle for life ) que la supériorité de l’Homme résidait en cela par rapport aux autres animaux , du fait que c’est chez lui ce qui domine . Or ces caricatures du ‘Charlie’ indiquent non seulement une régression personnelle , mais sociale . Réduire , l’Occident et le progrés à celà ( à cette régression ) c’est extrémement vicieux .


  9. Macarel Le 27 janvier 2015 à 18h24
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    Attaque en vue contre la liberté de la presse, et le journalisme d’investigation.

    Loi-Macron-et-protection-du-secret des affaires

    http://www.bastamag.net/Loi-Macron-et-protection-du-secret

    Exemple concret, si cette loi passait, L.Mauduit de Mediapart, pourrait-être inquiété pour les révélations qu’il a fait, ou plutôt celles qu’il fera, sur les coulisses de la privatisation de l’aéroport de Toulouse, dans laquelle le Ministre Macron semble avoir pris quelques libertés avec la vérité, euphémisme…

    http://blogs.mediapart.fr/blog/stephane-borras/270115/privatisation-de-laeroport-de-toulouse-notre-sante-vaut-plus-que-leur-profit-manif-31-janvier-1

    Plus la législation protège le monde des affaires, plus la démocratie recule.

    Le néolibéralisme, c’est bien cela : l’impunité pour une oligarchie de banquiers et d’affairistes, et des sanctions pour le simple citoyen qui aspire à vivre dans une authentique démocratie aux service, du plus grand nombre, et de l’intérêt général.

    Ca valait bien la peine que trois ou quatre millions de personnes défilent pour défendre la liberté d’expression le 12/01 !

    La liberté d’expression est chaque jour un peu plus menacées au prétexte de lutte contre le terrorisme, ou de protection des intérêts des grands lobbies de l’industrie et de la finance.

    Mais là, personne ne défile, les citoyens sont assoupis.


    • Macarel Le 27 janvier 2015 à 19h27
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      Nos ministres soi disant de gauche, se réclament de l’unité nationale manifestée le 12/01, par une partie du peuple français, les “Charlies”, pour faire voter les lois Macron, et quelques autres lois limitant la liberté d’expression, ou anti-sociales.

      En Grèce, le nouveau ministre de la marine marchande a déclaré : “La privatisation du port du Pirée s’arrête dès maintenant”

      Ici, l’on s’apprête à privatiser dans des conditions scandaleuses l’aéroport de Toulouse, avant Nice, puis Lyon.

      En effet la société canadienne Lavalin associée à une autre société chinoise qui a été choisie par le gouvernement pour cette opération de privatisation, a été radiée pour dix ans par la banque mondiale, ainsi que ses filiales.
      Quant à son associé chinois :
      Friedmann Pacific Investment Group (FPIG), créé et installé à Hong-Kong, disposerait en réalité d’une holding, Capella Capital Ltd, immatriculée aux Iles Vierges et détenue par le président de FPIG, Mike Poon et son épouse. Diplômé de l’université de Hong-Kong, spécialiste des fusions-acquisitions sur la bourse locale, Monsieur Poon disposerait également d’une participation directe dans la China Aircraft Leasing Company (CALC), entreprise enregistrée, elle, aux Iles Caïmans et qui loue des avions à des compagnies aériennes.

      Et qui plus est je ne m’attarde pas sur les conséquences environnementales de cette privatisation, car les acquéreurs ont pour projet de multiplier par 3 le trafic, au dessus d’une zone urbaine dense, ni sur les menaces quant à l’avenir de l’industrie aéronautique sur Toulouse, puisque les chinois ont pour objectif dans les dix à vingt ans de vendre leurs propres Airbus, et de dézinguer l’une des rares activités industrielles qui procurent encore de l’emploi sur le territoire français.

      Ce gouvernement, est-il devenu fou ? Où tout simplement roule-t-il avant tout pour la banque et la finance, plutôt que pour les citoyens qui l’on porté au pouvoir ??? Je crois que poser la question c’est y répondre.

      Hollande, Valls, Macron, ont comme ami la finance. “Mon ennemi c’est la finance !”, sans blague, à d’autres.


    • Macarel Le 27 janvier 2015 à 19h33
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    • Macarel Le 27 janvier 2015 à 21h54
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      Si la France était vraiment une démocratie, des gouvernants qui oeuvrent contre l’intérêt de leurs concitoyens, devraient faire l’objet d’une procédure de destitution immédiate, et être traduits devant une Haute Cour de justice pour trahison.


  10. horace Le 27 janvier 2015 à 18h33
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    Charb est mort; le BHLisme est increvable et il survivra à son agent d’ambiance


  11. Osperato Le 27 janvier 2015 à 19h34
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    Un article intéressant d’ Investig’ Action sur ce thème :
    “De BHL à Charlie Hebdo : la propagande néoconservatrice déguisée en gauche progressiste.”
    http://www.michelcollon.info/De-BHL-a-Charlie-Hebdo-la.html?lang=fr 07/12/2013

    Machine de propagande capable d’infiltrer des médias historiquement ancrés à gauche, les néoconservateurs déguisés en progressistes obtiennent votre consentement aux guerres contemporaines, ou tout au moins, l’assurance de votre laisser-faire. Leurs armes ? Le détournement d’un discours moral, des choix éditoriaux incitant plus ou moins subtilement à la haine raciale, et une situation oligopolistique des médias.
    Cette étude vise à aller au delà de formule simpliste « les médias appartiennent aux marchands de canons », pour mettre à jour la mécanique de propagande de guerre et de haine ressassée en continu par les mass-médias sous le joug du lobbyisme néoconservateur.
    Pour ce faire, nous reviendrons sur le tournant de 2005 où être progressiste autorisait bizarrement à promouvoir la haine des musulmans. Puis nous découvrirons MEMRI, un des rouleaux-compresseurs propageant l’idée d’un choc des civilisations qui légitimerait le pire. Enfin, nous nous pencherons sur ces nombreux faux experts qui appartiennent à des groupuscules néo-cons et développent leur propagande dans tout l’espace médiatique.


  12. Jacques Le 27 janvier 2015 à 20h24
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    Cracher sur les tombes, c’est pas beau. Ce blog pue. Quand je pense que je l’ai financé! On ne m’y reprendra plus


    • RB Le 27 janvier 2015 à 21h05
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      Boris Vian, sors de ce troll!


    • JT Le 27 janvier 2015 à 21h07
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      Vous devriez lire un peu Boris Vian, cela vous permettrait de remettre les choses en perspective.


    • Fool Prophet Le 27 janvier 2015 à 22h50
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      Cracher sur les tombes… c’est laid. (je n’ai pas eu l’impression que c’était le cas ici… mais passons)

      Et les remplir… par millions d’êtres humains dans l’indifférence la plus crasse… en Afghanistan, en Irak, en Yougoslavie, en Libye, en Syrie, en Ukraine… C’est bien sans doute.

      Et avec la bénédiction de Saint Charlie en sus…


  13. JT Le 27 janvier 2015 à 20h51
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    Un peu hors sujet et je m’en excuse, mais je pense que l’article de Jacques Sapir sur les commémorations de la libération d’Auschwitz mérite d’être lu :

    http://russeurope.hypotheses.org/3352


  14. M.D. Le 27 janvier 2015 à 21h56
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    Bien le bonsoir, voilà un lien très intéressant au sujet de la propagande d’un documentaire d’ARTE sur le 11/9.
    La personne qui décrypte ce documentaire de pure propagande explique les liens des personnes qui ont réalisées ce film. On y trouve (pour faire le lien avec Charlie)…
    Philippe Val.
    Lui et ses amis propagandistes font partie du Cercle de l’Oratoire, un cercle d’intellectuels et journalistes français néoconservateurs qui défendent les idées du PNAC (projet pour un nouveau siècle américain).
    Ils éditent une revue : Le meilleur des mondes dans laquelle ils valorisent les idées néoconservatrices américaines afin de propager leurs idées aux francophones.
    Philippe Val est partie prenant dans ces thinktanks néocons dans le but de faire valoir leurs idées de choc des civilisations.

    http://vimeo.com/27367709


  15. Trololo Le 28 janvier 2015 à 01h02
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    Philippe Val est une sorte d’Attila, partout où il passe les journaux trépassent.

    Sa tête de Torquemada échappé d’un congelateur est tout un programme…


  16. kinimodo Le 28 janvier 2015 à 15h46
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